Damien Abad : "LR doit retrouver le chemin des idées"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:33OuverteRéponse directe
Comment qualifiez-vous vos troupes ?
- 1:18OuverteRéponse directe
Quel est votre parcours ?
- 1:37RelanceRéponse directe
Vous êtes où politiquement ?
- 2:27OuverteRéponse directe
Comment envisagez-vous votre rôle dans un Parlement dominé par LREM ?
- 3:01RelanceRéponse partielle
Quelles sont vos idées ?
- 3:29RelanceRéponse directe
Les idées de la droite ne sont-elles pas chez Macron ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:56Invité politiqueFait
« nous avons tous gagné sur nos territoires, nous avons tous gagné sur nos convictions de droite »
- 1:48Invité politiqueFait
« La baisse de la CSG, j'ai été favorable et c'est pour cela que j'ai soutenu le candidat Bruno Le Maire aux primaires. »
- 3:45Invité politiqueFait
« Nos idées, elles sont très claires. La liberté, par exemple. C'est un sujet fondamental. La droite doit devenir ce parti des libertés. »
- 4:08Invité politiqueFait
« Nous devons être le parti de la baisse des impôts. Mais pas la baisse des impôts par l'augmentation de la dépense. La baisse des impôts par la maîtrise de la dépense publique. »
- 5:21Invité politiqueFait
« sur cette proposition et ce plan migration du Premier ministre, on est à côté. »
- 7:56Invité politiqueChiffre
« l'aide médicale d'État, c'est un milliard d'euros que ça coûte. C'est à peu près 300 000 personnes qui sont concernées. »
- 14:13Invité politiqueFait
« nous sommes pour un régime de retraite unique. C'est-à-dire l'alignement du privé sur le public et c'est-à-dire la fin des régimes spéciaux de retraite. »
- 17:38Invité politiqueChiffre
« On gagne à peu près 5 000 euros net par mois en tant que député. »
- 18:33Invité politiqueFait
« Le grand problème de la droite, c'est que la droite au pouvoir ne ressemble pas à la droite en campagne. »
- 19:52Invité politiqueFait
« sur le mariage pour tous, moi, je pense effectivement que c'est quelque chose de positif et que c'est une avancée. »
- 20:59Invité politiqueFait
« La GPA, nous sommes contre. La marchandisation du corps, nous sommes contre. »
- 22:44Invité politiqueFait
« Je pense qu'on a besoin d'investir sur la formation, de renforcer l'apprentissage, de renforcer l'intelligence de la main. »
Temps de parole
- Damien Abad58 %
- Présentateur19 %
- Présentateur 212 %
- Invité5 %
- Auditeur4 %
- Auditeur 22 %
≈ 2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le tout nouveau président du groupe LR à l'Assemblée Nationale, fraîchement élu hier à ce poste. Vos questions 0145 24 7000, les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Damien Abad, bonjour. Bonjour. Merci d'être là et félicitations. Vous prenez donc la tête du plus gros groupe d'opposition à l'Assemblée Nationale, groupe qui rassemble 104 députés, deuxième groupe donc juste derrière La République En Marche. Vous succédez à Christian Jacob qui a exercé la fonction pendant 9 ans, je crois qu'on appelle ça un novena. Alors dites-nous, depuis la position que vous occupez désormais, comment vous qualifiez vos troupes ?
Ce groupe, c'est un groupe de grands traumatisés par la présidentielle, la présidence Wauquiez, les européennes. C'est un groupe en crise ou pour le dire plus poliment, en reconstruction ou en marche,
mais en marche vers où, Damien Abad ? Non, pas du tout, pour une raison très simple, c'est que les 5-4 députés que nous sommes, nous avons tous gagné sur nos territoires, nous avons tous gagné sur nos convictions de droite et nous avons tous envie d'une seule chose, c'est que la droite redevienne crédible et audible aux yeux des Français. Et que donc, dans ces députés, vous avez une diversité politique, vous avez un éventail des sensibilités politiques, mais vous avez surtout une volonté de cohésion, d'unité et de rassemblement et c'est ça que j'ai ressenti pour les rencontrer chacune et chacun au quotidien.
Alors, on ne vous connaît pas très bien encore, c'est la première fois que vous venez, vous avez 39 ans, quel est votre parcours ? Ceux qui vous aiment saluent votre détermination, ceux qui vous aiment moins disent que vous êtes changeants. C'est vrai que vous êtes passé du leumérisme au phionisme jusqu'au wauquiezisme, alors vous êtes où ? Vous venez du centre, mais quelle est votre droite ?
