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interviewBFMTV· 21 mai 2025 15 min

Aide à mourir, présidentielle, Frères musulmans... la députée Sandrine Rousseau s'exprime sur BFM2

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à tous et merci de nous retrouver sur BFM2. La proposition de loi relative au droit, l'aide à à mourir est toujours examiné actuellement du côté de l'Assemblée nationale avec un vote qui est prévu désormais dans moins d'une semaine. Ce sera mardi prochain, le même jour que le vote prévu sur le texte portant sur les soins palliatifs.

On va revenir ensemble sur ces deux propositions de loi avec Sandrine Rousseau. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous. Euh je rappelle que vous êtes député du groupe écologiste et social de Paris, également secrétaire de la commission des affaires sociales.

Euh tout d'abord, vous qui êtes dans l'hémicycle, on a l'impression que ces échanges se passent plutôt bien jusqu'à présent. On redoutait hein, des débats parfois houleux. Quel est votre ressenti là-dessus ?

Oui, ce sont des débats qui alors des fois sont tendus quand même mais euh globalement se passe dans la le respect mutuel des des avis et des opinions. Et en fait, c'est très important parce que c'est un sujet qui mérite queon sorte d'une logique partisane et petite de petite politique pour aller euh vraiment vers le bien commun et vers le l'intérêt général. Et je trouve que l'hémicycle, les députés présents dans l'hémicycle sont à la hauteur de cet enjeu.

Ouais. Alors, il y a eu ces débats sur l'article 4 notamment qui se sont achevés hier avec une adoption hein par 164 voix contre 103 sur sur cet article qui fixe notamment les critères d'accessibilité hein à cette aide à mourir des critères qui ont été beaucoup débattu. Quel est votre point de vue désormais depuis que cet article est adopté ?

Bah, il a été adopté. C'est le jeu de la démocratie. Il n'est pas conforme à ce que moi j'aurais espéré complètement, mais euh il consacre quand même le le droit à avoir accès à une aide à mourir.

Après, moi, j'aurais préféré que euh on puisse par exemple ouvrir la possibilité à des personnes qui sont en fin de vie de demander à un soignant de faire le geste à leur place. J'aurais préféré qu'il y ait une exception de directive anticipée pour les personnes qui sont par exemple dans un coma euh irréversible. Enfin bon, des choses comme ça.

Donc il n'est pas tout à fait conforme à ce que moi j'espérais. Mais c'est c'est comme ça, c'est la démocratie en tous les cas et c'est une avancée par rapport au droits actuels. Dans ces critères, il y a la mention d'avoir un un pronostic vital en fin en phase avancée.

Ça c'était quelque chose que vous défendiez notamment en parlant des des personnes atteintes de la maladie de Charco. C'était quelque chose auquel vous tenez ? Oui.

Et il y a eu des débats pour savoir ce que ça voulait dire face avancer. la votre autorité de santé a proposé une définition qui a été acceptée par l'Assemblée nationale. Donc en fait, on a maintenant avoir dans les critère avoir une maladie en phase avancée ou terminale.

Et le terme avancé est défini par la haute autorité de santé. Donc voilà, c'est c'est en ça que l'hémicycle prend de la hauteur sur le sujet, c'est que quand ben l'Has par exemple nous propose une définition, nous l'intégrons dans la loi et euh voilà, c'est un travail délicat en fait et chaque mot a son importance, chaque phrase a son importance, chaque amendement est étudié avec beaucoup de minuci. Il faut savoir qu'on y passe très longtemps he on est de 9h à minuit tous les jours dans l'hémicycle pour voter tous les amendements et je dois dire qu'il y a aussi une présence dans l'hémicycle très importante des députés pour véritablement participer à ce débat.

Et à contrario, il y a un autre critère qui lui fait peut-être plus débat de votre côté. Être de nationalité française ou résider de façon stable et régulière en France. C'est ce qui est écrit dans cet article.

