Grippe aviaire, fièvre catarrhale ovine, mauvaises récoltes de blé... Le "8h30 franceinfo" de Marc Fesneau
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Marc Fénault. Bonjour. La grippe aviaire a fait son retour la semaine dernière dans un élevage d'îlées vilaines. Le premier cas depuis janvier dernier, la France a été le premier pays européen à vacciner les canards l'automne dernier. Est-ce que vous allez relancer une grande campagne de vaccination pour éviter que l'épidémie ne reparte ?
On va relancer une grande campagne de vaccination parce qu'elle a démontré son efficacité, même s'il y a le vaccin et puis il y a parfois la virulence qui peut expliquer des années bonnes ou des années moins bonnes. Mais nous avons eu 10 cas l'an dernier, nous en avions eu 300 l'année précédente et dans la période de la pire, on avait eu 1400 cas, 1400 foyers.
Donc elle va commencer à partir de cette nouvelle campagne.
Donc on va commencer comme l'an dernier et à date à partir du 1er octobre parce que c'est la période des migrations, la période où le risque est le plus fort avec une prise en charge en partie par l'État. L'an dernier, nous avions pris en charge à hauteur de 85%.
Ça avait coûté 100 millions d'euros l'an dernier.
Ça avait coûté 100 millions d'euros la vaccination, la campagne complète, sachant qu'il y a le vaccin et puis il y a le suivi puisque on est sur un dispositif qui est particulièrement suivi à la fois en France mais à l'extérieur aussi parce que c'est un dispositif qui a l'air de fonctionner et qui intéresse un certain nombre de pays. Donc il y a un suivi vétérinaire qui est assez lourd. Et donc on va recommencer cette année avec une prise en charge qui sera à hauteur de 70%. Pourquoi moins ? De la vaccination. Parce qu'il faut que dans le temps, ça puisse être pris en charge par la filière. On ne peut pas en permanence faire appel à l'État.
Je rappelle que sur la grippe aviaire, l'État a pris en charge pour près d'un milliard d'euros. Un milliard d'euros. Les pertes, et c'est bien normal de cette filière, qui sinon aurait disparu en France. On va dire les choses comme elles sont. On est le seul pays à avoir pris à cette hauteur-là en charge les pertes des agriculteurs et des éleveurs singulièrement. Là, on est dans une phase de vaccination en espérant qu'en faisant baisser la prévalence de la maladie en faune domestique, si je peux dire, ça permettra petit à petit de réduire la pression sur les élevages et sur les éleveurs.
Et combien va coûter la campagne de vaccination cette fois ? C'est de même nature, c'est de même nature. Avec le même nombre de volailles vaccinées ?
C'est à peu près de même nature et à peu près le même nombre. On ajustera en fonction dans l'année. Mais c'est à peu près de même nature. Je pense que c'est un geste important pour les éleveurs. Ça leur permet aussi d'avoir en entrée de campagne une forme de réassurance. On sait qu'il y a beaucoup d'inquiétudes et qu'il y a eu beaucoup de drames économiques et de drames humains derrière la maladie de la grippe aviaire. Et donc c'est très important qu'on continue cette œuvre-là. C'est un travail de long terme, vous comprenez bien que c'est un travail de long terme. C'est d'abord, il fallait trouver un vaccin, il fallait qu'on puisse l'expérimenter.
Il fallait qu'on ait les autorisations européennes. Enfin bref, tout ça a été obtenu. Il fallait qu'on puisse se produire. Enfin bref, on a quelques expériences désormais en termes de vaccination collectivement, malheureusement. Et donc on est bien dans cette phase-là. C'est d'ailleurs la même chose qu'on a sur d'autres maladies animales. Mais moi, je me réjouis qu'on puisse continuer à accompagner les éleveurs.
Et alors justement, il y a une autre épidémie qui inquiète la filière agricole. C'est la filière, la grippe, la fief catarale ovine. La FCO, fief catarale ovine. Là aussi, il y a un nouveau, il y a des 63 foyers qui ont été confirmés la semaine dernière en France. Essentiellement dans le nord du pays. Là aussi, il va y avoir de la vaccination prise en charge par de l'État.