D'abord, moi je n'ai pas changé, je suis de droite, d'une droite sociale, d'une droite de progrès, d'une droite des territoires. Et quand j'étais avec Bruno Le Maire, j'ai défendu les mêmes choses avec Laurent Wauquiez. Je vous prends un exemple très concret, Léa Salamé. La baisse de la CSG, j'ai été favorable et c'est pour cela que j'ai soutenu le candidat Bruno Le Maire aux primaires. Je l'ai fait ensuite quand j'étais dans l'opposition et j'ai vu un gouvernement et un ministre de l'économie qui a changé de position. Donc moi, je n'ai pas changé sur l'idée politique, sur mon ADN politique. Simplement, les femmes et les hommes évoluent et elles changent malheureusement.
Ce que je dis simplement aujourd'hui, et c'est ce qui doit nous rassembler, c'est que la droite, effectivement, doit retrouver cet ADN politique-là, de marcher sur ses deux jambes, celle de l'autorité, mais aussi celle de cette fibre économique et sociale que je veux porter.
Christian Jacob a dit de ce poste qu'il est à la fois le premier prix de camaraderie et une sorte de délégué de classe. Le poste de président de groupe à l'Assemblée. Alors, monsieur le délégué de classe, blague à part, comment envisagez-vous votre rôle dans un Parlement, disons-le, on le sait, archi-dominé par la République en marche, et où les partis traditionnels de droite comme de gauche, semblent toujours à terre deux ans et demi après la présidentielle ? Comment exister ?
Par les idées. Je crois que notre groupe politique est une force d'opposition, bien sûr, au gouvernement, et à cette majorité, une force d'opposition ferme et responsable. Mais elle doit aussi devenir une force de proposition qui doit incarner l'alternance aux yeux des Français. Ce que je veux, c'est qu'on retrouve le chemin des idées.
Mais quelles sont vos idées ? Parce que ça, j'entends ça, pardon, je vous coupe un peu brutalement, mais quelles sont les idées de la droite ? Ça fait deux ans et demi que vous êtes en reconstruction, et je suis gentil avec vous, parce que je pourrais dire que ça fait depuis l'échec de Nicolas Sarkozy en 2012 à la présidentielle, où il y a eu après les crises Fillon-Copé, il y a eu l'échec à la présidentielle, la primaire de droite où vous vous êtes diffusé, le moment Wauquiez qui n'a pas marché. Alors, depuis plusieurs années, on entend la droite dire, il faut les idées, les idées. Mais c'est quoi les idées ?
Et surtout, est-ce que les idées aujourd'hui, elles ne sont pas chez Emmanuel Macron ?
Je ne crois pas. Les paroles sont chez Emmanuel Macron. Et je suis très clair avec vous, il y a effectivement un électorat de droite qui est séduit par ces paroles-là. Mais à nous de montrer qu'il y a un gouffre entre les paroles et les actes. Et surtout à nous de garder notre ADN politique. Quelle est la volonté du président de la République ? C'est de dévitaliser la droite. C'est de nous faire sortir notre ADN politique. Nos idées, elles sont très claires. La liberté, par exemple. C'est un sujet fondamental. La droite doit devenir ce parti des libertés. Comme nous l'avons fait d'ailleurs au moment de l'élection présidentielle.
La question de l'autorité de l'État, la question de la laïcité, sur laquelle nous attendons un discours présidentiel clair. C'est un enjeu fondamental. On va sûrement l'aborder tout à l'heure. Mais la question migratoire aussi. Là aussi, nous avons des idées très claires. Et sur le plan économique, là aussi, il faut que nous assumions. Nous devons être le parti de la baisse des impôts. Mais pas la baisse des impôts par l'augmentation de la dépense. La baisse des impôts par la maîtrise de la dépense publique. Et aussi, moi je souhaite qu'on aille chercher de nouveaux sujets. Qu'on parle de la dépendance. Qu'on parle du handicap. Qu'on parle de l'écologie. Qu'on parle de l'école.
Des sujets que la droite, malheureusement, a trop laissé en jachère ces dernières années. Ça doit être ça l'enjeu. D'ouvrir toutes les portes. De rassembler. Et surtout aussi, d'avoir des idées nouvelles. La dernière idée nouvelle, finalement, pour la droite, souvent, beaucoup le disent, c'était la défiscalisation des heures supplémentaires de Nicolas Sarkozy. Eh bien, je pense que maintenant, ça fait 10 ans. Et à nous, effectivement, de retrouver...