Euh vous vous expliquiez dans l'hémicycle que devoir brandir en quelque sorte une carte d'identité pour accéder à cette aide à mourir, c'est quand même très particulier. Oui, la France s'onore du fait que quelle que soit votre nationalité, quelle que soit votre situation économique ou enfin quelle que soit votre situation d'une manière générale, vous pouvez franchir la porte d'un hôpital, des urgences ou d'un hôpital et être soigné. En fait, c'est ça la force de la France.

C'est ça notre modèle français. Sauf que là, pour la première fois, on va regarder la carte d'identité pour offrir un droit à un acte médical. Et pour moi, c'est un peu une rupture par rapport à enfin c'est pas un peu, c'est une rupture par rapport au modèle social français qui se voulait universaliste, ouvert et dont les droits ne dépendaient pas des cotisations qui étaient financées.

C'estàd c'est pas quelque chose comme on peut le voir aux États-Unis où plus vous cotisez plus vous avez de droit en France. C'est ça notre honneur, c'est ça vraiment notre grandeur. C'est que quelle que soit votre situation, que vous soyez pauvre ou riche, et bien vous pouvez franchir la porte d'un hôpital et vous serez soigné de la même manière avec les mêmes la même qualité, les mêmes les mêmes matériels médicaux de pointe et cetera.

Et c'est ça notre force. Et là, qu'on demande une carte d'identité euh pour avoir accès à l'aide à mourir, c'est vraiment une rupture que je regrette parce que soit étranger ou qu'on soit français, on souffre de la même manière. les détracteurs qui disent que vous vouliez permettre cette aide à mourir pour n'importe qui.

Ce sont des critiques qui ont été vues de la part d'autres d'autres députés, d'autres bancs, d'autres bords politiques que vous. Qu'est-ce que vous leur répondez à ça ? C'est un raccourci ?

C'est une attaque personnelle basse ? Non, mais ça les députés notamment d'extrême droite sur les bandes de l'extrême droite ont toujours caricaturé tous les propos. Moi ça m'intéresse pas justement.

On est dans un débat qui est serein, intelligent et intelligible et je veux pas rentrer là-dedans. En tous les cas, la position que j'ai porté, elle est elle est claire. Je rappelle qu'elle est aussi euh issue d'un combat personnel et donc c'est quelque chose pour lequel je milite depuis maintenant 2013, c'est-à-dire ça fait 12 ans et euh et je trouve que la loi encore une fois ne me satisfait pas à 100 % mais est une avancée et je vais pas rentrer dans les polémiques organisées par le camp adverse parce que vraiment je trouve que c'est pas à la hauteur.

C'est vrai Sandrine Rousseau. Parfois dans vos prises de parole dans l'hémicycle, on vous sent quelquefois un peu ému. C'est peut-être un ressenti derrière la caméra, mais votre expérience personnelle vis-à-vis de votre mère vous touche ?

Oui, bien sûr. Après, je dis aussi que il y a des hommes qui sont émus, hein, parce que je voudrais pas qu'il y ait une une lecture sexiste de la chose. Donc oui, je suis ému.

Il y a des hommes qui sont émus. Je pense qu'on a on est tous confrontés à des histoires personnelles dans ce débat. Et oui, moi j'ai accompagné ma mère qui était atteinte d'un cancer. euh il se trouve qu'elle ne voulait pas entrer en soin palliatif et que donc elle s'est suicidée et en ma présence et c'est ça a été quelque chose d'évidemment très structurant dans ma vie voilà et et de très important dans ma construction aujourd'hui politique aujourd'hui.

Et donc voilà, je pense à elle évidemment quand je vote des amendements ou quand j'en rejette, mais je voudrais quand même dire que je suis pas enfin qu'il y a plein de gens qui ont eu euh euh voilà des moments de grande émotion parce qu'en fait on a tous eu des décès dans nos familles et on les a tous gérés comme on a pu et donc c'est aussi pour eux que nous nous battons aujourd'hui dans l'hémicycle. Sandrine Rousseau, vous avez d'ailleurs eu des paroles assez touchantes, en tout cas rapportant que d'avoir ce droit à l'aide à mourir peut créer un espoir pour tenir pour certains malades face à une maladie, hein. C'est ce que vous avez expliqué dans dans l'hémicycle.

