Bellamy : le pari de la Droite "catho" #cdanslair 29.01.2019
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Questions et réponses
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- 0:51OuverteRéponse partielle
Qui est François-Xavier Bellamy ? Que défend-il réellement ? Peut-il faire exploser la droite ?
- 1:49OuverteRéponse directe
Bellamy est-il inconnu du grand public ?
- 3:08OuverteRéponse directe
C'est un profil singulier, pourquoi en parle-t-on ce soir ?
- 4:25FerméeRéponse directe
C'est quoi Sens commun ?
- 5:10OuverteRéponse partielle
Quelle sera la position de Bellamy sur l'Europe ?
- 6:40OuverteRéponse directe
Faut-il être un politique professionnel pour gagner une élection aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32PrésentateurFait
« issu de la manif pour tous et contre l'avortement à titre personnel, comme il dit. »
- 4:56PrésentateurFait
« il était à titre personnel contre l'avortement, mais pas contre la loi Veil. »
- 10:46PrésentateurFait
« François-Xavier Bellamy, 33 ans, est un inconnu du grand public et même de sa famille politique. »
- 11:32PrésentateurFait
« Conservateur, catholique, il se positionne contre l'avortement, sans pour autant vouloir abroger la loi de Simone Veil. »
- 12:44Locuteur 6Fait
« La politique n'est pas un plan de carrière pour moi. »
- 28:36PrésentateurFait
« ce sont mes convictions personnelles »
- 29:02IntervenantFait
« l'avortement est un drame »
- 32:43Locuteur 6Fait
« nous nous préparons à avoir un nouvel équilibre et une nouvelle énergie en Europe, la Pologne et l'Italie seront à coup sûr les protagonistes de ce nouveau printemps européen. »
- 33:37Locuteur 5Fait
« l'avortement et le meurtre d'un enfant innocent »
- 35:19Locuteur 6Fait
« il est écrit dans notre constitution que le mariage est entre un homme et une femme »
- 36:40PrésentateurFait
« la droite traditionnelle sait qu'elle se met dans les mains du Front National et qu'elle se fait manger »
- 38:10IntervenantFait
« la question démographique qui va apporter la question de l'immigration »
- 43:42IntervenantChiffre
« pour renouveler une génération, on a 1,4 1,5 en Europe et 1,2 en Hongrie par exemple »
- 46:20IntervenantFait
« l'Italie perd des habitants »
- 49:32Locuteur 1Fait
« le Rassemblement National n'est pas pour l'augmentation du SMIC »
- 49:35Locuteur 1Fait
« le Rassemblement National n'est pas pour le partage des richesses »
- 52:46IntervenantFait
« Manon Aubry n'était pas membre de la France insoumise avant de devenir tête de liste insoumise aux élections européennes »
- 58:36PrésentateurFait
« François-Xavier Bellamy n'est-il pas tout simplement un réactionnaire ? »
Temps de parole
- Présentateur55 %
- Intervenant19 %
- Intervenant 215 %
- ?6 %
- Locuteur 12 %
- Locuteur 62 %
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Bonsoir
à toutes et à tous, nous attendons vos questions SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Il sera le nouveau visage de la droite aux européennes. François-Xavier Bellamy, professeur, normalien, philosophe, élu de Versailles et conservateur. La droite républicaine a choisi donc de se ranger derrière un homme de 33 ans, issu de la manif pour tous et contre l'avortement à titre personnel, comme il dit. L'intellectuel ne fait pas l'unanimité à droite chez les républicains et le choix de Laurent Wauquiez est critiqué par la gauche qui s'inquiète-t-elle d'un mouvement de fond en Europe
?
Une poussée catholique conservatrice en Hongrie, en Pologne mais aussi en Italie portée par les partis populistes. Qui est François-Xavier Bellamy ? Que défend-il réellement ? Peut-il faire exploser la droite ? Bellamy, le pari de la droite catho, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Vanessa Schneider, vous êtes grand reporter au journal Le Monde ainsi que Poème, Le Mag. Isabelle de Gaulmin, vous êtes rédactrice en chef au journal La Croix. Citons ce soir votre article, François-Xavier Bellamy, La tentation politique. Dominique Reynier, vous êtes professeure à Sciences Po,
vous
êtes directeur général de la Fondation pour l'innovation politique. Citons ce soir, Où va la démocratie ? Votre livre publié chez Plon. Enfin, Claude Veil, vous êtes journaliste, éditorialiste politique, chroniqueur à Nice-Martin. Bonsoir à tous les quatre,
merci de
participer à ce C'est dans l'air en direct. Je me faisais la réflexion en préparant cette émission, ça fait bien longtemps qu'on n
'a
pas parlé de ce qui se passait chez les républicains. Et si on en parle, c'est parce qu'il
y a
un homme qui défraie la chronique, qui est donc désormais le chef de file pour les européennes du parti Les Républicains. Il s'appelle François-Xavier Bellamy et il est un peu hors cadre, Vanessa Schneller. Oui, d'abord il est inconnu du grand public, même si ses livres en tant que philosophe ont eu de beaux succès de librairie, même s'il a fait déjà quelques apparitions dans la sphère des républicains, avec des allers-retours.
On
le sentait un peu à la fois tenté et craintif d'entrer en politique. Donc là, visiblement, il assume cette partie-là et il se décide à vraiment rentrer en politique et pas à une place des moindres, puisque chef de file d'un scrutin de liste, c'est un poste qui est extrêmement exposé. Donc le casting est un peu surprenant, il raconte beaucoup de choses sur cette famille politique des Républicains, qui, si on n'en
a
pas parlé depuis longtemps, c'est parce qu'elle ne se porte pas si bien. Et oui, cette nomination de Bellamy est un symptôme de la crise de ce parti, qui semble-t-il n'a trouvé d'autre issue que de se rétrécir
sur
un de ces noyaux qui existe, qui incarne quelque chose dans la France d'aujourd'hui, qui est cette droite catholique conservatrice, mais qui est loin d'être représentative de la droite et du centre dans son ensemble. Donc ça ne va pas arranger les problèmes de cette famille politique. Isabelle de Gollemain, vous l'aviez rencontrée, vous
aviez signé
un article qui s'appelait « La tentation politique ». Donc on le présente. C'est vrai que c'est quand même un profil assez singulier. C
'est
encore une fois, c'est pour ça qu'on en parle ce soir. Philosophe, il joue aussi au théâtre. Ce n'était pas forcément, il est agrégé de philosophie, il est prof, il a 33 ans, et la tentation politique, ça n'allait pas de soi. Non, ça n'allait pas de soi, parce qu'il a un côté très intellectuel. Et d'ailleurs, on le voit assez souvent sur France Culture, à des émissions plutôt philosophiques ou plutôt de pensée. On pensait qu
'il
y
aurait
plutôt une carrière à la Finkielkraut quelque part. Et là, voilà, il penche plutôt vers Laurent Wauquiez. Alors effectivement, c'est un produit, on va dire, de la manif pour tous. C'est-à-dire qu'on l'a vu apparaître et monter à ce moment-là. Et quelque part, ce qui est intéressant, c'est qu'il a donné à ces catholiques qui protestaient, qui ne voyaient pas bien où allait la société, qui n'étaient pas d'accord avec ça, une armature idéologique. C'est-à
-dire
que plutôt que d'être sur un plan moral, comme l'étaient certains en disant on n'aime pas les homosexuels, etc., lui, il a vraiment construit idéologiquement quelque chose qui permettait effectivement de dire on n'a pas envie d'une société où on fabrique des enfants sans parents, où on n'a pas envie d'une société où on délite les liens familiaux, etc. Donc il a donné cette armature idéologique. Ce qui est intéressant, c'est qu'il a participé au départ un peu à l'idée de créer Sens commun, et qu
'il
s'en est très vite séparé, sans doute parce qu'il a
vu...
C'est quoi Sens commun ? Sens commun, c'était ce parti qui est né de la manif pour tous et qui a voulu peser à un moment dans le débat politique, qui a soutenu François Fillon. Et c'est vrai qu'à ce moment-là, je pense que François-Xavier Bellamy, qui est assez intelligent quand même, s'est dit, bon, il faut que je ratisse plus large que simplement ce petit noyau catho. Et d'ailleurs, il insiste toujours beaucoup pour dire que dans ses positions publiques, il ne mentionne jamais ses convictions religieuses. Il ne les cache pas. Voilà, il a dit qu'il était à
titre personnel
contre l'avortement, mais pas contre la loi Veil, donc c'est quand même un
peu
différent. Et il voudrait effectivement avoir cette ambition d'aller plus large. Alors, est-ce qu
'il
va y réussir ? Ce qui est intéressant, moi, je trouve, c'est que c'est quand même... Il va avoir une position sur l'Europe. Ce sera quoi sa position ? Parce que normalement, l'Europe est quand même d'aspiration chrétienne. On dit toujours que les fondateurs de l'Europe sont chrétiens, etc. Donc lui, comme chrétien, est-ce qu
'il
va être, un peu comme ce qu'a fait Wauquiez, très europhobe ou viré vers l'opposition à l'Europe ? C'est une rupture
par
rapport à ce qu'a été la droite ces dernières années, Dominique Régnier
?