La vaccination a démarré. Alors d'abord, la fief catarale ovine, ce n'est pas quelque chose qui n'est pas connu. Non, ça fait plusieurs années effectivement que c'est endémique d'ailleurs pour son sérotype, le sérotype 8, pardon de rentrer dans le détail. Là, on a un variant qui est beaucoup plus virulent, qui nécessite et sur lequel nous avons un vaccin, qui permet de réduire les effets notamment en termes de mortalité sur les ovins et les effets en termes de maladies sur les bovins. Parce que c'est fief catarale ovine, mais elle touche aussi les bovins.
Et donc on avait en avance de phase voyant arriver cette maladie d'Allemagne et de Belgique, puisque c'est de là que les foyers sont apparus. Dès le mois de juillet, j'avais demandé à ce qu'on puisse préparer un certain nombre de vaccins, les commandes. Et puis là, on a repris une commande pour 1 million pour les ovins et 5 millions pour les bovins, qui seront pris en charge par l'État et qui seront mis à disposition. Ce n'est pas seulement le coup d'ailleurs dans cette affaire-là, c'est de pouvoir assurer la production suffisante en vaccins pour qu'ils puissent être mis à disposition, notamment effectivement dans le Nord.
On a pris la zone Hauts-de-France, Grand Est, Normandie, Île-de-France, Région Centre. Pourquoi ? Parce qu'on sait que la dernière fois qu'il y a eu cette émergence sur un autre variant, c'est plutôt dans cette zone-là, venant de la frontière, que s'est répandue l'épidémie. Et donc c'est pour ça qu'on le fait.
Vous envisagez d'élargir cette zone ?
S'il y a besoin, on élargira. On ajustera nos dispositifs. Là aussi, j'aurais salué la mobilisation des services du ministère de l'Agriculture cet été, en centrale et en locale, et puis des vétérinaires, et puis des éleveurs et de la filière et des filières concernées pour essayer de trouver une solution.
Sur la mise à disposition des vaccins, justement, j'ai vu des témoignages d'éleveurs du Nord et du Pas-de-Calais qui se plaignent de retard dans les livraises de vaccins. Vous en avez été informé, j'imagine ?
Oui, j'ai lu ça. Vous avez lu les mêmes éléments que moi. Certains disent qu'ils ont eu le vaccin entre 24 et 72 heures. D'autres, plus d'une semaine. Oui, une semaine, ça ne me paraît pas démentiel quand vous savez ce que c'est que la production de vaccins. Non, mais on peut comprendre qu'ils aient une crainte, c'est parce qu'ils nous sentent parler de la maladie.
Il y a des épidémies flambent dans certains pays, donc ça peut susciter une inquiétude légitime chez les agriculteurs.
Qu'il y ait des inquiétudes et qu'il y ait des impatiences, c'est normal. Qu'on parle de retard, ça me paraît un peu excessif par rapport à ce qu'est la réalité des choses. Dans l'article ou les articles que vous mentionnez, on est sur 24 à 72 heures en moyenne. Des éleveurs qui disent, nous, moi, ça a pris une semaine. On est quand même dans un étage où il y a des vaccins à disposition. Mais je comprends, et c'est bien logique, à la fois l'impatience et l'impatience, elle est surtout la source de l'inquiétude des éleveurs. Parce qu'évidemment, quand la maladie touche les élevages, il y a beaucoup de pertes. Et donc, c'est assez dramatique pour eux.
Et donc, c'est normal qu'il y ait cette impatience. En tout cas, on continue à faire en sorte qu'ils puissent bénéficier de vaccins pour protéger leurs ovins et leurs bovins.
Il y a un autre problème pour l'agriculture française cet été. C'est la FNSEA, notamment, qui alerte là-dessus. Ce sont les mauvaises récoltes de blé. D'après les derniers chiffres que vous avez, donc des mauvaises récoltes à cause de la pluie abondante et du manque de soleil ensuite, est-ce que, d'après les chiffres consolidés que vous avez, on se dirige vraiment vers la plus faible production de blé en France depuis 40 ans ?
Oui, oui, c'est sans doute vers ça qu'on se dirige. Alors, pour deux raisons. Un, parce que le rendement est plus faible. Alors, ce n'est pas le rendement, pour ceux qui se souviennent de 2016, où on avait eu un énorme épisode de pluie sur le bassin parisien, la région Sange, j'en sais quelque chose. Donc, on est sur une moyenne plutôt très basse. 15% de moins, on va dire, pour faire une vilaine moyenne, si je peux dire. Et par ailleurs, on a moins de surfaces qui ont été plantées en blé. Pourquoi ? Parce que là aussi, il n'avait fait plus. Et donc, les agriculteurs se sont reportés sur le maïs, sur le tournesol, sur d'autres cultures parfois plus spécialisées.