Qu'Emmanuel Macron a repris.
En partie. En partie seulement. Et vous le savez, quand vous regardez le coup, puisque sur la question des charges sociales, notamment patronales, il n'y a pas, effectivement, cette avancée-là.
Le Premier ministre, Damien Abad, a détaillé hier les principales mesures présentées par le gouvernement sur l'immigration. Nous voulons reprendre le contrôle sur notre politique migratoire, a déclaré d'entrée Édouard Philippe. Sur la sémantique reprendre le contrôle, take back control, c'était le slogan des Brexiteurs, du camp favorable au Brexit. Est-ce que vous pensez qu'il a raison, le Premier ministre, de se positionner sur ce registre-là ?
Je pense que sur cette proposition et ce plan migration du Premier ministre, on est à côté. Pour une raison très simple, c'est qu'en fait, ce plan concerne surtout l'immigration économique, avec des objectifs chiffrés, qu'on appelle des quotas, d'ailleurs avec un mot dont on pourrait discuter le sens, alors que la volonté des Français et la volonté de la droite, c'est de maîtriser l'immigration, de mieux la contrôler, et surtout d'éviter une immigration de masse.
Et que là, ce qu'on est en train de faire, c'est qu'on ouvre les vannes sur l'immigration étudiante, on va ouvrir les vannes sur l'immigration économique, on ne traite pas de l'immigration irrégulière au très peu, et de l'immigration clandestine, et on ne s'occupe pas de la question du regroupement familial, qui est une question également centrale. Donc moi, je pense qu'on tire à côté. Simplement, bien sûr, quand les auditrices et les auditeurs nous écoutent, et qu'ils voient, ils entendent le mot quota, il veut dire finalement quota, c'est qu'on va limiter l'immigration.
Et notre grosse crainte à nous, c'est qu'en fait, quota va parfois permettre d'ouvrir les vannes de l'immigration encore aujourd'hui. Et c'est ça l'enjeu.
Enfin, quand même, cette idée de quota d'immigration économique, pardonnez-moi de vous dire, c'est ce que voulait faire Nicolas Sarkozy. Il voulait le faire précisément, c'était sur l'immigration économique d'ailleurs, il ne voulait pas faire de quota en fonction des pays, il disait, je vais faire des quotas en fonction des besoins, on a besoin de couvres, on a besoin de vétérinaires, on les prend. Bon, il ne l'a pas fait, Emmanuel Macron le fait.
Sauf que Nicolas Salamé, nous ce que nous voulons, ce sont des plafonds limitatifs, qu'on inscrive dans la Constitution, et que l'on puisse en débattre chaque année au Parlement. Pourquoi ce sont des plafonds limitatifs ? Et ce n'est pas la même chose, parce que le quota c'est un objectif. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si vous manquez de tel ou tel métier, vous allez augmenter finalement le nombre de personnes. Et d'ailleurs, on n'a aucune opposition avec cela, parce que bien sûr, moi je viens d'un département très industriel, le département de l'Ain, où on a besoin aussi d'une main d'oeuvre, et on sait très bien que l'immigration économique apporte cette richesse à notre pays.
Mais ce que nous disons simplement aujourd'hui, et c'est là où il y a effectivement cette escroquerie intellectuelle et politique, c'est que la vérité, c'est que derrière cela, en fait, il y a un objectif affiché d'augmentation de l'immigration. Nous, on veut des plafonds limitatifs. Et c'était ça la grande différence dans le projet présidentiel de la droite. C'était cela que nous proposions, limiter tout simplement l'immigration, et puis surtout, s'attaquer à la question du regroupement familial et de l'immigration familiale, qui est un enjeu, vous le savez, central.
Dans ce même chapitre, Damien Abad, deux mesures redéfinissent l'accès aux soins pour les demandeurs d'asile, avec une carence de trois mois pour obtenir la protection universelle maladie, et pour les sans-papiers, cette fois, un processus de validation a priori pour l'aide médicale d'État. Est-ce que vous soutenez ces mesures ? Est-ce qu'elles vont, selon vous, dans le bon sens ?