C'est un changement. Mais en même temps, la société a tellement changé, c'est notamment fracturé. On parle, et on a raison, des fractures qui traversent les partis politiques, qui les confrontent à des difficultés considérables de synthèse. Mais la société française elle-même est parcourue de ces fractures, de ces divisions, doutes, incertitudes, oppositions. Donc c'est peut-être une droite qui cherche à trouver une forme d'équilibre dans cette nouvelle pluralité instable, conflictuelle. C'est peut-être ça qu'a essayé de faire Laurent Wauquiez. Il
y a
évidemment une prise de risque. Je crois que c'est évident parce que c'est un candidat qui est jeune, qui est nouveau, qui passera un peu pour un intello, et on ne sait pas comment ça va être perçu. Mais en même temps, ça se comprend dans le trio de têtes, je dirais. C'est un ensemble et probablement un effort, la tâche est difficile pour Laurent Wauquiez, mais un effort de représenter différentes sensibilités au sein de la droite.
Peut
-être que c'est ça qui est passé devant, plutôt que la lisibilité du message à l'extérieur, si je puis dire.
Ça veut dire qu'il ne faut plus être un politique professionnel reconnu comme tel pour pouvoir gagner une élection aujourd'hui ?
– En tout cas, c'est une façon d'interpréter la demande de renouvellement que l'on sait très fort dans la société, qui est une demande paradoxale. Parce qu'on peut avoir une demande de renouvellement, et quand on a des nouveaux, on peut s'étonner de leur maladresse, de leur naïveté. Mais enfin, il y a une demande de renouvellement en termes de génération, en termes de profil aussi. Et puis, c
'est
peut-être ça aussi le profil Bellamy, une demande de conviction aussi. – Alors, les convictions de Bellamy suscitent parfois des discussions ou des interrogations, même si elles ont été effectivement précisées, notamment sur l'avortement.
– On va y revenir. – Il n'est pas proposé à l
'avortement, au droit en tout cas lui-même, mais à l'avortement personnellement. Mais c'est un homme de conviction, et c'est peut-être ça aussi qui a été interprété par Wauquiez dans Le choix de Bellamy, une droite dont au moins certaines figures sont animées par des convictions profondes, plutôt que le procès qu'on fait souvent aux politiques, d'avoir des opinions qui changent un peu au gré du vent. Peut-être que c'est ça aussi qui est derrière ce choix. – Claude Veil.
–
On a affaire à un personnage qui n'est pas tellement courant sur la scène politique française, qui est ce qu'on appelle un intellectuel de droite. En France, traditionnellement, les intellectuels de gauche… –
Je me
disais, oui, le tacle
! – C'est un
pléonasme, intellectuel de droite, c'est moins courant. Un intellectuel de droite, c'est-à-dire qui revisite une grande tradition française, qui remonte au catholicisme,
qui
est profondément imprégnée de culture nationale, de racines françaises et de catholicisme. On est d'une certaine façon à contre-courant de l'ère du temps, parce qu'on est à milieu du populisme ambiant. Adjoint au maire de Versailles, toute sa scolarité dans les écoles privées, professeur de philosophie, normalien, comme vous
l'avez dit… – Une élite, c'est ça
que vous voulez dire ? Il incarne une élite
?
–
On est dans une droite très élitiste, on est dans une droite… On est dans la droite d'Élodène, on n'est pas sur les ronds-points, là. On est vraiment dans la droite d'Élodène. Comment est-ce que ça sera perçu par l'électorat ? Le paradoxe, c'est que ce n
'est
pas du tout le sillon qui avait commencé à creuser… – Laurent Wauquiez ?
–
Laurent Wauquiez, qui lui s'était attaché au contraire à apparaître comme le défenseur de la classe moyenne, harassé d'impôts, inquiété pour son pouvoir d'achat, ses retraites, etc. On n'est pas du tout là, on est dans une droite très cérébrale, très intellectuelle, avec une production intéressante, abondante, notamment sur les
«
tous qui touchent », ça a été évoqué à la question des mœurs, de la famille, de la procréation, de la transhumanité, du transhumanisme,
etc.
Tout ça est extrêmement intéressant. Quel est l'impact électoral ? Personnellement, je n'ai pas
de… – Mais est-ce que vous
y voyez
une rupture ?
C'était la question que je posais tout à
l
'heure.
Alors
vous disiez, ça donne le sentiment d'aller à contre-courant du
mouvement des Gilets
jaunes, mais
de
cette peut-être tradition aussi d'une droite gaulliste qui avait, ces dernières années, plutôt ouvert le champ sur la question des
valeurs. – Par rapport aux gaullistes,
je ne prononcerai pas… Ça ne va pas à contre-courant de la nature profonde de Laurent Wauquiez, clairement. Laurent Wauquiez,
c
'est d'une certaine façon sa famille. Laurent Wauquiez lui-même était proche de la manif pour tous et de sens commun, et il est sur ces sujets-là proche des valeurs de l'Église traditionnelle, je dirais. Donc pour lui, ça n'est pas une rupture. Comment ça sera reçu dans le peuple de droite ? Ça, je n'ai pas de réponse à ça. Il est vrai que la symbolique Versailles, en France on dit Versailles, on a tout dit, faire campagne en venant de Versailles. Et le 16ème, son incarnation d'une certaine façon d'être de droite qui n'est pas a priori
formidablement
porteuse dans une élection comme les élections européennes.
–
Et d'ailleurs, cet argument a été repris par Marine Le Pen qui a dit « Bellamy,
c
'est Versailles » et Jordan Bardella, sur lequel nous reviendrons à la fin de
cette émission, qui a
23 ans, qui est la tête de liste du Rassemblement National, c'est Saint-Denis. Donc elle a repris cet argument que vous évoquiez à l'instant. Il est régulièrement sur scène au théâtre et il fait le plein avec un one-man show où il défend ses idées. François-Xavier Bellamy est donc devenu le nouveau visage de la droite pour les Européennes et un phénomène médiatique, 33 ans, agrégé de philosophie, on l'a dit, élu de Versailles. Il assume une ligne conservatrice, il est contre le mariage gay et l'IVG à titre personnel, des convictions qui lui sont déjà reprochées, notamment à droite. Magali Lacroze et Mathieu Lignot.
Qui
est-il ? D'où vient-il ? Pourquoi lui ?
François
-Xavier Bellamy, 33 ans, est un inconnu du grand public et même de sa famille politique.
J
'y apporte quelques objections. La première, sur la personnalité que je ne connais pas, mais dont je lis, je m'intéresse à son propre parcours.
Susciter l'attention. La tête de liste aux Européennes dénichée par Laurent Wauquiez, c'est la stratégie du renouveau de la jeunesse
et
des idées bien marquées.
C
'est vrai que j'ai des engagements, des convictions que j'assume parfaitement.
Conservateur, catholique, il se positionne contre l'avortement, sans pour autant vouloir abroger la loi de Simone Veil. Il lutte contre la PMA et défile en 2014 contre le mariage homosexuel.
J
'ai fait partie de ceux qui, ils étaient presque tous à droite impliqués sur ce sujet, ont manifesté contre la loi Taubira. Mais ça n'est qu'un des aspects des engagements que j'ai pris.
Hier soir à Paris, au Théâtre Saint-Georges, il anime une de ces soirées philo. Un spectacle, philosophique donc et politique, où il cite Rousseau.
Les
sciences et les arts
n
'ont pas fait
progresser le genre humain.
La
culture a perverti la nature humaine.
La
politique ou la philosophie ? A Versailles, où il a été élevé, il est adjoint au maire à 22 ans. Il passe l'agrégation de philosophie étudiée à Normale Sup, une grande école parisienne.
En
2017, à nouveau retentissent les sirènes de la politique. Candidat aux législatives dans les Yvelines, il est battu par son concurrent, la République en marche. Un an et demi plus tard, il est contacté par Laurent Wauquiez pour les européennes.
La
politique n'est pas un plan de carrière pour moi. Et cette candidature n'est pas non plus du tout quelque chose que j'avais programmé ni imaginé à l'avance.
Je
ne l'ai pas sollicité.
Entre temps, François-Xavier Bellamy crée son mouvement. Il veut dépasser les clivages droite-gauche. Ça ne vous rappelle rien ? Un président de la République, par exemple.
Ce
qui compte, c'est de proposer une nouvelle alternative politique qui puisse séduire des Français qui viennent de tous les horizons, qui peut-être, c'est vrai, hier, ont voté au Front National, mais qui peut-être aussi ont voté à gauche.
Depuis plus d'un an, sur les planches façon one-man show, le prof de philo préparait le terrain.
Si j'accepte, c'est que je pense que c'est possible de pouvoir servir.
Un candidat qui tombe bien pour les tenants de la droite conservatrice. Du renouveau avec M. Bellamy, François-Xavier Bellamy.
