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interviewRMC — Face à Face· 8 mars 2022 21 min

L'interview : Eric Zemmour - 08/03

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC 2022, l'interview grand format. Apolline de Valherbe. Bonjour Eric Zemmour.

0:13
Éric Zemmour

Bonjour Apolline de Valherbe.

0:14
Présentateur

Merci d'être mon invité ce matin. Vous êtes le candidat reconquête à l'élection présidentielle, l'événement sur RMC et BFM TV puisqu'il s'agit d'une interview grand format. Vous allez répondre à mes questions pendant une heure spéciale présidentielle. On est donc ensemble jusqu'à 9h30. Et l'enjeu à 33 jours du premier tour et dans ce contexte d'extrême inquiétude et incertitude, c'est de pouvoir répondre au fond à deux questions. Un, est-ce que vous êtes en mesure de l'emporter ? Deux, est-ce que vous êtes fait et prêt pour ce job, pour le poste de président de la République ?

Je vais essayer de faire en sorte en tout cas que ceux qui nous écoutent et qui nous regardent y voient un peu plus clair. Eric Zemmour, c'est la première interview que vous accordez depuis que le président est officiellement candidat. Avec la guerre en Ukraine, il est évidemment en première ligne. Il est donné gagnant, c'est simple, dans tous les sondages. Quelle que soit la configuration, quel que soit l'adversaire, est-ce que c'est plié ?

1:05
Éric Zemmour

Vous me rajeunissez, chère Apolline de Valherbe, quand j'étais jeune journaliste politique. J'ai connu cette situation lors de l'élection présidentielle de 1995. Et on disait la même chose, Balladur a gagné. On va enjamber l'élection, il n'y a pas besoin d'élection. Certains même disaient, il sera élu au premier tour. Et puis vous savez la suite, Balladur a été battu. Donc je pense que rien n'est jamais plié et que le peuple français déteste qu'on lui dise que c'est plié. Et il a bien raison.

Les journalistes, les commentateurs, les conseillers communication du président Macron veulent absolument à toute force nous imposer cette idée et nous voler, en vérité, et la campagne électorale et l'élection. Moi, je pense, je continue de penser que rien n'est joué, que si vous voulez ce qui a été déclenché...

1:55
Présentateur

Vous volez l'élection ?

1:56
Éric Zemmour

Oui, vous volez... Ah oui, je vais vous dire pourquoi.

1:59
Présentateur

Pourquoi vous volez l'élection ? Il y a vraiment une volonté là de...

2:02
Éric Zemmour

Oui, c'est une très bonne question. Parce que vous avez raison, ça demande à être explicité ce mot. Ce que je veux dire, c'est qu'on veut nous enfermer et enfermer la campagne électorale dans un sujet qui ne sera pas décisible dans la France des 10 ans, des 20 ans. On a eu d'abord le Covid, vous vous souvenez ? Et on ne parlait que du Covid. Et maintenant, on ne parle que de la guerre en Ukraine. Je ne dis pas que ni le Covid ni la guerre en Ukraine ne sont pas importantes. Vous comprenez ce que je veux dire. Mais il faut voir qu'est-ce qui va être déterminant pour l'état de la France dans 5 ans, dans 10 ans, dans 15 ans. C'est ça, l'élection présidentielle.

2:39
Présentateur

Mais la guerre en Ukraine n'est pas déterminante aussi pour les conséquences ici en France ?

2:42
Éric Zemmour

Maintenant, le pouvoir d'achat, on va en parler, l'inflation. Et puis, géostratégiquement, on est en train de tout recomposer.

2:49
Présentateur

Vous voulez dire, si il y a une troisième guerre mondiale, ça va avoir des conséquences importantes ?

2:53
Éric Zemmour

Ça, c'est sûr. Mais ce que je veux dire, c'est que moi, je continue de penser que notre destin sera défini par ce qui est en train de se passer en France depuis des années et que j'appelle le grand remplacement. C'est-à-dire le grand remplacement de population, le grand remplacement de civilisation. Et que ce thème-là, c'est en cela que je dis qu'on veut nous voler l'élection. On veut nous voler le thème fondamental de l'élection.

