L'interview en intégralité de Manuel Bompard dans BFM Politique
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Ravie de vous retrouver pour une nouvelle saison de BFM Politique, le rendez-vous politique incontournable du dimanche. Amandine Atalaya et Bruno Jeudy à mes côtés pour vous interroger. Manuel Bompard, bonjour à vous trois.
Bonjour. Bonjour Nélan.
Et sur la droite de l'écran, si tout se passe bien, apparaît le QR code qui vous permet de chez vous, avec votre téléphone, de flasher à tout moment et d'interpeller Manuel Bompard. N'hésitez pas à poser vos questions, nous les relayerons. Bon, Manuel Bompard, toujours pas de Premier ministre, mais vraisemblablement les choses se précipitent puisque Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre, ancien ministre du budget, ancien ministre de l'Intérieur, homme de gauche, qui a occupé diverses fonctions à l'Assemblée, dans les gouvernements, je viens de le citer, sera reçu demain matin à l'Élysée. Est-ce que Bernard Cazeneuve, c'est celui qui vous fait le plus peur à la France insoumise ?
Son nom est cité pour remplacer Gabriel Attal.
Et je ne suis pas sûr qu'il faille poser la question de la manière avec laquelle vous la posez, c'est-à-dire en se demandant qui fait le plus peur à la France insoumise, ce n'est pas tout à fait le sujet. Le sujet, c'est qu'il y a deux mois, maintenant quasiment deux mois, il y a eu des élections législatives, qu'à l'issue de ces élections législatives, il y a un bloc, le nouveau Front populaire, qui est arrivé en tête de ces élections, et que depuis deux mois, on voit que le président de la République essaye de tout faire, sauf ce qu'il devrait faire, c'est-à-dire nommer un gouvernement constitué par le nouveau Front populaire.
Et il a exclu votre candidate Lucie Castel. Mais de manière incompréhensible. Une fois qu'on a dit cela, il fait un choix que la Constitution lui permet, l'article 8 lui dit qu'il doit nommer un Premier ministre, pas un Premier ministre désigné par Manuel Bompard ou par le NFP.
– Il ne dit pas choisir.
– Nommé, il ne dit pas nommer sur proposition des oppositions. Je vous pose la question sur Bernard Cazeneuve, Manuel Bompard, parce qu'on peut faire comme s'il y avait encore une hypothèse Lucie Castel aujourd'hui à l'Élysée. Vraisemblablement, ce qui est en train de se passer, c'est qu'Emmanuel Macron envisage très sérieusement de nommer Bernard Cazeneuve. Et quand je lis par exemple ce qu'écrit Jean-Luc Mélenchon, c'est de fait le candidat que vous redoutez le plus.
– Mais non mais en fait, excusez-moi mais le sujet encore une fois, c'est de savoir qu'est-ce qui va permettre d'apporter enfin des réponses. Ça fait deux mois qu'on n'a pas de gouvernement, on a battu le record de la 4ème République, on a battu le record de la 5ème République et on a devant nous des urgences, à partir de demain c'est la rentrée scolaire, on a des urgences en termes de pouvoir d'achat et donc on a besoin d'un gouvernement qui met en place une politique, un programme, qui est un programme qu'ont choisi les Françaises et les Français.
– Mais qu'est-ce qui est si rédhibitoire pour vous et Bernard Cazeneuve, dans la mesure où c'est un Premier ministre de gauche, éventuellement, qui n'a pas encore commencé à travailler et dont on ne sait pas si certaines idées n'iront pas un peu dans votre sens ?
– Mais d'abord, il y a un problème démocratique de base, c'est que ce n'est pas au Président de la République de venir faire et défaire les majorités. – Mais la Constitution dit que c'est le Président qui nomme le Premier ministre, c'est l'article 8. – Il ne m'a pas échappé, mais il ne vous a pas échappé non plus qu'il y a eu des élections et que la première chose à faire, c'est de tenir compte du résultat des élections.
– Oui, mais si en 2022, il n'y avait pas de majorité absolue pour le camp présidentiel, si le Président de la République n'avait pas nommé un candidat issu du camp présidentiel légitimement, le camp présidentiel aurait dit « Mais écoutez, on est arrivé en tête des élections législatives, pourquoi ce n'est pas nous qui pouvons diriger le gouvernement avec le candidat que nous choisissons ?
» – Vous imaginez bien que Bernard Cazeneuve, écoutez, Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre de François Hollande, Bernard Cazeneuve qui a quitté le Parti Socialiste au moment où s'est constitué la NUPES et ensuite le Nouveau Front Populaire, n'est pas la personne qui va permettre de mettre en place des idées du programme issu du programme du Nouveau Front Populaire. Vous voyez bien que le problème, ce n'est pas un problème de personnes, d'individus, c'est un problème de démarche. Ce n'est pas le Président de la République qui doit composer un gouvernement à sa main comme il est en train d'essayer de le faire.
Comment vous pouvez imaginer que Bernard Cazeneuve met en place les idées du programme du Nouveau Front Populaire alors qu'il ne sera soutenu par aucune des composantes du Nouveau Front Populaire ? Ça n'a pas de sens. – Mais vous dites qu'il ne sera soutenu par aucune des composantes du Nouveau Front Populaire. Il peut être soutenu aussi par une partie des députés de certains groupes, notamment au Parti Socialiste, où beaucoup ont gouverné avec lui, ont été dans le même groupe politique que lui. On imagine qu'une grande partie des députés socialistes ne vont pas le censurer du jour au lendemain. – Écoutez, je ne sais pas, moi j'écoute ce que disent les représentants du Parti Socialiste.
J'étais présent il y a une semaine maintenant à l'Élysée, à l'invitation du Président de la République, en présence d'Olivier Faure, qui est Premier Secrétaire du Parti Socialiste, de Boris Vallaud, qui est Président du Groupe Socialiste à l'Assemblée Nationale, de Patrick Cannaire, Président du Groupe Socialiste au Sénat. Olivier Faure a dit très clairement au Président de la République qu'il n'y avait pas d'autre option pour lui, comme pour nous, que la candidate que nous avons choisie, c'est-à-dire Lucie Casté, tout simplement.
Donc il faut quand même que les gens comprennent que le sentiment qu'on a, c'est que le Président de la République a perdu les élections, mais qu'il veut continuer à tirer les ficelles. Mais ça, ce n'est pas possible.
– On va y revenir, et notamment sur les procédures que vous lancez au sein de l'Assemblée et en dehors, pour contester la lecture que fait Emmanuel Macron des résultats. Je reste sur la personnalité de Bernard Cazeneuve, puisque c'est l'information qui nous est parvenue à BFM TV, il y a quelques minutes, il sera reçu demain à l'Élysée. Pourquoi est-ce que Jean-Luc Mélenchon écrit sur son blog que sa nomination ferait des dégâts dans les rangs parlementaires du PS et que cela affaiblirait en effet mécaniquement la coalition du nouveau front populaire ?
– Vous avez la réponse à cette question. Vous avez vu la semaine que nous venons de vivre, et vous voyez bien que c'est sans doute d'ailleurs le seul intérêt pour Emmanuel Macron de travailler cette piste Bernard Cazeneuve.
– Mais pourquoi ça affaiblirait votre coalition ? Il y a des personnes dans votre coalition qui ne sont pas assez solides pour résister en quelque sorte à une nomination de Marc Cazeneuve.
– Vous leur poserez la question, mais ce qui est certain, c'est que le président de la République, quand il a pris la décision de dissoudre l'Assemblée nationale, il l'a fait en misant sur la division à gauche et sur l'incapacité de la gauche de se réunir. Et ce pronostic a été erroné, puisque nous avons constitué le nouveau front populaire. Et il est certain que la seule obsession aujourd'hui du président de la République, ce n'est pas l'avenir du pays, ce n'est pas de savoir quelle politique va être mise en place pour régler les problèmes des Français, c'est d'essayer de fracturer le nouveau front populaire pour pouvoir conserver le pouvoir alors qu'il a perdu les élections.
