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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 8 juin 2026 26 min

Lyhanna, Mélenchon, Iran... Mathilde Panot dans le 8h30 franceinfo

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Mathilde Panot. Bonjour. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Merci Mathilde Panot d'être avec nous sur France Info au lendemain du premier meeting de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Vous allez nous dire si vous pouvez rassembler en vue d'un second tour face au Rassemblement National quand certains vous accusent de cliver, mais d'abord l'escalade entre Israël et l'Iran après des tirs de missiles iraniens vers l'État hébreu. Israël a riposté malgré la demande de Donald Trump de ne pas contre-attaquer. Est-ce que vous comprenez qu'Israël riposte ?

0:33
Mathilde Panot

Non, alors évidemment je veux dire d'abord mon inquiétude de voir que de nouveau il y a un risque de guerre généralisée au Proche-Orient et je veux d'abord dire que c'est Netanyahou qui aujourd'hui est une menace pour la paix de la région et la paix du monde entier. Mais en l'occurrence c'est l'Iran qui a rompu la trêve en tirant sur Israël ? Non, alors en fait on va reprendre du début. Je rappelle que c'est Israël et les États-Unis qui ont attaqué dans une guerre illégale l'Iran, ça c'est la première chose. qu'ensuite il y a une trêve, un cessez-le-feu. Ensuite le Hezbollah a tiré sur Israël début mars. Alors attendez, il y a un cessez-le-feu normalement depuis le 17 avril.

Il y a d'ores et déjà plus de 1133 Libanais qui ont été tués, notamment des secouristes qui sont visés, notamment des journalistes.

1:15
Invité

3613 depuis le 2 mars même.

1:18
Mathilde Panot

Oui, et puis 7000 si vous continuez encore avant. Mais plus des journalistes puisque vous savez qu'aujourd'hui l'armée israélienne est l'armée qui tue le plus de journalistes au monde. Et que donc il y a une violation permanente du cessez-le-feu à la fois au Liban, mais aussi à Gaza, puisque le mois de mai a été le mois le plus meurtrier depuis le soi disant cessez-le-feu. Donc la réalité c'est que Netanyahou ne respecte jamais sa parole, ne respecte pas les cessez-le-feu et donc entraîne la région dans une escalade qui est extrêmement dangereuse.

Et donc la question qui nous est posée à nous, la France, comme les pays européens, c'est comment est-ce que des sanctions sont enfin prises contre Netanyahou et son gouvernement ? Comment est-ce que Netanyahou... C'est ça que doit faire la France pour vous ? ...d'agir ? Oui bien sûr. Et ce qu'elle ne fait pas depuis plus de deux ans et demi devant le génocide en cours, toujours en cours à Gaza.

2:04
Invité

Et l'autre question qu'on vous pose vous ce matin, c'est est-ce qu'il faut désarmer le Hezbollah ? Et si oui, comment faire ?

2:09
Mathilde Panot

Mais je vais vous dire, le Hezbollah est un prétexte. Il n'y a pas une guerre d'Israël contre le Hezbollah. Il y a une guerre d'Israël et de Netanyahou contre le peuple libanais. Peut-être que ça vous a échappé, mais jeudi dernier, Netanyahou a dit quelque chose d'extrêmement important. Il a dit je ne veux pas désarmer le Hezbollah, je veux démilitariser le Liban. Tout le monde comprend ce qu'il y a derrière. Il n'y a pas quand vous ciblez des journalistes, quand vous ciblez des secouristes, quand vous tuez des enfants. On parle selon l'ONU de 11 enfants qui ont été tués en moyenne chaque jour la semaine dernière. Ça n'a rien à voir avec le Hezbollah.

Donc le Hezbollah est un prétexte et ils sont en train de faire l'invasion la plus profonde dans le Liban depuis 25 ans. Donc la question qui est posée, c'est est-ce que la France ira au secours d'un pays qui est allié, qui s'appelle le Liban ? Est-ce qu'il défendra sa souveraineté et notamment le droit de pouvoir se défendre ? Non pas, puisque le Liban le dit lui-même, non pas par des milices qu'il faudrait désarmer, c'est le Liban qui le dit, mais avec une armée qui peut se défendre, ce que Netanyahou est en train de refuser. Et moi je veux insister sur un point. En plus des sanctions, il faut aussi renvoyer l'ambassadeur israélien hors du territoire français.