3:17
Présentateur

On vous vole le thème fondamental de l'élection que vous aviez installé. On va y revenir dès le début de votre campagne. Mais enfin, malgré tout, je voudrais revenir sur ce contexte. On va y revenir aussi dans un instant sur ce que vous, vous feriez si vous étiez président face à cette situation en Ukraine. Mais ça crée aussi une situation qu'Emmanuel Macron, dont il parle énormément, et aujourd'hui, il dit « je ne débattrai pas ». Alors, il ne dit pas qu'il ne débattra pas avec vous et avec les autres à cause de la situation géopolitique. Il dit que c'est tout simplement parce qu'aucun de ses prédécesseurs, en exercice, candidat à sa réélection, n'a jamais débattu avec les autres.

Est-ce que vous comprenez ça ?

3:54
Éric Zemmour

En tout cas, factuellement, c'est exact. Aucun de ses prédécesseurs n'a débattu au premier tour. Je ne voudrais pas le nier, ça serait idiot. Si je voulais être taquin, je lui dirais qu'il ne faut pas qu'il prenne l'exemple du général de Gaulle parce que le général de Gaulle n'a même pas fait campagne avant le premier tour. Il n'a même pas débattu. Il n'y avait pas de débat à l'époque. Mais bon, c'est une taquinerie. Mais oui, très bien, qu'il ne débattre pas avant le premier tour. Moi, j'estime que c'est une façon un peu de se défiler. Mais il a trouvé l'argument de dire que les autres ne l'ont pas fait, etc. Très bien.

De toute façon, je pense que les Français attendent le débat entre les deux tours, entre lui et moi.

4:30
Présentateur

Vous ne regrettez pas qu'il n'y ait pas de débat avant ?

4:33
Éric Zemmour

Si, je regrette. Je regrette qu'il n'y ait pas de débat. Vous savez, mais il n'y a pas que lui. Madame Le Pen refuse tout débat. Madame Pécresse, ça fait trois mois, elle a fini par accepter un débat. Vous voyez, il n'y a pas que Macron qui ne veut pas de débat. Mais bon, je fais avec. Mais ce que je veux vous dire, c'est que je pense que le débat fondamental sera le débat du second tour entre Emmanuel Macron et moi car il opposera deux visions de la société. Et si vous me permettez, puisque Emmanuel Macron vient de se déclarer, et candidat, j'ai lu sa lettre aux Français. Le hasard a fait que j'avais envoyé ma lettre quelques heures plus tard.

5:07
Présentateur

Je me dis que ce n'est pas tout à fait un hasard. Je vous assure que c'est un hasard.

5:10
Éric Zemmour

Je vous assure que c'était prévu avant, etc. Ce n'est pas grave. Au moins, les Français pourront juger. On n'est pas dans la rivalité de communication. Il y a une phrase qui m'a frappé dans le texte un peu ennuyeux. Moi, j'ai essayé d'écrire ça le mieux possible. Lui, on voit qu'il a fait ça à la hâte ou qu'il a laissé un techno écrire à sa place. Mais passons. Il y a une phrase qui est importante et qui définit le clivage entre lui et moi. Il dit à un moment, et d'ailleurs, il me vise évidemment. Il dit à un moment, nous ne sommes pas, nous sommes là pour préparer la France de nos enfants. Nous ne sommes pas là pour ressasser la France de notre enfance.

Phrase d'ailleurs qu'il a empruntée à Éric Wörth, monsieur de LR, un ancien ministre de Sarkozy, qui l'a rejoint. Mais sur le fond de cette phrase, qu'est-ce que ça veut dire cette phrase ? Ça veut dire qu'Emmanuel Macron n'a aucune conscience de la continuité, de l'héritage, de la transmission d'une culture, d'une civilisation. Pour lui, la France des enfants doit détruire la France des parents et la France des petits-sissis. Il ne dit pas ça, il ne dit pas que ça détruit. Mais non, non, non, non, mais c'est ça que ça veut dire, cher Apolline de Marat, je vous assure. C'est ça, subliminalement, c'est ça que ça veut dire. Ça veut dire...

C'est comme ça, en tout cas, pour vous, vous le comprenez. En tout cas, c'est comme ça que je le comprends et je pense que c'est comme ça qu'il veut le dire. Et c'est à vous qu'il s'adresse, c'est clair.

6:28
Présentateur

Et c'est à vous qu'il s'adresse, c'est évident.

6:29
Éric Zemmour

Ah, je vous remercie. Donc, je pense que l'opposition entre nous deux, elle est fondamentale. Moi, je suis le candidat de la France qui se transmet de génération en génération depuis mille ans. Et la France que nous voulons garder intacte, la France qui reste la France. Lui, il est pour une France nouvelle, comme dirait Mme Pécresse. Voyez, il parle le même langage. C'est-à-dire une France qui n'est plus la France. Une France qui est hors sol, une France qui est avec des enclaves comme ça, islamisées, qui se répandent dans le pays. C'est ça la France de M. Macron et c'est ça ma France. Et je pense que les Français attendent le match entre nous deux au second tour.