Et clairement, on voit bien que Bernard Cazeneuve est sans doute un outil de cette tentative de fracturation.
– Et au-delà de la seule personne de Bernard Cazeneuve, si Emmanuel Macron choisit cette semaine un Premier ministre de gauche, pour vous, c'est automatiquement, quoi qu'il en soit, une motion de censure contre lui ?
– Mais Bernard Cazeneuve ne peut pas être considéré comme un Premier ministre de gauche à partir du moment où il n'a pas le soutien des quatre composantes politiques de la gauche à l'Assemblée nationale. – Donc Bernard Cazeneuve n'est pas de gauche. – Mais je ne suis pas en train de vous dire ça, je vous dis que… – C'est vous qui déterminez qui est de gauche. – Mais je ne vous dis pas, je ne vais certainement pas dire un tel est de gauche, un tel est de gauche, ce n'est pas le sujet, le problème c'est que, comment vous pouvez imaginer qu'un Premier ministre qui ne serait soutenu par aucun des groupes politiques de la gauche va mettre en place une politique de gauche ?
Enfin, il faut être un peu raisonnable et un peu sérieux. Il y a une candidate qui a été proposée par le nouveau Front populaire, c'est Lucie Casté. Si le Président de la République veut enfin reconnaître le résultat des élections et confier et constituer un gouvernement qui va mettre en place une politique qui est en accord avec le résultat des élections, il nomme Lucie Casté, s'il nomme Bernard Cazeneuve, c'est qu'il veut faire autre chose, tout le monde le sait.
– Manuel Bompard, on va être congrès, il nomme Bernard Cazeneuve, homme de gauche, Premier ministre de gauche, alors pour vous, ce n'est pas un Premier ministre de gauche, mais jusqu'à présent, on a quand même eu le sentiment, toute sa carrière a été à gauche. – Je vous dis que s'il n'a pas le soutien des groupes de gauche, il n'offre pas une politique de gauche, c'est pas vrai. – Vous censurez un Premier ministre, par exemple, qui s'engage à augmenter le SMIC. – Mais il s'est engagé à augmenter le SMIC, Bernard Cazeneuve ? – Vous décidez de le censurer avant de l'avoir entendu. – Mais non, mais Bernard Cazeneuve, il parle depuis des années et des années.
– Je reprends donc des éléments de votre… – Il ne sort pas d'une cave, là, il a dit des choses, il a mis en place des politiques. Le nouveau Front populaire s'est constitué sur la rupture avec le hollandisme, ce qui a permis l'union à gauche, c'est la rupture avec la politique qui a été mise en place par François Hollande, dont Bernard Cazeneuve était le Premier ministre. Donc il va à un moment, il faut tenir compte des réalités politiques. – Mais s'il s'engage à augmenter les bas salaires, est-ce que vous le censurez automatiquement, sans l'entendre ?
– Je vous dis les choses de manière très simple, nous avons dit, et je le redis, que si le président de la République s'entête à ne pas respecter le résultat des élections et qui nomme une autre candidature à Matignon que la candidate proposée par le nouveau Front populaire, il y aura une motion de censure, il y aura une mobilisation et il y aura une procédure de destitution. – Donc vous, c'est le nom qui compte, ce n'est pas le programme. – Si Bernard Cazeneuve s'engage à toucher à la réforme des retraites, vous le censurez également. – Bruno, je dis, s'il vous plaît, ne nous prenez pas pour un imbécile.
Le président de la République a dit dans la presse cette semaine que s'il ne voulait pas nommer Lucie Casté à Matignon, c'est précisément parce qu'il ne voulait pas que Lucie Casté puisse augmenter les salaires et qu'il ne voulait pas que Lucie Casté puisse revenir sur la réforme des retraites. Et d'ailleurs, nous avons fait exploser cette hypocrisie la semaine dernière parce qu'il se cachait derrière la soi-disant présence du ministre de la France insoumise au gouvernement et nous leur avons posé la question de savoir s'il n'y avait pas de ministre de la France insoumise, est-ce qu'ils étaient d'accord pour nommer Lucie Casté ?
Et finalement, ils nous ont dit, non, non, mais ce n'est pas les ministres insoumis le problème, c'est le programme. Donc vous n'allez pas me dire maintenant, une semaine plus tard, que sans Lucie Casté, finalement, il va nommer quelqu'un d'autre mais qu'il va quand même mettre en place le programme que Lucie Casté voulait mettre en place. Ce n'est pas sérieux.
Tout le monde sait très bien que si le président de la République travaille sur une hypothèse comme celle de Bernard Cazeneuve, ce n'est pas pour appliquer le programme du nouveau Front populaire et à partir de ce moment-là, c'est une remise en cause du résultat des élections, c'est un déni de démocratie et face à ce déni de démocratie, il est normal que nous utilisions les moyens à notre disposition pour l'empêcher et la motion de censure en fait partie.
Manuel Bompard, donc si je comprends bien Bernard Cazeneuve, c'est non, toute autre candidature que Lucie Casté est une candidature pour vous de droite ?
Je n'ai pas dit ça, je n'ai pas dit que c'était une candidature de droite, le sujet ce n'est pas ces catégories-là, j'ai dit que c'est une remise en cause du résultat de l'élection et que, enfin je ne sais pas, on discute, on débattre, mais vous savez que la décision qui a été prise par le président de la République...
Les électeurs ne connaissaient même pas Lucie Casté au moment de l'élection.
D'accord, mais ils ont voté pour le nouveau Front populaire, majoritairement, de manière relative, j'en suis d'accord, mais c'est le nouveau Front populaire qui... Vous êtes bon en mathématiques, vous êtes quand même loin, même pas, vous n'êtes même pas à 200 députés. Et les autres, ils sont à combien, monsieur ? Les autres, ils sont moins, mais les autres, ils sont prêts à ouvrir la coalition. Ah bon ? Ah bon ? Ils tentent de monter une coalition, manifestement, essayer de rapprocher... Vous avez entendu des bougées possibles de la part des groupes macronistes, par exemple, qui seraient prêts à revenir sur la réforme des retraites.
J'entends Hélène Geoffroy, j'entends des membres du Parti Socialiste au Bureau national expliquer qu'il fallait discuter avec le président de la République. Vous étiez en train de m'interroger et vous me disiez que les autres blocs, en l'occurrence vous parliez des macronistes, étaient prêts à faire des pas pour une quelconque coalition. Attendez, il faut reprendre les choses dans l'ordre. C'est simple, il n'y a pas besoin de discuter pendant des heures. Il y a le nouveau Front Populaire qui est arrivé en tête. Certes, c'est une majorité relative, mais c'est le nouveau Front Populaire qui est arrivé en tête. Il faut nommer un Premier ministre issu du nouveau Front Populaire.
Et ensuite, ce Premier ministre issu du nouveau Front Populaire, il va chercher des majorités sur ses textes de loi à l'Assemblée nationale. C'est comme ça que ça fonctionne, c'est comme ça que ça a toujours fonctionné, et il n'y a aucune raison que ça fonctionne autrement aujourd'hui. La situation est un peu inédite, Emmanuel Bompard. Non, elle ne l'est pas. Celui dans lequel l'Assemblée nationale... Ce n'est pas la première fois qu'il n'y a pas de majorité absolue pour une formation politique à l'Assemblée nationale.
Par rapport à tout ce que vous venez de dire, vous êtes contredit par plusieurs figures de gauche, et pas n'importe lesquelles. Parce que par exemple, l'ancien président de la République, François Hollande lui-même, a dit la semaine passée qu'il fallait qu'un Premier ministre socialiste soit nommé. On a vu aussi les propos de Carole Delga, qui est la présidente socialiste de la région Occitanie, qui dit qu'Emmanuel Macron avait le droit de refuser Lucie Casté. En fait, vous ne faites plus du tout bloc à gauche aujourd'hui.
Mais attendez, qui dirige le Parti socialiste, Amandine Atalaya ? C'est Carole Delga ou François Hollande ou Olivier Faure ?
Il y a néanmoins, vous le savez, d'autres positions au sein de l'Assemblée nationale.
