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InterviewRTL (sur YouTube)· 11 mai 2023 9 minComplaisantPortrait personnelImmigration & asileInstitutions & électionsSolidarités & familleJustice

Le député Carlos Martens Bilongo invité d'Amandine Bégot : l'intégrale

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Défensif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Carlos Martins-Bilongo, vous êtes l'un des plus jeunes députés de cette Assemblée, puisque vous avez 32 ans.

  • 0:06OuverteRéponse directe

    Le grand public vous a découvert le 3 novembre dernier, quand vous avez été prise à partie, interrompue en pleine séance, alors même que vous posiez une question au gouvernement, interrompue par le député R.N. Grégoire de Fournasse et ses propos racistes.

  • 1:21OuverteRéponse directe

    Il assure Grégoire de Fournas avoir dit qu'il retourne en Afrique et que ça s'adressait aux réfugiés de l'Océan Viking. Ça vous agace ce débat sur ces propos, vous dites, sur la grammaire d'une insulte ?

  • 1:45OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous avez ressenti quand vous avez entendu ces mots ?

  • 2:23OuverteRéponse directe

    Mais vous, Carlos Martins-Bilongo, c'est la première fois ce jour-là que vous prenez la parole à l'Assemblée, première fois en question au gouvernement, toute première fois. C'est pas anodin, vous avez 32 ans, c'est impressionnant.

  • 2:38OuverteRéponse directe

    Parler en public, pour vous, c'est pas anodin. J'imagine qu'en plus, entendre ces propos-là, vraiment, qu'est-ce que vous avez ressenti ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:27Invité politiqueFait
    « retourne en Afrique »
  • 2:13Invité politiqueFait
    « Certains venaient du Pakistan, du Bangladesh, de l'Afrique, certains étaient passés par la Libye, étaient mis en esclavage en Libye, violés, torturés. »
  • 3:43Invité politiqueFait
    « Une fois que vous avez purgé les 15 jours, vous êtes de retour avec un grand sourire, et voilà, roulez jeunesse. »
  • 4:57Invité politiqueFait
    « Sur chacun de mes posts, je me fais insulter. On me dit « retourne chez toi » ou autre. »
  • 5:14Invité politiqueFait
    « Récemment, j'ai mis ma suppléante, j'étais à Montmorency, et j'ai tweeté. Et ma suppléante m'a dit « S'il te plaît, débloque les commentaires parce que je me fais un... C'est trop. » »
  • 6:23Invité politiqueFait
    « pendant des années, elle a été battue par votre père. »
  • 6:27Invité politiqueFait
    « Vous partiez à l'école, écrivez-vous, la peur au ventre, je redoutais de ne pas revoir ma mère le soir. »
  • 7:06Invité politiqueFait
    « l'État n'a pas de réponse dans l'urgence. »
  • 7:16Invité politiqueFait
    « En France, on en manque de logement »
  • 8:25Invité politiqueFait
    « ce n'est pas le poste, parce que même moi, aujourd'hui, mon père, et j'arrive... je l'aime quand même, c'est mon père. »
  • 8:54Invité politiqueFait
    « il y a quand même un épisode qui est très grave où ma mère a failli mourir sur le bord de la route. »

Temps de parole

  • Carlos Martens Bilongo61 %
  • Présentateur39 %

5,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Carlos Martins-Bilongo, vous êtes l'un des plus jeunes députés de cette Assemblée, puisque vous avez 32 ans. Le grand public vous a découvert le 3 novembre dernier, quand vous avez été prise à partie, interrompue en pleine séance, alors même que vous posiez une question au gouvernement, interrompue par le député R.N. Grégoire de Fournasse et ses propos racistes. Alors bien sûr, votre carrière et votre parcours ne se résument pas qu'à ça, mais vous commencez ce livre, Noir français, par cet épisode et par une mise au point. Vous dites l'avoir clairement entendu dire ce jour-là, retourne en Afrique. Aucun doute pour vous.

0:33
Carlos Martens Bilongo

Aucun doute, c'est bien ça. Et je voulais commencer par ça, parce que c'est cet épisode qui m'a fait connaître du grand public, mais ensuite rentrer dans ma vie de tous les jours et faire connaître mon parcours au français, parce qu'après cet épisode, il y a eu différents récits sur ma vie, et j'ai pris le temps de garder le silence sur différents points. Et ensuite, parce que j'avais commencé l'écriture de ce bouquin depuis le mois de septembre, et je voulais revenir en long, en large, en travers, sur le fait d'arriver à l'Assemblée nationale et d'avoir ce changement de classe sociale aussi.

1:10
Présentateur

On a beaucoup parlé de vous, on vous a très peu entendu. Merci de prendre la parole ce matin sur RTL. Il assure Grégoire de Fournas avoir dit qu'il retourne en Afrique et que ça s'adressait aux réfugiés de l'Océan Viking. Ça vous agace ce débat sur ces propos, vous dites, sur la grammaire d'une insulte ?