Oui. Je réponds très clairement oui. Mais est-ce qu'elles sont suffisantes ? Non. Pour une raison très simple, l'aide médicale d'État, c'est un milliard d'euros que ça coûte. C'est à peu près 300 000 personnes qui sont concernées. Et donc, on sait très bien que ce n'est pas simplement en régulant le panier de soins ou en augmentant le délai de carence qu'on va résoudre cette équation-là. C'est d'abord en s'attaquant à l'immigration clandestine, en s'attaquant à la cause du problème en tant que tel. Et que donc, si demain, nous passons de 300 000 à 400 000, 500 000, 600 000 personnes, le coût pour les finances publiques augmentera.
Donc, ce que nous disons, c'est que oui, ce sont des mesures que nous soutenons qui vont dans le bon sens, mais qui restent insuffisantes. Ce que nous proposons, c'est une aide médicale d'urgence. D'ailleurs, une proposition de loi qui sera déposée au Sénat dans ce sens par les sénateurs de droite, parce que nous pensons effectivement que c'est l'honneur de la France de soigner toutes celles et tous ceux, y compris ceux qui sont en situation irrégulière, qui sont en situation d'urgence vitale, mais que par contre, nous devons sanctionner tous les abus. Et les abus, il y en a malheureusement.
On l'entendait dans le journal de 8h, comme annoncé hier par Christophe Castaner, l'évacuation du camp de migrants de La Chapelle à Paris a commencé. Est-ce que c'est une bonne chose ?
Oui, c'est une bonne chose. Simplement, là aussi, il faut qu'on aille jusqu'au bout, parce qu'on a déjà eu des évacuations de migrants, on a déjà eu des campements qui ont été évacués en tant que tels, et parfois, on a simplement déplacé le problème. Et ce que je ne voudrais pas, c'est qu'en fait, finalement, on déplace encore le problème par rapport à un enjeu qui est un national.
Alors, puisqu'on est sur Paris, on reste sur Paris, Rachida Dati a été investie hier soir. Votre candidate, c'est votre candidate pour Paris. Beaucoup disent qu'elle est clivante au sein même de votre majorité, au sein même de la droite. On dit qu'elle est perso, qu'elle n'est pas rassembleuse, qu'elle ne s'entend pas avec la présidente de région Valérie Pécresse. On dit beaucoup de choses de Rachida Dati. Vous pensez que c'est un bon choix ?
Oui, c'est un bon choix. Et j'étais hier à la commission d'investiture, et je peux vous dire que sa présentation a été brillante et saluée par tout le monde. Pourquoi c'est un bon choix ? D'abord, parce que c'est quelqu'un qui a envie. Et pour être nouveau président de groupe, je peux vous dire que dans une élection, quand on a envie, c'est important. Il y a cette envie, cette détermination chez Rachida Dati.
Et vous pouvez même dire que personne n'avait envie d'y aller chez vous.
Certainement. La deuxième chose, c'est qu'elle est capable de créer une dynamique de premier tour. Et on sait très bien que le premier tour est central pour cette élection à Paris, et que Rachida Dati peut rassembler notre camp et au-delà. Troisième chose, c'est qu'elle a une expérience ministérielle, elle est capable de partager à toutes les catégories de population, elle a un bilan à la mairie du 7e arrondissement, et je trouve que c'est une candidate de qualité que je soutiens, et je pense qu'on doit créer les conditions du rassemblement. On ne peut pas demander partout en France le rassemblement de la droite, et finalement que Paris soit la vitrine de nos différences, de nos divisions.
Moi je souhaite qu'à Paris, comme ailleurs dans nos territoires, on puisse se rassembler autour de Rachida Dati.
Damien Abad, sur le référendum ADP, le compteur de signatures était hier à 924 000, il s'approche du million. Le million pour Alexis Corbière devrait pousser Emmanuel Macron à déclencher le référendum d'initiative partagée. Pensez-vous la même chose que lui ? Je ne fais pas partie de ces signataires. Et pourtant vous êtes contre la privatisation.
Oui, mais je ne fais pas partie de ces signataires pour une raison très simple, c'est que je ne souhaitais pas mêler ma voix à ceux de la France insoumise, ou celles et ceux qui ont porté aussi ce référendum. Mais j'entends aussi les arguments. Et chez nous, nous avons un député sur deux, au sein de notre groupe Les Républicains, dont Gilles Carrez, qui ont fait un engagement fort, parce que, sur une raison très simple, c'est qu'ils ne veulent pas vendre les bijoux de famille, et qu'il y a un sujet central. Ce qui est simplement, c'est que le président de la République doit tenir ses engagements.
