BACKSEAT - S05E03 - SPÉCIALE au congrès des maires ruraux de France
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 31 %Défensif 14 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 6:13OuverteRéponse directe
Peux-tu nous présenter la Fédération Nationale Solidarité Femmes ?
- 7:22OuverteRéponse directe
C'est quoi cette campagne sur les violences faites aux femmes en milieu rural ?
- 7:42RelanceRéponse directe
Qu'est-ce qui explique cette disproportion de 50% de féminicides en ruralité ?
- 9:25OuverteRéponse directe
Est-ce que l'interconnaissance est un facteur dans le non-dépôt de plainte ?
- 10:59OuverteRéponse directe
Envisagez-vous des systèmes de prévention dans les écoles rurales ?
- 13:41RelanceRéponse directe
Est-ce que vous envisagez des campagnes de sensibilisation dans les écoles ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:57InvitéChiffre
« En ruralité, il y a 80% des déplacements qui se font en voiture. »
- 11:05InvitéChiffre
« 75% des gens qui habitent à la campagne, c'est des classes populaires. »
- 24:09InvitéChiffre
« En 6 ans et demi, ça a créé 30 emplois directs. »
- 30:41InvitéChiffre
« On a 45% de financement public, 55% de financement privé. »
- 32:57InvitéChiffre
« On va économiser 45 millions d'euros pour 15 000 missions de moins. »
- 1:06:24InvitéPromesse
« début octobre, puisque ça va passer au Sénat, et du Sénat, ça repassera à l'Assemblée, et on pense que, raisonnablement, novembre, ce sera acté »
- 1:07:59InvitéChiffre
« Il y a seulement 17% des maires des communes rurales qui sont des femmes aujourd'hui »
- 1:12:10InvitéFait
« dans une commune de moins de 100 habitants, à la place de 7 nécessaires pour que la liste soit validée, il peut y avoir 5 personnes »
- 1:15:15InvitéPromesse
« je me représente »
- 1:15:51InvitéChiffre
« nous avions 8 000 adhérents. Nous en sommes à 13 500 »
- 1:20:12InvitéFait
« Le maire est condamné »
- 1:25:05InvitéChiffre
« on a 400 pages de jugement quand même sur cette affaire »
- 1:32:10InvitéFait
« j'ai vraiment peur de finir en garde à vue »
- 1:34:19InvitéFait
« les gens ne faisaient pas grève parce qu'ils ne sont pas syndiqués »
- 1:34:23InvitéFait
« une journée de grève ça coûte cher et il n'y a pas de caisse de grève »
- 1:36:40InvitéFait
« il n'y a pas de gouvernement »
- 1:41:08PrésentateurFait
« que Zuckman était un militant d'extrême gauche qui veut détruire l'économie française »
- 1:41:11InvitéFait
« il est communiste »
- 1:41:30InvitéFait
« on est là pour dire on est en train de parler de 1800 foyers fiscaux »
- 1:41:33InvitéChiffre
« il y a environ 10 millions de personnes seules qui vivent avec moins de 1300 euros par mois »
- 1:45:35InvitéFait
« on est à l'association des maires ruraux de France »
- 1:46:03PrésentateurFait
« Sébastien Lecornu n'a pas encore composé de gouvernement »
- 1:46:57InvitéFait
« le NFP qui arrive en tête »
- 1:50:01InvitéFait
« les gens qui travaillent en mairie ils étaient là mais on est épuisés »
- 1:55:40InvitéFait
« de nos problèmes c'est le capitalisme fou »
- 1:55:41InvitéFait
« et ses alliés politiques »
- 1:55:57InvitéFait
« d'autres accords de libre-échange qui vont être signés entre lieux »
- 1:56:00PrésentateurFait
« il y a des négociations qui ont lieu en ce moment »
- 1:56:02InvitéFait
« l'Asie du Sud-Est, l'Indonésie, la Malaisie »
- 1:56:20InvitéFait
« on va se retrouver à manger des aliments ultra transformés ultra remplis d'OGM »
- 1:56:31InvitéFait
« le respect de nos normes UE alors qu'ils l'imposent en contrepartie à nos agriculteurs européens »
- 2:00:11InvitéFait
« je rentre de 7 mois dans le Kentucky et en Virginie Occidentale »
- 2:00:21InvitéFait
« les États-Unis sont d'une telle violence quotidienne »
- 2:00:44InvitéFait
« quand un service public ferme la population se met à voter plus pour l'extrême droite »
- 2:00:53InvitéFait
« tu te fais renverser par une voiture tu n'appelles pas une ambulance tu t'appelles un Uber parce que ça coûte trop cher une ambulance »
- 2:02:17InvitéFait
« l'extrême droite le premier truc qu'elle fait c'est maltraiter le langage »
- 2:02:27InvitéFait
« le meilleur pays au monde »
- 2:05:31PrésentateurChiffre
« le RN reste le premier parti de France ils sont à plus de 30% aux européennes »
- 2:06:56PrésentateurFait
« tu es le plus jeune maire de France tu as été élu à 18 ans en 2020 à Vingt-Yeux »
- 2:07:03PrésentateurFait
« tu fais partie depuis mars dernier du printemps des maires »
- 2:11:16PrésentateurChiffre
« en 2020 environ 500 maires démissionnent chaque année »
- 2:11:21PrésentateurChiffre
« 44% des maires déclarent avoir déjà pensé à démissionner »
- 2:25:41InvitéFait
« les communes rurales en réalité elles progressent en termes de population et elles sont beaucoup plus jeunes que ce qu'on pense »
- 2:26:38InvitéFait
« c'est quand même 32-33 000 communes dans lesquelles il y en a plein où il se passe tout ça et on n'en parle jamais »
- 2:30:25InvitéFait
« nos budgets ils ont toujours été à l'équilibre »
- 2:30:28InvitéChiffre
« on nous a fait faire 85 milliards de coupes diverses et variées depuis 15 ans »
- 2:31:15InvitéFait
« les trois mots qui ressortent en tête c'est colère morosité lassitude »
- 2:32:42InvitéFait
« il y a un moment donné où ça coince et là où on pourrait faire avancer le chemin public »
- 2:35:39InvitéFait
« j'en ai une sur la rénovation thermique des différents bâtiments avec des études obligatoires qui doivent tomber »
- 2:40:36InvitéFait
« tu es étudiant à Sciences Po est-ce que c'est toujours le cas en parallèle de ton mandat »
- 2:46:31InvitéFait
« on est dans un moment d'essor clair de l'extrême droite »
- 2:46:41InvitéFait
« il y a beaucoup de RN compatibles de fachos compatibles qui vont se présenter »
- 2:47:01InvitéFait
« ils sont financés notamment par des milliardaires comme Pierre-Edouard Sterrin »
- 2:47:40PrésentateurFait
« ce qui est sûr c'est que vous pouvez tout à fait faire une politique antifasciste au niveau local »
- 2:48:23PrésentateurFait
« ces gens-là plongés dans cette France qui pourraient tout faire basculer »
Temps de parole
- Présentateur21 %
- Invité17 %
- Invité 215 %
- Invité 310 %
- Invité 410 %
- Invité 58 %
- Invité 68 %
- ?6 %
- Invité 76 %
≈ 38,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Merci les copains pour les applaudissements, vous faites plaisir. Émission Backseat exceptionnelle avec l'association des maires ruraux de France. Nous sommes ici à Poitiers en direct du congrès de l'association des maires ruraux de France. Une émission spéciale puisque l'année prochaine, 2026, ce sont les élections municipales.
L
'écrasante majorité des maires qui vont être élus ou réélus le seront dans de petites communes rurales. On voulait faire une émission spéciale loin de nos studios habituels de Paris. Se rapprocher de vous et voilà, on avait déjà fait Avignon l'année dernière. On avait déjà fait Strasbourg aussi, mais c
'était
le Parlement européen. C'était encore autre chose. Bref, nous voilà à Poitiers pour cette émission Backseat spéciale. Je suis entouré de chroniqueuses incroyables ce soir. Nous sommes avec Namou. Salut Namou. Salut, salut. Ça va ? Ça va, super. Content d'être avec toi Namou. Tu es journaliste indépendante, porte-parole de l'association des journalistes antiracistes et racisés.
Tout à fait.
La jarre.
Oui,
oui,
oui. Ça va
?
Première fois à Poitiers ?
Première
fois à Poitiers ? Non, en fait, je suis déjà venue pour justement profiter du joyau de Poitiers qui est le Futuroscope.
Le Futuroscope, bien sûr, tout à fait. Donc
j'avais peut-être 10 ans, donc ça remonte un peu. Donc très contente d'être ici pour ce
super
congrès.
Contente que tu sois avec nous Namou. On est également avec Latifa. Salut Latifa.
Salut Jean, salut tout le monde.
Tu vas bien
?
Oui, ça va, ça va très bien. Comme le lendemain d'une condamnation de Nicolas Sarkozy.
On
va en parler, évidemment,
bien sûr. J'ai tenu, j'ai tenu quand même un
peu. T'as tenu, c'est vrai. Latifa, tu es directrice exécutive de l'ONG Le Mouvement et tu es journaliste. C'est ça. Tout roule ? Toi, Poitiers, déjà venue, jamais venue
? Mais non, c'est
la première fois dans le Poitou même de manière générale.
Dans
le Poitou de manière générale. La météo n'est pas dingue, on va se le dire.
Quand
il fallait venir à Avignon, vous ne m'avez pas appelé pour venir à Poitiers
presque en
automne.
Excuse-nous Latifa, excuse-nous. Merci d'être avec nous. Et enfin, une nouvelle chroniqueuse qui vient de rejoindre l'équipe de Baxit. Un tonnerre d'applaudissements pour Lumir Lapray. Salut Lumir.
Salut Jean, bonjour à toutes et à tous.
Lumir, tu es activiste rurale, militante politique, ancienne candidate NUPES aux élections législatives en 2022 dans l'un, là d'où tu viens ? Le plus beau département de France. Le plus beau département de France. Et tiens, on en parlait tout à l'heure pour les gens qui ne savent pas où c'est L'un, c'est où
?
L'un, c'est ce superbe département rural et industriel entre Lyon et Genève.
Entre Lyon et Genève, merci Lumir de nous éclairer. J'avais un pote, il ne
l
'avait pas.
Oui,
je
pense que rarement les gens se sont posé la question, qu'est-ce qu'il y a entre Lyon et Genève ? Et bien maintenant, vous avez la réponse.
Vous avez L'un et vous avez Lumir l'après. Voilà, maintenant vous aurez une raison d'y aller. Qu'est-ce que je voulais dire ? Tu sors un livre. Mais genre quand je dis tu le sors, tu le sors. C
'est-à-dire il y a deux jours, ouais.
Il y a
deux jours,
tu as sorti
ce livre qui s'appelle « Ces gens-là, plongés dans cette France qui pourrait tout faire basculer ». Lumir, raconte-nous c'est quoi ce livre, c'est quoi ce projet
?
Et bien c'est une plongée dans les campagnes françaises, dans l'Ain, en l'occurrence la plaine de l'Ain, qui est la région de l'Ain d'où je viens. Et c'est une plongée dans ma vie, en fait, avec mes proches, ma meilleure copine d'enfance, ma voisine, ma nounou, le gars qui tient le PMU en face de chez moi. Parce que je suis rentrée habitée dans l'Ain pendant le Covid. Et j'en avais vraiment marre qu'on soit instrumentalisés, qu'on soit moqués, qu'on soit dénigrés. Depuis les Gilets jaunes, tout le monde parle des campagnes, mais tu as l'impression que personne n'y a jamais foutu un pied. Et j'en avais un peu marre, donc j'ai proposé une lecture qui est la mienne, qui vaut ce qu'elle vaut.
Mais voilà, et elle s'intéresse aussi un peu à la politique parce que c'est quand même mon travail. Et moi je pense sérieusement que la gauche a encore pas mal de boulot à faire pour regagner le cœur et l'esprit des campagnards. Mais que c'est possible !
Ces gens-là aux éditions Payot, qu'on connaît bien, c'est la maison évidemment, 19,50
euros
à retrouver dans toutes les bonnes librairies. Merci les copains d'être avec nous à Poitiers pour cette émission spéciale, émission dans des conditions particulières. Je le rappelle pour celles et ceux qui nous rejoignent, on est en direct ici d'un congrès. C'est littéralement un salon professionnel, il y a des stands absolument partout. Je ne
sais
pas si vous avez eu l'occasion un peu de visiter. Moi j'ai vu des stands qui parlent de construction, de restauration, d'énergie. Il y a un stand qui propose de la fabrication de skateparks, c'est hyper important.
Moi
j'ai vu piscine.
De
quoi piscine ? J'ai vu piscine.
Oui,
mais après ça permet de voir aussi les thématiques plus qui concernent les milieux ruraux, les questions d'isolement, par exemple livraison de repas pour des seniors ou des
choses comme ça. Absolument. Lutte contre la désertification médicale aussi.
J
'ai vu un stand qui propose de la téléconsultation. Avec Lumir,
on
est tombé amoureux d'un stand qui fait des décos de Noël.
Extraordinaire. Vraiment les décos de Noël, c'est vous monsieur. Noël,
c
'est le meilleur moment de nos villages. Nous avons beaucoup de talent sur les décos de Noël.
Exactement. Il y
a
une entreprise spécialisée qui est venue porter un stand ici. Donc non, vraiment un très très beau salon, un très très beau congrès. Parce que pendant ce temps-là, il y a une séance plénière avec un certain nombre de choses qui sont discutées. Tout à
l
'heure, ils ont fait une plénière sur les élections municipales de 2026. Là,
ils
sont en train de parler de je ne
sais
plus quoi d'ailleurs. Enfin bref, il y a toute une programmation pendant ce congrès de
l
'Association des maires ruraux de France. Dans cette émission, dans cette émission backseat spéciale ruralité, on voulait recevoir des personnes qui agissent dans la ruralité, des associatifs, des personnes qui montent des projets, qui tentent de redynamiser le tissu social, aider les maires dans les centres-villes également. Je vous propose qu'on accueille une première invitée, un teneur d'applaudissements pour Marie Dubost.
Salut
Marie, merci d'être avec nous. Marie,
je
te présente, tu es la responsable animation du réseau à la Fédération Nationale Solidarité Femmes. Est-ce que tu peux nous présenter cette organisation ?
Bien sûr, donc déjà bonsoir et merci beaucoup de m'avoir invitée. Je travaille à la Fédération Nationale Solidarité Femmes, qui est une tête de réseau féministe, qui a plus de 40 ans d'existence, et qui rassemble en fait 83 associations partout en France, qui sont spécialisées dans l'accueil, l'accompagnement et l'hébergement des femmes victimes de violences conjugales et leurs enfants. Et on gère également, on a créé il y
a
plus de 30 ans et on gère aujourd'hui le 3919, qui est le numéro national d'écoute, d'information et d'orientation pour les femmes victimes de toute forme de violence. Donc je rappelle que c'est un numéro qui est complètement gratuit, anonyme, confidentiel, accessible 24h sur 24, 7 jours sur 7. Donc vous pouvez appeler ce numéro si vous vous posez des questions, que vous êtes un proche d'une victime, un professionnel aussi, et qu'il est accessible bien sûr en ruralité aussi dans les départements et régions d'outre-mer. Et donc notre réseau, il intervient aussi en ruralité bien sûr.
On va en parler justement, parce que la raison pour laquelle on a voulu t'inviter Marie sur ce plateau aujourd'hui, c'est parce que vous lancez une campagne de communication et de mobilisation sur les violences faites aux femmes en milieu rural. C'est quoi cette campagne ?
Alors,
en fait, cette campagne, elle part d'un chiffre assez alarmant. C'est qu'en milieu rural, il y a 50% des féminicides, alors qu'il n
'y
a que 30% de la population. Et ça, comment ça s'explique ? Est-ce que ce serait parce que les hommes ruraux sont plus violents que les hommes urbains ? Non.
C'est ce que j'allais te demander. Qu'est
-ce
qui explique cette disproportion
? En fait, les occurrences de violences sont les mêmes partout sur les territoires. Mais c'est les conséquences de ces violences qui vont être plus dramatiques en ruralité à cause de certaines spécificités, notamment le manque de mobilité, puisqu'en ruralité,
il
y a 80% des déplacements qui se font en voiture. Donc voilà, si la femme n'a pas accès à une voiture ou qu'on appelle ça le contrôle kilométrique, si elle est contrôlée vis-à-vis de ça, les transports en commun, on sait que c'est compliqué en ruralité. Et puis il y
a
aussi la question de l'accès aux services, que ce soit les services de santé, de gendarmerie, de justice, les associations spécialisées, surtout, qui essayent de faire de l'aller vers, mais qui ne peuvent pas être financées pour aller partout. Et donc ça, ça a pour conséquence, en fait, un retard dans la prise en charge, dans le repérage, puis dans la prise en charge des victimes. Et donc les femmes, qu'est-ce qui se passe pour elles ? Elles renoncent, elles renoncent aux soins, elles renoncent aux démarches juridiques, elles renoncent à l'accompagnement social. Et donc elles restent, en fait, au domicile à subir les violences. Et c'est pour ça qu'il y a plus de féminicides.
Les associations qui pourraient les aider, elles n'ont pas les moyens de répondre à toutes les demandes. Donc cette campagne, c'est parce qu'en fait, on fait
ce
constat qui n'est pas un constat essentialisant de la campagne, mais qui est vraiment un constat politique d'un désengagement de l'État, qui fait suite à des décennies de politiques publiques qui n'ont pas priorisé la ruralité. Est
-ce
que quand on a l'élaboration de cette campagne, parmi les spécificités, évidemment, sans être essentialisant, il y avait le fait qu'on sait que les femmes victimes de violences ont souvent honte, et c'est quelque chose qui les retient aussi, d'aller porter plainte ou d'aller voir des associations, etc. Quand on est dans des petits villages, etc., on sait que les informations circulent plus vite, où les gens se connaissent, il
y a
une proximité qui est plus grande, en tout cas, que dans les villes. Est-ce que c'est aussi un facteur ou pas forcément
?
Oui, l'interconnaissance, c'est un facteur, effectivement. Notamment, forcément, si la femme victime voit son mari qui joue au foot tous les dimanches avec le maire et le gendarme, c'est beaucoup plus compliqué pour elle d'aller demander de l'aide. Les associations féministes spécialisées l'ont très bien compris, puisqu'aujourd'hui, elles savent que les femmes, elles ne vont pas forcément être en capacité d'aller pousser la porte de l'association, et c'est pour ça qu'elles font ce qu'on appelle de l'aller vers, qu'elles doivent aller là où les femmes se trouvent de manière discrète.
Il
peut y avoir des permanences délocalisées ou des vannes itinérantes qui sillonnent le territoire pour aller à leur rencontre aussi de manière plus discrète. Et c'est pour ça qu'on a besoin des élus, et donc les municipales,
c
'est aussi cette occasion de mobiliser.
Est
-ce que c'est plus difficile pour les victimes de violences de se protéger ou de se réfugier quand elles vivent en milieu rural
? C
'est plus difficile, notamment parce qu'on ne peut pas enjoindre aux femmes de partir si elles n'ont pas de toit sur la tête, si elles n'ont nulle part où aller, surtout qu'elles ont souvent des enfants. Et en ruralité, il y a notamment la question de l'hébergement et du logement aussi qui se posent, parce qu'il y a très peu de places d'hébergement spécialisées. Quand il y en a, il faut aussi financer l'accompagnement des associations qui va avec l'accompagnement social. Il n
'y a
plus de logements sociaux. Là,
il
y a une initiative qui a vu le jour qui est intéressante,
c
'est par exemple, vous savez, en ruralité, il y a beaucoup de logements de fonction, des écoles ou des collèges qui sont inoccupés en fait. Pourquoi ne pas les remettre en l'état pour en faire des hébergements pour femmes victimes de violences avec leurs enfants, par exemple ? Laumir
? Oui,
je pense que quelque chose d'autre que ça m'intéresserait que tu en parles un peu, c'est que souvent, on ne sait pas parce qu'on parle de la campagne comme dans un espace géographique, mais c'est aussi un espace social. 75% des gens qui habitent à la campagne, c'est des classes populaires. Donc, en fait, il y a aussi, j'imagine, un sujet économique. Comment est-ce que ça se manifeste, ça, pour vous
?
Pour nous, ça va être un de nos axes de priorité dans notre plaidoyer, la question de la précarité des femmes en milieu rural. En fait, ce qu'il faut aussi savoir, c'est que dans le parcours de sortie des violences conjugales, l'indépendance économique est vraiment cruciale. Et en ruralité, on le sait, il y
a
des opportunités professionnelles plus limitées. Il va y avoir beaucoup d'emplois précaires chez les femmes, notamment dans les secteurs du soin ou de l'aide à la personne. C'est 25% des femmes, alors que c'est que 11% en ville. Pour les agricultrices aussi, les agricultrices, elles gagnent 30% moins que les hommes agriculteurs et leurs exploitations sont 40% plus petites. Et je n
'ai
même pas encore parlé des DROM, mais je pense que c'est intéressant de souligner aussi que pour les femmes ultramarines,
la vie chère
aussi, les impacts doublement. Par exemple, on a parlé à notre association de Martinique qui nous a expliqué que les femmes aides à domicile là-bas n'ont pas les moyens d'avoir leur propre voiture, donc elles louent 25 euros par jour des voitures
pour
pouvoir faire les trajets entre les différentes familles.
Pour
les femmes aides à domicile,
non ?
Oui.
Vache. Namou
?
Par rapport à votre politique d'aller vers les femmes qui n'osent pas forcément se rapprocher des associations comme les vôtres, est-ce que justement il y
a
aussi une volonté par exemple d'intervenir auprès du public concerné, que ce soit dans les écoles, pour sensibiliser la population et leur faire connaître vos dispositifs, en tout cas ce que vous aimeriez mettre en place pour les zones rurales
? Oui.
Alors je vous le disais, on est en direct du congrès de l'association des maires ruraux de France, donc il y a des annonces micro qui sont faites, et actuellement c'est quoi l'annonce micro ? C'est sur Backseat. C'est Backseat, bien sûr. Voilà.
Ça
va, on a perdu le petit Jean-Massier.
Apparemment
sur le stream en fait ils n'entendent pas la voix, parce que les micros n'entendent pas la voix. D'accord. Nous sur le plateau, on ne
peut
pas se concentrer parce que là on a une annonce de gare là en fait. Excusez-nous, on
arrive
tout de suite, on est toujours avec Marie Dubost et Namou, tu reposes une question
que tu peux résumer. Je repose ma
question justement par rapport à votre initiative d'aller vers le public concerné. Est-ce que vous envisagez aussi de mettre en place des systèmes de prévention, de sensibilisation auprès des écoliers, des collégiens, des lycéens, en tout cas de la population qui est concernée par ces questions-là, afin de leur faire connaître déjà vos associations et aussi vos, comment on dit, justement vos initiatives à venir
?
Marie, tu peux attendre si tu veux que ce soit fini, il y
a
une annonce d'apéro, en plus c'est hyper important. On est sur l'apéro
du
congrès de l'association des maires ruraux de France
et
apparemment les gens dans le chat me confirment qu'ils entendent bien. Ça va être pénible à un moment. Non, ça va aller, ça va
aller. Ok,
vite. Marie,
c'est à toi, je
t'en supplie.
Donc, effectivement, un axe aussi très important, c'est un peu le package sensibilisation, prévention, formation. Le rapport Femmes et ruralité du Sénat de 2021, il montre qu'en fait, les femmes, elles n'ont souvent aucune connaissance des dispositifs qui pourraient leur venir en aide. Donc, je continue, je continue. Les municipales, c'est aussi l'occasion de rappeler qu'on peut mettre en place des campagnes d'affichage dans tous les lieux de vie ruraux, les mairies, les écoles, les CCAS, les pharmacies, les cabinets médicaux et aussi formation des professionnels, tous les professionnels qui peuvent intervenir dans la prise en charge des femmes.
Non, vas-y, Latifès,
tu
avais
un truc qui a demandé. Oui, enfin, je ne sais pas
si, du coup, ils nous entendent, ils entendent ou pas ?
Ils entendent un peu, mais apparemment, ça ne les dérange pas.
