Rachida Dati - On n'est pas couché - 15 novembre 2014 #ONPC
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 22 %Attaque 49 %Défensif 29 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 65 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:47OuverteRéponse partielle
Est-ce que c'est votre état actuel, madame Rachida Dati ?
- 2:26FerméeÉludée
En ménageant M. Juppé ou pas ?
- 3:41FerméeRéponse partielle
Votre choix est déjà fait pour la primaire ?
- 3:57FerméeÉludée
Là, pareil, votre choix est déjà fait ?
- 5:25RelanceÉludée
Votre réponse est très intéressante, mais c'est un peu perdu par rapport à la question initiale.
- 5:40OuverteRéponse directe
Pensiez qu'un jour Alain Juppé ferait la une des Inrocks ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:05Invité politiqueFait
« Moi, j'ai toujours soutenu Nicolas Sarkozy. Je le soutiens, évidemment. »
- 2:38Invité politiqueFait
« Évidemment, je soutiens Nicolas Sarkozy. Mais le 21 novembre, j'accueille Bruno Le Maire dans le 7e arrondissement. »
- 3:23Invité politiqueFait
« Certains veulent que ça se prépare très vite et que ça s'organise très vite pour ensuite amorcer la campagne présidentielle, vu l'État de la France. »
- 3:37Invité politiqueFait
« Pour l'instant, c'est entre fin 2015 et début 2016. »
- 4:21Invité politiqueFait
« Ce qui est intéressant, moi, je trouve que ce qui est intéressant, c'est de participer à l'histoire de son pays. »
- 4:36Invité politiqueFait
« Si effectivement, être conseiller judiciaire du président de la République, c'est pas déshonorant. »
- 5:07Invité politiqueFait
« Enfin, j'avais travaillé sur le programme. »
- 5:10Invité politiqueFait
« Je suis magistrat moi-même. »
- 5:12Invité politiqueFait
« Je travaille depuis l'âge de 16 ans et demi. »
- 5:57Invité politiqueFait
« Je pense que ça va être un premier tour d'élection présidentielle. »
- 7:06Invité politiqueFait
« Rappelez-vous du discours d'investiture du 14 janvier 2007. »
- 13:41Invité politiqueFait
« C'est de dire, aujourd'hui, la maîtrise des flux migratoires est incontournable. »
- 14:53Invité politiqueFait
« Moi, c'est pas nouveau. C'est une proposition que j'avais faite il y a plus d'un an. »
- 22:02Invité politiqueFait
« Son erreur est de ne pas avoir dit la vérité du premier coup. »
- 25:11Invité politiqueFait
« Je vous en parle comme ami. »
- 25:21Invité politiqueFait
« En responsabilité, le comportement peut changer. »
- 27:12Invité politiqueFait
« François Fillon, quand il est candidat pour être dans la circonscription ou naturellement comme maire du 7e, comme il n'y avait pas d'autres candidats, je devais être candidate. »
- 28:26Invité politiqueFait
« Je lui dis, est-ce que tu crois pas qu'on peut s'entendre, on peut en parler ? »
- 30:25Invité politiqueChiffre
« On a des notes de Bercy qui disent qu'il n'est absolument pas illégal que l'UMP paye en lieu et en place, c'est déjà arrivé, les pénalités, les sanctions à l'encontre du candidat Nicolas Sarkozy. »
- 30:56Invité politiqueFait
« Et quand je lis le canard enchaîné cette semaine, c'est François Fillon et son avocat qui n'est pas l'avocat de l'UMP qui a demandé, qui aurait demandé... »
- 31:11Invité politiqueFait
« Non, ça m'a gênée qu'on essaye de tirer contre son camp alors même que Nicolas Sarkozy était dans son bon droit. »
- 36:08Invité politiqueFait
« Je pense que le jour où les hommes politiques n'auront pas vocation à se faire réélire, il y aura peut-être un peu plus de courage politique. »
- 37:34Invité politiqueFait
« Quand les investitures, ils se les refilent entre eux, ils vous disent excusez-moi, on peut peut-être changer un peu, il y a un tel, on a milité, on a des convictions, on se bat et qu'eux se battent entre eux, franchement, ça vous écœure. »
- 43:07Invité politiqueChiffre
« La pauvreté, je vous renvoie au rapport du Secours catholique qui dit effectivement que la pauvreté chez les seniors a augmenté. »
- 44:58Invité politiqueFait
« Je n'ai jamais eu de conflit d'intérêts, sinon ça se saurait. »
- 46:43Invité politiqueFait
« Je n'ai jamais eu de conflit d'intérêts, sinon ça se saurait. »
- 47:05Invité politiqueFait
« J'ai eu une lettre du président du Parlement européen qui a dit, chez Mme Dati, il n'y a aucun conflit d'intérêts. »
- 47:39PrésentateurChiffre
« Vous avez déclaré en 2010 620 000 euros de rémunération de vos activités en tant qu'avocate. »
- 47:45PrésentateurChiffre
« En 2011, vous avez déclaré un peu plus de 500 000 euros. »
- 47:47PrésentateurChiffre
« En 2012, 700 000 euros. »
- 47:50PrésentateurChiffre
« En 2013, ça baisse. Il y avait 250 000 euros. »
- 48:01Invité politiqueFait
« Parce que 2014, j'ai eu deux campagnes. »
- 48:53PrésentateurChiffre
« Vous savez qu'il n'y a que 4% des députés européens-anglais qui cumulent une autre activité ? »
- 49:01Invité politiqueFait
« Il y a des pays où vous pouvez être député et ministre en même temps. »
- 49:20Invité politiqueFait
« Non, pas du tout parce que tout est contrôlé. »
- 49:28Invité politiqueFait
« Il est renvoyé au tribunal correctionnel. »
- 49:46Invité politiqueFait
« Ça, c'est pleinement un conflit d'intérêts. »
Temps de parole
- Rachida Dati50 %
- ?13 %
- Locuteur 911 %
- Présentateur10 %
- Locuteur 27 %
- Locuteur 64 %
- Locuteur 13 %
≈ 33,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Maintenant, celle qui a été porte-parole de Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle en 2007, avant d'être nommée, vous vous en souvenez forcément, ministre de la Justice. C'était un événement poste qu'elle a occupé pendant deux ans sous la gouvernance de François Fillon, élu maire du 7e arrondissement depuis, c'était en 2008, réélu d'ailleurs cette année, députée européenne aussi depuis 2009. C'est une personnalité incontournable de la droite française et a tellement d'actualité actuellement en politique autour du gouvernement, mais surtout à l'UMP avec le retour de Nicolas Sarkozy. Il a monté dans les sondages du candidat Juppé qui fait même la une des Arocs.
Juppé, candidat des Arocs quand même, ça c'est quand même assez incroyable. L'affaire Fignon-Jouillet, bref, de quoi parler avec Rachida Dati.
J
'ai certainement entendu ma présentation, madame Rachida Dati. Et c'est vrai, je mets à votre place, et pas seulement à la vôtre, mais à la place de tous ceux qui sont à l'UMP, ni candidat pour la présidence de l'UMP, ni candidat, parce qu'on les connaît déjà à peu près, pour la primaire, pour la présidentielle dans un an. Et je me dis, ça ne
va
pas être facile parce qu'il faut choisir le bon camp. Si on veut à nouveau être ministre en 2017, parce que c
'est
à peu près l'objectif normalement des politiques, si on veut être ministre en 2017, il faut réfléchir maintenant à choisir ou le camp Fillon, ou le camp Juppé, ou le camp Sarkozy. Et là, vous dites, pourvu que je ne fasse pas de colis. Est-ce que c'est votre état actuel, madame Rachida Dati
? Moi, je
trouve que mon politique est mon parcours, mon tempérament. Moi, je suis quelqu'un de loyale. Alors c'est vrai que la loyauté, parfois, elle conduit à soutenir parfois des choses avec lesquelles on n
'est
pas forcément d'accord. Moi, j'ai toujours soutenu Nicolas Sarkozy. Je le soutiens, évidemment. Ça ne
veut
pas dire que je suis d'accord avec lui sur tout, et notamment sur sa vision de la politique nationale aujourd'hui, puisque ça a changé depuis 2007,
à
l'époque où j'étais sa porte-parole. Mais je suis loyale. Je ne l'ai jamais trahi et je n
'ai
jamais été dans la déloyauté. Donc
vous avez choisi votre camp. En ménageant
quand même M.
Juppé ou pas
?
Non, mais ça ne veut pas dire que je suis contre un tel ou un tel. Regardez, sur la présidence de l'UMP, il y a trois candidats, Hervé Mariton, Bruno Le Maire et Nicolas Sarkozy. Évidemment, je soutiens Nicolas Sarkozy. Mais le 21 novembre, j'accueille Bruno Le Maire dans le 7e arrondissement. On fait une réunion avec des militants. Je l'accueille. C'est normal. C'est quelqu'un de notre famille politique qui fait une bonne campagne, qui correspond aussi à une vision et à des idées de nos électeurs et de nos militants. Donc moi, j'estime que je ne suis pas hostile à Bruno Le Maire. Je ne suis pas son ennemi, comme je ne suis pas hostile ni l'ennemi de Hervé Mariton, que je reçois également.
