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interviewSud Radio (sur YouTube)· 27 juillet 2026 18 min

Françoise Gatel: "C’est insupportable de distinguer le malheur des gens en fonction de leurs moyens"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Sud Radio, il est 8h12. Mon invité politique ce matin, c'est Françoise Gatel, ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation. Françoise Gatel, bonjour.

Bonjour et merci d'être avec nous ce matin. La France qui fait face à des incendies historiques en Gironde, dans les Landes, dans le Var également, en [grognement] Corse ou dans les Hautes Alpes. Mobilisation totale des pompiers, de l'armée, des forces de l'ordre également des élus locaux, des maires qui se démènent pour protéger leur population avec une grande solidarité entre les communes.

Est-ce que vous avez tout d'abord un message à faire passer à l'ensemble de de ces élus ? Madame la ministre, je voudrais d'abord exprimer ma profonde gratitude, dire mon soutien et celui du gouvernement à l'ensemble des forces mobilisé mais tout particulièrement aux élus locaux qui plus que jamais sont là pour protéger, rassurer, organiser avec les services de l'État, les secours aux personnes et notamment les évacuations. Ils font quelque chose véritablement de très important justement dans et bien la mobilisation contre ces incendies, ces élus locaux.

Oui. Aujourd'hui, les élus locaux dans ces territoires représentent l'honneur de la France et et la la valeur d'un engagement qui est très exigeant, très difficile et qui nécessite une mobilisation extrême et parfois inattendu. Rien rien qu'en Gironde, on est à 220000 personnes évacuées, c'est énorme.

Ce sont des réfugiés climatiques, c'est comme ça qu'on doit les présenter ? En tout cas, aujourd'hui, ce sont des habitants ou des touristes qui ont dû être évacués. ont été d'ailleurs dans de bonnes conditions et là encore on mesure l'ampleur de la tâche parce que c'est rapide, c'est inattendu, il faut trouver de quoi loger les les personnes.

En tout cas, cette situation, elle est inattendue parce que il y a une ampleur géographique qu'on a qu'on a jamais connu. H vous avez vu les premières polémiques qui arrivent, la France insoumise, Jordan Bardella également le RN qui dénonce le manque de réactivité du gouvernement. Qu'est-ce que vous avez envie de leur répondre ce matin sur Sud Radio ?

Oui. Alors elle les filles pour causer, c'est très bien pour faire c'est beaucoup moins. C'est inadmissible que pendant cette période où tout le monde est mobilisé, il y a des polémiques de la part de gens.

Quel est leur degré de connaissance du sujet ? Quel est leur degré de connaissance des moyens ? Il vaudrait mieux d'abord saluer tous ceux qui sont engagés d'une manière aussi courageuse.

On a notamment un député LI qui parle des bourgeois du Cap Feris. Ça vous met en colère cela madame la ministre ? Oui, c'est juste c'est juste scandaleux, inadmissible.

Il y a partout. des gens qui aujourd'hui sont extrêmement mobilisés, des bénévoles. Je trouve ça insupportable de distinguer le malheur des gens selon leur leurs moyens.

C'est vraiment d'un niveau zéro. On a quand même des des pompiers qui qui alertent neuf syndicats de sapeur pompiers. L'ensemble qui se sont rassemblés en intersyndical au printemps dernier.

Ils alertent sur le manque de moyens financiers, matériel. Vous les entendez ? Vous entendez leur inquiétude ?

Les les pompiers euh expriment effectivement l'attente en matière de besoins. Le gouvernement à l'époque, c'était François Noël Buffet qui était ministre auprès du ministre de l'intérieur à organisé à l'initiative du président le beau veau de la sécurité civile. Euh et nous sommes aujourd'hui en phase de conclusion.

Il y a effectivement nécessité euh de retrouver de la capacité pour la sécurité civile, des ressources et euh les discussions vont bientôt euh euh se terminer sous la responsabilité du ministre de l'intérieur. Françoise Gatel, je rappelle, vous êtes ministre de l'aménagement du territoire, de la décentralisation. Les départements sont aujourd'hui la principale source de de financement pour les les 10 sont les les pompiers.

Est-ce que les départements vont devoir selon vous mettre davantage d'argent sur la table ? Alors, il y a deux sources de financement euh principales pour les services de secours et d'incendie. Les départements, mais aussi euh les communes euh qui contribuent d'une manière significative.

Aujourd'hui, euh il y a de nouveaux besoins. Les services de secours étaient très mobilisés sur le secours, les secours aux personnes. Donc, ce sont des moyens particuliers.