Ah, d'accord, bon. Non, non, mais c'était parce que, comme tu évoquais le sujet par rapport aux municipales à venir, est-ce que, du coup, il y
a
un plan d'engagement sur lequel vous demandez aux candidats, aux municipales de prendre un engagement, en fait, sur les mesures ou, enfin, ouais, quelles sont les principales demandes ? Merci beaucoup
de
me poser cette question. Donc, en fait, déjà, pourquoi est-ce qu'on part sur les maires ? Pourquoi les maires, c'est intéressant pour nous ? Vous l'avez dit tout à l'heure, sur 36 000 communes, il y a 30 000 communes rurales. Donc, les maires, c'est un peu le point commun entre toutes les formes de ruralité partout en France et c'est aussi des acteurs clés de proximité. C'est des relais de confiance, souvent, donc ils ont vraiment un rôle crucial dans le parcours de sortie, en fait, des femmes victimes de violences et l'interconnaissance dont on parlait tout à l'heure.
Il y a vraiment un enjeu à ce que ça ne soit plus, enfin, ça ne serve plus à un système d'impunité, mais que ça serve, au contraire, un système de solidarité au sein des villages. Et les municipales, pour nous, c'est un levier très important parce qu'on défend que la lutte contre les violences faites aux femmes, c'est une responsabilité politique à toutes les échelles, y compris locale. Après, bien sûr, ça doit être toute une chaîne parce que si les maires, ils n'ont pas les moyens non plus au-dessus, au-dessus, forcément, ils ne pourront pas faire grand-chose.
Mais c'est pour ça qu'on va lancer une campagne de mobilisation parce qu'on aimerait lancer un mouvement pour faire évoluer un symbole dans nos vies, au cœur de nos vies, c'est le mariage. En fait, on va s'appuyer là-dessus. C
'est-à-dire,
vous voulez faire quoi, exactement ?
Parce qu'en gros, vous savez que c'est les maires qui prononcent les vœux de mariage. Et du coup, on aimerait s'appuyer là-dessus. Et d'ailleurs, s'il y a des personnes dans les campagnes municipales qui nous écoutent, ça pourrait vous intéresser. En gros, l'idée, ce serait que les maires s'engagent à dire oui à l'amour et non aux violences conjugales. Ah, donc au moment où ils célèbrent les mariages ? Au
moment de la célébration du mariage,
il y a des applaudissements ici.
Ça va avoir lieu
dans la mairie de Thibault, je pense.
Mais ça veut dire quoi concrètement ? Qu'est
-ce
qu'un maire rural qui veut s'engager à vos côtés peut faire
?
Alors, déjà, il y aurait cette campagne de mobilisation qui est un peu symbolique, la question du mariage. Une association féministe engage des maires à changer le discours des vœux de mariage pour y intégrer un nom ferme, parce que c'est un pacte républicain, le mariage aux violences conjugales. Ça montre que dans sa commune, en fait, ça ne passe pas. Donc, il prend position aussi contre les violences conjugales. Et on va aussi éditer un guide plus concret où il y
aura
plein, plein de mesures de comment peuvent s'engager les élus. Je parlais des remises en l'état de logement de fonction, mais il y a aussi la question sur l'hébergement de créer un réseau intercommunal de mise en commun d'hébergement, parce que si la femme, elle est obligée de partir de chez elle, elle ne pourra pas rester dans le village. Donc, il faut qu'il y
ait
des solutions, en fait, dans les villages d'à côté. Et plein d'autres choses, notamment avec les associations aussi. Et j'avais une question qui est autour, justement, de cette interconnaissance. Parce que, est-ce que, souvent, les femmes que vous suivez, est-ce qu'elles demandent plutôt à partir du village et du coin, ou est-ce qu'elles veulent plutôt rester ? Parce que c'est à double tranchant, cette histoire. J'imagine que quand tu as tout un réseau de solidarité avec tes habitudes, etc., tu peux dire « Pourquoi c'est à moi de partir, finalement ? » Moi, je n
'ai
rien demandé, je suis une victime. Et puis, on sait aussi, dans les milieux populaires, que les grands-parents, les amis jouent un rôle, y compris un jour, un rôle de garde, etc. Et en même temps, la perspective de rester dans le même village que ton agresseur doit être très compliquée. Donc, comment ça se passe, concrètement
?
Oui, c'est sûr que pour les femmes... En fait, déjà, dans la majorité des situations, malheureusement, ce sont les femmes qui se retrouvent à devoir partir. Et donc, en fait, il y a un véritable déracinement, comme tu le dis, en ruralité, encore plus dans les départements et régions d'outre-mer, où ça peut impliquer carrément de devoir quitter l'île, avec déjà le coût que ça peut représenter de prendre un avion avec toutes ses affaires, etc. Et donc, effectivement, l'idéal, ce serait que ce soit l'agresseur de partir.
Ce
n'est pas toujours possible parce que c'est des procédures d'éviction du conjoint violent. Et des fois, le danger est trop grand et ça prend trop de temps. Donc, la femme, elle doit partir avec ses enfants, changer la scolarité, trouver des nouveaux modes de garde. C'est très compliqué, oui.
Merci, Marie Dubost, d'être venue sur ce plateau. Merci d'être venue témoigner et d'être venue nous présenter cette campagne que vous menez avec la Fédération Nationale Solidarité Femmes.
Merci beaucoup de m'avoir invitée.
A très bientôt.
Merci, Marie. On continue, chers amis, sur ce plateau, à recevoir des personnes impliquées, des personnes qui militent, des personnes qui se battent dans la ruralité. Et on accueille tout de suite un nouvel invité. Il s'agit de Thibaut Renaudin. Viens, Thibaut, viens nous rejoindre sur ce plateau. Tu es le président d'Incite et tu es également le maire de Therme d'Armagnac dans le Gers. Exactement. Tu vas bien ? Je suis en pleine forme. Merci d'être avec nous. Incite, ça existe depuis 2019. C'est une organisation qui aide gratuitement les communes de moins de 1500 habitants à accueillir des jeunes de 18 à 25 ans en service civique. C'est une sorte d'Erasmus rural.
J'adore l'expression Erasmus rural. C'est pas mal,
hein
? C'est
bien, c'est bien.
Raconte-nous un petit peu comment s'est née cette initiative.
C
'est quoi le conseil ? En fait,
c'est exactement ce qu'a dit Lumière tout à l'heure.
On
est fatigué
d
'avoir des discours larmoyants sur la ruralité. Dans les territoires ruraux, les territoires de moins de 1500 habitants, les villages de moins de 1500 habitants, c'est 27 000 communes en France. Sur les 35 aujourd'hui, un peu moins de 35. C'est 27 000 communes. Dans ces 27 000 communes, il
y a
des gens extraordinaires, là comme ailleurs. Des maires, des responsables associatifs, des jeunes, des vieux, qui tous les jours mettent en place, inventent, portent des projets qui ont du sens au service de l'environnement, du lien social, de la lutte contre les inégalités.
A
tout niveau, il y
a
des gens fantastiques. Sauf ces gens-là,
ils
ont... Alors, il
y a
des gens fantastiques, là, comme ailleurs. Mais
eux,
ils ont
un
point commun,
c
'est qu'ils n'ont pas beaucoup de moyens
humains
et très peu de moyens financiers. Et donc, ça génère une sorte de frustration de se sentir à côté d'eux, malgré l'initiative, l'engagement, le combat de tous les jours. Et donc, je me suis dit, avec d'autres, il y a 7 ans, il faut essayer de réunir deux choses qui étaient... deux éléments qui étaient un peu contre-intuitifs.
C
'est-à-dire l'ultra-ruralité,
qui
a l'image de territoire, les pieds dans des bottes en caoutchouc, dans la glaise. Ça ne sort pas. On a des valeurs, des traditions qu'on ne pourrait pas partager avec d'autres. Ça, c'est l'image un peu d'épinal. Et puis, des jeunes qui sont feignants, repliés sur eux-mêmes, qui ne s'intéressent pas au reste du monde, etc. Bon, déjà, Socrate... Enfin, Platon disait que Socrate disait la même chose il
y
a 2500 ans. Donc,
on a voulu relier ces deux
clichés-là. Tu dis, on va les péter les
deux.
Et bien, ceux-là, on va les réunir. Bon, quand j'ai eu cette idée-là, il y
a
des gens qui m
'ont
dit, l'idée est géniale. Mais est-ce que ça va marcher ? Est-ce que ça va marcher
?
Et bien, au bout de six ans et demi maintenant d'action, on accompagne, on est dans neuf régions, plus de 200 villages qui sont accompagnés,
et
des jeunes qui vont dans tous les villages. La taille moyenne de nos villages, c'est entre 400 et 500 habitants.
Ils
vivent pendant six mois, par équipe de deux.
Ils
s'engagent 24 heures par semaine chacun.
Ils
s'impliquent au service de ceux qui font. C'est-à-dire qu'on n'est pas une association descendante, mais ascendante. On fait un petit travail de diagnostic territorial avec les maires.
On
va
dire,
voilà, qu
'est
-ce que vous faites comme projet ? Sur quoi on peut venir vous aider ? Donc, on définit deux, trois projets par jeune. Et ça, ça dure six mois. Et ce dont on se rend compte,
c
'est d'abord que ça vit bien. Ça vit bien pourquoi ? Parce que les jeunes, ils sont encadrés, ils ont un service civique, ils ont une petite indemnité. Ils ont un logement gratuit. Il
y a
une double signification. C'est d'abord, le modèle économique, il est quand même plus facile quand on est émergé. Donc, ce qui nous permet d'envoyer des jeunes partout. Et deux, ça veut dire bienvenue chez nous. Chez nous, c'est chez vous.
Ça change
tout, ça.
Je rappelle que le service civique,
c
'est un dispositif qui permet aux 18-24 ans de s'engager dans une association de 25 ans. 25-30 en situation de handicap. Oui, effectivement, qui permet de s'engager dans une association, une collectivité territoriale ou autre pour un contrat de 24 heures par semaine avec une indemnité. C'est quoi les types d'actions que font, que mènent les jeunes
?
Alors, c'est très, très variable. Ça peut être un sentier de randonnée. Ça peut être un travail avec une EHPAD. Ça peut être un travail autour de la question du patrimoine, de la culture. La mémoire aussi.
Vous
avez
vu tout ce truc autour des anciens qui
racontent la mémoire du village. Et les jeunes, ils vont vraiment enregistrer ce qui s'est passé dans le village. C'est quoi cette place ? C'est incroyable. En fait, c'est un maillage de projets. Chaque village, dans les 200 villages qu'on accompagne, il y
a
une très grande diversité de projets. Et ce qui est notable, c'est que, je salue Elodie qui est la cofondatrice avec moi à Dinsit, c'est qu
'aujourd
'hui, 20%, 18 à 20% des jeunes qui passent 6 mois dans les villages, qui viennent souvent de très loin, restent sur le territoire après.
Et
en 6 ans et demi, ça a créé 30 emplois directs, sans compter les emplois indirects.
Les jeunes s'installent.
Les jeunes s
'installent.
Ils repartent
c
'est qu
'on
a dans nos territoires, on a des émetteurs de projets.
Des
cellules locaux, des responsables associatifs qui ont plein de projets. Sauf que pour recruter des gens, dans leur environnement direct, les populations sont réduites.
Et
donc, on ne trouve pas forcément les gens. Nous, on est en contact avec plein de récepteurs potentiels qui viennent de France et d'ailleurs d'Afrique, d'Europe et qui sont intéressés par ces projets. Donc, on les fait venir. Et
faire
en sorte qu'autour de projets communs et de vie communes, on apprend à se connaître, on apprend à s'engager ensemble. Après, au bout de 6 mois,
parce
que chacun de nos villages sont des endroits extérieurs. Où qu'ils soient, de la Corse à la Normandie, de l'Alsace au Pays Basque, il y a des endroits extérieurs avec des gens extraordinaires. Tu l'as dit tout à l'heure, la ruralité,
ce
n
'est
pas qu'une géographie.
C
'est des gens qui vivent et des projets. Namou
?
Parmi les jeunes qui, justement, rejoignent INSIT et qui font ces services civiques, quel type de profil vous avez ? Est-ce que c'est forcément des jeunes issus de la ruralité ou pas forcément ? Est-ce que vous
avez
un profil type ou pas forcément ? Surtout pas.
Non,
on n
'a
pas de profil type et les gens, ils viennent. Il y
a
à peu près autant d'urbains que de ruraux. Il y
a
un peu plus de femmes que d'hommes. Mais c'est des gens qui viennent d'un peu partout. Parce qu'ils postulent à des projets directement.
Ils
ne viennent pas à INSIT globalement. Il n
'y a
pas de projet normé. C'est à tel endroit, dans ce village, ce projet sur l'environnement, sur le lien social, j'ai envie de m'y impliquer. Et donc, j'y vais. Voilà. Donc,
il
y
a
des gens qui postulent un peu partout.
L
'année prochaine, c
'est
les municipales. Est-ce qu'INSIT ne participe pas aussi à créer la nouvelle élite politique locale ?
Alors, je ne
sais
pas si c'est une élite. Mais en tous les cas, c'est des gens qui auraient envie. À quoi INSIT a cette petite magie aussi
?
C'est de faire en sorte que
nos
jeunes, ils vivent avec des élus locaux au moins 24 heures par semaine. Voir un peu plus parce qu
'ils
vivent là, ils sont bénévoles,
ils
s'engagent, etc. Ce qui fait qu'ils voient différemment la démocratie se décliner sur le terrain. C'est-à-dire qu'on n'est pas dans les enjeux nationaux de rupture, de fracture, de combat les uns contre les autres. Moi, dans ma mairie, qui sont élus avec moi, il y
a
des gens qui ne pensent pas comme moi. On travaille ensemble. On construit ensemble. Et donc, ces jeunes-là, ils ont une vision de la démocratie tout à fait différente. Donc, je suis convaincu. Là, c'est la première échéance électorale qu'on va vivre avec INSIT. Mais je suis convaincu que ça va donner envie, c'est sûr.
OK. L'Oméa
?
Je voudrais bien ton avis sur un truc. Il y a quelques jours,
j
'ai discuté avec Manon Rousselopayet, qui dirige le MRJC, le plus grand mouvement de jeunesse rurale.
Mouvement
rural
de jeunesse.
Mouvement rural de jeunesse chrétienne. Donc, le plus grand mouvement de jeunesse rurale. Et elle disait, ce que j'aime du MRJC, c'est qu'on prouve qu'on n'est pas obligé de faire un passage par la ville pour s'ouvrir l'esprit, etc. Parce que beaucoup des préjugés qu'il y a sur les ruraux, notamment avec l'augmentation du vote RN ces derniers temps, c'est parce qu'ils ne
sont
jamais sortis de leur trou, c'est parce qu'ils n
'ont
jamais vu autre chose, etc. Et ce que je trouve vachement intéressant de INSIT, c'est que vous,
vous
amenez les gens dans un village en partant du principe que c'est un changement, que c'est de l'ouverture d'esprit. Je voulais un peu ton avis là-dessus. Oui. On participe à peut-être un peu modifier l'image des territoires ruraux. D'abord,
on
dit que les territoires ruraux, ces territoires, tous ces territoires ruraux,
ils
sont dynamiques, innovants, joyeux et solidaires. Dynamiques, innovants, joyeux et solidaires. Ça change la donne d'une image un peu moisi de ces territoires. Donc,
ça
crée de l'envie. Ça change l'image et on fait tout un travail de valorisation de ces villages. Pour ça, à chaque fois, on dit, quand on arrive dans un village, c
'est
le plus beau village au monde. Et c'est à chaque fois les plus beaux villages. Tu l'as dit, ton département, c'était le plus beau département de France. Est
-ce qu'on va avoir une
page sur le Gers ? Je n
'ai
pas réagi, mais évidemment que
c
'est le Gers. Mais chaque département, chaque village,
il
y
a
une fierté. Mais c'est une fierté qui se partage.
Et
donc, on a des gens, on n'a pas besoin de faire forcément une grande école
pour
se révéler, de mener des projets extérieurs. J'étais en contact, je voyais un maire de Corse, Costa, un petit village de Balagne, 70 habitants.
Il
fait une cité de la musique.
Il
fait une cité de la musique. C'est un endroit incroyable. Il est déjà en lien avec plusieurs orchestres internationaux. Ça va rayonner 70 habitants. Donc, dans tous ces territoires-là, dans mon petit village, on fait le premier EHPAD 100%. On est à 87% aujourd'hui de bio, de local en termes de restauration. C'est une innovation. Et donc, on arrête les laxatifs, la courbe des poids remonte, les gens sont plus en forme. Bilan. Et c'est moins cher. Et c'est moins cher. Donc, il y a de l'innovation dans ces territoires. Sauf que comme c'est 27 000 communes, c'est très atomisé.
Donc, notre boulot, y compris avec une plateforme qu'on est en train de construire avec la MRF, avec Bouche-Ton-Cocq, avec Amolégé, c'est de travailler sur une plateforme qui s'appelle On Fait Campagne pour valoriser ça et montrer toutes les initiatives porteuses de sens qui marchent. Et donc, pour faire en sorte que les collègues maires puissent en servir et ne perdent pas de temps à aller chercher des choses et s'en servent directement.
Comment
vous choisissez les villages avec lesquels vous allez collaborer ou dans lesquels vous allez envoyer des jeunes ?
Est
-ce qu'il y a aussi un, comment dire, un choix entre guillemets politique ? Est-ce que vous travaillez avec des mairies d'extrême droite, par exemple
? Il
n'y
a
pas beaucoup de mairies d'extrême droite,
d
'abord.
Et
ils ne font naturellement pas appel à nous. En tous les cas, on n'en a pas croisé. Ce n
'est
pas leur truc. C
'est
les mairies qui font appel à vous ? Oui, c
'est
les mairies qui font appel à nous et ils doivent partager nos valeurs. Quand je dis la ruralité, dynamique, innovante, joyeuse et solidaire, évidemment que si on fait venir un jeune en service civique qui est originaire du Maghreb et qui, on nous dit, ben non, ce n
'est
pas pour nous, évidemment que cette mairie n'a pas vocation à être dans le réseau d'Insit. Donc, on tient ferme sur nos valeurs et à la fois, on intègre, on discute, on échange avec les gens. C'est ça, la force de la ruralité.
C
'est quoi votre modèle économique
? Comment
vous vous financez ? Ça, c'est une bonne question. D'abord, l'intervention, elle est gratuite pour les villages.
D
'accord. C'est gratuit. Les
mairies adhèrent
à Insit, un prix libre, ça peut être quelques dizaines d'euros. C'est un prix libre parce qu'on est en gouvernance partagée. Donc, chaque partie prenante de notre réseau est partie prenante et travaille avec nous. Donc, il
y a
une adhésion. Sinon, ce sont, on a 45% de financement public, 55% de financement privé. Et les financements privés, c'est beaucoup de fondations, la Fondation de France, la Fondation de
la
France d'Angage qui nous a beaucoup accompagnés, mais aussi la Fondation SNCF, la Fondation RTE, HG2R La Mondiale. Bon, beaucoup autour de l'économie sociale et solidaire. Et puis, après, des financements nationaux, le ministère de la Cohésion des Territoires, le ministère de la Jeunesse, puis ensuite, les préfectures, les régions,
les
départements. Mais
il
faut dire que les financements publics fondent. Fondent énormément. Donc, on a un projet d'essayer de créer, en plus, une fondation
pour
venir aider les mairies, les petites mairies, pour venir, non seulement, on apporte des bras, des jambes des jeunes qui s'installent, mais on a envie de venir apporter. Il y
a
quelques, à 10 000 euros, 15 000 euros, on change un peu la vie dans un village. Namou
? Et
au niveau des jeunes, comment vous faites, justement, pour les attirer vers votre initiative ? Est-ce que vous faites des campagnes de communication au niveau des CRUZ, des facultés ? Comment tout ça se passe sur les réseaux sociaux ?
Beaucoup
les réseaux sociaux. Beaucoup les réseaux sociaux. L'agence du service civique, bien sûr, on a des fiches missions. On publie ces fiches missions. Et il n
'y a
pas besoin d'avoir des campagnes de communication de dingue, parce qu'il y a une envie de s'engager. Nos jeunesses veulent s'engager. Il suffit de proposer des créneaux qui ont du sens, dans lesquels elles ont une plus-value, elles s'engagent vraiment, elles ne font pas juste des tâches subalternes. Elles montent des projets.
C
'est pour ça qu'après, les gens ont envie de rester et de travailler sur place. Donc, ils sont considérés vraiment à égalité de droit et d'unité par rapport à n'importe quel autre citoyen du village.
On
rappelle qu'il
y
a plus de jeunes qui voudraient faire un service civique que de services civiques disponibles. Ça, c'est
un
vrai sujet. 150 000 missions de service civique en début d'année. Et là, avant l'été, on nous annonce qu'on va avoir 15 000 missions de service civique en moins. Ce qui est un scandale. On pourrait en avoir... Il faudrait qu'on en ait 200 000, 250 000. Il y en a 15 000 de moins. Alors qu'on est dans une période où on se dit que la jeunesse va mal. Et ce qui est vrai, il y a des
vrais problèmes de positionnement.
Alors que ce dispositif porté autant par la gauche que par la droite, il marche, il fonctionne. C'est une vraie politique publique jeunesse qui est efficace. Eh bien, on va économiser 45 millions d'euros pour 15 000 missions de moins. Ce qui est pour moi un scandale absolu.
C'est con, il n
'y a
plus de SNU. On aurait pu prendre le pognon du SNU. Mais on
l'avait dit, on l'avait dit. On l
'avait dit plus d'une fois. Excuse-moi, Lumir.
On a vachement parlé de InSite, mais tu es aussi maire. C'est quoi ton truc préféré sur le fait d'être maire d'une commune rurale
?
M'occuper des gens.
Je
crois que
c
'est le truc
le
plus fascinant du boulot de maire. Je suis un jeune maire, entre guillemets, parce que ça ne fait que 5 ans que je suis maire. 5 ans et demi. Mais c'est être un couteau suisse dans un village.
Et
porter de l'attention à tout le monde. Et faire en sorte d'embarquer un collectif, de construire un collectif. Moi, toutes mes manifestations sont le moment de la convivialité, de l'échange, du partage. Le 11 novembre, je l'ai transformé en fête de la paix. Et donc, j'ai 50% du village qui vient aux cérémonies du 11 novembre et du 8 mai. Parce qu'il y
a
de la convivialité. Parce qu'on se dit des choses.
Parce qu'il y a de l'armagnac.
Alors, il
y
a de
l
'armagnac également, bien sûr. Ça, c'est un élément fondamental. Mais pas que. Mais en tous les cas, voilà. Donc, ce qui me passionne, c'est m'occuper d'être au service des gens et construire une dynamique collective.
En même temps, on a aussi des témoignages qu'on entend d'élus locaux ruraux qui jettent l'éponge, qui démissionnent, qui ne se représentent pas. Avec un discours de trop de travail, trop peu payé. C'est un discours que tu comprends. Je te sens très volontariste, très joyeux. Mais est-ce qu'il y
a
aussi une part d'ombre dans le mandat de maire ?
Non,
mais
c'est bien sûr. Il y
a
des moments. On est à disposition de la première baffe.
C
'est-à-dire que quand ça va mal, c'est nous qui prenons pour à peu près tout. Mais moi, je casserais un peu ce raisonnement misérabiliste sur les maires. Bien sûr, c'est un peu sensationnel. Il y
a
beaucoup de maires. Alors, c'est vrai. Il y
a
des maires qui jettent l'éponge parce que
la
société va mal, parce que le rapport aux gens, il est difficile. Et parce que ça n'est pas simple de porter tous les jours et 24 heures sur 24. Moi, mon téléphone portable,
je
mets 200 habitants longs. Donc, alors, ils n'en abusent pas. Mais ça peut arriver qu'un dimanche soir à 23 heures, j'ai un coup de téléphone parce qu'il
y a
une mamie qui ne
va
pas bien. Mais ça, on le sait. On le sait. Et puis après, on fait ça en équipe. Donc, moi, je crois qu'on a une force terrible d'avoir ces 35 000 maires et ces près de 30 000 maires ruraux qui font un travail fantastique. Parce que ce sont les plus petites alvéoles
du
poumon démocratique et républicain de la France.
Il
faut les accompagner.
Il
faut leur donner, bien sûr, un petit peu de moyens en plus parce qu'on en a besoin. Mais surtout, il faut leur apporter de la considération.