7:11
Présentateur

On va regarder dans le détail d'ailleurs. On aura le temps à partir de 9h. Je dirais qu'on parle précisément du pouvoir d'achat et de la réalité aussi quotidienne, très tangible des Français, ce que vous leur proposez. Mais d'abord, parlons de ce conflit, cette guerre en Ukraine, 13ème jour du conflit. Ma question, elle est très simple. Qu'est-ce que vous feriez de mieux qu'Emmanuel Macron ? Pas juste de différent, mais de mieux.

7:34
Éric Zemmour

Non, non, non, mais très bien. C'est une discussion un peu oiseuse. Parce qu'on est obligé pour cela de voir ce qu'il n'a pas fait de bien avant. Parce qu'aujourd'hui, là, dans la situation aujourd'hui, c'est très difficile de faire autre chose. Ce n'est pas ni mieux ni moins bien. Qu'est-ce qu'il fait ? Il a essayé, et c'est tout à fait louable, il a essayé d'empêcher la guerre, mais manifestement, Vladimir Poutine ne l'a pas écouté, ni entendu, ni considéré. Et maintenant, il est avec toutes les puissances occidentales pour sanctionner Poutine et pour essayer d'établir un rapport de force pour que Poutine arrête la guerre. Très bien. Mais tout le monde aurait fait ça.

En revanche, là où il y a un problème, c'est avant.

8:16
Présentateur

Oui, mais sauf que, pardon, avant, ça ne vous concerne pas. Si vous êtes président, c'est demain. Ce n'est pas avant. Vous prendrez la France comme elle est.

8:22
Éric Zemmour

Non, mais bien sûr. Mais c'est pour ça que je vous ai dit, très bien, là, on fait ça comme ça. Et donc, vous ferez pareil. Je vais y venir. Parce qu'il y a un souci quand même, mais c'est votre deuxième partie. Donc, j'hésite à... Non, non, non, allez-y. C'est qu'on voit bien qu'il faut faire très attention à ce que les sanctions que l'on inflige à Vladimir Poutine ne se retournent pas contre les Français. La question, c'est les sanctions vis-à-vis de Vladimir Poutine. Ne se retournent pas contre les Français. Et par exemple, avec l'augmentation des prix du gaz, les prix du pétrole, enfin de l'essence, avec les sanctions contre les pauvres entreprises.

Voilà, c'est pour ça que je vous dis, c'est un peu délicat. En revanche, pour le passé, et je vais très vite, je considère qu'Emmanuel Macron, comme d'ailleurs Mme Merkel, puisqu'elle était au pouvoir auparavant, comme les Américains, ont fait une grave erreur en maintenant l'idée que l'Ukraine pourrait éventuellement rentrer dans l'OTAN. Vous savez, la fameuse clause de la porte ouverte qui était inscrite et que les Américains et les Français et les Allemands soumis aux Américains n'ont jamais voulu supprimer. Et qui est, je pense, l'origine de cette guerre. Et donc, à partir de là...

9:29
Présentateur

Vous vous rendez responsable davantage quand même l'Union Européenne que Vladimir Poutine ?

9:32
Éric Zemmour

Non, vous savez, celui qui décide la guerre, il est le responsable et le coupable. Celui qui... Vous savez, c'est le mot de Clémenceau. On pourra tout dire sur les causes de la guerre de 1914, mais on ne pourra jamais dire que c'est la Belgique qui a envahi l'Allemagne. Donc, c'est Poutine qui a envahi l'Ukraine.

9:47
Présentateur

Quand vous voyez que l'Union Européenne lance depuis hier soir l'examen des candidatures de l'Ukraine, sans prédire ce qui va en ressortir, mais en tout cas, lance officiellement l'examen des candidatures de l'Ukraine, de la Georgie et de la Moldavie pour l'Union Européenne, vous considérez que c'est une erreur ?

10:02
Éric Zemmour

Oui, je considère que c'est une erreur. D'abord, c'est largement de la communication, tout simplement parce que tout le monde sait qu'il faut des années et des années, voire dix ans, pour faire rentrer un pays dans l'Union Européenne, qu'il faut qu'ils aient intégré l'acquis, ce qu'on appelle l'acquis communautaire. Ça prend des années, surtout pour une société comme l'Ukraine, une société assez pauvre et très corrompue, une société politique très corrompue. Et troisièmement, surtout, c'est très dangereux. Pourquoi ? Parce que dans les traités européens, il y a une clause de défense entre les pays de l'Union Européenne qui est rattachée, c'est là où ça devient grave, rattachée à l'OTAN.