Il va venir aussi dans le 7e. Ils en font des voyages. Et alors, ça, c'est d'accord. Bon, mais on connaît le résultat pour la présidence de l'UMP. C'est Nicolas Sarkozy qui va gagner cette élection à terme. Mais les primaires, ce sera autre chose, quand même. C'est dans un an ?
C
'est un peu plus d'un an, les primaires
?
Il y a un débat sur la date. Certains veulent que ça se prépare très vite et que ça s'organise très vite pour ensuite amorcer la campagne présidentielle, vu l'État de la France. Et puis d'autres estiment qu'on pourrait la faire le plus tard possible, en 2016. Donc, sur la date, ça va se décider après la présidence de l'UMP. Pour l'instant, c'est entre fin 2015 et début 2016.
Alors là, il faudra choisir pour vous et aussi pour pas seulement les militants, les sympathisants. UMP, là, c'est une élection plus large encore, entre sûrement Alain Juppé, peut-être François Fillon s'il va au bout, Xavier Bertrand, qu'on oublie parfois, et évidemment, toujours, on imagine, Nicolas Sarkozy. Là, pareil, votre choix est déjà fait. Ce sera aussi
Nicolas Sarkozy.
Non,
alors
là, je serai plus nuancée. Je vais vous dire pourquoi. Je ne
suis
plus nuancée.
Parce que c'est là que ça se joue, le
poste de ministre.
Non, parce que je vais vous dire, et je lui ai dit, c'est pas... Même en 2007, et ici, d'ailleurs, Claude Guéant en était témoin, moi, je lui avais très bien dit, il voulait effectivement que je sois mise, j'avais participé à l'élaboration du programme présidentiel, notamment sur le programme judiciaire. Mais avec un président ou une personnalité comme Nicolas Sarkozy, ce qui est intéressant, moi, je trouve que ce qui est intéressant, c'est de participer à l'histoire de son pays. Et c'est vrai que d'être son collaborateur et dans son cabinet, vous êtes plus dans le réacteur qu'en étant son ministre. Je le reconnais.
Et donc, moi, j'avais dit à l'époque, si effectivement, être conseiller judiciaire du président de la République, c'est pas déshonorant. C'est vrai que... Parfois, ils ont même plus de pouvoir que les ministres. Oui, mais le quinquennat joue aussi en ce sens. Mais c'est vrai qu'ils voulaient aussi marquer et démontrer que la France avait changé par le bas et qu'en haut, on n'était pas forcément d'accord sur... Enfin, on avait du mal à accepter l'évolution de la France. Donc, c'est vrai qu'il en a fait un coup politique, un savon, mais aussi, moi, j'avais quand même... Enfin, j'avais travaillé sur le programme. Je suis magistrat moi-même. Je travaille depuis l'âge de 16 ans et demi.
Donc, j'ai une activité...
Vous n'étiez pas à la justice
par hasard.
Non, voilà, mais ça a été un débat parce qu'on avait discuté d'un autre poste ministériel et j'avais considéré qu'à la justice, ça avait un sens. Non,
on s
'est
un peu perdu, pardon. Votre réponse est très intéressante, mais c'est un peu perdu par rapport à la question initiale. Parce que j'ai cru comprendre quand même que votre choix n'était pas totalement fait pour la primaire, là, je parle de la primaire, pour la désignation du candidat UMP, pas le président,
le candidat à l'Elysée.
Juppé, ça vous plaît un peu ?
Parce
qu'on sait
que ce n
'est
pas Fillon pour vous. Vous le détestez.
Alors, si vous saviez, moi, ma détestation, je ne la mets pas à ce niveau-là.
Non, mais oui, vous
n'aimez pas beaucoup. Ah,
ça, peut-être que
vous
avez raison. Ça, je ne vous démons pas. Mais le sujet est que la primaire, je pense que ça va être un premier tour d'élection présidentielle. Je pense que les personnes qui vont aller voter pour la primaire vont être bien au-delà de l'UMP, de la droite, du centre. Je pense qu'il va y
avoir
une vraie mobilisation. Je pense qu'il y
aura
des gens qui diront c'est maintenant que ça se joue, d'autres qui diront on veut voter pour tel et tel candidat ou contre un autre. Puis d'autres en disant, il faudrait peut-être qu'on y aille parce que tout le monde y va. Donc je pense que ça va fortement...
Donc
ça n'est pas fait pour vous entre Juppé
et Sarkozy ? Je
trouve que l'État de la France est vraiment aujourd'hui préoccupant et être président de la République et président de la France, ce n
'est
pas être président de la partie. Et donc il y
a
des enjeux, il y
a
une vision, il y
a
des valeurs, il y
a
une identité qu'on doit absolument préserver et sur laquelle on doit avoir un projet très clair, une ambition très claire et une vision très claire.
C'est-à-dire
que le projet Nicolas Sarkozy et sa vision ne sont pas assez claires pour l'instant ? Aujourd
'hui, il est sur un projet lié à l'UMP, sur un parti. Il n
'est
pas sur la France, il est sur un parti, sur une partie des Français. Il n'est pas au-delà de l'UMP.
Mais c'est tout le
problème de la politique. Est-ce qu'on peut dire une chose à ces militants et dire l
'inverse
ensuite à l
'ensemble
des Français ? C'est parfois ce qui se passe
dans
tous les
partis. Non mais bien sûr, sans doute. Je dis simplement, rappelez-vous du discours d'investiture du 14 janvier 2007. D'ailleurs, tout le monde avait salué ce discours. C'est vrai qu'il disait à ce moment-là qu'il avait été élu président de l'UMP en novembre 2004. Donc il avait reconstruit ce parti. On avait travaillé sur le fond. On avait élaboré un programme présidentiel. On faisait des conventions. On avait vraiment mobilisé vraiment les Français autour d'un projet politique. Ensuite, quand il est investi candidat à l'élection présidentielle, il demande, il dit, je vous demande, mes amis, de me laisser aller au-delà de mon camp. Pourquoi ? Parce qu'il y
avait
des sujets sur lesquels il fallait aller bien au-delà, simplement d'un aspect partisan. Donc ce sont deux exercices différents. Ce sont deux responsabilités vraiment
différentes. Donc, j
'essaie quand même d'obtenir un petit début de réponse. Alain Juppé pourrait être un meilleur président de la République que Nicolas Sarkozy
? Aujourd'hui, j'écoutais tout à l'heure, c'était vous, je crois, Léa Saint-Marie en disant, maintenant, en citant le général de Gaulle, tout le monde est candidat à tout. Tout est possible. Après
moi, il y aura le trop-plein.
Oui, on est aujourd'hui dans un trop-plein. Le sujet, il est... Moi, j'aime trop ce pays.
J
'aime trop... Moi, je suis irriguée par la France. Vous,
vous ne
serez pas candidate, en tout cas ? Non. Non, parce que Cécile Duflo a dit qu'elle avait les épaules. Vous, pas encore
?
Non, c'est pas comme ça. La France mérite mieux que ça. Je trouve qu'il faut avoir... Pas
gentil pour vous, ce que vous venez de
dire. Non, mais c'est pas... C'est pas une télé-réalité, quoi. Si je suis pas candidate à un truc en disant, tiens, je vais passer le concours, je vais essayer. Si je l'ai pas, je négocierai ma moyenne. C'est
une bonne réponse.
Je trouve que c'est un grand pays. Moi, je suis députée européenne, je voyage beaucoup. Je vais faire des observations pour des élections dans des pays qui ne sont pas démocratiques. Vous dites Paris, vous dites la France,
ça
fait rêver. On a une influence et un rayonnement qui est en train de diminuer, pour ne pas dire disparaître aujourd'hui. Donc, je trouve que c'est pas un casting que de diriger ce grand pays.
Mais quand même,
Juppé à la une des inrocks, je sais pas si on l'a et on peut la montrer, mais ça paraît incroyable aujourd'hui. Pensiez qu'un jour, Alain Juppé ferait la une des inrocutibles et pourrait être, en gros, le candidat aussi, en quelque sorte, je caricature, mais le candidat de la gauche quelque part aussi.
Oui,
mais
ça, c'est aux médias qu'il faut le dire.
C
'est-à
-dire
qu'aujourd'hui,
est
-ce que, on n'arrête pas de dire, est-ce que Nicolas Sarkozy a changé, est-ce qu'il a changé ? Est-ce qu'il a changé
?
Juppé ? Oui, depuis, c
'est
une époque où il était quand même au-nit par beaucoup de monde. Donc, pareil, le sujet...
Qu'est-ce
que vous
pensez
?
Vous
pensez qu'il n
'a
pas changé ?
Merci
de faire question-réponse.
On
a le sentiment, pardon, lorsqu'on vous écoute, essayez d'esquiver un peu les questions de Laurent, que vous avez envie de soutenir naturellement Nicolas Sarkozy, que vous avez un petit peu commencé à soutenir, mais que vous ne voulez pas le dire complètement de manière à pouvoir monnayer votre soutien.
