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DébatFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 14 janvier 2025 38 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Discours de politique générale

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 18 %Attaque 52 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:04RelanceRéponse directe

    Est-ce que c'est comme ça que vous l'analysez, vous, ou pas du tout ?

  • 4:01OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on a quand même l'impression que chacun a eu son petit bout, en fait ?

  • 5:58OuverteRéponse directe

    Qui est le moins servi ? Qui est le mieux servi, à votre avis ?

  • 6:22FerméeRéponse partielle

    Est-ce qu'on leur avait promis le fameux mot suspension sur les retraites ?

  • 7:04RelanceRéponse directe

    On remet un peu les choses sur la table, quand même ?

  • 9:09OuverteRéponse directe

    Quand il met les partenaires sociaux autour de la table, est-ce que ce n'est pas une manière de prendre les macronistes à contre-pied ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:16PrésentateurFait
    « C'est la réforme des retraites qui repart se faire une beauté, donc chantier mais pas suspension. »
  • 0:24PrésentateurFait
    « Il les confie aux partenaires sociaux qui vont donc se réunir à partir de vendredi »
  • 0:32PrésentateurFait
    « C'est la loi actuelle qui sera appliquée. »
  • 1:01PrésentateurFait
    « Pour nous les Français, le Premier ministre a parlé de rouvrir les cahiers de doléances des Gilets jaunes »
  • 1:21PrésentateurFait
    « Vers les agriculteurs aussi, il s'est tourné le Premier ministre, le poids des normes, ça c'est pour eux. »
  • 2:01InvitéFait
    « Par contre, je pense qu'il a manqué de courage. »
  • 2:10InvitéFait
    « Il avait la possibilité de trancher avec le projet macronien. »
  • 4:24InvitéFait
    « Mais est-ce que vous appréhendez cet exercice du discours de politique générale ? »
  • 4:28InvitéFait
    « De toute façon, ce discours, je l'ai en tête depuis 2007, tout le monde a rigolé. »
  • 5:12InvitéFait
    « on est dans un moment un peu particulier de la vie politique »
  • 10:05InvitéFait
    « la réforme des retêtes, c'est très simple, on va reprendre sans suspendre. »
  • 10:37InvitéFait
    « On arrive à quelque chose, alors que François Bayrou n'a pas bougé sur sa position »
  • 22:58InvitéFait
    « il gagne du temps. Ça lui permet d'évacuer ce sujet de la retraite avec la gauche pour discuter du budget »
  • 23:34InvitéFait
    « si jamais au bout de trois mois il n'y a pas d'accord ou que l'accord conduit à un déséquilibre, on revient à la réforme initiale »
  • 28:37InvitéFait
    « c'est un premier ministre qui s'est imposé à lui, c'est quand même c'est quasiment sans précédent »
  • 29:44InvitéFait
    « si vous mettez une réforme un peu idéologiquement affirmée vous perdez la moitié de votre majorité »
  • 30:06InvitéFait
    « la proportionnelle ça change la façon de faire de la politique »
  • 30:40InvitéFait
    « un électeur social-démocrate allemand vote pour les sociodémocrates en Allemagne il ne vote pas en se disant j'espère que mon parti va gagner et que tout le programme sera appliqué »
  • 34:51InvitéFait
    « Emmanuel Macron a commencé son second mandat de façon très affaiblie et il a voulu faire un coup de poker »
  • 35:26InvitéFait
    « il y avait une autre solution c'est que finalement il y ait un vote contre lui tellement fort que le rassemblement national gagne une majorité »
  • 36:41AuditeurPromesse
    « qu'il ait accepté cette réforme et qu'il ait donné trois mois pour effectivement essayer de changer »

Temps de parole

  • Invité29 %
  • Invité 224 %
  • Présentateur24 %
  • Invité 310 %
  • Auditeur4 %
  • Auditeur 23 %
  • Auditeur 32 %

≈ 1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Dans les mots clés de la déclaration de politique générale de François Bayrou, il y a le mot chantier. C'est la réforme des retraites qui repart se faire une beauté, donc chantier mais pas suspension. Dans l'esprit du Premier ministre, il y a des voix de progrès. Il les confie aux partenaires sociaux qui vont donc se réunir à partir de vendredi à l'issue d'un conclave de trois mois sans solution alternative. C'est la loi actuelle qui sera appliquée. Il y a aussi le mot immigration, une question de proportion, a dit le Premier ministre en prenant l'exemple de Mayop, l'applicable, on l'a bien compris, au reste du territoire.

Proportion égale contrôle pour lui et nous y viendrons si vous le souhaitez. Je vous laisse d'autres pistes, peut-être proportionnelles, pas de détails, mais le mot a été prononcé comme cumul des mandats d'ailleurs aussi, dont il n'est pas un secret que François Bayrou n'en a jamais été réellement fan. Autre mot fort, attendu, autre mot plutôt entendu, fort et clair, celui de réconciliation. Pour nous les Français, le Premier ministre a parlé de rouvrir les cahiers de doléances des Gilets jaunes, réconciliation aussi au Parlement. Dans le brouhaha des écrits de la France insoumise, c'est bien Jean-Luc Mélenchon qui l'a pointé du doigt et sa stratégie de conflictualisation.

Il a eu du mal à le dire d'ailleurs. Vers les agriculteurs aussi, il s'est tourné le Premier ministre, le poids des normes, ça c'est pour eux. Et qu'est-ce qu'on fait maintenant de tout ça ? Alors, les Verts ont déjà annoncé la censure, LFI également. On verra si les communistes suivent. Normalement, oui, je vois Maxence Lambrec qui fait oui avec la tête. Le PS se réunit maintenant pour en décider. Le RN ne censure pas aujourd'hui. Ce sont les mots du Rassemblement national. Voilà où nous en sommes et c'est là que s'ouvre notre discussion. C'est le téléphone sonne, soyez les bienvenus.