J'allais te parler de ça aussi. Ce qu'on entend souvent de la part des maires ruraux, c'est la faiblesse des moyens, l'incapacité à agir, à transformer concrètement les choses. Tu nous as parlé tout à l'heure d'innovation, d'envie d'agir, d'envie d'énergie qui existe. Et pour autant, est-ce que tu as les moyens de remplir tes ambitions ?
On a les moyens d'inventer.
On
a les moyens d'inventer.
Ça veut
dire galère. Ah ouais, mais quand tu n
'as
pas beaucoup d'argent et pas beaucoup de gens, il faut inventer. Et là, il faut être bon. Donc, on est tous des MacGyver, couteau suisse. Donc, on invente. Ce qui fait que ça peut monter des projets extérieurs. Mais en effet, on a plus besoin de moyens. En effet, nos collectivités locales et l'intercommunalité posent une vraie question là-dessus. C'est qu'on est dépossédé et à la fois du droit et à la fois du fric.
Et
qu'on passe une partie de nos conseils municipaux à avaliser des décisions qui sont prises ailleurs. Ça,
c
'est une vraie question démocratique qui se pose. Pour autant, l'intercommunalité peut avoir un certain nombre d'avantages. Moi, mon intercommunalité, c'est 24 communes, 7000 habitants. Tout le monde se connaît et donc on travaille ensemble. Mais quand on a une intercommunalité de plusieurs centaines de communes avec 100 000 personnes, le maire rural, bien sûr, il ne prend jamais la parole. Donc, à la fois, ça a une vertu, le fait qu'on n
'ait
pas beaucoup de moyens.
Parce
qu
'on
est obligé de se débattre et d'inventer. Et il y a vraiment des pépites.
C
'est vraiment extraordinaire. La question de l'innovation et du dynamisme est très forte. Et à la fois, c'est une entrave de temps en temps à pouvoir mener nos projets.
Dernière question, Latifa
?
Oui, non, ça faisait penser vraiment à l'inventivité. On n
'a
pas de pétrole, mais on a des idées, quoi. C'est le slogan même dans la ruralité. Justement, là-dessus, qu'est-ce que... Là, c
'est
les élections municipales l'année prochaine. Je ne sais pas, est-ce que vous inciteriez un jeune à devenir maire de son village, à s'engager, etc. Je sais qu'on va recevoir le plus jeune maire de France après. Qui est chez Incite, en plus. C'est quelqu'un de bien, alors. C'est quelqu'un de remarquable. Mais du coup, vous incitez globalement les jeunes à...
Non, mais c'est une
aventure extraordinaire. Extraordinaire. Être maire,
c
'est une aventure. D'abord, il n
'y a
pas que moi qui le dis. Même les gens qui ont été maires et présidents de la République disent que le plus beau mandat, c'est être maire. Parce que c'est un mandat de contact,
c
'est un mandat d'action. C'est un mandat qui est dans le réel. Donc, c'est une aventure humaine extraordinaire. Il faut savoir s'entourer. C'est du temps. On ne fait pas ça ni pour la gloire, ni pour l'argent. Ça se saurait. Mais c'est une aventure humaine extraordinaire.
Merci. Présentez-vous aux élections l'année prochaine. N'hésitez pas. L'aventure municipale. Merci beaucoup Thibaut Renaudin d'être venu sur ce plateau. Je te laisse quitter le plateau. Thibaut, merci d'avoir été avec nous. Ça va toujours ? Ouais, on peut l'applaudir. Ouais, ouais, carrément. Merci beaucoup. Bienvenue à celles et à ceux qui nous rejoignent. On est toujours dans ce backseat spécial ruralité en direct de congrès de l'Association des maires ruraux de France. Lumir, ça va être ton premier couze à la con.
J
'ai un peu peur. Le nom ne m'inspire pas confiance. Eh bien, t'as bien raison. C'est parti pour le couze à la con, mesdames et messieurs. Let's go. Alors, couze à la con spécial mairie. Évidemment, les municipales, tout ça. On est au congrès de la MRF, faut pas déconner. Première question de ce couze à la con.
Quelle
est la particularité de la petite commune de Lemenil-Mitri en Meurthe-et-Moselle ? Réponse A.
Est
-ce qu'elle a le même maire depuis 72 ans
?
Réponse B.
Elle
possède deux maires. Réponse C. Tous les maires de la ville ont toujours eu le même nom de famille.
Ou
réponse D. Elle n'a pas de maire du tout.
Déjà,
j'ai l'impression d'être chez le phtalmo.
Ouais, c'est compliqué
aujourd'hui. L'écran
est très loin. Non, mais c'est pour ça que je dis ça.
Mais
c
'est...
Non, tout est possible, en fait. Ouais. Tout est
possible. J'ai l'impression que
tout existe. 72
ans, il a 90
ans, s'il a été élu à 18 ans.
Il y
en
a des vieux, des maires. C'est
le futur de notre invité. Hugo, est-ce qu'on te souhaite d'être en maire à 90 ans
?
Le côté même nom de famille, ça ne m'étonnerait pas. Je suis d'accord. Moi, c'est ça, chez moi, on a eu... Ah ouais ? Delavère-Pierre, il a été maire, puis député. Quand il est devenu député, son fils est devenu maire. Quand il est devenu sénateur, son fils est devenu député. Ah
ouais ?
J'adore.
Ouais.
Même ce genre de parcours. Évidemment, une pensée pour Louis Sarkozy, qui se présente à Menton.
À qui on ne souhaite pas la victoire. Désolée. Alors là, franchement, c'est... Qu'est
-ce
que tu
en
penses, Latifa ? Non, mais moi, je suis d'accord avec Lumir et Enamou sur... Ouais. Mais bon,
est
-ce qu'on ne
va
pas innover, justement
?
Ah ben, ça,
je vous laisse voir. Est
-ce
que... Ben, c
'est possible une ville sans maire ? Ben, malheureusement, il y en a plein.
Ben, oui, il y en a plein. Je rappelle
qu'une ville, une commune qui n'élirait pas de maire, faute de candidats, se retrouverait automatiquement sous administration préfectorale. C'est la PREF qui reprend la main.
La
règle du jeu, c'est ça. Il n'y a plus
de maire, il n
'y
a plus de... C'est fini.
Ouais, moi, je pense que ça... Alors, du coup, c'est beaucoup moins cher, il n'y a
pas de conseil municipal, il n
'y a
pas
de...
Voilà.
Bon, ben, comme j'ai appris quelque chose avec cette info, pour moi, c'est ça.
Ok, d'accord. Je regarde le chat. Le chat a voté réponse C.
C
'est quoi, réponse C ?
J
'arrive pas à...
C'est le même nom de famille.
Ben, alors, réponse B, c'est quoi ?
Elle possède deux maires.
Ah,
deux maires ? Ça,
c
'est... Moi, je vais dire ça, tiens.
Tu vas dire réponse
B ?
Ben, je trouve que c
'est
une réponse à
la con.
Ça,
c'est un
bon état d'esprit du couze à la con.
Ben, c'est une réponse
à
la con pour un couze à la
con. Ouais,
ouais,
ouais. Donc, réponse
B pour l'oumire. L'oumire, elle est venue là du
moins, je vais finir dernière en fin de saison.
Ah,
parce qu'il y
a
un classement
?
Chaque chroniqueur à sa strat, il y
en
a qui veulent la weed. Oui, quand même. Il y en a qui veulent...
Je ne vais pas savoir. Qu'est-ce qu'on gagne ?
Rien, absolument rien. C'est ridicule.
D'accord.
Donc, vas-y. Ben, je vais dire deux maires aussi. Donc, réponse B. Toi, tu dis quoi ?
Moi, je dis pas
de mère. C'est pas de mère.
Pas de mère pour Latifa.
Réponse C pour Namou.
Même nom de famille. La bonne réponse, mesdames et messieurs, c'était la réponse C. Le même nom de famille. Tous les maires de Leménilmitri s'appellent Demitri. Il faut dire que c'est une commune dont la population culmine à quatre habitants
et
qu'il n'a eu que deux maires depuis 1977.
Il
y
a
eu Henri Demitri et Jean-Yacinthe Demitri.
Demitri, c'est le nom du village. Oui, c
'est le nom du village. Voilà, c'est
leur village.
C'est littéralement leur bled, ça, quand on parle de fief.
Le conseil municipal, c'est une réunion de famille.
Autre fun fact. Lors du premier tour des présidentielles de 2022 à Leménilmitri, Macron, Zemmour et Le Pen ont toutes les trois fait 33%.
Ah
ben, la famille s'est pas entendue, là.
Il y a quatre habitants, ils n'ont pas voté à la même base. Il y
a eu
trois
bulletins de vote. Un Le Pen, un Macron et un Zemmour.
Ah, les repas de famille. Il
y a bien
une commune qui a eu un maire pendant 72 ans.
C
'est la commune de Basol avec André Cornu qui a été maire de 1815 à 1887. Waouh. Ça date.
C'est rare de vivre si vieux
à l
'époque.
Et il y a bien une ville qui possède deux maires. C'est la mairie de Saint-Santin qui est à cheval sur le Cantal et l'Aveyron et qui est divisé en deux communes.
Eh
ben, d'accord.
Voilà. Deuxième question de ce quiz à la con. Dans l'est de la France, surtout en Bourgogne et en Franche-Comté, il existe un type de mairie un peu particulier, mais assez répandu.
Est
-ce que c'est
les
mairies lavoir
? Est
-ce que c'est les mairies cavavins
? Les
mairies horloges
? Ou
les mairies fromageries
?
Il
y
a des lavoirs dans tous nos bleds. Ça, c'est vrai. C'est le lieu de l'abribus, le lavoir ou le city stade. C'est là où on se réunit. Donc, c'est plausible.
Mais
le fromage, on est...
On est
en
Bourgogne.
C'est vrai. Le vin. Ben, horloge. L'horloge.
Mais
les horloges, ça fait un peu... C'est leur côté germanique. Avec la
frontière, ils veulent être très à l'heure. Je ne sais pas, il n'y a pas des horloges sur
toutes les mairies
?
Un peu, non ? C'est moi qui hallucine, là ? Est-ce que tu viens de Bourgogne ou de Franche
-Comté ? C'est comme
ça
qu'on va savoir. Il n'y a pas des
horloges sur toutes les mairies.
Je
confonds avec les églises.
Ben, ah...
Qu
'on
fasse avec les gars.
Les gars. Qu'on fasse avec les gars. Ah ouais, purée. Dans mon esprit, je me disais, mais ils sont bêtes ou
quoi ? Moi, je vais dire
Cavavin. Mais
une mairie
horloge, à part avoir une...
C
'est
une mairie avec une horloge d'en
fait.
Non,
ce
n
'est
pas Big Ben.
C'est
Petit Ben. C'est la version mairie locale, quoi.
Non, mais Cavavin, ce serait trop cliché, quoi. C'est la réponse à la con, quoi.
Le chat...
En tout cas, toutes les réponses, c'est vraiment la France.
Je vous donne une indication, vous en faites ce que vous voulez, mais le chat a voté réponse C.
Qui est Cavavin ?
Horloge.
Mais ça ne peut pas être encore la réponse C. C'était déjà la réponse C avant. Ah, oula, on est sur des stracks, là.
Tu ne connais pas les gens qui font le coudé de
la
con, toi. Non, c'est ce genre de strats, là.
Je crois que je vais rester sur le dé, parce que je me dis, c'est peut-être le moyen d'allier... L'utile et l'agréable.
L
'utile et l'agréable.
Et
puis surtout, manque de locaux. Du coup, on met la fromagerie dans la mairie, quoi.
Non, mais si tu avais le choix. Parce que moi, si j'avais le choix,
je
ferais dans ma mairie, si j'étais maire,
je
ferais une mairie cybercafé. On pourrait jouer, on pourrait faire des petites lannes, des trucs... Franchement trop cool. C
'est
utile pour les gens. Tu marches, il est quelle heure ? Ah tiens, j'ai une horloge. Mairie cybercafé. Moi, je ferais
un mairie coffee shop. La vraie bobo, tu sais. J'avoue, je vote pour
la mairie cavavin. Est-ce qu'il y aura du maître ?
Mairie
cavavin, un petite bouteille.
Je vote pour une mairie cavavin. Et fromage en option, si c'est possible.
Cavavin, fromagerie. Bon, allez-vous, réponse. Réponse D, du coup. Réponse
D pour Namou.
Réponse C,
mairie
horloge. Réponse C pour Latifa, comme le tchat.
B, cavavin.
Réponse B pour Lumir, mairie cavavin. Enfin, la bonne réponse, mesdames et messieurs, personne ne l'avait. C'était la mairie Lavoie.
Non.
Dans
Lumir,
elle avait bien commencé. Ouais. Ouais,
ouais,
ouais,
ouais. Mais alors,
pourquoi la Bourgogne et la Franche-Comté ?
Eh bien, il y
en
a beaucoup là-bas.
OK. Les autres ne
l'avaient pas leur
vêtement. Non, il y en
a aussi ailleurs, mais voilà, vous avez eu un exemple, la mairie Lavoie.
Ah, ouais.
Ça existe vraiment.
C
'est pas mal. Il y
a
une page Wikipédia, mairie Lavoie, si vous voulez y aller, n'hésitez pas. Donc voilà, troisième question de ce quiz à la con. Devinez combien de mètres carrés fait la plus petite mairie de France
? Il
n
'y a
pas de proposition
de
réponse.
Ah, il n'y a pas de... Oula.
Vous devez donner une estimation.
Et il y a à combien de mètres carrés près
? À
un mètre carré près ? Non, je n'en sais rien, on verra. La plus proche gagne.
Oui, c
'est ça,
la
plus proche gagne.
Neuf mètres carrés. Neuf mètres carrés ?
OK.
Un kajibi, quoi.
Une mairie. Ouais, ouais, ouais.
Je te confie.
Six
mètres
carrés. Non, c'est pas possible. Même sur une île, c'est plus grand. Non, j'abuse. Vingt.
Vingt mètres carrés pour Lumir. OK.
Moi, je pense que c'est moins que ça. Ouais, ouais. Moi, je mettrais un petit... Même moins que neuf.
Vas
-y, combien
?
Je ne
sais
pas. Cinq. Cinq
mètres carrés.
Mais
l'autre jour,
j'étais sur une île où il n'y a que 80
habitants.
Oui.
Superbe île bretonne de Eddick. Eddick, bien sûr, j'y suis allé cet été aussi. Eh bien, des gens ici présents se sont mariés à Eddick récemment.
Trop bien.
Et il y avait donc une mairie, vu que c'était un mariage, et la mairie faisait clairement au moins 20 mètres carrés.
J'ai vu la mairie d'Eddick, elle
n
'est pas grande. L'école d'Eddick, elle
a
de la gueule, par contre.
L
'église et Lyon. Vu la taille de l'île. Mais tu as raison. Non, non, mais tu as raison, ce n
'est
pas grand.
Tu
vois, toute petite île, plus de 20 mètres carrés,
c
'est mon raisonnement. Est-ce qu'il se vérifie
?
Qu'est-ce que vous m'avez donné comme réponse, je ne me souviens plus
? Je dis
5, 9,
20. 5, 9 et 20. La bonne réponse, mesdames et messieurs,
c
'est 8 mètres carrés. Bravo, Namou. Pas
loin
du perfect. Pas loin du perfect.
8
mètres carrés. Voilà, vous avez la photo. C
'est
la
plus petite
mairie de France.
La commune
de Saint-Germain-de-Pasquier n'avait pas de mairie. En 1910, le maire a alors décidé de faire de la chapelle Sainte-Clautilde une mairie. La mairie est donc une toute petite, comme vous pouvez le voir. Mais il y
a
quand même tout ce qu'il faut. Comme dans une mairie traditionnelle, une vieille Marianne, un portrait du président et un isoloir.
Mais où font-ils les mariages
?
Sur le trottoir. Ça
suffit, ouais. Ça suffit,
ouais. Tu prends les... Il
y
a
besoin de faire rentrer le
maire, les témoins. C'est
vrai.
OK. J'imagine un Kajibi, mais là, ça va. Ouais, 9 mètres. Joli.
C
'est par l'immobilier à Paris, je crois. Non, c'est joli. Au moins
9 mètres
carrés.
Mais alors, effectivement, comment tu vas faire changer ta carte d'identité ? C'est un process.
Tu
vas dans la mairie, tu prends ta voiture.
Moi,
je me souviens, quand je bossais en mairie, je considérais que le métier le plus formidable, c'était les gens qui sont à l'accueil de la mairie. La quantité de gens qui se présentent pour des problèmes qui n'ont rien à voir avec les compétences municipales. Mais tu peux pas en vouloir aux gens parce qu'ils n'en savent rien. Et même nous, on a du mal. Même nous, on galère à se rappeler de quoi la mairie est responsable par rapport au département, par rapport à la préfecture, etc.
C
'est vraiment...
Enfin,
voilà. L'accueil d'une mairie, c'est vraiment incroyable. Je recommande. Faites-le. Quatrième question de ce coup de la con. Avec plus de 35 000 communes, non, avec près de 35 000 communes en France, il se passe toujours des bizarreries aux élections municipales.
C
'était par exemple le cas en 2014. Mais qu'est-ce qui ne s'est pas produit dans ces élections
? Parmi
ces trois propositions, il y en a une qui n'a pas eu lieu. Les trois autres ont vraiment eu lieu. A vous de trouver laquelle
?
Réponse A.
Une
égalité parfaite entre deux candidats dans une commune du Haut-Rhin. Réponse B. Un taux de participation de 0%
dans
une commune du Perche.
L
'élection d'un mort dans une commune du Nord.
Un
score de 100% dans une commune du Loiret.
Ah, waouh. Qu'est-ce qui ne s'est pas passé ?
On
connaissait les électeurs morts, mais les élus morts...
Quand je l'ai dit, Lumir, elle a dit c'est sûr que
c
'est arrivé.
Ouais, ça me paraît hyper plausible. Ah, mais moi, si.
Après,
je ne
fais
que de perdre. Alors, je ne sais pas si...
Après, c'est vrai.
Ça peut être quelqu'un qui est décédé au moment des résultats. Voilà, et tu as élu un mort comme ça. Et le choc de
l'émotion. Oui, l'émotion de l'élection.
C
'est moche,
quoi. Qu'est-ce que tu fais s'il y
a
une égalité parfaite ? Tu refais
?
Non, je crois que les règles dans le code électoral, c'est que c'est le cadet qui est élu ou l'aîné, je ne sais jamais. C
'est l'âge.
C'est l'âge qui
départage. C'est
l'âge qui
départage, oui. C'est complètement absurde.
Alors
qu'on ferait ça à pile ou face, franchement.
Ça
se voit, ils étaient en fin de journée quand ils ont décidé des hommes, mais c'est l'âge.
Mais
ça serait...
Le
score de 100%,
moi, je
dirais 0%.
Toi,
tu dirais 0%. C
'est
improbable qu'il n
'y
ait pas une personne qui se déplace.
Une
personne, genre le maire, tu vois. Il ne veut pas être élu. Les gens
qui tiennent le bureau de vote,
ils se sont pointés. Ils ont tenu le bureau de vote toute la journée, ils n'ont même pas mis en bulletin.
C'est vrai que
tu
as raison que je précise que s'il n'y a pas de candidats, de liste de candidats déposés en préfecture pour une mairie, il n
'y a
pas d'élection dans cette ville.
Ce n'est même pas la peine
de... On ne met pas d'isoloir et tout, ça ne sert à rien.
Oui, bah oui.
Donc
0%, ça veut dire que même les mecs qui ont déposé leur liste ne
se
sont pas présentés.
Oui,
c
'est... Alors que le score de 100%, s'il y a deux personnes
qui sont d'accord, c'est possible.
Voilà, c'est bon.
Je crois que il
est super dur ce quiz à la con. Il est dur, hein ? Je fais une contre-performance totale. D'habitude, c'est
toi
qui domines le quiz à la con, Latifa ? Non, pas forcément. Mais voilà, je me débrouille. Là, je n
'ai
aucune réponse. Je n
'ai
aucune bonne réponse. Ce n
'est
pas normal. Je ne
suis
pas venue jusque dans le Poitou pour me faire guider.
Enfin... D'habitude, je
n'y arrive pas des masses, mais là, je fonctionne un peu par la logique.
Alors
que d'habitude, non. Mais du coup, là, le B, en vrai, ça ne te dit rien, toi ? Qu'est-ce qui ne s'est pas passé ? Oui. Qu'est-ce qui ne s
'est
pas
passé
? B, c'est quoi, c'est ?
0%. Participation
de 0%.
Après, ça
peut... Enfin, je ne
sais
pas, je réfléchis, mais je me dis que ça peut arriver. Mais
tout est plausible.
Ouais.
Il
est très con, ce quiz à la con. Il
est très, très con.
Allez, je reste sur le B, moi.
Allez, réponse B pour Namou.
Moi aussi.
Là, je suis Namou, là. Pareil.
Réponse B pour Latifa. Réponse B pour Lumir. Réponse B pour le chat.
La
bonne réponse, c'était la réponse B. Bravo. 0%. Effectivement, à notre connaissance, aucune commune n'a eu un taux de participation de 0%. Les trois autres réponses ont bien eu lieu. La commune de Ferrière-la-Petite a réélu pour son cinquième mandat un certain André Marchand qui est décédé cinq jours après le dépôt des listes.
C
'est donc sa première adjointe qui a été élue par le conseil municipal. à sa place. À Danemarie, dans le Haut-Rhin, deux candidats ont reçu exactement 468 voix.
Ils
ont dû appeler la préfecture pour savoir quoi faire.
Et
à savoir, il y
a
eu un second tour pour les départager. Ah, c'était... Ils
n'ont pas
pris le plus jeune.
C
'est bizarre. Je ne
sais
pas, c'est bizarre. Ok, d'accord. Un second tour pour les départager. C'est ce qu'il a fallu faire.
D
'accord. Et à Sandillon, dans le Loiret, un certain Gérard Malbeau a reçu 100% des suffrages exprimés avec 1417 voix. Oh, beau gosse ! Waouh ! Il est populaire ! Je précise que c'était le seul candidat.
Ah, d'accord. Je me disais aussi. Quand
même, quand même.
De 90%, le mec est détesté. Mais juste comme personne ne
s
'est présenté face à lui, il a 100% des voix. Incroyable. Cinquième question de ce quiz à la con. Quel duel de candidats n'a, à notre connaissance, jamais existé lors d'élections municipales en France
? Réponse
A. Un père contre son fils. Réponse B.
Deux
personnes ayant exactement le même nom et prénom. Réponse C. Un homme contre son propre chien.
Ou
réponse D. Un couple marié.
Non,
mais le chien. Chien ? Si c'est légal, c'est un problème.
Il
faut que quelqu'un fasse quelque chose.
Il vérifie à la préfecture les cartes d'identité quand tu présentes une liste
?
Oui.
Oui.
Oui, parce que tu dois signer ton acte de candidature. Donc, je ne vois pas...
Oui, mais tu peux présenter un chien en te faisant passer pour...
Ah, non. En fait, non. La probabilité aussi des homonymes,
des
deux gars
qui ont le même prénom... Tout est possible, là.
Non, mais le chien, pardon.
Est
-ce qu'on peut se dire que si on vit dans un pays où un chien peut être élu, c'est un problème
?
Oui,
oui,
oui.
Non,
mais oui. Je n'en sais rien.
Vous n'avez pas l'air
paniqué à la potentialité que ce
soit
possible.
Il y a d'autres pays en Europe où je crois que c'est possible parce qu'en fait, les élections sont plus honorifiques que chez nous. C'est un officier d'état civil. C'est un peu complexe. Mais c'est déjà arrivé qu'on présente des moutons,
qu
'on présente des tortues et que les gens votent pour les lire. Et c'est une manière de se moquer
de l'église politique locale. Oui, parce que finalement,
on a plein d'hommes politiques beaucoup moins sympathiques que des chiens. Ça, c'est vrai. Mais pour
prononcer en mariage, je voterai pour le chien
en
face.
Oui,
oui.
Mais là, du coup, c'est le chien de l'homme qui se présente face à lui. Se présente
face
à
lui.
Oui, en plus,
qui a pris la décision
pour le chien ? Il
a autoproposé son chien au
scrutin
? Non. Là, excusez
-moi, mais c'est un peu nous
que vous prenez
pour des cons.
