Mouvement des lycéens et réponse policière, loi "intégrale" contre les violences sexistes et sexuelles... Le "8h30 franceinfo" de Clémentine Autain
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:19OuverteRéponse partielle
Est-ce que, comme le suggère Donald Trump, Volodymyr Zelensky est devenu un président illégitime pour l'Ukraine ?
- 3:55OuverteRéponse directe
Est-ce que vous percevez la même décélération dans le mouvement lycéen que l'exécutif ?
- 6:05RelanceRéponse directe
Vous parlez des 6900 gardes à vue, c'est ça ?
- 7:32OuverteRéponse directe
Clémentine Autain, vous demandez quoi concrètement ?
- 9:28RelanceRéponse partielle
Mais vous accusez toute la police d'être raciste ce matin ? Ou c'est des incidents isolés, regrettables ?
- 12:46OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes rassurée par les paroles de la ministre sur les moyens qui pourraient être alloués à cette loi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:47InvitéFait
« L'agresseur, c'est la Russie. Les agressés, ce sont les Ukrainiens. »
- 13:34InvitéFait
« Zéro. Pas de création budgétaire. »
- 15:52InvitéChiffre
« 73% de classements sans suite dans les plaintes de viol ou d'agression sexuelle. »
- 16:54InvitéChiffre
« Nous avons deux fois moins de juges que les pays européens qui sont économiquement ressemblants aux nôtres. »
Temps de parole
- Invité62 %
- Invité 212 %
- Présentateur9 %
- Invité 37 %
- ?5 %
≈ 19,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour
Camille. Bonjour Benjamin.
Et
bonjour Clémentine Autain. Bonjour.
Vous écoutez
de Seine-Saint-Denis, cofondatrice du mouvement de gauche écologiste L'Après.
On
va évoquer avec vous bien sûr la mobilisation lycéenne, également cette proposition de loi intégrale examinée en ce moment à l'Assemblée nationale sur les violences sexistes et sexuelles. Mais tout d'abord cette actualité internationale ce matin. Donald Trump qui lâche l'Ukraine d'une certaine manière, furieux contre le président Volodymyr Zelensky à qui il demande d'arrêter les frappes contre les raffineries russes. Donald Trump vient de passer avant-hier un accord avec Moscou pour recevoir justement du pétrole russe et faire baisser les prix dans son propre pays. Il est temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président, dit Donald Trump.
Jean-Luc Mélenchon, en déplacement hier dans le Puy-de-Dôme, a réagi notamment à cet accord entre Donald Trump et Vladimir Poutine.
Avec Trump, on ne discute que d'une chose, business. Ce n
'est
pas la stratégie de Trump, c'est la stratégie européenne qui est lamentable. Ce n
'est
pas comme ça qu'il faut faire à l'évidence. Et c'est nous qui devrions faire le tampon, ouvrir les discussions avec Poutine, amener Zelensky. Bon, il faudra peut-être un jour aussi qu'il
y ait
des élections en Ukraine. Il faudra peut
-être qu'il y ait des élections en Ukraine un jour, dit Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que, comme le suggère Donald Trump, Volodymyr Zelensky est devenu un président illégitime pour l'Ukraine ?
Non mais là, c'est business as usual de Donald Trump. Il a lâché les Ukrainiens. Ce n
'est
pas tout à fait nouveau, mais je dirais que là, on est à un sommet de provocation, dans un moment où il est en train de dealer sur le pétrole avec la Russie. Donc, ce sont ses intérêts qui priment sur le droit international. Je veux rappeler ici qu'il y a un agresseur et un agressé. L'agresseur, c'est la Russie. Les agressés, ce sont les Ukrainiens. Donc, l'urgence pour la communauté internationale, c'est de faire pression pour qu'on respecte les frontières et le droit du peuple ukrainien de décider de son avenir
et d'être
souverain. Il
n'y a
plus de réaction vraiment européenne à ces propos de Donald Trump.
Non mais l'Europe est en dessous de tout, c'est la
vérité.
Il faut
réagir fort.