1:44
Invité

Frédéric, c'est vous le premier. Bonsoir Frédéric. Oui, bonsoir 21, bonsoir à tous. Soyez le bienvenu, on vous écoute. Alors, mon impression, si vous voulez, j'ai que M. Bayrou paraît de très bonne volonté. Par contre, je pense qu'il a manqué de courage. Je ne sais pas ce qu'en penseront les invités. Il avait la possibilité de trancher avec le projet macronien. Il n'a pas osé le faire. Le projet macronien était de s'accrocher au pouvoir, malgré, disons, le résultat des urnes, en cherchant une alliance avec les 50 députés à l'air, plutôt que de chercher un accord avec les 180 députés de la gauche.

Je pense qu'un accord entre toute ou partie du nouveau Front populaire et toute ou partie des macroniens était possible. François Bayrou aurait pu exister, aurait pu ouvrir une porte. Il n'a pas osé le faire. Je trouve que c'est dommage.

2:39
Présentateur

Merci Frédéric pour cette entrée en matière. C'est par là que va démarrer notre discussion. Et pour en discuter autour de la table, il y a Charles Sapin. Bonsoir. Bonsoir. Cette journaliste politique au point. Il y a Thomas Legrand. Bonsoir Thomas. Bonsoir. Éditorialiste politique et Libération, producteur aussi de l'émission Enquête de politique, évidemment sur France Inter. Et puis Maxence Lambrecq. Bonsoir Maxence. Bonsoir Fabien. Chef du service politique de France Inter, c'est vous. Qu'est-ce qu'on dit de cette remarque de notre ami Frédéric ? Il a manqué de courage pour rester dans les pas de Macron, Thomas Legrand. Est-ce que c'est comme ça que vous l'analysez, vous, ou pas du tout ?

3:10
Invité

Je pense que ça aurait été le rêve de François Bayrou de pouvoir diriger une majorité composée de tout ou partie, pour reprendre les termes de notre... Ça, c'était plutôt partie que tout. C'est ce que j'allais dire. Parce qu'évidemment, les insoumis n'auraient pas été, c'est-à-dire les socialistes, les centristes, le bloc centriste, le bloc macronien, et peut-être les franges les plus modérées de LR.

Mais cette majorité n'est pas possible, pas tellement du fait de François Bayrou, du fait de tous ces partis qui n'auraient pas voulu, visiblement, sinon ça serait fait depuis longtemps, faire consensus, sinon consensus en tout cas, compromis, selon la culture du compromis dont tout le monde parle et qu'il faudrait adopter en rompant avec la culture de l'affrontement. Donc, ce n'est pas tellement une question de courage de François Bayrou, je pense.

4:01
Présentateur

Est-ce qu'on a quand même l'impression, Charles Sapin, que chacun a eu son petit bout, en fait ? Chacun a eu son morceau ?

4:09
Invité

C'est vrai, chacun a eu son petit bout, mais François Bayrou n'a pas oublié de se servir, si vous voulez. Moi, ce qui m'a marqué, c'est une petite anecdote amusante, mais pas mal de journalistes ont questionné François Bayrou ces derniers jours en disant « Mais est-ce que vous appréhendez cet exercice du discours de politique générale ? » Et puis il a répondu un peu en balayant, en disant « De toute façon, ce discours, je l'ai en tête depuis 2007, tout le monde a rigolé. » Puis là, on rigole moins parce qu'on l'a écouté, et en fait, c'est vrai.

En fait, son discours de politique générale, c'est un peu son programme présidentiel de 2007, je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais grosse priorité sur la réduction de la dette, un immense morceau aussi sur l'éducation, qui avait là une proportion immense dans son discours de politique générale, et puis il y avait aussi la débureaucratisation. Alors, pourquoi c'est étonnant ? Vous le dites bien, j'ai essayé, il l'a répété avant. Oui, il ne faut pas me demander de le répéter. Alors, pourquoi c'est étonnant ? Parce qu'on pourrait se dire « Oui, Bayrou fait du Bayrou, génial, super le politologue au plateau.

» Mais en fait, là, ce qui est intéressant, si vous voulez, c'est qu'on est dans un moment un peu particulier de la vie politique, où François Bayrou, il n'a pas été nommé Premier ministre pour porter les idées qui sont les siennes. Parce qu'il n'a pas la majorité pour l'appliquer. Il est là pour faire travailler des forces politiques qui ne sont pas d'accord entre elles. Ce qu'avait très bien compris Michel Barnier, même s'il n'a pas réussi à l'appliquer, puisqu'il en est tombé. Et c'est intéressant, parce que finalement, ce discours de politique générale, c'était vraiment du Bayrou 2007.

Bayrou pur jus, quitte à donner des airs presse de discours présidentiel, il a fait des petites sorties de route sur le domaine réservé du chef de l'État. Il est dans une posture de rassemblement, donc il est entre les deux tours, on va dire.

5:52
Présentateur

Maxence Lambret, que je disais quand même que chacun en avait eu pour son argent, on va le dire comme ça, plus ou moins. Qui est le moins servi ? Qui est le mieux servi, à votre avis ?

6:02
Invité

Clairement, c'est le Parti Socialiste qui perd beaucoup dans cette affaire, puisqu'ils se sont engagés, très quelque chose à obtenir, qu'évidemment, contrairement aux Insoumis, que les Français les attendaient là, et de fait, toute la semaine dernière, c'était en bonne voie, selon les interlocuteurs.

6:21
Présentateur

Mais pardon Maxence, bonne voie sur quoi en fait ? Est-ce qu'on leur avait promis le fameux mot suspension sur les retraites ? Ou est-ce que ça n'a finalement jamais été promis ?

6:27
Invité

Alors, Eric Lombard avait été bien plus loin, en tout cas de ce qui nous revient ce soir, c'est quand même les tirs de barrage de Laurent Wauquiez, Gabriel Attal et Emmanuel Macron, ces deux derniers jours, qui ont revu la copie à la baisse, et qui donnent un discours de François Bayrou, sans grande précision. Parce que je veux bien qu'il ait parlé d'éducation, mais enfin, il n'a même pas parlé des 4000 postes supprimés. Il ne donne aucune précision sur ce que Gabriel Attal avait lancé. Enfin, ça reste quand même très très flou. Oui, c'est un discours présidentiel, sans grande échéance, sans calendrier et sans précision sur beaucoup de points.