C'est-à-dire que rentrer dans l'Union Européenne n'est pas rentré obligatoirement dans l'OTAN, puisqu'il y a des pays comme la Suède ou l'Autriche qui ne sont pas, qui sont neutres, mais il y a un lien avec l'OTAN. Et donc, c'est une...

10:55
Présentateur

C'est une manière de déguiser, de faire rentrer l'Ukraine dans l'OTAN pour vous ?

10:59
Éric Zemmour

Exactement. Et c'est une manière de faire monter encore l'escalade...

11:03
Présentateur

Donc, on devrait dire aujourd'hui clairement non, l'Ukraine qui nous appelle à l'aide et qui dit « Je voudrais une démarche expresse pour rentrer dans l'Union Européenne », il faut dire non.

11:11
Éric Zemmour

Il faut, il faut... D'abord, la Commission Européenne n'a pas compétence pour décider qui rentre dans l'OTAN ou pas, mais Mme Van der Leyen, manifestement, a décidé de s'asseoir sur tous les traités et toutes les compétences qu'elle a ou qu'elle n'a pas. Mais surtout, c'est un acte de guerre vis-à-vis de la Russie et c'est encore faire monter l'escalade. Moi, je pense aujourd'hui qu'il faut faire descendre le conflit et essayer de ramener tout le monde autour de la table et pour parler de paix. Vous évoquiez à l'instant l'OTAN.

11:43
Présentateur

Est-ce que dans le contexte dans lequel on est aujourd'hui, vous souhaitez toujours faire sortir la France du commandement intégré ?

11:49
Éric Zemmour

Oui, parce que tout simplement, d'abord, vous le savez, vous, mais il faut le répéter, faire sortir la France du commandement militaire intégré, ce n'est pas faire sortir la France de l'OTAN, du traité. Nous aurons toujours des alliés. Nous avons toujours eu des alliés depuis mille ans. Le général de Gaulle, quand il fait sortir la France du commandement militaire intégré en 1966, immédiatement fait un accord spécial avec les États-Unis pour redéfinir les conditions de notre alliance. Donc, ça restera comme ça. En revanche, ça a un avantage, ça a deux avantages fondamentaux et qu'on aurait bien aimé les avoir avant que la guerre qu'on déclenche. Pourquoi ?

La première, c'est que c'est cette sortie du commandement militaire intégré qui a obligé la France à avoir une industrie de défense complète et à avoir des armes de manière complète. Parce que sinon, l'OTAN, vous savez, c'est un système de créneaux. Les Américains disent aux Allemands, toi, tu vas faire les chars aux Pays-Bas, toi, tu vas faire les sous-marins. Mais personne n'a la palette complète. L'armée française a la palette complète. Le seul problème, c'est que comme depuis 20 ans, on a réduit les budgets, les fameux dividendes de la paix, on a une palette complète mais échantillonnaire.

13:00
Présentateur

Oui, sauf que le général de Gaulle, quand il sort la France du commandement intégré de l'OTAN, il justifie sa décision en expliquant, je le cite, que l'Occident ne se trouvait plus menacé comme il l'était quand le protectorat américain fut installé en Europe sous le couvert de l'OTAN. Est-ce que vous considérez vraiment qu'aujourd'hui, l'Occident n'est pas menacé ?

13:15
Éric Zemmour

Est-ce que vous vous rendez compte, chère Apolline de Malherbe, que le général de Gaulle a dit ça en 1966 alors qu'il y a encore l'URSS et le pacte de Varsovie ? Oui, mais il y avait une stabilité. Là, c'est l'incertitude. Il y a eu quatre ans plus tôt une menace de guerre nucléaire à cause de Cuba. Donc, la France était menacée en 1966 beaucoup plus qu'aujourd'hui. Il y avait le pacte de Varsovie face à l'OTAN. Il y avait des milliers de chars. Beaucoup plus qu'aujourd'hui. Mais mille fois plus.

13:42
Présentateur

Mais mille fois plus. Éric Zemmour, quand je pose la question hier exactement à ce même micro à Bruno Le Maire sur l'éventualité d'une troisième guerre mondiale, il dit personne aujourd'hui, je voudrais le cétier précisément, personne ne peut exclure quelque scénario que ce soit.