Aujourd'hui, on voit l'ampleur des feux, des feux concomitants, ce qui pose d'autres problèmes et il y a besoin de moyens supplémentaires. Je l'ai dit, c'est le sujet qui va aboutir sous sous peu de temps, mais il y a aussi de la mutualisation et vous avez vu comment à l'échelle européenne des moyens très conséquents sont mis en œuvre. H Françoise Gatel, venons-en à un sujet qui vous concerne tout particulièrement, c'est la décentralisation.

Vous êtes ministre en charge de la décentralisation, Sébastien Lecnu nous avait promis, je le cite, un grand acte de la décentralisation. Sauf que bah le projet de loi visant à renforcer l'État local, bah il a été retiré par le gouvernement de l'ordre du jour du du Sénat, la décentralisation. C'est fini.

Vous avez tiré un trait là-dessus ou pas ? Pas du tout. le premier ministre ne renonce pas et moi non plus parce que je pense que dans notre pays le fait de confier aux collectivités des compétences c'est nécessaires.

Vous voyez comment les départements gèrent aujourd'hui d'une manière remarquable avec les préfets de département les incendies. Donc ça montre que ça marche. Donc il faut permettre que les choses soient faites au bon niveau.

Je pense que par exemple le logement que nous allons dont nous allons terminer la décentralisation et l'exemple même de politique qu'il faut faire au plus près des gens parce que c'est là où ça marche donc on n pas on n pas renoncé et l'état local on n pas renoncé non plus on a on a préféré c'est un texte qui pourrait être adopté d'ici la présidentielle ou pas ? Alors, je sais pas, en tout cas nous ça nous semble ça nous semble nécessaire parce que voyez l'état local, c'est exactement ce qui se passe aujourd'hui. C'est-à-dire c'est le préfet de département qui est au côté euh des élus euh pour coordonner l'ensemble des services de l'État pour que ça marche mieux et pour accompagner les élus dans leur mission.

Donc c'est un texte extrêmement important. Euh on a préféré passer le texte sur le logement à la demande des assauts d'élus, mais on n'a pas du tout renoncé à cela effectivement et à voter peut-être un jour. On verra d'ici la présidentielle ce texte sur l'état local.

Vous parliez du projet de loi logement qui prévoit donc une dose de décentralisation les maires qui auront plus de pouvoir dans l'attribution des logements sociaux et dans la construction de logement. Concrètement, ça veut dire quoi ? Bah aujourd'hui euh la politique du logement, elle est décidée depuis Paris.

C'est-à-dire depuis Paris, on définit quel type de logement il y a dans telle partie du département. Euh on voit bien que ça ne marche pas et qu'il faut permettre au terrain euh de décider et de faire les choses qui conviennent. Donc ce qu'on appelle les intercommunalités, les métropoles, les communautés d'agglomération seront autorité organisatrices de l'habitat.

C'est-à-dire, c'est à cette échelle de territoire très fine euh que seront décidé les choses et les maires qui sont responsable des équipements à mettre en place que nécessite une nouvelle population auront aujourd'hui une place plus importante dans l'attribution de logement. Est-ce qu'on touche au quotas imposés dans les communes de logements sociaux ? Est-ce que ça ça va évoluer ou pas ? il y aura davantage de peut-être de liberté laissé au alors on ne touche pas aux obligations faites par la loi de quota de logements sociaux dans certaines communes.

Aujourd'hui, il y a capacité à adapter les choses avec l'accord du préfet quand c'est nécessaire entre les communes, mais que surtout je crois que les maires sont des gens extrêmement responsables qui connaissent bien les besoins, qui connaissent bien leur population et qui seront au sein d'un dispositif où il y aura des règles qui seront très bien gérer les choses d'une manière à mon avis plus efficace. Vous espérez une adoption de de ce projet de loi de logement pour euh pour quand ? À quel horizon ?

Vous avez déjà une date en tête ? En tout cas, euh le texte va venir euh à l'Assemblée euh nationale après la rentrée. Euh donc, ce serait bien que ce texte soit voté euh avant décembre.

À ce stade, il y a pas de de calendrier encore arrêté au niveau parlementaire, mais c'est l'objectif. Vous parliez de la mobilisation des MRE qui font face à un grand nombre de normes. 400000 normes à gérer pour les maires au quotidien.

C'est énorme. François Gatel, ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation. Vous avez déjà publié un premier méga décret en février dernier.

