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interviewLe Figaro· 23 juin 2026 13 min

Immigration : quelles différences entre Bruno Retailleau et Édouard Philippe ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Citez-moi un seul phénomène social qui est autant bouleverser la société française sans que jamais les Français n'ent eu à en délibérer. C'est l'immigration. Je ne suis pas pour l'immigration zéro.

Il y a sans doute qu'en Corée du Nord que ça fonctionne. Mais ce que je veux, c'est que nous puissions choisir ceux que nous voulons accueillir parce que sinon l'alternative ce sera de nous faire déborder par des populations que ne choisiront pas, qui ont des codes et une culture brutalement, radicalement éloignée de la nôtre et qui surtout désormais ne veulent plus s'intégrer, s'assimiler à nos mœurs, à notre culture, à notre civilisation. Moi, je ne veux pas demain que des scènes comme celles que nous avit vu il y a quelques jours à Belfast en Irlande, je ne veux pas les voir en France, je ne veux pas de haine, je ne veux pas la violence, je ne veux pas de choc de civilisation.

Alors, on entend souvent que Bruno Rotaillot en tenant ces proposl court après le Rassemblement national. Sauf que sauf que si on écoute euh Édouard Philippe, si on écoute d'une certaine façon aussi Gabriel Atal, et bien euh l'immigration figure en tête de leur priorité. euh sous différentes formes, mais sur un sujet qui est celui des hubs, c'est-à-dire des centres qui sont qui pourraient être créés dans des pays tiers, euh centres vers lesquels on enverrait des immigrés en situation irrégulières et qui n'auraient pas le droit d'asile en France ou ailleurs en Europe d'ailleurs.

On pourrait les envoyer donc dans des centres qui pourraient être installés en Tunisie ou dans d'autres pays de de du continent africain notamment. Bruno Retaillot et Édouard Philippe sont d'accord là-dessus. Alors avec des nuances parce que effectivement ce sujet de l'immigration est un sujet national partagé par beaucoup de gens et à droite quand on se réclame de droite comme les Édouard Philippe comme les Bruno Rotaillot évidemment qu'on on veut capitaliser sur ce sujet-là qui est un sujet important simplement parce que dans les sondages d'opinion les Français voient bien qu'il y a un problème en France et les faits d'hivers de semaine en semaine nous rappellent que il y a un sujet notamment ça avec le vous souvenez ces problèmes qu'on a eu sur les OQTF obligation de quitter le territoire français qui ne permet La politique telle qu'elle est aujourd'hui applicable en France ne permet pas de les d'aller au bout de ces obligations de quitter le territoire sur les je sais plus combien le chiffre exact mais il y en a que 10 % qui sont effectives et ça c'est le sujet le sujet majeur.

Donc ce qui s'est passé sur la directive retour, c'est très important, c'est une directive européenne. He directive européenne qui fait évoluer le droit et qui devient maintenant un droit européen et qui donne la possibilité aux États qui décident de s'en charger, de l'adopter, de négocier avec des pays tiers à l'extérieur de l'Europe pour envoyer des étrangers illégaux qui veulent rester sur le territoire français ou qui ne veulent pas être repris dans leur pays. C'est ça.

Donc c'est un moyen de pression assez évident. On ne sait pas si ça peut fonctionner mais en tout cas on imagine que par exemple un OCUTF algérien qui veut pas rentrer chez lui et que son pays ne veut pas accueillir, si on l'emmène au Rwanda, il va peut-être réfléchir à deux fois avant de de de son son lieu de de de départ. Mais il y a un débat sur ce sujet-là.

Alors Édouard Philippe et Rotaillot sont sur le papier d'accord enfin sur le sujet. C'est plutôt Édard Philippe qui dit euh ils ont voté d'ailleurs au Parlement européen. Les deux députés de d'horizon au Parlement européen qui siège au sein du parti présidentiel Renaissance ont voté pour.

Mais il s'étaient, je crois absten commission. Hm hm. Et quand on on écoute les deux discours, il y en a un qui est très clair, c'est Retaillot que qu'on vient d'entendre qui dit lui bon bah dès s'il est élu demain, il appliquera ce règlement et il ira tout de suite tisser des accords avec des pays tiers pour le faire.

Euh F est un peu plus ambigu, il le dit mais on sait pas trop. Il dit on verra, il faut voir donc c'est c'est beaucoup moins offensif et beaucoup moins clair. Et chez Atal et sans compter alors chez Atal bon je crois que Atal est plus encore plus à gauche que Philippe donc c'est encore plus compliqué et c'est indéfendable d'autant que le président de la République Emmanuel Macron donc le parti est très contre. il est il a exprimé très très vivement euh son opposition à à cette mesure.

Euh et donc en fait ça ça pose le débat de manière très claire aujourd'hui. Très très clair. Est-ce que ça va être un des thèmes qui euh pour on va dire l'espace central est un thème qui euh soit va fédérer ou diviser.