Bien
sûr, mais l'Europe est en dessous de tout, parce qu'elle n'est pas soudée, claire, déterminée dans un rapport de force qui doit passer aussi par la diplomatie. Moi, je crois au droit international, je crois à la diplomatie. Et de ce point de vue-là, j'estime que l'Europe, l'Union européenne en tout cas, n'est pas du tout au rendez-vous pour soutenir les Ukrainiens. Et Clémentine Autain, sur ce que dit Jean-Luc Malenchon, il faudra qu'un jour il y ait des élections en Ukraine. On le rappelle, il y a une loi martiale en Ukraine actuellement, depuis l'invasion de la Russie. Il ne peut donc y avoir d'élections.
De la part de Jean-Luc Malenchon, c'est de la provocation ou vous êtes d'accord avec lui ? Il faut qu'il y ait des élections en Ukraine
?
Je pense que c'est au peuple ukrainien de le décider. Et comme nous sommes à l'échelle géopolitique, dans un rapport du force nécessaire avec Poutine, je ne pense pas utile de réclamer la démission de Zelensky, parce que c'est, d'un point de vue diplomatique, pour le coup, un affaiblissement du président ukrainien et donc des Ukrainiens. Maintenant, je sais qu'en Ukraine, il y a certaines
voix, bien
sûr, mais c'est aux Ukrainiens de le décider. Et ce n'est pas nous à, encore une fois, affaiblir l'Ukraine en demandant la tête de Zelensky. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est assez différent de ce point de vue que je peux entendre chez les Ukrainiens, qui, en effet, réclament en partie ces élections. Et je le comprends.
Clémentine Nautin, l'actualité en France, c'est toujours la mobilisation lycéenne qui continue, avec cet appel à la mobilisation, la manifestation, mardi prochain pour un cinquième acte, comme on les appelle désormais. L'exécutif, lui, dit percevoir une décélération dans le mouvement. Il y avait 96% de lycées ouverts, par exemple, en fin de semaine, selon l'éducation nationale. Est-ce que vous percevez la même chose
?
Non, moi, je pense que la jeunesse s'est levée dans notre pays, que c'est très important ce qui se passe, qu'il y a une convergence des luttes qui est en train de se mettre en marche, avec des rendez-vous le 13 et surtout le 17, c'est le
samedi
prochain, à l'appel aussi des syndicats. Donc, moi, je ressens un bouillonnement formidable dans ce pays, une contestation parfaitement légitime de la jeunesse. Une
convergence des
luttes, Clémentine Nautin, c'est ce à quoi vous appelez quand vous parlez de cette autre mobilisation ? Oui, bien sûr que j'appelle à la convergence des luttes, je la crois légitime, je comprends la colère dans notre pays et je suis heureuse que la jeunesse se soit levée. Maintenant, je suis révoltée par la réponse qui lui est apportée. Une réponse à la fois brutale du ministre Nunez est méprisante de la part de ce que j'appelle M. Bricolage, le ministre de l'Éducation
nationale. Le ministre de l
'Éducation. On va en parler, mais tout d'abord, je voudrais vous faire écouter cette déclaration de Gabriel Attal, le candidat à la présidentielle du parti Renaissance, qui était en meeting hier à Lyon, un meeting consacré à la jeunesse, et il accuse votre famille politique d'instrumentaliser le mouvement des lycéens.