Je ne sais pas.
Il a voulu... Présentant que les bars. Oui, c'est
vrai. Prendre les voix du parti animaliste. Exactement. Ils sont trois. Non, mais oui, oui. Non, c'est trop gros.
Les autres, vous en pensez quoi ? Tout le reste, c
'est hyper possible. C'est faire un père contre son fils normal, un couple marié classique.
Ils
ont besoin de mettre un peu de piment dans leur relation. Chacun avec sa propre étiquette.
Chacun son étiquette et on se retrouve dans le lit. Oui,
oui,
non, pas mal. On
va voir qui est qui. Et sinon, après, homonyme. Homonyme, oui.
Homonyme, ça a dû arriver. Je ne
sais
pas.
Il
y
a
juste une lettre qui change.
Je regarde ce que le tchat a voté. Le tchat a voté le chien.
Le
tchat
a voté le chien. Réponse C. Réponse C.
Quelles
sont vos réponses ?
C.
C pour tout le monde comme pour le tchat. Si, c'est ça. La bonne réponse, mesdames et
messieurs. C'est pas ça, pardon.
C'était la réponse C. Bravo.
L
'homme contre le chien à notre connaissance. Ça n'est jamais arrivé. Par contre, les autres cas de figure ont bien existé. À Haumont, dans le Nord, un père qui était maire sortant a affronté son fils aux élections de 2020.
Ils ont la même tête. Qu'est-ce
que
c
'est ça
?
Sur fond de conflits familiales très durs. C'est finalement le fils qui l'a remporté à 53% contre 47%.
La
relève. L'ambiance de merde. C'est le fils
qui l'a... Waouh. À Noël,
ça te fait des gens pas. Après, j'avoue
que si mon père,
il
mettait des doudounes fines comme ça, moi aussi, je me présenterais contre lui. Sans manche. Elles disent quelque chose politiquement, ces doudounes. Mais bref, on en reparlera.
On
en reparlera. On sent qu'il y
a
de la revendication, là. Donc ça, c'est vraiment arrivé. En 2020, au Bacarès, dans les Pyrénées-Orientales, le maire sortant a dû affronter sa femme avec qui il venait de se séparer.
Non ! Waouh ! Pas
encore mieux ! J'adore ! C'est finalement le maire sortant qui a remporté l'élection, sa femme n'obtenant que 30% des suffrages et lui, 60%.
Franchement, misogynie, c'est
incroyable !
Et là,
vous allez
me
dire,
Danny Boone, il n
'a
pas fait de film avec ça.
J
'avoue, Danny Boone, qu
'est
-ce que
tu
fous ?
Tu leur donnes des idées, là.
C'est incroyable !
Il y a bien deux candidats qui ont porté le même nom. C'était Bernard Charrier en 89.
Et
devinez quoi ?
C
'est Bernard Charrier qui a gagné.
Incroyable !
Comment
ils ont su pour les départager ? Le nom de la liste ? Oh non ! Je voulais voter pour Bernard
Charrier. J
'ai voté pour l'autre. Les autres membres de la liste ? J'en sais rien.
Quand
on dit sur un malentendu, ça peut marcher...
C'était déjà arrivé ton homonyme
?
L
'Homir ?
L
'Homir,
l
'après ?
Non. Jamais. Jamais en fait d'autres L'Homir
? Non, je ne sais
pas vous, ça vous est déjà arrivé ? Aux élections, de vous retrouver face à vous-même ? Non, non. Tu as déjà été candidate, Namou, à une élection ? Jamais. Non, jamais ? Peut-être
aux délégués de classe, peut-être, mais c'est le plus loin que j'ai fait.
Moi, j'ai été giga élu délégué de classe. Carrément.
Ah oui, tout le temps, chaque année
?
Je siégeais au conseil d'administration et tout. Moi
aussi
?
En même temps, le conseil d'administration du collège, c'était... Et
toi Latifa ?
Non, le max élu au conseil d'administration de mon collège.
Conseil d'administration du collège ? Ok, d'accord. Et toi, je rappelle que tu as été candidate NUPES en 2022.
Tout
à fait, mais j'avais aussi été déléguée. Sauf en quatrième, où je n'avais pas été élue. Il y avait eu une mutinerie.
Merde ! Il y
a
quelqu'un qui t'était passé devant.
Bah ouais, en plus j'avais fait une très mauvaise campagne. J'avais vraiment fait campagne sur vous savez, parfois on vous dit le changement c'est bien, mais en fait, pourquoi changer une équipe qui marche ? C'était absolument pas inspirant.
J'ai perdu. Non, c'était nul l'Oumir. L'Oumir, c'était nul. C
'est Namou qui gagne ce quiz à la con.
Bravo
! Bravo
! Incroyable. Victoire de Namou pour ce quiz à la con.
Je
crois que c'est rare. J'en profite.
Je savoure. Chers amis, nous allons continuer cette émission Backseat spéciale congrès de l'Association des maires ruraux de France en accueillant le président de cette très belle association. Un teneur d'applaudissements pour Michel Fournier.
Pas
vous
? Pardon
? Plus d'applaudissements.
Plus
d'applaudissements
?
On vous
applaudit. Non,
non,
mais il faut venir. Michel Fournier, donc président de l'Association des maires ruraux de France depuis 2020. Maire de Voivre dans les Vosges. Les Voivres. Merci beaucoup. Prenez le micro qui est devant vous. N'hésitez pas à bien le tenir devant votre bouche. Merci d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de Backseat. On est très heureux d'être ici en direct du congrès de votre association. Ça se passe bien ? Il y
a
du monde ? Vous y retrouvez l'atmosphère que vous y cherchiez
?
La journée, la première journée, on ne peut pas dire que ça se passe mal quand même. Et quand on voit un peu
le
nombre de participants, le nombre de maires qui se sont qui
se sont
déplacés et puis l'organisation ici, c'est vraiment quelque chose d'extraordinaire. Donc je voudrais féliciter, j'en profite quand même, Cyril Siber qui est la cheville ouvrière au niveau du département et puis bien entendu nos équipes à la MRF. Mais je voudrais aussi remercier les différentes personnalités qui nous ont rejointes ce matin parce que ça donne aussi un crédit. Vous aviez qui comme personnalité ce matin
? Il
y avait déjà moi en toute modestie. Tout à fait.
Tu as une
autre question ?
Tout à fait. Non,
non, je crois qu'il y avait la
présidente de l'Assemblée
nationale.
Il y avait la présidente de l'Assemblée nationale, il y avait le président du Sénat et il y avait Françoise Gattel, ministre de la ruralité, démissionnaire. Démissionnaire,
absolument. On va parler des maires ruraux avec vous. L'année prochaine, 2026, année d'élection municipale, une année importante pour les élus locaux, pour les maires ruraux. Comment vous la sentez ? Quelle est l'atmosphère de cette élection municipale selon vous
?
Écoutez, j'ai suffisamment d'expérience, je ne sais plus combien de mandats j'ai, pour savoir que même dans un village de ma taille, 300 habitants, j'ai toujours eu, depuis que je me suis présenté, depuis 83, il y a toujours eu deux listes.
Et
j'ai toujours eu une liste contre moi.
D
'accord ?
Pas
par rapport à ma personne spécialement, par rapport aux projets que l'on mettait en place.
Et
les projets étaient non pas la taille de la commune, mais des projets très, très importants et financièrement et de changement d'habitude dans les têtes. Ça veut dire que
si
on intéresse nos populations
et
si on crée des défis,
si
on essaie de faire rêver, eh bien, il n
'y
aura pas de problème d'engagement. Mais effectivement, si aujourd'hui, on pense que la fatalité doit exister, je pense qu'il y
aura
un problème d'engagement.
Vous
voulez dire que
c'est
la responsabilité des maires de susciter de l'engagement ?
Il
n
'y a
pas un problème quand on
voit que 2,189 maires ont démissionné ?
Non, non, les maires démissionnaires, il y en a, c'est une réalité, mais il y en a toujours eu. Il y en
a
un peu plus, voilà. Il faut aujourd'hui, pour un maire, avoir un peu le cuir tanné.
Et
si c'est ton premier mandat, eh bien, c'est un peu difficile parce qu'il faut déjà pratiquement un mandat pour comprendre quel est le fonctionnement de notre République. C'est très, très dur aujourd'hui. On a complexifié les choses d'une façon telle qu'au départ, quand je voulais monter un projet dans ma commune, le projet recherche de subvention, création du projet, démarche technique, etc. Allez, un an et demi, deux ans. Aujourd'hui, c'est un mandat.
C
'est ça, la difficulté. Donc,
il
y a un problème d'engagement général de nos populations pour le
faire
vivre ensemble. C'est aussi vrai dans l'associatif, d'ailleurs. dans l'associatif, on a un trou d'air à l'heure actuelle.
Et
donc, tout cela doit, le convide à accélérer les choses, mais tout cela doit maintenant se remettre. Et je pense qu'il y aura des candidats, il y aura des candidatures, et puis, peut-être qu'après ces candidatures, devant la difficulté, il y a des gens qui se poseront la question. Mais je suis confiant. Franchement, je suis confiant. Latifar ? C'est vrai que les maires euros sont quand même confrontés à pas mal de difficultés. On en reparlera peut-être plus en détail par la suite. Mais vous plaidez, vous, pour un statut d'élu local. Et je sais que le texte avait été reporté encore avant l'été. Où est-ce qu'on en est de cette réforme ?
Et je sais que c'est quelque chose sur lequel vous êtes particulièrement engagé et que vous appelez de vos voeux depuis quelques années maintenant.
Vous
avez raison. Depuis quelques années, presque de trop nombreuses années.
Est
-ce que vous pouvez nous expliquer quand vous demandez l
'existence
d'un statut d'élu local
?
Alors,
on
ne
va
pas refaire l'histoire. Mais la ruralité, aujourd'hui, la preuve en est, regardez le nombre de personnes qui viennent, le nombre de partenaires que nous avons, les médias. Vous faites partie. Je ne
vous
ai pas vus il y a cinq ans. Vous n'existiez peut-être pas. Mais il y en a beaucoup d'autres que je n'ai pas vus il y a deux ans, trois ans, cinq ans. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'aujourd'hui, la ruralité semble être une réponse pour beaucoup de nos concitoyens. Mais une ruralité qui soit vivante, une ruralité qui soit culturelle, une ruralité qui permette effectivement de se sentir à égalité dans le traitement par rapport au service à celui qui se trouve dans une urbanité. Alors, le statut de l'élu, c'est quoi ? Eh bien, c'est
l
'obligation de reconnaître
que
la fonction de maire, même d'une commune comme la mienne, 300 habitants, est très chronophage.
Et
vous pouvez difficilement, aujourd'hui, et je pense à... Moi, je suis en retraite, c'est un peu différent maintenant, mais j'étais indépendant toute ma vie. Je peux vous dire le sacrifice que ça a représenté financièrement, socialement, etc., etc. Je ne
suis
pas là pour me plaindre, c'est pas mon genre. mais toujours est-il que si on veut que des jeunes s'engagent, et cette table, voilà,
il
faut pouvoir le faire. Il faut pouvoir exercer une activité professionnelle et une activité complémentaire ou, le contraire, l'activité professionnelle complémentaire de la fonction d'élu. Donc, le statut de l'élu, c'est ça. C'est la demande de dire qu'il y ait une vraie reconnaissance,
pas
seulement par rapport à la dignité, il y a déjà eu des progrès, de fait. Mais quand même,
aujourd
'hui, il n
'est
pas normal que le maire d'une commune en dessous de, on va dire, en dessous de 500 habitants soit avec une équivalence d'un demi-smig,
en
étant présent 24 heures sur 24, en étant avec une responsabilité, n'oublions pas qu'on a le pouvoir de police, etc. Donc, nous avons travaillé énormément pour faire améliorer ce statut. Alors, où on en est ? Pourquoi
ça ne
passe pas, en fait, au niveau national ? Ça
a
encore été repoussé cet été.
Oui, ça a été repoussé. Ça fait cause... Alors, on agit pour que ça ne le soit plus. On a obtenu de François Bayrou, on peut dire même j'ai obtenu, qu'on puisse avoir dans la session extraordinaire de début juillet qu'effectivement, à l'Assemblée, ça puisse passer. Parce que, vous savez, il
y
a le circuit... Oui, bien sûr, la
navette
législative. Et aujourd'hui, on a la certitude, d'ailleurs, Gérard Larcher l'a confirmé, que début octobre, puisque ça va passer au Sénat, et du Sénat, ça repassera à l'Assemblée, et on pense que, raisonnablement, novembre, ce sera acté. Ça sera un déclen...
Ah bah attends... On croise les doigts, on croise les
doigts,
c'est pas encore fait, parce qu'il faut encore l'inscrire à l
'heure
du jour, il faut que le nouveau gouvernement l
'inscrive. Oui,
mais on va faire en sorte que ça soit inscrit.
Les
deux présidents qui étaient là, effectivement, nous ont quand même apporté des garanties sur cette volonté de l'inscription. Faut pas oublier, ils ont une responsabilité, que ce soit Gérard Larcher ou il y a elle, Brune Pivet. Elles peuvent apporter un plus, en obligeant certaines... dans des espaces, dans des niches, de dire, il faut que ça passe. Et
j'ai entendu, effectivement, le Premier ministre, je crois, qui veut qu'avant, les municipales se soient réglées.
Oui,
oui, oui. Et puis, surtout, il faut que le Premier ministre, ça soit réglé avant qu
'il
ne soit plus Premier ministre. Ça
dépend de vous ni de moi. Je
ne
lui souhaite pas, mais c'est
la problématique. Aujourd'hui, on se pose tous la question en se disant, eh bien, OK, OK,
il
faut que les choses se mettent en place, mais justement, ce que l'on peut regretter, c'est que la proposition qu'avait faite Françoise Gattel, elle date de 2023, voire début 2024,
quand
elle était sénatrice.
Donc,
vous voyez, il n
'y
a que déjà eu, alors que ça devrait être classé, point, quoi. Mais on a confiance.
Vous
parliez d'engagement et aussi des difficultés qu
'il
peut y avoir à concilier une vie professionnelle et une vie d'élu.
Il
y a seulement 17% des maires des communes rurales qui sont des femmes aujourd'hui. Pourquoi est-ce que vous pensez que c'est le cas et qu'est-ce que vous pensez qu'on peut faire collectivement pour qu
'il
y
ait
plus de femmes maires aujourd'hui ? D'ailleurs, je tiens à préciser quand même qu'il y
a
plus de femmes maires dans des communes rurales que dans des communes urbaines.
C
'est important quand même.
Oui.
Alors, vous n'avez peut-être pas suivi l'actualité récente parce qu'on s'est fait fouetter par beaucoup de nos collègues dans la mesure où on a été la MRF, mais pas seulement seule, la MRF également. On a été volontaires
pour
faire en sorte
que
dans les communes de moins de 1 000 habitants, il y ait l'obligation d'une liste, l'obligation donc de la parité dans ce cadre-là.
J'ai suivi.
Pardon ? J'avais suivi, oui. Oui, donc ça,
c
'est important. Ça va être un accélérateur. Et effectivement, la représentation, après, ça sera différent. Donc on
aura des
conseils municipaux mixtes. Oui,
oui,
bien sûr. Mais pourquoi les femmes sont souvent plus réservées par rapport à cela, par rapport à l'engagement
? La
différence essentielle, ça n
'a
pas un plaisir aux mecs qui sont là.
La
différence essentielle, c'est que les femmes,
elles
ont souvent une forme, je le dis parce qu'on le rencontre, une forme de complexe,
un
peu, de timidité. Est-ce que je vais y arriver ? Elles se posent toujours la question. Est
-ce que je vais y arriver ?
Parce que, oui, est-ce que je serai à la hauteur ? Et surtout, dans la conception, vous êtes des... Il y a trois femmes, là. Dans cette conception-là, si moi, je fais quelque chose, si moi, je m'engage, je veux aller au bout. Moi, je veux être sûr et que je ferai bien, etc., etc. Ce
que vous voulez dire, c'est que les hommes, même moins compétents, n'hésitent pas à se présenter. Ils ont moins de
complexe.
Les hommes ne se posent pas de questions. Non, mais après,
c
'est comme dans
la vie professionnelle normale. Ce
qu'on dit, par exemple, quand il y
a
une offre d'emploi, une femme va considérer qu'elle va devoir répondre à 80% des critères pour envoyer sa candidature. Tandis qu'un homme, s'il voit qu'il a 30% des critères, il va l'envoyer sa candidature. Et c'est la même dynamique qu'on retrouve ici pour les candidatures. Pareil. Ça veut dire, il faut vous prendre en main.
Et
il faut surtout... Ben oui. Ben si. Il faut surtout... Oui.
Les meufs,
présentez-vous aux élections municipales.
Ben
voilà. Vous
restez moins.
Yaël l'a souligné encore tout à l'heure. Mais en fait, il faut avoir confiance en soi. Et la confiance en soi, c'est se dire, OK, je ne
suis
pas parfait, je ne
suis
pas parfaite, mais ça ne fait rien. Il faut que je tente le coup.
N'oubliez jamais une chose. Si vous saviez
le nombre d'hommes infarfaits qui se présentent. Si vous saviez le nombre d'hommes imparfaits qui se présentent. Il y en
a
aussi des parfaits, il ne
faut
pas pousser, toi. Oui, oui, oui.
Mais c'est quoi ? C'est France Passegiro qui disait la vraie parité ou l'égalité, c'est quand on mettra une femme incompétente à un poste d'hommes compétents ou à
la place. Oui,
c
'est
une façon de regarder les choses.
Non, mais voilà.
Je voulais vous demander si la réforme du mode de scrutin pour les communes de moins de 1000 habitants était une bonne mesure.
Je viens de vous répondre.
D'accord.
C'est une bonne mesure dans la mesure où... Je vais prendre mon exemple.
Il
y a toujours eu deux listes dans ma commune, je vous l'ai dit, depuis 1983. D'accord ?
Parce
que j'ai monté une liste contre le maire sortant à l'époque et je suis maire depuis 1989. J'ai toujours eu la parité
et
j'ai 300 habitants.
Donc
c'est possible, en fait, si on veut. En ce moment,
j
'ai trois adjointes,
c
'est trois femmes. Alors je sais aussi, je ne sais pas si elle est là, Nadine Kersodi. Nadine Kersodi qui est présidente des maires ruraux du Finistère.
Quand
elle a vu cette nouvelle proposition de loi pour les moins de 1000 habitants,
elle
s'est dit, moi, je suis emmerdé, je n'arrive pas à trouver des hommes.
Donc
vous voyez les
situations.
Alors, faire croire ou faire penser que ça sera difficile, etc., il y aura des difficultés. Quelquefois, c'est vrai, pour certains, on en est conscient. Mais le Sénat, attends, le Sénat a répondu à la question. Le Sénat a permis à ce que normalement dans une commune de moins de 100 habitants, à la place de 7 nécessaires pour que la liste soit validée, il peut y avoir 5 personnes. Et si on n
'est
pas capable de trouver dans une commune de 100 habitants, de moins de 100 habitants, 2 femmes, eh bien la commune n'a plus de raison d'être. Ça peut être aussi simple que ça.
Et
ça, je sais que ça ne plaira pas à tout le monde.
je
veux bien le croire. Non,
non,
c'est intéressant. Ça ne vous échappe pas. Il y a actuellement des négociations dans le bureau du nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui a la difficile tâche de trouver un budget. Et on sent que la soupe risque d'être amère pour les collectivités locales qui risquent de recevoir un nouveau tour de vis budgétaire. Est-ce que ça vous inquiète, vous qui êtes président de la MRF, est-ce que les communes vont devoir payer ?
Alors,
l'inquiétude, ce n
'est
pas forcément sous les communes rurales. Je m'explique.
On
a l'habitude de faire souvent avec des bouts de chandelle. Voilà. Donc, on se débrouille
et
on essaie toujours de se débrouiller. La difficulté, ça va être par rapport à des collectivités et autres, départements, régions ou interco qui auront effectivement, qui sont souvent, qui accompagnent nos projets et qui ont, si elles ont moins de moyens, eh bien, on le voit, il y aura forcément moins de services, moins d'aides, de subventions, etc. C'est ça, la difficulté. Mais en ce qui concerne notre fonctionnement à nous,
si
on... Je vais être encore plus direct.
Ce
matin, vous n'avez peut-être pas entendu, mais
on
ne supporte plus,
on
ne supporte plus
qu
'un citoyen en ruralité valent deux fois moins qu'un citoyen en urbanité. Ça, ce n
'est
plus possible. Donc, ça veut bien dire que si, effectivement, on se répartissait les moyens d'une façon non pas équitable, juste, liberté, égalité, fraternité, pour l'instant, ce n
'est
pas le cas. Depuis des décennies, donc, si notre DGF, la dotation générale de fonctionnement, était réévaluée, regardée, énormément de communes rurales, se retrouverait avec une bouffée d'air et un ballon d'oxygène. Je peux vous le dire.
Mais est-ce que l'État en aura les moyens ? Ça, c'est tout ?
Ah non, il
n'y
a
pas besoin de moyens.
C'est juste la péréquation. C'est une péréquation. C'est
à somme constante.
Mais je n'ai pas compris.
Voilà, donc, on n'aura pas de problème particulier si on va dans ce sens-là. Namou
? Du
coup, ça fait maintenant cinq ans que vous êtes président de l'Association des maires ruraux de France. Quel bilan que
vous
pouvez faire aujourd'hui de toutes les actions que vous avez pu entreprendre ? Et est-ce que vous pensez continuer justement cette fonction ? Qu'est-ce que vous imaginez pour le futur
? Alors,
je suis à l'Association des maires ruraux de France depuis 92.
D
'accord
? J
'ai été successivement secrétaire général, vice-président et le premier vice-président avec Vanik Berberian, notre ancien président.
Aujourd
'hui, je suis président. Demain, on verra.
Ce
qui est sûr, c'est que je me représente. Déjà, que ça soit clair.
OK.
C'est clair. Ça, c'est clair. Voilà. Et ce qui est clair aussi, c'est qu
'on
a vu l'évolution lors de cette mandature quand il y avait déjà de par l'activité et le, j'allais dire, la personnalité de Vanik Berberian, il y avait une progression de notre structure qui a été plus forte. Il y a eu un accélérateur par rapport à lui, par rapport au groupe autour de lui. D'accord ? Aujourd'hui, cet accélérateur, il est en pleine progression. On pensait qu'au début du mandat, nous avions 8 000 adhérents. Nous en sommes à 13 500.
Ça
veut bien dire qu'on correspond à une demande, à un besoin et que ce besoin, beaucoup se retrouvent chez nous par rapport au fait qu'on vit les choses. Nous, on vit les choses au quotidien. Je l'ai dit encore ce matin, quand il y
a
une vache qui est lâchée, on téléphone au milieu de la nuit, il y a deux vaches qui sont lâchées. C'est le maire. Tu parles ? Je n'arrive plus à courir, moi. C'est le maire qui doit rentrer les vaches,
c
'est le maire qui doit récupérer le chien. Non, mais attends.
Mais
je veux dire, on est à Poitiers ici. Ce n
'est
pas la maire de Poitiers qui va courir après une vache ou après le chien. C'est la réalité du quotidien, ça. Donc, c'est comme cela. Et voilà. Et les gens viennent chez nous à domicile. Ah ben Michel, attends, je suis emmerdé. Tu sais que j'ai... Mais attends, tu as vu l'heure qu'il est ? Ben oui, non, mais enfin, voilà. C'est ça, notre vie au quotidien. Et donc ça, c'est chronophage aussi. C'est chronophage dans nos têtes aussi. Ça veut dire qu'il nous faut, à un moment donné, nous libérer.
C
'est pour ça que j'aime bien la Mirabelle.
Dernière question. Le maire, c'est l'élu préféré des Français, on le sait. Hier, il y
a
un autre élu qui a été condamné, un ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, condamné pour association de malfaiteurs. Il ira bel et bien en prison. Qu
'est
-ce que ça vous évoque sur l'image des élus, sur la déconnexion qui peut exister entre certains, entre de très nombreux citoyens et leur politique, quelle qu'il soit
? C
'est une question qui nécessiterait une réponse avec une langue de bois.
Vous
n'êtes pas obligé.
