Estelle Mercier (PS): «Nous ne sommes pas obligés d'avoir un budget purement austéritaire»
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:12OuverteRéponse directe
Vous lui répondez quoi à la proposition de compromis du Premier ministre ?
- 0:47OuverteRéponse directe
Est-ce que ça vous inquiète que des mesures aillent dans le sens des Républicains ou du RN ?
- 2:25OuverteRéponse directe
La taxe Zuckmann, vous en attendez 15 milliards. Il faut quand même réussir à l'imposer.
- 2:51OuverteRéponse directe
Et vous, sur quoi vous n'allez pas céder ?
- 3:55RelanceRéponse directe
Il y a toujours ce risque que tout ça prenne la tournure du précédent budget de Michel Barnier...
- 4:59ComplaisanteRéponse directe
Transition sur la proposition de loi contre les violences sexistes et sexuelles.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:12Invité politiqueFait
« faire des efforts aux gens qui sont les plus fragiles, aux malades, aux gens qui sont en location avec le gel des APL, aux retraités qui ont des revenus modestes. »
- 1:27Invité politiqueFait
« l'éléphant qui est dans la pièce, c'est-à-dire les hauts patrimoines, les plus riches ou les ultra-riches et les grandes fortunes. »
- 1:48Invité politiqueChiffre
« depuis 2019, ce ne sont pas tellement les dépenses qui ont augmenté, c'est les recettes qui ont fortement diminué. »
- 1:54Invité politiqueFait
« depuis dix ans, Emmanuel Macron a mené une politique économique et budgétaire catastrophique qui n'a fait que vider les caisses de l'État. »
- 2:25PrésentateurChiffre
« la taxe Zuckmann, vous en attendez 15 milliards. »
- 4:10Invité politiqueFait
« Michel Barnier était tombé, parce qu'il avait tendu la main au Rassemblement national. »
- 4:21Invité politiqueFait
« le délai de carence pour les étrangers sur les prestations qui a été annoncée par Sébastien Lecornu, est très inquiétant. »
- 4:30Invité politiqueChiffre
« en termes de rendement budgétaire, ça ne rapporte absolument rien. »
- 5:19Invité politiqueChiffre
« il faut mettre les 3 milliards qui sont demandés. »
- 5:59Invité politiqueChiffre
« un budget de 3 milliards d'euros qui va accompagner cette loi. »
- 6:11PrésentateurChiffre
« Le Premier ministre promet 1,5 milliard d'euros »
- 7:40Invité politiqueFait
« en Espagne, la loi intégrale, elle date de 2004. »
Temps de parole
- Estelle Mercier77 %
- Présentateur19 %
- ?4 %
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Bonjour Estelle, merci et pardon. Bonjour Alice Froussard. Merci d'avoir accepté notre invitation sur RFI au moment où le gouvernement va présenter demain une première copie de son budget pour 2027. Officiellement, le Premier ministre a tendu la main au Parti Socialiste et vous propose de trouver un compromis. Vous lui répondez quoi
? Nous
allons discuter et nous allons cet après-midi d'ailleurs, pas au Premier ministre mais auprès des ministres concernés, discuter et échanger avec eux sur nos propositions puisque nous avons fait des propositions très concrètes pour le budget 2027.
Et
donc nous répondons que nous sommes tout à fait disposés à discuter sur la base de nos propositions d'une autre manière de faire un
budget. Parce qu'il y a aussi des mesures, on a l'impression, qui vont dans le sens plutôt des Républicains ou du Rassemblement national. Est-ce que ça vous inquiète
? Alors
il est vrai que les annonces qui ont été faites, ce ne sont pas du tout des mains tendues aux socialistes. On voit bien que
c
'est quand même un budget très austéritaire avec des propositions qui font plaisir à la droite. Donc une baisse des dépenses
et
notamment des dépenses sociales. Donc on demande toujours de la même manière
de
faire des efforts aux gens qui sont les plus fragiles, aux malades, aux gens qui sont en location avec le gel des APL, aux retraités qui ont des revenus modestes. Et donc tout ça fait qu'on est toujours dans la même rhétorique de dire il faut dépenser moins. Donc tapons sur ceux qui sont les plus fragiles et en même temps l'éléphant qui est dans la pièce, c'est-à-dire les hauts patrimoines, les plus riches ou les ultra-riches et les grandes fortunes.
On
n'en parle jamais. Et justement vous, votre contre-budget, il est financé
? Ah
ben nous, notre contre-budget, il dit une chose claire et nette. C'est que depuis 2019, ce ne sont pas tellement les dépenses qui ont augmenté, c'est les recettes qui ont fortement diminué. Mais nous,
ce
que nous disons, c'est que depuis dix ans, Emmanuel Macron a mené une politique économique et budgétaire catastrophique qui n'a fait que vider les caisses de l'État. Et aujourd'hui, il demande aux plus démunis de faire des efforts. Mais en réalité, ce n
'est
pas aux plus démunis de faire des efforts ou ce n
'est
pas aux Français ou de la classe moyenne de faire des efforts.
C
'est à ceux qui ne contribuent pas aujourd'hui à hauteur de leurs facultés respectives, c'est-à-dire les plus riches, de mettre enfin la main au portefeuille et de revenir sur tous les avantages fiscaux qu'ils ont eus depuis dix ans. Par exemple,
ça va dans le sens de ce que vous dites, la taxe Zuckmann, vous en attendez 15 milliards. Il faut quand même réussir à l'imposer.
La
taxe sur les hauts patrimoines, oui, ou la taxe Zuckmann, qui est une forme de taxe sur les hauts patrimoines. L'imposer, c'est-à-dire, il suffit d'une volonté politique.