Qu'est-ce qui va se C'est ce sera ce sera un thème marquant euh ce sera un thème structurant à mon avis pour deux raisons. d'abord parce que c'est un sujet qui préoccupe beaucoup les Français et ensuite parce que effectivement il y a il y a des désaccords au sein de ce qu'on appelle la la droite et le centre sur les éléments qui peuvent s'opposer à un rapprochement par exemple entre Bruno Retaillot et Édouard Philippe. Il y a ce sujet de de de l'immigration.

Emmanuel m'a rassuré quand il dit que la position leur Philippe est pas claire parce que j'ai relu quatre fois son interview de ce weekend à la tribune et où la tribune poser à Édard Philippe la question est-ce que vous êtes pour ou contre ce ce cette mesure ? et il dit bah je suis pouvoir mais quand même c'est compliqué mais enfin c'est c'est une bonne idée mais il faut voir enfin c'est le moins qu'on puisse dire est que c'est c'est un peu confus et c'est assez logique parce que je pense que même si quand ils sont quand ils sont plus aux affaires Édouard Philippe et dans une certaine mesure Gabriel Atal qui ils sont relativement martiaux déterminés vous vous souvenez qu'Edouard Philippe était l'un des premiers à avoir dit il faut dénoncer l'accord de 1962 avec l'Algérie. Le problème c'est que ces gens-là ils ont été au pouvoir.

Édard Philippe était premier ministre quand le le ce qu'on appelle la réunification familiale a été étendue au aux enfants enfin aux mineurs isolés qui étai qui étaient en France. Tout ça c'est des mesures qui favorisaient objectivement l'immigration. Donc ils nous disent maintenant ah il faut être beaucoup plus rigoureux.

Bah oui mais est-ce qu'on peut vraiment vous faire confiance là-dessus ? C'est pas évident. Je suis sur la gêne d'Édouard Philippe et on peut comprendre effectivement pourquoi il a ce flou là.

C'est parce qu'il est en fait dans une il est emprisonné dans quelque chose de on sait pas comment il va en sortir. Vous l'avez vu dans le débat face à David Lisnard chez madame Portellie. Euh alors il y avait un débat juste pour surtout sur la culture.

Oui. Bon non pas seulement parler au fil nucléaire et on a vu Édouard Philippe très très de manière très étrange un peu un peu absent pas pas du tout offensif il est gêné il arrive même pas à à adopter une une position qui serait celle d'un d'un ex-premier ministre qui aurait vu de l'intérieur toutes les les problèmes de de de la gestion du pays et qui serait prêt aujourd'hui. Alors il dit non et aujourd'hui il parle même de continuité hein.

Je crois que dans un entretien il parle de continuité. Il dit "Non, il y a pas de rupture, il y a pas de rupture avec le macronisme." Euh alors, il joue sur les mots, c'est très étrange.

Et sa stratégie, je ne sais pas où elle va, je je sais pas ce qui le conseille, mais je ne comprends pas ce qu'il fait. Philippe, c'est l'immigration, c'est une question très compliquée, beaucoup plus compliquée qu'en apparence. D'abord parce que faut dire que pour un électeur, si ce thème-là est majeur, il va voter Ren parce que c'est eux qui sont dans l'origine.

Il veut la radicalité. Pour un autre lecteur qui juge sur plein de plein plein de sujets, il doit effectivement faire la part des choses. Alors, on dit entre Édouard Philippe et Rota mais pour les gens c'est très compliqué euh de voir effectivement les ce qui peut apparaître.

On le sent même dans le discours que vous avez passé de Bruno Rotagdill, il dit alors une chose très juste, immigration zéro, impossible, sauf on est la la Corée du Nord et puis bah j'en parle je parle même pas de la démographie française telle qu'elle est partie. Si on veut continuer d'avoir des emplois de croissance et cetera. il ajoute euh derrière "Oui, mais attention à la culture et cetera".

Alors là, on se dit bah s'il faut que les Suisses émigrent, on n'est pas prêt d'en avoir à part Jean-Luc Godard et Darius Rochemin. On n' pas eu grand on n' pas eu grand monde. Euh donc ça va être très compliqué.

Au fond, il le dit Rota parce que il dit dans ce dans ce qu'il explique, il dit il faut vraiment contrôler l'immigration et puis en ajoutant effectivement les systèmes, il amende plus ses réserves, il dit "Mais ça va être très compliqué." Il est encore plus ambigué [rires] et donc je pense que ils savent qu'il y a pas de de recettes miracle, il y a des recettes ici et là et que c'est un thème qui en même temps exactement ce que dis Guillaume qui qui joue quand même parce que d'où son idée à Retaillo quand même de référendum sur cette question. Il il le dit pas bien jamais été posé, il faut la poser au centre du du du débat et quit à envisager une réforme de la constitution.

Oui. Alors, c'est c'est c'est justement le céit, c'est c'est quand même euh de là que part l'idée euh pour Bruno Rotaillot de réformer la constitution pour pouvoir justement organiser des référendums à partir de l'article 11 sur l'immigration, ce qui n'est pas prévu dans cet article. Oui, c'est ça.