Rendez-vous compte que non seulement il y a eu les images d'humiliation de la flottille qu'on a vues avec Ben Guivir, on a vu des images notamment de ce qui se passe au Liban, de corps déchiquetés qui sont absolument insoutenables à regarder. Vendredi dernier, il y a un nourrisson qui a été tué en Cisjordanie par des tirs israéliens. Les morts et les tués continuent à Gaza. Et en plus de ça, maintenant nous avons un ambassadeur israélien qui fait tout simplement de l'ingérence étrangère en disant dans les élections présidentielles tout plutôt que Mélenchon, ce qui est inacceptable.

3:50
Présentateur

On vous entend parfaitement, mais ce que vous reproche le gouvernement, on entend votre appel à ce que doit faire la France, c'est un deux poids deux mesures. En fait, Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères, vous dit mais pourquoi vous ne condamnez pas le Hezbollah ? Et d'ailleurs dans votre discours, vous condamnez Israël, mais est-ce que vous condamnez aussi le Hezbollah ? Il vous dit, sachez condamner dans un même souffle les attaques du Hezbollah et d'Israël et sachez appeler dans un même souffle au désarmement du Hezbollah et au retrait d'Israël. Pourquoi ? Vous ne le faites pas, Mathieu Prénon.

4:19
Mathilde Panot

Je vais vous dire, Madame Lambret, pour désarmer le Hezbollah, il faudrait déjà que l'armée libanaise ait les moyens de protéger la souveraineté du territoire libanais. Or, la France refuse d'aider le Liban à ce que l'armée libanaise puisse défendre la souveraineté du pays.

4:34
Présentateur

Donc il faut maintenir le Hezbollah qui est un proxy du Liban en l'état avec ses armes ?

4:38
Mathilde Panot

Non, le Liban lui-même, je parle du pouvoir libanais actuel, dit qu'il faut désarmer le Hezbollah. Mais pour cela, il faut qu'ils aient les moyens de le faire. Et moi, ce qui me révolte, c'est que tout comme on a expliqué qu'à Gaza, où il y a un génocide qui se passe en direct, que tout le monde peut voir sur son téléphone, au même moment où il se passe ce génocide à Gaza, on explique que ce serait une simple guerre contre le Hamas. Au moment où on est en train de faire la guerre au peuple libanais, on explique que c'est une guerre contre le Hezbollah. Et je vais vous dire, ce n'est pas nous qui nous faisons du deux poids, deux mesures.

Ceux qui font du deux poids, deux mesures, c'est justement des gens comme Jean-Norel Barraud, qui sont capables, avec l'Union Européenne, de décider de 19 trains de sanctions contre Poutine et son régime pour l'invasion et la violation du droit international en Ukraine, mais qui sont incapables de prendre aucune sanction. Il y a toujours zéro sanction contre Netanyahou et toujours pas de suspension de l'accord d'association, toujours pas d'embargo sur les armes. Voilà un deux poids, deux mesures qui révolte tout le monde et qui fait que la voix de la France n'est plus écoutée de la même manière et que nous, nous essayons de porter une autre voix, justement, de la France.

5:41
Invité

On revient en France où l'émotion est toujours particulièrement vive. Trois jours après la découverte du corps de Liana, hier, l'attente de la collégienne de 11 ans a pris la parole lors d'une marche blanche au micro France Info d'Yvan Planté. La France Insoumise demande la démission du ministre de la Justice, Gérald Darmanin. À quoi ça servirait, Mathilde Panot ?

6:11
Mathilde Panot

D'abord, je veux redire notre affection pour la famille et je crois que c'est important qu'il y ait cette marche extrêmement digne qui se soit tenue hier pour entourer la famille avec quasi l'entièreté de la ville qui était là en hommage à Liana et en appui et en soutien surtout à la famille. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, moi, je partage à la fois la colère, la tristesse, l'effroi qui saisit le pays tout entier mais je suis aussi révoltée de la manière dont nous avons un ministre, un garde des Sceaux qui est en train de se défausser de toute responsabilité politique et qui cherche un bouc émissaire à travers les juges.