1:25
Carlos Martens Bilongo

C'est ça en fait, c'est qu'on a resté beaucoup sur la sémantique de savoir qu'il ou qu'il, au tutoriel ou au singulier, et on a oublié même les personnes qui étaient sur ce bateau-là. C'était juste de savoir, à leur propos, c'est directement aux députés ou c'est pas aux députés, c'est aux migrants. Je ne sais pas, en fait, on parle de vie humaine.

1:45
Présentateur

Qu'est-ce que vous avez ressenti quand vous avez entendu ces mots ?

1:47
Carlos Martens Bilongo

En fait, j'ai senti ça, c'était comme si le monde était déshumanisé. Parce que cette question-là, avant de la poser, j'ai été en lien avec le plaidoyer de l'ONG en question, la SOS Méditerranée, et on échangeait par mail à chaque fois sur la situation. Et j'avais pu ressentir tous les éléments profonds, parce que ces personnes qui sont en pleine mer, ils sont issus de différents pays. Certains venaient du Pakistan, du Bangladesh, de l'Afrique, certains étaient passés par la Libye, étaient mis en esclavage en Libye, violés, torturés. On sait qu'ils sont sur un bateau, et on vit avec cette urgence-là.

2:23
Présentateur

Mais vous, Carlos Martins-Bilongo, c'est la première fois ce jour-là que vous prenez la parole à l'Assemblée, première fois en question au gouvernement, toute première fois. C'est pas anodin, vous avez 32 ans, c'est impressionnant. Et, vous le racontez dans votre livre, enfant, vous étiez bègue.

2:38
Carlos Martens Bilongo

C'est ça.

2:38
Présentateur

Parler en public, pour vous, c'est pas anodin. J'imagine qu'en plus, entendre ces propos-là, vraiment, qu'est-ce que vous avez ressenti ? Vous écrivez ce député Massali.

2:48
Carlos Martens Bilongo

Parce que, enfant, j'étais bègue, et je l'ai vécu difficilement, parce que j'ai redubé le CP. Pour les enseignants, on trouvait que je ne participais pas assez en cours. Et ma maman me disait, mais je comprends pas, à la maison, tu parles. Et, en fait, arrivé à l'école, j'étais bridé, parce que j'avais peur de bégayer, j'avais peur de rater. Donc, j'étais assez muet. Et, quand il m'a dit cette phrase-là, j'ai senti que ça m'a renvoyé à mon expérience à l'école, où j'ai dû rester silencieux, soit par rapport à des moqueries ou autres. Mais ça m'a renvoyé à ça, directement à mon enfance, à ce que j'ai subi.

3:31
Présentateur

Alors, il a été sanctionné par le bureau de l'Assemblée, la plus lourde sanction possible, une exclusion de 15 jours, et la privation de la moitié de son indemnité parlementaire pendant deux mois, dérisoire et ridicule, écrivez-vous ?

3:42
Carlos Martens Bilongo

Ben, oui. Une fois que vous avez purgé les 15 jours, vous êtes de retour avec un grand sourire, et voilà, roulez jeunesse.

3:50
Présentateur

Vous, jamais, vous n'oublierez ce moment-là ?

3:52
Carlos Martens Bilongo

Jamais. Aujourd'hui, c'est marqué à vie. Malheureusement, certains me connaissent pour ça. Pourtant, j'avais commencé des travaux parlementaires avant cet épisode, des travaux importants. Et aujourd'hui, voilà, c'est pour ça que je suis connu. C'est un événement malheureux, mais qui a mis en lumière d'autres choses. Et voilà, aujourd'hui, c'est ça.

4:12
Présentateur

Vous pensez que la France est un pays raciste ?

4:14
Carlos Martens Bilongo

Non. Ça, je suis conscient que non, parce qu'après cet épisode-là, j'ai reçu énormément de soutien. Ça prouve que non. Mais malheureusement, il y a une partie des personnes qui sont racistes et qui sont très voyantes, très bruyantes.

4:31
Présentateur

Vous allez peut-être me trouver extrêmement naïve ou complètement à côté de la plaque. Mais j'ai été choquée hier en lisant certains commandaires sous le message que vous avez publié sur Twitter pour annoncer justement la sortie de ce livre. Je vais en lire un, juste pour que les auditeurs se rendent compte de la violence de ces propos. Il y a quelqu'un qui écrit. Qui est le nègre qui a écrit ce livre ? En 2023, en France ? Moi, ça m'hallucine. Je vous le dis très franchement. C'est votre quotidien ?

4:57
Carlos Martens Bilongo

C'est mon quotidien. Sur chacun de mes posts, je me fais insulter. On me dit « retourne chez toi » ou autre. Et même dès lors où je fais un tweet où je dois mentionner un ami ou un autre député ou une autre députée, j'hésite. Récemment, j'ai mis ma suppléante, j'étais à Montmorency, et j'ai tweeté. Et ma suppléante m'a dit « S'il te plaît, débloque les commentaires parce que je me fais un... C'est trop. » Et on se faisait insulter, etc. Mais moi, vraiment, j'ai l'habitude.

5:27
Présentateur

Et vous n'êtes pas un sous-député ?