Ses engagements, c'est d'abord l'engagement sur l'information en tant que telle, sur le fait que tout le monde, si ceux qui le souhaitent puissent signer, puissent le faire. De la même chose, il a dit qu'il a baissé ce seuil pour déclencher le référendum de 4 millions à 1 million, et donc, s'il faut le faire, il doit le faire, il doit l'assumer. C'est au président de la République de prendre ses responsabilités sur ce sujet-là, et nous ensuite, c'est à la droite, effectivement, de reconstruire son ADN politique.
Mais ce que vous dites sur ADP, c'est très intéressant, parce qu'au fond, ça donne le problème, un des problèmes de la droite, un des problèmes de chez vous, c'est que vous êtes divisé. C'est-à-dire que, par exemple, sur la privatisation, qui est un marqueur de droite, théoriquement, sur la privatisation d'aéroports de Paris, vous avez une partie de votre groupe qui est pour cette privatisation, vous avez une partie qui est contre, vous vous êtes contre, et puis dans les contre, il y a ceux qui ont signé avec les autres, et ceux qui, comme vous, n'ont pas signé avec les autres.
Donc, comment vous voulez parler d'une seule et même voix, pardon, de mettre la loupe sur ce qui ne va pas, mais ça ne va pas ?
Non, mais vous avez raison. Simplement, ce que vous voyez comme une division, moi, je le vois comme une richesse, à une condition. C'est qu'on est... C'est un des conditions, ça, un peu. Non, mais ce n'est pas simplement une métaphore, c'est que ce que je souhaite, c'est qu'on ait ce débat aussi entre nous. Il ne faut pas qu'on ait peur de ces sujets-là. Il y a eu une évolution à droite. Oui, avant, on était pour la privatisation de manière systématique. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Et nous devons l'assumer, parce que nous pensons qu'il y a effectivement des entreprises à défendre, nous pensons qu'il y a tout simplement un capital important à la France à protéger.
Sur l'aéroport de Paris, c'est un enjeu central. Et beaucoup de nos électrices et nos électeurs pensent, n'ont pas, par exemple, ont mal vécu la privatisation des sociétés d'autoroutes. Beaucoup d'électrices et d'électeurs vivent mal le fait que des aéroports, des infrastructures en France soient finalement vendues aux puissances étrangères. Et donc, il y a cette évolution aussi de la société. Ce n'est pas simplement une évolution de la droite. C'est aussi une évolution de la société sur ces sujets-là.
Et maintenant, là où on doit progresser, c'est qu'on doit effectivement tracer une feuille de route qui soit plus claire, plus limpide, et qu'on dise clairement quelle est la position de la droite sur ces sujets-là qui a évolué, effectivement. Et je ne trouve pas que ce soit forcément une mauvaise chose qu'elle ait évolué là-dessus.
Allez, il est 8h35, on ouvre le dialogue avec les auditeurs de France Inter. Bonjour François.
Oui, bonjour. Bienvenue. Bonjour M. Abad.
Bonjour.
J'aimerais savoir ce que vous comptez faire pour défendre le régime de retraite actuel des professeurs des écoles et des instituteurs des écoles maternelles et élémentaires basées aujourd'hui sur les 7 dernières années de leur activité et qui perdraient dans le nouveau système en moyenne 35% sur leur pension d'une part. Et d'autre part, j'aimerais savoir ce que vous comptez faire aussi pour faire des propositions d'amendements ou de lois sur la grande pauvreté en France. Je crois qu'il y a maintenant 8 millions de pauvres en France. Et pourtant, le PIB, depuis toujours, depuis que je suis né, je suis né en 70, augmente en France. Donc c'est la richesse nationale qui augmente.
Comment l'argent est-il redistribué ? C'est ça que je ne comprends pas. Les faits de réussitement, est-ce qu'il marche encore ?
Merci. Merci François pour cette double question. Réforme des retraites, éducation nationale, baisse de 35% dit François pour certaines pensions.
Bon, sur la première question, nous sommes très clairs, nous sommes pour un régime de retraite unique. C'est-à-dire l'alignement du privé sur le public et c'est-à-dire la fin des régimes spéciaux de retraite. Et je le dis très clairement, il y a un sujet pour les enseignants et pour les professeurs. Je pense que le sujet, ce n'est pas la question du régime de retraite en tant que tel, c'est la question du niveau des salaires. Je suis de ceux qui pensent, y compris à droite, que le niveau des salaires des professeurs est trop bas dans ce pays. Par contre, je le dis très clairement, sur la question du régime de retraite, il nous faut un régime unique.