Cette
colère, certains veulent l'attiser, la récupérer, la dévoyer,
en
multipliant les insinuations ignobles contre la police,
en
légitimant la violence,
en
appelant à l'émeute,
en
faisant de la jeunesse de la chair à canon politique. Clémentine, les mots sont forts. La chair à canon politique, la gauche, votre famille politique,
qui instrumentalise les jeunes ? Non, mais ça,
c'est ridicule. D'abord, ça, c'est ridicule. Je veux dire, la jeunesse, elle est mobilisée, et ce n
'est
pas parce qu'on appuie sur un bouton qu'une force politique décide que la jeunesse se mobilise, qu'elle se mobilise. Sinon, autant vous dire que ça ferait bien longtemps qu'elle serait dans la rue. Donc, ça ne marche pas comme ça. Donc, ça, c'est ridicule. En revanche, d'entendre M. Attal faire l'éloge des forces de l'ordre, quand on voit la réalité du bilan aujourd'hui, et c'est un bilan politique, ce n
'est
pas d'abord la police que j'accuse. J'accuse une hiérarchie politique, j'accuse une méthode de maintien de l'ordre, j'accuse l'impunité qui est responsable de l'impunité. Vous
parlez des 6900
gardes à vue, c'est ça,
pour le moment ? Oui, alors vous dites 6900 gardes à vue. Je vais
vous donner une comparaison. En mai 68, 95 gardes à vue. La loi de Vaquet, 150 gardes à vue. Le CIP en 94, 250 gardes à vue. En 2005, quand il y
a
eu les émeutes, avec les feux qui ont fait le tour du monde, 4500 gardes à vue. Le mouvement anti-CPE, 1920. La loi Travail, 890. Les Gilets jaunes en un an, 6700. Et là, on a quoi ? Votre analyse politique, c
'est quoi ? C'est le gouvernement
qui veut étouffer ce mouvement ? C
'est ça votre analyse ?
Mais c'est évident. On ne reconnaît pas la France. Je veux dire, la France, elle est dans la rue. Elle n'est plus du tout au gouvernement.
Comment est-ce possible ? Sébastien Lecornu
a niait toute répression policière cette semaine. J'étais aux questions d'actualité. Quand je l'ai entendu dire que la réponse était proportionnée de la police. Vous trouvez ça proportionné ? Quand vous avez des mineurs qui se retrouvent avec une main arrachée,
qui se retrouvent avec un œil qui se retrouvent éborgnés.
Quand
vous avez des policiers qui agressent des manifestants, parce qu'on a vu ce qui était le plus choquant. Quand vous avez des mutilés, on parle de mineurs. Comment c'est possible une chose pareille ? Ça,
c
'est le plus choquant. Mais je dirais qu'il y a aussi toute la façon dont la police est débridée totalement. Il y a un côté, comme ils sont impunis finalement, allez hop, on peut y aller.
Mais Clémentine Autain,
vous demandez quoi concrètement ? Je
demande que
ça cesse. Mais donc que ça cesse d'utiliser, par exemple, des LBD quand il y a des mineurs en face, les grenades de désencerclement, pour être très concrets sur demain, comment
le incident doit être resté.
Je pense que ce n'est pas possible, comme je l'ai vu par exemple à Sevran, quand vous avez des manifestants jeunes qui viennent tout simplement porter des revendications légitimes, pouvoir étudier dans des conditions dignes, avoir un avenir. C'est ça qu'ils demandent. Et qu'à peine arrivé avec tout juste une centaine de manifestants, vous avez la police montée qui arrive et des insultes racistes et même des parents d'élèves bousculés.
Que vous avez entendu, à laquelle vous avez
assisté. Bien sûr, je l'ai vu de mes yeux, ça n'a aucun sens. Quand vous êtes dans des manifestations qui sont calmes et que vous voyez la provocation par le nombre de policiers, par en effet des grenades qui ne devraient pas être utilisées en France aujourd'hui face à des manifestations...
Vous demandez leur
suppression tout court
et dans toutes les manifestations. Oui, et je demande
qu'on arrête avec l'IGPN et qu'on arrête avec l'impunité. L'IGPN, c'est quoi ?
Le ministre nous
dit qu'il
y
a 18 enquêtes qui sont ouvertes. Peut-être 24 maintenant. Alors, ça a augmenté depuis en effet la dernière manifestation. Mais l'IGPN,
c
'est quoi ? C'est des policiers qui enquêtent sur les policiers. Vous ne leur faites pas confiance
?
C'est comme l'ordre des médecins, vous savez, qui enquête quand il y a des violences sexuelles chez les médecins.
Ça donne l
'affaire LeSquarenec. Donc, ça ne marche pas. Vous ne faites pas confiance à l'IGPN ? Mais bien sûr que non. Mais bien sûr que je ne fais pas confiance à l'IGPN. Il faut que les méthodes, ceux qui enquêtent sur la police, soient indépendants de la police. C'est le minimum. Et il faut que la doctrine de maintien de l'ordre prenne un peu exemple sur ce qui se passe ailleurs. C'est-à-dire qu'on ne fait pas de la provocation, d'accord ? Pas de provocation. Ce n'est
pas
possible que j'entende des mamadous quand des policiers interviennent, par exemple, à ce
moment. Mais vous accusez toute
la police d'être raciste ce matin ? Ou c'est des incidents isolés, regrettables
?