6:57
Présentateur

On va reparler du Parti Socialiste que vous évoquiez tout à l'heure avec notre prochain auditeur, mais Thomas Legrand, quand même, est-ce qu'on ne se dit pas que sur les retraites ? Alors certes, le mot suspension n'est pas prononcé, mais on remet un peu les choses sur la table, quand même. Ou est-ce que vous avez le sentiment qu'on ne met pas grand-chose sur la table ?

7:12
Invité

Parce qu'on sait que finalement, les partenaires sociaux ont du mal à s'entendre. Je trouve qu'il ne dise pas le mot suspension, parce que Laurent Wauquiez a hurlé, c'est peut-être de bonne politique de ne pas le dire, il doit maintenir des équilibres, mais il aurait pu ouvrir un peu plus son dictionnaire des synonymes, je trouve. Suspension, il y a d'autres mots pour pouvoir dire qu'on met en suspens, c'est-à-dire qu'on renégocie vraiment. Là, ce qui est très étonnant dans le discours de Bayrou, c'est qu'on entend quand même au début sa conception de la démocratie.

Et ça, c'est très intéressant, parce que ça fait 50 ans qu'il essaye d'imposer quelque chose, on parlait tout à l'heure de la culture du compromis, il essaye de l'imposer, et là, il la théorise, les deux seules personnes qu'il cite, les deux seules références politiques qu'il cite, c'est Pierre Manès-France, un parlementariste, quelqu'un de gauche qui est parlementariste, qui est féru de la responsabilité individuelle et des partis politiques, et Marc Sannier, qui est chrétien de gauche, aussi parlementariste, voilà. Et Henri IV, mais c'est autre chose. Il dit tout ça. Il est en de la fontaine. Oui. Il est en de la fontaine. Oui, non, mais comme référence politique. Oui, j'entends.

Il présente tout ça, donc on va se dire, on se dit, bon, alors il va...

8:21
Présentateur

Il va renverser la table.

8:22
Invité

Il va renverser la table. Et puis à la fin, il nous fait un comité, une commission avec un coup près au bout de trois mois, si vous ne vous entendez pas, et on ne sait même pas dans ce comité ce que c'est que s'entendre. S'il va mettre, s'il met dans la CGT et le MEDEF, et s'il leur dit, entendez-vous, sinon il n'y a rien au bout de trois mois, ça ne marchera pas. Donc, c'est un peu dommage, c'était un très beau discours. À la fin des discours, d'habitude, on dit, ah, bon, c'est un discours, il est très beau, on va attendre les actes. Là, on avait, dans le discours du super, puis à la fin, tac, cassé par cette proposition.

Alors, peut-être que ce conclave, comme il l'a appelé, en tant que chrétien, peut-être que ce conclave donnera quelque chose, mais enfin, ce n'était pas précis du tout. Et donc, les socialistes peuvent être maris.

9:06
Présentateur

Alors, on va y aller avec les socialistes une seconde, mais quand même, Charles Sapin, parce que, d'après ce que vient de dire Thomas, notre précédent auditeur disait, quand même, il n'a pas réussi à se décoller au fond des chaussures du macronisme. Mais précisément, quand il met les partenaires sociaux autour de la table, pour trois mois, pour essayer de voir quelles sont les voies de sortie, est-ce que ce n'est pas une manière de prendre les macronistes à contre-pied, puisque les partenaires sociaux, c'était bien ça le problème d'Emmanuel Macron, au moment, notamment, de la réforme de la retraite, non ?

9:31
Invité

Alors, sur toute cette... En fait, François Bayrou est Macron avant Macron, il faut se souvenir aussi, c'est-à-dire. Et pourquoi il s'est... Et sur quel projet il s'est imposé, Emmanuel Macron, parce qu'il faut se rappeler que ce n'était pas le premier choix, le choix évident du chef de l'État comme Premier ministre dans cette séquence, il s'impose sur la promesse de parfaire-le en même temps, en disant, vous, chef de l'État, vous n'avez pas réussi à faire travailler totalement gauche et droite ensemble, moi, vous allez voir, je vais y arriver.

Et c'est intéressant, parce que, vous avez dit, donc, il n'a pas cherché les synonymes au mot suspension, mais en fait, François Bayrou a fait exactement ce qu'il avait annoncé quand il a été nommé. Il l'avait annoncé à un voteur, il a dit, la réforme des retêtes, c'est très simple, on va reprendre sans suspendre. Bon, ben, on y est. Entre-temps, son ministre de l'économie a parlé. Exactement. Mais qu'a fait son ministre de l'économie ? Exactement ce pour quoi il a été nommé.

Éric Lombard a reçu des forces de gauche et pour essayer, au gré de négociations, de les arracher au nouveau Front Populaire et non pas avoir un soutien, mais en tout cas un accord de non-censure, a mis tout sur la table. Revenir sur les suppressions de postes, revenir sur les deux jours de carences supplémentaires dans la fonction publique et évidemment, ce modèle, cette réforme des retraites. On arrive à quelque chose, alors que François Bayrou n'a pas bougé sur sa position, on voit quand même qu'il y a une progression puisqu'aujourd'hui, le nouveau Front Populaire, et c'est un euphémisme, est divisé.

10:45
Présentateur

Alors, que doit faire le Parti Socialiste puisque c'est deux qu'on attend de savoir, des 66 socialistes de l'Assemblée, s'ils vont voter la censure ou pas. On a deux auditeurs qu'on va écouter l'un après l'autre et qui ont un point de vue défié. Le premier, c'est vous, Jacques. Bonsoir. Oui, bonsoir. On vous écoute.

11:00
Auditeur

Je voulais savoir si au-delà de François Bayrou ou de son cas en tant que Premier ministre, vis-à-vis du bon fonctionnement de la France, est-ce que finalement un acteur qui a un enjeu important devant lui, c'est bien le Parti Socialiste vis-à-vis de son propre électorat ? Que va dire son électorat, que va faire son électorat si jamais le Parti Socialiste votait une motion censure une nouvelle fois ? Est-ce que son électorat ne le censurerait pas lui-même, ce Parti Socialiste, dans les élections locales, régionales, nationales, s'il ne se comportait pas en partie de gouvernement responsable ? C'est ma question.