Et donc, tout ça explique qu'effectivement, nous ayons une récolte qui soit plus faible. Alors, ça couvre largement les besoins français, puisque nous sommes une puissance exportatrice. Mais nous avons effectivement une production qui va être la plus faible depuis 40 ans, liée à un assolement en céréales, blé en particulier, moins fort, et à des conditions météorologiques qui ont fait qu'il y a une production qui est moins grande.
Nous sommes toujours avec Marc Fénaud, ministre démissionnaire de l'agriculture. Juste avant le fil info, on parlait de ces baisses de récolte de blé. Est-ce que vous avez déjà une idée de l'ampleur des pertes financières que ça va représenter pour les agriculteurs français ?
Non, c'est difficile d'évaluer à date, sachant que, d'abord, la vie agricole, elle est ponctuée de bonnes années et de mauvaises années. Je veux dire, personne ne découvre aujourd'hui à ce micro que c'est la réalité. Et par ailleurs, on annonce plutôt des récoltes correctes en maïs, sans doute, en tournesol probablement, en betterave, en pommes de terre, enfin bref. Donc c'est comme ça qu'on pourra évaluer. Évidemment, celui qui n'a fait que du blé cette année, il est beaucoup plus impacté que celui qui est beaucoup plus diversifié. D'ailleurs, ça doit nous interroger collectivement dans la résilience que nous devons avoir face aux dérèglements climatiques.
Plus on a des productions diversifiées, plus on limite le risque. On a des chances que sur certaines années, on perd sur une récolte et pas sur une autre culture. On gagne sur une autre. Donc c'est comme ça qu'on pourra évaluer. Ceci étant, sans plus attendre, on a décidé de mobiliser un certain nombre de dispositifs. D'abord, il fallait faire des expertises. Elles sont faites, elles sont en cours pour regarder précisément la perte. Ça permettra d'activer dans des délais assez records, je pense, les mécanismes assurantiels qu'on a rénovés en 2022-2023, qui permettra de prendre en charge ce qui n'était pas le cas avant, les pertes sur récolte de céréales pour ceux qui ne sont pas assurés.
Et puis pour ceux qui sont assurés, évidemment, d'enclencher les mécanismes assurantiels. C'est là qu'on voit que le mécanisme assurantiel, d'ailleurs, a toute sa pertinence et tout son intérêt. Donc, premier élément, c'est celui-là. Deuxième élément, le foncier non bâti. On permettra aux préfets, on va leur donner toute l'attitude pour exonérer les agriculteurs qui seront les plus touchés. Là aussi, il faut faire un travail fin. On travaille aussi avec l'AMSA. J'ai eu le président de l'AMSA il y a quelques jours. La Mutualité Sociale Agricole. La Mutualité Sociale Agricole.
Vous avez raison, il faut éviter les acronymes pour regarder avec lui quels sont les dispositifs qu'on peut avoir et activer. Et puis on verra si, à l'automne, mais ça, peut-être un autre gouvernement pourra le prendre en charge aussi, il faudra regarder à l'automne s'il y a des besoins de trésorerie. C'est une demande assez récurrente des syndicats agricoles. Pour ceux qui sont les plus impactés, pour pouvoir passer ce mauvais cas, pour ceux qui ont une vraie difficulté de trésorerie.
Est-ce qu'on pourrait mobiliser la réserve agricole européenne, cette aide, ce mécanisme de 450 millions d'euros qui peut soutenir les agriculteurs en difficulté ?
Oui, simplement, quand on va à Bruxelles, il faut avoir quelques arguments et il faut avoir un dossier. Donc il ne suffit pas de dire la récolte a été mauvaise. Ils vont nous dire la récolte a été mauvaise. Vous allez cibler quels agriculteurs ? Ça ne se fait pas en claquant des doigts au cœur de l'été.
Mais c'est une possibilité.
C'est une hypothèse sur laquelle il faut travailler aussi. Sachant qu'on a les sujets grandes cultures, on a parlé de l'élevage où il y a quelques difficultés aussi. Il y a la viticulture qui nécessite aussi qu'on l'accompagne avec attention. Enfin bref. Avec des vendanges compliquées aussi. Oui, avec des vendanges. Alors sans doute des rendements un peu plus faibles. Mais c'est surtout la question des prix et des volumes qu'on n'arrive pas à commercialiser qui est la plus importante. Donc tout ça devra faire l'objet d'un paquet. Alors j'aurai des échanges avec le commissaire européen à l'agriculture qui est encore en place pour évoquer toutes ces questions-là.