Non, pas du tout. Qu'est-ce que je vais monnayer ?
Ah, je ne
sais
pas. C'est à vous de le savoir. Ce n
'est
pas à moi.
Justement, qu'est-ce que je vais monnayer ? Vous voulez quoi ? J'ai été... Attendez, M. Caron, je
vais... Vous savez mieux que
moi
? Justement, je le sais mieux que vous, donc je vais vous répondre. Je trouve... Enfin, c'est quand même un grand pays. Je trouve que... Mais
c'est un peu vite de
dire ça. Pardon,
pardon, je l'ai dit. Ça fait deux ou trois fois
que vous nous dites depuis 5
minutes, on a compris que c'est un grand pays. La question, c'est qui allez vous soutenir ? Quels sont les
arguments pour vous soutenir
un tel ou un tel ? Voilà, c'est très clair.
Ah bon ? Et vous,
vous
votez pour un président, vous votez pour qui ?
Vous savez, moi, je ne
suis
pas dans votre fauteuil.
En fonction de quoi ? Moi,
je ne
suis
pas encore invité politique de l
'émission. Moi, je n'ai pas été ministre. Moi, je ne suis pas
député européen.
Donc, moi, j'ai le
droit
encore de conserver pour moi. Ah oui,
vous
voulez
que...
Oui, vous êtes citoyen.
Donc,
si
vous
votez pour un président... C'est moins important pour les Français de savoir pour qui je vote, qui je vais soutenir. Et on s'en doute un peu, en
plus.
Ça, c
'est sûr, Cécile Duflo. On ne
va
pas loin.
Non, c'est pas vrai. Mais vous voyez,
c'est en termes en taux.
C'est que vous
? Non, vous
n
'avez pas...
Eva Jolie, Mais pas
du
tout. Vous voyez, ça fait partie des gens pour qui je n'ai pas voté.
Je vous demande pour qui vous votez. Pour quand vous choisissez un candidat à
l
'élection présidentielle. Vous votez pour quoi ? Pour un projet ? Pour une vision ?
Absolument.
Pas uniquement pour un nom et un prénom.
Il est trop tôt pour le dire. C'est ce que vous voulez dire.
Donc, je dis aujourd'hui, Nicolas Sarkozy, c'est plus pour moi qu'un candidat à l'élection présidentielle. C'est un ami. Donc, si mon ami, c'est le meilleur pour diriger la France, je voterai pour lui. Et je le soutiendrai sans rien monnayer comme je n'ai jamais rien monnayer.
Aujourd'hui, vous n'êtes
pas encore sûr que ce soit
le meilleur. C'est ce que vous vous dites. Parce que
peut-être, vous faites partie des gens qui sont un peu déçus du retour de
Nicolas Sarkozy.
Ce n
'est
pas la déception du retour. C'est qu'aujourd'hui, je n'ai pas entendu le projet qui redresse la France. Pourtant,
vous l'avez entendu,
Nicolas Sarkozy, il fait des meetings, il les
multiplie, il parle. Oui, pour
la présidence
de l'UMP. Et vous n'êtes pas très... Pour la présidence de l'UMP.
Non, mais Léa Salamé.
Il fait preuve
dans ce discours, pardon, je complète la remarque de là. Il parle bien de la France.
Il
parle de sa vision de la France. Quand il dit, par exemple, qu'il faut revoir notre vision de l'immigration, etc., là, il n
'est
pas juste candidat de l'UMP. C'est un projet
pour
la France. C'est un projet pour la France, vision UMP. Quand vous êtes candidat à l'élection présidentielle, il faut aller au-delà de votre camp. Donc, à un moment donné, ce projet va s'étoffer. Par exemple, quand il était ministre de l'Intérieur, il était favorable aux droits de droite des étrangers. Il était favorable en tant qu'aussi chef de parti comme candidat à l'élection présidentielle.
Il
ne reprend pas la proposition. C'est
ça qui est
terrible, d'ailleurs.
Terrible pour vous
?
Non, terrible parce qu'un homme politique défend une idée. Celle-ci ou une autre. Celle-ci ou une autre,
absolument.
Et puis, il va en changer en fonction d
'intérêts électoraux.
Non, il n'a pas changé. Sa conviction est toujours la même, même aujourd'hui. Il dit simplement que je n'avais pas de majorité, y compris dans mon parti, mais aussi au niveau des Français. Donc, que ce soit ma conviction, oui, mais le projet, c'est aussi un compromis.
Est-ce que vous avez
compris la conviction et les convictions de Nicolas Sarkozy depuis son retour sur l'immigration, par exemple, ou sur le mariage gay ? Est-ce que vous avez compris où il se positionne, Nicolas Sarkozy
? Sur l'immigration ? Sur l
'immigration, vous avez compris ?
Parce que tout
à la fois, il a un meeting où il nous fait un main-coulpas sur le discours de Grenoble en disant si c
'était
à refaire, je l'aurais fait différemment. Oui. Et deux semaines après, il se retrouve à Nice et il nous explique que l'immigration menace le savoir
-vivre de la France. Oui, là, c'était
pour les électeurs niçois.
Donc, c'est... C'est comme ça. Non, mais c'est ce que vous vous expliquez. C'est
en fonction... Mais c'est exact.
Non !
C'est en fonction. Non !
Il
y a un peu de ça à avouer.
Mais non, c'est pas en fonction. C'est pas en fonction de
la ville ou du public. Je dis simplement... Un peu quand même.
Mais un peu quand même.
Non, mais quand vous
passez... Non, mais quand vous passez le bac, vous passez pas central ou... ou... ou n'importe quelle école d'ingénieurs. Quand vous passez le bac, vous passez pas le brevet des collèges.
Rachida Thier, est-ce que vous avez compris la position de Nicolas Sarkozy sur
l'immigration ? Sur l'immigration, c'est laquelle ? Oui,
elle a toujours été constante. C'est de dire, aujourd'hui, la maîtrise des flux migratoires est incontournable. C'est pas être raciste que de le dire. C'est pas d'être d'extrême droite que de le dire. C'est une réalité. Y compris la gauche,
il
vient Bernard Cazeneuve que
je
soutiens sur cette action. Il souhaite maîtriser les flux
migratoires. L'immigration
menace notre façon de
vivre. Vous êtes d'accord avec
cette phrase de
Nicolas Sarkozy ? Non, je ne suis
pas d'accord. Parce que maîtriser l'immigration,
c
'est... On peut effectivement... Ça ne menace pas... Si on la maîtrise, ça ne menace pas notre façon de vivre. Donc, il faut maîtriser l'immigration. Mais la deuxième phrase ne me convient pas. Et je trouve, c'est pas à la hauteur pour un président de
la
République.
C'est pour ça que je vous
pose la question initiale. Est-ce que vous faites partie de ceux qui ont été un peu déçus de Nicolas Sarkozy
de ce retour ? Non, c'est pas déçu de son retour. On a du mal à
savoir
précisément où il se situe.
C'est
pas déçu de son retour puisqu'il est... Il veut devenir président de l'UMP. Je vous dirai cela après la présidence de
l'UMP. Alors, juste dernière question
avant de parler de l'actualité de la semaine, notamment de
l
'affaire Fillon. Mais pour parler, pour rester sur l'immigration, est-ce que vous avez vu l'interview de François Fillon et ce qu'il propose ? François Fillon sur l'immigration, il est favorable pour instaurer des quotas d'immigration en fonction des origines de
la nationalité. Vous êtes favorable à cela ?
Moi, c'est pas nouveau. C'est une proposition que j'avais faite il y a plus d'un an. Il y a plus d'un an. Et j'avais été un peu...
D
'ailleurs, je l'avais proposé dans le cadre du programme de la campagne européenne et on m'avait dit on ne prend pas cette proposition. Moi, j'étais sur la vision de David Cameron qui dit il faut instaurer des quotas d'immigration, y compris intra-européens, quand les pays subissent des crises violentes en termes de chômage, de logement, même social, et de dire pendant un certain temps, est-ce qu'on peut maîtriser l'immigration ? Et dans ce cas-là, il faut un débat au Parlement de dire Donc
vous êtes sur la ligne Fillon sur ça ? Quotas
ethniques
?
Non, ce n
'est
pas Quotas ethniques. Je vous parle de
Quotas...
C
'est
Quotas nationalité.
On prend tant d
'algériens... Léa Salamé de Grasse. Vous faites deux questions dans la même. Vous dites Quotas puis Quotas ethniques. Quotas, c'est une chose. On dit l'économie française a besoin d'un million d'immigrés pour telle et telle qualification, pour tel et tel emploi. C'est démocratique, c'est transparent, c'est un débat au Parlement national. Tous les Français sont concernés par ce débat. On dit par année on accueille tel et tel quota d'immigrés sur tel emploi parce qu'on est en flux tendu. Ensuite,
quotas
ethniques ou quotas d'origine. Ça n'a aucun sens. Là, c'est stigmatisé. C'est-à
-dire
quoi ?