Mais
je ne
suis
pas obligé. Toujours est-il qu'il y a deux choses. Je suis d'accord avec le président du Sénat. Aujourd'hui, la condamnation du président Sarkozy,
elle
est sujette à un appel, à une potentialité d'appel.
Dans
ce cadre-là, notre façon de
faire
la justice, c'est de considérer que tant qu'on n'est pas au bout,
les
gens sont présumés innocents.
C
'est clair, ça.
On
voit que, dans ce cadre-là,
il
y a
un
effet politique certain
par
rapport à ce que l'on sait, qu'il y a une demande d'emprisonnement dans quelques jours.
qui
n'est des fois pas demandé par rapport à d'autres infractions ou autres par rapport à des citoyens plus...
Dans
le cadre d'un tribunal correctionnel, c'est assez courant, quand même.
D'avoir... D
'avoir
une exécution provisoire et un mandat de dépôt.
Oui.
Je
peux vous dire que nous, constatant quelquefois les actions... Il est où, le maire de... Varzy ? Il est où ? Il est là
? Pourquoi
? Il a fait quoi ?
Je vais vous prendre un exemple... Non, mais à un moment donné, il faut aussi savoir les choses. Le maire de Varzy, président... Il n
'est
pas là, Gilles Noël ?
Président de l'association des
maires ruraux. Non, non, mais voilà les réalités.
Il
y
a
quand même des fois un regard de la justice qui peut être un peu différent.
Il
a eu affaire à un rodeo moto dans sa commune. D'accord ? Il en a marre de voir les jeunes, parce que ce sont des jeunes, qui passent en moto sur une roue, etc. etc. Il dit, non, ça ne peut plus durer. Il sort de la mairie et il dit, maintenant, ça suffit. Ça fait un quart d'heure, une demi-heure que vous faites ce rodeo, ça suffit. Les jeunes ne s'en occupent pas.
C
'est une commune de mille habitants.
Le
maire, il est connu, ce n
'est
pas son premier mandat. Eh bien, le maire, pour pouvoir faire en sorte de mettre fin à ce rodeo, il se met au milieu de la route.
Il
se met au milieu de la route pour arrêter physiquement, entre guillemets, le rodeo.
Un
des jeunes n'accepte pas cette demande d'arrêt
et
fonce sur le maire. Et bien entendu, il a juste le temps de se retirer, mais en se retirant, il accroche le jeune avec sa moto. D'accord ?
Le
jeune, il tombe. Il tombe avec la moto. Il a quelques échymoses. La famille porte plainte.
Le
maire est condamné. Le maire est condamné.
Il
est...
Non,
mais...
Il
est condamné. On l'a mis en garde à vue pendant 48 heures.
On
lui a demandé... Et finalement, ça s'est passé comment ? Eh bien, il a négocié avec la justice
pour
ne pas... Comment dirais-je ? Pour ne pas être, entre guillemets, emprisonné parce qu'il y avait
cette...
C'est ça, le traitement. Ça ne répond pas à ma question sur Nicolas. Si, si, ça répond à votre question. Ça veut dire qu'il y a des appréciations qui, quelquefois, dans le cas de figure que vous voulez évoquer, qui peuvent être assez étonnantes. Moi, je n'ai pas les compétences de dire il y
a
une culpabilité, il n'y a pas de culpabilité. Ce que je sais, c'est que à partir de l'instant
où,
effectivement, mais il y a... Ce n
'est
pas le seul, il y a eu d'autres exemples auparavant. Il n
'y a
pas eu un certain Cahuzac, là
? Il
faut le dire aussi. Bien sûr. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'aujourd'hui, ce genre de procès légitime, légitime, ce genre d'initiative qui est faite
donne
une image globale des politiques qui est complètement...
Vous
pensez que le problème, c'est le procès ? Le problème, c'est plutôt Nicolas Sarkozy qui fait ce dont il est accusé plutôt que le procès qui vient rétablir la justice. Après, on peut en débattre. Non,
non.
Je n
'ai
rien contre le procès. Je ne suis pas à même de juger et je n'ai pas à faire de commentaire sur le procès. Je dis simplement...
Sur l
'image des élus.
Sur l'image des élus globales, d'une façon globale. Eh bien, et là, heureusement, les maires ruraux échappent à ça parce qu'on a la proximité et on sait que nos moyens sont modestes et que s'il
y a
un détournement chez nous, ça va être un stère de bois.
Merci beaucoup.
Merci beaucoup, Michel Fournier. Vous pouvez
l'applaudir très fort. Michel Fournier, président de la MRF, d'être venu sur ce plateau. Je vous laisse quitter le plateau.
Je
vous laisse y aller.
Je
vous laisse y aller. Allez-y. Merci beaucoup d'avoir été avec nous dans cette interview. Notre invité actu.
Au
revoir. Qu'est-ce que je voulais dire ? Qu'est
-ce
que je voulais dire ? On est toujours en direct ici du congrès de l'Association des maires ruraux de France qui nous accueille pour cette émission spéciale Ruralité. On va parler de l'actualité de la semaine. C'est parti pour l'actu de la semaine.
Et
l'actualité, cette semaine, elle a été marquée. Évidemment, on vient de l'aborder avec notre invité actu. Elle a été marquée par la condamnation de l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, à cinq ans de prison, entre autres, pour association de malfaiteurs assortis d'un mandat de dépôt différé et d'une exécution provisoire. L'ancien président, Nicolas Sarkozy, va bel et bien dormir en prison. Il a dit qu'il dormirait en prison la tête haute.
Ça ne
va
pas être confortable. Il
faut
qu'il fasse attention.
Oui,
mais ça peut être bon pour l'apnée du sommeil. Qu'est-ce que ça vous a évoqué quand vous l'avez appris
? Ça
vous a surpris ou pas
?
Non.
Non, l'omir
?
Non, je veux dire, quand on a plus d'une dizaine d'affaires qui nous suivent depuis plusieurs années, ce n
'est
pas surprenant qu'il
y
en ait une qui finisse par le rattraper. Ce qui m'a surpris,
c
'est qu'effectivement, j'attends encore de voir la nuit en prison. Mais c'est comme pour l'affaire Balkany. C'est toujours surprenant quand une fois, à un moment, une personnalité politique finit par payer quand on voit ce que des
citoyens
normaux, nous, on fait la moitié, un tiers, un quart de ce qu'ils font. Tu peux être sûr qu'on va en taule. Enfin, c'est sûr. Et c'est normal. Je vais dire, à partir du moment où tu enfreins la loi, il n
'y a
pas de sujet. Mais je trouve ça toujours fou de se réjouir que justice soit faite face à des politiques parce qu'on a fini par accepter que l'impunité, finalement, est la norme. Et ça, je trouve que c'est vraiment très grave.
Latifa ?
Moi, ce qui est inquiétant, c'est plus les réactions forcément de la droite et de l'extrême droite.
C
'est encore un moment où Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen convergent là-dessus. mais c'est le fait de... Tout à coup, on peut discuter des décisions de justice sur le fond. On peut échanger, etc. On est dans un état de droit. Il y
a
une liberté d'expression, etc. Mais en fait, jeter la suspicion sur l'autorité judiciaire ou sur des juges en particulier, etc., c'est ça qui est extrêmement dangereux. Et en fait, on a l'impression que... Oui, forcément, encore une fois, on a une genre de trumpisation de la vie politique où on est là en train de dire que finalement, ça ne compte pas alors que les juges quand même et leur indépendance est extrêmement important et c'est fondamental. Ils rendent des jugements qui sont motivés. Enfin, je veux dire, là-dessus, on a 400 pages de jugement quand même sur cette affaire. On a 400 pages de jugement,
c
'est extrêmement circonstancié, extrêmement précis. Et en fait, on va remettre en question ça alors que quand L'Oumir l'a dit, pour le citoyen lambda qu'on fait le quart de ça, évidemment, ils vont en prison ou alors c'est toujours la même personne, soit de droite ou d'extrême droite qui vont trouver justifié de dire à Naël pour ne pas le nommer un gamin qui se fait tuer parce qu'il a conduit sans permis, etc. Ils vont trouver 10 000 manières de le justifier.
Mais en revanche, là, 13 ans d'instruction, je crois que c'est ça, sur cette affaire, enfin des révélations de Ménapart, 13 ans d'instruction, un jugement, des enquêteurs pour parvenir à ce jugement-là, effectivement, qu'il a fait appel, Nicolas Sarkozy.
Il a fait appel, bien
sûr. Voilà, ça montre encore une fois ce que tu as dit, en fait, le décalage entre la population et les politiques de la part d'une partie de la catégorie, enfin de la classe politique qui, quand même, a renforcé extrêmement la justice et sur un point de vue hyper carcéral. Enfin, c'est ça aussi qui interpelle. Donc, ça veut dire quoi ? C'est-à
-dire
que la justice,
c
'est pour tout le monde, à part pour eux ? Sauf
pour
eux, oui. C'est ça qui est fou, je trouve. Tu es sur les plateaux de télé à longueur de journée, on nous parle de la justice trop laxiste et au moment où justice est faite, ah ben non, en fait, on annule tout, les juges sont de gauche, c'est la dictature des juges et tu dis, il faut savoir en fait, c
'est
trop laxiste ou c'est trop dur ? Oui, c'est exactement ça.
C
'est des hommes et des femmes politiques qui ont l'habitude de toujours prôner plus de dureté, plus de sanctions pour les gens lambda. Et par contre, une fois que c'est... Mais de toute manière, on en avait parlé longuement avec Fabrice Arfi sur le plateau de Baxit, justement, où en fait, c'est un jeu très dangereux auquel ça donne en fait nos hommes et nos femmes politiques parce qu'ils participent aussi à mettre en place une sorte de
logique
un peu complotiste qui voudrait que les juges soient un peu, voilà, contre eux, systématiquement, parce que, voilà, il y a quelque chose de très dangereux dans ce jeu-là et tu viens de l'expliquer parfaitement, Latifa, et je pense aussi que malheureusement, quand on voit aussi dans des plateaux de télé des bandeaux qui expliquent est-ce que la justice a été trop sévère, ça participe à ça, en fait, ça participe à se dire mais à décrédibiliser, en fait, ce jugement et l'indépendance de la justice.
Il
y
a
un truc que je trouve intéressant dans la période, c'est l'union des droites. Une fois de plus, le cordon sanitaire est rompu. Quand on voit que Marine Le Pen vole au secours de Nicolas Sarkozy sur la question de
l
'exécution provisoire, évidemment, elle pense à
elle-même
en le disant mais je trouve que c'est intéressant parce que là aussi,
il y
a un énorme décollage dans le comportement du Rassemblement National par rapport à son histoire. Le Front National de Jean-Marie Le Pen se moquait en permanence de l'affairisme de la droite RPR et UMP. Pendant des années, Marine Le Pen, en 2012, accusait Nicolas Sarkozy de tremper dans des affaires, etc. Et aujourd'hui, ça a complètement changé. Elle s'est normalisée au sens où elle est devenue une politique normale de droite qui défend l'affairisme, qui défend les personnes condamnées par la justice.
Ça,
je trouve que c'est hyper intéressant. Moi, je l'ai pas mal étudié dans mon livre sur la question de comment le RN morphe, qu'au début, quand il est sous la coupe de Jean-Marie Le Pen, extrêmement libéral et il prend vraiment ses racines dans le sud qui est largement structurée par la guerre d'Algérie et ses héritages. Puis après, c'est Marine Le Pen qui vient et qui prend la tête avec un côté beaucoup plus anti-système, l'UMPS, contre l'élite et qui prend comme ça le nord et l'est qui sont des bassins des industrialisés qui votent majoritairement pour des raisons sociales.
Et
puis maintenant, la bascule qui sera faite doit être pour accéder
à
la présidence à la fois à l'union des droites. Et c'est pas étonnant que ce soit Jordan Bardella et Marion Maréchal qui reprennent la tête qui sont eux des libéraux. Et je trouve ça quand même assez fascinant qu'au sein du RN là maintenant tout de suite
cohabitent
deux visions extrêmement différentes que sont celles de Marine Le Pen et celles de Jordan
Bardella.
Les
libéraux et les protectionnistes. Et que finalement,
c
'est autour de l'opportunisme politique que cette union des droites va finir par se faire pour des raisons judiciaires. C'est quand même assez extraordinaire quand tu réfléchis à toute l'infrastructure idéologique qui a été créée par le FN puis le RN qui va finalement en fait cette union des droites Marine Le Pen semble s'y ranger par opportunisme. Et c'est quand même moi ça me semble vraiment intéressant en cette période de normalisation et de banalisation de l'extrême droite.
Affaire à suivre en tout cas ce sera le 13 octobre que Nicolas Sarkozy aura rendez-vous avec le parquet pour que lui soit notifié la date de son incarcération la date et le lieu de son incarcération son rendez-vous si je puis dire qui doit intervenir dans les 4 mois qui suivent je crois. Bref, d'ici à Noël Nicolas Sarkozy dormira en prison on aura le temps d'en reparler évidemment.
L'autre sujet qu'on voulait aborder c'est la suite de la mobilisation sociale il y avait eu bloquons tout le 10 septembre il y avait eu la grande manifestation de l'intersyndical le 18 septembre l'intersyndical qui appelle à une nouvelle journée de mobilisation le 2 octobre après sa rencontre infructueuse avec Sébastien Lecornu est-ce que vous pensez que le mouvement social peut prendre de l'ampleur est-ce que vous pensez que le froid va décourager les manifestants comment vous voyez je sais que la météorologie des mouvements sociaux c'est vraiment pas une science exact mais là je vous demande quand même de faire l'exercice
qu
'est-ce que vous en pensez
?
Honnêtement
là
j
'ai
l'impression que le 10 septembre et le 18 septembre on a vu une mobilisation qui a malheureusement
plus
ou moins pris et je pense que en fait justement si ces manifestations elles mobilisent pas plus de personnes je pense que c'est aussi dû à tout ce qu'il y a autour c'est-à-dire que on a quand même eu des semaines des jours avant notamment la mobilisation bloquant tout où en fait on a les médias qui ont passé leur temps à se poser la question de est-ce que ce sera vraiment dangereux est-ce qu'il y aura des black blocs en fait toutes ces choses tout ce langage ça donne pas forcément envie de descendre dans la rue parce qu'on se dit on va forcément se faire gazer si on descend et donc il y a ça et il y a aussi tout le schéma national
du
maintien de l'ordre qui est de plus en plus virulent sous Rotaio et qui fait que forcément on sait qu
'on
va participer à une manifestation pacifique et en fait tôt ou tard en fait à une intersection il va y avoir une charge pour x raisons et donc forcément ça n'incite pas forcément les gens à aller manifester j'ai plein de d'amis autour de moi qui avaient peur de ça qui se sont dit en fait j'ai vraiment peur de finir en garde à vue j'ai peur de me faire de me faire gazer et donc je pense que c'est ce qui aussi
fait
que les gens
ont
moins envie aussi de se mobiliser
Lomir toi tu penses que le mouvement du 10 et le mouvement du 18 c'était pas tout à fait les mêmes personnes
c
'est ce que j'ai vu chez moi en tout cas le mouvement du 10 c'est beaucoup plus gilet jaunesque avec beaucoup d'anciens gilets jaunes qui se sont dit on va essayer de remettre ça là où ils n'ont pas forcément les moyens de faire grève ils sont très peu syndiqués et le 18 est beaucoup plus organisé par la gauche par des institutions comme les syndicats ce que je trouverais intéressant c'est que ces deux mouvements se réunissent mais ça c'est j'ai envie de dire un travail qui aurait dû être fait depuis 2018 et qui malheureusement n'a pas été assez fait de faire se rencontrer ces deux mondes qui sont des mondes avec des habitus d'engagement qui sont différents avec des profils sociaux qui sont différents des âges différents et
je trouve
que vraiment autant c'est mon travail moi je suis activiste je crée des campagnes donc je crois vraiment dans l'infrastructure je pense sincèrement qu'un mouvement ne survit pas ne gagne pas dans le long terme s'il n
'y a
pas d'infrastructure qui le soutient s'il n
'y a
pas de caisse de grève s'il n
'y a
pas de formation s'il n
'y a
pas de recrutement et en même temps force est de constater que l'approche un peu tradie des syndicats où on pose un préavis de grève on fait grève et on fait une marche ne fonctionne
pas
déjà quand même pour créer du rapport de force en ce moment et elle exaspère un peu des gens qui ont l'impression eux de ne plus avoir la patience en fait de faire partie de ces marches ne comprennent pas la stratégie de construction
de rapport de force
par rapport au 10 septembre je dirais en nombre de personnes mobilisées l'intersyndicale a mis une vitesse quand même au mouvement gilet jaunesque
c'est là où je pense que ce n
'est
pas forcément les mêmes personnes typiquement moi j'étais dans les deux endroits j'ai fait les deux mais si je regardais par exemple dans l'un sur les groupes télégramme anciens gilets jaunes où j'étais les gens ne faisaient pas grève parce qu'ils ne
sont
pas syndiqués parce qu'ils sont en intérim parce qu'une journée de grève ça coûte cher et il n'y a pas de caisse de grève et c'est là où je pense que si on avait plus fait ce travail de faire se réunir ces deux populations alors ces personnes-là soutenues par les institutions que sont les syndicats notamment par des caisses de grève auraient pu et par la meilleure connaissance de leurs droits aussi parce qu'il
y a
une vraie absence de connaissance de ce que c'est le droit du travail surtout quand tu es intérimaire quand tu es en temps partiel quand tu es en travail haché les gens ne savent pas
ce
qu'ils ont le droit de faire ne savent pas comment on dépose un préavis de grève etc et c'était pas syndiqué dans la logistique qui emploie majoritairement chez moi les gens qui sont syndiqués donc en fait c
'est
pas comme ça qu
'ils
vont réussir à le savoir
Latifah ?
Oui moi j'étais surprise par contre du 18 septembre je trouvais qu'il
y
avait beaucoup de monde je ne m'attendais pas je ne m'attendais clairement pas à ça peut-être que c'était le fait que ce soit après le disque dont on a parlé hyper longtemps on se disait bon en fait est-ce que c
'est
les médias qui sont en train de monter ce truc parce qu'ils sont passés à côté des gilets jaunes du coup là ils ont peur de passer à côté de ce mouvement-là donc il ne
faut
que d'en parler et en fait ça faisait peur parce qu'on nous a dit ça allait presque être contre-productif parce que s'il n
'y
a pas assez de monde ça va décourager du coup je me dis le 18 il n'y
aura
personne et en fait oui mais effectivement comme le disait Lomir je n'avais pas forcément pensé à ça sur les deux catégories de population qui étaient présentes aux deux événements après c'est vrai que oui pour l'organisation et tout après pour la caisse de grève il y
en
a une des syndicats mais d'ailleurs qui existe depuis 2016 je crois mais qui a rassemblé plus de 8 millions et demi d'euros si ça peut mettre un peu de baume au coeur et en fait c'est super pratique parce qu'on peut voir à qui exactement ils ont donné de l'argent y compris pour les gens qui sont en procès pour discrimination mais aussi pour les grévistes et du coup ils mettent voilà tant donné sur plus de 8 millions qui ont été collectés depuis 2016 et sa création mais pareil en fait il faut être dans ces structures syndicales tu vois il faut vraiment voilà exactement moi non plus je ne savais pas et en recherchant je me disais quand même c
'est
pas possible il
y a
une caisse de grève pour les gens et je suis tombée là dessus mais je pense que ouais quand tu es syndiqué dans ta structure tu vas l'avoir et tu vas en bénéficier mais à l'inverse voilà si tu as envie de t'engager chez toi de ton côté c'est plus compliqué et évidemment on en parle tout le temps de dire vu que la réforme des retraites c'était perdue c'est difficile de remobiliser les gens ensuite et c'est normal et surtout qu'en fait il n
'y
a aussi pas de gouvernement donc bon voilà à
qui demander
qu'est-ce qu'on demande vraiment en fait les gens n'ont tellement ras-le-bol de tout que même avoir une demande qui soit plus précise et qui rassemble tout le monde c'est peut-être plus compliqué qu'à d'autres périodes
il n'y a pas de
gouvernement non vas-y vas-y
Justement par rapport aussi au fait qu'il y
ait
ces deux dates moi je trouvais ça dommage que la date du 18 soit posée ensuite avec ce cadre de scellés syndicats scellés partis politiques comme s'ils se désolidarisaient en fait enfin vraiment l'énervement général de la population au lieu de se mettre avec elle et de monter
enfin
sur ces grands choses je ne
sais
pas comment expliquer ça mais vraiment
plutôt
que de faire corps tous ensemble de prendre un peu de recul par rapport à ça et de
se
dire ah non non mais nous on n'est
pas
avec eux on fait un truc un peu plus structuré un peu plus respectueux des règles tout ça mais
en même temps
je constate que ça marche mieux
c
'est-à
-dire
que l'innovation des modes d'action du 10 septembre le bloquant tout n'a pas ramené les foules
de
la marche intersyndicale traditionnelle du 18
surtout que la méthode elle était floue tu vois c'était bloquant tout mais on bloque quoi il
y
a des gens qui
disent non il ne faut pas payer en carte
bleue il y
a
quelqu'un d'autre qui disait non il ne
faut
pas sortir de chez soi ou il ne
faut
pas consommer du tout les boucles télégrammes la
veille
c'était zanzin et on voyait vraiment moi j'ai trouvé ce que j'ai trouvé c'est un fossé entre la respectabilité du 18
et
le niveau d'énervement des gens sur les boucles préparant le 10
où
j'ai retrouvé le même esprit un peu de radicalité du dernier moment qui a eu à la fin des gilets jaunes en fait quand la police a commencé à raser les gazements les campements et où là il y
a
quand même eu
on
a commencé en tout cas chez moi à avoir des conversations sur est-ce qu'on pète les rails de SNCF est-ce qu'on fait une intervention sur la centrale nucléaire parce que j'habite à côté d
'une
centrale nucléaire et là il y avait cette espèce de multitude de tactiques sans que ni tête un peu mais encore une fois c'est un métier d'organiser des campagnes et du rapport de force donc c'est pas surprenant mais en tout cas ce que je constatais c'est qu'il y avait vraiment du on fait une opération caddie alors qu'est-ce qu'on fait on met plein de trucs dans un caddie et puis après on arrive à la caisse et on dit bah non on peut pas payer puis après t'as des gens qui disent bah non moi je travaille chez Intermarché c'est nous qui allons devoir tout remettre ça fait chier ça n'a aucun sens ok bon bah qu'est-ce qu'on fait bon bah on achète rien bon bah on prend le caddie puis il est vide et puis on le met enfin tu vois ça partait dans tous les sens et au-delà de ce que ça voulait dire d'immaturité je pense du mouvement ça dit aussi beaucoup les gens ne savent plus quoi faire tellement ils sont fatigués et sur les nerfs en fait et qu'ils se font pas entendre oui ils ont l'impression que
rien
ne va marcher ou quoi alors que quand alors je disais il n
'y a
pas forcément de entre guillemets cause commune c'est faux parce qu'il y
a
la justice fiscale si tu veux faire cette transition Jean mais sur la taxe Zuckman etc
exactement c'était toute la transition que j'attendais merci Latifa on a un espèce de parfum de gauche au pouvoir moi ça me fait mourir de rire cette espèce d'ambiance là où toute la droite pète un plomb sur la taxe Zuckman qui a réussi à faire son bonhomme de chemin dans l'espace médiatique dans l'esprit des français dans les discussions dans les bistrots dans les dîners de famille la taxe Zuckman qui fait péter un plomb notamment au patronat le MEDEF a décidé d'organiser le 13 octobre prochain jour de rendez-vous Nicolas Sarkozy au parquet d'organiser un grand meeting patronal ça fait longtemps qu'on n
'a
pas eu de grand rassemblement patronal en France je crois que la dernière fois ça remonte aux années Jospin contre les 35 heures où
il
y avait eu des grands raouts c'était déjà plus le CNPF je crois c'était déjà le MEDEF je ne
sais
plus donc non je trouve ça intéressant qu'est
-ce
que ça vous évoque vous cette taxe Zuckman dont on parle de plus en plus
ah
mais c'est comment dire oui effectivement quand on voit en fait un bon signe qu'une mobilisation quelque chose montre dans l'opinion c'est quand les plus riches s'expriment ou se mobilisent etc t'as parlé du MEDEF j'ai découvert une association je crois des entreprises privées qui regroupent vraiment les plus grosses entreprises de France et ça fait des années qu'ils n'avaient pas fait une conférence de presse et là ils en font une le thème justice fiscale et Bernard Arnault qui parle
aussi
qui pète un plomb lui aussi
oui qui est apparemment dans la mesure
d'accord ok
mais voilà qui nous dit qu'est-ce qu'il a dit sur Zuckman
que Zuckman était un militant d'extrême gauche qui
veut détruire l'économie française et
qu'il est communiste communiste oui voilà alors ouais la
peur du rouge
le retour du macartiste à la France en fait ce qu'on voit et moi ce qui me rend ouf aussi c'est sur les plateaux de télévision on est là pour dire on est en train de parler de 1800 foyers fiscaux de en gros c'est comment ils vont payer et à quel moment on accorde aussi ces temps d'antenne pour dire aujourd'hui en France il y a environ 10 millions de personnes seules qui vivent avec moins de 1300 euros par mois est-ce qu'on va faire des plateaux pour dire comment un tel va payer son loyer comment une mère célibataire va remplir le caddie pour ses enfants comment cet ouvrier à la retraite ça n'existe pas nulle part et là en fait on est en train de nous occuper de nous polluer l'espace médiatique avec 1800 personnes pourquoi ?