Parce que comme vous le voyez, l'été a été bien chargé d'un point de vue agricole avec toutes ces crises.
Vous parlez des prix. Une question pour le consommateur. Est-ce que le fait que les récoltes de blé soient mauvaises peut avoir un impact au final sur le prix de la baguette de pain par exemple ? Non.
En bonne logique non. Parce que les prix mondiaux, et c'est d'ailleurs une des parties de la difficulté que nous avons, les prix mondiaux sont plutôt à la baisse. Parce qu'il y a des bonnes récoltes sur le continent américain et les récoltes s'annoncent plutôt bonnes côté ukrainien ou côté russe. Puisqu'on sait que c'est des grands pourvoyeurs de céréales et que c'est eux qui font en partie les prix avec nous. Donc pour l'instant et à date, non. Et il n'y a pas de risque. Et ceux qui joueraient à ça, je ferais un mauvais sort à l'idée qu'au fond, il y a de quoi nourrir les Français. Donc on n'est pas en pénurie.
Face à toutes ces crises, Marc Fénault, vous engagez beaucoup d'aide. On l'a entendu, on l'a compris. C'est des aides de crise, oui, classiques. Bien sûr, vous êtes ministre démissionnaire. Est-ce que tout cela vous est permis ? Vous n'êtes entravé à aucun moment dans vos actions ?
Mais c'est la logique même des affaires courantes de faire en sorte que nous puissions continuer à agir quand il y a des crises. Là, je ne parle que de sujets qui sont des sujets de crise ou des dossiers qui étaient en cours et qui avaient été budgétaires en 2024.
Donc vous avez toute l'attitude pour agir ?
Toute l'attitude. On vérifie quand même qu'on est bien dans ce registre-là. Mais enfin, je serai devant vous ce matin, je dirai, je ne peux rien faire. Excusez-moi, je n'ai pas les moyens. Là, vous avez des maladies animales qui nécessitent d'agir en urgence. Je ne vais pas dire qu'on attend d'avoir un Premier ministre ou un gouvernement pour décider de faire de la vaccination. Parce que les agriculteurs qui nous écoutent diraient que c'est quand même un drôle de pays. On a parlé ces derniers jours d'incendie de forêt. On n'attend pas quand même d'avoir un gouvernement pour envoyer des canadaires pour faire de la prévention des incendies de forêt. Non, et heureusement.
On travaille, on a eu un été particulièrement chargé. Par ailleurs, je répète, il y a un budget qui a été voté en 2024. Nous sommes en 2024 et donc on exécute aussi un budget. Et donc on continue à travailler, c'est bien normal.
Ces crises de cet été s'ajoutent à la crise du monde agricole et la colère qui s'était exprimée en début d'année. Il y avait une loi que vous aviez préparée pour répondre à la crise. Bon, elle a été votée par les députés depuis la dissolution. Qu'est-ce qui va se passer ? C'était des mesures qui étaient attendues par les agriculteurs.
Eh bien, moi, je pense qu'il faudra reprendre le fil. Après, il appartiendra au Premier ministre ou à la Première ministre choisie, nommée par le Président de la République, de le faire. Mais il me semble que nous avions dans ce texte des réponses. Et je dis tout autant comme ministre que comme parlementaire ou responsable politique. On a besoin de ce texte, que ce texte apportait des simplifications, des orientations, de l'installation. C'est très attendu aussi par les jeunes agriculteurs. Et pas seulement par eux, mais enfin par eux, parce qu'ils en avaient été un peu les générateurs, si je peux dire. Et donc, on a besoin de reprendre le fil. Le texte a été voté.
Il peut poursuivre son chemin après au Sénat. Il avait d'ailleurs été rapporté au Sénat. J'avais même été devant les sénateurs à la Commission des affaires économiques pour présenter le texte.
Marc Fénaud, est-ce que vous savez jusqu'à quand vous serez ministre ?