C'est une excellente tête de liste. Il incarne le renouvellement de nos candidats.
Il
incarne une nouvelle génération. Et puis, il incarne une droite des idées. Une droite qui a des valeurs, qui a des convictions.
Des idées qui ne plaisent pas à tout le monde chez les Républicains, même pour ceux ou celles qui partagent sa liste. Je ne
suis
pas la seule à ne pas avoir pensé forcément ou comme une évidence à lui comme tête de liste. C'est un projet collectif. Donc, ce ne sera pas la ligne de M. Bellamy, mais les convictions de M. Bellamy que nous devrons défendre et porter dans le cadre des élections européennes.
Je le connais depuis longtemps.
Il
a des prises de position que je respecte,
qui
ne
sont
pas tout à fait les miennes sur un certain nombre de sujets de société.
Je
dis simplement attention, attention à ne pas transformer les Républicains en un petit parti conservateur.
Un peu trop à droite, la liste des Républicains. Voilà qui pourrait faire les affaires du centre et de la tête de liste UDI.
C'est le choix des Républicains
que d'avoir choisi finalement de confier la tête de liste à leur propre extréme droite. Ce n
'est
pas la liste des Républicains, ce n
'est
pas
la liste de ceux qui à droite ont toujours suivi la ligne gaulliste, la ligne syrakienne, la ligne sarkoziste, qui était une ligne pro-européenne.
A
la deuxième et troisième place de la liste, Agnès Évrenne, figure de la droite modérée, ex-porte-parole du mouvement de Valérie Pécresse. Et Arnaud Dangean, eurodéputé sortant, soutien d'Alain Juppé à la primaire. Voilà donc plusieurs nuances de droite pour séduire toute la famille. Juste une question sur cet attelage, le fait qu'il soit présenté à trois, c'était pour ménager justement ce qu'on a entendu dans le reportage et qui n'était pas enthousiaste à l'idée de voir débarquer François-Xavier Bellamy tout seul, c'est ça
?
Oui,
alors
Laurent Wauquiez était soumis à un problème très concret qui était que à la fois Rachida Dati, Nadine Morano et Brice Hortefeux voulaient absolument se représenter et le menaçaient depuis des mois des pires représailles si jamais il ne les mettait pas en position éligible sur sa liste. Donc là je suis désolée de faire de la petite cuisine mais
derrière
la nomination de ce jeune homme parfait il y a aussi beaucoup de tactiques et de calculs et de cuisine politique et en l'occurrence on ne pouvait pas évidemment mettre une tête de liste telle que ces trois sortants qui sont aussi critiqués en interne pour d'autres raisons et qui n'incarnent pas le renouveau donc il a été décidé de mettre trois figures plus jeunes et plus neuves pour pouvoir faire élire ces sortants qui sont critiqués mais qui pouvaient commettre beaucoup de dégâts s'ils s'opposaient à
Laurent Wauquiez donc Laurent Wauquiez
leur a cédé finalement. Cette question, ce choix très clivant ne va-t-il pas précipiter les républicains modérés dans les bras d'Emmanuel Macron
?
C
'est à quoi servent les deux
autres ? Agnès Évrin a été proche de Nathalie Kosciusko-Morizet qui a
de
fait quitté les républicains justement pour ne pas travailler avec Laurent Wauquiez
et
Arnaud Dangean était considéré comme un jupéiste il est toujours d'ailleurs Arnaud Dangean à la limite pour être au gouvernement d'Emmanuel Macron ça n'aurait étonné personne donc c'est évident, ils sont là pour empêcher l'hémorragie de l'électorat de centre droit vers la République en marche et puis d'autres, Nadine Morano etc. pour au contraire garder la
frontière... Je pense que c'est
totalement illusoire puisque ce qui incarne surtout dans ce scrutin les européennes c'est vraiment la tête
de liste et donc
les électeurs en effet se focaliseront sur cette tête de liste qui encore une fois rétrécit la droite à vraiment une toute petite partie d'elle-même Vous insistez sur le fait que ça rétrécit la droite, c'est juste peut-être rappelons d'où on vient il y a eu un moment donné où c'était l'UMP où l'idée c'était de rassembler les familles de la droite on entendait Jean-Christophe Lagarde parler de l'extrême droite en parlant de François-Xavier Bellamy dans ce reportage, on voit bien que là pour le coup on n'est plus du tout dans l'idée de rassembler les droites Pour faire simple, on avait deux grandes familles politiques, une famille centriste et une famille d'origine gaulliste qui s'étaient rassemblées dans l'UMP, donc une famille de la droite au sens large et qui rétrécit comme peau de chagrin puisque certains l'ont quitté pour rejoindre Emmanuel Macron d'autres se sont mis dans des situations d'intermédiaires et d'autres des personnalités se sont mises en situation d'attente je pense à Xavier Bertrand, à Valérie Pécresse qui soit à la fois dedans et dehors ou en tout cas plus à l'extérieur qu'à l'intérieur donc Laurent Wauquiez déjà est au sein d'une famille qui est considérablement rétrécie par rapport à la famille de l'UMP et en plus ils se retrouvent là à se fixer sur là Bellamy c'est la droite Fillon pour que les téléspectateurs comprennent bien
c'est
vraiment la droite Fillon, ce sont les électeurs de François Fillon qui
sont visés, c
'est 20% dans le meilleur des cas ce sont des électeurs qui sont à la fois en effet très arrimés sur des valeurs sur le catholicisme qui sont aussi des catégories sociales supérieures plutôt aisés, plutôt éduqués, diplômés et là Laurent Wauquiez stratégiquement vise ce noyau dur ce qui est un moyen d'enjamber l'élection on y reviendra plus
tard – Vous êtes d'accord avec ça Dominique Crémy ? – 20% ici
tout de suite, vous dites
20% ici tout de suite – Pour les
européennes bien sûr
parce que ce sont
traditionnellement des scrutins qui sont difficiles pour la droite républicaine, les européennes
– C
'est difficile en fait, c'est devenu difficile pour les grands partis de gouvernement parce que ce sont des élections où il y a le risque d'un vote protestataire fort donc plutôt à l'avantage de formation populiste pour aller vite même si,
c
'est sans doute un élément du pari de Laurent Wauquiez même si, et je vais dire une chose presque contradictoire avec ce que je viens de dire à l'instant mais c'est parce qu
'on ne sait pas
très bien parce qu
'on
ne sait pas très bien même s'il est possible qu'il y ait une abstention forte et que l'abstention soit plutôt celle des classes populaires qui sont plus protestataires et que finalement les électeurs soient des électeurs plutôt médiants classe moyenne voire supérieure qui sont moins loin d'un vote bel ami que les classes populaires qui pourraient voir en lui une espèce d'extraterrestre trop compliqué à comprendre donc selon qu'il y aura une participation plus populaire ou plus, je dirais, plus élevée dans l'échelle sociale le résultat sera très différent C
'est pour
ça qu'on a choisi
d'intituler
cette émission ce soir le pari il y a un pari politique derrière ce choix il y
a
un pari audacieux on l'a vu qui divise la droite est-ce que ça peut faire exploser la droite ? On a vu Eric Wörth qui est en général plutôt bon camarade qui monte au créneau pour dire alors là franchement ça ne
va
pas être possible Gérard Larcher qui a incarné cette droite humaniste assez ouverte qui se dit ça ne me ressemble pas est-ce que ça peut faire exploser la droite ? Oui,
alors
ça dépend un peu de François-Xavier Bélanui c'est idiot ce que je dis mais c'est vrai parce que si vous lisez son livre qui est Demeuré qui est intéressant parce qu'il a sorti ce livre Demeuré à la rentrée qui est une réponse vraiment à une espèce de miroir à En Marche de Macron donc voilà, c'est Demeuré c'est pas tellement un livre sur les valeurs sociétales conservatrices, catholiques, etc. c'est plutôt un livre qui permet à une droite conservatrice d'avoir là encore une armature
intellectuelle Mais qu'est-ce qu'il dit ? C'est quoi son logiciel à François-Xavier Bélanui ? C'est un livre qui
explique que peut-être que la solution elle n
'est
pas dans une mondialisation à outrance dans une ouverture à outrance au libéralisme mais plutôt dans un retour au terroir, aux racines à la proximité, au territoire et d'ailleurs il y
a
aussi toute une défense de l'écologie ce qui est assez drôle donc moi je... peut-être ne le mettons pas trop vite dans le couloir manif pour tous parce que peut-être que finalement il nous étonnera et c'est sans doute ça le pari
de Laurent Wauquiez Mais vous savez quoi ? Vous
avez raison d'insister sur le fond c'est quand même au-delà du fait d'être peut-être un produit médiatique la preuve on en parle et un choix hors cadre c'est aussi un penseur, c
'est
un intellectuel, un philosophe et c'est très compliqué de mettre des mots simples derrière ce qu'il défend Est
-ce que vous arrivez les uns et les autres à dire que c'est quoi
la pensée de François-Xavier Pellet ? Vous dites c'est l'opposé d'En Marche,
d
'accord ?