13:58
Éric Zemmour

Ah oui, surtout, il a raison. Surtout quand lui-même met de l'huile sur le feu en déclarant la guerre économique totale à la Russie. Vous comprenez ? A l'époque...

14:09
Présentateur

Vous parlez du moment où il a parlé d'une guerre économique totale.

14:11
Éric Zemmour

Oui, parce que vous comprenez. Et d'ailleurs, ça commence à être mis en place puisqu'on a pris une décision très grave. Je ne sais pas si vos téléspectateurs le savent. C'est qu'on a gelé les avoirs de la banque centrale russe dans les banques occidentales et dans les banques centrales occidentales. Ça veut dire que nous avons privé les Russes de leur argent. C'est une déclaration de guerre qui peut aller très loin. Ça peut... Vous savez, moi...

14:39
Présentateur

Donc, vous estimez que c'est nous qui provoquons en quelque sorte la guerre ? Non, non, non.

14:41
Éric Zemmour

Je ne vais pas redire que c'est Poutine qui a déclaré la guerre et qui a attaqué l'Ukraine. Je l'ai dit. Et que je condamne, évidemment, cette attaque. Mais, ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, on a le choix entre faire monter les risques de guerre et après venir s'en plaindre, être un belliciste, être un va-t'en-guerre et au contraire, essayer d'apaiser. Moi, je veux la paix. Je veux protéger les Français de cette folle escalade. Vous savez, je connais un peu l'histoire de la Russie en lien avec la France. Je sais que les Russes sont capables de tout quand ils sont en guerre.

Je répète, ce que j'ai déjà dit, c'est que quand Napoléon les bat à côté de Moscou et qu'il prend leur capitale, ils brûlent leur capitale pour ne pas la laisser aux troupes françaises. Ce sont les seuls à avoir fait ça dans l'histoire de l'Europe. Ils ont brûlé leur capitale. Ils sont capables de tout. Ce sont des Russes. Et donc, Vladimir Poutine est un Russe. Et donc, moi, ce que je veux, c'est la paix. Et si vous voulez, comme je dis toujours, on ne va pas déménager la Russie. Vous voyez ? Donc, on ne va pas... La Russie est en Europe. Il faut apprendre à vivre avec.

Et donc, pour cela, retrouver au plus vite un état normal des relations et arrêter cette folle escalade de guerre qui, effectivement, peut mener à tout.

15:56
Présentateur

Éric Zemmour, votre cœur de campagne, et vous le disiez au début de cette interview, c'était d'avoir imposé le thème de l'islamisation et du grand remplacement. Clairement, ça a été imposé à l'automne et tous les autres candidats ou candidats en puissance tournaient autour de cette question. Est-ce que ce sujet, au fond, n'est pas devenu périphérique ? On va y venir dans un instant. Mais d'abord, sur la question d'une conséquence immédiate de cette guerre, c'est la question de l'immigration ukrainienne. Un million et demi d'Ukrainien qui ont déjà fui les combats et sans doute deux millions ce soir. C'est le chiffre qui est avancé par l'ONU, majoritairement, certes, en Pologne.

Je n'ai pas très bien compris votre position. On les accueille ou on ne les accueille pas ?

16:33
Éric Zemmour

Peut-être que c'est de ma faute, peut-être que je me suis mal expliqué. Je vais essayer de mieux l'expliquer. Vous me direz. Moi, je pars des volontés des Ukrainiens et en l'occurrence des Ukrainiens et de leurs enfants puisque les hommes combattent. Ils sont interdits de sortir du territoire par le gouvernement ukrainien. Ils se battent contre les troupes russes. Donc, ce sont les femmes et les enfants et qu'est-ce qu'elles veulent ? J'ai lu, j'ai vu les reportages des journalistes, des reporters là-bas. Qu'est-ce qu'ils disent ? Ils disent les Ukrainiens et leurs enfants veulent rester à côté de leur père, de leur mari, de leur fils.

Et pour cela, et c'est pour ça qu'elles vont en Pologne, elles veulent rester à côté pour pouvoir revenir au plus vite.

17:18
Présentateur

Elles vont en Pologne surtout parce que c'est le premier pays dans lequel elles arrivent. Non, non, non.

17:22
Éric Zemmour

Elles veulent rester en Pologne. Elles veulent être à côté de leur mari, de leur père, de leur fils. Donc, il faut effectivement aider les Polonais à accueillir ces populations ukrainiennes qui veulent rester. Et pour cela, il faut les aider financièrement, il faut les aider médicalement, il faut les aider en supprimant les sanctions qu'a infligées l'Union européenne depuis quelques mois à la Pologne.