11:43
Présentateur

On vous entend, Jacques. Je voudrais qu'on entende d'Augustin et puis on répondra à Augustin et à Jacques en même temps. Bonsoir, Augustin.

11:48
Auditeur

Bonsoir, Fabienne.

11:49
Présentateur

On vous écoute.

11:50
Auditeur

Oui, juste pour répondre à Jacques. Les socialistes ont passé quelques jours, quelques nuits, même à Bercy, avec Éric Lombard à négocier des accords et s'ils trouvaient un compromis. Même encore ce matin, on en avait l'espoir. Les Français, alors moi, je n'ai pas encore eu là, je vais voter, mais ont voté pour une force d'opposition au macronisme. On essaie de leur tendre la main pour essayer de négocier un compromis ensemble. Ils nous balayent d'un revers de main. Donc je trouve légitime que les socialistes votent la censure.

12:15
Présentateur

Merci beaucoup, Augustin, qui a 17 ans. Donc ça fait toujours du bien d'entendre quelqu'un d'opinionné, quel que soit son bord, à 17 ans. Qu'est-ce qu'on répond à la fois à Jacques et à Augustin, Thomas Legrand ? Est-ce que cette responsabilité, parce que là, pour le coup, ils ont raison tous les deux, il y a une vraie responsabilité là du Parti Socialiste ? Ils sont réunis,

12:34
Invité

je peux vous dire qu'ils sont divisés. Voilà. Pendant le discours, j'ai appelé ma taupe chez les socialistes, habituel, et il me disait sur les boucles internes du PS, c'est très divisé.

12:47
Présentateur

Pas seulement internes, d'ailleurs, on a vu quelques voix, on a entendu déjà quelques voix. Oui, oui,

12:50
Invité

c'est très divisé, mais en fait, l'opinion des électeurs socialistes, de la sphère socialiste est plutôt pour aller au compromis. C'était le sens

13:04
Présentateur

de la question de Jacques.

13:05
Invité

Sauf que le compromis n'a pas l'air d'être vraiment proposé très clairement par François Bayrou. Donc, est-ce qu'il faut profiter de ces trois mois pour encore essayer, pour pouvoir dire à la fin « Oui, on a essayé, on a été de bonne volonté » avec le risque d'être isolés. Et ça y est, ils sont isolés puisque les communistes et les écologistes disent qu'ils veulent voter cette censure. La censure ne sera jamais votée, elle ne sera jamais adoptée puisque le Front National, le Rassemblement National a dit ou fait entendre qu'il ne la votera pas.

Donc, à la limite, les socialistes pourraient même la voter en se disant de toute façon, ça ne passera pas et ça ne nous empêchera pas d'aller négocier après. Ce n'est pas très passionnant tout ça, ce n'est pas très passionnant. Mais c'est là où je ne comprends pas trop François Bayrou parce que c'est vrai que la différence, comme disait Charles Sapin, entre Bayrou et Macron qui sont tous les deux centristes, finalement, Emmanuel Macron voulait créer un grand centre, un grand parti du centre, un socle centriste. Et Bayrou a toujours dit qu'il croyait au parti et que c'est le parti centriste en pivot, mais que les autres partis devaient s'arranger entre eux. Et là, il ne leur permet pas.

14:10
Présentateur

Après, ce que je trouve intéressant dans la remarque de Jacques, quand même, c'est de se demander, Charles Sapin, dans quel état sont les Français ? C'est-à-dire, est-ce qu'on s'est jaugé si nous sommes tous dans un état de ras-le-bol sidéral et que donc, une nouvelle censure mettrait tout le monde dans l'état du soupir que je viens de pousser ? Oui, tout à fait. Ou est-ce qu'on est aujourd'hui capable, puisqu'on est parti dans cette espèce de flou depuis la dissolution ? Est-ce qu'on est encore capable d'endosser une nouvelle dissolution à votre avis ? Enfin, dissolution, pardon. Nouvelle censure. Oula, une chose après l'autre.

14:42
Invité

Censure menant peut-être à une dissolution. Non, mais je vois ce que vous voulez dire. Oui, je vois ce que vous voulez dire. Et c'est vrai qu'on a eu une participation record lors des dernières législatives anticipées. S'il y avait des élections demain, prête à parier que la participation, malheureusement, ne serait pas la même, tant il y a une lassitude et on l'entend. Les journalistes politiques sont passionnés, les hommes politiques aussi. Mais c'est vrai que les Français ont une forme de lassitude et de se dire mais ils ne peuvent pas s'entendre et faire des politiques qui vont dans le sens au moins de la concorde. Ça, on l'entend beaucoup.

Maintenant, pour revenir au cas du Parti Socialiste et comment son comportement électoral et son comportement vis-à-vis du nouveau gouvernement peut être perçu par les Français, c'est vrai que le Parti Socialiste, contrairement à d'autres forces à gauche, je pense à la France Insoumise ou au Rassemblement National, n'a pas un ADN populiste. C'est-à-dire que son socle fondamental n'est pas basé sur une opposition entre peuple et élite. Il ne faut pas faire tomber l'élite à coûte que coûte. Donc là, ils ont participé à la chute d'un premier gouvernement.

Il est certain que la totalité de l'électorat socialiste qui reste ne voit pas forcément d'un bon oeil qu'ils participent à la chute d'un second gouvernement.

15:53
Présentateur

Et j'ai envie de vous poser la même question s'agissant du RN, Maxence Lambret, est-ce que les électeurs RN dans le même état d'esprit se disent une fois oui, deux fois pas forcément non ? À quoi ça va nous servir de toute façon ?

16:05
Invité

En tout cas, oui, je pense que les électeurs RN globalement sont quand même beaucoup moins regardants sur le nombre de censures et en effet, il pourrait y avoir une censure au mois de mars ou au mois d'avril sur un nouveau budget. Je pense que ça ne serait pas Marine Le Pen irait sans trop sourciller. Là, l'EPS en fait n'est pas prêt. Le problème est là, c'est que l'EPS n'est pas prêt à une nouvelle dissolution en se détachant des Insoumis. C'est qu'il cherche à gagner du temps pour construire une offre sociale-démocrate pour la prochaine présidentielle. Ils ont besoin de se détacher de Jean-Luc Mélenchon pour cela. Les conditions ne sont pas encore réunies.