J'accuse, et je vous le redis, j'accuse la hiérarchie politique. C'est une question politique. Si quand vous avez autant, autant de garde à vue, avec seulement, c'est quoi, c'est même pas des dizaines de détentions provisoires à la fin de ces garde à vue. C'est rien en vérité.
Je
crois qu'il
y en avait 14 à 20.
C'est rien. Des poursuites, c'est très peu. Donc ça veut dire que vous avez des jeunes qui sont maltraités. On le voit dans les images qui circulent. Mais vous avez aussi une jeunesse qui se retrouve en garde à vue alors qu'elle demande à étudier correctement. Ça n'est pas possible dans un pays qui est censé être celui de la liberté, qui est un état de droit. Et quand je vois la Macronie qui assume de piétiner l'état de droit, je me dis mais c'est incroyable. Il devait être un barrage à l'extrême droite. Et ils sont chaque jour un peu plus la passerelle à l'extrême droite.
Clément Thinotin, on va rester avec nous.
On
va évoquer la loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles. On débat à l'Assemblée en ce moment, juste après l'info en 1 minute 8h44. Diane Ferschit.
L
'ambassade américaine restreint l'accès de son personnel aux aéroports de Jeddah et d'Aman en Arabie saoudite après l'attaque qui a visé l'aéroport de Riyad. Bilan 12 morts dont 8 étrangers parmi lesquels un Américain, plus de 300 personnes blessées. Une frappe imputée aux outils, ces rebelles pro-iraniens du Yémen. Au lendemain de son accord surprise passé avec Vladimir Poutine sur l'achat de diesel russe, Donald Trump affirme qu'il est temps pour l'Ukraine. D'avoir un nouveau président, il s'en prend à Volodymyr Zelensky, condamnant également les attaques ukrainiennes contre des raffineries de diesel russe. Selon Donald Trump, Vladimir Poutine aimerait conclure un accord avec Kiev.
Il
accuse Volodymyr Zelensky de ne pas vouloir de règlement au conflit. Le jeune homme dont la main gauche a été arraché par une grenade assourdissante. Lundi dernier, à l'An,
on
se dément avoir ramassé le projectile. C'est pourtant ce que le parquet retient en se basant sur l'enquête de l'IGPN. La police des polices, l'adolescent de 15 ans, réfute toute participation à des violences lors de cette manifestation lycéenne. Le PSG se rassure après sa victoire 3-1 sur Le Mans au Parc des Princes. Ensuite, fin de la sixième journée de l'IGPN ce dimanche avec en clôture deux équipes plutôt mal en point. Trois seizièmes du classement reçoivent l'OM. Dix-septième coup d'envoi à 20h45. France Info
Le
8.30 France Info, Camille Girard, Benjamin Recouvreur. Clémentine Autain, députée de Seine-Saint-Denis et cofondatrice du mouvement de gauche et écologiste. L'après, vous êtes notre invité ce matin du 8.30 France Info. La loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles va être soumise au vote mardi prochain à l'Assemblée Nationale. C'est un texte pour lequel vous vous êtes beaucoup engagés. Aurore Berger, la ministre en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, a voulu rassurer vendredi dans l'hémicycle sur les moyens alloués à cette loi.
Un
engagement clair d'augmentation des moyens dès 2027 et un amendement de programmation sur les prochaines années, ce qui n'avait jamais été fait pour, encore une fois, garantir que la loi intégrale est donc un budget qui permette que les mesures définitivement adoptées puissent être déployées et puissent être déployées de manière progressive sur les prochaines années. Est-ce que vous êtes rassurée par les paroles de la ministre sur les moyens qui pourraient être alloués à cette loi ? La question est centrale de ces moyens. Absolument. S'il n'y a pas de budget intégral, il n'y aura pas d'application de la loi intégrale.