C
'est-à
-dire
qu
'on
va dire on veut... Alors, on va faire un débat, on va dire on veut... On a besoin pour des métiers, je dis n'importe quoi, le bâtiment, la boucherie, peut-être, parce que, par exemple, en médecine,
on
a besoin sur des infirmières. Donc, on dit puisqu'on n
'a
pas pourvu tant d'emplois, on a besoin d'une immigration. C'est ce qu'a fait l'Allemagne. On a besoin de main-d'oeuvre étrangère. Donc, on va dire quoi ? Alors, pour les médecins, on prend les Algériens. Pour les infirmières, on prend les Chinois. Donc,
vous êtes opposé au quota ethnique.
Alors, on dit... Alors, comment on choisit ? Non, mais c'est juste
du bon sens. Non, mais pour avoir votre point de vue, c'est ça ? Moi, je
trouve à la nuit, ça peut se défendre, mais on le défend comment
?
Moi, je veux bien, mais si on dit le marché français a besoin de tant d'emplois et dans telle filière et telle qualification, comment je sais ? Sauf à dire que nous avons des équivalences de diplômes ou de métiers avec tel pays. Et dans ce cas-là, ce sont des accords sur un pays en disant puisque dans ce pays-là, on a une formation qui
est équivalente
et reconnue dans le pays, alors on prend par exemple des Algériens ou une main-d'oeuvre d'origine du pays d'Algérie. Mais de dire quota ethnique, il faut faire attention.
Ça
vous gêne.
Vous avez aussi évoqué le mariage pour tous. Là aussi, on sent que Nicolas Sarkozy n'est pas tout à fait clair. Il n
'a
pas décidé, on
a l'impression. Alors que, vous avez vu,
pareil, Alain Juppé dans les Arocs, il a surpris tout son camp cette semaine en disant la première fois qu'on entend ça dans la bouche d'Alain Juppé.
D
'ailleurs, il dit j'ai changé d'avis. Je suis maintenant pour les couples du même sexe. Ça vous a surpris de la part d'Alain Juppé ?
Est
-ce que vous partagez son avis ?
Est-ce
que vous avez évolué
? Oui, alors,
justement, sur le sujet du mariage pour tous et de l'adoption. Moi, il y
a
un sujet sur lequel, effectivement, je suis totalement hostile et sur lequel je ne peux pas évoluer justement parce qu'il y
a
des études et j'ai vu aux Etats-Unis et j'ai vu les dégâts que ça pouvait faire c
'est
les mères porteuses
sur les femmes sur les femmes
et on oublie une chose. Regardez, il
y
a des études, notamment les femmes
qui demandent à Alain Juppé. C
'est pas ce qu'il dit. Non,
mais
on peut évoluer sur des études. Ça,
c
'est quand même sur les femmes qui deviennent mères porteuses. Souvent, ce qu'on oublie pour les femmes, c'est qu'elles font des traitements hormonaux pour devenir, effectivement, fertiles pour pouvoir avoir des enfants. Et on oublie qu'après, souvent, ces femmes-là ont des cancers ou des pathologies qu'on ne soigne pas ou qu
'on
ne traite pas.
La GPA,
c'est pas du tout la question.
Non, mais, PMA, GPA, c'est... Il
y est opposé aussi, Alain Juppé.
Sur le mariage...
Non,
non, mais
parce qu'il ne
faut
pas laisser faire croire qu'Alain Juppé serait favorable...
Mais est-ce que j'ai dit ça ?
Non,
non, mais,
puisque ce
n
'est pas la question, je ne
sais
pas
pourquoi vous y répondez. Non,
vous me demandez...
Ma question, c'était...
On a jusqu
'à demain matin
? Oui, mais justement, c'est pour ça à l'endroit au but. Ma
question,
c'était est-ce que, comme Alain Juppé, vous êtes favorable à l'adoption
par les couples du même
sexe ?
Vous
me demandiez si on pouvait évoluer sur des sujets ? Oui, Sur ce que je viens de vous indiquer,
je n'ai pas évolué.
Sur le mariage pour tous, quand on écrit le programme de 2007, on avait dit effectivement le mariage est considéré, c'est par définition, c'est fonder une famille et la filiation. Donc on avait dit dans le programme, on fera l'union civile pour les couples homosexuels et le statut du beau-parent pour les enfants dans le cadre de familles recomposées ou de couples homosexuels. Nadine
Morano avait d'ailleurs travaillé en ce sens.
Et j'avais fait le texte comme garde des Sceaux. Le texte était totalement prêt sur le sujet. On a eu deux obstacles. Un, un risque de constitutionnalité et le deuxième, un risque, enfin, un coût financier et on était en pleine crise financière en disant c'est pas prioritaire donc on a laissé tomber. Il faut aussi dire la réalité. Sur le mariage pour tous, moi je vais vous dire, on a fracturé la société française sur un mot. Peut-être qu'on aurait pu éviter cette fracture en mettant peut-être plutôt un autre mot que mariage. Aujourd'hui de dire...
C'est ce que dit aussi Juppé d'ailleurs. Oui,
mais aujourd'hui de dire en 2017 on abroge le mariage on pourrait dire prenons la loi article 1 annule mon mariage et remplace par union pour les couples homosexuels.
C
'est compliqué juridiquement mais pourquoi pas ?
C
'est ce que proposait
Argy Maritain.
Non,
je
vais vous dire pourquoi je n
'y
suis pas favorable parce que ça va créer des
imbrublios
juridiques épouvantables. Sur l'adoption, moi je considère c'est comme pour l'Europe. L'Europe n
'a
pas à s'occuper de tout. L'État n'a pas à s'occuper de tout. Aujourd'hui les adoptions par les femmes célibataires ou les hommes célibataires ou même pour les couples homosexuels c'est possible.
C
'est possible. Il faut laisser. Il faut une loi cadre sur l'adoption telle qu'elle est aujourd'hui. Moi j'ai été magistrat longtemps. Vous savez sur les adoptions c'est pas simple. C'est des procédures longues douloureuses très inquisitrices parfois on va chez vous on va voir comment vous vivez. Donc moi je pense qu'il faut laisser là du cas par cas. Moi je pense que les magistrats font très bien leur travail sur les adoptions. Moi j'en ai fait des plénières pas de plénières mais il faut laisser moi je pense qu'il faut laisser le droit tel qu'il est aujourd'hui. Donc
plutôt sur la ligne Juppé quand même.
Non parce que l
'adoption ce que veut Alain Juppé de ce que j'ai compris Alain Juppé veut une loi qui reconnaisse l'adoption possible
et quasi
automatique pour les couples sexuels. Je ne suis pas favorable à ce qu'on fasse un automatisme qui enlèvera des modalités finalement qui aujourd'hui existent des modalités qui contrôlent l'intérêt de l'enfant. Laissons tel que c'est aujourd'hui.
Aymeric
veut intervenir sur ce sujet ?
Non je...
Alors un autre sujet. J'allais
passer au sujet d'actualité qui nous intéresse particulièrement cette semaine. Tous les deux alors allons
-y. Oui
on va... Ce qui est sur... Évidemment on va demander c'est une question très très simple votre sentiment sur cette fameuse affaire Fillon-Jouillet. Est-ce que selon vous Fillon dit l'entière vérité aujourd'hui dans les médias
? Alors
je vais aller
à
rebours si...
Moi
je trouve que...
Dans
cette histoire où est le problème
?
Qu'a commis Jean-Pierre Jouillet
?
Son erreur est de ne
pas
avoir dit la vérité du premier coup. Alors après...
Jean
-Pierre Jouillet c'est un ami de longue date
avec
son épouse. Je travaillais avec lui lorsqu'il était directeur du Trésor.
C
'est quelqu'un... C'est un grand serviteur de l'État avec des valeurs et des vraies convictions.
Je
vais vous dire. Ça c'est la première chose. C'est pas un homme politique au sens politicien ou tacticien du terme.
Donc
moi ça me gêne... Je vais vous dire la vérité ça me gêne l'acharnement qu'on a sur lui. Moi c'est quelqu'un que je soutiens et que je défends parce que c'est un homme bien. Et je trouve que cette qualification qui a été galvaudée sans sens pour
moi.
Donc
le
mensonge en politique en France est un péché véniel.
Non, non,
mais... Moi
je vous parle d'un homme
que je connais... Un secrétaire général de l'Élysée
qui ment publiquement
qui change de version
c'est un péché véniel.
Non mais ce que je dis pas que c'est anodin et que c'est... Je dis simplement que c'est un acharnement sur un homme que je connais personnellement.
C'est un
acharnement de votre camp, de l'UMP.
Je vous parle de moi.
Je vous parle pas
des autres. Je vous parle de moi. Je trouve que c'est quelqu'un qui est intelligent, qui est un grand serviteur de l'État mais parfois qui peut être ingénu et je peux vous dire que certains aussi ont profité parfois de son ingénusité. Je vous le dis aussi.