évidemment parce qu'elle touche les plus riches ces plus riches là ont des relais et puis c'est pour ça qu'on en parle davantage mais en fait c'est presque indécent surtout l'inflation qu'est-ce qu'elle a fait au foyer c'est incroyable on a des multinationales des entreprises qui s'en sont mis plein les poches sans jamais être taxées avec notre argent c'est quand même c'est la moindre des choses qu'il
y ait
une taxe sur les ultra-riches quand on voit que oui il n'y a pas de ruissellement
il
semblerait selon les rumeurs il semblerait que le cornu souhaite effectivement faire contribuer les ultra-riches dans le budget probablement pas la taxe Zuckman probablement pas le retour du ISF peut-être un mix des deux apparemment c
'est en cours de
réflexion oui
parce que là il voit
très bien qu'il faut qu'il y ait quelque chose et il faut envoyer un signal il
y
a
un risque c
'est
qu'il ne satisfasse personne avec ça voilà
c
'est que les riches ne
soient
pas contents parce qu
'ils
sont plus taxés et la gauche ne soit pas contente du tout parce que ce n
'est
pas la taxe Zuckman j'en sais rien on verra bien non je ne
sais
pas
moi
ce que je trouve très intéressant que tu as dit c'est le relais
alors
ça c'est vraiment un truc qui me but
c
'est les gens alors notamment chez moi quand on dit riche ou patron
les
gens ils pensent à leur tonton qui a une PME ou une TPE qui rentre 5000 balles par mois qui travaille 80 heures par semaine mais
on
ne parle pas mais tant mieux pour lui
mais
tant mieux tu sais quoi tant mieux pour lui vous avez une piscine creusée vous avez acheté un SPV vous partez en vacances mais tant mieux pour vous on ne parle pas de vous on ne parle pas de vous vous ne ferez jamais partie de ce club exclusif jamais vous avez plus de chances de devenir SDF que de devenir milliardaire donc en fait
il
faut arrêter de croire que vous êtes dans la même équipe ces gens ils vous
rouleraient c'est très puissant et
ça ça me rend zinzin parce que c'est comme cette espèce d'identification sur patron en fait non quand tu es auto-entrepreneur parce que tu fais les ongles à domicile tu n'es pas patron comme Bernard Arnault en fait donc vous n'avez pas les mêmes intérêts vous n'avez pas les mêmes conditions matérielles de vie donc arrêtez de les défendre vraiment ça me bute de croire que tu penses que tu as plus en commun avec Bernard Arnault qu'avec Ahmed du bout de la rue qui pourtant travaille sur la même chaîne chez VP ou chez Amazon que toi ou que ton voisin qui touche 1004 alors que toi tu touches 2003 vous êtes
dans la même
équipe moi je suis très curieux de voir les micro-trottoirs au moment du meeting du Medef le 13 octobre tu verras que ça va être des petits artisans des petits commerçants
mais
c'est ça t'as envie de dire s'ils pouvaient te rouler dessus pour aller acheter un quatrième yacht ils le feraient mais
vraiment ils ne sentent pas les techs de toi ça c'est dû au
fait aussi qu'on n'a pas laissé aussi l'espace médiatique pour mieux expliquer la taxe Zuckman pardon et que du coup tout de suite on a mis taxe Zuckman est égal voilà on va taxer tous les riches et en fait on simplifie tout ça et donc forcément il y
a
des gens qui se disent ça va être moi ça va être moi et il n
'y a
pas eu cette pédagogie là et je pense que quand elle a été là elle a été plus faible que les voix dissidentes ouais
non
mais c
'est
vrai autre pédagogie qu'il n
'y a
pas eu c'est quand Arnaud dit Bernard Arnaud dit on va l'économie etc va être à terre alors c'est pareil il y a plein de gens aussi ça revient beaucoup même dans des discussions privées des choses
comme ça oui mais c
'est
eux
qui créent la richesse oui mais voilà en fait c'est les entreprises qui créent la richesse elles créent de
l
'emploi donc eux s'ils n
'ont pas d'argent nous
aussi on n'en a pas alors non parce que la contribution aussi par l'impôt qu'est-ce que ça permet de créer des services publics de qualité qui créent aussi de la richesse et leur richesse individuelle n'existe pas sans notre richesse commune à nous et notre richesse commune elle est où ? elle est là dedans en fait elle est dans des hôpitaux de qualité elle est dans les écoles de qualité et en fait effectivement ça passe par de
l
'impôt et le consentement à l'impôt par contre là où je suis d'accord c'est que la question du consentement à l'impôt c'est aussi le fait d'avoir ces services publics-là de qualité on est à l'association des maires ruraux de France donc l'accès aux services publics est aussi une grande question et quand les gens sentent que bon bah en vrai apparemment on paye des impôts mais on n'a pas de services publics ça pose un problème mais c'est aussi ça en fait cet argument qui revient tout le temps non mais il crée de la richesse non mais il crée non non en fait il y
a
une richesse qui existe toutes et tous et on devrait y contribuer toutes et tous à part égale en fait et selon notre richesse et nos revenus
je
ne
sais
pas si vous avez remarqué mais pendant ce temps-là on n
'a
toujours pas de gouvernement Lecornu Sébastien Lecornu fait des consultations Sébastien Lecornu fait des déplacements Sébastien Lecornu annonce des mesures Sébastien Lecornu n'a pas encore composé de gouvernement il se dit même qu'on n'aura peut-être pas de gouvernement composé à la reprise du Parlement le 2 octobre ça attendra peut-être encore une semaine ou deux qu'est-ce que ça vous évoque
et
pourquoi j
'ai
l'impression que tout le monde s'en fout
pourquoi
j'ai l'impression que ça non mais c'est intéressant qui
s'en fout
ici
qui s'en fout on n'a pas de
gouvernement ça
n
'intéresse personne parce que
rappelez-vous Michel
Barnier non mais voilà rappelez-vous Michel Barnier tout le monde était dans l'expectative qui va devenir Premier ministre quel
signal c'est parce qu'on pensait qu'on
avait une chance à
gauche
encore exactement maintenant
on sait qu
'il
est
foutu quoi
mais
je pense c'est juste qu'on est nous aurions à l'usure l'assitude oui en fait mais de toute façon on va le redire encore que démocratiquement ça pose un problème c'est quand même incroyable qu'on ait quand même le NFP qui arrive en tête et là on se retrouve avec
un
comment dire un Macron bis c
'est ça un
Macron bis etc donc en fait qu'ils fassent leur gouvernement qu'ils ne le fassent pas de toute façon ils font les trucs de leur côté comme ils en ont envie en fait aller nommer un gouvernement au moins ça fait quelqu'un sur lequel les organisations pouvoir faire pression
pour le coup qui nomme un Macron bis peu importe le profil du bonhomme ce qui compte c
'est
ce qu
'il
va faire et
ce
qu'il va présenter comme budget pour moi l'exercice ça va être la présentation de sa politique générale ça va être la présentation de sa première mouture
du
budget les négociations sur les amendements en commission des finances c'est là qu'on verra de quoi il est fait le Sébastien Lecornu c'est pas dans le casting de son gouvernement donc je vous avoue je m'en fous un peu aussi
mais
je trouve ça intéressant parce que peut-être que c'est parce que quand je t'écoute je me dis oui t'as raison tu vois je m'étais même pas dit ça parce qu'en fait moi j'avoue j'en peux plus et du coup je me dis à force de maltraiter ce qu'est la fonction gouvernementale ce que c'est censé d'être gérer les affaires courantes d'un pays et bien on arrive à se prendre la tête sur un casting alors qu'en effet le plus important c'est le budget mais tu vois moi-même pendant que tu parlais je me disais il a raison oui c'est vrai finalement on s'en fout un peu des ministres mais c'est devenu ça en fait la politique
le people
politics à outrance tu vois
on
s'en fout du casting ce qui compte c'est les personnes qui sortent du bureau de Le Cornu et qui témoignent devant les micros tendus des chaînes de télé sur ce qu'il s'est dit dans le bureau où en sont les négociations où est
-ce
que ça avance etc moi j
'ai
l'impression que c'est toujours au point mort je ne sens pas du tout l'EPS prêt à soutenir Le Cornu je sais que l'EPS fait aussi monter les enchères de son côté il aurait tort de se priver mais sans victoire très symbolique sur l'ISF sur l'attaque Zuckman sur le retour de la retraite à 62 ans j'ai du mal à imaginer que l'EPS soutienne et quand bien même l'EPS soutiendrait je ne
suis
même pas sûr que ça passe
moi
je pense que on a l'impression qu'il n
'a
pas l'air d'être très pressé mais en fait je pense que juste il est dans un pass total parce qu'il ne
faut
pas qu'il réitère les mêmes erreurs que Barnier ou Bayrou et donc il faut qu'il réussisse à convaincre tout le monde et en même temps personne
il
ne
pourra pas
consoler tout le monde il ne réussira jamais à consoler tout le monde et donc
il
est juste je pense que il est tout aussi embarrassé que nous dans le sens où
s
'il essaye de faire abstraction du PS ça va forcément mener à nouveau à une nouvelle censure et il rebelote et
on est au
même point c'est un
cercle
vicieux mais moi je pense que c'est impossible je commence vraiment à penser que la dissolution c'est le truc qui a le plus de chances d'arriver d'une manière ou d'une autre je pense que Macron
va peut-être se
retrouver contraint et forcé
mais
ça m'interrogerait de parler tu vois par exemple aux maires qui sont ici de dire mais en fait vous ça vous fait quoi notamment pour les gens qui travaillent en mairie la perspective d'avoir deux élections à organiser en mars la menace de ouais voilà non mais on a des gens et tu vois typiquement une des réactions qui avait été pour la dissolution juste après les européennes c'est que les gens qui travaillent en mairie ils étaient là mais on est épuisés en fait on n'en peut plus c'est une organisation monstrueuse d'organiser des élections pour les gens qui travaillent en mairie qui sont déjà sous-staffés
et
sous-financés et je trouve que encore une fois le mépris de la réalité est tel que là enfin tous les jours tu vois on arrive à faire des blagues dissolution pas dissolution on va voir mais en fait il y
a
des gens dont c'est le quotidien dont c'est la vie et je trouve ce mépris pour les conséquences
que
des décisions prises au sommet vont avoir pour nous
et
les maires notamment parce qu'ils sont eux-mêmes en pleine campagne quand même de réélection enfin il y a quand même 36 000 listes de gens qui sont en train de se constituer d'écrire un programme de créer des équipes donc ça veut dire quoi en plein milieu on va dire non en fait alors attendez c'est déjà suffisamment compliqué d'intéresser les gens à la politique donc en fait non on allait vous parler de ce qui va se passer au niveau local mais en fait attendez là on revient sur l'Assemblée nationale puis alors après on va revenir enfin
c
'est pas sérieux en fait
c
'est vrai que les maires et les maires qui sont ici les maires ruraux en particulier sont concentrés également sur les annonces budgétaires quel que soit le gouvernement pour savoir s'ils auront une DGF qui ressemble à quelque chose l'année prochaine ou s'ils vont devoir annoncer des très mauvaises nouvelles à leurs administrés à quelques mois des élections
c
'est très concret c'est effectivement très concret autre sujet qu'on voulait aborder c'est la manifestation de la FNSEA syndicat agricole contre les droits de douane et l'accord UE Mercosur journée de mobilisation journée de mobilisation intéressante l'Oumir je voulais t'entendre dessus parce qu'on a vu que les écolos ont appelé à manifester avec la FNSEA
enfin
qu
'est
-ce qui
s'est passé
?
en fait ce qui se passe c'est qu'on est d'accord enfin je veux dire quand tu prends les revendications les inquiétudes premières des agriculteurs c'est le prix
oui
normal l'adaptation au changement climatique et après mais à 10% l'adaptation aux normes donc ce qui se passe c'est que comme souvent les gros instrumentalisent les petits et que
les
capitalistes sont les meilleurs sur Terre pour
trouver
pour identifier le problème et trouver une mauvaise solution et je pense que le mouvement des agriculteurs de l'année dernière montre exactement ça qui est que en fait
et
l'incapacité de la gauche et notamment des écologistes à comprendre le problème qui est quand même ça fait 50 ans on leur a dit il faut produire produire produire produire maintenant le sujet c'est pas de s'occuper de la nature c'est pas de prendre soin de la biodiversité on s'en fout il
faut
produire et là on se dit tous collectivement attends en fait ça marche pas ça on sait pas comment on va bouffer en 2040 on sait pas sur quelle planète on va continuer à vivre et ce qu
'on
va laisser à nos enfants et là on leur dit non là attendez demi-tour toutes on va faire exactement pas ça
et les
gens moi je sais même pas comment les agris aujourd'hui tiennent c'est héroïque d'arriver à se lever tous les jours sans vacances pour 350 balles par mois avec quand même des prix qui changent tous les jours c'est le yo-yo et je crois que collectivement il faut qu'on arrive à identifier qu'une
des
causes profondes de cette situation c'est le libre-échange et c'est le fait que peut rentrer sur des marchés des produits similaires à prix cassés sans les mêmes normes le fait que ce soit des dirigeants en costard qui aient signé des accords à Bruxelles à New York alors que ça ne tient pas sur le terrain ça ne tient pas et je trouve ça vraiment bien qu'on change des postures alors même qu'il y
a
eu beaucoup de violence notamment des agriculteurs sur les écologistes récemment on pourra en reparler et donc ce n
'est
pas forcément évident de créer des solidarités et des coalitions mais je trouve ça très bien qu'on ait réussi à le faire parce qu'en fait on a le même problème on a identifié le même responsable et ça c'est la continuation du libre-échange avec des accords type le Mercosur
en
tout cas ça nous rappelle que la ruralité est plurielle que les agriculteurs aussi sont pluriels sont différents les uns des autres que les alignements partisans des organisations syndicales sont plus compliqués à lire que ce qu'on pourrait imaginer qu'est-ce qu'il en est d'ailleurs de la Confédération Paysanne et de la Coordination Rurale
dans
cette journée de mobilisation
la
Conf a appelé à se joindre et la CR dans mon souvenir a dit qu'ils allaient demander une rencontre avec le Cornu pour faire le point
c
'est les infos que j'ai
d
'accord
que
tout le monde peut avoir parce que je les ai trouvées dans les journaux
oui
est-ce que l'idée c'est de casser la logique d'alignement politique des syndicats sur les partis comme on a pu l'observer entre la Coordination Rurale et le RN
je pense que comme toujours quand on parle des vrais problèmes c'est-à-dire des problèmes économiques et de vision économique le RN est emmerdé
parce
qu'en fait le RN dès qu'il s'agit de parler de taxes des vrais responsables de nos problèmes c'est-à-dire un monde complètement déséquilibré ou un tout petit nombre de gens ou un pouvoir disproportionné sur tous les autres il n'arrive pas à identifier ça et c'est là et je veux dire on le voit bien c'est la grande alliance entre l'extrême droite et l'extrême argent elle est constante et la seule manière de ne pas l'avoir c'est de continuer à trouver d'autres responsables de nos problèmes les migrants les trans les noirs les arabes les écolos les khmers en fait
ce
qui moi je trouve assez fascinant toujours quand on fait du militantisme c'est qu'au final on se rend bien compte que les gens qui sont impactés par ces décisions trouvent des accords et des coalitions et des solidarités parce qu'en fait on n'est pas débile et on est capable quand on a une conversation d'identifier que la plupart du temps le responsable de nos problèmes c'est le capitalisme fou et ses alliés politiques
vous êtes d'accord
?
oui oui je pense que même on va avoir d'autres types de solidarité inter-mouvement comme ça qui vont se multiplier dans l'avenir parce qu'il va y avoir d'autres accords de libre-échange qui vont être signés entre lieux
il y a des
négociations qui ont lieu en ce moment
et l'Asie du Sud-Est l'Indonésie la Malaisie donc ça va continuer en fait et donc il va y avoir tout le temps cette question aussi des conséquences que ça va avoir concrètement au niveau de la concurrence des loyales de l'impact environnemental que tout ça peut avoir et aussi de juste
les
normes c'est-à-dire qu'on va se retrouver à manger des aliments ultra transformés ultra remplis d'OGM parce qu'ils n'auront pas réussi à négocier suffisamment le respect de nos normes UE alors qu'ils l'imposent en contrepartie à nos agriculteurs européens voilà c'est c'est lunaire c'est lunaire en
fait
c'est
insensé de demander ça aux gens on
va voir en tout cas à l'avenir si on continue à avoir des mobilisations comme ça contre le libre-échange dans lequel la FNSEA rentre même si t
'as
le risque que la FNSEA ait un double discours entre ce qu'ils
disent
moi ça me fait assez
sourire
de voir le président de la FNSEA vend debout contre le Mercosur alors qu'il y a quelques mois pendant le mouvement des agriculteurs ou pendant la loi du plomb quand on a essayé de poser le sujet de l'emprise des multinationales sur l'agriculture mondiale notamment l'agriculture française c'est comme riche et patron agriculteur ça veut rien dire en fait parce qu'entre les grands exploitants céréaliers les éleveurs les gens qui sont même en permaculture qui sont des néos en fait il y a plein de types d'agriculture et comme souvent les plus gros et les plus riches captent la parole capturent le débat public et on a du mal à entendre les autres
on voulait parler de l'extrême droite aussi avec le discours de Donald Trump à la tribune des Nations Unies il a lâché la rampe je crois qu
'on
peut le dire là ça y est il l'a-t-il déjà tenu un jour c'est vrai c'est une bonne question Lumir assez impressionnant et notamment la distinction qu'on a entre l'extrême droite américaine et l'extrême droite française sur le style notamment parce que l'extrême droite française continue à jouer la stratégie de la cravate comme on l
'a
appelé la stratégie de la dédiabolisation la respectabilité le fait d'aller draguer les milieux professionnels les milieux d'affaires le fait de bien se comporter dans les institutions alors qu'aux Etats-Unis on a l'impression qu'à l'inverse ils ont lâché la rampe et ils ont lâché les freins et ça marche très bien pour eux qu'est
-ce
que vous en
pensez ?