Il
faut demeurer Il me semble déjà que
ce
qui est compliqué c'est que c'est un prof de philo On a vu les séances qu'il fait au théâtre il ne parle pas de ses convictions à lui il explique des pensées philosophiques donc voilà, c'est ça qui est un peu compliqué Ensuite par rapport à demeurer effectivement lui c'est un peu on va dire, c
'est
l'idée de dire que le progressisme n'est pas forcément l'avenir de l'homme et qu'on peut avoir des solutions en revenant sur des traditions et sur un meilleur ancrage dans le local donc c'est à la fois assez anti-mondialiste anti-européen de ce point de vue-là et pour dire qu'il
y a
des limites et que ces limites il ne
faut
pas forcément les dépasser
Le progrès, la technologie, etc. La bioéthique, etc. Ça
peut
avoir
un véritable écho puisque c'est des problématiques auxquelles un certain nombre de Français sont sensibles en revanche, où c'est plus audacieux ce qu'a montré quand même le mouvement des Gilets jaunes c'est de véritables préoccupations concernant l'emploi, le pouvoir d'achat des préoccupations économiques
et sociales
concrètes et ça ce sont des champs sur lesquels on ne l'a absolument jamais entendu qui
n'incarne
pas lui
-même
en tant en effet que Versaillais comme le rappelait Claude Veil qui a fait toutes les Henri IV, les classes prépa, normal sup le gendre parfait de Versailles propre sur lui, cette droite laudaine donc non seulement il n'incarne pas les ronds-points mais en plus sont complètement absents de son discours des
préoccupations
économiques et sociales donc ça,
ça
pourrait être un point faible
Il y
a un aspect, ça a été dit, un aspect très important dans sa conception du monde et sa philosophie qui est plus effectivement, comme vous l'avez dit c'est important, l'opposition a une adhésion systématique au progrès c'est clairement ça son opposition à Macron c'est le progressisme de Macron le conservatisme de son côté et il est vrai que ça rencontre dans une partie de l'opinion une forme d'adhésion spontanée même qui n'a pas besoin d'être élaborée philosophiquement une espèce de peur, d'angoisse devant les changements incessants, préoccupants qui donne même le vertige à certains d'entre nous donc il
y
a un thème là qui est quelque chose Vous
pensez par exemple au progrès technologique on ne parle pas là du coup du modèle familial par exemple
Tout est mêlé parce que vous savez
tout est mêlé parce que nous avons maintenant et nous savons, nous avons la possibilité d'aller vers une société et c'est en train de se faire qui pourra, on appelle ça le children design qui pourra designer les enfants avant leur naissance en agissant sur l'édition du génome et donc on peut avoir des enfants sans humains on peut avoir des utérus artificiels ça se met en place aujourd'hui ce sont des mouvements qui ont lieu qui sont à la fois passionnants et très impressionnants aussi et donc ça crée une espèce de presque un haut le cœur ou une interrogation on se dit mais qu'est-ce que c'est que ce monde dans lequel nous allons laisser nos enfants et il y a là une inquiétude qui est très peu traitée par les politiques sinon une forme de désarroi devant la complexité des choses il peut porter ça je dirais d'une certaine manière ça ne sera pas la grande question des européennes je ne crois pas maintenant sur la question économique et sociale c'est vrai qu'il en parlera probablement pas très bien ou c'est pas tout à fait son affaire mais en même temps je ne suis pas certain en réalité que ce soit le thème des européennes cette question du chômage et de la croissance ça serait
quoi
? je
crois que ça va être plutôt un débat autour de la nation et de la culture de l'identité et de ce qu'on peut céder ou pas à l'Europe bon c'est un terrain qui sera bon pour le Front National enfin le Rassemblement National probablement mais qui ne sera pas nécessairement mauvais pour lui
si on
se référait aux catégories puisqu'on est dans la sphère intellectuelle aux catégories de René Raymond des trois droites légitimistes, orléanistes, bonapartistes on est clairement dans la filiation du légitimisme y compris donc le respect à la tradition à la nature ce qui est très important à la famille, aux valeurs traditionnelles et une certaine méfiance une évidente méfiance à l'égard du marché qui fait partie de cette tradition de la droite des valeurs et c'est là qu'il a un positionnement original c
'est la droite de cet ému avant
?
c'est en partie la droite c'est la droite en tout cas qui n'est pas dans le... il aime beaucoup Finkielkraut il y a une grande défiance envers la modernité l'idéologie de modernisme ce n'est pas du tout son truc
pour reprendre votre terminologie c'est exactement ça c'est une version plus chic et plus élaborée du c'était mieux avant donc une crainte du progrès de l'économie de marché en ce sens-là ils ne représentent absolument pas évidemment l'aile libérale qui est très présente à droite celle qui est partisante des réformes qui pensent qu'il faut avoir confiance en l'avenir, aux entreprises mais
que vont faire ceux qui restent ? il y a des chances d'inverse
par exemple qu'on a vu tout à l'heure
justement que vont faire
ces personnels politiques de droite qu'on a du mal à ranger dans cette catégorie-là et il en reste quelques-uns qui sont un peu dedans et dehors alors même si Alain Juppé n
'a
pas renouvelé sa cotisation il y
a
encore cette droite-là est-ce qu'ils vont claquer la porte ? ou est
-ce qu'ils vont enjamber
les européennes en se disant bon c
'est pas forcément notre scrutin ?
d'abord il y en a déjà beaucoup qui ont claqué la porte et puis on ne claque pas la porte sur des européennes parce
que pour les
uns comme pour les autres maintenant la ligne de mire c'est l'élection présidentielle c'est qui pourrait incarner la droite à l'élection présidentielle et que ce soit les partisans d'Alain Wauquiez ou ses opposants c'est vraiment ça qu'ils ont en ligne de mire donc il est fort probable que les opposants ou ceux qui ont des réserves quant à la tête de liste se mettent en retrait et regardent le train passer ce qui est compliqué c'est qu'il y a quelques années on parlait de Christine Boutin et c'était une frange très minoritaire dans la droite elle était souvent d'ailleurs caricaturée aujourd'hui se revendiquer assumer des convictions comme celle qu'il a assumée sur l'IVG en disant qu'il était con je crois que le mot qu'il utilise il dit c'est un drame
ça
a l'air de ne pas susciter d'émotions dans une partie de la droite alors qu'à l'époque Christine Boutin était vraiment considérée comme étant j'allais dire portion congrue dans cette partie de la droite vous comprenez ce que je
veux dire là il est censé rassembler il n'était pas homme politique
encore quand il a dit ça c
'est
toute la différence c'est que Christine Boutin quand elle s'exprimait sur ces questions-là qui sont des questions très sensibles de l'IVG du mariage pour tous qui vraiment fracture la droite la société mais la droite elle était représentante politique lui quand il dit l'avortement est un drame à titre personnel il n'est pas encore homme politique là maintenant en tant que tête de liste oui il va se retrouver d'ailleurs ça sera très intéressant de voir comment il se débrouille parce que l'exercice du stand
-up
c'est quelque chose mais de se retrouver face en débat avec les autres têtes de liste je parle même pas des meetings mais avec les autres têtes de liste et d'échanger de se faire contredire là il aura une parole en
tant que
responsable politique ou en tant que futur responsable politique et ça sera ses propos risquent de ne pas être perçus tout à fait de la même façon est-ce qu'il
n'y
a pas une forme d'hypocrisie pardonnez-moi de dire ce sont mes convictions personnelles est-ce que c'est possible dans le débat politique aujourd
'hui c'est un peu
le problème de la France c'est-à-dire que dès que vous avez des convictions notamment des convictions catholiques parce qu'on est dans un pays laïque c'est pas très bien vu je pense qu'en Allemagne ça ne pose aucun problème vous avez Angela Merkel qui vient parler de la Bible ouvertement en Italie non plus donc c'est là qu'en France il y
a
un problème et Christine Boutin a effectivement sans doute contribué à caricaturer cette vision mais je pense que de dire que l'avortement est un drame ça ne me paraît pas être anti-républicain je pense que c'est vrai l'avortement est un drame après ça ne veut pas dire qu'on est contre la loi Veil
évidemment
mais l'avortement ce n
'est
pas quelque chose qu'on fait en souriant donc voilà qu'il ait des convictions que ces convictions soient religieuses c'est vrai que ça ça brouille un peu le paysage politique français qui est très laïque et qui a horreur qu'on parle de ces convictions ceci dit dans Demeurer par exemple dans son livre c'est
assez
intéressant il n'y a pas une seule fois de marquer ces convictions religieuses c'est à dire qu'il se place d'un point de vue philosophique c'est ça qu'il va essayer de tenir est-ce qu'il
va y arriver
est-ce qu'il va arriver à ne pas se laisser caricaturer dans le bon catholique versaillais ce qui
est compliqué
c
'est