6:56
Présentateur

Parce qu'il y avait eu beaucoup de signalements et de plaintes avant cette affaire et le sujet n'avait pas été entendu. On ne peut pas s'interroger sur des dysfonctionnements, soit du côté des magistrats, soit du côté des gendarmes pour vous ?

7:07
Mathilde Panot

Le problème, c'est qu'un des mots d'ordre de la marche blanche, c'était plus jamais ça. C'est que plus jamais il ne puisse y avoir une enfant de 11 ans comme Liana qui puisse être victime de violences sexuelles, qui puisse être tuée dans ce qu'on appelle un infanticide. Le problème de pointer les dysfonctionnements qui sont réels, je veux dire, normalement, l'homme qui serait responsable de cet infanticide a eu plusieurs plaintes contre lui. Vous l'avez dit, je crois qu'il y a eu 7 plaintes et signalements contre lui.

Et notamment, si on en prend celle qui cristallise les dysfonctionnements, c'est celle d'août dernier, avec une petite fille de 10 ans qui avait déposé plainte avec ses parents et dont l'instruction était toujours en cours, sur lequel il n'avait pas été entendu. Et c'est effectivement révoltant de voir que 9 mois après, c'est la mort d'une petite fille qui aurait pu être évitée. Le problème, si on pointe ça uniquement sur la question de la magistrate, qui est d'ailleurs, du coup, pointée du doigt comme étant l'unique responsable de cela.

Si on pointe ça uniquement sur une responsabilité individuelle, vous ne comprenez pas le problème systémique des violences faites contre les femmes et contre les enfants. Et si, depuis 10 ans, les associations demandent les moyens de pouvoir agir face aux violences, notamment, désormais, les associations demandent 3 milliards par an pour agir contre les violences systémiques sur les violences faites aux femmes et faites contre les enfants, eh bien, du coup, vous effacez toute la responsabilité politique d'un pouvoir qui, année après année, a refusé de mettre les moyens sur la table, a refusé d'aider la justice. Et vous avez quand même M.

Darmanin, qui a été ministre de tous les gouvernements.

8:48
Présentateur

Il a été ministre des Comptes Publics, responsable de l'appauvrissement des services publics. Parce que vous dites que ce gouvernement a refusé de mettre les moyens. Vous accusez Gérald Darmanin d'avoir clochardisé la justice. Qu'on apprécie ou non ce gouvernement, le budget de la justice n'a jamais autant augmenté que sous Emmanuel Macron. Plus 54% depuis 2017, selon les chiffres du ministère. Ce sont des chiffres publics, ce qui porte le budget aujourd'hui à 10,7 milliards d'euros. Est-ce que vous maintenez que les moyens n'ont pas été mis ?

9:13
Mathilde Panot

Oui, bien sûr. Sur votre antenne même, tout à l'heure, j'entendais un magistrat qui était à votre antenne. Il se trouve qu'en France, il y a quatre fois moins de procureurs que la moyenne européenne. Pas que le pays qui en a le plus. Que la moyenne européenne est deux fois moins de juges. Parce qu'on partait de très loin, M. Darmanin.

9:29
Présentateur

Il y a eu 1 500 magistrats supplémentaires recrutés également.

9:33
Mathilde Panot

Nous sommes la septième puissance économique au monde. Nous sommes la septième puissance économique au monde. Et la réalité, c'est que les services publics, dont la justice, ont été extrêmement paupérisés et aujourd'hui ne peuvent pas faire leur travail. Et moi, je suis révoltée. Quand j'entends M. Darmanin expliquer qu'il faudra passer d'un coup 70 000 affaires de viol par les magistrats parce que c'est, encore une fois, une opération de communication qui ne coûte pas grand-chose à part de l'effort où les gens vont juste devoir survoler les dossiers. C'est vraiment de l'agitation pour montrer qu'il fait quelque chose. Il faut maintenant mettre les moyens.