Et là où il y a de l'injustice dans le régime aujourd'hui, c'est qu'on le voit très clairement, c'est qu'il y a malheureusement des régimes à plusieurs vitesses qui créent des situations d'inégalité entre les Français. Sur la deuxième question de notre...
Juste un mot sur les retraites, Emmanuel Macron semble privilégié pour calmer les esprits, privilégié de l'adoption de ce qu'on appelle la clause du grand-père, soit l'entrée en vigueur de la réforme uniquement pour ceux qui entrent sur le marché du travail, mais pas pour ceux qui y sont déjà.
Qu'en pensez-vous ? Mais Nicolas Demorand, c'est la clause du grand immobilisme. La vérité, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que jusqu'en 2062, il ne va rien se passer. C'est ça que ça veut dire la clause du grand-père. C'est très sympathique, mais la réalité, c'est qu'on reporte toujours signé d'idée la réforme. Et sur la réforme des retraites, qu'est-ce qu'on constate ? Des reculs permanents, l'abandon de l'âge pivot. Jean-Paul Levoix l'avait dit, c'est abandonné aujourd'hui. Sur la question effectivement de la clause du grand-père. Et demain, ça se raccroît. Et c'est ça le macronisme.
Donc vous craignez qu'Emmanuel Macron n'aille pas au bout, c'est ça ?
Mais c'est même déjà une réalité, malheureusement. Calande grecque. Déjà, 2025, c'est hors mandat, mais alors 2062, c'est quasiment hors vie temporelle de chacune et de chacun. Donc ça veut dire quoi ? Enfin, pas de tout le monde, j'espère. Mais en tout cas, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en fait, on abandonne cette réforme des retraites. Et c'est toujours ça le macronisme. On met d'abord des grandes paroles, d'abord des mots forts, pour finalement agir faiblement au final. Et c'est cela qu'on doit démontrer aux Français.
Allez, on retourne au standard. Xavier nous appelle de Bordeaux. Bonjour Xavier.
Bonjour Nicolas, bonjour Léa. Bonjour. Bonjour M. Abad. Bonjour. Voilà, donc ma question, elle est assez simple. Déjà, tout d'abord, à titre liminaire, quand même, je voudrais vous préciser que je vous ai écouté attentivement, M. Abad.
Merci.
Et je voudrais vous signaler que vous parliez d'escroquerie intellectuelle et d'injustice dans la réforme des retraites. Moi, je vous signale que j'ai 32 ans, j'ai monté 4 entreprises, j'ai généré du chiffre d'affaires, de la valeur ajoutée pour mon pays. Je n'aurai jamais de retraite.
J'ai été escroqué par l'État, et j'ai été escroqué intellectuellement par toute la clique que vous représentez, vous et la Macronie compris, c'est-à-dire des gens qui vivent dans une petite bulle, avec des salaires indécents, avec des retraites et des protections sociales indécentes, que vous pourrez léguer à vos enfants, à toute votre famille, à tous vos collègues, et vous vous pavaner sur les plateaux télé à vouloir nous dire comment on va changer la France.
Alors allez-y, Xavier, après ce propos liminaire, posez une question à Damien Abad, si vous voulez, évidemment.
Ma question est très simple. Hormis l'incapacité que vous avez à repenser le modèle et à penser un nouveau modèle pour la France et pour les nouvelles générations, comment vous vous considérez capable d'imposer une ligne de droite alors que la droite, elle est au pouvoir depuis 40 ans en France ? La dernière politique de gauche, M. Abad, c'était sous François Mitterrand, je n'étais même pas né.
Ok, Xavier, merci, on a compris le sens de votre intervention, on a entendu la colère aussi.
Damien Abad vous répond. D'abord, je vais répondre très concrètement. Moi, je ne suis pas né avec une cuillère en argent. Personne dans ma famille politique n'a eu une seule responsabilité politique. Ma mère était assistante sociale et mon grand-père était mineur. Donc j'ai le leçon de recevoir de personne. Et je suis très clair sur nos indemnités. On gagne à peu près 5 000 euros net par mois en tant que député. On peut considérer que c'est trop. Et bien sûr, c'est au-delà du salaire moyen en tant que tel. Mais ce que je dis aussi aux Français, qu'est-ce qui compte ? C'est qu'on rende des comptes sur notre action. Qu'on soit en responsabilité politique. Et personne n'a de leçon à recevoir.