que ça intervient dans un moment et on va y venir dans un instant où l'IVG est contesté dans d'autres pays
européens
et il y a un climat comme on dit qui fait que naturellement ses propos ont été très très relayés
lui-même prend toujours soin de bien préciser en effet ce qui relève de son engagement politique de sa conviction personnelle et de rendre les hommages qui sont dus en France à la laïcité il se présente lui-même comme un partisan de la laïcité il ne
faut
pas oublier que ce mouvement en sens commun manif pour tous a été extrêmement libératoire pour une partie de la droite française qui ayant perdu toutes les batailles culturelles depuis la seconde guerre mondiale avait le sentiment en France de ne pas avoir le droit de s'exprimer ça a été une espèce de mai 68 de la droite tradie ce mouvement-là il ne faut pas l'oublier et d'une certaine façon François-Xavier Bellamy vient un peu d'ailleurs il ne
faut
pas oublier que cette droite qui n'est peut-être pas numériquement écrasante en France
elle
a un poids politique important parce qu'elle est très engagée ce sont eux qui ont sauvé la candidature Fillon ceux qui sont allés sur la place devant le autre cadéro pour sauver la candidature Fillon c'était en gros cette France-là
Vous
vouliez dire un mot ? Et qui l'ont désigné à la tête de l'UMP C'est ça Ce sont aussi Non,
je
voulais marquer mon étonnement parce qu'on ne peut pas considérer que le fait d'avoir des convictions est difficile à supporter en public Je pense Non,
c'est pour ça il faudrait
qu'il les assume Non,
ce qui est intéressant c'est qu'on ait des difficultés à voir une personne assumer en public des convictions religieuses catholiques C'est asymétrique c'est pas quelque chose qui est tout à fait symétrique Donc il y a un procès qui est fait de manière assez spécifique aux convictions catholiques quand elles sont portées Donc c'est un problème qu'a la France avec son catholicisme assez curieusement Et c'est aussi ce que ressentent les français catholiques C'est sans doute aussi une explication de leur polarisation parce qu'ils se sentent au fond un peu exilés dans leur
propre pays Mais c'est pas lié à une
tradition ce que vous disiez une tradition laïque
Un président de la république qui
va se signer c'est inconcevable Vous voyez ce que je veux dire Il y a quand même des... Ça s'est fait Mais c'est
à
chaque
fois des polémiques C
'est à chaque fois
des polémiques
Là vous aurez sur les réseaux sociaux vous aurez des tas de réactions sur l'asymétrie de la laïcité de nos représentants
Alors parlons d'un autre mouvement Un mouvement de fond porté par les partis populistes au pouvoir en Europe Une ligne catholique très conservatrice qui gagne du terrain en Hongrie en Pologne mais aussi en Italie où le ministre de la Famille ouvertement anti-IVG et homophobe multiplie les déclarations fracassantes Barbara Aztec et Nicolas
Baudridasson
Matteo Salvini en Pologne début janvier
A
l'approche des élections européennes le leader de la Ligue italienne cherche des alliés
Il
affiche sa complicité avec Varsovie et courtise la droite populiste au pouvoir dans l'espoir de créer un nouveau bloc en Europe
Alors
que
l'Europe s'est habituée pendant des années à parler de l'axe franco-allemand nous nous préparons à avoir un nouvel équilibre et une nouvelle énergie en Europe la Pologne et l'Italie seront à coup sûr les protagonistes de ce nouveau printemps européen de cette renaissance des vraies valeurs européennes avec moins de finances moins de bureaucratie et plus de travail plus de famille
plus
de famille
et plus globalement la renaissance des vraies valeurs
un
discours et des mots qui résonnent dans une Pologne catholique traditionnelle aux mains des ultra conservateurs du parti droit et justice depuis 2015
un
pouvoir qui assume pleinement une politique anti-IVG
en
Pologne l'avortement n'est autorisé qu'en cas de viol d'inceste de danger pour la mère ou le fœtus
nous sommes pour l'interdiction totale de
l'avortement l'avortement et le meurtre d'un enfant innocent
le
pouvoir en place tente régulièrement de restreindre l'accès à l'avortement poussant à chaque fois des milliers de femmes dans la rue
en
Italie aussi les femmes manifestent pour défendre le droit à l'avortement le sujet reste controversé dans un pays où le poids de l'église catholique pèse lourdement sur les débats
nous sommes très en colère beaucoup de femmes le sont en particulier les femmes qui se sont battues dans les années 60 et 70 pour une loi qui leur donne l'accès à un avortement autonome libre et garantie
au pouvoir
le ministre d'extrême droite de la famille Lorenzo Fontana ne cache pas ses positions ouvertement anti-IVG et son opposition au mariage homosexuel voté en 2016
en Italie les
familles arc-en-ciel n'existent pas dans la loi italienne
cette
phrase prononcée au soir de son investiture n'a pas tardé à créer la polémique au sein de la coalition des deux partis populistes au pouvoir
ces
questions sociétales ne faisant pas partie de leur programme politique commun
de
Budapest Victor Orban chanteur de la théorie illibérale voit d'un très bon oeil le rapprochement entre la Pologne et l'Italie
l
'axe polono
-italien
ou Varsovie-Rome est l'un des plus grands développements pour commencer l
'année
j'ai
de grands
espoirs
nous qui sommes anti-libéraux il est écrit dans
notre
constitution que le mariage est
entre
un homme et une femme
un
discours qui séduit ces Hongrois prêts à descendre dans la rue pour soutenir leur premier ministre dans son pays Victor Orban impose un programme conservateur qui incite les femmes à rester au foyer et faire des enfants
ce
gouvernement soutient les Hongrois en les aidant à fonder une famille
et
il essaye de faire des choses dans ce pays et je pense que c'est bien
à
quatre mois des élections européennes Rome Varsovie Budapest s'observent chacune déterminée à changer la donne
européenne
et
nous reprenons avec cette question Laurent Wauquiez dirige LR vers un conservatisme catholique Marion Maréchal à une école de futur cadre conservateur catholique à quand l'union des deux
? je
ne
suis
pas
sûr lui il s'en défend absolument il a écarté plusieurs fois toute idée
le
problème c'est que
l
'expérience démontre
je
peux vous retrouver aussi les déclarations de monsieur Mariani disant que jamais il n'irait au Front National c
'est
au Rassemblement National qu'il est
non
mais c'est surtout que si la droite traditionnelle s'allie avec le Front National la droite traditionnelle sait qu'elle se met
dans les mains du
Front National et qu'elle se fait manger donc je pense que ce n
'est
pas d'actualité dans les esprits il peut y avoir quelques personnes qui isolément pensent avoir
un
destin personnel au sein du Rassemblement National ou de cette nébuleuse là mais oui la droite classique c'est très bien le risque qu'elle a à perdre mais
ça veut dire qu'il
joue la même partition
ce
qu'elle veut faire Marion Maréchal Le Pen avec cette école de futur cadre conservateur catholique elle est là dès le début assumer cette ligne là d'ailleurs en rupture parfois avec sa tante Marine
Le Pen elle n'occupe pas
un terrain qui a délaissé
sa tante bien
sûr c
'est une ligne libérale conservatrice effectivement et d'ailleurs elle a eu une sorte d'intuition sur un mouvement qui pouvait avoir lieu aussi en France qui avait déjà lieu en Europe et aussi aux Etats-Unis mais ça commence peut-être maintenant à aller plus vite qu'elle comme si elle n'avait pas le temps de mettre en place son organisme elle commence par une école donc on n
'est
pas arrivé au parti encore
c'est bon
et bien ça va peut-être aller beaucoup plus vite que cela parce que c'est un mouvement qui sans doute représente quelque chose en Europe mais
pourquoi ?
c'est quoi le point de départ
?
ce problème là ?
oui en tout cas ce qu'on a appelé une vague de conservateurs alors chacun choisira les mots populiste catholique traditionnaliste vous
avez
c
'est très lié là vous avez mis je trouve l'accent sur un point absolument clé qui est la question de l'avortement la question démographique qui va apporter la question de l'immigration tout ça c'est un paquet c'est très lié à une donnée première qu'il faut avoir à l'esprit depuis 2015 en Europe
pour
la première fois depuis très longtemps et pour toujours maintenant il y a plus de décès chaque année qu'il y a de naissances
nous
avons ce qu'on appelle un solde naturel négatif et ça ne s'arrangera plus alors si le spectateur se dit mais pourquoi je ne
vois
pas pourquoi juste dire l'explication
une
naissance sur deux étant une fille il faudrait que les filles qui naissent
qui
seront beaucoup moins nombreuses puisqu'il
y a
moins de naissances est un taux de fécondité qu'on ne trouve plus dans le monde pour arriver à rattraper ce retard donc nous avons là
simplement
les sociétés qui vivent cela et qui l'ont voulu on a tous voulu ça individuellement parce que c'est un résultat collectif n'avaient pas bien sûr pensé ni vu les conséquences il y avait une phase un peu d'affolement là-dessus et le thème du dépeuplement le thème de la fin de la population européenne qui est un thème très puissant
de quelle population européenne ?
