Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 12 février 2026 12 min

Amélie de Montchalin à la Cour des comptes : un conflit d’intérêts ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Certains n'hésitent pas à parler d'un véritable scandale d'État. Dans les rangs de l'opposition, loin de remettre en cause les compétences de celle qui fut ministre des comptes publics pendant plus d'un an, on pointe un risque de conflit d'intérêts. On désigner un ministre en exercice qui va devoir juger le budget qu'elle a fait voter par le Parlement en tout cas adopté par le Parlement au travers d'un 49.3, excusez-moi mais c'est un peu osé.

Nous nous demandons d'ailleurs que l'article 13 de la Constitution qui donne au Parlement un rôle de contrôle sur les nominations puisse être actionné en la matière, il faudrait une réforme de la Constitution, on y est prêt. Alors qu'un sondage publié en début de semaine indique que seul 22 % des Français déclarent avoir confiance dans la politique, la droite elle demande au chef de l'État des clarifications. Ça me paraît dans la nomination malsain.

Et surtout ça donne le sentiment que c'est un peu finalement le choix du roi. Je demande au président de la République d'expliquer de manière simple et claire accessible pour tout à chacun le bien-fondé et ce qui l'a amené en toute objectivité à procéder à ce type de nomination. Du côté de la majorité présidentielle, on appelle au respect de la décision du président de la République.

Ça ne pose pas de conflit d'intérêts parce que la la structure et l'organisation inhérente à la Cour des comptes, le fait qu'elle repose notamment sur des décisions collégiales, Amélie de Montchalin ne travaillera pas seule. Amélie de Montchalin prendra ses fonctions le 23 février prochain, un poste qu'elle pourrait librement occuper jusqu'à ses 68 ans en 2053. Est-ce qu'il faut y voir une polémique Valérie Le Cable ou est-ce que finalement cette nomination elle est dans la droite ligne de ce que faisaient les prédécesseurs d'Emmanuel ?

Écoutez, moi je suis surprise par cette polémique, je sais pas si elle est si considérable que ça. Amélie de Montchalin c'est quelqu'un qui a montré une compétence, un calme, une organisation, une technicité et une capacité politique en plus à convaincre, à discuter avec les uns, avec les autres. Elle a reçu tout le monde.

Elle a passé des heures, des mois à travailler sur ce sujet dans plusieurs gouvernements et elle l'a fait avec succès. Donc, je ne sais pas, je ne veux pas dire que c'est parce que c'est une femme, qu'elle est jeune et que d'habitude à la Cour des comptes, on a plutôt quelques vieux barbants, je vais le dire comme ça, je sais rien, mais enfin disons des gens plus âgés parce que c'est Alors ce qu'il faut comprendre, c'est que c'est un mandat qui est On peut pas la remplacer, c'est elle qui part quand elle veut. Il y a pas de Il y a pas de déchéance en fait.

Donc, c'est vrai que elle peut être à ce poste pendant 28 ans. Je pense qu'elle a d'autres ambitions et que sans doute elle évoluera. Moi, je trouve que c'est une bonne surprise.

On avait cité des noms de gens que moi personnellement je ne connaissais pas. Pierre Moscovici, c'était pas n'importe qui, c'était quelqu'un d'important aussi qui avait lui aussi été ministre de l'Économie, qui avait été Qui était l'actuel président de la Cour des comptes. Exactement, l'ancien président de la Cour des comptes qui avait été commissaire européen, qui avait un gros calibre, qui avait été directeur de campagne de François Hollande, il faut s'en souvenir.

Donc, c'était aussi une nomination politique et il a bien tenu cette nomination politique. Donc, aujourd'hui, qu'est-ce qui est en train de se ? Parce qu'il est plus large le sujet.

Le sujet, c'est que en fait, Emmanuel Macron a nommé Richard Ferrand au Conseil constitutionnel, que François Villeroy qui était son très proche euh au Conseil constitutionnel, que François Villeroy de Galhau euh le président de le gouverneur, pardon, de la Banque de France a décidé d'anticiper son départ et que aussi Emmanuel Macron va le remplacer, que le Conseil d'État doit être remplacé aussi. Et en fait, euh Jordan Bardella, on l'a pas vu dans cet extrait, mais attise fortement les braises en disant "Il est en train de verrouiller la République." Non, il est pas en train de verrouiller la République, il est en train d'utiliser son droit constitutionnel à nommer des personnalités de compétence à c'est pas ça.

D'autant que Richard Ferrand, ça sa nomination a été soumise à validation du Parlement qui s'est Exactement. Tout à fait. Alors, je sais pas si c'est juste, hein.