Et
les mêmes qui l
'attachent... En fait d'ailleurs, dans un premier
temps si on réfléchit bien,
on
va venir si vous êtes d'accord avec ça. Quand il ment au départ, il ment parce qu'il dit non François
Fillon... Je veux dire, parce qu'il veut pas révéler la conversation. Voilà,
tout simplement il défend mais Fillon au fond, il défend Fillon quand il ment puisqu'il dit non
Fillon m'a jamais demandé ça. Donc
il défend François Fillon.
Il veut pas révéler une conversation privée. Il y a assez d'emmerdes. Il se dit c'est pas la peine. C'est bon,
on
circule, il
n'y a
rien à voir. Mais je le connais.
Faites
attention maintenant à chaque déjeuner à savoir si quelqu'un enregistre la conversation ou
pas. J
'en suis.
Léa
? Ce
qui est intéressant c'est que Aymeric Caron vous a posé une question sur Fillon et vous avez préféré répondre sur... Non mais c'était quoi la question ?
Jean-Pierre Jouillet. Est
-ce que selon vous Fille, je reprends ma question, dit l'entière vérité ?
C
'est l'action que
je
vous pose. Vous ne répondez pas sur Fillon. Vous
savez pourquoi je ne réponds pas très
clairement sur Jouillet ou sur Fillon ? Parce que Jouillet, je le connais mais depuis des années. Et donc, c'est quelqu'un qui n'a jamais failli sur le fond.
Donc voilà. Ça veut dire que
vous pensez que lui, que Jouillet dit la vérité
aujourd'hui lorsqu'il dit ben oui, j'ai reçu cette conversation.
Moi,
ça
a été une épreuve pour moi. Ça a été un grand honneur. Mais c'est vrai que le pouvoir vous isole, que vous devenez un peu parano, que vous êtes un peu... Moi, c'est vrai que j'étais plus dans mon naturel.
C
'est vrai que j'ai... Il faut faire attention à ce qu'on dit. Il faut parfois
mentir. Ah
non, ce n
'est
pas ce que je suis en train de dire. Il faut faire attention à ce qu
'on
dit et parfois un truc anodin, ben vous avez l'impression d'avoir parlé dans un mégaphone sans vous en rendre compte. Donc vous faites gaffe. Il n
'est
pas habitué à ça. Il dit, c'est pas grave. On a dit ça. Moi,
c'est pas grave, c'est pas ça. Vous êtes
en train de nous dire je ne doute pas de la probité de Jean-Pierre Jouyé. Parce
que je le connais.
Absolument. Vous me dites, je n
'en doute pas. Je
vous en parle comme ami. Complètement. Maintenant, ça fonctionne.
Donc ça veut dire
que dans cette affaire, vous pensez que c'est lui qui dit désormais la
vérité. Non, c'est
pas ce que je vous dis simplement. En responsabilité, le comportement peut changer. Vous voyez ce
que je
veux
dire ? Mais à
quel moment...
Si on
peut avoir des animenteurs,
je
veux dire, ce n
'est
pas un problème, ça.
Non,
mais
ça veut dire qu'aujourd'hui, selon vous,
et François Fillon... Vous
visez quelqu'un ?
François Fillon, dont vous n'êtes pas l'ami, ça,
on
est d'accord ?
Mais...
Est-ce
que
lui
serait capable de déformer légèrement la
vérité, selon vous
? Oui ou non ? Oui ou non
? Non, mais ce n
'est
pas binaire. Ben si,
c
'est binaire. Non, la vie, ce n
'est pas binaire. Si, si, non, mais il y a des choses, c'est binaire.
Vous voulez dire, Jean
-Claffé, on a
compris la question. Merci. Rachida Dati. Merci, ça me fait plaisir.
À
votre
service,
madame. Il
faut être prudent pour 2017.
Je dis
simplement... Je ne
suis
pas candidate à l'élection présidentielle.
Vous
habitez le
7e ?
Vous pouvez
être ministre de l'AQ. Ah non, je n'habite pas le 7e. Vous avez
un appart disponible ? Une crèche. Une place en crèche. Une crèche.
Une
crèche n
'est
pas besoin. Un chenille, éventuellement.
C
'est vrai que c'est l'arrondissement, il y
a
le plus d'animaux domestiques.
C
'est pas vrai.
Le
7e.
Ah
bah,
j
'emmènerai
mon chien à faire caca dans le 7e. Oh non, surtout pas.
Rachida Dati,
si je peux vous reposer la question.
Donc, en fait, est-ce que François Fillon a déjà menti
? Est
-ce qu'il est capable de mentir
?
Bah, tout le monde est capable de mentir.
Sauf jouillet.
Mais
même jouillet.
Ah,
ça change. Bah, ça change. Pourquoi ? Parce que la nature humaine est faite comme ça. Après, les responsabilités, la pression,
c
'est... Quand vous avez les pressions, vous pouvez aussi... dire...
Alors, je vais poser ma question autrement, si vous permettez.
Votre sentiment personnel, Rachida Dati, dans cette histoire, est
-ce que François Fillon, à oui ou non,
selon vous, a pu parler, a pu demander, en effet, à Jean-Pierre Jouillet,
de faire pression pour que l'Elysée
intervienne pour accélérer des procédures contre Nicolas Sarkozy ? Votre conviction, c'est possible ou pas possible ?
Demain matin, je vais me faire... Ma conviction, c'est qu'ils ont parlé de Nicolas Sarkozy, de la politique nationale. Voilà.
Alors, je vais vous la reposer, pardonnez-moi.
en général,
et
que vous... Vous
avez
été très claire sur Jean-Pierre Jouillet, on comprend votre position. Alors, maintenant, vraiment, ça se concentre sur François Fillon. Au moins, on a de la chance avec vous ce soir, c
'est
-à
-dire
qu'on n'a pas la mélodie que l'UMP nous a répétée depuis une semaine, c'est « Jouillet, gros menteur » et François Fillon, Blanche Collomb, victime d'un terrible complot. Vous connaissez... C
'est politique.
Non, mais je vous reconnais ça. Vous connaissez... Vous nous avez dit que je connais Jean-Pierre Jouillet depuis longtemps, vous connaissez François Fillon depuis longtemps
également, vous avez été
ministre de son gouvernement, vous connaissez les guerres des droites, vous connaissez, allez, les dissensions, et je vais être diplomatique entre François Fillon et Nicolas Sarkozy. Alors, moi, je vous pose la question, est-ce que vous pensez qu'il a demandé à faire à Jouillet et peut-être à l'Elysée d'accélérer les procédures contre Nicolas Sarkozy ? Est-ce que cet homme que vous connaissez également... On a vraiment envie
de vous entendre, n'exclivez pas, parce que la question, elle est là. Nicolas
Salamé, je vous dis, François Fillon, quand il est candidat pour être dans la circonscription ou naturellement comme maire du 7e, comme il n'y avait pas d'autres candidats, je devais être candidate. Alors là, Nicolas, à ton moment vouloir, parce
qu'il
me disait, oh là là, n'attaque pas, n'attaque pas, c'est pas que j'attaque, je dis uniquement les choses. Je
vais le
voir, je vais le voir, je dis, François, si tu veux te présenter pour Paris, on peut s'entendre. Moi, je voulais même qu
'on
soit candidat tous les deux pour la mairie de Paris, c
'est
-à-dire qu'il soit tête de liste et que je le soutienne. Et le binôme, je pense qu'on aurait pu gagner Paris. Je lui dis, est-ce que tu crois pas qu'on peut s'entendre, on peut en parler ? Moi, je suis en politique, j'ai compris ça, stratégie collective, stratégie individuelle,
ça
marche jamais, on le voit d'ailleurs. Et donc, je lui dis, peut-être ça serait
bien
et ça aurait de la gueule. Il me dit, ça ne m'intéresse pas du tout. Et j'apprends, par hasard, la semaine d'après, qu'il est candidat là où je devais être candidat. Je l
'ai
un peu mal pris.
Sur ça, sur cette affaire, Fillon que vous connaissez. Sur la nature de France. Elle veut dire qu'elle ne peut pas être objective
aujourd'hui parce
qu'il n'a pas toujours été gentil avec elle. Non, non, c'est du passé. Je vous dis sur le temps grand. Elle veut dire que François Fillon
est un homme capable de mentir.
Non, c'est quelqu'un qui peut ne pas vous dire les choses. Oui,
mentir.
Dire une chose et faire le
coup.
Non,
c'est pas mentir. Non, parce que mentir, non, c'est pas ce que je viens de dire, Amérique Caron. Non, mais c'est
trop
facile ce que vous faites. Je vais vous dire. Ce qui m'a gênée, et je l'avais dit d'ailleurs dans un média, c'est qu'en juin, quand Copé s'en va et que le triombe Vira s'installe, à ce moment-là, il y a des commissaires aux comptes qui contrôlent les comptes, qui vérifient les comptes et qui doivent valider les comptes. Les commissaires aux comptes, la procédure est comme ça, c'est le prestataire, son client, c'est l'UMP. Donc il rend compte à l'UMP.