10:05
Invité

Pour vous, il doit toujours démissionner, Gérald Darmanin ? Bien sûr. Est-ce que vous irez manifester ?

10:08
Mathilde Panot

Vous savez, M. Darmanin n'est pas le seul responsable. Je pense qu'Emmanuel Macron est responsable d'eux-mêmes. Ses prédécesseurs aussi. Et tous ceux qui ont fait, par exemple, des opérations de communication comme les opérations de communication Placnet XXL qui ne servaient absolument à rien.

10:23
Invité

C'était un autre sujet. Est-ce que vous irez manifester ? Est-ce que vous irez manifester parce qu'il va y avoir une grande vague de manifestations dans deux heures-villes de France ?

10:29
Mathilde Panot

Il y aura des députés de la France Insoumise dans des manifestations. Notamment, moi, je pense à la manifestation qui aura lieu devant le ministère qui pointe justement l'absence de volonté politique de lutter efficacement contre les violences.

10:41
Présentateur

Mathilde Panot, à un moment où certains mettent en cause la responsabilité des magistrats, Bruno Retailleau notamment demande de créer une cour disciplinaire composée de citoyens pour sanctionner les magistrats à la place du Conseil national de la magistrature parce qu'il dit que ce système ne fonctionne pas. Vous, vous êtes contre toute idée de remise en cause des magistrats. La justice ne peut pas faillir ?

11:02
Mathilde Panot

Si, bien sûr, la justice peut faillir. Mais le problème, c'est que M. Bruno Retailleau est un menteur. Il dit qu'il faut enlever le Conseil supérieur de la magistrature parce qu'elle n'aurait fait qu'une seule sanction en 15 ans. Or, en fait, il y a une seule sanction qui vient d'un justiciable. Mais par l'autosaisie de la justice humaine, il y a eu 269 sanctions en 15 ans. Donc, M. Retailleau est un menteur. Il devrait peut-être apprendre que le Conseil supérieur de la magistrature est composé à majorité de non-magistrats, justement.

Et la première des choses, c'est qu'ils regardent, eux, ce qu'ils font depuis des années en votant contre les budgets et, par exemple, en attaquant systématiquement ce que fait Bruno Retailleau, comme d'ailleurs l'extrême droite, les outils qui sont ceux, par exemple, de la loi 2001, l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, qui, contrairement au fantasme de l'extrême droite, n'apprend pas aux enfants je ne sais quoi sur la sexualité, mais permet au contraire, justement, de faire de la prévention contre les violences sexuelles.

Je rappelle 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année et, pour la plupart d'entre eux, c'est dans le cadre intrafamilial ou dans le cadre de l'inceste.

12:09
Invité

Le président de la République, vendredi depuis le Monténégro, a déclaré « Je ne veux entendre aucun argument de moyens dans cette affaire. C'est une question de réponse, de fermeté, d'organisation et de responsabilité. » Et le maire de Florencières a parlé d'une défaillance sociétale. Vous êtes président du groupe ALFG à l'Assemblée Nationale. Est-ce qu'il faut, suite à cette affaire Liana, qui aime toute la France, une nouvelle loi ?

12:29
Mathilde Panot

Alors oui, nous nous sommes favorables à une loi cadre contre les violences sexistes et sexuelles faites contre les femmes et contre les enfants. Mais, je le dis, une nouvelle loi qui serait uniquement de la fermeté supplémentaire ne changerait pas la situation. Parce que je trouve que c'était intéressant, ce qui était dit tout à l'heure par les associations, sur le fait que la société, elle, elle a évolué.

La société, s'il y a autant de gens qui parlent, s'il y a trois fois plus de plaintes depuis 2017, c'est parce que, justement, la société évolue et refuse qu'on continue des violences systématiques et qu'on meurt d'être une femme en France en 2026, comme de mourir d'être un enfant en France en 2026. Donc, le problème, c'est que derrière, la responsabilité politique et la volonté politique n'y est pas. Quand M. Macron dit « je ne veux pas qu'on parle de moyens », c'est parce qu'il refuse qu'on regarde sa propre responsabilité, comme celle de M.