Là, ils ont essayé de s'en distinguer. Ils ont essayé d'embarquer écologistes et communistes avec eux. Ça n'a pas marché et l'EPS n'est pas encore prêt. Donc oui, ils essayent de gagner du temps. Une motion de censure dans les semaines qui viennent ne serait pas bonne puisqu'elle entraînerait sans doute une dissolution à venir.

17:00
Présentateur

Voici Hélène. Bonsoir Hélène. Oui, bonsoir. On vous écoute ?

17:04
Auditeur

Moi, j'étais complètement dégoûtée ce soir parce que je pensais que Bayrou allait nous donner un discours avec quelques points forts dans un programme qui permettrait un consensus, qui ferait un peu des concessions et puis qu'on allait enfin pouvoir avancer. Et puis là, je pense qu'on est reparti pour un cycle totalement politicien, plus de blabla, plus de postures politiciennes. Ça fait maintenant plusieurs élections qu'au second tour, je vais voter pour la majorité, l'ancienne majorité présidentielle ou leurs copains. Et c'est des pantins. Voilà, à mes yeux, ce sont des pantins.

et pourtant, je ne suis pas LFI, je ne suis vraiment pas quelqu'un dans les extrêmes, je suis plutôt vert, socialiste, voilà. Mais ce n'est plus possible, on ne peut pas continuer, on va laisser le Rassemblement National gagner.

17:56
Présentateur

Merci Hélène pour votre remarque et au fond, c'est assez conforme Maxence Lambrec à ce qu'on disait à l'instant. On va se poser la question de savoir qui veut bien retourner à la censure, qu'on recommence à faire ce jeu-là ou est-ce que chacun attend 2027 pour de bonnes ou de mauvaises nouvelles ?

18:12
Invité

Bien sûr, et si le programme présenté cet après-midi par François Bayrou est aussi flou et aussi léger d'une certaine manière vis-à-vis des préoccupations des Français, c'est parce qu'il n'a pas le pouvoir et c'est parce qu'il a tellement peu de pouvoir qu'il ressort le projet de loi de simplification économique, la réforme de l'audiovisuel public, les agences de l'État qui seront réduites, le retour du cumul des mandats, éventuellement la proportionnelle, la banque de la démocratie, enfin, tout ça parle à qui ? On se demande quel est le... sur l'éducation il ne rentre dans aucun détail, sur le pouvoir d'achat on se demande, vraiment son programme de cet après-midi ne peut embarquer...

18:49
Présentateur

Proportionnel quand même, ça parle...

18:51
Invité

Oui, mais ça embarque qui ? Oui, ça parle à des partis. Oui, et qu'est-ce que ça vient changer dans la vie de nos auditeurs et de nos auditrices ? Là, moi je ne vois pas ce qui dans l'année à venir peut faire évoluer, on peut se dire ah bah là François Bayrou il m'a permis d'obtenir ça ou ça, non, rien. C'est le sens

19:09
Présentateur

de la lassitude de notre auditrice à l'instant, je voudrais vous confier le message d'un auditeur maintenant qui s'appelle Yvan et qui a 16 ans et qu'on salue, il est sur WhatsApp, il dit ceci... Oui, que de jeunes, on est ravis, je voudrais juste donner mon impression de patinage dans le vide depuis la dissolution de l'Assemblée, j'ai l'impression que rien n'est fait dans aucun sens, ce qui est le principe de la division actuelle, mais enfin quand même, c'est lassant encore plus pour moi qui n'ai que 16 ans dit-il. je trouve ça intéressant ce qu'il nous dit c'est intéressant

19:36
Invité

le patinage dans le vide, c'est vrai, c'est en fait, c'est ce passage, on y est depuis plusieurs mois, ce passage à la culture de l'affrontement qui est inhérent à une société politique, une vie politique bipolarisée, non pas bipartisane, mais bipolarisée, à une vie politique et François Bayrou a bien dit, il y a 5 ou 6 grandes familles politiques. Quand vous dites il y a 5 ou 6 grandes familles politiques, vous laissez entendre, vous suggérez que pour gouverner il faut au moins qu'il y en ait 3 qui s'entendent entre elles.

Donc le passage de la société, de la culture, de l'affrontement à une culture du compromis, c'est pas parce que bien s'entendre c'est mieux que s'affronter, c'est que quand il n'y a plus de bipolarité mais une tri ou une quadrupolarité, on ne peut plus être dans l'affrontement, on est obligé d'être dans le compromis et ça on a du mal, on a du mal. Les socialistes essayent là pour l'instant, ils essayent et j'imagine que François Bayrou essayent aussi simplement François Bayrou au moment où il commençait à y arriver avec les socialistes, évidemment Laurent Wauquiez qui a un agenda présidentiel à stopper.

Ce qui est très intéressant c'est que ceux qui ont des agendas présidentiels précis, c'est-à-dire les Insoumis, on sait qui est leur candidat, les LR, on sait qui est leur candidat, le Rassemblement National, on sait qui est leur candidat, ne veulent pas de cette société du compromis et ceux qui ont des agendas présidentiels pas encore établis comme le centre ou les socialistes sont plus dans la culture du compromis. La présidentielle tue ou rend plus difficile la culture du compromis.

21:13
Présentateur

Regardez, en parlant de culture du compromis et encore une fois de la place des socialistes dans cette séquence-là, on a Michel sur l'appli de Radio France et qui dit ceci, les socialistes en fait n'ont jamais recherché le compromis contrairement à leurs affirmations. Pour eux, l'abrogation de la réforme des retraites était un fait non négociable. Le compromis est donc impossible d'entrée de jeu. Le Premier ministre leur propose un compromis possible qui permettra la recherche de solutions. Qu'est-ce qu'on dit de cette remarque Charles Sapin ?