5:29
Carlos Martens Bilongo

Malheureusement pour eux, je pense qu'ils vont m'atteindre en faisant ça. Mais avec les semaines et les mois que j'ai vécu, je pense que maintenant, je suis vacciné. Et j'ai compris qu'en fait, quand vous êtes là, c'est ce qui leur fait mal. Ils veulent vous mettre au silence. Et quand vous parlez, encore une fois, voilà.

5:51
Présentateur

Alors ce jour-là, vous le racontez dans le livre, vous pensez d'abord à votre maman, Georgette. Elle nous a élevées, dites-vous, avec mes sœurs, mon frère et moi, en nous inculquant le sens de l'effort, du travail et surtout le respect de l'autre avec la foi chrétienne qui était la sienne. Heureusement, ajoutez-vous, qu'elle n'a pas entendu ces mots. Votre maman, vous lui rendez justement un très très bel hommage dans ce livre. Vous dites que c'est grâce à elle que vous êtes ce que vous êtes aujourd'hui, que le petit gamin, Nvidie Lebel, est devenu député.

Tout ce qu'elle vous a appris, inculqué, une maman très présente qui a tout donné à ses enfants, qui travaillait beaucoup et qui a aussi beaucoup souffert puisque pendant des années, elle a été battue par votre père. Vous partiez à l'école, écrivez-vous, la peur au ventre, je redoutais de ne pas revoir ma mère le soir. Ça aussi, ça fait partie de vos combats en tant que député aujourd'hui ?

6:35
Carlos Martens Bilongo

Bien entendu. Vous savez, c'est une très grosse difficulté de vivre dans un foyer où il y a la violence. Et quand on est enfant, en fait, cet épisode-là de vraiment sortir, de ne pas être sûr de revoir sa maman ou de rentrer parfois et de la voir gonfler, c'est horrible. C'est vraiment horrible. Et je sais que la violence, elle est sociétale, qu'elle est dans différents foyers. Moi, ma permanence parlementaire, elle est ouverte. Je reçois parfois des enfants, je reçois des mamans. Et aujourd'hui, malheureusement, l'État n'a pas de réponse dans l'urgence.

Moi, je connais des femmes qui nous font des témoignages où elles doivent rester pour le foyer, elles doivent rester parce qu'il n'y a pas de logement d'urgence. Et comme en France, on en manque de logement, ces femmes restent dans le foyer et elles sont en difficulté et elles sont aussi au risque de tout. Elles peuvent partir, on ne sait jamais, à un mauvais coup ou autre et c'est fini. Et c'est par ses enfants aussi, ils restent blessés à vie. Et il n'y a pas de thérapie, il n'y a pas de psychologie pour les enfants.

7:34
Présentateur

J'imagine que dans ce contexte, vous avez vécu l'affaire Quatre-Mences d'une façon particulière ?

7:39
Carlos Martens Bilongo

Dans le sens où on parlait très peu de sa femme, très peu de l'enfant et beaucoup du statut et de la démission. Et j'avais rencontré, moi, une nouvelle liste RTL au mois de septembre où j'évoquais le sujet de mon bouquin. Et c'était ça, en fait, je parlais de mon vécu, je dis, moi, je suis enfant de femme battue. Et on n'a pas de suivi psychologique, on ne parle jamais de nous.

8:06
Présentateur

Je ne veux pas polémiquer, je ne veux pas polémiquer Carlos Martens Bilongo, mais est-ce que ça vous semble normal quand on sait ce que vous avez vécu qu'un député, aujourd'hui, puisse encore siéger après avoir été condamné pour violences conjugales ? Il n'y a pas de polémique et pas de... derrière ça, mais vous, vous avez vécu ça.

8:24
Carlos Martens Bilongo

En fait, ce n'est pas le poste, parce que même moi, aujourd'hui, mon père, et j'arrive... je l'aime quand même, c'est mon père. Et je pense qu'il doit y avoir quand même une graduation aussi de la violence. Moi, vraiment, sur mes épisodes personnels que j'ai vécu, c'était vraiment très violent et je l'évoque dans mon bouquin. Donc, à titre de comparaison, je ne peux pas mettre ça sur le même...

8:50
Présentateur

Il n'y a pas de petite violence en la matière ?

8:51
Carlos Martens Bilongo

Bien sûr, mais vraiment, si vous avez lu, il y a quand même un épisode qui est très grave où ma mère a failli mourir sur le bord de la route.

8:59
Présentateur

Elle a sauté de la voiture pour échapper à votre papa. Merci beaucoup, en tout cas, Carlos Martins-Bilongo. On n'a pas pu parler de tous les sujets de ce livre noir français, mais franchement, lisez-le. C'est publié aux éditions Philippe Rey. Ça sort aujourd'hui, vous évoquez, votre parcours, un parcours vraiment atypique et c'est à lire. Merci. Merci.

9:18
Carlos Martens Bilongo

Je vous le dis tout de suite, vous n'êtes pas le seul à avoir redoublé son CP. Moi aussi.

9:22
Présentateur

Vous restez avec nous puisque vous êtes dans l'œil de Philippe Cavrivière dans quelques instants.

Le député Carlos Martens Bilongo invité d'Amandine Bégot : l'intégrale — Carlos Martens Bilongo · Pourquijevote