Il
valide les comptes et comme par hasard,
on
se retrouve avec un signalement fait par les commissaires aux comptes à la demande du triombe Vira au parquet, au procureur de la République, sur les fameuses pénalités qui ont été prononcées par le conseiller constitutionnel contre le candidat Sarkozy. Et alors... Donc vous
soupçonnez déjà Fillon de jouer ?
Non, mais c
'est
marrant parce que vous voulez que je réponde, mais si vous voulez me couper, vous n'aurez pas... Et ça peut vous intéresser.
C
'est-à
-dire
qu'on a des notes de Bercy qui disent qu'il n'est absolument pas illégal que l'UMP paye en lieu et en place, c'est déjà arrivé, les pénalités, les sanctions à l'encontre du candidat Nicolas Sarkozy. Nous avons des notes juridiques, des avocats, nous avons Bercy qui a encaissé le chèque sans problème parce qu
'il
a dit que ce n'était pas illégal. Et les commissaires aux comptes qui avaient validé en d'autres temps des condamnations payées par l'UMP en lieu et en place de candidats, cette fois, il y
a
un signalement à la demande des nouveaux chefs de l'UMP. Et quand je lis le canard enchaîné cette semaine, c'est François Fillon et son avocat qui n'est pas l'avocat de l'UMP qui a demandé, qui aurait demandé... Moi,
je
me base sur cet article qui n'a pas été contesté. Donc vous nous dites quoi ? Donc moi, ça, ça m'a gênée. Vous
nous dites François
Fillon essaye de trouver des noises à Nicolas Sarkozy.
Non, ça m'a gênée qu'on essaye de tirer contre son camp alors même que Nicolas Sarkozy était dans son bon droit. C
'est ça qui me gêne. Alors ça vous a tellement
gênée, si je peux me permettre, Rachida Dati, que le 8 juillet dernier, vous avez fait 29 tweets contre Fillon. Il y en a quelques-uns que je vais vous citer. Que ceux qui balancent fassent attention, qu'ils cessent de donner des leçons de morale ou d'exemplarité. Il faut l'être soi-même. La délation et la calomnie ne sont pas nos valeurs que ceux qui prétendent aux plus hautes fonctions qui les bafouent y réfléchissent. La théorie de la bonne apparence dont se sert allègrement François Fillon n'autorise pas tout, y compris les méthodes de voyous. Ce tweet-là, par exemple, il est clair.
Parce
que je veux vous dire, vous vous souvenez à quelle époque, c'est on balance sur tout le monde tout et n'importe
quoi. Non, là c
'est François Fillon.
Oui.
Et à ce moment-là, à l'UMP, on me dit, c'est l'entourage de François Fillon qui balance toutes les horreurs immondes. Moi, je me suis pris une campagne, Léa Salamé, sur mon origine, sur ma famille, sur ma petite-fille, avec des affiches immondes sur l'école de ma fille. Immondes. Voilà. Et
donc quoi ? Vous soupçonnez Fillon ? Ces méthodes-là,
je ne supporte pas. Moi, j'aime. C'est-à
-dire
qu'on n'est pas d'accord, on n
'est
pas d'accord, mais tu viens pas dans mon dos et tu ne balances pas. Ce n
'est
pas ma méthode, ce n
'est
pas ma
morale, Est-ce que c'est ce qu'il a fait aussi avec Fillon ?
Je n'étais pas à ce déjeuner. Je vous dis simplement que moi, ce qui m'a gênée dans le comportement de François Fillon, c'est dès lors où il prend l'UMP, on s'attaque à Nicolas Sarkozy alors qu'il était dans son bon droit. C'est tout. Ça,
ça
me gêne. Quelqu'un qui l'a servi pendant 5 ans. Nicolas Sarkozy, il a fait prince quand même. Il est devenu Premier ministre. Si aujourd'hui, il est présidentiable, c'est quand même grâce à Nicolas Sarkozy. Ce n
'est
pas grâce à la Sarthe. Pardon.
Ce n'est
pas gentil pour les Sartheois
qui nous ont.
Non, ce n
'est
pas ce que je veux dire. Mais il l'a quand même mis en haut de l'affiche. C'est quelqu'un... Il n'y
a
pas un bout de gens qu'il connaissait avant qu'il soit Premier ministre, à part nous dans le microcosme. Il faut dire la vérité. Alors c'est violent, c'est brutal, c
'est
tout ce que vous voulez. Mais moi, je ne le dis pas dans le dos. Je lui dis... Et ce que je vous dis
là, je l'ai déjà dit en
face. On a compris votre position.
Léa Salamé, Emre Carouf, vous réfléchissez à une toute dernière question. Je fais un petit tour de table. Jean-Benzigui, vous auriez une question à poser à Mme Rachida Dati. Non, moi, je me souviens d'une petite fille
que
j'ai élevée
qui
disait « Je ne suis pas une menteuse. Simplement, je ne dis pas toujours la vérité.
»
Et j'ai l'impression que dans cette affaire, c'est ça.
Merci, M. Vigizi.
De quoi vous aimeriez entendre parler Mathieu Kassovitz avec une ex-ministre de la Justice, députée européenne, maire du 7e arrondissement
de Paris.
Quels sont les sujets qui vous intéresseraient, Mathieu
?
Je ne sais pas. Les sujets qui intéressent les gens ?
Alors, lesquels ?
Des
sujets profonds. Pas des petites guerres.
Le chômage
? C'est de la pollution, ça.
La lutte contre le chômage
?
Honnêtement, même quand on parle des sujets de fond, non, je ne
sais
pas. Franchement, je ne
sais pas. Je
ne
vois
pas ce qu'ils peuvent trouver comme solution. Je pense qu'ils n
'en
ont pas. Je pense qu'ils sont perdus dans leur propre
univers
et leurs propres bulles et que ça ne nous concerne pas,
qu
'on n'en a pas besoin.
Vous avez
raison. Là-dessus, je vous rejoins totalement.
On
voit, et c'est comme ça qu'ils prospèrent
là
-dessus.
Magnifique,
magnifique.
Non, mais c'est magnifique. Vous êtes magnifique. Les extrêmes.
Et ce qu'a dit Jean sur la petite fille qui parlait du mensonge, votre notion du mensonge et de la réalité n'est pas la même que la nôtre.
Vous avez raison. Vous n'avez
pas du tout, on ne vit pas du tout dans la même bulle, dans le même monde. Et vous avez la prétention de nous diriger, de nous dire quelle est la direction qu'on doit prendre. Je suis choqué et j'ai toujours été choqué par ça. Et vous nous donnez la preuve de cette incompréhension jour après jour, année après année, élection après élection. Ça n'arrange rien et vous êtes là et vous complaisez exactement comme la télé-réalité dans votre propre petite misère. Vous ne cherchez pas les solutions pour l'extérieur, vous cherchez les solutions pour votre petite
majorité.
Et ça, je trouve
que
ça... C
'est facile ce qu'on me dit. Je sais que c'est facile. C'est un peu facile. Je sais
que c'est facile.
Je vous regarde, je dis simplement, c'est facile ce que vous venez de dire. C'est tellement facile de dire que vous êtes des nuls, vous vous complaisez, on se bat, on se bat comme on peut. C'est pour ça que je dénonce ces
médias. Je ne dis pas que vous êtes des nuls,
je dis que vous n'avez pas de solution.
Si, on a
des solutions. Simplement.
Ok.
Alors, mais appliquez-les et arrêtez
de la télé pour en parler.
Non, ce n
'est
pas des carrières. Mais
si, moi, je
suis...
Je
ne
suis
pas en
fait
carrière politique.
Je
ne
suis
pas en fait mais je
n
'ai
pas en
fait mais je n
'ai
pas en fait mais vous savez, je suis partie
pour l'étranger
pour comme ça, pour l'aventure. Quand je suis partie, Nicolas Sarkozy était président
et
voilà.
Et
aujourd'hui...
Non
! Je deviens et je reviens quatre ans après et François est le président et Nicolas Sarkozy espère revenir et
je
vois des gens mais déprimés, tristes, inquiets et je vois des hommes politiques qui font des carrières politiques. Je pense que le jour où les hommes politiques n'auront pas vocation à se faire réélire, il y aura peut-être un peu plus de courage politique et que les gens feront des choses et n'auront pas peur de
ne
pas être élu la prochaine fois.
Vous avez raison. Dans quel pays
on a vu un président être élu après avoir payé du... Est-ce que ça a déjà
existé ? Qu'est-ce que ça a déjà existé ? Ça fait une vraie question. Est-ce que ça a déjà
existé
dans la démocratie
? Un président qui perd une élection qui se représente plus tard C
'est les Français qui décident.
Non,
je
vous parle de l'histoire, dans l'histoire politique, est-ce que ça a déjà existé ?
À
part un dictateur qui
se
renversait et qui revient.
Non, il y
en
a d'autres qui sont
revenus.
Non, ça n'existe pas. Ça n'existe pas. Ça n'existe pas. C'est vrai qu'il y a une question du
renouvellement de la classe politique et c'est vrai...
Mais vous avez raison.