21:39
Invité

En même temps, je vous vois faire... Non, non, non, mais j'essaye de réfléchir pour répondre. Oui, c'est ça, c'est-à-dire que en fait, il parle du parti... Il faut un scalp. Oui, il faut un scalp au PS. C'est ça, il parle du parti socialiste mais c'est plutôt la position de la France Insoumise, c'est-à-dire de demander l'abrogation, rien que l'abrogation que l'abrogation. Le parti socialiste était dans une posture différente, ce qui explique d'ailleurs les mots fleuris que se sont envoyés les membres du Nouveau Front Populaire encore ce matin.

Les membres de la France Insoumise qualifiaient les socialistes de collabos, les socialistes qualifiaient les membres de la France Insoumise d'irresponsables. C'est parce que justement, le parti socialiste est rentré dans une logique transactionnelle et a abandonné l'abrogation pour un objectif de suspension. Il y a quand même une différence et qui était quand même ouverte à une discussion pourquoi pas sur le gel. Finalement, on voit qu'il y a une habileté. François Bayrou est une personne politique madrée. Il s'est présenté à trois présidentielles et on voit toute l'habileté du personnage. Il a raté trois fois quand même. Oui, bien sûr.

Il faut être plus qu'habile, il faut croire, pour devenir président de la République. mais finalement, avec cette proposition de remettre la balle aux partenaires sociaux de la réforme des retraites, déjà, il gagne du temps. Ça lui permet d'évacuer ce sujet de la retraite avec la gauche pour discuter du budget parce que c'est là, le coup près, il sera là. C'est au moment de passer son budget où la censure sera la plus dangereuse pour lui. Il a bien compris pourquoi son prédécesseur Michel Barnier était tombé.

Et finalement, il y a un autre outil très pratique de faire cette conférence de financement avec les partenaires sociaux, c'est qu'il a tout de suite donné les cadres et il a dit qu'ils peuvent discuter trois mois, mais il faut qu'ils trouvent quelque chose d'alternatif qui ne déséquilibre pas financièrement les comptes de l'État et le projet de réforme des retraites. C'est-à-dire que si jamais au bout de trois mois il n'y a pas d'accord ou que l'accord conduit à un déséquilibre, on revient à la réforme initiale et le gouvernement a tout le jeu de dire mais attendez, nous on a rouvert le dossier comme la gauche nous le demandait, c'est les partenaires sociaux qui vont échouer.

Et c'est ce que vient de dire François Bayrou à l'Assemblée en réponse aux douze groupes d'opposition puisqu'il a pris la parole à l'issue de cette longue déclaration de politique générale pour dire évidemment si dans trois mois ils n'ont pas trouvé un accord c'est la réforme actuelle qui s'appliquera et qui continuera de s'appliquer.

24:01
Présentateur

Mais du coup le coup prêt effectivement le coup prêt c'est d'abord le budget ce que je veux dire c'est qu'est-ce qu'il espère au fond que le coup prêt soit plus lointain c'est-à-dire soit à l'issue de ces trois mois sachant que c'est trois mois après la mission flash effectivement de la Cour des Comptes donc ça fait trois mois et un peu plus probablement donc est-ce qu'il se dit qu'au fond le budget peut passer que le vrai coup prêt ça viendra après s'il y a échec du conclave donc est-ce que le coup prêt peut être un peu plus lointain Thomas Legrand ?

24:29
Invité

Le coup prêt le plus dangereux le plus aiguisé c'est le budget ok c'est le budget parce que sur le budget et pour des raisons différentes le Rassemblement National et la gauche peuvent avoir des arguments pour voter une motion de censure présentée par la gauche puisque la gauche ne voterait jamais une motion de censure présentée par l'extrême droite donc il veut se concentrer sur le budget et là on n'a eu aucune précision on n'a eu aucune précision il a été très habile pour ne rien dire c'était assez exceptionnel puisque tout a été sur la table la taxe sur les hauts revenus etc et non pas un mot puisqu'on dit qu'il est malin je crois qu'il a compris une chose c'est que les socialistes ne sont pas comme le disait Maxence ne sont pas en mesure d'envisager des législatives en septembre les premières législatives possibles c'est septembre disons praticables c'est septembre et là à partir du moment où il y a une rupture entre les socialistes et les insoumis ça va être très compliqué d'avoir un seul candidat partout dans le cadre du NFP et donc ça serait les socialistes seraient laminés donc les socialistes surtout un projet oui oui les projets ils peuvent en trouver s'ils s'entendent

25:36
Présentateur

si vous croyez vraiment à une dissolution au mois de septembre honnêtement parce que comme vous dites effectivement je ne vois pas très bien ce qui changerait réellement la vision de l'Assemblée nationale il y aura peut-être quelques modifications dans les groupes mais de là à trouver de toute façon une majorité quelque part certainement pas

25:49
Invité

tout est lié en fait à ce coup près du budget c'est-à-dire que soit François Bayrou tombe comme son prédécesseur et dans ce cas on rentre dans une période d'instabilité importante c'est-à-dire qu'on sera déjà à deux premiers ministres qui tombent en sachant que chaque fois il en faudra un autre avant la dissolution de septembre sauf que chaque fois qu'un gouvernement tombe il fragilise le suivant parce qu'on se rend compte que c'est très facile et puis on crée en fait de la tension politique si François Bayrou arrive à survivre au budget c'est-à-dire en donnant suffisamment de concessions là pour le coup l'horizon se dégage parce qu'il aura beau rôle jusqu'à l'année prochaine de présenter des textes consensuels et on arrivera très vite en 2026 où là vous avez les élections municipales puis 2027 nouvelle élection présidentielle donc si finalement François Bayrou arrive à survivre au budget et comme il se dit que les socialistes ne veulent pas censurer il n'y aura pas de dissolution le scénario d'une nouvelle dissolution s'évanouit et tout comme le scénario d'une présidentielle anticipée

26:44
Présentateur

Retour au standard avec Graziela qui nous attend Bonsoir Graziela On vous écoute ?