Darmanin et de tant d'autres qui l'ont précédé, qui ont refusé de mettre des politiques à la hauteur pour, justement, prioriser la lutte contre les violences. Donc, nous, nous sommes favorables à une nouvelle loi. Mais si c'est une loi pour, de nouveau, faire que ça ne coûte rien, faire semblant qu'en augmentant ici ou là les peines et en faisant une surenchère, cela réglera la situation, c'est faux.

13:39
Présentateur

M. Stéphano, on vous entend et dans un instant, on va parler du premier meeting de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Démonstration de force réussie pour les insoumis. Mais ensuite, pour l'heure, il est 8h47. Et c'est l'info en une minute avec Maureen Sunia.

13:53
Invité

La trêve est-elle réellement terminée au Moyen-Orient ? Deux mois qu'elle est en vigueur entre l'Iran et Israël. Mais les deux pays se sont affrontés cette nuit et continuent de s'affronter ce matin. Les gardiens de la révolution disent frapper deux bases aériennes en Israël quand l'État hébreu affirme avoir visé au moins un site pétrochimique iranien. Gérald Darmanin réunit en ce moment les procureurs généraux, le ministre de la Justice veut leur demander de réexaminer les 70 000 dossiers qui concernent des enfants. Cette réunion a lieu dans le siège de l'affaire Liana. La petite fille de 11 ans a été tuée dans le Gers.

Le principal suspect avait été visé par plusieurs plaintes d'enfants et d'adolescents. Un tremblement de terre fait au moins 15 morts aux Philippines et d'importants dégâts matériels. Un séisme de magnitude 7,8. L'alerte tsunami déclenchée en Indonésie a été levée. Et puis un espoir pour ceux qui luttent contre la sclérose en plaques. L'Agence européenne du médicament autorise la mise sur le marché d'un traitement prometteur contre la forme progressive de la maladie qui affecte le système nerveux. Ce traitement permet de réduire d'un tiers le risque de progression du handicap.

14:54
Présentateur

Avec Mathilde Panot, députée et présidente du groupe LFI à l'Assemblée Nationale, on parle d'un rendez-vous important pour les Insoumis hier.

15:11
Invité

Premier meeting de la présidentielle pour Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis. En présence d'après vous, Mathilde Panot, de 26 000 personnes. On ne sait pas combien ils étaient, mais c'est vrai que les images montrent une foule particulièrement dense. Et un Jean-Luc Mélenchon qui s'y voit déjà. On l'écoute. Pour une fois, les étoiles sont alignées. La primaire de marché en première ligne. Vous pensez sérieusement avoir plié le match à gauche ?

15:39
Mathilde Panot

Alors d'abord, je veux dire que c'était un moment qui était absolument incroyable. Donc c'était notre premier meeting de campagne dans un lieu en plus qui est chargé d'histoire puisque nous étions entre la mairie de Saint-Denis et la basilique qui, vous le savez, c'est pour ça qu'on dit ville des rois morts et du peuple vivant, qui est le lieu où la première histoire officielle de France aurait été écrite. Donc c'était aussi un symbole de lancer depuis Saint-Denis cette campagne présidentielle et avec une marée humaine qui était là. Ça vous a surpris ce monde ? Vous disiez tout à l'heure qu'il y avait plus de monde qu'en 2022, c'est ça ?

Oui, alors si on regarde, alors nous on a des points de comparaison puisque nous avons fait plusieurs campagnes présidentielles et effectivement pour la campagne présidentielle de 2022, notre premier meeting était en décembre 2021 et il y avait 5000 personnes. Donc là, vous voyez les images avec 26 000 personnes. On a des signes dans ce début de campagne qui sont des signes que d'habitude on voyait plutôt en fin de campagne et on le voit puisque la semaine dernière, nous avons atteint les 300 000 parrainages citoyens et si je compare là aussi à 2022, on avait mis plus de 15 mois à les obtenir la dernière fois. Cette fois-ci, on l'a fait en un mois seulement.