J'en sens bien, mais admettez que moi, quand je discute avec mes partenaires, je discute avec les partenaires qui sont majoritaires au Parti socialiste, et sur l'orientation qui a été décidée librement et de manière souveraine par le Parti socialiste.
Vous avez noté l'évolution dans le discours d'Olivier Faure, qui hier à Blois, en clôture des journées d'été du Parti socialiste, évoque une censure contre un Premier ministre qui serait trop macroniste, qui n'est plus véritablement, ou qui n'est pas la position qui est la vôtre, qui est de dire Lucie Casté ou rien.
D'abord, Olivier Faure a dit précisément la même chose que moi en face du président de la République vendredi dernier. Et deuxièmement, il est évident qu'à partir du moment où Bernard Cazeneuve aurait été choisi par le président de la République, ça s'inscrit dans ce cas-là, dans une forme de continuité avec le macronisme, c'est une évidence. Sinon, le président de la République, s'il acceptait de reconnaître le résultat des élections et qu'il acceptait une véritable cohabitation, il serait tourné vers le bloc politique qui arrivait en tête et il ne lui imposerait pas un candidat qui est rejeté par les quatre composantes de ce bloc politique.
Enfin, je ne sais pas, ça me paraît être assez simple, assez évident. Vous imaginez Bernard Cazeneuve accepter toutes les conditions en 2024 d'Emmanuel Macron, alors que le même Bernard Cazeneuve n'a pas soutenu Emmanuel Macron en 2017, justement. Donc vous ne prenez pas en considération le programme de Bernard Cazeneuve qui est en opposant. Le programme de Bernard Cazeneuve s'est présenté devant les électrices et les électeurs. C'est une tragédie, Lucie Casté non plus. D'accord, mais les candidats du nouveau Front Populaire, ils se sont présentés devant les électrices et les électeurs.
Oui, mais tous les membres du Parti Socialiste ne sont pas sur la ligne de ne pas discuter avec Emmanuel Macron. Non, mais tous les membres du Parti Socialiste, sauf erreur de ma part, sont sur la ligne qu'il faut nommer Lucie Casté comme première ministre à Matignon. Tout ce qu'on dit. La question, c'est que Lucie Casté, elle serait censurée par les trois quarts des députés. Donc, pour tenir à l'Assemblée... Parce que vous avez une garantie que Bernard Cazeneuve, ce ne sera pas le cas ? On a l'impression quand même qu'au Parti Socialiste, il y a une partie des députés qui disent qu'ils ne censureraient pas Bernard Cazeneuve. Vous pouvez prendre ça en compte.
Mais attendez, c'est extraordinaire ce à quoi on assiste depuis maintenant plusieurs semaines. C'est-à-dire que ce n'est pas au président de la République, a priori, de censurer une candidate. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne dans nos institutions. On met en place un gouvernement, ce gouvernement vient devant l'Assemblée nationale et ensuite, il appartient, il est de la responsabilité de l'ensemble des députés à l'Assemblée nationale s'ils veulent censurer un gouvernement de l'affaire. L'article 8 est fait de telle manière que le président nomme le Premier ministre.
J'ai bien compris, mais c'est la première fois dans l'histoire de la Ve République que le Président de la République ne nommerait pas la candidate proposée par le Bloc qui est arrivé en tête. Et c'est la première fois dans l'histoire de la Ve République que le Premier ministre déciderait à la place des 577 députés à l'Assemblée nationale. Et c'est la première fois dans l'histoire de la Ve République qu'il y a un groupe qui a 193 députés et qui dit « je vais imposer mon Premier ministre ». Mais personne ne dit que nous allons l'imposer.
Nous disons que nous avons gagné les élections, certes de manière relative, qu'il est donc normal que ce soit la candidate que nous proposons qui arrive à Matignon. – Attendez, je vais vous dire les choses franchement, le Président de la République a perdu les élections, il doit en tenir compte, il doit abandonner le pouvoir, il doit se contenter de ce que la Constitution lui dit de faire. – Il doit abandonner le pouvoir ? – Oui, bien sûr.
– Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
– Je veux dire qu'il doit se contenter du rôle qui est le sien dans la Constitution, c'est-à-dire qu'il doit prendre acte du fait, c'est lui qui a demandé une clarification politique en dissolvant l'Assemblée nationale. Cette clarification politique a eu lieu, il est arrivé, ses candidats sont arrivés troisième au premier tour de l'élection législative, il a perdu.
Donc à partir de ce moment-là, il doit revenir dans le rôle d'arbitre, de garant de la Constitution qui est le sien, et il doit dire du point de vue de la politique qui est menée, dans nos institutions c'est le gouvernement qui conduit la politique de la nation, et donc il doit nommer le gouvernement issu du résultat des élections. C'est simple, enfin ça me paraît quand même hallucinant que depuis 20 minutes, on discute de savoir si en France il faut respecter ou pas le résultat des élections. Vous imaginez quand même que partout dans le monde, partout dans le monde, les gens ne comprennent pas pourquoi.
Alors que le nouveau Front populaire a gagné les élections législatives, c'est pas déjà le nouveau Front populaire qui gouverne. – Vous savez, en Espagne, Péodos Sánchez est arrivé deuxième aux élections législatives de son pays. – Je sais très bien, et vous savez qu'est-ce qui s'est passé en Espagne ? – Il a cherché à faire une majorité, il a trouvé des partenaires. – D'abord, il a trouvé des partenaires, d'abord c'est la droite qui a été en charge d'essayer de constituer un gouvernement, et puis ensuite la droite n'y est pas parvenue, et donc c'est le deuxième qui a été en charge de constituer un gouvernement.
Et pourquoi en France le premier n'est pas chargé de constituer un gouvernement ? – Parce que c'est le président qui nomme le Premier ministre. – Ah oui, mais d'accord, mais alors vous ne parlez pas en Espagne quand ça vous arrange, – Je ne sais pas, je n'ai pas fait le même système. – Parce qu'en Espagne, c'est pas comme ça que ça fonctionne. – Et en Allemagne, c'est pas comme ça que ça fonctionne.
– Donc en résumé, vous dites qu'Emmanuel Macron doit partir, que vous voterez une motion de censure, quel que soit le Premier ministre issu potentiellement de la gauche, en fait vous donnez le sentiment quand même à beaucoup d'observateurs et d'électeurs que vous voulez avant tout le blocage. Et on peut citer les propos de Nicolas Sarkozy, ce ne sont pas les miens qui étaient dans le Figaro ce week-end, et qui disaient, « L'extrême-gauche dans notre pays ne veut pas gouverner, il s'agit bien davantage d'une tentative de coup d'État de la France insoumise ». François Hollande lui dit que vous êtes une radicalité sans avenir gouvernemental.
Est-ce que vous voulez vraiment gouverner ou simplement bloquer ?
– Mais madame, je suis, depuis le début de cette interview, je vous dis, le président de la République doit nommer Lucie Casté à Matignon pour faire quoi ? Pour gouverner ? Enfin, quand même, excusez-moi, qui est responsable du blocage depuis deux mois ?
– Mais en tournant, on s'en discute avec les autres. Donc en fait, il y a une impossibilité de gouverner.
– Mais pourquoi vous dites ça ? Mais à quel moment j'ai dit que je ne voulais discuter avec personne, madame, dans nos institutions ? – Parce que vous pouvez citer un compromis que vous seriez prêt à faire, par exemple, sur votre programme. – Mais attendez, mais c'est simple, on a des institutions pour régler ça. Les institutions, elles disent, il y a un gouvernement, et ensuite il y a une Assemblée nationale, il y a un Sénat. Bon, si nous avons un gouvernement du nouveau Front populaire, nous allons présenter des propositions de loi, issues du programme du nouveau Front populaire.
Et ensuite, il y a un débat parlementaire, il y a un droit d'amendement, et les compromis se construiront à l'Assemblée nationale. De fait, de toute façon, il n'y a pas d'autre solution que de fonctionner comme ça, si on veut pouvoir faire voter des textes de loi à l'Assemblée nationale.