C'est comme ça que vous vous l'appelez. Est-ce que il y a un second méga décret donc qui sera prochainement publié ? Oui.

Oui. Absolument. Alors vous parlez de 400000 normes, c'est le même chiffre depuis longtemps.

Donc je suppose qu'on a arrêté de compter. En tout cas, il y a trop de normes qui bloque, qui coûte cher, qui ralentissent, qui compliquent la vie parce que parfois ils sont contradictoires. Donc le Premier ministre a annoncé au congrès des maires l'année dernière que sans mesures de simplification serait prise.

Nous allons dépasser les 100 mesures avant le mois de de novembre. novembre étant le mois du Congrès des MES puisque nous allons être autour de 120 130 mesures de simplification. C'est une guerre comment dire ?

C'est vraiment une guerre contre les normes qui est une guerre déterminée parce qu'aujourd'hui il faut donner au maire le pouvoir d'agir de la souplesse, de l'agilité et donc nous agissons sur tous les sujets. Je vais donner des exemples peut-être justement pour qu'on se rende compte que ça soit concret effectivement. un moment où on a beaucoup besoin d'eau et qu'il y en a pas beaucoup, nous avons euh permis que l'obligation de vidange annuel des piscines municipales soit supprimé.

Quand vous allez à la piscine, l'eau est surveillée tous les jours, donc elle est sanitairement correcte et on obligait les collectivités à vidanger l'eau de la piscine une fois par an. 3 milliards de m c d'eau qui partaient euh dans la nature gaspillé et 30 millions d'euros de dépenses. Donc ça on a supprimé, c'est un exemple très concret et qui montre l'intérêt de garder une norme qui protège euh mais de la doser correctement comme vous dosez un médicament ou un traitement.

Second décret, j'y reviens pour pour cette simplification prochainement. Très prochainement. Oui, puisque le second décret que nous préparons avec une trentaine de mesures, voir un peu plus, a eu euh en quelque sorte l'aval du Conseil d'État, du Conseil des normes.

Donc, il va être publié incessamment sous peu en en à nouveau à les gens dans le quotidien la tâche des maires et des personnels municipaux. Mais j'aimerais qu'on parle aussi Françoise Gatel de ces violences qui se multiplient contre les élus locaux. Vous l'avez peut-être vu récemment, un maire de la SAR qui a été agressé par un automobiliste simplement parce qu'il lui avait demandé de rouler plus prudemment.

Que fait l'État pour protéger ses élus locaux ? Alors, l'État s'est profondément et beaucoup mobilisé euh depuis 2019, euh date à laquelle un maire, le maire de signe avait été victime d'un accident euh suite euh à une altercation avec euh des personnes de sa commune qui euh jetaient euh des déchets euh dans la nature. Donc l'État s'est profondément il il est mort.

Effectivement, l'État s'est profondément mobilisé puisque nous avons aujourd'hui un partenariat entre toutes les assauts départemental de MA et la gendarmerie d'abord pour former les élus à la gestion de du conflit. Deuxièmement, nous avons tout un système de protection qui fait que tous les élus qui le souhaitent peuvent donner leur numéro de portable à la gendarmerie. Quand ils appellent, ils sont directement identifiés. il porte plaines, les procureurs instruisent systématiquement euh les plaintes et puis quand il y a une situation qui devient très difficile, il y a aussi des boutons d'appel dont sont équipés euh les élus qui le souhaitent.

Et enfin euh dans le texte statut de l'élu euh que nous avons euh fait adopter en 2025 et qui reconnaît l'engagement des élus qui pour la plupart sont des bénévoles, nous avons élargi la protection fonctionnelle euh pour toute agression dans le dans le cadre d'un d'un mandat euh d'élus à l'ensemble des élus, y compris l'opposition. Et enfin, nous avons renforcé les peines qui peuvent être infligées à des agresseurs d'élus. Ces peines sont [raclement de gorge] aujourd'hui au niveau euh qui existent pour l'agression de de policiers, de gendarmes, c'estàd de personnes qui détiennent l'autorité de l'État, qui incarne l'État parce que c'est le cas des maires dans leur fonction.

Oui, tout à fait. La présidentielle pour conclure peut-être Françoise Gatel, en quelques mots, vous êtes présidente de l'UDI donc qui fait partie de ce bloc central. Pour 2027, vous soutenez qui ?

Gabriel Atal, Édouard Philippe, Bruno Retaillot. Alors, je suis vice-présidente de l'UDI, le président Servé Marseille qui est aussi J'ai dit président. Oui, vous m'avez dit président.