Et et ce que propose aussi le RN. Donc [raclement de gorge] là là, je trouve effectivement qu'il y a des points communs programmatiques. C'est vrai entre Édouard Philippe et Bruno Rota mais la philosophie qui est derrière est pas du tout la même.

Bruno Rota lui, il est sur une ligne de fermeté plus libre dans sa parole, libre pour aller effectivement chasser sur les terres du RN parce qu'il a pas peur de radicalité. euh là où Édouard Philippe est plus sur une logique euh presque technocratique euh pragmatique euh ce qui ce qui est complètement différent et je pense que Bruno Rotaillot mise sur le fait que Édouard Philippe de toute façon n'arrivera pas à donner une image radicale euh ou d'homme de droite euh et qui sera toujours renvoyé comme un néojupé ou alors renvoyé à l'héritage du macronisme. Et et c'est vrai qu'Edward Philippe aujourd'hui on sent qu'il est prisonnier dans même temps, qu'il est pas si libre que ça de sa parole puisque finalement sa campagne, bon, il annonce pas grand-chose non plus, c'est toujours prudent.

Donc à la fin des fins, ça fait des points programmatiques, des points communs. Peut-être que ça peut œuvrer pour un rassemblement plus large ensuite type socle commun comme on l'avait eu sous Michel Barnier, mais la philosophie est pas la même et j'ai du mal à voir comment on la concilie. Alors, on retrouve dans tous ces débats euh Guillaume la nécessité de modifier la Constitution.

Euh par exemple, si effectivement Retaillo, le Rassemblement national veut faire quelque chose sur l'immigration, ils veulent modifier la Constitution. Ça va être une des un des débats aussi de la présidentielle ça parce que c'est pas simple de modifier la constitution. Pas simple du tout.

C'est pas simple. ça va être indispensable parce que euh il y a un certain nombre de règles euh qui sont actuellement en vigueur et qui sont imposées par l'Europe. Euh d'ailleurs, que ce soit l'Union européenne ou le ou euh ou la Cour européenne des droits qui comme vous le savez n'est pas n'est pas une institution de le de l'Europe des 28.

Par exemple, je parlais tout à l'heure du regroupement familial. Le droit à avoir une vie familiale normale est un droit qui s'impose à la France. Et donc c'est pour ça que moi je suis assez interrogatif quand j'entends les uns et les autres dire "On va privilégier une immigration de travail." H donc ça veut dire faire venir des gens pour qui travaillent.

Oui. Sauf que ser ils feront venir la famille ce qui se comprend tout à fait de leur point de vue et je vois pas comment on pourra s'opposer à ça. Donc l'idée effectivement c'est des qu'il faut modifier la constitution d'autant que le conseil constitutionnel je veux pas être caricatural mais sur les sujets d'immigration dès qu'il y a une mesure un peu restrictive il la tape.

Et et je je pense qu'on peut vraiment parler son sans esprit polémique d'une idéologie du Conseil constitutionnel pro immigration qui fait que ces mesures vont toujours dans le même sens. Donc effectivement, il va falloir bouger. Alors, c'est compliqué parce que vous savez que le le domaine du du référendum, il est assez encadré.

Mais l'idée c'est que aujourd'hui effectivement que soit phip il disent il faudra faire un référendum et et dans la dans la foulée de l'élection présidentielle peut-être le même jour que les élections législatives qui vont très logiquement suivre la présidentielle parce qu'il y aura à nouveau une dissolution cette fois-ci elle sera justifiée et et donc je vois pas comment on peut faire l'économie de ça. Oui. Ça s'est rarement produit ça.

Une promesse de réforme de la constitution dans une Oui. en même temps que juste après une présidentielle parce que ça fait un petit peu j'ai gagné donc maintenant je suis sûr d'être encore gagnant généralement en principe une c'est pour ça que c'est le bon moment. Oui, c'est c'est ça c'est non non, ça c'est ça c'est ça ne s'est jamais vu et c'est toujours complexe he une un référendum.

D'abord la manière dont la question est posée posé et des questions très techniques. Je je vais reprendre un référendum merveilleux. Je l'ai toujours c'est le référendum sur le traité de Mastricht où je ne sais pas qui avait lu le traité de Mastrich.

C'était proprement incompréhensible. C un besteller sur les plages en 2000 [rires] en 198. On a fait voter les Français sur un texte qui était qui était totalement incroyable.

Donc à la fin ça finit comment ce genre de de truc ? bah par une espèce de caricature d'un camp et l'autre sur ce que c'est. Donc il y a ceux qui diront "C'est scandaleux, c'est une loi xénophobe et cetera." Donc qui qui qui joueront chacun joueant en sa là d'ailleurs la mauvaise conscience en disant vous allez voter un truc absolument horrible et puis bah les autres qui effectivement défendront leur textes donc on risque à la fin d'avoir je dirais une une [grognement] un référendum un peu faussé par la manière dont la question est posée.

Oui bien sûr bien sûr. Alors, il y en a un qui