– Quand Nicolas Sarkozy dit coup d'État de la France insoumise ?
– Ça serait quand même le premier coup d'État avec une victoire aux élections. Normalement, un coup d'État, c'est précisément l'inverse. Enfin, excusez-moi, s'il y a un coup d'État antidémocratique, c'est plutôt celui qui consiste à ne pas nommer à Matignon la candidate du bloc politique qui a gagné les élections il y a deux mois. C'est plutôt le président de la République qui s'en rend coupable.
– Manuel Bompard, vous venez de soulever un point intéressant. Vous dites qu'au fond, si Lucie Castet avait été nommée, elle se serait présentée à l'Assemblée nationale avec la plateforme du nouveau Front populaire, mais que ça n'aurait pas été tout le programme, rien que le programme. – Mais non, mais… – Ça n'a pas… Oui, mais, pardon, mais cet été, c'est précisément la formule que vous avez utilisée et qui a jeté le trouble sur votre capacité à précisément aller chercher des compromis avec d'autres groupes politiques.
– Je vais essayer d'expliquer les choses, parce que je trouve qu'il y a une forme de paresse intellectuelle, excusez-moi, sur ce sujet. J'aimerais que tout le monde comprenne qu'il y a deux choses différentes. Il y a la plateforme gouvernementale, et il y a les débats à l'Assemblée nationale et au Sénat. Moi, je dis depuis le début, et je dis la même chose, que du point de vue des orientations programmatiques du bloc du nouveau Front populaire et des autres blocs politiques, ce qu'il faut, c'est un gouvernement du nouveau Front populaire qui a comme base programmatique le programme du nouveau Front populaire, rien que le programme et tout le programme du nouveau Front populaire.
Et ensuite, il y a un débat à l'Assemblée nationale, et ce débat à l'Assemblée nationale, il va forcément exister, personne n'a proposé, et de toute façon, c'est heureusement impossible dans nos institutions que le programme s'applique sans débat à l'Assemblée nationale. Et donc, bien évidemment, dans le débat à l'Assemblée nationale, il va y avoir forcément des compromis qui vont se construire par des amendements, par des majorités pour voter tel ou tel amendement. À quel moment, je vous ai dit, nous allons refuser que des amendements qui soient votés par une majorité de députés à l'Assemblée nationale soient intégrés à nos propositions de loi ? Ça n'a pas de sens.
Donc les 1 600 euros, par exemple, pour le SMIC, ça aurait été une proposition de départ, atterrir à 1 500, 1 550, pourquoi pas si tel est l'avis de la majorité des députés ?
Non, mais pourquoi vous partez du principe qu'il n'est pas possible de convaincre une majorité de députés sur les orientations programmatiques qui sont les nôtres ?
J'essaie de comprendre en réalité jusqu'à quel point de compromis vous seriez capable d'aller, Manuel Bompard, parce que, et on le verra dans la seconde partie d'émission, très souvent, ce qui vous a été reproché, c'est précisément une radicalité, un jusqueboutisme qui ne permet pas le dialogue. Ce que vous êtes en train de dire est, à mon sens, une évolution sémantique, de dire, eh bien, c'est des objectifs vers lesquels tendre, mais finalement, nous aurions pu...
Je ne veux pas être désobligeant à votre égard, mais je vous promets que ce raisonnement... Vous ne l'êtes jamais. Ce raisonnement qui consiste à dire qu'il y aurait un gouvernement du nouveau FROP, avec la base programmatique du nouveau FROP, et des débats et des majorités à l'Assemblée nationale, c'est le même raisonnement que je tiens depuis deux mois. Et moi, et Jean-Luc Mélenchon, et tous les membres de la France Insoumise. Donc, je sais bien que depuis le début, il y a une volonté de chercher des prétextes, parce qu'en fait, c'est de ça dont il s'agit, des prétextes pour dire que ça ne peut pas être eux qui gouvernent.
Est-ce que vos propres alliés, Manuel Bompard, ont considéré que... Non, ils disent exactement la même chose que moi.
Il y a une volonté de chercher des prétextes, en fait, depuis deux mois. Il y a une volonté juste d'essayer de trouver des explications qui pourraient peut-être paraître convaincantes pour les gens pour ne pas respecter le résultat des élections. Alors, on a fait... D'abord, ça a été les ministres insoumis. Ah non, il n'est pas question d'avoir des ministres insoumis. D'à la part de candidats macronistes, qui étaient très bien contents quand même que des députés candidats insoumis retirent leur candidature dans le cadre du Front Républicain pour empêcher l'extrême droite de s'emparer du pouvoir. Oui, mais à ce moment-là, ça ne leur posait pas de difficultés, manifestement.
On a fait exploser ce prétexte. On a dit, mais il n'y a pas de problème. Dans ce cas-là, est-ce que vous vous engagez à ne pas censurer le gouvernement s'il n'y a pas de ministres insoumis ? Ce prétexte est tombé. Maintenant, le nouveau prétexte, c'est ça. C'est que vous ne voulez pas de compromis. Mais mettez-nous en responsabilité. Laissez-nous constituer le gouvernement qui est le nôtre. Laissez-nous mettre en place les axes de notre politique, pas pour nous faire plaisir à nous, mais parce que c'est ce qu'attendent les Françaises et les Français. Majoritairement, pas tout le monde. C'est vrai, il y en a qui n'ont pas voté pour nous.
Mais c'est comme ça que ça fonctionne dans un système démocratique. Et je pense qu'augmenter les salaires, je pense que bloquer les prix, je pense qu'abroger la réforme des retraites d'Emmanuel Macron, ce sont des mesures qui sont très largement majoritaires dans la population française.
Merci Emmanuel Bompard. Dans un tout petit instant, vous nous direz pourquoi vous voulez destituer Emmanuel Macron et où en est la procédure ?
On a un petit peu donné des éléments de réponse.
Ça va prendre quelques instants.
Bienvenue dans cette troisième partie consacrée à ce petit car, toujours évidemment avec Adeline Esprit. Adeline, il est légitime aujourd'hui que les futurs clients se posent des questions sur l'électrique. Et en tant que leader de l'occasion, nous avons déjà les réponses. L'assistance, 24h sur 24, 7 jours sur 7, partout en Europe, jusqu'à 3 fois par an si le client a oublié de charger sa batterie.
Ah oui, donc là, c'est du vrai service.
Au-delà du service, je pense que ce qui est vraiment important d'expliquer à nos clients, c'est qu'ils ont un accompagnement. Petit car, des occasions pleines d'avenir. Il a craqué. Salut. Sérieusement ? Quoi ? T'as pas vu le dernier épisode ? Non, pourquoi ? Bah Brian, il est mort.
Qu'est-ce qui se passe ?
Brian est mort. Et je le savais pas parce que j'avais plus de gigas dans mon téléphone.
Pfff, mais c'est qui Brian ?
Mais c'est qui Brian ? Et si vous choisissiez plutôt SFR Multi, pour partager instantanément jusqu'à 100 gigas par mois avec vos ados, par exemple ? SFR, soyez vous. Interest, interest, interesting. Progresser en anglais avec Babel. Parce que chaque jour, vos envies changent, faites vos courses avec Deliveroo. Un jour, vous avez envie de cuisiner, et un autre jour, vous préférez réchauffer un plat préparé. Faites-vous livrer vos envies du moment en un rien de temps, depuis vos supermarchés et commerces préférés. Deliveroo, toutes les adresses à votre porte.
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On a tous envie de se faire plaisir. C'est pourquoi Carrefour continue de baisser ses prix de 10% en moyenne sur les produits du quotidien. Carrefour, on a tous droit au meilleur.
Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise, député des Bouches d'Euron, invité de BFM Politique. Vos propos, il y a quelques instants, sur les retraites, font réagir nos téléspectateurs avec une question de Bruno, de Théoul-sur-Mer, pardon. La question est la suivante. Marine Le Pen aussi veut retirer la réforme des retraites. Est-ce que vous voterez avec elle si elle le propose ? Je précise que dans le cadre des débats parlementaires, il y a un texte qui doit arriver le 31 octobre, normalement, à l'Assemblée nationale, pour retirer cette réforme des retraites, proposée précisément par Marine Le Pen. Que répondez-vous à Bruno de Théoul-sur-Mer ?