Non, mais ça, ce n'est pas une nouveauté. Quand vous êtes ministre, vous savez... Non, ça fait un petit moment que ça dure, effectivement. Non, non, mais ce n'est pas une nouveauté dans l'avis d'un ministre de ne pas forcément savoir jusqu'à quand vous êtes ministre. On verra. Moi, je suis assez à penser qu'il faut respecter les institutions. Les institutions, c'est que c'est le Président de la République qui nomme le Premier ministre. C'est la proposition du Premier ministre et ce qu'il nomme un gouvernement.
Justement, vous allez le rencontrer le Président, vendredi, en tant que Président du groupe Modem à l'Assemblée. Vous allez être reçu comme tous les autres responsables de partis et de groupes à l'Assemblée nationale. Quelle sortie de crise vous allez, vous, lui proposer ?
D'abord, je pense que ce n'est pas principalement une affaire de nom. J'entends beaucoup qu'on a occupé notre été à des affaires de nom. Je pense que le sujet n'est pas celui-là. Le sujet, c'est est-ce qu'il y a une volonté et un chemin de gens qui pensent que les affaires partisanes, les affaires de querelles de groupe, les affaires de « j'ai gagné, pas toi » ou « t'as gagné, j'ai perdu », enfin bref, sont à mettre de côté au profit d'une seule cause qui soit.
Il faut bien un nom pour un Premier ministre qui constitue un gouvernement.
Il faut quand même que des gens se mettent autour de la table un moment et se disent « est-ce qu'on a envie de travailler ensemble au service des Français ? » Parce qu'après, le nom, on peut se mettre d'accord. Mais si vous avez des gens qui s'enferment dans la logique de « nous » et rien que « nous », notre programme et rien que notre programme, vous êtes sûr que vous allez...
Vous faites allusion au Nouveau Front Populaire ?
En particulier au Nouveau Front Populaire. Parce que depuis le début, je pense que le compte n'a pas changé. Ils sont 193. 193, c'est quasiment une centaine de députés qui manquent pour atteindre la majorité absolue. Il en faut 189. C'est quasiment une cinquantaine de moins que ce que nous étions en majorité relative. À l'époque, ils nous disaient « vous ne pouvez pas gouverner » et ils nous disent « on va gouverner ». Non, ils ne peuvent pas gouverner seuls.
Vous avez des contacts avec eux pour gouverner ?
Non, on a des contacts individuels avec un certain nombre de gens. On a des contacts, François Bayrou aussi, avec des responsables d'un certain nombre de ses formations politiques. On a des contacts aussi avec les gens de droite. Il faut qu'on arrive à sortir de cette difficulté qui est simplement de penser soit à son camp, soit aux élections présidentielles de 2027 qui sont un peu lointaines. Il y a un pays à gouverner, un budget à voter, des orientations à prendre. On a parlé des sujets agricoles.
Et donc vous allez dire quoi au président vendredi ?
Il faut qu'on essaie de trouver les voies et moyens et qu'il me semble que le Premier ministre, le gouvernement et le gouvernement qu'on doit nommer, qui doit être nommé, il doit être dans le registre d'un rassemblement large et qu'il ne soit pas d'enfermer un camp contre un autre puisque personne n'a la majorité.
Sauf que Marc Fénaud, on vous entend, mais le discours de tous les camps n'a pas changé finalement depuis le 7 juillet, le second tour des législatives. Le nouveau Front Populaire dit ça doit se faire autour de nous avec un Premier ministre et notre programme plus ou moins. La droite de Laurent Wauquiez à l'Assemblée vous dit nous on veut éventuellement un pacte législatif, mais pas de coalition et pas participer à un gouvernement. Maintenant on a l'impression que rien n'a bougé.
Mais c'est pour ça que je continue à prêcher, mais je ne suis pas sûr qu'à la fin la raison ne l'emporte pas parce qu'il y a un moment devant les Français, il y a des gens qui ont des responsabilités. On ne peut pas à la fois nous dire on a besoin d'un gouvernement et venir devant les Français expliquer qu'on vient présenter une équipe qui n'a pas de majorité, qui ne peut pas disposer d'une majorité à l'Assemblée nationale. Donc il faudra bien que la raison l'emporte. Et en tout cas c'est ce à quoi on va employer notre temps dans les jours et les semaines qui viennent.
Bon eh bien écoutez on suivra ces réunions en tout cas à partir de vendredi avec Emmanuel Macron. Merci Marc Fénaud d'avoir été l'invité du 8.30 France Info ce matin, peut-être la dernière fois en tant que ministre. L'avenir le dira. Merci Aurélie.
Marc Fesneau