17:46
Présentateur

Il faut rappeler que l'Union européenne a sanctionné la Pologne pour incontentieux sur le droit et l'application du droit européen en Pologne.

17:53
Éric Zemmour

On est d'accord. Donc, il faut supprimer ces sanctions que moi, j'ai toujours trouvées injustes. Mais c'est un... Je vous l'accorde que c'est un sujet.

17:58
Présentateur

Vous avez quand même dit je préfère qu'ils restent en Pologne. Ce n'est pas juste pour leur faire plaisir. Ce n'est pas juste parce que ça... C'est aussi parce que franchement, bon débarras, il y a quand même quelque chose comme ça qu'on a entendu dans vos mots. Non, non, non,

18:16
Éric Zemmour

Nous, par exemple, s'il y avait la guerre en Italie, je serais le premier à vous dire qu'il faut recevoir les Italiens car ce sont les plus proches. Maintenant, effectivement, je pense que l'immigration a désorganisé la France, a affaibli la France, a appauvri la France. Donc, je ne veux pas aggraver cette situation. Maintenant, je sais que l'immigration de les Ukrainiens sont un peuple européen, chrétien et qui donc est beaucoup plus proche de notre peuple français que les vagues migratoires des pays arabo-musulmans ou moyen-orientaux. Je le sais très bien. Donc, je sais très bien qu'ils poseraient moins de problèmes en termes d'assimilation, d'acculturation, etc. Je le sais.

18:57
Présentateur

Il y a quand même deux choses dans ce que vous dites là. Il y a la question de les Ukrainiens ne veulent pas venir. Mais bon, s'il y en a qui viennent, est-ce qu'on les accueillera ? Vous dites qu'ils restent en Pologne. Bon, mais enfin, il y en a quand même un certain nombre qui vont vouloir venir ici.

19:08
Éric Zemmour

Qu'est-ce que vous leur dites ? Ce que je dis, c'est que s'ils ont des attaches avec la France, s'ils ont de la famille en France et des Ukrainiens, il y en a peu.

19:19
Présentateur

Il y a 17 000 Ukrainiens en France.

19:21
Éric Zemmour

Vous voyez, il y en a très peu. Donc, s'ils veulent venir en France, s'il y a des maires, j'ai vu que des maires même qui nous soutiennent, qui organisent un accueil dans des conditions humaines, nous leur donnerons des visas. Comme font les Anglais. Donc, ceux qui le souhaitent

19:38
Présentateur

pourront venir.

19:39
Éric Zemmour

Voilà. Ce que je ne veux pas, c'est qu'il y ait un tsunami fondé sur l'émotion comme il y a eu pour le petit Elan. Et on a eu un million, voire plus, d'immigrés syriens qui étaient en plus avec d'innombrables Algériens, Marocains, Africains qui se...

19:55
Présentateur

Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire en fait, il y a les carrément franco, il y a une immigration blanche, chrétienne, vous dites ok, une immigration arabe, musulmane, vous dites non ?

20:06
Éric Zemmour

Absolument. Clairement ? Clairement. Je dis, l'immigration...

20:10
Présentateur

La souffrance est la même ?

20:11
Éric Zemmour

Tout à fait. Et l'humanité est la même et tout est la même chose. Nous sommes tous des êtres humains. Ce que je dis après, c'est comment on les assimile, est-ce qu'il y a des gens proches de nous, est-ce qu'il y a des gens éloignés de nous ? Nous avons démontré aujourd'hui, tout le monde l'a compris, que l'immigration arabo-musulmane est trop éloignée de nous et que c'est de plus en plus difficile de les acculturer et de les assimiler. Donc effectivement, nous sommes plus proches des Européens chrétiens.

20:37
Présentateur

Éric Zemmour, vous restez avec moi cette interview, grand format. On se retrouve juste après une pause. Je voudrais qu'on parle aussi des conséquences en France, la question des prix. Est-ce qu'il faut que les Français fassent des efforts, consomment moins d'énergie ? Est-ce que vous leur demanderez ces efforts ? Et puis on reviendra aussi sur votre campagne, vos alliances, les alliances avec le reste de la droite, sont-elles encore possibles ? Toutes ces questions dans un instant. A tout de suite.

L'interview : Eric Zemmour - 08/03 — Éric Zemmour · Pourquijevote