Voilà, mais [rires] je suis pas candidate à la présidentielle si c'est notre prochaine question. Il est extrêmement important notre pays est dans une situation exigeante parce qu'il y a aussi au-delà des sujets français, il y a aussi des crises internationales qui nécessitent une union. En tout cas pour pour ma part une union des républicains responsables, modérée et j'espère que des candidats que l'on qualifie du centre et de la droite sauront à un moment se réunir pour porter la voix de ce que j'appelle les républicains modérés.

Et en tout cas, je pense que chacun doit mesurer le risque parce que vous évoquiez euh euh les comment dire les commentaires de certains élusfi. Je vous avoue qu'entendre ces commentaires dans une période de crise de cette nature peut laisser craindre des choses un peu d'incapacité ou des choses effrayantes si jamais quelqu'un de ce bord. Bah, je pense que c'est assez irresponsable pour des élus de tenir ces propos aujourd'hui et euh je pense qu'en tout cas euh ces propos euh ne [grognement] montrent pas euh la réserve, l'intelligence et le sens de la responsabilité des élus.

Quand il y a une crise, tout le monde doit être mobilisé pour soutenir. Il n'empêche qu'après il y a les retours d'expérience. Il nous faut tirer les leçons.

Mais je pense que beaucoup c'est exactement ce que dit d'ailleurs Bruno Lemer. Je sais pas si vous avez vu, il a accordé une longue interview à la tribune dimanche, il parle de son expérience, qu'il a avec le recul, qu'il sait maintenant ce qui peut fonctionner et ce qui ne marche pas. C'est c'est un candidat intéressant pour vous.

Ce serait il est pas encore un candidat intéressant. Bruno Lemire, vous en pensez quoi ? Bon, écoutez, moi pour l'instant, mon sujet euh n'est pas euh d'inventorier les candidats euh intéressants.

En tout cas, sincèrement, euh je pense qu'il y a aujourd'hui des candidats euh qui sont euh déclarés et qui euh surfent et instrumentalisent euh les situations euh difficiles que nous connaissons et un élu responsable ne doit jamais instrumentaliser d'une manière soit claire, soit insidieuse. en tout cas pour des fins politiciennes ce ce qui se passe. [grognement] Euh juste d'un mot pour conclure, quand est-ce que l'UDI annoncera bah le pour quel candidat il roule pour 2027 ?

Alors, je crois qu'en ce moment la situation est tellement est tellement grave que nous sommes tous mobilisés, il serait un peu indécent dans cette dans ce moment difficile et courageux que traverse notre pays de nous a donné à des à des comment dire à des jeux politiciens. Il y a aujourd'hui une compétition et c'est très bien parce que c'est la démocratie. Il y a euh des candidats qui aujourd'hui font campagne, proposent leurs idées, rassemblent.

Euh je veux pas dire qu'il y a un temps pour tout euh mais euh les choses se préciseront euh dans les mois dans les mois qui viennent à la rentrée, dans les mois qui viennent. Je je je dis aujourd'hui, il faut débattre, il faut discuter. Le le choix d'un d'un candidat, c'est un choix important et sérieux.

Il faut débattre. Il y a du dialogue qui se fait entre, on va dire tous les responsables de cette ce que j'appellerais une famille euh qui peut être une famille recomposée de la du centre et de la droite, mais euh en tout cas voilà, mais qui assumera du coup d'une certaine manière le bilan d'Emmanuel Macron. C'est c'est ça aussi l'idée ?

Enfin, je je pense que aujourd'hui nous devons avoir un projet pour la France et je parlais de retour d'expérience. Le président Macron a fait des choses très importantes. Je veux dire, quand il y a eu la crise Covid, il me semble pas avoir entendu de critiques sur son soutien à l'économie, aux gens qui étaient en difficulté pour leur emploi à l'international, je crois que son rôle est reconnu.

Ensuite, il y aura comme je le diss, des retours d'expérience. Mais en tout cas, voyez, aujourd'hui, ce qui nous intéresse, c'est se tourner vers le futur. Quel projet, quelle vision on donne à la France ? dans un monde qui change beaucoup.

Donc il faut vraiment euh un candidat qui ait un projet qui soit capable de mobiliser qui est une ambition euh noble et réaliste pour la France. Merci beaucoup euh Françoise Gatel d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio Ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, je le rappelle. Merci beaucoup et très bonne journée