Ce n'est pas Marine Le Pen qui propose d'abroger la réforme des retraites, c'est nous. Et ce que je suis en train de vous dire, c'est que s'il y a un gouvernement du nouveau Front populaire qui arrive au pouvoir, qui est nommé demain, sa première mesure, ça sera d'engager l'abrogation de la réforme des retraites. Donc la question qu'il faut poser, c'est...
Oui, mais ce qui sera le cas, c'est que Marine Le Pen a voulu faire l'abrogation de 31 octobre.
Mais vous n'en savez rien, Amandine Nathalia.
C'est Emmanuel Macron qui l'a dit.
Mais moi, je me bats dans un rapport de force avec le président de la République. Est-ce que je forme le vœu qu'il puisse y avoir une proposition de loi proposée par le nouveau Front populaire, puisque c'est au cœur de son programme et c'est un engagement que nous avons pris, et qu'il puisse être adopté pour qu'on revienne sur cette réforme des retraites qui a été imposée contre la volonté du peuple français ? Ensuite, si les députés du Rassemblement... Vous n'entendez pas la même proposition de loi ? Je ne sais même pas quelle proposition de loi le Rassemblement national ferait. Donc moi, je sais quelle proposition de loi. Nous, nous ferions.
C'est une proposition de loi, dans un premier temps, d'abrogation pure et simple de la réforme des retraites d'Emmanuel Macron et de la retraite à 64 ans. Et ensuite, si parmi les députés à l'Assemblée nationale, il faut qu'il y ait une majorité de députés qui la votent, les députés du Rassemblement national, s'ils la votent, ils la votent. Mais en tout cas, c'est nous qui ferons cette proposition, puisque c'est au cœur de notre programme, c'est un point que nous avons défendu pendant toute la campagne des élections législatives. Et nous, nous avons l'habitude, quand nous disons des choses dans les campagnes électorales, de le faire une fois aux responsabilités.
Donc, juste pour répondre à Bruno, ce sera votre réforme, mais pas celle de Marine Le Pen.
Ce sera notre proposition d'abroger la réforme des retraites, comme nous l'avons déjà proposée.
Donc, a priori, non, pour répondre clairement à Bruno Le Pen.
Mais je ne sais même pas quelle proposition Marine Le Pen ferait. Je ne vais pas m'engager sur quelque chose, sur ce sujet, sur lequel elle n'est pas claire. Enfin, pardonnez-moi. Tout le monde a vu le débat au moment des élections législatives. Tout le monde l'a vu. Oui, mais où Jordan Bardella était manifestement pas du tout claire sur la question de la réforme des retraites. Nous, nous sommes clairs à abroger la réforme des retraites d'Emmanuel Macron.
Oui, votre combat du moment aussi, Emmanuel Bompard, c'est que vous avez publié la lettre que vous adressez aux autres groupes parlementaires pour destituer Emmanuel Macron. Quand on regarde la procédure, elle a des chances d'aboutir vraiment très, très proche de zéro. Est-ce que franchement, ce n'est pas de la politique spectacle que vous faites sans cesse en ce moment ?
Mais pas du tout, madame. Nous avons publié, il y a 15 jours, une tribune dans laquelle nous avions dit le président de la République doit tenir compte du résultat des élections. Et s'il ne le fait pas, l'Assemblée nationale dispose de pouvoirs pour refuser ce coup de force. Et parmi les pouvoirs dont disposent l'Assemblée nationale et le Sénat et le Parlement de manière générale pour refuser ce coup de force, il y a celui de cet article de la Constitution qui permet d'engager une procédure de destitution du président de la République.
Il y a aussi qui dit que c'est en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatibles avec l'exercice de son mandat. En quoi Emmanuel Macron a manqué à ses devoirs ?
D'abord en ne respectant pas manifestement le résultat des élections législatives, en maintenant au pouvoir depuis maintenant deux mois un gouvernement démissionnaire qui va, et tous les constitutionnalistes vous le disent, bien au-delà de la simple gestion des affaires courantes. On signe des décrets à tour de bras, on engage... Sauf que dans l'article 8, il n'y a pas indiqué de délai, Manel Montpard.
Mais dans l'article de la Constitution qui prévoit, et dans la loi organique qui prévoit les procédures de destitution du président de la République, il est dit très clairement que c'est aux parlementaires, à la majorité des trois cinquièmes, réunis en haute cour de justice, de déterminer si oui ou non la pratique du président de la République est incompatible avec le maintien de sa fonctionnalité. Or, entre-temps, pour continuer ce que dit Amandine, le Parti Socialiste ne veut pas s'associer à votre démarche. Alors, attendez, on va prendre les choses étape par étape pour que tout le monde comprenne bien les choses.
La procédure de destitution du président de la République, il faut qu'elle soit déposée par un dixième des députés à l'Assemblée Nationale, c'est-à-dire 58 députés. Ça tombe bien, nous n'avons plus de 58 députés. Ensuite, il faut qu'elle soit votée par une majorité du bureau de l'Assemblée Nationale. Ça tombe bien, nous avons le nouveau Front Populaire, une majorité au bureau de l'Assemblée Nationale.
Mais les autres partis ne se sont jamais engagés à vous suivre, ils sont même tenus à l'écart de votre proposition. Donc déjà, ça bloque à cet état.
Mais vous n'en savez rien. Moi, je vous dis que je n'ose pas le croire. J'écoute ce que disent les autres partis de gauche, pas un ne vous a soutenu. Mais ce n'est pas vrai, il y a des figures au sein d'Europe Écologie. J'ai entendu Sandrine Rousseau, par exemple, dire qu'elle était d'accord avec cette procédure. Et moi, je vous dis que je n'ose pas croire, et je ne crois pas du tout, que si cette proposition de venir au bureau de l'Assemblée Nationale, les représentants du nouveau Front Populaire s'y opposent. Je n'y crois pas une minute, parce que cette proposition, c'est une proposition qui résonne très largement avec les aspirations des Françaises et des Français.
Je vous donne juste un exemple. Nous avons lancé hier matin une pétition pour soutenir cette initiative. On peut la trouver sur le site macron-destitution.fr. Depuis hier matin, elle est déjà à plus de 100 000 signatures. Donc je pense que c'est une revendication qui est soutenue très largement dans le pays de considérer que le président de la République, s'il ne respecte pas le résultat des élections, doit être soumis effectivement à une procédure de destitution.
Sauf que vous évoquez les étapes de cette procédure. Il y a aussi un moment où cette procédure doit être approuvée par deux tiers des parlementaires réunis en haute cour. Si je fais bien le compte, la majorité à l'Assemblée Nationale, c'est déjà compliqué de discuter, mais si on additionne Assemblée Nationale et Sénat, on ne voit pas très bien quel est le chemin pour votre procédure. Et on se dit qu'effectivement, c'est peut-être un coup de com.
Je crains que vous ne fassiez pas très bien les comptes. Je vais continuer les étapes.
Je rappelle à nos téléspectateurs que vous n'êtes pas thématicien de formation. Allez-y.
J'ai dit un dixième des députés. J'ai dit majorité au bureau de l'Assemblée Nationale. Ensuite, il faut un vote simple, excusez-moi pour la diffusion un peu technique de notre discussion. Ensuite, il faut un vote simple à la commission des lois de l'Assemblée Nationale. Et ensuite, il faut effectivement un vote à la majorité des deux tiers, à l'Assemblée, au Sénat, puis en haute cour de justice.
Et donc, vous pensez que la droite, le Rassemblement National, que les macronistes...
De combien de députés le camp présidentiel disposent à l'Assemblée Nationale ? De combien ?
Non, mais allez-y, faites les comptes, on va aller vite, parce que je ne suis pas sûr que ça, je ne suis pas sûr que les téléspectateurs.