Et
c'est vrai que la question se pose et que vous
aussi vous pouvez vous la poser que
quand
on passe... Si, il y a un cas,
c
'est Poutine qui est passé de président
à
premier ministre de premier ministre
à président... Il n'a pas perdu les élections.
La question... Pardon, Léa. La question de Mathieu Kassovitz, on l'a bien comprise, elle vise Nicolas Sarkozy,
c
'est est-ce que quand on a perdu
une élection,
c'est normal de se représenter cinq ans plus tard ? C'était ça, votre question ?
Non, non,
on peut se représenter.
Ce qui est malheureux, c'est que... C'est le manque
de renouvellement. Mais
vous savez, M.
Kassovitz, parce qu'on peut faire des généralités en disant vous faites carrière. Moi, je n
'ai
pas fait carrière, je suis arrivé très tard en politique et je n'en ferai pas toute ma vie. Je suis très à l'aise là-dessus. Très à l'aise. Je vous dis simplement pourquoi on se bat dans les partis politiques justement pour un renouvellement. Quand les investitures, ils se les refilent entre eux, ils vous disent excusez-moi, on peut peut-être changer un peu, il y a un tel, on a milité, on a des convictions, on se bat et qu'eux se battent entre eux, franchement, ça vous écœure. Les commissions d'investiture, mais je les dénonce. Mais quand vous les dénoncez, on vous isole et on essaye de vous abattre et on vous élimine. Daniel Guichard.
Je
vais vous dire franchement, l'histoire Fillon-Jouillet, c'est une grosse connerie. Ben voilà.
C
'est vraiment une énorme connerie.
Sauf que les responsabilités où ils s'occupent, c'est gênant.
Peut-être, mais je crois qu'arrivée à un certain stade, peut-être que Jouillet a dit une grosse connerie pour mousser devant les journalistes, peut-être que Fillon lui a raconté des trucs, mais c'est du folklore,
c
'est du showbiz. Quand nous, on est dans le show business, on voit souvent les politiques. Ce qui les entoure, c'est comme les vedettes de la chanson ou du cinéma. C'est les portes-valoches où ils sont bons, où ils sont mauvais. Et ceux-là, ils sont tous mauvais. Et en plus, les journalistes,
je
pense qu'on n'a pas grand-chose à se mettre sous la dent parce qu'on est dans la merde. Donc à partir de là, quand les journalistes s'intéressent à ça, ils s'intéressent... Bon,
il
y a... Emeric a dit tout à l'heure par rapport à ceux qui ont fait des gros titres sur Nabila, bon, c'est pour ceux que ça intéresse Nabila. Mais c'est vrai que pour la politique, c'est pas terrible ce qui se passe. Donc, bah, jouillet, Fillon, c'est pas inintéressant. Mais on n'aura pas le fin mot et on s'en fout à la limite. Enfin, je dis on s'en fout. Dans la rue, on s'en tape parce que le problème, il n'est pas résolu. Et le chômage, les emmerdes, les impôts, ce qui va nous
arriver,
Poutine dans un coin, les autres de l'autre, c'est compliqué. Et les gens qui sont mal, qui ont peur, se disent probablement que si la solution, elle arrive vite, c'est bien. Si on ne
l
'a pas, passons à autre chose.
Léa Salamé et Aymeric Caron ont le droit encore à une question très courte, chacun. Léa, d'abord.
Sur les valeurs que vous défendez, Rachid Haddati, quand on vous écoute, quand on vous lit ces derniers temps sur les valeurs, sur l'autorité, sur la morale, vous tenez un discours assez clair. Je vous cite. La gauche maltraite nos valeurs. Je suis favorable à une droite qui assume ses valeurs sans tabou. La délinquance explose. Nos valeurs fondamentales comme la famille volent en éclats. Les impôts augmentent sans cesse pour financer des prestations sociales ou des contrats dits d'avenir inefficaces qui encouragent l'assistanat. Le redressement passe aussi par la fierté de
l
'identité française, de l'identité nationale. Voilà ce que dit Rachid Haddati.
Je
me suis demandé sur le positionnement, sur votre positionnement. Il n
'y
a plus Patrick Buisson dans le paysage. Il n'est plus là. Je me
suis
demandé si la droite forte, la droite dure quand je vous lis sur les valeurs, sur l'autorité, si maintenant vous ne
vous
droitisez pas, vous n'assumez pas un discours qui se droitise et si aujourd'hui la droite décomplexée, c'est aussi Rachid Haddati.
Ça veut dire quoi la droitisation ? Vous dites extrême droite et je ne suis pas d'extrême droite. La droitisation,
c'est que... Sur l'extrême droite, Marine Le
Pen vous a rendu une forme d'hommage sur RTL le 4 septembre dernier. On lui pose une question sur Najat Vallaud-Belkacem. Voilà ce que dit Marine Le Pen. Je préfère Rachid Haddati dont les positions sont en train de se rapprocher, il faut bien le dire, des nôtres, plus respectueuses des règles de la République.
Je ne
suis
pas aussi responsable des propos de Marine Le Pen.
Je suis responsable de beaucoup de choses. Non mais je me suis interrogée si même
Marine Le Pen trouve
que vous vous rapprochez
sur les idées.
De
rétablir l'autorité, il n
'y
a plus d'autorité nulle part. Nulle part. Ni à l'école, ni à la sécurité, ni au niveau des forces de l'ordre. Les pauvres, ils sont vraiment débordés par une délinquance qui explose. C'est une réalité. La délinquance
qui explose
? Oui,
la délinquance explose. C
'est une réalité. Non, c'est faux.
Mathieu a raison, ça n'explose pas.
Non, la délinquance explose notamment sur les violences dites non crapeleuses, sur tout ce qui est cambriolage.
Les cambriolages, vous avez raison. Oui, voilà. Mais sur le reste, je vous ai raté. Sur le
reste, sur le reste, c'est pas... C
'est
pas
la joie, mais ça n
'explose pas. Voilà.
Ça n'explose pas. Mais c'est bien,
vous voyez, on y arrive.
La délinquance augmente. La délinquance n'explose pas. Elle explose pas. Arrêtez de faire peur
aux gens. Les violences non crapeleuses, les violences, c'est pas gênant pour vous que ça explose.
Madame, si vous
étiez
un tout petit peu dans la rue, putain de
merde, quoi. Ah, peut-être un peu plus que vous. Si vous voyez la
solidarité qu'ont les gens dans la rue,
comment les gens
fonctionnent, comment le peuple
fonctionne, si vous étiez un tout petit
peu proche des gens,
pas à
travers vos promenades, sous surveillance médiatique, mais si
vous comprenez un petit peu comment fonctionne un peuple,
vous sauriez que
là, on n'a pas besoin de
vous, de vous nous tromper, vous nous amenez dans les mauvaises directions parce que nous, on est solidaires entre nous. Ah bon
?
Vous êtes solidaires dans votre matière ?
Vous
êtes
solidaires ? Je ne parle pas du métier, je ne parle pas de solidarité humaine entre les gens dans la rue.
Monsieur Cassot, vous critiquez tout le monde tout le temps. Je ne
sais
pas ce qui vous agrée dans la vie,
vous
êtes dans la critique permanente sur tout le monde. Non, vous. Sur vos confrères, sur le cinéma, sur les acteurs, sur les producteurs, sur le
cinéma français. Votre classe à vous, oui, tout le temps. Aimez-vous
déjà les uns les autres chez vous. Et puis après,
on
peut parler du reste. Alors arrêtez de dire je me promène. Ouh ! Oui, vous avez raison. Facile. Mais
vous n'êtes jamais content. Vous
êtes quatre orateurs, madame, et vous êtes vraiment, vous êtes très mauvaise dans
la répartition. Mathieu Cassovic. Je suis désolé pour les politiques. Vous êtes très mauvais dans votre propos. Je n'ai pas votre mission
dans la vie et je n
'ai
pas pris votre responsabilité
dans la vie. Si, parce
que vous attaquez les autres sans vous remettre en cause, monsieur Cassovic. Je vous le dis très posément. Vous attaquez tous les autres de votre métier sans vous remettre en cause, vous.
C
'est
très
bien. Alors, est-ce que je peux poser une question ? Vous n'êtes pas de l'heure présidente des Césars, donc, Rachida Dati. Non, non, non.
Non,
mais
parlons effectivement de la question
posée par Réa. Est-ce que vous pouvez me répondre
à cette question-là ? Est-ce que j'ai raison de penser un peu comme Marine Le Pen qui a l'impression que vous vous rapprochez de ces positions sur la
République ? Sur l'autorité,
sur l'école, les inégalités ont augmenté. La pauvreté, je vous renvoie au rapport du Secours catholique qui dit effectivement que la pauvreté chez les seniors a augmenté. Le chômage, notamment des seniors, a fortement augmenté. Et celui des jeunes, c'est légèrement infléchi. Pourquoi ? Par les contrats d'avenir qui ne sont rien d'autre que des contrats, effectivement,
c'est de l'occupationnel.
Pas de formation, pas de métier et notamment dans les services publics.