C'est aussi simple que ça et nous n'avons aucune raison de ne pas s'être inquiets parce que les annonces qui ont été faites par M. Lecornu dans une
tribune
au Monde, un entretien qu'il a donné où il était très heureux d'annoncer qu'il allait mettre plus de 2 milliards sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et quelques milliards aussi contre les violences faites aux enfants. et puis deux heures après, il
y a
un communiqué de Matignon qui tombe et qui nous explique que tout ça, c'est en fait les budgets
existants.
Il n
'y
a
qu'une nouvelle ligne liée à la loi ?
Zéro. Pas de création budgétaire. D'ailleurs, dans la loi, il est inscrit à un endroit qu'il faut 3 milliards de budget. Alors, j'ai fait un amendement en disant qu'il faut que ce soit de la création budgétaire. Cet amendement a été rejeté. Oui, en plus, parce que si c'est 3 milliards, mais que c'est 3 milliards qui existent déjà dans le budget,
vous
voyez bien que ça
ne
revient
rien. Et l'amendement où
nous proposons avec mes collègues que ce soit de la création budgétaire, cet amendement est rejeté. C'est assez sidérant et en même temps très signifiant. Donc, sur les moyens, vous n'êtes pas rassurés. Sur la loi en tant que telle, qui devrait être votée mardi, est-ce que c'est une conquête féministe, cette loi ? Est-ce que c'est la première grande loi pour les femmes et les enfants aussi du
poste
MeToo, selon vous ? Alors, d'abord, c'est parce qu'il y a eu le travail de la coalition féministe et enfantiste, puis de la CIVIS, qui ont chiffré, proposé, et la mobilisation citoyenne tous les lundis, avec l'affaire Liana, ce drame qui nous déchire, tellement c'est insoutenable, qu'une jeune fille de 14 ans, parce que le dossier était sous la pile, avec des magistrats qui sont saturés et qui ne peuvent pas faire correctement leur
travail,
et
qui
ne sont pas suffisamment formés, et bien, à partir de là, le gouvernement était obligé d'inscrire la loi travaillée par les parlementaires.
Comprenez bien,
c'est une proposition de loi. Ce qu'il aurait fallu, c'est ce qu'on appelle une loi cadre, c'est-à-dire une loi qui engage le gouvernement et qui permette d'avoir une programmation budgétaire. Et c'est pour ça que j'en reviens au budget, parce que là, ce qu'on a inscrit dans la loi, les 3 milliards, ça ne vaut rien. Alors que si c'était une loi cadre avec une programmation budgétaire, ça engageait
l'État,
comme en Espagne. Et regardez ce qui s'est passé en Espagne. Les effets, il
y a eu une grande loi en 2004. Une grande
loi qui est la loi modèle référence. Exactement. Et bien, nous avons fait, en Espagne, ils ont réussi à faire reculer les féminicides. Ils ont réussi à ce que la prise en charge des victimes soit beaucoup plus opérationnelle,
à faire en sorte que l
'impunité des violences sexistes et sexuelles cesse. Ce que vous dites ce matin, c'est que la loi française n'est pas au niveau,
celle qui va être
votée
mardi.
Alors tout de même, concrètement, qu'est-ce qui pourrait changer pour les femmes et les enfants suite au vote de cette loi ? Par exemple, il y
a
un chiffre qui choque tout le monde. Donc 73% de classements sans suite dans les plaintes de viol ou d'agression sexuelle, grâce aux nouvelles mesures qui vont probablement être votées mardi, on suivra. Est-ce que ce chiffre pourrait s'améliorer, selon vous
?
Écoutez, par exemple, je vais essayer d'être très concrète. Par exemple, dans la loi, nous disons, il y a six actes d'enquête obligatoires à partir du moment où il y a un dépôt de plainte. Très bien. C'est des choses très basiques. Le fait que l'auteur soit entendu, de le perquisitionner, de regarder ce qu'il
y a
dans son téléphone portable, de chercher s'il y a des témoins. Vraiment, c'est très basique. Mais nous l'inscrivons dans
la loi. Mais qui ne sont pas systématiquement plate aux gens. Si nous l'inscrivons dans la loi,
c'est parce que ce n
'est
pas
fait.