Mais c'est très simple, il dispose de moins d'un tiers des députés à l'Assemblée Nationale. C'est-à-dire que toutes les oppositions réunies disposent de plus de deux tiers des députés à l'Assemblée Nationale et de plus de deux tiers des sénatrices et des sénateurs au Sénat. Mais je ne suis pas... Attendez, attendez, Bruno, je dis, moi je ne prends personne, je ne prends pas les gens pour des impossibles. Je ne vous dis pas que j'ai une conviction que les députés du Rassemblement National et les députés des Républicains vont voter en faveur de cette procédure de destitution. Je vous dis que vous ne pouvez pas dire que c'est impossible, ce n'est pas impossible, ça dépend de leur décision.
C'est mathématique impossible et politiquement improbable. C'est à eux qu'il faudra poser la question. Mais tout le monde sera intéressé de savoir que les Républicains, que le Rassemblement National préfèrent maintenir le président de la République au pouvoir plutôt que de faire aboutir une procédure de destitution.
Non, non, non, non, non, pour vous tromper, on écoute ce que disent les présidents des groupes. Mais très bien. On a entendu Olivier Faure qui ne s'associe pas à votre démarche.
Mais alors, il a dit... On a entendu Laurent Voté qui n'est pas d'accord avec cette démarche. Bruno, je ne vois pas comment vous arrivez aux deux tiers comme... Dites les choses telles qu'elles sont, s'il vous plaît. Olivier Faure a dit que la première réponse, ça doit être la censure. Je n'ai pas de désaccord avec ça. La censure, je l'ai dit dans la première partie de notre émission, nous allons déposer une motion de censure. Donc, ça ne veut pas dire... Il n'a pas dit... Nous nous opposons à la procédure de destitution. Elle a dit d'abord, il faut censurer. Très bien. Nous censurerons. Et puis ensuite, il y a effectivement la possibilité de la destitution. Après, moi, je veux convaincre.
Convaincre nos partenaires. Et ensuite, mettre tout le monde... Vous n'avez même pas prévenu. Mais ce n'est pas vrai. C'est ce qu'a dit Fabien Roussel. Non. Bruno, je dis... Le communiste, Fabien Roussel. Bruno, je n'en sais rien. C'est lui qui l'a dit. Après, il y a peut-être tort. Je ne dis pas le contraire. Ce n'est pas qu'il a tort. Mais vous voulez que je vous montre le carnet d'appel de mon téléphone ? Je peux vous dire que le samedi, avant la publication de notre tribune, nous avons prévenu. Je vais vous faire la liste.
Notre candidate à la fonction de Premier ministre, l'ensemble des dirigeants des partis du Nouveau Front Populaire et l'ensemble des présidents de groupe à l'Assemblée Nationale du Nouveau Front Populaire. Donc, il ne faut pas dire des choses qui sont inexactes. Et moi, je pense... Je ne suis pas là pour polémiquer avec eux. Je pense qu'ils s'engageront. Je le souhaite, en tout cas, dans cette démarche.
Manuel Bompard. Jean-Luc Mélenchon a dressé un parallèle sur la base de ce que vous nous dites depuis le début de cette émission. C'est-à-dire un refus supposé d'Emmanuel Macron de reconnaître le résultat des élections. Sur cette base-là, il n'y a pas de consensus politique. Tous les groupes n'ont pas la même lecture que vous. Mais regardez, je vous cite et je dis qu'effectivement...
Mais tout le monde est d'accord pour dire qu'on est arrivé en tête, quand même.
Manuel Bompard, vous êtes arrivé en tête aux élections. Il n'y a pas de doute là-dessus. Jean-Luc Mélenchon, en tant que coalition. Jean-Luc Mélenchon dresse un parallèle sur cette base-là, sur la base des résultats non reconnus, entre un Emmanuel Macron et un Donald Trump. Pour lui, Emmanuel Macron se comporte comme l'ancien président américain qui avait déclenché par ses propos l'insurrection du Capitole. Si j'étais un peu taquine, je vous dirais que sur cette lecture divergente des résultats, ce n'est pas Emmanuel Macron qui appelle à démarche, à la destitution, c'est vous. D'une certaine façon, est-ce que ce n'est pas vous qui, en quelque sorte, vous comportez comme Donald Trump ?
Pour abonder mon propos, François Bayrou, à l'instant, sur une chaîne concurrente, explique que ce que cherchait les filles, c'est le bazar.
Mais bon, écoutez, franchement, le bazar, il est là, là. Et je ne crois pas que ça soit de notre responsabilité. Mais je ne vais pas biaiser votre question. Oui, j'assume. Nous appelons à la procédure de destitution du président de la République et j'invite les gens qui nous écoutent à l'appuyer en signant la pétition dont j'ai parlé sur macron-destitution.fr. Et nous appelons à manifester. Et il y aura une journée de manifestation la semaine prochaine, c'est-à-dire le 7 septembre. Et j'appelle toutes les Françaises et les Français à y participer. Sur cette manifestation... Maintenant, une fois qu'on a dit ça, attendez, après je vais revenir sur...
Une fois qu'on a dit ça, expliquez-moi en quoi manifester, il me semble que le droit de manifester, ça participe de nos institutions, et l'utiliser un article de la Constitution, en quoi c'est une procédure qui serait une procédure contraire aux règles démocratiques ? Ce qui est contraire aux règles démocratiques...
C'est une procédure qui fait douter, en tout cas, certains de vos proches politiques. Ça fait douter, par exemple, le secrétaire général du PS qui dit que c'est une initiative des insoumis qui ne viendront pas. La CGT, même si elle soutient dans les mots, ne s'associe pas à cette manifestation que vous faites du 7 septembre.
Ils pensent qu'il ne faut pas manifester en France, la CGT, je ne crois pas. Je crois que vous n'avez pas tout à fait suivi l'activité de la CGT depuis plusieurs années.
Plusieurs OPS ont dit, en tout cas, que remettre en cause les institutions, ce n'était pas leur philosophie. Mais nous ne remettons pas en cause les institutions ? Madame, franchement... Est-ce que ça ne vous fait pas douter ?
Non, franchement, madame, il ne faut pas dire des choses. En quoi utiliser un article de la Constitution, c'est remettre en cause nos institutions ? En quoi appeler à manifester dans un pays dans lequel la liberté de manifester fait partie des libertés fondamentales ? En quoi, c'est remettre en cause les institutions ?
Ça renvoie toujours à l'image que vous voulez bloquer plutôt que gouverner.
Mais nous ne voulons pas bloquer. Mais nous ne pouvons pas gouverner. Le président de la République ne veut pas nommer la candidate qui a remporté les élections. Et donc, je vous dis, nous allons réagir face à ce coup de force. Nous allons réagir face à ce coup de force. Et vous me dites, vous ne voulez pas gouverner ? Enfin, ça n'a pas de sens. Donc oui, j'appelle tout le monde à manifester pour faire tout simplement respecter le résultat des élections. Vous ne faites pas le plein, d'ailleurs, des voix pour manifester le secteur. Mais vous verrez ! Juste quand même, je crois, c'est une bonne date le 7 septembre, franchement, au moment où les Jeux paralympiques se terminent.
Les difficultés à Paris, on le sait, il y a des épreuves dans Paris. Vous ne pouvez pas repousser de quelques jours ? Là aussi, il y a une volonté de mettre le bazar. Mais en quoi il y a une volonté de mettre le bazar ? Parce qu'on appelle les gens à manifester. En fait, ce pays ne va pas très bien, vous savez. Non, non, non, ce pays fonctionne très bien en ce moment avec les Jeux paralympiques et les Jeux paralympiques. Il ne va pas très bien quand j'entends maintenant dans les médias des journalistes qui remettent en cause la liberté de manifester parce qu'il se passe un autre événement. Je ne remets pas en cause la volonté de manifester. Ben si, précisément.