Mais je me suis demandé, et ce
sera ma dernière question, je me suis demandé si cette
nouvelle
Rachida Dati est un peu plus assumée,
un peu plus droitière.
Non,
non.
Un peu plus
droitière quand même. Depuis 2007, l'autorité, le travail, la reconnaissance du mérite. Donc
vous répondez à ma question, c'est une vraie conviction, ce n
'est
pas l'opportunisme
politique parce que vous ressentez que le pays se
droitise.
Non, je ressens que le pays s'affaiblit.
Est-ce que vous sentez que le pays se droitise également
?
Les Français réclament que ce pays soit gouverné,
que
l'autorité soit rétablie,
que
l'école puisse rétablir, notamment l'apprentissage des
fondamentaux. Mais le
réclame depuis des années, ça ne fait pas deux ans. Autrement,
ils auraient réélu
Nicolas Sarkozy en 2012.
Mais attendez, est-ce que je dis le contraire ?
Est-ce
que je dis le contraire, notamment du fait qu
'il
se représente en 2017 ? C'est bien ce que je vous disais au départ. Enric Caron,
puisqu'on parlait de la pratique politique aujourd'hui en France, un débat qu'on a amorcé ensemble, l'exemplarité des personnages politiques, des hommes et des femmes qui nous représentent. Je pense que c'est important, vous êtes d'accord ? Vous venez d'être réélu député au Parlement européen. On vous a critiqué à une époque parce que vous y étiez souvent absente
au
Parlement, en tout cas peu active, en tout cas pour suivre des dossiers. Vous êtes donc député européen, vous êtes maire du 7e arrondissement à Paris, et puis vous êtes également avocate, ce que les gens
ignorent
souvent. Et ce n
'est
pas une petite activité parce que lorsqu'on regarde votre déclaration des intérêts financiers en tant que député européenne, vous déclarez que ces activités-là vous rapportent plus de 10 000 euros par mois.
Oui, et alors
?
J'en arrive à ma question. Le point avait expliqué il y
a
moins d'un an que ces activités d'avocat vous rapportaient même plus de 500 000 euros par an.
J
'ai beaucoup de questions.
C'est
que le point a été renvoyé devant le tribunal correctionnel.
Vous
pouvez démentir.
Voilà. En tout cas, c'est...
Ils ont été... Ils se sont poursuivis, ils sont autopédales.
Eux ont maintenu leurs
informations, vous n
'êtes pas d'accord. Ils sont au tribunal.
Et
je veux dire
que même le journal Le Monde a été condamné, lourdement condamné.
Comment on fait pour concilier toutes ces activités puisque votre activité d'avocate apparemment vous prend énormément de temps pour gagner plus de 10 000 euros par mois. C'est votre déclaration personnelle, je le rappelle, ce n
'est
pas un truc que j'invente. Deuxièmement, comment on fait pour éviter les conflits d'intérêts lorsqu'on est à la fois
élu,
député européen, national, peu importe, puis avocat d'affaires et qu'on peut donc avoir à traiter des dossiers qui concernent notamment
des lois qui peuvent représenter certains
lobbies
que vous défendez en tant qu'avocate. Il faut laisser répondre. Ce n'est pas drôle,
madame. C'est sérieux. C'est
très sérieux. C'est sérieux des questions sérieuses. Est-ce
que vous pouvez nous répondre comment vous pouvez rester avocate quand vous êtes politicienne et que vous allez forcément tomber sur des conflits d'intérêts ? Comment pouvez-vous ? Vous
nous parlez de l'éthique,
vous nous parlez de la façon dont le peuple doit
se comporter. Vous êtes officier
de police judiciaire
?
Je...
Avec... Avec... Voilà.
Donc je préfère.
Répondez à la question d'Emeric. J
'exerce effectivement parce que mes revenus ne dépendent pas. Je ne dépends pas de la politique. Et je trouve ça extrêmement important. Ça me permet de m'exprimer librement, de dire librement mes convictions, y compris avec Nicolas Sarkozy lorsqu'il était président, lorsque j'étais ministre. Donc le fait de ne pas dépendre exclusivement de la politique vous donne une liberté. C'est quand même important. Moi, je travaille, comme je vous l'ai dit, depuis l'âge de 16 ans et demi, non-stop.
Je
n
'ai
pas hérité et je n'ai pas de rente. Donc je suis très à l'aise là-dessus. L'argent que je gagne est intégralement contrôlé, déclaré, et je paye des
impôts. Je n'ai pas dit que vous le volez, ce n'est pas ma question.
Je n'ai jamais eu de conflit d'intérêts, sinon ça se saurait. Voilà, je
fais très attention. Et Rachida Dati n'est pas la seule dans ce cas. Non, mais je l'appose à tous les invités. Je l'appose à tous les invités. Je l'appose de gauche ou de droite. Je pose les mêmes questions. N'oubliez
pas une chose, c'est que je suis magistrat. Donc vous savez, ma probité n
'a
jamais été mise en cause.
Il y a quand
même eu des gens qui se sont interrogés, notamment par rapport à
la TDS. Vous connaissez ces
dossiers. Tout
à
fait. Et ils ont été... Et j'ai été, effectivement, j'ai eu une lettre du président du Parlement européen qui a dit, chez Mme Dati, il n'y a aucun conflit d'intérêts.
C'est vrai que vous n'êtes pas la seule à faire de la politique et à travailler. Par exemple, sur les 74 eurodéputés qui viennent de France, il y en a 30 qui cumulent avec une autre fonction. Il y a 8 avocats, 4 médecins, 3 agriculteurs, des professeurs, des salariés de partis politiques. Donc il n
'y a
pas que Rachida Dati. Maintenant, ma question est la suivante pour poursuivre. Est-ce que vous êtes toujours avocate ?
Je suis avocate de
statut, oui. Parce que Aymeric parle de 500 000 euros et c'est vrai que c'est très libre. Tout le monde peut aller sur Internet et regarder. Vous avez déclaré en 2010 620 000 euros de rémunération de vos activités en tant qu'avocate. Et il
n'y
a rien d'illégal là-dedans. Voilà. En 2011, vous avez déclaré un peu plus de 500 000 euros. En 2012, 700 000 euros. En
2013, ça baisse. Il y avait 250
000 euros. Et en 2014, rien. Donc je me suis demandé est-ce que finalement, ça a baissé manifestement
? Est-ce
que vous avez arrêté vos activités
d'avocate ? Parce que
2014, vous ne déclarez rien.
Parce que 2014, j'ai eu deux campagnes. Donc mener en plus les campagnes, c'était pas...
Donc est-ce que vous êtes toujours avocate ? Oui, parce
que j'ai un statut d'avocat. A l'origine, je vous explique, Mme Salamé, je suis magistrat. Comme magistrat, vous pouvez, ça arrive très régulièrement, vous pouvez passer de la procédition de magistrat à celle d'avocate pendant un temps. Ensuite, vous pouvez revenir à votre procédition de magistrat si vous le souhaitez. Donc le fait d'être avocat me permet d'avoir une liberté notamment de vie, d'avoir des revenus et d'assurer mon train de vie et ma vie sans se dépendre de la politique. Donc en fonction des nécessités, je peux effectivement prendre un dossier, pas prendre un dossier. Et
2014,
rien ?
Non, rien.
Et ce n
'est
pas un manque à gagner pour vous de passer de 700 000 il y a deux ans
déclarés à zéro cette année
?
Non,
mais elle gagne très bien en tant que
députée européenne, je t'assure, elle n
'a
pas besoin de...
Non, mais ça, c'est... Mais le cumul
des mandats, c'est un truc très français aussi parce que Léa a donné des chiffres au Parlement, mais les Anglais, par exemple, vous savez qu'il
n'y a
que 4% des députés européens-anglais qui cumulent une autre activité ?
Oui, mais vous savez qu'il y
a
des parlementaires qui cumulent, par exemple, il y
a
des pays où vous pouvez être député et ministre en même temps. Vous pouvez avoir d'autres fonctions qui ne sont pas forcément déclarées. Donc le cumul tel qu'il est à la française, ça ne veut pas dire qu'il n'existe pas sous une autre forme dans un autre...
Je me suis demandé
si vous n'aviez pas arrêté aussi cette profession d'avocat où vous aviez moins exercé
en 2013 et en
2014 par peur, justement, de ces rumeurs sur les conflits d
'intérêts qui commençaient à monter.
Non, pas du tout parce que
tout est
contrôlé. Tout est contrôlé et les personnes qu'ils ont dénoncées ont été condamnées. Parce que...
Le point n'est pas
condamné. Il est renvoyé au tribunal correctionnel.
Et Corine
Lepage aussi
? Mais
Corine Lepage, elle dénonce... Vous avez posé la question pourquoi son
cabinet... Elle n'est
pas condamnée.
Corine Lepage, qui est une écologiste, donc une de vos amies, elle est avocate... C'est
pas une amie personnelle. Elle est
avocate en environnement et elle est membre de la commission de l'environnement au Parlement européen. Ça, c'est pleinement un conflit d'intérêts.
Lâche !
Rachida Dati