la population européenne ? d'abord la population européenne voilà
disons
les choses
la première étape c'est la population européenne qui devient de moins en moins nombreuse et c'est un phénomène qui est en soi très préoccupant et une forme d'anxiété qui est partagée ensuite évidemment et c'est là que l'immigration entre en jeu une population qui se recompose une recomposition que moi je qualifie d'ethno-culturelle qui donne dans des versions plus polémiques l'idée du grand remplacement comme s'il y avait un plan
ça
c'est Marine Lefin une
partie de l'extrême droite mais sans
évoquer un plan il y a un phénomène objectif qui existe de poids croissant de populations d'origine immigrée plutôt musulmanes dans une société européenne qui voit avec une espèce des fois pour une partie de la société s'effacer faiblir, disparaître
très bien alors ce que j'arrive pas à
comprendre c'est que d'un coup pourquoi on se retrouve avec l'IVG ? Pourquoi on se retrouve avec une bataille parfois très virulente dans certains pays contre l'IVG ? Parce que à mon avis ce qui est intéressant c'est il y a eu un livre d'Olivier Roy qui vient de faire là-dessus sur l'Europe est-elle encore chrétienne c'est qu'il y a de la part des populistes par rapport à l'islam parce que c'est ça qu'il
y a
derrière c'est un discours anti-islam islamophobe etc donc ils vont aller recourir aux racines chrétiennes de façon à les opposer à cet islam mais ces populistes là là où il y a un énorme piège me semble-t-il pour le christianisme européen c'est que ces populistes là n'ont rien de chrétien Orban il va jamais à la messe Salvini non plus de même en Allemagne ils instrumentalisent ils veulent qu
'on
remette les crucifix ils reprennent la bataille de l'avortement parce que c'est une manière de faire régner effectivement un conservatisme familial et donc là il y
a
un enjeu assez important en tout cas pour l'église c'est que Salvini par exemple qui n'arrête pas de parler de Noël des références chrétiennes etc la seule opposition aujourd'hui construite en Italie c'est l'église ce sont les évêques qui s'opposent à ces mesures anti-immigration qui essayent de faire une opposition et le pape aussi donc voilà il y a
une tentative sur le ministre
sur
le ministre
qu'on a entendu tout à l'heure en fait le problème de l'église aujourd'hui c'est qu'elle se trouve effectivement dans un débat contre la politique migratoire en revanche effectivement du point de vue familial et social je suis dit que c'est comme en France l'église italienne elle a accepté la loi sur l'avortement elle ne
veut
pas revenir en arrière par contre elle continue à dire que l'avortement n'est pas bien voilà c'est la différence
et à reconnaître qu'un
type de famille traditionnelle ce que dit notamment ce
ministre ça je
ne suis pas d'accord avec ça parce que notamment le pape il y
a
quand même tout un effort de l'église catholique aujourd'hui pour dire qu'il n
'y
a pas une famille mais des familles etc ce
que vous voulez nous expliquer c'est que ce n'est pas un
mouvement décatholique cette vague de
conservatisme c'est une
instrumentalisation la meilleure preuve en Allemagne l'AFD a essayé de remettre les crucifix en Bavière il y a eu tout un mouvement en disant c
'est l'extrême droite l
'extrême droite allemande celui qui s'y opposait c
'est
l'archevêque de Munich Mgr Marx c'est un
nom bien nommé qui a dit
qui refusait que la croix serve comme ça à un combat identitaire ou anti-islam et anti-immigration donc effectivement il y a une tentative aujourd'hui de prendre des symboles religieux de se mettre sur le plan du grand remplacement christianisme versus islam voilà ensuite est-ce que l'église
va rentrer là-dedans et ça marche
électoralement
je veux dire
oui c'est ce qui marche électoralement c'est la force politique qui progresse le plus fortement en Europe indiscutablement depuis le milieu des années 90 donc on a quand même maintenant un long terrain d'observation il y a un populisme de gauche il est à la peine il y a un populisme de droite c'est celui-là et celui-là spécifiquement et ça marche mais attention ça marche parce que dans la population il y avait une attente de prise en charge politique de ces questions et les grands partis qui étaient présents ne les ont pas pris en charge ces sujets-là n'ont pas proposé de discours d'explication etc et les populistes qui étaient en général des partis qui soit n'existaient pas soit étaient des partis d'extrême droite microscopique végétant au bord de la disparition se sont refait une santé et même ont prospéré comme on le voit aujourd'hui en prenant en charge de manière monopolistique ce sont les seuls à en parler quasiment de manière systématique ces thèmes-là et c'est à la fois bien sûr anti-islam mais il n
'y a
pas que ça parce que quand vous écoutez l'Italie l'Espagne l'Espagne l'Espagne aussi la Hongrie avec Vox oui la Hongrie qui a été citée la Pologne ce sont des pays très catholiques où on le fait c'est là qu'on fait le moins d'enfants ce sont des situations très préoccupantes on est devant des sujets démographiques qui sont réellement des sujets extrêmement préoccupants ce qui fait que il y
a
la question de l'islam mais il y
a
aussi la question du renouvellement des générations pas du tout assurées c'est deux pour renouveler une génération on a 1,4 1,5 en Europe et 1,2 en Hongrie par exemple donc c'est vraiment c'est une ça
veut dire quoi ? ça veut dire qu'en gros
c'est pour ça qu'on est opposé à l'avortement et c'est pour ça qu'on
défend la
famille c'est pour ça qu'on est opposé à l'avortement c'est pour ça qu'on a un modèle outre l'islam il y a un modèle très traditionnel de la société en imaginant que ça va reproduire les conséquences c'est à
dire des
naissances mais ça ne marche pas c
'est ce que dit Orban en Hongrie avec l'idée que les
femmes restent à la maison
mais ça ne marche pas et font
des enfants je crois quand même
rajouter à ça le contexte de crise économique c'est à
dire
qu
'on
se rend dans une période de prospérité de plein emploi où les pays européens se portent bien je pense que les populations aborderaient de façon
beaucoup plus détendue la
baisse de la démographie qui ne date pas d'aujourd'hui la baisse de la démographie et évidemment la vague de migrants donc c'est aussi et surtout parce qu'il y a énormément de difficultés économiques qu'il y a ce repli identitaire La
Pologne se porte très très bien sur le plan économique la Hongrie se porte bien et il n
'y
a pas de migrants
Je crois quand même qu'il faudrait
je parle sous le contrôle de Dominique qui est le grand spécial de ces questions je crois quand même qu
'il
faut se méfier des effets de globalisation même si le terreau est le même c'est à dire la grande inquiétude civilisationnelle de l'Europe blanche on va dire ça pour faire court les traductions c'est à dire les mouvements populistes dont Salvini par exemple est le prototype et les mouvements cathodradis même s'ils peuvent être alliés tactiquement comme c'est le cas en Pologne ou en Hongrie sont de nature différente intellectuellement ne s'adressent pas aux mêmes couches sociales et n'ont pas les mêmes projections politiques ça ça me paraît important on n'a pas une espèce de droite fédérative en réalité ce sont des mouvements qui d'une certaine façon sont même sur beaucoup de sujets très très
divergents très divergents
et ce dont on peut avoir d'ailleurs une toute petite illustration dans le contraste entre la tante Marine Le Pen et sa nièce
parce
que expliquez
-moi
le rapport au libéralisme le rapport aux valeurs traditionnelles Marine Le Pen par exemple n'a jamais épousé les combats de sa nièce sur
le mariage pour tous par exemple
ce qui est intéressant peut-être de dire pour aller dans votre sens c'est que l'avortement quand est-ce que l'avortement a été pénalisé en France 1870 après la défaite contre l'Allemagne parce que là la république française qui était en entretenue s'est dit on a perdu contre l'Allemagne parce qu'on n'avait pas assez de petits français et d'ailleurs l'église a embrayé à ce moment-là c'était d'abord un problème républicain donc c'est vrai qu'il y
a
sans doute un rapport c'est le lien que vous faites
avec les problèmes démographiques
et c'est un des arguments qui est utilisé par les défenseurs enfin ceux qui veulent revenir sur l'avortement en Italie l'argument démographique est utilisé en expliquant que l'Italie perd des
habitants
juste un rappel une comparaison si vous êtes si vous promenez en Pologne vous verrez le dimanche les églises sont comme celles les polonais vont à la messe ils ne font pas d'enfants
pas
du
tout
pas du tout du tout et donc il y
a
quelque chose là qui ne fonctionne plus mais c'est l'idée d'essayer de retrouver ce modèle antique
on
en revient aux européennes on n'est pas tellement éloigné d'ailleurs à croire que la politique est devenue une affaire de trentenaires au delà de François-Xavier Bellamy ce sont des jeunes des nouveaux visages qui incarneront les principaux partis pour les élections européennes Manon Aubry pour la France insoumise Yann Brossat pour les communistes ou encore Jordan Bardella tout juste 23 ans pour le Rassemblement National Myriam Zéard et Victoria Rouxel
c'est