Faut dire que Mais c'est passé. Alors, objectivement, Richard Ferrand n'avait pas la même légitimité de compétences qu'Amélie de Montchalin aujourd'hui, qui y a une réelle légitimité de compétences. Et moi, je fais confiance, je vais arrêter là-dessus, à Amélie de Montchalin pour être objective dans ses jugements à la tête de la Cour des [grognement] comptes.

Bon, d'abord Emmanuel Macron, il a utilisé une vieille méthode pour faire moderne. C'est-à-dire que effectivement, c'est un grand classique pour un président de nommer ses proches à la fin d'un mandat. Ça c'est un vraiment qui qui vient qui viendra lui jeter la pierre à droite et à gauche.

Tout le monde a fait pareil. Ça c'est évident. La deuxième chose, c'est que c'est le choix.

Le choix n'est pas tant évidemment lié à la personne. Je souscris à tout ce qui a été dit sur Amélie de Montchalin. Mais ce sont les conséquences, c'est-à-dire que effectivement, une fois de plus, Emmanuel Macron a montré sa volonté de de d'entre guillemets de disrupter système ou de provoquer.

Parce qu'en général, on arrive à la Cour des comptes quand on a 45 50 ans. Elle a 40 ans. On arrive quand on est magistrat ou fonctionnaire.

Elle est ni magistrat ni fonctionnaire. Et de ce point de vue-là, il y a il va y avoir forcément un travail de légitimité très puissant qu'elle va devoir faire. Et puis surtout, elle est comme on dit dans le jargon, elle est conflictée parce qu'elle a fait le budget.

Donc il y a des il y a des il y a des pans entiers du budget qu'elle ne pourra pas commenter. Alors, on a entendu déjà le l'argument de Montbreton, la porte-parole du gouvernement en terme de contre-feu. C'est-à-dire, la décision, le travail est tellement collégial maintenant.

Et c'est une des réformes qui a été mise en place notamment par Pierre Moscovici mais qui avait été déjà initiée. Le travail est tellement collégial que elle peut effectivement répartir autour d'elle. Mais elle va avoir un gros travail de légitimité de par sa sa jeunesse, de par son son travail.

N'oublions pas qu'elle arrive dans dans un un corps de fonctionnaires alors qu'elle a fait la réforme de l'ENA, qu'elle a fait la réforme de la du corps diplomatique, que la haute fonction publique a été en quelque sorte euh reprogrammée, parfois même pour ça selon certains brisée par son travail et quand elle était à la fonction publique, donc c'est un ça n'est pas une sinécure qui l'attend. Je peux rajouter un point intéressant à ce qui vient d'être dit. Vous savez que Pierre Moscovici a réclamé à plusieurs reprises à ce que la Cour des comptes puisse être avertie en amont des projections de Bercy sur le budget de l'année.

Et ça, ça a été à la suite de l'erreur de prévision absolument c'était en 2024 je crois de l'erreur de provision considérable qu'il y a eu sur les recettes. Et donc il a dit le rôle de la Cour des comptes c'est aussi Bercy n'est plus ce qu'il était, apparemment il y a des erreurs à répétition, la Cour des comptes est là pour surveiller les condamnations, laissez-nous regarder et accéder. Et la réponse de Bercy ça a été un niet, ça a été non.

Et c'est assez drôle de voir que maintenant c'est Bercy qui vient à la Et si vous voulez ça ouvre ça rouvre le jeu parce que c'est vrai la Cour des comptes il l'a rappelé Pierre Moscovici au moment de son départ, de son bilan il y a 40 ans c'était un rapport par an, c'était les comptes de la nation à la fin de l'année, alors tous les journaux ils se précipitaient qu'est-ce qui s'est passé cette année et cetera. Là je crois qu'il a sorti 80 rapports cette année. Donc l'institution a fondamentalement changé et je pense que la le changement de profil du premier président de la première présidente en l'occurrence accompagne cette évolution là, que ça a du sens parce que elle elle sait ce qui se passe à Bercy, elle a elle y a passé elle connaît tous les méandres et donc je pense qu'elle va déranger davantage les les ministères au contraire peut-être qu'elle est en conflit d'intérêt sur ce coup-ci mais c'est rien par rapport à la durée et je pense qu'elle va être là pour poser les bonnes questions au bon moment à ceux qui font la politique de l'État et que ça va être salutaire.