Et
la volonté politique, si elle n'est pas là, effectivement, la taxe Zuckmann ne peut pas s'imposer. Mais s'il
y
a une volonté politique, la taxe, elle s'impose. Et vous, sur quoi vous n'allez pas céder
? Alors,
nous, on est très clair sur le fait que nous avons fait des propositions. Et donc, ces propositions-là, elles constituent un ensemble cohérent, à la fois de relance de l'investissement, à la fois de relance pour nos services publics, à la fois des mesures pouvoir d'achat aussi importantes dans notre budget, qui sont financées, évidemment, par un rétablissement des recettes fiscales, j'insiste, un rétablissement des recettes fiscales, auprès des hauts patrimoines, auprès notamment des plus grandes successions, auprès des géants du numérique aussi.
Et c'est cet ensemble-là qui montre qu'un autre chemin est possible, et qu'on n'est pas obligé d'avoir un budget purement austéritaire, et qui demande des efforts à tout le monde, surtout ceux qui ont déjà largement contribué, pour pouvoir rétablir les comptes publics. Le
rétablissement
des comptes publics se fera forcément dans la durée, parce que là, on est dans une situation extrêmement compliquée, après dix ans de politique d'Emmanuel Macron, mais il faudra bien le faire à un moment ou à un autre.
Il y a toujours ce risque que tout ça-là prenne la tournure du précédent budget de Michel Barnier, et celui de l'État qui a été adopté par l'article 49.3.
Alors,
c'est bien que vous passiez la référence à Michel Barnier. Rappelez-vous aussi que Michel Barnier était tombé, parce qu'il avait tendu la main au Rassemblement national. Là, ce qu
'il
y
a
dans ce budget, notamment le délai de carence pour les étrangers sur les prestations qui a été annoncée par Sébastien Lecornu, est très inquiétant. C'est un signal symboliquement, et uniquement symbolique, puisque, en fait, en termes de rendement budgétaire, ça ne rapporte absolument rien. Et donc, c'est bien une main tendue qu'il a lancée au Rassemblement national.
Il joue sur les deux tableaux. À
partir de ce moment-là, on ne
peut
pas vraiment dire qu'il ait tendu beaucoup la main en socialiste. Donc, quelle que soit après la manière dont il va avancer dans le budget, dont on va avancer dans le budget, nous, nous saurons nous positionner en fonction de la copie qui sera proposée. En l'État, la copie n'est pas acceptable.
Et transition toute faite sur cette proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants débattues dès demain à l'Assemblée. Là aussi, ce qui crispe, ce sont les moyens financiers. Est-ce qu'une loi sans moyens, ça reste une loi intégrale
? Une
loi sans moyens, c'est forcément une loi intégrale. C'est une loi intégrale parce qu'en fait, il y
a
évidemment beaucoup de budgets qu'il faut mettre les 3 milliards qui sont demandés. Et ça,
c
'est une évidence. Mais cette loi, elle produit aussi un changement de regard. Elle redonne la parole aux victimes. Elle parle de choses fondamentales comme elle redéfinit l'inceste, elle redéfinit le contrôle coercitif. Elle reparle de la victimisation secondaire. Elle reparle aussi de l'accompagnement des enfants, de prévention. Donc, tout ça, évidemment, c'est d'abord un changement de regard, un changement de méthode par rapport à un sujet que les Français découvrent aujourd'hui mais qui existe depuis très très longtemps et sur lequel on a besoin d'éléments à la fois législatifs mais également d'un budget de 3 milliards d'euros qui va accompagner cette loi.
Et nous, on demande à ce que les moyens soient à la hauteur des enjeux.
Et
les enjeux sont
énormes.
Parce que l
'enveloppe de départ a
été divisée par deux.
Le Premier ministre promet
1,5 milliard d'euros et on est loin quand même du financement propre de 3
milliards. C'est insuffisant, mais peut-être parce que le Premier ministre ne se projette que sur les six mois qu'il y a.
Mais
c'est largement insuffisant. Il faut se dire aussi que la question du budget, elle intervient là maintenant. Mais au mois de mai, on aura un nouveau gouvernement, un nouveau président et qu'il faudra se reposer la question de quelle politique et quelles sont les personnes qui vont mettre ces 3 milliards d'euros sur cette loi intégrale. Et ça devrait faire partie aussi du débat sur le budget pour les présidentielles. Puisque vous savez, on vote des budgets que pour un an. En tout cas, on accepte et on fait le PLF, c'est juste une année. Donc comment peut-on savoir si en 2027, le futur président de la République mettra les 3 milliards ? C'est ça qu'il faut demander. Estelle
Mercier,
ça
fait deux ans que vous travaillez sur ce texte. Certains parlent en ce moment de mesures contre-productives. Qu
'est
-ce que vous avez envie de leur répondre très rapidement
?
Moi, ce n
'est
pas ce que me disent les victimes. Ce n
'est
pas ce que nous disent les associations. Il y a beaucoup d'attentes. Il y
a
beaucoup d'espoir autour de cette loi. Il y a un vrai changement de regard par rapport à la parole des victimes notamment. Et donc, moi, on me dit au contraire que c'est une loi qui est très utile, qui va changer la donne, qui va modifier notre façon de voir les choses dans la justice, dans la prévention, et qu'elle est évidemment indispensable et essentielle. On a presque trop traîné. Rappelez-vous qu'en Espagne, la loi intégrale, elle date de 2004. Exactement.
Et on aura l'occasion d'y revenir. Désolée, on est pris par le temps. Merci beaucoup, en tout cas, Estelle, merci
d
'avoir répondu à nos questions sur RFI. Retrouvez l'intégralité des podcasts RFI sur l'application RFI Pure Radio.
Estelle Mercier