Latisha
est
-ce que vraiment oui effectivement pour la stratégie de la cravate la dédiabolisation et tout mais enfin c'est bien passé presque d'un point de vue marketing mais en soi tous les gens qui entourent Marine Le Pen qui entourent le Rassemblement National des groupuscules ultra-violents jusqu'au milieu des affaires etc ça reste les mêmes personnes et c'est la même continuité parce que tous ces gens appartiennent à un même cercle social
se
voient échangent ensemble etc donc là-dessus c'est pas forcément voilà c'est purement stratégique et après c'est
vrai
qu'on avait pourtant beaucoup parlé pour Zemmour de parler avec Trump etc est
-ce
qu'il faisait pas la même chose quand on voit aussi le fait d'appeler de faire pas mal d'influenceurs d'extrême droite de faire appel à eux de diffuser tout un tas d'informations complètement complètement fausses de détourner des récits aussi qui sont progressistes là on le voit avec je sais pas les collectifs fémonationalistes qui vont s'emparer d'affaires de violences sexistes et sexuelles uniquement quand elles concernent des personnes qui sont suces au QTF en tout cas qui en sont coupables
et
donc en fait on voit de plus en plus j'ai l'impression les mêmes ressorts qu'on peut voir qu'on peut voir outre-Atlantique etc donc c'est vrai qu'on a ce truc où Marine Le Pen est un peu plus
ce
qu'elle présentait que Donald Trump je sais pas mais en tout cas oui qu'elle peut rassurer davantage les gens mais est-ce que finalement ça tient qu'à ça dans l'époque dans laquelle on est est-ce que ça va suffire aux gens je sais pas mais en tout cas j'ai toujours ce oui voilà ce petit comment dire ce petit recul sur cette stratégie sur des diabolisations et en fait il nous appartient aussi de davantage communiquer autour de ça pour les gens que la même strad droite n'a pas changé en fait
Lumir
toi t'as passé 7 mois aux Etats-Unis t'as vu de près les dingueries de Donald Trump
ouais
je rentre de 7 mois dans le Kentucky et en Virginie Occidentale qui sont deux des Etats les plus acquis au trumpisme ce que
mon
analyse alors elle est ce qu'elle voit mais c'est que en fait les Etats-Unis sont d'une telle violence quotidienne c'est tellement enfin c'est inimaginable pour nous qui vivons dans un état où il y a des services publics où il y a alors bien sûr il n
'est
pas parfait il est parfois défaillant enfin je veux dire on est en pleine ruralité a fortiori il y a des services publics qui ferment et c'est toujours d'ailleurs corrélé à une augmentation du vote d'extrême droite on le sait quand un service public ferme la population se met à voter plus pour l'extrême droite mais en fait ça n'est sans aucune commune mesure aux Etats-Unis par exemple tu te fais renverser donc mettons tu traverses la route tu te fais renverser par une voiture tu n'appelles pas une ambulance tu t'appelles un Uber parce que ça coûte trop cher une ambulance et tout ça c'est ça j'ai rencontré beaucoup de personnes qui occupent un, deux, trois emplois et donc je crois assez sincèrement que
dans
un système
où
le capitalisme est tellement fou où il est tellement destructeur où les gens mangent de la merde boivent je veux dire dans les endroits où j'étais il n
'y a
pas d'eau potable il n'y
a
pas de système d'égout en 2025 des égouts à ciel ouvert il
y a
un tuyau et hop ça sort et donc je pense que pour justifier un tel niveau de violence il faut un niveau de violence équivalent envers d'autres populations et c'est pour ça je pense qu'il y a autant de violence en ce moment de la police de l'immigration qui est en train littéralement de terroriser des millions de personnes avec ou sans papier d'ailleurs des gens qui ont fait leur vie aux Etats-Unis qui sont là depuis des dizaines d'années qui est en train de terroriser la communauté LGBT qui est en train de terroriser les antifas à savoir ce que ça veut
dire on
ne sait pas et je pense sincèrement que ce niveau de violence capitaliste ne tient pas si en face il n
'y a
pas le même niveau de violence et
c
'est ça qui explique à mon avis le niveau de folie parce que je veux dire quand tu regardes ce discours à l'ONU
tu
t'es dit mais
c
'est pas mais c'est pas possible c'est un sketch ce mec ne dirige pas la superpuissance mondiale il parle tu sais c
'est
Johan Sherputo qui dit ça d'autre manière l'extrême droite le premier truc qu'elle fait c'est maltraiter le langage
c
'est ça il parle des
escalators il parle du prompteur il parle du building
il dit le meilleur pays au monde ça on a compris que tous les autres pays sont nuls
il le dit aux délégations c'est
ça
qui est
dingue et là où ce que je trouve intéressant c'est que je pense que le masque s'en va pour la première fois parce que les américains ont l'habitude d'entendre ça je veux dire c'est le clown depuis bientôt 10 ans mais là sur la scène internationale de voir tous les autres chefs d'état je pense que ça a été quand même un grand choc pour beaucoup mais je pense que in fine même s'il raconte toutes ces conneries que ce soit sur la scène internationale ou dans son bureau ovale quand il est posé avec x président enfin en fait à la fin ce que les gens retiennent de son de son discours lunaire
c
'est qu'ils trouvent toujours un bouc émissaire pour rejeter la faute de tous les problèmes donc que ce soit ah oui mais non mais ça c
'est
à cause de Biden ça ça va être à cause des immigrés ça ça va être et donc les gens ils retiennent seulement ça dans tout ce ce discours flou et qui n'a aucun sens et donc ça les rassure parce qu'ils se disent ah bah voilà c'est bon j'ai trouvé la la réponse à mes questionnements pourquoi j'ai pas accès à une santé enfin à des à des
enfin
comment dire enfin vraiment un niveau de vie décent c'est parce que c'est la faute d'un tel parce que
Trump
le dit et donc je pense que il y a ça et pour rebondir sur ce que tu disais sur les influenceurs d'extrême droite en France ils sont assez ressemblants alors on n'est pas au stade d'avoir un Charlie Kirk en France j'espère qu'on on n'en arrivera jamais à là mais on est sur
cette
dynamique là parce que le nombre de d'influenceurs d'extrême droite qui ont rendu hommage à Charlie Kirk parce qu'ils sont dans la même idéologie dans la même pensée en fait
ils sont très ils sont très admiratifs de Charlie Kirk
exactement parce qu'ils se disent
on aimerait atteindre ce niveau là parce que pour eux c'est aussi la manière aussi de faire passer leurs idées et donc ces influenceurs d'extrême droite on pense qu'ils sont plutôt proches d'un Zemmour que d'une Marine Le Pen parce qu'elle essaie de ne pas trop s'afficher avec eux mais au fond ils sont dans ses rangs ils sont parmi ses équipes et il ne
faut
pas qu
'on
l'oublie t 'as vu t
'as vu
l'IFP l'Institut de la Formation Politique l'espèce d'école de l'extrême droite de Marion Maréchal à Lyon a nommé sa première chaîne promo la promo de Charlie Kirk
super je
ne savais pas
et
ben écoute c'est bon à savoir mais il y a effectivement un nourrissement de l'extrême droite européenne et notamment française de ce qui se passe aux Etats-Unis disons qu'il
y a
une extrême droite d'atmosphère aux States qui bénéficie à Marine Le Pen même si en France on a la question de l'islam qui est spécifique à notre extrême droite à nous qui en fait des caisses c'est un peu moins le cas aux Etats-Unis pour des raisons différentes mais je
reste
circonspect je ne
suis
pas convaincu que ça puisse encore permettre une victoire de Marine Le Pen à une élection présidentielle
je
pense que ça dépend encore de trop d'éléments le RN reste le premier parti de France ils sont à plus de 30% aux européennes etc. il n
'y a
pas de débat là-dessus mais de là à remporter une élection présidentielle
je
m'interroge sur la capacité du front républicain à se maintenir et le front républicain je rappelle que ce n
'est
pas un truc qui est fait par les partis c'est fait par les électeurs qui décident de se lever le matin pour aller voter pour quelqu'un avec qui ils ne sont pas d'accord
pour
empêcher l'extrême droite d'arriver au pouvoir à mon avis c'est là-dessus que beaucoup va se jouer
oui
c'est sûr
et
moi c'est pour ça que j'ai écrit ce livre parce que je pense sincèrement que le dernier barrage les gens qui peuvent faire basculer la France dans un régime potentiellement autoritaire parce que je crois que
c
'est quand même toujours le projet de Marine Le Pen c'est les classes populaires et les petites classes moyennes rurales
et
bien c'est joyeux tout ça dis donc le livre dont tu parles ma chère Lumir c'est ces gens-là aux éditions Payot plongés dans cette France qui pourraient tout faire basculer un livre qui est sorti il
y
a deux jours n'hésitez pas à aller l'acheter et lise-le surtout
salut
à toutes et à tous bonjour et bienvenue dans Backseat dans cette deuxième partie d'émission émission spéciale en direct du congrès de l'association des maires ruraux de France émission ruralité nous avons le plaisir d'accueillir un invité politique ce soir il s'agit d'Hugo Biolet bonsoir Hugo bonsoir merci d'avoir accepté notre invitation merci à vous de m'avoir invité surtout mais je t'en prie mon cher Hugo tu es le plus jeune maire de France tu as été élu à 18 ans en 2020 à Vingt-Yeux petite commune de 500 habitants du nord de l'Ardèche tu fais partie depuis mars dernier du printemps des maires un collectif d'élus locaux destiné à favoriser l'engagement politique aux élections municipales tu nous en parleras et tu sièges également au conseil d'administration d'Insit qu'on a reçu dans la première partie de l'émission raconte nous un petit peu ton parcours Hugo comment tu es devenu maire à l'âge seulement de 18 ans
alors
mon parcours il est en fait il est un peu atypique parce qu'il part de celui d'un gamin qui est très très timide
vraiment
très très très timide quand je suis au collège que j'arrive aux années lycées etc et puis qui se dit qu'il a envie de changer
puis
qui arrive petit à petit à s'ouvrir aux autres et au monde et puis quand j'arrive aux alentours de mes 18 ans il se trouve que j'habite toujours dans un village qui est le village dans lequel je suis né quasiment qui s'appelle Vingt-Yeux
et moi
quand je me balade dans ce village j'aime bien dire je l'ai vu grandir en même temps que moi
et j
'y vois plein de choses je me dis on pourrait faire plein de projets
ça
fait il manque de la vie j'ai envie d'y faire revenir de la vie etc
et
puis il y a quelqu'un on me dit mais pourquoi est-ce que tu mets la responsabilité de ça aux autres et pourquoi tu le ferais pas toi et pourquoi tu t'engagerais pas il y a une personne qui m'a dit ça j'y réfléchis
mais
attends tu
connaissais
déjà l'action municipale le conseil municipal et tout ça te parlait tu y étais déjà allé
oui et non
oui
parce que en fait j'avais eu l'occasion de regarder comment ça marchait dans les communes autour et ça m'intéressait moi je me suis toujours intéressé à la politique depuis gamin mais je me suis jamais dit que c'était pour moi tu n
'as
jamais été élu délégué pardon
j
'ai jamais été élu délégué effectivement
c
'est une info mais ça t'intéressait à la politique à la télé etc tu voyais passer les trucs non ? ouais je voyais passer les trucs à la télé je me rappelle les présidentielles etc on regardait les grands trucs à la télé mais en fait
il
y avait la politique à la télé et puis ma vie et puis il
n'y avait rien entre les deux et
puis un jour j'ai fait un stage dans une mairie
et
je me suis retrouvé auprès d'un directeur de cabinet et là j'étais encore très très très timide à l'époque
et
je me suis retrouvé pendant deux semaines à aller sur le terrain à aller voir le problème du bas de l'immeuble avec un échafaudage qui est mal placé et comment est-ce qu'on va le régler etc et cette même personne un jour il a fallu régler un problème je crois que c'était avec un cirque qui venait s'implanter dans la ville et il y avait un petit problème à gérer et il me donne le téléphone il me dit tiens tu me dis que t'es le collaborateur de cabinet parce que stagiaire ça marche pas il fait le numéro il décroche le téléphone il sort de la pièce et démerde toi
et
là je me suis dit ah bah finalement il y
a
des choses qu'on sait pas faire
et
ça m'a donné une confiance
et
on fait quand même et finalement on se débrouille et on y arrive et ça m'a donné soif d'apprendre en fait et de faire des nouvelles choses ok t'es un
vrai ovni parmi les maires de France il y
en
a que 4% d'entre eux qui ont moins de 40 ans
est
-ce que tu sais d'où ça vient cette difficulté qu'ont les jeunes à s'engager politiquement au niveau local
?
il y en a tout plein des difficultés et en fait je sais pas par quel biais on prend le truc mais il y
a
un premier biais de difficulté qui est
allez
celui
de
donner envie et c'est peut-être le plus important et le plus grave aujourd'hui c'est qu'on a une sorte de crise de confiance où
moi
j'entends plein de gens qui me disent les jeunes s'engagent plus ils en veulent plus etc et je pense que c'est faux parce que je croise plein de jeunes qui s'engagent on est de la génération climat qui sort dans les rues on n'a jamais été aussi connecté aux problèmes de la France et du monde à travers plein de biais
mais
par contre les gens veulent plus s'engager démocratiquement parce qu'ils n'y voient pas comme un espace de solution et au contraire moi je pense que c'est à nous de construire ces espaces-là de solutions et je ne
sais
pas pourquoi je suis allé là-dedans mais je suis parti des quelques-uns qui ont envie de redorer un petit peu l'image et de dire que la politique c'est important et qu'on a besoin de gens dans les associations et qu'on a aussi besoin de gens dans les mairies ou dans les institutions il y a certainement le complexe d'illégitimité je suis
d'accord avec toi il y a aussi que les jeunes peuvent percevoir ça comme un lieu d'emmerde en 2020 environ 500 maires démissionnent chaque année 44% des maires déclarent avoir déjà pensé à démissionner
et
toi c'est le cas ou pas
?
alors c'est pas le cas
alors
les emmerdes on en a des emmerdes et on a notre lot on entend tous les temps qu'on est à portée de baffes etc
mais
par contre
il
y a tellement de trucs passionnants moi depuis depuis 2020 mais le nombre de personnes que j'ai rencontré c'est impressionnant et puis en fait je me retrouve dans la même journée à faire de l'urbanisme à faire à traiter sur l'avenir du village sur la question de la gestion des bâtiments publics de l'électricité etc et en même temps à régler aussi la problématique d'un habitant qui vient qui n'arrive pas à trouver quelqu'un pour garder ses enfants le lendemain etc et puis du coup on essaie de trouver des solutions ensemble c'est hyper concret en fait dans une mairie Pardon Latifa Non juste comment la campagne que t'as menée comment t'as convaincu les gens de voter pour toi
et
après quelle est la moyenne d'âge un peu dans ton dans ton village en fait
Alors
la campagne en fait je l
'ai
faite de manière relativement longue parce que je savais que déjà rien qu'avec ma tête et mon âge je partais avec un petit handicap entre guillemets en tout cas j'avais besoin de montrer que j'étais légitime à y aller et donc en fait on est parti en équipe parce que je veux dire et redire que en fait moi on me voit même beaucoup plus que les autres maires en fait mais en fait
la
commune si on n
'est
pas nous onze en l'occurrence elle ne fonctionne pas et moi je ne
fais
pas les trucs tout seul donc on est parti en équipe on s
'est
présenté et puis moi simplement on a bossé et puis j'ai montré pendant plusieurs mois que j'étais légitime et j
'ai
une petite anecdote là-dessus j'ai fait deux réunions publiques
pendant
ma campagne une première au mois de novembre
et
là je parle mon objectif c'était de montrer que j'étais légitime donc je fais 45 minutes sans notes pour présenter le programme qu'on a construit ensemble avec toute l'équipe
et
puis à la fin
je
me retrouve avec que des questions sur mon âge mais comment tu vas faire avec ton âge avec tes études etc des trucs qui viennent requestionner la légitimité d'un jeune à se présenter à avoir des idées et à bosser
et
on a travaillé ça on a travaillé ça et deux mois plus tard trois mois plus tard on a refait une deuxième réunion publique même chose et là plus aucune question sur mon âge c'est-à-dire que le temps a permis aussi de faire imprimer le fait qu'on avait bossé qu'on avait envie d'y aller qu'on était une équipe et que ça peut fonctionner Namo Justement il y a des sondages qui montrent que les jeunes ne sont pas si désintéressés que ça par la politique mais c'est juste qu'il y a plus de défiance vis-à-vis des élus de leurs représentants politiques comment alors déjà est-ce que tu penses que justement la figure du maire qui est une figure de proximité est déjà une figure qui peut permettre de réconcilier ce problème-là et est-ce que comment à ton avis on peut redonner cette envie aux jeunes de s'impliquer dans la politique à l'échelle locale
pourquoi
on s'implique
parce
qu'on veut que ça change
et
en fait le vrai problème c'est qu'on a plein de capteurs aujourd'hui à l'échelle nationale qui montrent que en fait il se passe plein de trucs il y
a
des élections et puis il y a des mots vous en avez déjà d'ailleurs très bien parlé pourquoi est-ce que il y a eu aussi peu de réactions sur les derniers mouvements ministériels
c
'est parce que
en
gros il y a une sorte de lassitude on se dit mais qu'est-ce qui va arriver où est-ce qu'on en est etc et ça c'est extrêmement mauvais pour notre démocratie
parce
qu'aujourd'hui on est dans un moment du monde et je pourrais développer où on a besoin d'un changement assez brutal et là-dessus
j
'ai l'impression que dans les communes on arrive encore à faire différemment et qu'on devrait s'inspirer de ce qui se passe à un échelon local moi dans mon conseil municipal il y
a
des gens qui viennent d'un peu partout dans le village il y a des gens de tous les âges il y a des gens de plein de métiers et professions différentes et puis il y
a
des gens qui pensent différemment politiquement
mais
ça n
'a
jamais été en sujet je ne leur ai jamais posé la question et on arrive quand même à faire vivre de la commune
et
ça c'est du consensus
et
pour répondre à la deuxième partie de la question sur la question
c
'était quoi la deuxième partie de la question
?
redonner justement envie aux jeunes de s'investir localement en fait
dans
la politique locale
oui
pour redonner envie de s'investir localement le maire et la figure du maire reste encore une figure je crois mais il faut faire attention parce qu'il ne
faut
pas juste dire que c'est un totem qu'on est apprécié que c'est une figure et il faut se donner les raisons du pourquoi j'en ai donné une sur le fait qu'on arrive à faire avancer les choses il y en a une autre c'est qu'on est encore à un endroit où on prend des responsabilités
parce
que en fait quand il y a des problèmes on vient nous donner la responsabilité de régler ce problème c'est à
dire
que moi demain on vient prendre une mesure à l'échelon national
et
bien moi je vais être à la fois en charge potentiellement de l'appliquer mais je vais aussi être en charge d'aller voir la famille qui ne pourra plus avoir accès à telle aide et qui va se retrouver dans la rue et en fait on va croiser
les
deux et on se retrouve au milieu et on essaye de trouver des solutions qui vont convenir un petit peu à tout le monde et cette question de responsabilité elle est hyper importante et je pense que c'est une des raisons pour lesquelles les maires ont encore une cote de popularité qui est supérieure aux autres c'est quoi le printemps des maires du coup vous allez faire quoi
le
printemps des maires
en
gros l'idée c'est de dire on entend beaucoup de choses aujourd'hui sur les maires qui nous disent c'est difficile
il
y a beaucoup de problèmes il y en a plein qui démissionnent etc et qui
est
finalement un discours qui est un peu déprimant et nous on vient de dire certes c'est difficile
mais
en fait c'est un espace d'expérimentation incroyable et dans cette difficulté on arrive encore à faire bouger la France et on a besoin de trouver des gens qui ont envie de le faire et que c
'est
un bon endroit pour le faire et donc assez modestement avec quelques autres collègues maires on s'est dit on va essayer de redorer un petit peu le blason de cette image des maires et puis c'est une série de webinaires c'est du mentorat on vient travailler un petit peu sur des idées mais l'objectif derrière c'est de se dire qu'il y
a
encore un espoir et que le futur s'écrit au village ou à l'échelle de la ville et que si on veut que cette phrase elle devienne réalité c'est à nous de nous bouger un petit peu tu
as été élu maire de Vinzieux maire sans étiquette je voulais te demander est-ce que dans une commune comme Vinzieux il y
a
des politiques de droite et des politiques de gauche
une
action municipale elle peut avoir une couleur politique dans une petite ville
pas
vraiment
pas
vraiment on peut dire qu'on a une politique en faveur de la culture on peut dire qu'on a une politique environnementale on peut dire qu'on a une politique qui essaie de faire en sorte est-ce que Vinzieux par exemple le 17 octobre on a eu des pluies monstres on a eu des inondations 17
octobre
dernier ah
l'année dernière
on a eu des pluies qui étaient gigantesques il y
a
des communes à côté de chez moi qui ont subi des dégâts énormes nous on en a subi quelques-uns
nous
on a lancé une politique c'est très modeste mais on est allé voir les habitants qui étaient les plus concernés et on a essayé de trouver des solutions ensemble
ça
c'est pas de gauche c'est de droite c'est pas de gauche c'est pas de droite
là
en l'occurrence non parce que tu parles d'une intempérie des conséquences d'une intempérie on se doute que c'est pas suffisamment de droite et de gauche mais non non mais ok
en fait ce que je veux dire c'est que même quand on vient mener une politique un peu plus culturelle parce qu'on a envie de faire ramener des concerts des spectacles dans le village ou quand on a envie de traiter la question de l'environnement sur un sujet ou un autre
moi
je me la pose jamais comme un sujet de gauche ou de droite à 20 yeux et je pense que c'est même comme ça qu'on devrait réfléchir à une échelle plus globale plutôt que de se demander à qui est-ce que ça va plaire dans les partis politiques c'est juste de se demander mais qu'est-ce qui est bien pour le village et nous on a identifié quelque chose à 20 yeux et on y reste on se dit 20 yeux c'est un village qui a tout sur le papier pour devenir un village dortoir et nous on veut se battre pour que ça ne le soit pas
et
en fait on suit cette petite ligne tout au long des différentes actions qu'on mène et en fait c'est ça notre boussole Lomir
et ça
je comprends bien au niveau de l'action municipale de l'action sur la commune mais au-delà de l'action il y a ton discours et ton destin peut-être national que je comprends que c'était plutôt situé à gauche est-ce que les gens le savent est-ce que est-ce que c
'est
des conversations que vous avez je pose la question parce que
on
est à quelques mois des municipales avec une une tendance qui est quand même qu'il y a beaucoup de maires sans étiquette ou modérés ou en tout cas pas d'extrême droite qui constatent une montée de l'extrême droite aux élections nationales chez leurs administrés et qui se posent vraiment la question de leur rôle là-dedans est-ce qu'ils devraient ouvrir des conversations sur les raisons de ce vote est-ce que quelle est leur responsabilité là-dedans parce que moi ce que je vois en tout cas c'est que je sais beaucoup ça crée beaucoup de souffrance qui vient à l'incompréhension totale de comment vous pouvez voter pour eux et voter pour moi alors que est-ce que vous ne savez pas qu'on a les mêmes valeurs est-ce que toi comment tu vois ton rôle là-dedans est-ce que tu en vois un et comment tu le gères parce que ça doit vraiment pas être évident
c
'est sûr qu'on se pose toujours beaucoup de questions quand on voit des résultats d'élections qu'est-ce qu'on fait mais
moi
j'ai un peu je me rappelle avoir eu cette image sur un 49.3 il
n
'y
a
pas si longtemps ça faisait six mois qu'on avait bossé justement avec Insight avec des jeunes en service civique pour créer du lien dans le village pour les questionner sur ce qu'ils avaient envie et en fait derrière pour leur dire vous voyez la politique ça peut faire changer les choses et puis on vient discuter ensemble et on discute sur les gros projets d'aménagement de Centrebourg qu'on est en train de terminer en ce moment dans le village
et
puis là on arrive au bout de cinq mois de mission de service civique avec ces jeunes qui se sont investis dans le village et là bam 49.3 tout le monde dans la rue etc et là je me dis là moi dans ma mairie je suis dans un petit bateau en train de nager à contre-courant pour essayer de faire passer un certain nombre d'idées et en fait clairement on est dans ce petit bateau et c'est aussi pour ça que je trouve que c'est important et que je vous remercie de m'inviter là c'est qu'il y a les actions concrètes qu'on est en capacité de faire mais après il faut aussi faire passer des messages mais c'est deux choses qui sont en fait un petit peu très liées mais aussi très différentes les messages qu'on peut porter pour avoir des vrais changements à une échelle globale à une échelle systémique à une échelle nationale et c'est des mots qui sont importants qui sont lourds et bien portés mais aussi des trucs très concrets et relier les deux parce qu'aujourd'hui on a une fracture entre les deux en fait Latifa on l'a dit plusieurs fois l'année prochaine c'est une année donc d'élections municipales quel conseil tu donnerais à un jeune qui se lance à la conquête d'une mairie à Louis Sarkozy par exemple
il dirait quoi
est-ce que je
peux compléter
?
vas-y complète la question Lumière
parce que comme on se connait un peu je sais que tu as mené de fond des études supérieures et le fait d'avoir été élu est-ce que
il
n
'y a
pas besoin de choisir finalement entre les deux toi tu as réussi à faire les deux et quel
conseil
tu donnerais à quelqu'un qui ne
veut
pas choisir entre ces deux trucs par exemple
ok
alors déjà je ne
suis
pas sûr d'avoir des conseils à donner à Louis Sarkozy mais par contre
quand c'est un jeune
candidat qui se lance ne le fais pas toi tu es maire depuis 5 ans mais par contre à tous les jeunes qui ont
c
'est là où il
y
a une petite différence des soucis de légitimité et en fait qui se la posent comme ça la première chose à faire c'est d'y aller et de ne pas écouter tous ceux qui disent qu'on est trop jeune pour être légitime parce qu'en fait la question c'est le boulot c'est de dire
oui
c'est dur oui il y
a
du boulot oui il faut apprendre plein de trucs mais c'est passionnant et t'as ta place parce que c'est les maires qui vont construire nos territoires demain
et
il y en a tout plein et si c'est pas être maire ce sera être adjoint et si c'est pas être adjoint ce sera être élu en fonction de l'ambition qu'on a envie de se donner mais il faut rentrer là dedans parce que
c
'est vraiment notre quotidien et ce sera notre quotidien demain ça quoi et après il y a plein d'autres problèmes moi j'ai fait mes études à côté et on parlait de ce qui pouvait empêcher les gens d'être élus mais aujourd'hui c'est le problème de la valorisation comment est-ce qu'on est capable d'être maire d'être étudiant et de gagner sa vie moi je sais pas il y
a
des moments où c'est très difficile et où il faut réussir à boucler le bois et là il y
a
un petit sujet à avoir qui est le sujet sur le statut de l'élu qui traîne et qui traîne depuis super longtemps et qui peut aussi permettre la diversité et le renouvellement
aujourd
'hui j'ai pas de réponse c'est pas moi qui ai les manettes pour faire ce genre de truc mais par contre on a besoin de créer des cadres parce que sinon on peut pas juste dire il nous faut des jeunes il nous faut des jeunes il nous faut des jeunes mais que pour pouvoir être élu et vivre correctement il faille être soit retraité soit avoir déjà un petit pécule de base qui soit assez important surtout dans un contexte où déjà on lutte pour convaincre les jeunes juste d'aller voter à toutes les élections et que c'est la catégorie de population qui vote le moins je crois la jeunesse mais c'est
vrai
que là ça demanderait des moyens en termes de communication et tout sur l'engagement ou peut-être juste des petites étapes quand on peut voir que par exemple l'éducation civique elle est très peu présente et c'est toujours un enseignement qui saute au collège au lycée etc et c'est peut-être aussi une porte d'entrée par là on pourrait en parler de l'éducation civique moi en éducation civique
j
'ai appris qu'il existait une commune j'ai appris qu'il existait une région j'ai appris qu'il existait un département etc mais j'ai jamais appris ce qu'on faisait à
l
'intérieur
et
il a fallu que je me retrouve à un moment donné dans la boîte
dans
la boutique avec les mains dans le cambouis pour me dire ah mais c'est intéressant et ça a un impact sur ma vie
et
ça il faut qu'on réussisse à le transmettre ça veut pas dire que tout le monde aura envie de s'engager et parce que c'est du temps c'est de l'énergie et on a besoin de gens qui sont passionnés partout et pour tout mais ça veut dire qu'au moins on est alerte sur le fait que ben oui à un moment donné quand on a je peux parler des départementales parce que j'avais fait une campagne de départementale un département à gauche et un département à droite ne produit pas les mêmes politiques sociales nos anciens ils sont pas traités pareil dans les EHPAD parce que c'est eux qui
et
ça ce discours là quand on nous dit la droite et la gauche n'existent plus en fait derrière c'est le discours de la politique ne changera rien alors qu'il y a
il
y a vraiment des axes
de
futur qui se dessinent
on
parle beaucoup du phénomène de désertification des communes rurales est-ce que ça existe à Vincieux comment ça se manifeste
alors on
a eu un chiffre tout à l'heure qui est tombé
les
communes rurales en réalité elles progressent en termes de population et elles sont beaucoup plus jeunes que ce qu'on pense c'est lié au Covid c'est lié à ce phénomène des urbains qui viennent s'installer à la campagne je pense que c'est lié à un discours global médiatique qui a tendance à nous dire nos communes elles sont vieillissantes
elles
se vident elles se referment sur elles-mêmes etc un discours
qui
se recentre
alors
qu'en réalité moi quand je vais dans plein de communes et là j'ai encore eu plein d'exemples
de
maires qui nous expliquent comment est-ce qu'ils retravaillent le cycle de l'eau de maires qui nous expliquent comment est-ce qu'on remonte un EHPAD dans sa commune et qu
'on
va se battre pour qu'il arrive d'autres qui nous expliquent comment est-ce qu
'ils
travaillent sur l'agriculture en bossant sur des fermes communales etc et en fait ça ça se fait avec des gens qui sont engagés dans des territoires qui impliquent plein de citoyens et ça c'est un poumon de la vie
de
la France c'est quand même 32-33 000 communes dans lesquelles il y en a plein où il se passe tout ça
et
on n'en parle jamais et moi dans mon département j'en ai plein des exemples des gens qui bossent sur la forêt des gens qui bossent de manière un peu innovante sur la voirie des gens qui bossent sur le lien social on a beaucoup parlé quand on a commencé le printemps des maires sur la fraternité avec un truc sur la fraternité mais la fraternité des maires c'est quoi ?