Par ailleurs, je pense qu'effectivement on on glose en permanence sur la date théorique de la sortie et la période où jusqu'où elle pourrait siéger à la Cour des comptes. Effectivement, je suis d'accord et on a bien compris qu'il y a un autre vélo qui tourne dans la tête de madame Amélie de Montchalin depuis ces dernières séquences politiques et elle va pas y rester elle va pas y rester toute sa vie et c'est vrai que quand on regarde la la la mutation de de de de la place de la Cour des comptes dans le débat public, on le voit à travers la dernière étude justement sur la confiance des Français et au chapitre institution, et bien la Cour des comptes occupe une place maintenant importante. Les Français considèrent que c'est un organisme qui est digne de confiance.

Alors, Amélie de Montchalin sortira du gouvernement, Rachida Dati aussi, ça c'est acté. Euh pour le reste, on ne sait pas. Remaniement annoncé dans les prochaines heures.

Est-ce que politiquement Sébastien Lecornu, il a intérêt à faire un remaniement d'ampleur ou à faire un remaniement a ? Bah, il a intérêt à faire le remaniement qu'il souhaite parce que madame Macron est très présent. Euh et que une fois de plus, on sait que le et on comprend ça y est, il est revenu en France à Dunkerque, voilà, partout euh et remaniement, nomination et donc on a compris qu'effectivement le le principal au fond sujet de ce de Sébastien Lecornu, c'est comment gérer avec Emmanuel Macron et parce que il va vouloir et on le voit bien sûr marquer de plus en plus la fin de sa présidence et je pense que ce qui va se passer là, vous savez, on a on a l'habitude, tout commence par un réajustement technique et ça se termine par un remaniement politique.

Donc on va voir dans quelle mesure ça va s'avérer et la rapidité avec laquelle parce qu'on sait que en général, c'est pas très rapide le remaniement chez Emmanuel Macron. On va voir dans quelle mesure ça va s'avérer et dans quelle mesure à quelle temporalité ça va se jouer. Bah, il commence à y avoir un petit peu urgence parce que la ministre de la culture est une des principales candidates aux élections municipales qui se tiennent dans quatre semaines maintenant et donc il serait logique que les choses soient aillent assez vite pour que tout le monde soit dans la même situation sur la sur la ligne de départ. 4 semaines, ça va se faire rapidement. poussée d'ailleurs le le délai juste après.

Après après là où vous avez raison on va on va voir hein, il y a que quelques heures. Mais l'hypothèse la plus probable qui est citée dans les journaux, c'est que ce soit l'actuel conseiller d'Emmanuel Macron à la Culture qui remplace Rachida Dati donc et qui a été à la tête du Château de Versailles pendant longtemps donc on sait qu'ils sont l'actuel ministre de la proches et qu'ils s'entendent bien. Il y a un nom qui circule pour remplacer Amélie Monchalin qui serait une promotion de David Amiel, j'en sais rien mais c'est aussi un un macronien de la Fonction publique Voilà, exactement.

Donc effectivement, ça va être un un remaniement sans doute assez assez macronien ou macroniste et il va falloir que Sébastien Lecornu joue des coudes pour à moins qu'il soit d'accord. Et on suivra ça dans les prochaines heures. Allez, on termine par l'histoire du jour et si vous habitez dans le Nord et dans le Pas-de-Calais, vous allez avoir la patate.

Ce weekend à Penin, pas loin d'Arras dans le Pas-de-Calais, Christian Roussel, un agriculteur donnera ses 90 tonnes de pommes de terre à ceux qui viendront se servir. Alors derrière l'élan de générosité se cache le symptôme de la crise que traverse la profession en cause la surproduction de l'année dernière. Les agriculteurs ont donc de nombreuses invendues.

Il avait le choix entre les jeter ou les donner, il a opté pour la deuxième solution. Vous pourrez donc vous servir dans sa ferme à Penin vendredi, samedi de 8h à 16h en apportant vos récipients et si vous le souhaitez, vous pourrez donner quelque chose dans une cagnotte. Et puis vous reprendrez bien un peu de patates à Lille.

La Coordination rurale a elle distribué gratuitement 3 tonnes et demi de pommes de terre et 500 kilos d'oignons jaunes. C'était hier, ils en ont profité pour expliquer aux consommateurs d'acheter français, ils en ont même parlé au préfet qui est reparti avec son filet de pommes de terre. Et voilà.

Ça donne [rires] la frite. Ça donne la frite, bien joué Mikaël. Merci beaucoup Mikaël Darbouze.

Merci Valérie Lecasble d'avoir été avec nous. Merci à tous de nous avoir suivi. On se retrouve demain.

Très bonne journée. [musique]