Parce que sinon, tout le monde aussi peut tenter de se présenter. Moi, je veux aussi défendre les parlementaires. Parce que c'est trop facile. Comment on traite cette colère qu'on entend ? D'abord, en disant la vérité aux Français. Et en ne faisant pas croire qu'on a des régimes spécifiques particuliers. C'était le cas avant, ce n'est plus le cas aujourd'hui sur le régime de retraite. Et on le sait très bien. Et sur beaucoup de sujets sur les parlementaires. Ensuite, au-delà de ça, sur la question qui est posée sur la responsabilité politique et l'enjeu est de la droite en tant que telle. D'abord, la droite n'est plus au pouvoir. Et je suis bien placé pour le savoir. Depuis quelques années.
Mais au-delà de ça, nous sommes au pouvoir dans les territoires. Dans les départements. Dans les régions. Dans les mairies de France. Et là, on fait la preuve de notre efficacité. Le grand problème de la droite, c'est que la droite au pouvoir ne ressemble pas à la droite en campagne. Et que donc, quand on a été en responsabilité, on a malheureusement abandonné et même parfois trahi nos convictions politiques. et que notre enjeu aujourd'hui, ça va être de dire simplement faire ce que l'on dit et dire ce que l'on fait avant. Ça paraît simple. Mais c'est cela qu'attendent de nous les Français.
Avec qui en incarnation ? Est-ce que quelqu'un comme François Baroin vous semble être la bonne personne ?
Je pense en tout cas qu'il a une équation politique favorable pour la droite. François Baroin, c'est quelqu'un qui a des qualités politiques, humaines, qui sont extrêmement fortes. Moi, je souhaite effectivement qu'il prenne des responsabilités, qu'il s'implique. Après, c'est à lui de voir cela. Ce que je note simplement, c'est que l'élection de Christian Jacob à la présidence du parti, permet aussi à François Baroin aujourd'hui de reparticiper aux travaux des Républicains. C'est trop tôt pour le dire. Mais il y a une incarnation positive. Et je souhaite effectivement que François Baroin puisse incarner la droite.
Mathieu, sur l'application de France Inter, vous pose la question suivante. Il vous cite, la droite doit être le parti des libertés. Et vous pose les questions suivantes. Liberté de se marier avec qui l'on veut. Liberté d'accéder à la PMA qui que l'on soit. Liberté de porter ou pas un voile. Liberté pour qui et jusqu'où ? Vous demande Mathieu. Damien Abad.
C'est un grand enjeu. Et sur la question du mariage, je l'ai dit, et sur le mariage pour tous, moi, je pense effectivement que c'est quelque chose de positif et que c'est une avancée. Vous le savez aussi, sur le texte PMA, je fais partie des parlementaires républicains qui n'ont pas voté contre.
Ils se sont abstenus. Vous ne pouviez pas aller jusqu'à voter pour. C'était trop violent pour votre famille politique ?
Ce n'est pas une question de violence.
Alors pourquoi ? Parce que l'abstention,
c'est quelque chose d'un peu entre les deux. Alors, oui, c'est entre les deux. Mais pourquoi ? C'était une abstention de conviction. Parce que j'ai un doute sur ce sujet. Permettez-moi ce sujet de ne pas avoir de certitude. Je crois fondamentalement que deux femmes, qu'un enfant puisse vivre et s'épanouir dans un couple de femmes. C'est ma conviction intime et profonde. Mais je m'interroge aussi sur les conséquences que ça a sur la société, les conséquences que ça a sur l'affiliation. Et puis, la deuxième raison de mon station, c'est les doutes que j'ai aussi sur ce qui a été fait sur le diagnostic préimplantatoire.
Parce que dans cette loi bioéthique, il y avait le sujet PMA, mais il y avait aussi d'autres sujets fondamentaux. Notamment la question du diagnostic préimplantatoire. Voilà. Et donc, j'ai voulu envoyer un signal. Le signal, effectivement, que sur ces sujets-là, on a voulu parfois que la droite se recoqueville sur elle-même. Et on voit, regardez, l'évolution politique qu'il y a aujourd'hui. Il s'agit pour nous d'avoir des bornes claires. La GPA, nous sommes contre. La marchandisation du corps, nous sommes contre. Mais il y a aussi des sujets de société sur lesquels nous pouvons évoluer.