16:47
Invité

Je reviens à ma question. Est-ce que vous pensez avoir plié le match à gauche ?

16:50
Mathilde Panot

Je pense que là, on a envoyé un signal de démonstration de force que c'était justement autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

16:57
Invité

Pour Raphaël Glucksmann, il va faire son meeting dans une semaine. Vous pensez qu'il ne fera jamais aussi bien que vous ?

17:01
Mathilde Panot

Déjà, c'est physiquement impossible au vu de la taille de sa salle, mais je pense, oui, qu'il n'y a pas la même dynamique autour de M. Glucksmann qu'autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

17:11
Présentateur

Vous n'en ferez qu'une bouchée des Raphaël Glucksmann, des François Hollande ? C'est un peu ça l'idée que...

17:15
Mathilde Panot

Le message qu'a envoyé Jean-Luc Mélenchon, quand il dit « C'est nous qui avons gagné l'honneur de marcher en tête », c'est que quand il dit « Nous, c'est carré ». Nous avons à la fois un programme, une équipe, un seul candidat. Vous avez remarqué que quand nous, nous allons sur les plateaux, c'est y compris ce qu'a fait Jean-Luc Mélenchon dans son discours pour proposer des choses au peuple de France. Donc faire des propositions et qu'il y ait un vrai débat dans cette élection présidentielle et nous ne passons pas notre temps à nous cracher les uns sur les autres.

Donc, oui, je crois qu'autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon se passe une dynamique qui est celle qui est à même de battre l'extrême droite et de tourner la page de la Macronie. Et il faut que chacun et chacune comprennent ce qui est en jeu. Ce qui est en jeu dans cette élection de 2027, c'est de savoir si enfin on tourne la page de la Macronie et de son monde de malheurs et que nous n'ayons pas un Macron 2, un Macron 3 ou je ne sais quelle candidature qui continuerait la même politique et de battre l'extrême droite. Parce que c'est ça qui est en jeu. Et je crois que c'est nous qui sommes en capacité de le faire, effectivement.

18:15
Présentateur

Hier, Jean-Luc Mélenchon a eu une formule dans son meeting qui a interpellé, on l'écoute.

18:20
Invité

Nous ne renierons pas, mesdames, messieurs les fachos, les sacrifices et l'amour de nos grands-parents.

18:32
Présentateur

Mathilde Panot, on est chez nous. Vous assumez de reprendre un slogan historique du Rassemblement National ?

18:38
Mathilde Panot

Si vous aviez vécu ce moment-là, vous auriez compris qu'il y avait quelque chose de très très beau, de voir cette foule immense avec beaucoup de jeunes qui représentaient le peuple de France, redire on est chez nous. Je vais vous dire, c'est ce que Jean-Luc Mélenchon a dit aussi dans son discours, mais le concept de Nouvelle-France c'est évidemment ce qui nous permet de penser la réalité du pays aujourd'hui, d'accepter le peuple dans toutes ses composantes et donc à partir de là d'en tirer des conséquences, c'est-à-dire à partir de cette Nouvelle-France de dire qu'il faut une nouvelle république, une sixième république et de réécrire les règles du jeu.

Mais ça a fonctionné comme un piège aussi pour l'extrême droite.

19:17
Présentateur

En meeting, est-ce que ça ne vous dérangerait pas ?

19:19
Mathilde Panot

Mathilde Padeau, qu'est-ce que vous diriez si Raphaël Lucemann disait ça ? Ça a fonctionné comme un piège pour l'extrême droite lorsqu'on parlait notamment du fait que...

19:27
Présentateur

C'est pour ça que vous parlez de grand remplacement aussi parce que Jean-Luc Mélenchon avait aussi repris cette expression de l'écrivain d'extrême droite, Renaud Cagnon, du grand remplacement.

19:35
Mathilde Panot

Aujourd'hui, on est chez nous. Nous nous moquons de... Oui, le grand remplacement, c'est ce que dit Jean-Luc Mélenchon, c'est une génération remplace l'autre à chaque fois. C'est le lot de la vie, c'est-à-dire qu'à la fin, on sera tous, on est toutes et tous mortels. Donc, le fait de regarder le pays tel qu'il est, nous avons parlé à la fois de la question de la jeunesse, du grand âge, de l'émancipation des femmes, de beaucoup d'autres choses, des nouvelles formes de famille.

