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InterviewEurope 1 (sur YouTube)· 15 août 2016 3 minComplaisantActualité / polémiqueSolidarités & familleInstitutions & élections

Laurence Rossignol dénonce le burkini, "profondément archaïque"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00Invité politiqueFait
    « le burkini a un sens. Ce sens, c'est de vous dissimuler, cacher le corps des femmes pour cacher les femmes. »
  • 0:45Invité politiqueFait
    « Il n'y a rien de moderne dans le Burkini. Il n'y a rien de nouveau. »
  • 2:06Invité politiqueFait
    « ce qui est en cause, c'est l'émancipation des femmes »

Temps de parole

  • Laurence Rossignol100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Laurence Rossignol

Vous aviez fermement condamné le port de vêtements qui promuve l'enfermement du corps des femmes. En effet, je crois que j'ai été une des premières à dire que ce Burkini n'était pas juste une nouvelle gamme de maillot de bain, que c'était pas un maillot de bain un peu plus long que le une pièce et que ce Burkini qui est la version plage d'autres tenues euh de ville qui sont des tenues qui masquent le corps des femmes était aussi un projet de société, était une vision en particulier de la place des femmes et qu'elle ne pouvait pas être abordé uniquement sous l'angle soit d'une pseudomode, soit des libertés individuelles. Chacune s'habillerait comme elle veut.

Bien sûr, chacune s'habille comme elle veut. Mais le burkini a un sens. Ce sens, c'est de vous dissimuler, cacher le corps des femmes pour cacher les femmes. Et la place que ça accorde aux femmes est une place que je combats que d'autres avant moi ont combattu. Et il y a quelque chose de profondément archaïque. Il n'y a rien de moderne dans le Burkini. Il n'y a rien de nouveau. Les femmes qui portent ça, les ceux qui les soutiennent pensent qu'il y a un mouvement nouveau. Non, c'était la place des femmes. Il y a des décennies. J'en déduit de que ces arrêtés municipaux qui interdisent le Burkini sur les plages. Vous approuvez.

Mais ce que je veux dire surtout, c'est que je combats cet archaïsme qui consiste à considérer que les femmes sont impures et que leur corps est par définition quand on le voit une provocation aux hommes et à la société. Après, pour combattre ceci, pour combattre cet archaïme, il faut des personnalités politiques de sans froid et sans arrière-pensée. Or, ce que j'observe depuis un moment, c'est que il y a des arrières-pensées.

Les arrières-pensées pour une partie de la droite dure, celle qui flirte avec le Front National et qui veut faire de l'islam le sujet des mois à venir, y compris d'ailleurs ces arrêtés municipaux que j'évoqué à l'instant, arrière-pensée politique, vous me dites, je ne connais pas ces plages, donc je ne sais pas quel était l'ampleur du phénomène sur ces plages. Est-ce qu'il y avait des femmes en Burkini ?

Ce que je veux dire, c'est qu'il va falloir qu'on aborde ces sujets d'interdit vestimentaire, d'interdit alimentaire aussi avec beaucoup de sang frroid, sans arrière-pensé et en ayant toujours en tête que ça ne concerne pas les musulmans, que ça concerne une fraction politique organisée qui veut développer un projet de société qui est celui contre lesquels les femmes se sont battues et contre lesquelles nous continuerons nous battre. Ce qui est en cause, c'est l'émancipation des femmes. Mais il faut pas le faire pour d'autres raisons que pour l'émancipation des femmes.

Donc je souhaite qu'on aborde les mois à venir qui seront ceux de la présidentielle, ceux de la primaire de la droite avec beaucoup de sens des responsabilités. Je ne veux pas que notre société s'enflamme sur ces sujets parce que les musulmans sont pris en otage.