Vous pouviez repousser de quelques jours. Mais, monsieur Jeudy, on est un grand pays, la France. On est quand même capable à la fois de garantir la bonne organisation, et je le souhaite, d'événements internationaux comme les Jeux paralympiques et en même temps de garantir la liberté de manifester. On est quand même capable de faire ça en France. Qu'est-ce que c'est que ce prétexte ? En permanence, c'est des prétextes. Vous vous appelez à manifester ? Oh, il ne faut pas manifester, c'est une remise en cause des institutions. Ce n'est pas une remise en cause des institutions d'appeler à manifester. Et puis ensuite, non, pas la bonne date parce qu'il y a les Jeux paralympiques.
Puis la semaine d'après, il y a la fête de l'Huma. Alors peut-être qu'il ne faut pas manifester parce qu'il y a la fête de l'Huma en même temps. Non, ce n'est pas la même chose. Et puis la semaine d'après, il n'y a pas tout à fait les Jeux paralympiques. Et donc qui détermine à partir de quand on n'a pas le droit de manifester dans le calendrier ? Et la fête de l'Huma qui a lieu à l'extérieur de Paris, franchement, là, c'est vous. Mais les Jeux paralympiques se passent très bien. J'espère qu'ils vont se passer très bien. Et je ne vois pas en quoi... Mais pas du tout. C'est une manifestation qui se déroulera très bien. Ne commencez pas à faire peur à tout le monde.
Heureusement, dans notre pays, quand on veut protester contre un pouvoir présidentiel qui s'arroge, un droit de veto qui n'existe plus en France depuis l'abrogation de la monarchie, excusez-moi de vous le dire, quand on veut manifester contre ce droit de veto présidentiel qui n'existe pas, on a le droit de le faire en France. Et on va le faire de manière joyeuse, de manière déterminée, de manière combative et de manière très pacifique. Ne vous inquiétez pas, il y aura du monde. Ça se passe le 7 septembre prochain.
Vous dites qu'il y aura du monde. Est-ce que vous avez déjà évalué combien de personnes peuvent s'associer à cette marche ?
Non, d'habitude, vous avez l'habitude de citer, vous, des sondages. Moi, je ne le fais pas parce que souvent, j'en conteste le résultat. Mais je crois que vous avez publié vous-même un sondage qui disait que 7% des Françaises et des Français voulaient participer à cette manifestation. Bon, si c'est 7% des Français qui participent à la manifestation, ça sera un très beau succès. Si on n'a pas 7%, ça sera un beau succès aussi.
Est-ce que vous avez fixé une jauge en vous disant plus de 100 000, plus de 150 000, ce serait une réussite ? Non. Ça ne fonctionne pas comme ça ?
Non, mais qu'est-ce que vous voulez faire d'autre ? Non, mais vous interroge naïvement. Oui, non, mais naïvement, je ne sais pas.
Vous auriez pu dire, voilà, on espère atteindre autant de milliers de personnes dans la rue ?
Mais d'abord, ce n'est pas notre initiative. C'est une initiative qui a été prise par des organisations de jeunesse. Nous l'avons appuyée, nous la soutenons sans aucune ambiguïté. Et on verra combien de Françaises et de Français veulent se mobiliser. Moi, je ne fixe pas d'objectif chiffré. Mais il me semble normal que face à un coup de force comme celui auquel on assiste, qui n'a pas l'air de vous choquer sur le plateau, mais vous devriez, je ne sais pas, moi je vous invite à faire un exercice. C'est le président qui nomme, c'est l'article 8 de la Constitution. On a déjà parlé la première fois.
Franchement, on ne va pas réouvrir le sujet, mais je vous invite juste à faire un exercice, c'est liser la presse internationale. C'est souvent intéressant de sortir un petit peu des débats franco-français et regarder ce qui se passe dans la presse allemande, espagnole, italienne, que personne ne comprend pourquoi en France, alors qu'il y a une formation politique qui a gagné les élections, ce n'est pas elle qui gouverne déjà le pays. Personne ne le comprend, vraiment.
Donc, je pense qu'il est normal qu'on puisse manifester face à ce coup de force, qu'on puisse engager des procédures prévues par la Constitution sur ce coup de force, pas parce qu'on veut bloquer, mais tout simplement parce qu'on veut gouverner, mais qu'il y a un président de la République qui nous bloque et qui veut nous empêcher de gouverner.
Puisque vous évoquez la Constitution, LFI, je ne révèle pas de secret, est un fervent partisan, ou une fervente partisane de la France Insoumise de la VIe République, est-ce qu'il faudra à l'avenir préciser un délai maximal pour nommer un Premier ministre ? On voit qu'effectivement, l'une des questions qui interroge aujourd'hui, c'est ces 47 jours de gouvernement démissionnaire. Est-ce que cela fait partie des évolutions que vous souhaitez introduire ?
Peut-être, mais vous avez raison, c'est une bonne question. Mais honnêtement, le projet de VIe République que nous défendons, et qui est plus que jamais d'actualité aujourd'hui, vise surtout à en finir avec la monarchie présidentielle. Et là, précisément, on assiste à une séquence qui est extrêmement pertinente et qui illustre bien le problème. C'est que vous avez un président de la République qui décide ce qu'il veut, quand il veut, tout seul, on a appris pendant l'été, qui convoque des réunions avec certains ministres, mais sans le Premier ministre ou M.
Attal, parce qu'apparemment ils sont fâchés, et qui fait à sa main les gouvernements, qui perd les élections, mais qui veut quand même choisir et constituer qui va être la future majorité du pays. Donc il y a un problème avec le pouvoir présidentiel en France. Et la VIe République, ça doit être une VIe République qui, au contraire, rétablit un régime qui est un régime parlementaire, avec davantage de droits pour les citoyennes et les citoyens, avec la possibilité d'avoir un référendum d'initiative citoyenne, par exemple, que quand les gens votent à une élection, à la fin, ça serve à quelque chose. Parce que sinon, après, il ne faut pas s'étonner que les gens n'aient plus envie d'aller voter.
Moi, j'ai envie que les gens aillent voter, donc j'ai envie que quand ils vont voter massivement, comme ça a été le cas il y a deux mois aux élections législatives, quand ils disent leurs mots, que leurs paroles et leurs voix soient entendues. Et c'est ça la VIe République.
Sauf que vous avez, Emmanuel Bompard, un sacré problème d'image à la France insoumise qui est en train de se développer. On dirait que vous avez dû voir ce sondage qui est très fouillé sur ce que pensent les Français de la France insoumise, du Rassemblement national et de beaucoup d'autres choses. C'est un sondage Ipsos pour Le Monde, l'Institut Montaigne et la Fondation Jean Jaurès. Ce qu'on en retire de ce sondage, c'est que désormais, vous faites plus peur que le Rassemblement national. Les Français estiment, par exemple, 72% que vous attisez la violence, 69% que vous êtes plus dangereux pour la démocratie que le Rassemblement national.
Il y a deux fois plus de Français qui jugent que le Rassemblement national est capable de gouverner le pays par rapport à vous. Et lorsqu'on leur demande dans quelle société ils aimeraient vivre, le Rassemblement national fait presque le double de votre score. Est-ce que cette stratégie de la conflictualité que vous menez depuis des mois et des années ne vous mène pas complètement dans le mur aujourd'hui ?
Écoutez, vous savez, il y a en démocratie, ce qui est le juge de paix, ce sont les élections, pas les sondages. Parce que vous pouvez me parler des sondages, mais ce serait quand même intéressant à un moment qu'on puisse avoir un petit discours critique sur les sondages. J'ai regardé avant cette émission, entre les deux tours de l'élection législative, l'ensemble, l'intégralité des sondeurs avaient prévu une victoire du Rassemblement national. Tous se sont trompés. Et on reprend... Au début de la semaine, par la fin de semaine. Non, non, non, même à la fin de la semaine, Bruno, je dis.
Parce que les Français ont voulu faire le barrage. Tous, sans exception.