Mais ce qui intéresse uniquement ceux qui sont obsédés par la race, je reprends les propos de Jean-Luc Mélenchon, c'est le fait que nous ayons dit que dans notre peuple, il y a désormais un Français sur trois qui est un grand-parent étranger. Et bien voir, après cela... Et la Nouvelle-France, c'est celle du grand remplacement, a dit Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que la Nouvelle-France, c'est celle du grand remplacement comme il l'est ? Après cela, voir des gens qui sont...

Il faut comprendre qu'il y a des gens dans notre pays qui, dès 10-12 ans, lorsque vous êtes notamment un jeune garçon dans un quartier populaire, on vous renvoie, par exemple, avec le contrôle au faciès, au fait constamment que vous seriez un étranger dans votre propre pays. Ça arrive à des millions de gens dans notre pays. Et bien ce « on est chez nous », il répond à cela.

20:37
Invité

Et la Nouvelle-France ?

20:37
Mathilde Panot

Il répond au fait que, justement, c'est notre pays, à toutes et à tous. Et je crois que ce qui rend fou l'extrême-droite, c'est que nous accolions le mot France à, justement, des immigrés ou des descendants d'immigrés avec lesquels nous voulons faire « nation ».

20:52
Présentateur

Mais donc, vous assumez que le concept de Nouvelle-France, il est fondé sur l'origine et sur la couleur de peau ? Parce que c'est aussi ce qu'on vous reproche.

20:57
Mathilde Panot

Pas du tout. Vous avez entendu le discours de Jean-Luc Mélenchon ? Nous avons parlé de l'émancipation des femmes. Par exemple, le fait que les femmes, avant 1958, n'avaient ni le droit à l'avortement, ni le droit à la contraception, ni même, Mme Lambret, le droit d'ouvrir un compte bancaire si votre mari ne vous y autorisait pas. Donc, nous avons parlé de tout cela. Nous avons parlé d'une jeunesse qui est bien plus précarisée qu'avant, qui est aussi très éduquée, mais qui est bien plus précarisée. Des enjeux sur le grand âge. Bref, nous avons parlé du fait que la France avait changé. On l'a toujours élargi. C'est juste que certains ont un peu crisé sur certains des aspects.

21:32
Invité

Et vous avez votre slogan de campagne ou pas ? Nouvelle-France, ce sera votre slogan ?

21:35
Mathilde Panot

Non, mais vous verrez, la campagne est longue. Et vous verrez que nous ferons d'autres démonstrations de force. Et d'ailleurs, j'invite toutes celles et ceux qui nous écoutent à continuer de venir nous aider, puisqu'il y a 10 000 personnes qui ont été rejoindes des groupes d'action depuis le début de la campagne. Je dis 300 000 soutiens, ce qui est là aussi incroyable en termes de dynamique.

Et nous avons une date de mobilisation qui est celle du 21 juin, qui est appelée notamment par Balibagayoko avec une marche contre le racisme et qui sera, je crois, aussi un moment fort politique pour dire que nous ne voulons pas de ceux qui trient les gens, justement, selon leur couleur de peau, leur origine, leur orientation sexuelle ou leur genre.

22:10
Présentateur

Rien à voir avec la couleur de peau, mais parce que, si on vous pose la question, c'est qu'il y a des propos qui ont interpellé. Et il y a aussi, même à gauche, des hommes comme Fabien Roussel qui accusent Jean-Luc Mélenchon de faire du commandantarisme. quand Carlos Martin Bilongo sur la chaîne YouTube de la librairie africaine explique que la lutte contre le racisme passe par une prise du pouvoir et il ajoute, on va leur montrer qu'on est plus nombreux, ils ont voulu se foutre de nous, nous, on est plus intelligents, on est plus endurants et si on fait plus de gosses que tant pis pour eux. Qu'est-ce qu'il veut dire par là ?