26:50
Auditeur

Moi je me posais justement la question de savoir si on n'est pas dans un symptôme du quinquennat en fait c'est-à-dire qu'on a l'impression qu'il n'y a tout le temps que la présidentielle qui revient que tout tourne autour de ça et qu'il n'y a jamais l'intérêt du peuple l'intérêt général qui permet de discuter de choses sérieuses en fait qu'on a juste des petites guéguerres de phrases à n'en plus finir ou encore des je ne sais pas des égos surdimensionnés qui prennent toute la place mais le concret on ne l'a jamais en fait

27:18
Présentateur

Je voudrais ajouter merci Graziela la question de Graziela celle de Cordelia sur Whatsapp qui dit il est clair qu'aucun des dirigeants de gouvernement ou de parti n'est décidé à céder sur quoi que ce soit et dans ses conditions la proportionnelle notamment ne réglerait absolument rien puisque personne ne veut coopérer avec ses opposants alors d'abord sur Graziela et ce que disait Cordelia derrière et encore une fois ça nous ramène au début de notre discussion ça nous ramène à notre début de notre discussion sur la lassitude qui a gagné quand même les électeurs alors ça ne date pas d'hier mais ça prend de l'épaisseur

27:51
Invité

Oui et avec cette perspective en effet du quinquennat qui fait qu'il y a beaucoup moins de temps entre deux présidentielles et que l'échiquier politique est obsédé par cette échéance c'est vrai et c'est faux c'est vrai dans le sens que c'est vrai que c'est l'élection reine qui rythme la politique mais on a l'impression encore plus aujourd'hui pourquoi ?

parce que nous sommes dans une période d'instabilité politique qui à mon sens est le produit de la période de transition dans laquelle nous sommes nous sommes dans une période de transition comme l'est à chaque fois une fin de règne on sent bien que quand bien même on est à la moitié du second quinquennat d'Emmanuel Macron c'est une fin de règne ça va être long alors ah bah oui je prends juste un exemple on a quand même un président de la république qui a même pas été capable d'imposer et de nommer lui-même son propre premier ministre c'est à dire que c'est un premier ministre qui s'est imposé à lui c'est quand même c'est quasiment sans précédent on voit à quel point le pouvoir présidentiel est abîmé et en fin de course à partir du moment où vous êtes dans une fin de règne la seule question prégnante et c'est vrai que ça a beaucoup de conséquences c'est que est-ce que cette fin de règne permet au président en place de passer le témoin à un de ses disciples donc finalement il y a une forme de continuité ou est-ce que finalement le camp présidentiel chute avec lui ce qui ouvre une période d'alternance c'est vrai que du coup tout le monde est obsédé par cet horizon qui crée une période d'instabilité politique et qui donne l'impression que les sujets de fond sont importants pour les Français ils passent au second plan ce qui est moins vrai en temps politique normal là c'est vrai qu'on a un éclatement au sein de l'hémicycle qui fait que les forces politiques sont obligées de s'entendre et créent des majorités un peu de briquet de broc avec des gens qui se détestent et qui pensent pas la même chose ce qui fait qu'ils sont obligés de faire un peu de la quand ils arrivent à avoir un petit peu de stabilité ils sont obligés de faire de la gestion quotidienne de gérer un peu un déclin mais ils sont incapables de mettre une réforme de fond pourquoi ?

parce que si vous mettez une réforme un peu idéologiquement affirmée vous perdez la moitié de votre majorité

29:48
Présentateur

et sans majorité de toute façon une réforme affirmée je vois pas comment ça peut fonctionner sur la proportionnelle Thomas Legrand et Cordélia qui nous dit de toute façon en l'état de la politique ça changerait absolument rien puisque personne ne peut s'entendre

30:00
Invité

je suis pas d'accord avec ça parce que je l'ai déjà dit je crois dans un téléphone sonne récemment en fait la proportionnelle ça change la façon de faire de la politique ça change la façon d'envisager de faire de la politique et même la façon de la commenter par exemple quand un candidat quand une liste se présente à la proportionnelle nous qu'est-ce qu'on dirait on ne dirait pas qui va gagner et qui va perdre on dirait qui va s'allier avec qui et donc toutes les tractations pour savoir comment on va amender son programme elles sont traitées dans la campagne quand un social-démocrate allemand un électeur social-démocrate allemand vote pour les sociodémocrates en Allemagne il ne vote pas en se disant j'espère que mon parti va gagner et que tout le programme sera appliqué parce que d'abord en Allemagne mais ils ont cette culture-là depuis très longtemps ils ont cette culture-là parce que c'est attendez attendez

30:57
Présentateur

et

30:58
Invité

il espère que son programme sera la base de la négociation

31:03
Présentateur

parce qu'on ça change tout mais parce qu'on sait faire avec la proportionnelle Thomas Legrand depuis très longtemps on est obligé

31:07
Invité

dans les pays qui l'appliquent nous on savait faire sous la 3ème sous la 4ème république on sait faire dans les entreprises 80% des accords d'entreprise la CGT a voté donc vous voyez on sait faire partout sauf en politique donc c'est pas dans notre culture ça je récuse le côté culture révolution on s'affronte on aime ça c'est très facile à commenter pour nous ça c'est plus facile mais en réalité ça créerait une obligation de s'entendre chacun tous les candidats qui se présentent aucun ne pourrait penser qu'il va tout appliquer et voilà et le tout ou rien de Mélenchon ou de Le Pen serait impraticable c'est marrant

31:45
Présentateur

parce qu'on a une auditrice sur Whatsapp qui nous dit Thomas et son obsession pour le compromis écoutez un mot Maxence et puis on retourne au standard

31:52
Invité

je ne crois pas du tout je ne suis pas du tout sur l'hypothèse de Thomas je pense qu'il faut une génération pour changer cette affaire je suis trop vieux je suis désolé mais avec les personnels qu'on a en face de nous et les animaux politiques qu'on a qui resteront après une proportionnelle ils seront même en tête de liste tous ceux qui sont aujourd'hui sur les plateaux oui d'accord mais on voit bien ce qu'on a on voit bien ce qui s'est passé hier et avant-hier avec François Bayrou qui a été empêché par ses amis je ne vois pas ces mêmes personnages parce que tous ces gens-là ont été élus en pensant

32:24
Présentateur

qu'ils allaient tout faire eux-mêmes et qu'ils allaient tout gagner et pour nous les électeurs apprendre aussi avec la proportionnelle qu'on ne vote pas pour la personne qui est réellement celle de notre circonscription mais pour la tête de liste etc je pense qu'il y a un apprentissage qui est un énorme apprentissage et pour ça il faut mettre la proportionnelle

32:43
Invité

pour que cette génération commence qu'on commence maintenant

32:45
Présentateur

allez on va à Martig d'abord rejoindre Sylvain bonsoir Sylvain bonsoir on vous écoute

32:50
Auditeur

merci de prendre mon appel merci Fabienne pour vos émissions toujours très instructif merci Sylvain et je vous appelais juste pour mettre un petit message c'était pas forcément une question mais j'ai entendu aujourd'hui j'ai pas vraiment entendu mais j'ai écouté votre émission sur le discours de politique générale de M.