Par la fin de semaine. Aucun... Vous pouvez ressortir tous les sondages, tous, sans exception. L'écart se resserrait considérablement par rapport au soir. Ah, ce n'est pas la même chose. Ce n'est pas la même chose. Bref, ce n'est pas la même chose. Mais les sondeurs sont quand même le seul métier en France où vous pouvez faire n'importe quoi, vous trompez totalement, mais deux mois après, on a oublié et on refait comme avant. Donc, excusez-moi de mettre ça à distance. En France, ce sont les élections, le juge de paix. La France insoumise a gagné un million de voix entre l'élection européenne de 2019 et l'élection européenne de 2024.
Le nouveau Front populaire a gagné 3,2 millions de voix entre le résultat de la NUPES en 2022 et le résultat du nouveau Front populaire en 2024. Il y a eu un peu plus de participation aussi. Très bien, ça ne m'a pas échappé. Mais ça explique aussi que tous les partis ont augmenté leur nombre de voix. Ah oui, d'accord, mais certains davantage que d'autres, Bruno Jeudy. Le Parti socialiste, par exemple. Mais non, le Parti socialiste a présenté ses candidats sous la bannière du nouveau Front populaire. Donc, si vous arrivez à calculer les voix spécifiques du Parti socialiste, vous êtes très fort. Moi, j'en suis tout à fait incapable. Bref, tout ça pour vous dire.
Ce qui est important dans une démocratie, c'est les élections. Et moi, je vois que la France insoumise, elle se porte plutôt bien dans les élections. Pour le reste, si maintenant, vous voulez que ce soit les sondages qui déterminent ce que les gens pensent des uns et des autres, vous allez avoir un problème. Par exemple, moi, j'ai retrouvé un sondage qui dit que 59% des Français pensent que les journalistes ne sont pas indépendants. Vous ne trouvez pas ça normal, non ? Donc, vous voyez, des fois, il faut faire un petit peu attention. 56% des Français pensent que les journalistes ne résistent pas aux pressions de l'argent. C'est un sondage qui a été publié l'année dernière.
Donc, vous voyez, parfois, il faut faire attention avec ce qu'il y a dans les sondages. Les sondages, ça ne dit pas toujours la vérité. Parce que je pense que vous, vous ne pensez pas que vous n'êtes pas indépendant ou que vous savez résister. Vous pensez que vous savez résister. Il y a 40% de l'argent. On peut être dans les 40%.
Je peux vous répondre sur ce point. Lorsque des sondages de ce type sont réalisés, en tout cas, ça nous interroge. On se dit, il y a peut-être des choses qu'on ne fait pas bien. Il y a peut-être des choses qu'il faut qu'on fasse mieux. Et la question que vous posez, Amandine Attalaya, c'était, cette vaste enquête d'Ipsos pour le Monde, qu'est-ce qu'elle vous amène à tirer comme enseignement aussi sur votre stratégie ? Vous la disqualifiez en disant, ce n'est qu'un sondage. Ça ne vous interroge ? Non, je vous dis... Un petit peu, en vous disant, il y a peut-être des choses qu'on peut améliorer. Tout m'interroge. Une incompréhension des Français à notre égard.
Tout m'interroge. Et forcément, je pense qu'une bonne démarche, de manière générale, dans la vie, c'est de ne pas considérer qu'on a des certitudes qui s'imposent à tous, tout le temps, quels que soient les cas de figure. Je n'ai pas de problème avec ça.
Je vous dis juste que la volonté qui était la nôtre, notamment depuis maintenant plusieurs années, de ramener dans l'élection, de ramener dans la vie démocratique des Françaises et des Français qui ont été éloignés, qui étaient très abstentionnistes, qui ne votaient plus parce qu'ils pensaient que ça ne servait à rien, cette stratégie-là, parce que c'est ça notre stratégie, ce qu'on a appelé la stratégie du quatrième bloc, c'est-à-dire les abstentionnistes, les gens qui sont les plus éloignés de la politique, ce que j'observe, c'est que depuis deux ans, par exemple, c'est une stratégie qui a porté ses fruits. Alors elle a des inconvénients.
On a fait l'objet aussi, c'est vrai, de campagnes de dénigrement qui sont particulièrement inacceptables et particulièrement odieuses, en essayant d'expliquer que nous serions des extrémistes alors que le programme que nous défendons c'est un programme tout à fait raisonnable. Et oui, peut-être qu'on a pu faire aussi des erreurs. – Soit 14% des Français disent que vous êtes d'extrême. – Peut-être qu'on a pu faire aussi des erreurs et des maladresses. Sans doute, comme tout le monde, personne n'est parfait. – Mais quand trois quarts des Français disent, Manuel,
éducatif qui vous convenait ou qui vous choquait ? – Mais non, pas du tout.
Il n'y a rien dans notre programme. L'extrême-gauche, ça existe en France. C'est l'Ut ouvrière, le NPA. Et c'est tout à fait… Ils ont le droit, c'est respectable, mais ce n'est pas la catégorie politique dans laquelle nous nous inscrivons. Et le programme politique que nous défendons, c'est un programme politique de rupture avec les politiques qui ont été mises en place avant. Ça, c'est vrai. Un programme politique, mais un programme politique qui veut partager les richesses, qui veut faire la transition écologique, qui veut passer à la VIe République. Et il n'y a rien d'extrémiste sur ce sujet.
Mais quand je vous dis qu'il faut faire un petit peu attention avec ce type d'enquête, c'est que ces enquêtes, elles pronostiquaient que le Rassemblement national allait largement gagner les élections législatives. Et tout le monde a vu qu'au deuxième tour des élections législatives, on a eu plutôt un phénomène inverse et que tout le monde s'y opposait. Donc vous voyez, et enfin tout le monde, pas tout le monde, mais qu'il y a eu une large mobilisation du peuple français et c'était une bonne nouvelle pour empêcher l'extrême droite de s'emparer du pouvoir.
Moi, je ne crois pas aux sondages, je crois aux élections et je crois à une stratégie politique que je déploie, qu'on essaye de préciser, de corriger, elle s'adresse à tous. Je dis aux gens qui nous écoutent, si vous avez l'impression que la France Insoumise, c'est un parti par exemple qui vous rompre avec la démocratie, vous vous trompez, c'est parce qu'il y a dans notre programme. Si vous pensez, on me dit parfois, vous êtes contre les policiers. Non, on n'est pas contre les policiers, on est pour qu'il y ait des bonnes relations entre la police et la population.
On me dit, oui, vous êtes antisémite, on n'a jamais été antisémite, on a toujours lutté contre l'antisémitisme, on a toujours lutté contre toutes les formes de discrimination, donc arrêtez les procès contre nous parce qu'après aussi, ça produit ce type d'images.
J'ai une question de Tom que j'aimerais qu'on prenne avant de... Pardon, j'ai dit un peu avec vigueur, mais... ... de rendre l'antenne. Tom qui vous interroge via le QR code de chez lui, qui vous dit, quelle est la suite pour vous en cas d'échec de la procédure de destitution du président de la République ?
D'abord, laissez-moi permettre quand même qu'on aille et on permette de déclencher. Je réponds à Tom. Je dis, Tom, il n'y a que les victoires qu'on ne mène pas, qu'on ne peut pas gagner. Voilà. Et donc, on mène une bataille, une victoire. Elle s'appuie sur, je pense, un avis qui est très largement majoritaire. Vous auriez pu citer le sondage que vous avez publié cette semaine qui dit que 52% des Français pensent que le président de la République... Sur la destitution, ce sont les sympathisants et les filles et les sympathisants et les femmes qui sont pour eux. Ça fait la moitié de la population. 45. Un peu plus. Je dis, il y avait 45 il y a 10 jours et on est monté à 48 ou 49 cette semaine.
Vous voyez, ça, c'est des sondages intéressants.
Comme pas, il y a des sondages qui vous connaissent parfaitement... C'est vous qui citez les sondages.
Et j'observe qu'il y a des sondages que vous aimez bien et des sondages que vous n'aimez pas.
Manuel Bompard, merci d'avoir été l'invité de BFM Politique. Merci à vous, Amandine et Bruno. Tout de suite, à la fin suivante.
Manuel Bompard