c'est plein de gens dans leur commune qui font discuter des gens ensemble et nous à Vingt-Yeux on a organisé des repas pour que les gens se rencontrent et d'ailleurs le premier repas de Noël qu'on a fait avec les habitants l'année dernière on a eu cette idée là on s'est dit plutôt que d'aller illuminer le village parce que ça nous coûte très très cher on va offrir un repas aux habitants c'était à quelques jours de la dissolution pardon de la censure du gouvernement donc au mois de décembre
et
pendant
toute
une soirée on a parlé du village du fait qu'on était content de construire des trucs ensemble et on s'est pas attardé sur le désespoir national qui était en train de nous prendre
j
'aurais dû passer la soirée avec vous Lumir
non
je pense que c'est vachement intéressant ce que tu dis parce que c'est on a déjà abordé ce sujet de la vision très misérabiliste de la campagne et il faut aussi rappeler que la campagne ça veut un peu tout et rien dire c'est plus de 85% du territoire c'est 30% des français en fait c'est pas la même chose de vivre dans ce qu'on appelle du rural attractif où en effet il y a des néo-ruraux qui vont s'installer je pense aux Perches ou à la Drôme par exemple dans certains coins c'est pas la même chose de vivre par exemple moi je vis dans du rural industriel qui est très attractif mais pas forcément par des néo-diplômés mais par des classes populaires qui n
'ont
plus envie de vivre en ville et qui viennent s'installer chez nous c'est pas la même chose de vivre dans une zone soit littorale soit montagne où en fait à l'année t'es 100 et puis en hiver où en été la population explose de vivre dans la Meuse où il y a beaucoup de ces zones-là qui elles se vident parce qu'il
n'y a
plus d'emplois où il y a beaucoup d'endroits notamment la Creuse la Lozère où là pour le coup c'est une population vieillissante mais
ou
de vivre dans la ruralité ultramarine et c'est vrai qu'en France on a quand même tendance souvent à dire ah les ruraux les campagnes et en fait ça veut vraiment pas dire grand chose à part je suis assez sûre que des enfants de cadres journalistes parisiens qui en sont allés habiter dans le Perche ils n'ont pas la même enfance que moi j'ai eue même si nos villages comptent le même nombre d'habiteurs en fait
et
puis tu as raison c'est comme quand on dit les urbains de quoi de quel urbanisme on parle en fait ça veut dire quoi mais rien que la ville de Paris est hyper diverse il y a plein de quartiers différents
oui donc t'imagines mais c'est comme
quand les
parisiens disent j'ai passé le week-end dans la campagne mais où en fait parce que ça veut rien dire je veux rebondir sur cette vision misérabiliste c'est une manière de dire aux communes bon bah allez on va vous aider parce que vous en avez besoin et puis vous n'y arrivez pas tout seul mais en fait ce qu'on demande nous les communes
c
'est pas ça c'est juste de dire on stoppe avec l'argent de poche donnez-nous les moyens d'avoir les moyens
pour
qu'on puisse mener notre ambition et puis pour que juste on puisse montrer qu'on est des territoires innovants dynamiques solidaires joyeux et toutes ces composantes on les a
Namo ? comment
est-ce que le contexte politique national impacte
justement
ta commune et crée peut-être une forme de
d
'incertitude je pense notamment avec justement l'absence de budget tout ça quelles sont tes craintes par rapport à cette instabilité qu'on connait en ce moment
? il
y a
il
y a un vrai paradoxe en fait
c
'est que nous dans nos communes en vérité ça fonctionne et on arrive à tenir la baraque et on arrive je veux dire nos budgets ils ont toujours été à l'équilibre on nous a fait faire 85 milliards de coupes diverses et variées depuis 15 ans et on arrive toujours à produire des budgets on arrive toujours à faire des trucs et encore plus
je
dirais le lien avec les habitants je sens qu'il est là et que j'arrive à le resserrer que ça demande de l'énergie mais moi je suis super content de voir qu'il y
a
de plus en plus de gens qui s'engagent à 20 yeux qu'on arrive à partager des choses et qu'on arrive à faire des projets après on a une incertitude de cala qui plane au dessus de nous et en fait moi je sens que l'ambiance est assez lourde et assez pesante en fait
et
on se retrouve avec
une
politique communale d'un côté où on essaye de régler des problèmes où les gens ont de l'espoir pour qu
'on
règle leurs problèmes
puis
une politique nationale où de toute façon si on prend l'étude Ipsos la très bien nommée étude sur la confiance politique qui est sortie au mois de mars les trois mots qui ressortent en tête c'est colère morosité lassitude
tout
est dit on le ressent quand les gens ils sont venus mettre un bulletin de vote après la dissolution législative nous on tient les bureaux de vote les maires toute la journée et moi j'aime bien être là toute la journée
j
'ai senti un dépit et une colère froide qu'on ressent et on essaye de dealer avec tout ça mais
je
vous avoue que j'ai pas encore bien compris quel était notre rôle au-delà de ça à part de dire on a besoin de plus de moyens pour faire parce qu'on est encore un espace où
ça
marche au moment du
Covid on avait besoin de solidarité de manière très concrète les maires ont été vraiment encensés par l'Etat qui les aimait qui les adorait et puis ensuite il
y
a eu les coupes budgétaires tu l'as dit dans les dotations générales de fonctionnement comment tu l'as vécu toi est-ce que c'est de plus en plus galère de boucler les budgets
alors
ça ça a commencé avant le Covid
oui
c'est galère parce qu'on a l'effet ciseau l'effet ciseau c'est quoi c'est qu'on augmente les dépenses d'une part on baisse les recettes de l'autre
à
20 yeux on arrive encore à y arriver parce qu'on gagne en habitant ce qui nous permet de maintenir et d'augmenter un petit peu nos dotations et qu'on voit pas les dotations baisser mais à un moment donné il faut être solidaire et il faut être solidaire aussi des communes qui sont en difficulté parce qu'elles sont en stagnation ou en perte d'habitants parce qu'on leur rajoute d'un seul coup des dépenses nouvelles en fait on est assez inquiet pour l'autonomie des communes à l'avenir
parce
que plus on réduit nos dépenses et on augmente plus on réduit nos recettes et on augmente nos dépenses plus on se resserre sur l'essentiel et plus on va s'être obligé d'aller taper d'aller choisir sur différentes politiques et en fait derrière il va falloir qu'on arrête les politiques innovantes qu'on peut faire pour essayer d'aller ouvrir un centre de soins une maison de santé quelque part où il y
en
a besoin d'essayer de créer des services de mobilité un peu plus conséquents parce qu'il y en a besoin la conséquence elle va arriver et le contre-coup je ne
suis
pas sûr qu'il soit réellement là encore
est-ce que la multiplication et la complexité des échelons territoriaux ça complique ton taf
complètement
ouais
carrément vas-y raconte
mais
parce que
quand
on arrive et qu'on est un jeune maire dans le sens où c'est notre premier mandat et qu'on débarque et qu'on se rend compte qu'il y a 14 échelons différents pour aller demander avec un échelon administratif un échelon politique avec des interlocuteurs qui ne sont pas tous les mêmes et qui ont des avis différents et divergents
c
'est la meilleure manière de n'arriver à rien faire
et
donc c'est compliqué parce que ça nous bouffe du temps et tout le temps
que
j'utilise entre guillemets pour essayer d'aller déposer mon dossier de subvention pour faire un petit projet dans la commune ou un gros projet dans la commune et bien si je vais en déposer 4 des projets et que j'y passe du coup 3, 4, 5 jours à écrire mes 4 dossiers et
bien
à
l
'intérieur il y a peut-être 3 jours sur lesquels j'aurais pu passer un petit peu de temps pour faire autre chose
alors
aujourd'hui on le fait et on joue avec ces règles du jeu
mais il
va falloir qu'on réfléchisse à réduire un petit peu le corpus législatif
ou
le corpus des ordonnances qu'on reçoit parce qu'on nous donne plein de responsabilités on reçoit des nouvelles normes qui tombent très très très régulièrement et nos secrétaires de mairie n'arrivent plus à suivre nous on a un petit peu du mal à suivre et des fois on fait l'impasse sur des trucs parce que sinon nos communes on ne vit plus
tu peux
donner des exemples de dernières normes que tu as reçues par exemple
pour
qu'on comprenne
on
a l'exemple le plus criant que je n
'ai
pas vécu personnellement mais qui est tellement tellement lourd c'était le protocole Covid pour les écoles
le
protocole Covid pour les écoles chaque semaine il y avait des pages qui se rajoutaient
pour
savoir comment est-ce qu'il fallait ouvrir ou fermer la fenêtre les aérations les entrées les sorties des enfants
et
aujourd'hui après viennent se rajouter en fait
des
choses sur l'utilisation des artifices sur la réglementation des feux de forêt sur des protections incendies et des feux en bordure de forêt sur lesquelles on a eu récemment sur j'en ai une sur la rénovation thermique des différents bâtiments avec des études obligatoires qui doivent tomber et en fait si on prend chacun de ces trucs individuellement c'est pertinent
mais
nous dire il faut tout faire en même temps et on vous coupe des moyens
il y a
un moment donné où ça coince et là où on pourrait
faire
avancer le chemin public parce que l'idée c'est pas de taper pour taper c'est de dire
nous en
tant que maire on a une responsabilité faites nous confiance donnez nous les sujets on est capable de les prendre lesquels sont prioritaires pour la commune à quel moment et moi réponse à Vinzieux ne sera pas la réponse de la commune à côté Féline ou Charnat ou Brossin qui sont à côté de chez moi
ça
va faire très question entretien d'embauche mais tu t'imagines où dans 10 ans en gros est
-ce
que tu continues sur la politique est-ce que tu te vois des responsabilités plus importantes et au-delà de ta ville
alors
il y a 10 ans
j
'avais 14 ans et je me voyais pas trop là aujourd'hui
mère de Vinzieux et
donc dans
10 ans je me dis mais il y a déjà tellement de choses qui ont changé qu'on verra où ça va mener après il y a un truc qui est sûr c'est que je trouve ça passionnant de faire la politique et j'aurais envie de continuer à en faire
mais
dire faire de la politique c'est pas juste être élu il y a plein de gens qui font de la politique au quotidien sans le savoir il y
a
des responsables associatifs déjà être responsable de son club de foot ou faire du bénévolat chez soi ou aller discuter ou s'occuper de ses parents de ses grands-parents qui en ont besoin à un moment c'est aussi faire de la politique c'est aussi s'interer là-dedans j'ai rien dit moi j'ai envie de continuer à en faire on verra comment
et
en fait on a besoin d'être super nombreux pour essayer de bouger les lignes de changer les trucs on est là on fait plein de constats de trucs qui vont pas moi tant que j'ai de l'espoir et que j'ai envie de faire un peu bouger les trucs j'y vais
et
tu seras candidat l
'année prochaine à ta propre succession
c'est la question qu'on me pose
on
est chiant désolé tout le temps c'est en ce moment que ça se joue arrête-moi si je dis une connerie mais c'est en ce moment que les listes
il y a plein de gens qui se
lancent c'est
la période
il
y a
des gens dans le chat qui hésitent
allez-y en fait
je
pourrais répondre très simplement je pense que tout le monde avec ce que j'ai raconté se met ses idées mais
je
disais tout à l'heure que c'était une question d'équipe de se présenter sur une municipale et donc je me vois mal poser et répondre comme ça alors que j'ai envie qu'on fasse ça en équipe et j'ai envie que la première fois qu'on annonce le truc qu
'on
fasse ça à 15 parce qu'on sera 15 et qu'on fasse ça correctement parce que moi tout seul être candidat ça n'a pas de sens il faut qu'on soit 15 pour y aller et pour que la commune elle fonctionne et si on veut changer les choses de manière systémique de manière globale si on veut changer les choses il ne faut pas juste qu'on demande au maire est-ce que tu as envie de te présenter quelle équipe est-ce que tu y vas et donc on dira ça en équipe on verra
ça en équipe non mais c'est la bonne réponse effectivement on verra ça en équipe je te souhaite le meilleur en tout cas cet été tu as reçu la visite d'une célébrité nationale Raphaël Glucksmann c
'est
vrai qui est venu te rendre visite est-ce que c'est quelqu'un de quoi
? le
Capclair oui oui le Capclair le fameux le Glucksmann il n
'y en
a qu'un le nôtre le national est-ce que tu le soutiens pour 2027
?
pourquoi ?
mais
il faut il faut
qu
'on arrive à avoir un Capclair en 2027
mais
s'il y va pourquoi pas mais la question c'est comment dans quelles conditions
?
moi je suis là je suis là non mais moi je suis élu local d'une petite commune et je vous explique en fait comment est-ce que j'essaye de bouger de faire évoluer les lignes et de dire à un moment donné droite, gauche machin etc on essaye de faire vivre et de se battre pour un village
il
va falloir qu'on soit capable de proposer ça à l'échelle d'un pays
c
'est en train de se construire moi je suis plutôt intéressé par ces initiatives qui sont assez jeunes en fait qui sont pas très qui sont pas sclérosées en fait comme ce qu'on peut avoir sur des parties traditionnelles et donc j'ai envie que ça marche et donc je m'engage pour que ça marche et on verra en 2027 il va se passer beaucoup de trucs entre temps mais carrément
est
-ce que les citoyens te parlent du parrainage pour la présidentielle ou est-ce que les gens s'en tapent globalement réponse B ouais réponse B non mais ça m'étonne pas parce que je me dis moi je fais partie des gens qui sont excités par ce genre de sujet mais je pense que le commun des mortels normal
tu dois être l'un des stars
non mais voilà c'est ça je pense que les gens normaux en fait ils viennent pas gonfler leur mère avec vous parrainez qui est-ce que vous allez parrainer machin il faut parrainer truc et tout
toi
tu me confirmes que les gens globalement te font pas chier avec ça
non
je crois que c'est la première fois que j'ai une question là-dessus d'ailleurs ouais
d
'accord
non
non mais ça confirme
c'est niche ouais
effectivement c'est niche j'ai une petite question en fait en regardant un peu ton parcours du coup on voit que tu es étudiant à Sciences Po est-ce que c'est toujours le cas en parallèle de ton mandat et en fait je me suis dit mais en fait t'es une sorte de Anna Montana en fait donc comment ça se passe auprès de alors Anna Montana qui est le jour une jeune étudiante
et
le soir popstar et donc toi t
'es étudiant et mère
et donc je sais pas comment tes camarades te perçoivent est-ce qu'ils savent que t'es mère est-ce que et comment
est
-ce que tu t'en parles librement ou et comment aussi t'arrives à consolider ces deux deux activités très prenantes tu disais tout à l'heure que c'était compliqué financièrement notamment de boucler les mois les fins de mois donc parle-nous-en
alors
ça se sait
forcément
en fait la question la question du lien avec les études elle est un peu difficile parce que j'ai un pied énorme même peut-être deux pieds dans la vie active et puis un côté études et puis en plus j'ai des trucs qui sont assez liés qui font que je me retrouve à avoir de la théorie sur des trucs je suis déjà en pratique et du coup j'ai rattaqué il n
'y a
pas très longtemps mais ça crée
à
la fois une petite distance à l'origine mais en fait parce qu'on a des vies qui sont très très différentes mais en fait j'essaye d'apporter assez modestement en disant tiens là ça je l
'ai
déjà fait chez moi comment ça peut fonctionner etc et il y a surtout la question du temps et de l'énergie qui est dépensée sur les deux et ça effectivement
c'est un
peu d'engagement ça se fait mais j'ai signé pour donc maintenant j'assume et j'y vais
moi
j'avais aussi une question on a parlé du très très local et il
y a
une question plus internationale dont on a parlé plus récemment pour les mairies avec l'affichage des drapeaux palestiniens sur les mairies toi quel était ton positionnement là dessus
moi
je me sens pas très légitime maire de Vinsieux à me positionner sur de
l
'international parce que c'est jamais un sujet en fait qui revient avec les habitants et que si je peux avoir ma position là dessus etc ma position de maire elle n'implique pas ce que je m'engage à l'international donc je me suis on s'est même pas posé la question du drapeau sur le fronton etc
il nous reste à te remercier d'avoir accepté cette invitation cher Hugo merci bon courage à toi pour 2026 quelle que soit la décision de ton équipe
et
en ce qui te concerne
et
merci d'être venu sur le plateau de Backseats merci merci pour l'invitation à tout le monde à très bientôt je te laisse quitter le plateau on va conclure cette émission ensemble les amis toujours ici en direct du congrès de l'association des maires ruraux de France une émission Backseats spéciale consacrée à la ruralité merci les amis pour tous ces échanges ça vous a plu vous les avez trouvés comment ces élus locaux on a reçu
chouettes pour le coup moi j'ai grandi dans une ville moyenne Saint-Etienne et c'est vrai qu'on n
'a
pas forcément conscience de tout ce que ça implique d'être maire et de tout ce qui concerne les zones rurales donc c'était super d'apprendre ça à vos côtés
moi
je trouve que ça requin grachement de les entendre parler parce qu'effectivement par rapport au misérabilisme habituel sur les élus locaux les maires qui en ont marre qui démissionnent etc là ce qu'on a entendu c'est quand même des élus locaux qui ont la patate qui ont envie de se démener pour leur territoire pour les gens etc ça fait plaisir ça donne envie j'espère que ça vous a donné envie de vous présenter aux élections municipales l'an prochain je vous rappelle que c'est en ce moment que ça se joue si vous êtes curieux si vous êtes intéressé n'hésitez pas à faire chauffer le téléphone à aller serrer des mains aller rencontrer des gens parce que peut-être que vous pourriez vous retrouver sur une liste et vous retrouver simple conseiller municipal pas forcément maire mais c'est déjà très bien donc franchement
n'hésitez
pas
on
peut viser haut dit leur maire
ouais
maire président de la république c'est votre moment
non mais oui en plus il y en a qui se lancent ça va bien qu
'ils
nous le disent après si après cette émission ça les a motivés c'est vrai que ça a permis d'apprendre plein de choses si les gens ont du temps et l'envie c'est plutôt chouette mais ouais j'ai appris plein de choses alors que ouais que je dis coming out rural je viens de ruralité mais ouais je salue le département de la Manche 50
est
-ce que je dirais que c
'est
le plus beau département je
crois
que t'es un peu obligée c'est un très très beau département
d'accord
waouh une non-position
et
toi Lumir ça t'a plu ?
première émission
backseat en plus
?
bah ouais très heureuse que ce soit sur un sujet qui est très cher à mon coeur
ouais
et très heureuse de l'avoir fait avec autant de gens si chouettes et vraiment présentez-vous je sais enfin moi je me suis présentée donc au législatif je m'étais jamais présentée avant j'avais été déléguée bon mais en fait on apprend en faisant et il y a des choses qui paraissent des montagnes qui trois jours après ne le sont plus enfin tout va très vite en fait et c'est ça que j'ai trouvé assez extraordinaire c'est que ça crée des liens durables et très beaux et surtout c'est
enfin
je trouve que quand tu t'engages notamment sur le terrain avec les gens en
fait
ça peut pas mal se passer parce que c'est tellement
en
fait on a tellement l'impression qu'on peut plus se parler qu'on s'engueule etc mais faire du porte-à-porte c'est le meilleur remède à l'anxiété généralisée moi je trouve parce que tu toques à la porte des gens et tu leur dis qu'est-ce que vous auriez envie de changer à fortiori au niveau de votre ville et les gens ils parlent de trucs hyper concrets ils parlent de leur vie ils parlent de leurs rêves de leurs espoirs de leur colère mais très rarement ça se passe en embrouille donc je trouve que c'est trop ça paraît trop loin pour beaucoup mais une fois que t'as mis le doigt dedans en fait tout prend sens et donc faut pas trop se stresser
pareil sur le complexe d'illégitimité évidemment il est tout à fait naturel ce complexe d'illégitimité on a du mal à se projeter dans une salle de conseil municipal à devoir voter sur des délibérations alors qu
'on
sait même pas ce que ça veut dire délibération rassurez-vous vous apprendrez voilà vous allez apprendre de toutes les manières vous serez entouré il y
aura
des gens qui vont être là avec vous je
pense qu'il faut aussi replacer le moment
on
est dans un moment d'essor clair de l'extrême droite l'extrême droite financée a clairement des vues sur les élections municipales dans de très nombreux bourgs ruraux il n'y
a
pas d'étiquette donc ça veut dire des choses super comme on l
'a
entendu sur le fait d'être capable de travailler avec des gens qui ont des obédiences différentes politiques mais ça veut aussi dire qu'il y a beaucoup de RN compatibles de fachos compatibles qui vont se présenter et dont on ne saura pas qui ils sont
ces
gens là ils ont été identifiés ils sont financés notamment par des milliardaires comme Pierre-Edouard Sterrin et les maires ils votent pour le Sénat
si
le Sénat passe à l'extrême droite
c
'est fini pour nous je ne
veux
pas faire du catastrophisme mais on est vraiment à une période charnière de notre république et de la démocratie et je crois que collectivement c'est vraiment quelque chose de très impactant que vous pouvez faire au-delà de toutes les belles choses que vous allez apprendre et que vous allez faire au quotidien visiblement si on en croit Thibaut et Hugo qui nous ont partagé leurs expériences c'est aussi un acte extrêmement fort de le faire maintenant là où franchement tout peut basculer
je
ne
sais
pas si toutes les politiques locales sont neutres ni gauche ni droite mais en tout cas ce qui est sûr c'est que vous pouvez tout à fait faire une politique antifasciste au niveau local c'est parfaitement faisable au quotidien c
'est même recommandé ne serait
-ce que s
'impliquer s'engager aussi
faire de la solidarité faire du
lien entre les gens lutter contre l'isolement
des personnes âgées
tout ça c'est agir contre l'extrême droite on ne
se
rend pas compte mais ça compte énormément on arrive à la fin de cette émission les amis où est-ce qu
'on
peut vous retrouver sur les internets Lamou ? sur
X
et Instagram
sur
X et Instagram ok trop bien Latifa
?
lemouvement.ong d'ailleurs nous allons bientôt sortir un petit fascicule pour apprendre à décrypter les stratégies de l'extrême droite et savoir comment y répondre
trop
bien ça sort quand
?
bientôt
tu
viendras de nous en parler dans Backseat ? exactement trop cool Lumir je rappelle ton livre qui est sorti il y a deux jours ces gens-là plongés dans cette France qui pourraient tout faire basculer aux éditions Payot on te retrouve dans ce livre on te retrouve ou d'autres
?
on me retrouve aussi sur Substack dans ma newsletter qui s'appelle Plouk Power et sur Instagram Lumir a priori on n
'est
pas nombreuses
trop bien merci il me reste à remercier l'association des maires ruraux de France de nous avoir accueillis ici à Poitiers pour leur congrès merci beaucoup aux équipes techniques du congrès celle de Gozulting également merci à Equal Production c'est la fin de cette émission merci à toutes et à tous ciao bye bye
ciao ciao ciao ciao ciao ciao ciao