Bayrou et je voulais juste indiquer qu'on n'a pas forcément la même temporalité avec les politiques j'aime bien suivre la politique aujourd'hui mais je trouve que ça va vraiment trop vite qu'on réagit trop vite à tout ce qui se dit ce qui se passe et c'est que des fois nous dans notre piactif en vrai on va pas au même rythme donc c'est juste ok il a dit quelque chose aujourd'hui ça nous plaît ça nous plaît pas mais laissons laissons le faire laissons faire ce gouvernement et on le jugera on le jugera en tant que lui dans un an j'en sais rien on le jugera plus tard mais laissons les faire leur travail comme nous on fait notre travail tous les jours et c'est après qu'on jugera

33:53
Présentateur

merci beaucoup le sagesse absolument mais il est assez conforme Charles Sapoy notre auditeur avec ce qu'on a entendu aussi jusqu'à présent c'est vrai encore une fois on parlait de lassitude est-ce qu'on a envie de se pardon mais de se retaper un épisode de enquête d'un premier ministre le mouton à cinq pattes blablabla

34:13
Invité

quelle fatigue en fait non mais je comprends Fabienne est fatiguée Fabienne n'est pas prête à une série de téléphones sur le mardi le nouveau premier ministre oui quel mardi mais non mais je comprends cette lassitude mais encore une fois normalement dans le jeu normal des institutions c'est ce qui se passe entre deux présidentielles vous avez des élections un peu au milieu souvent des européennes ou des élections régionales mais normalement le gouvernement s'il a une majorité il fait ses réformes on discute et puis à la fin il y a le coup près qui est la nouvelle élection présidentielle bon ce qu'il s'est passé c'est que le président de la république Emmanuel Macron a commencé son second mandat de façon très affaiblie et il a voulu faire un coup de poker c'est à dire il s'est dit c'est très simple moi je ne vais pas terminer mon mandat comme ça je vais me redonner de l'oxygène et pour ça je vais dissoudre l'assemblée nationale il y avait deux scénarios qui pouvaient lui être favorables le premier c'était que le rejet que suscite la France insoumise à gauche et le rejet que suscite le rassemblement national à droite pouvait un peu par miracle reconstituer un bloc centriste et finalement il se retrouvait avec une majorité solide et un pouvoir légitimé qui lui permettait d'aller jusqu'à la fin de son mandat ce n'est pas ce qui s'est passé il y avait une autre solution c'est que finalement il y ait un vote contre lui tellement fort que le rassemblement national gagne une majorité et il devenait finalement le premier combattant opposant à la lèpre populiste au pouvoir et finalement il avait un rôle institutionnel intéressant

35:44
Présentateur

on a compris effectivement quels étaient ses calculs mais il s'est juste planté sur chacun de ses calculs

35:47
Invité

évidemment Gabriel Attal a appelé en fait à faire front républicain il y a eu des désistements de candidats il ne l'avait pas compris et finalement aucun de ces deux scénarios s'est révélé bon et il se retrouve encore plus affaibli que quand il a commencé son second mandat mais du coup finalement tout ça pour répondre pardon c'était un peu long mais normalement laisser le temps à un gouvernement d'appliquer ses réformes et juger à la fin c'est ce qui se passe institutionnellement le problème c'est que le président de la république lui-même en a décidé autrement

36:14
Présentateur

allez il nous reste très peu de temps mais on a du temps pour vous Pierre-Antoine bonsoir

36:18
Auditeur

oui bonsoir merci pour mon appel moi je voulais juste juste souligner le poids de la dette et en fait il n'avait pas trop le choix d'essayer de l'emminer par rapport à cette question du poids des agences de notation et autres créanciers pour éviter effectivement de mettre en difficulté un peu plus la situation économique en France donc c'est bien qu'il ait accepté cette réforme et qu'il ait donné trois mois pour effectivement essayer de changer ensuite dans les détails

36:53
Présentateur

merci Pierre-Antoine pardon de vous presser mais il nous reste une petite minute Thomas Legrand peut-être que la vertu de cet épisode politique que nous traversons depuis le mois de juin dernier c'est que le poids de la dette la question de la dette la résorption de la dette oh là là c'est désormais c'est au centre exactement et dans nos conversations aussi c'était pas le cas avant oui bien sûr

37:14
Invité

mais c'est pas qu'une question économique puisque en fait le poids de la dette est d'autant plus lourd que la politique est instable donc même si ça coûte un peu de faire des compromis il faut une stabilité et là le discours il était évidemment il y avait la dette au centre du discours mais le discours visiblement ne permet pas d'installer durablement la stabilité alors je ne sais pas quel est le bon calcul mais peut-être que quelquefois il faut payer un petit peu pour stabiliser et donc réduire le poids de la dette

37:45
Présentateur

il fallait s'entendre c'était à la fois presque naïf mais en même temps on peut comprendre peut-être qu'il n'y aura pas de grand soir

37:52
Invité

c'était sa conclusion il n'y aura pas de grand soir de fait avec toutes ces contraintes sur les épaules il ne peut pas y avoir de grand soir et la dette est une contrainte très forte

38:02
Présentateur

voilà c'était sa conclusion mais ça n'est pas la nôtre car il y en aura d'autres des téléphones j'en ai fait grand plaisir

38:07
Invité

autour de ce thème là allez la question des petits bateaux c'est pas trop fatigué quand même c'est pas trop fatigué quand même