22:39
Mathilde Panot

Alors, sur le fait que pour lutter contre le racisme, il faut prendre le pouvoir, je suis entièrement d'accord puisque je rappelle que nous en sommes au quatrième plan, notamment, normalement, de lutte contre toutes les formes de racisme, l'antisémitisme, l'antiziganisme, l'islamophobie, etc. Et que, y compris l'inspection générale de l'administration, dit que ces plans, nous en sommes donc au quatrième, que les trois premiers plans ont eu un bilan extrêmement contrasté puisqu'il n'y avait aucun moyen dessus. On va leur montrer qu'on est plus nombreux,

23:08
Présentateur

ils ont voulu se foutre de nous, si on fait plus de gosses que tant pis pour eux.

23:11
Mathilde Panot

Oui, nous sommes plus nombreux dans ce pays et en tout cas, c'est ce que nous voulions démontrer. Vous reprenez ces propos ? Attendez, nous sommes plus nombreux dans ce pays... Qui est le nous, Mathilde Panot ? Je vais vous répondre tout de suite. Nous sommes plus nombreux dans ce pays à refuser toutes les formes de racisme. Et je rappelle que, contrairement à ce que dit régulièrement l'extrême droite, la France est d'abord une nation politique. Elle n'a jamais été une nation ethnique. Je le répète, par exemple, notre couleur de peau n'est pas ce qui constitue justement le fait d'être français ou d'être française. Toutes les couleurs de peau sont françaises.

De même sur la question des religions. Il y a beaucoup de gens qui n'ont pas de religion et plein de sortes de religions en France et de même que la langue française, puisque je rappelle que nous partageons la langue française avec 28 autres pays dans le monde. Donc être français, c'est, et c'est ce que je disais sur le fait que nous étions les plus nombreux, en tout cas je l'espère, pour pouvoir gagner, c'est être autour de notre devise républicaine, liberté, égalité, fraternité.

24:05
Présentateur

Tout à l'heure, vous avez dit que vous pourriez battre le Rassemblement National et que vous vous sentez en capacité de le faire. Alors on pourrait vous donner, vous citer les sondages qui donne Jean-Luc Mélenchon largement battu par le RN au second tour, mais vous allez nous dire, ce sont des sondages, un instant T, ça peut évoluer. En fait, sur le fond, ce que certains reprochent à Jean-Luc Mélenchon, c'est d'être trop clivant. Mathilde Panot, il y a eu des polémiques ces derniers mois autour de la France Insoumise, vos liens avec la jeune garde, les mots de Jean-Luc Mélenchon sur Jeffrey Epstein et sur Raphaël Glucksmann, sur ces noms juifs, il avait été pointé du doigt.

Est-ce qu'aujourd'hui, vous estimez que cette page est tournée et que vous êtes les mieux à même de rassembler ? Comment vous faites après avoir clivé ?

24:48
Mathilde Panot

Écoutez, je ne vais pas revenir sur les exemples que vous avez donnés, sur lesquels Jean-Luc Mélenchon s'est déjà expliqué à de nombreuses reprises, qu'il avait écorché plusieurs noms dans un meeting, donc je laisse ça de côté, mais je le dis quand même qu'on ne laisse pas croire je ne sais quoi. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est que je rappelle que si vous vous rappelez avant l'élection présidentielle de 2022, qu'on expliquait là aussi que jamais la gauche ne pourrait arriver au second tour et que nous avons raté le second tour de l'élection présidentielle à seulement 420 000 voix.

Qu'il se trouve qu'au moment où nous parlons exactement, c'est-à-dire au même moment de l'échéance de la présidentielle, il était dit que nous aurions 20 points de retard sur l'extrême droite et nous en avons rattrapé 19 et donc nous étions à 1 point seulement de l'extrême droite. Donc, s'il y a une forte mobilisation dans les urnes, nous pouvons l'emporter et je suis persuadée qu'en 2027, nous pouvons ouvrir un horizon bien plus heureux pour le pays. Merci beaucoup Mathilde Panot. Merci Paul. Merci, à demain. On va tout de suite les informer. Merci.

25:46
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.