chez eux dans leur pays d'origine que ces digrants doivent être relocalisés
Jordan Bardella 23 ans fait déjà sensation auprès des militants du Rassemblement National
le
jeune homme très à l'aise lance ce jour-là officiellement la campagne des
européennes
lui qui maîtrise parfaitement les fondamentaux du parti a été choisi comme tête de liste et a fait de son âge un atout
cette
jeunesse de France à laquelle j'appartiens elle a envie de lutter elle a envie de se battre pour son avenir
l
'avenir Marine Le Pen le voit justement avec ce candidat issu d'un milieu modeste
je
pense qu'il y
a
aussi ce besoin de renouveler ce besoin d'avoir des gens aussi qui connaissent les réalités du terrain moi j'ai grandi en banlieue j'ai grandi en Seine-Saint-Denis je suis élu d'un
département
difficile et donc je connais la réalité de ce que vivent les classes populaires et les classes moyennes au quotidien
la
Seine-Saint-Denis où il devient secrétaire départemental à seulement 19 ans puis conseiller régional propulsé aujourd'hui
à
un poste
que beaucoup au sein de sa famille politique lui jalousent Jordan Bardella sait faire preuve d'aplomb même en terrain glissant comme lorsqu'il s'en prend au traité d'Aix-la-Chapelle
ça fait maintenant des années qu'on signe des traités on nous a fait le même coup avec le pacte de Marrakech et on nous explique journaliste responsable politique de la République en marche que finalement ça ne sert à rien que ces traités n'engageront la France dans rien moi je crois que la signature de la France ça a son sens voilà et je crois que derrière ces traités il y a cette volonté aujourd'hui de transférer des pans en toujours plus important de notre souveraineté
un
nouveau visage la France insoumise en a fait aussi le pari
avec
Manon Aubry 29 ans choisie pour mener campagne
jusqu
'alors inconnue du grand public
j
'espère bénéficier de votre indulgence parce que je ne suis pas une professionnelle de la politique mais pour moi endosser ce nouveau rôle
semble
au contraire le meilleur moyen de concrétiser demain
Ex
porte-parole de l'ONG Oxfam experte de la lutte contre la fraude fiscale la jeune femme assure sa liste un soutien de poids
sa
propre mère insoumise elle aussi une figure de la société civile qui n'hésite pas à se montrer offensive pour se démarquer de ses concurrents le
rassemblement
national n'est pas pour l'augmentation du SMIC le rassemblement national n'est pas pour le partage des richesses ça fait partie des réindications qui sont au coeur du mouvement des gilets jeunes après la campagne vient tout juste de commencer s'agissant des européennes et moi j'ai envie de me battre avec mes tripes avec mes convictions pour dire que oui une alternative est possible oui le partage des richesses est possible
le partage des richesses une valeur que prône également le parti communiste et sa
tête de liste
Yann
Broussa
interviewé ce matin sur Europe 1 pour son autre
casquette
d'élu à la mairie de Paris
nous
avons eu 5000 personnes qui ont mis une petite annonce c'est un peu le Tinder du logement social
un
langage compris par les jeunes pour ce spécialiste du logement
qui
mise surtout sur un discours anti-austérité
à
38 ans il ne fait pas de son âge un argument de campagne
il
y a une soif de renouvellement de la vie politique après moi ma conviction c'est que le renouvellement ne peut pas passer que par là ce que nous proposons c'est de rompre avec les logiques d'austérité au fond les mots dont nous souffrons en France et en Europe ce sont les mêmes ce sont ces politiques d'austérité c'est la règle des 3% c'est la fameuse baisse des dépenses publiques qui fait qu'on sacrifie nos services publics donc tout ça doit changer et ce que disent les gilets jaunes c'est aussi leur colère face à des politiques qui sont des politiques libérales
les communistes doivent valider leur liste en fin de semaine selon une enquête ils ne seraient crédités que de 3% aux élections européennes
alors
ils sont jeunes mais sont-ils nouveaux
alors
ils sont nouveaux dans
le paysage dans leur
façon de
faire
ils sont nouveaux dans le paysage politique après quand on les écoute les uns et les autres si on fermait les yeux on ne pourrait pas forcément leur donner d'âge on a l'impression ils répètent le discours de leur formation politique des formations politiques qui les ont poussées à être tête de liste et ils ne prônent pas de nouvelles façons de faire de la politique donc je pense qu'il ne faut pas tomber dans le piège de l'âge il y
a
aussi un effet d'entraînement pour reprendre le débat sur les républicains ils avaient envisagé très fortement de placer Léonetti en
tête de liste Jean
Léonetti en tête de liste et qui aurait eu 72 ans au moment du scrutin et donc évidemment par rapport aux jeunes du rassemblement national il y avait un écart d'âge qui aurait pu être compliqué à gérer en termes d'image donc on a un effet d'entraînement où chacun met son jeune en se disant il n
'y a
pas beaucoup
de
risques parce que de toute façon les européennes sont un scrutin un peu des fouloirs qui n'a pas vraiment d'impact sur la vie quotidienne des français donc on peut prendre le risque d'envoyer des jeunes au casse-pipe peut-être que certains se débrouilleront très bien mais pas forcément d'autres mais ça ne sera pas si grave je pense
dans l'arrière-pensée des
partis ça veut dire qu'En Marche aussi va devoir sortir une figure nouvelle
ou au contraire ?
Pour le moment on n
'a
pas dégainé mais c'est vrai que tout le monde en effet sort son jeune c'est l'année des bisous pourquoi ? pour les raisons que vous avez dites et puis aussi pour les partis d'une certaine façon prennent les devants puisque les électeurs veulent des têtes nouvelles les partis ont décidé de pratiquer l'autodégagisme alors donc on promeut des gens y compris des gens qui n'avaient même pas la carte Manon Aubry n'était pas membre de la France insoumise avant de devenir tête de liste insoumise aux élections européennes mais il
y
a un autre aspect c'est que c'est aussi le désert français c'est à dire que les ténors de la classe politique ne veulent pas aller au Parlement européen parce que c'est plus une voie de garage qu'un tremplin pour la vie politique française
Certains veulent y aller ils sont plus loin sur la liste ceux
qui
ont l'expérience
notamment la vue chez les républicains
et ça pose un problème pour ce que sera le poids de la France dans cette élection dans cette assemblée européenne c'est que ça manque terriblement de personnalité de premier plan et il y avait de tout temps une défiance envers les hommes politiques français n'aiment pas le Parlement européen et d'ailleurs le Parlement européen leur rend bien les français n'ont pas une voix très entendue mais il y a aussi
un
autre aspect que j'ai oublié
mais en tout cas on a retenu ce que vous avez dit mais vous n
'avez
pas répondu à ma question sur que va faire En Marche est-ce que désormais quand on voit le casting de tous les partis jusqu'à présent qui ont dégainé leur tête de liste on a l'impression qu'au-delà de 40 ans c'est cuit quoi est-ce que En Marche peut prendre le pli opposé et se dire bon on va faire le pari de l'expérience
ils n'ont pas de sortant donc
ils ne peuvent pas
jouer sur
la continuité
non
et puis c'est quand même de l'expérience européenne pour le coup En Marche est sans doute le parti le plus pro-européen donc il va bien falloir qu
'il
sorte quelqu'un qui connaît l'Europe moi ce qui me paraît quand même assez incroyable c'est qu'on a là des gens dont la principale qualité c'est de ne pas être politique c'est comme si vous faisiez un spectacle de danse avec des gens qui disent écoutez formidable moi je ne sais pas danser voilà donc finalement on en est venu au point de défiance vis-à-vis de la politique des français que c'est un argument que de ne pas être politicien ça
a été un des succès
des partis populistes
que parfois on en a une
référence avec la danse c'est pour ça que je ne reprenais pas la métaphore c'est qu'en politique la compétence
je
vous ai donné par les électeurs et vous pouvez dans la minute qui suit devenir compétent parce que vous êtes élu et légitime alors que vous ne l'étiez pas avant c'est aussi d'ailleurs toute la puissance du vote qui peut faire de vous un élu légitime la difficulté c'est aussi que ces listes constituent alors ça a été dit c'est beaucoup d'élus un peu expérimentés n'ont pas voulu prendre le risque aussi de leur propre défaite de leur mauvais score mais c'est quand même un enjeu important pour les partis parce que c'est beaucoup d'argent ensuite c'est beaucoup de pouvoir qui vous vient du parlement européen on ne le sait pas assez mais c'est bien normal le parlement européen met à la disposition des groupes et des eurodéputés des assistants des secrétariats de l'argent pour travailler des moyens de transport enfin c'est des moyens pour ensuite faire campagne y compris au plan national donc c'est pas un peu aussi anecdotique et évidemment comme c'est entre maintenant et la présidentielle ce sera aussi vu à cet au-delà et
nous revenons maintenant non non non nous revenons
à vos questions
puisque
vous voulez la parole vous aurez la première question Bélami a-t-il aussi des idées sur l'Europe ?