Pierrick est en ligne au Standard. Il y a beaucoup de questions pour vous, Damien Abad, ce matin. Bonjour, Pierrick.
Oui, bonjour. Bonjour à tous. Alors, je vais essayer de faire rapide. En fait, moi, je voudrais réagir au fait qu'une cagnotte a été créée, enfin, une association a été créée dans le but de récolter des fonds pour payer la caution de M. Balkany. Il y a quelques mois, quand une cagnotte avait été créée pour soutenir le boxeur Gilles et Jaune Christophe Détinger, les politiques disaient que c'était une apologie des violences contre les forces de l'ordre. Donc, je voudrais savoir si la cagnotte pour M. Balkany est une apologie de la fraude et du blanchiment fiscal. Savoir qu'une telle cagnotte est légale.
Et si oui, est-ce que l'interdiction de la cagnotte de Christophe Détinger était légale à ce moment-là ?
Merci, Pierrick, pour cette question, Damien Abad.
Bon, d'abord, j'étais bien sûr opposé à cette cagnotte qui était une cagnotte contre notre force de l'ordre et contre notre police en ce qui concerne la cagnotte de M. Balkany. Moi, je ne suis pas favorable, je dirais, d'un point de vue général à ces cagnottes-là. En tout cas, ce n'est pas aux responsables politiques d'apporter ou de les soutenir en tant que telles. Après, s'il y a des associations qui le font parce qu'elles considèrent que M. Balkany était un bon maire, c'est à elles de prendre la responsabilité. En tout cas, moi, je suis très clair là-dessus. Ça ne me choque pas, donc ? Je préfère...
Non, ce n'est pas que ça ne me choque pas, c'est que je n'y participe pas et je préfère les cagnottes qui défendent, par exemple, comme le loto du patrimoine, qui défendent nos patrimoines en France. Je pense que c'est beaucoup plus important.
Linda est au standard depuis Chartres. Bienvenue, Linda.
Oui, bonjour. On vous écoute. Oui, ma question va être très rapide. Lorsqu'on parle de quotas économiques afin de répondre à un manque de personnes qualifiées, pourquoi ne pas investir dans la formation dans les demandeurs d'emploi ?
Merci, Linda, pour cette question. Damien Abad, complètement d'accord avec vous. Je pense qu'on a besoin d'investir sur la formation, de renforcer l'apprentissage, de renforcer l'intelligence de la main, de permettre les filières techniques en tant que telles. Aujourd'hui, malheureusement, il y a beaucoup de chômeurs dans notre pays, mais il y a aussi beaucoup d'offres d'emploi qui sont sans réponse. Il y a aussi beaucoup de chômes d'entreprise qui ne trouvent plus un certain nombre de métiers. Donc, notre responsabilité, c'est de favoriser cette formation professionnelle, d'encourager, effectivement, toutes les Françaises et tous les Français à s'engager vers le chemin de l'emploi.
Mais je le dis aussi, ça ne suffira pas. L'autre enjeu, c'est qu'on valorise le travail et que les revenus du travail soient largement supérieurs aux revenus de l'assistance.
Dernière question à votre place, à ce micro hier, Nicole Belloubet a répondu plutôt non. Elle n'était pas très favorable à la proposition de Christian Jacob d'établir une nouvelle commission Stasi sur la laïcité, faire cette nouvelle grande réflexion. La commission Stasi avait abouti à la loi de 2004 sur l'interdiction du voile à l'école. La loi répond aujourd'hui à toutes les attentes, dit-elle.
Madame Belloubet dit non à beaucoup de choses. Elle a même dit non au président de la République sur la question des quotas. Oui, elle est revenue dessus. Oui, mais sa première conviction, c'était non. Moi, j'y suis favorable et nous y sommes favorables chez les Républicains et nous soutenons cette position. Pourquoi ? Parce qu'on ne peut pas demander un débat apaisé, responsable sur ce sujet et refuser une commission comme la commission Stasi qui a rassemblé toutes les sensibilités parce que le sujet de la laïcité, il est central. Ce n'est pas la négation du refait religieux, c'est le respect du pluralisme religieux en France et c'est un sujet central notamment dans l'espace public.
Monsieur le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale, merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin. Vous reviendrez. Il y avait énormément de questions de la part de nos auditeurs. Il faudra poursuivre ce dialogue. Il est 8h46, le carrefour du 7-9. Il est 8h46,
Damien Abad