Mais pourquoi ce n
'est
pas fait
? Ce
n
'est
pas fait parce que nous n'avons pas suffisamment d'officiers de police judiciaire, parce que nous n'avons pas suffisamment de magistrats, de procureurs, pour que ce travail soit fait. Donc si vous le mettez dans la loi, mais que vous avez toujours aussi peu de magistrats, aussi peu d'officiers de police judiciaire, ça ne peut pas être réglé. Parce que les piles seront toujours énormes. Nous avons deux fois moins de juges que les pays européens qui sont économiquement ressemblants aux nôtres. Deux fois moins. Comment voulez-vous que ça marche ? Et le ministre Darmanin, déjà c'est quand même assez insensif
que ce soit M.
Darmanin qui soit le ministre de la Justice et qui vienne discuter avec nous d'une loi sur les violences sexistes et sexuelles quand on connaît les faits dont il a été l'objet. Enfin, je trouve que c'est assez sidérant. Mais bref, il vient et il nous dit, on va mettre en place, on va avoir 300 magistrats supplémentaires. Mais d'abord, on n'est pas sûr de les avoir. Et c'est tellement
en dessous. Il y a un parquet
spécialisé
aussi qui
doit être créé, normalement. Alors ça a été un gros débat avec M. Darmanin. Parce qu'en effet, ce que ça crée, c'est des juridictions spécialisées. Donc ça veut dire qu'on va former ces personnels. Ce qui fait partie du problème. Donc de ce point de vue, c'est une bonne chose. Mais nous, nous voulions la fin des cours criminels départementales. Parce que nous voulons que les viols soient jugés aux assises comme des crimes. C'est une revendication féministe historique.
Mais M. Darmanin
s'est acharné à vouloir défendre ces cours criminels
départementaux.
Il dit que c'est plus efficace et qu'on arrive plus
vite à avoir
un jugement sur ces faits, justement.
Ça me rappelle ces
vieux débats où on avait des avocats de féministes qui nous disaient « Mais vaut mieux aller en correctionnel pour un viol parce que les magistrats vont être plus sévères que les jurés. » Et donc, ça voulait dire qu'on jugeait des viols en délit et non pas en crime. Alors là, vous me direz, c'est des cours dites criminels. « Mais
ce sont des magistrats professionnels.
» Mais attention, attention. Nous, nous voulons que la justice se fasse quand il s'agit de crimes dans le cadre de juridictions populaires. C'est très important. Et vous avez des magistrats dans les juridictions populaires. Donc, il faut que ces magistrats soient formés
aux assises. Clémentine Autain, on arrive
à la fin pour résumer cette loi sur le principe. Il y
a
des choses qui peuvent vous satisfaire, mais la question des moyens sera centrale. Oui, il y a des choses positives. On définit un crime d'inceste. On va pouvoir aller déposer plainte dans les hôpitaux, mais il faut que ça suive. On a une haute autorité qui va permettre de nous donner des données sur les violences sexistes et sexuelles. Il y a des frais d'avocat, des frais de soins qui vont être remboursés. Mais il y a toute une partie essentielle sur les moyens pour la justice et sur des moyens aussi sur les soins post-traumatiques pour les adultes qui ne sont pas pris en charge. Et enfin, l'article 62 qui a été rejusté avec la Macronie et
le RN main
dans la main pour protéger les femmes étrangères me restent en travers de la gorge parce que ça veut dire que les femmes étrangères sont d'abord regardées comme des étrangères et pas comme des femmes victimes de violences conjugales ou de viols. Or, pour pouvoir aller déposer plainte, il ne
faut
pas qu'elles soient menacées de sortir du commissariat avec une OQTF. Sinon, évidemment qu'elles n'iront pas porter plainte et qu'elles ne seront pas protégées.
Merci Clémentine Autain, députée de Seine-Saint-Denis, cofondatrice du mouvement de gauche écologiste L'Après d'avoir été l'invité du 8.30. France Info ce matin, restez avec nous. L'info continue.