on a peu entendu sur le sujet en réalité
c
'est pas
tellement
c'est dommage
j
'imagine qu'il portera les problématiques qu'on définit son parti et Laurent Wauquiez qui d'ailleurs a opéré plutôt un recentrage sur la question européenne il est aujourd'hui moins critique de l'Europe que dans le livre qu'il avait publié il y a deux ans sur le sujet mais évidemment il sera le porteur de son propre parti non la remarque que je voulais faire c'est que le renouvellement qui va être spectaculaire est dû aussi à l'extrême sévérité du non-cumul des mandats qui fait que beaucoup d'hommes politiques qui ont un mandat en France n'ont aucune envie d'aller faire de la politique européenne
vous aviez dit un mot tout à l'heure sur l'Europe il semblait y avoir un paradoxe oui parce que c'est vrai que l'Europe a été fondée par des chrétiens donc on a souvent parlé de l'international chrétienne européenne bon alors c'est plus tout à fait vrai mais il ne faut pas oublier que Laurent Wauquiez s'était présenté au départ comme héritier de Jacques Barrault qui était un grand européen centriste et puis il
a
fait
un espèce de tête à queue oui c'est
ça il a fait un tête à queue il ressemble refaire effectivement se rapprocher de positions plus européennes donc finalement il est
semblable à cette droite mais juste pour résumer François-Xavier Bellamy puisqu'on a beaucoup parlé ce soir
il est plutôt pro-européen il est plutôt souverainiste je pense qu'il
n'a pas
beaucoup d'idées moi je l'ai interviewé j'ai trouvé que sur l'Europe il va falloir qu'il apprenne on va dire que globalement il est plutôt souverainiste il veut que les décisions soient prises au plus près de là où elles sont ressenties donc plutôt pour une subsidiarité mais au-delà pour l'instant en tout cas
son discours n'est pas fort
regardez cette
question
qu'a à dire Bellamy sur la concurrence des salariés au sein de l'Europe et sur l'uniformisation des salaires vers le bas il faudra lui poser la question on va attendre
qu'il entre vraiment en
campagne le candidat de la droite est de droite ou est le scandale
?
ah non il n'y a aucun scandale il incarne simplement une
seule partie
de la droite une sorte de droite et en effet le risque et on a déjà entendu des voix divergentes c'est que l'ensemble de la droite ne se sent pas représenté par ce candidat après à savoir ce qu'il va défendre sur le plan européen je pense qu'il va s'aligner sur la plateforme programmatique des républicains qui dit quoi ?
sachant que c'est un scrutin qui est toujours très compliqué les européennes pour cette famille de la droite qui est profondément divisée entre des euros sceptiques qui sont en retrait on a connu des époques où il y avait deux listes de droite qui s'affrontaient et après l'UMP a fait un virage plus pro-européen mais il reste cette ambiguïté et donc toute la difficulté du candidat ça va être d'incarner cette ambiguïté et de pouvoir faire le rassemblement des euros sceptiques et des pro-européens
mais la
ligne elle est claire là désormais si vous deviez résumer la ligne du parti les républicains pour les européennes qui ont lieu en mai c'est un oui mais on
va
dire c'est un oui mais on est sur
une ligne oui mais mais une Europe
différente oui oui à l'Europe mais avec des aménagements avec un peu plus
de protection
on
reste dans le
oui encore ça va être la ligne un peu de tout le monde le oui mais c'est ça le problème difficile y
compris Macron François-Xavier Bellamy n'est-il pas tout simplement un réactionnaire ?
il est conservateur c
'est mieux que réactionnaire ?
c'est différent je pense que c'est un
peu différent c
'est un vrai conservateur au sens philosophique du terme il y a toute une tradition philosophique conservatrice qui pense intellectuellement qu'il faut s'inspirer de ce qui a été validé par les générations précédentes et qu'il faut résister à des changements qu'on pourrait ne pas souhaiter ou dont on pourrait regretter les conséquences le réactionnaire c'est celui qui veut vraiment qui travaille à restaurer un ordre ancien disparu c'est pas du tout ce qu'il écrit donc c'est vraiment un conservateur c'est même une figure presque parfaite d'un conservatisme qui en politique avait complètement disparu en particulier mais ça a déjà été dit parmi ces générations-là
M.
Bellamy
sur la femme je ne
suis
pas du tout certaine
par exemple
on peut être catholique et favorable à l'IVG je pense qu'on peut être catholique et favorable à la dépénalisation de l'IVG c'est-à-dire de dit favorable à la loi Veil si vous voulez puisque d'ailleurs les députés catholiques avaient voté la loi Veil et aujourd'hui la plupart des catholiques ne voudraient surtout pas qu'on retourne en arrière après on peut dire d'un point de vue personnel mais c'est un point de vue personnel autant tout éviter après il y
a
aussi tout un courant aujourd'hui dans le catholicisme qui dit on en est resté à 260 000 à peu près avortement par an en France et c'est trop essayons de faire que ce soit moins important et on rappelle que le pape avait dit que c'était comme avoir recours à un tueur à gage oui oui une discussion totalement stupide voilà pourquoi les cathos seraient-ils tous conservateurs c'est dur d'abandonner les clichés disons que les catholiques votent plutôt à droite majoritairement ne serait-ce que parce qu'ils sont généralement plus âgés et de catégories sociales professionnelles en France plutôt élevées donc c'est traditionnellement un électorat qui est plutôt sur la droite après il y a une partie de ces centristes catholiques qui ont déjà d'ailleurs pour une partie quitté le giron des républicains qui se sont rapprochés d'Emmanuel Macron en tout cas qui ne se reconnaîtront pas forcément donc je pense qu'on peut être catholique et ne pas forcément se reconnaître
dans la tête de
liste des républicains que disent les femmes du parti les républicains
on
a entendu tout à l'heure Rachida Dati oui Rachida Dati et Nadine
Morano qui sont
très contents d'avoir été reconduites et de pouvoir obtenir à
nouveau
leur siège je pense que c'était c'était leur but et c'était le sens de toutes les discussions avec Laurent Wauquiez depuis plusieurs mois mais ce que suggère cette question c'est est-ce qu'il pourrait y avoir un risque électoral justement avec un choix comme celui-ci en direction d
'électorat féminin tout dépend de la tête de
liste Macron si c'est une femme effectivement jeune, moderne et puis Macron est quand même pas non plus totalement à gauche
là
il y
a
un vrai risque
puisque
Macron fait très bien le job de la droite quelle place peuvent occuper les républicains ?
c'est le
sujet ça c'est le
problème stratégique de Laurent Wauquiez depuis l'élection d'Emmanuel Macron et la formation d'un gouvernement qui penche à droite et qui gouverne en s'appuyant sur des ministères économiques à droite
c
'est comment dégager un espace politique pour la droite républicaine entre le Front National qui attire à lui une partie des couches populaires sur un discours de défense nationale très radical et le parti de Macron qui attire à lui les CSP Plus et les couches prospères ou en ascension sociale et c'est la difficulté où il est et qui justement qui n'a pas pour le moment on voit les sondages pour autant
ne
les prenons pas pour des projections ou des pronostics mais des sondages actuellement situent aux alentours de 10% de la liste des républicains
pour les élections européennes
entre 10, 12 enfin j'en ai vu à 10
ce
qui est très très
bas par rapport à l'étiage de la droite de la droite de gouvernement française
alors justement pour ça il y
aurait
peut-être besoin de voix on n'entend plus que vos qui es que sont devenus les barons de la droite leur absence n'a-t-elle pas rendu la droite inaudible ils sont où les barons de la droite est-ce qu
'il
en reste ils sont partis ils sont ailleurs ou ils sont en position d'observateurs comme Valérie Pécresse qui monte son propre mouvement et qui attend de voir ce que tout ça adviendra ou Xavier Bertrand qui a choisi une autre stratégie ou Christian Estrosi d'ancrage régional et qui sont à la fois dehors encore un pied dedans mais dehors pour récupérer les morceaux cassés de la droite Bellamy est-il pour ou contre ce mariage pour tous
?
il
est contre
il l'a dit il a participé au mouvement de la manif pour tous
mais c'est pas là-dessus qui va
faire campagne pour les européennes
non mais
ça lui sera probablement rappelé
dans des débats mais
pourquoi
l'Euroroquet ne
présente-t-il pas lui-même ne se présente-t-il pas lui-même en tête de liste à ces européennes ? pourquoi il
n'y va pas ?
pour rebondir sur ce qu'avait dit Claude Veil c'est vrai que ce sont des mandats qui sont peu attractifs pour les politiques de premier plan qui préfèrent rester sur la scène nationale plutôt que s'exiler à Bruxelles où ils sont moins entendus et ils ont moins de poids
et
de toute façon c'est incompatible avec la présidence de la grande région Auvergne-Rhône-Alpes
merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h40 on se retrouve demain 17h50 pour un nouveau C'est dans l'air tout de suite c'est à vous belle soirée sur France 5
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