C'est vrai que c'est un biais important d'avoir ça en tête. Oui, parce qu'en fait, on a l'impression que les gens vont vont activer cette aide à mourir comme ça. Mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est que c'est aussi une manière de tenir.

Quand vous souffrez très fortement, quand pour vous les souffrances sont insupportables, et bien vous vous dites "Allez, je sais que je peux arrêter quand vraiment j'y arriverai plus." Et donc ça vous permet de de tenir un jour, 2 jours, une semaine, un mois de plus. Et en fait, il faut comprendre que c'est aussi un espoir de pouvoir arrêter les douleurs pour certaines personnes et que cet espoir permet de tenir en vie.

Et il y a une expression que j'aime beaucoup qui dit il faut il faut sans doute enfin il faut sans doute moins ajouter des jours à la vie que de la vie au jour. C'est-à-dire que les derniers jours soient vraiment vivants et qu'il soit plein, qu'il soit serein, qu'il soit heureux parce qu'en fait nous n'avons qu'une vie et quand elle se termine, moi je voudrais que les gens partent en sérénité et non pas angoissé des douleurs qui peuvent encore progresser. Et je pense que l'aide à mourir, qu'on y est recours ou qu'on y est pas recourt permet cette sérénité parce qu'elle se dit que si vraiment ça devient insupportable et bien il y a ce bouton on off qu'on peut actionner.

Et en fait pour moi, c'est vraiment quelque chose de très humaniste au fond, euh de très fondamental dans les droits humains. Et euh et à un moment où la médecine a fait énormément de progrès, où on prolonge beaucoup la vie, et bien on prolonge aussi les souffrances et donc quand elles deviennent vraiment insoignable euh qu'on ne peut pas les arrêter et qu'on ne peut plus les supporter et bien cette aide à mourir peut-être une aide. et c'est un débat de société très important mais tout de même la la conférence des évêques de France évidemment se se saisit la la question et a publié lundi un dispositif pour notamment informer sur ce qu'ils appellent les risques hein entre guillemets d'une éventuelle adoption de la loi et appel à interpeller les parlementaires.

Justement Sandrine Rouso, est-ce que vous recevez notamment des messages, des mails pour voilà peut-être parfois un peu diffamant, un peu compliqué sur cette proposition de loi ? Oui, beaucoup, énormément. Euh là, il y a on reçoit vraiment énormément de mail.

Bon, moi je rappelle que les grandes religions se sont opposées à peu près à toute l'avancée des droits sociétaux. Ils étaient contre le mariage pour tous, ils étaient contre euh le l'ouverture de la PMA aux femmes, ils étaient contre le voilà, je sais pas la reconnaissance de l'homosexuel enfin la la dépénalisation de l'homosexualité, ils étaient contre l'IVG. Bon, moi j'ai envie de vous dire, on mène pas les mêmes combats.

Voilà. Et quelque part, il ce sont des ministres des cultes, ils ont le droit d'avoir leurs pensées. Mais pour autant euh dans une République laïque et bien nous devons ouvrir des droits indépendamment des précepts religieux.

C'est-à-dire que que vous soyez croyant ou que vous ne soyez pas croyant et bien vous devez avoir accès au même droit. Et en fait, c'est cela que nous sommes en train de discuter dans l'Assemblée. Deux questions d'actualité pour terminer.

Sandrine Rousseau, si vous me le permettez, il y a tout d'abord ce rapport concernant les les frères musulmans, cette prise de parole de Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise qui explique notamment sur le réseau social X que l'islamophobie franchit un seuil. Qu'est-ce que Quel est le message vous que vous voulez adresser ? Peut-être notamment en direction du ministre de l'intérieur, Bruno Rotaillot, qui s'est saisi de cette question des frères musulmans ?

Moi, je suis vraiment effrayée, mais effrayée de ce qui est en train de se passer sur les musulmans. Je le dis avec beaucoup de solité parce que là ce qui est dit, c'est que en fait il y aurait des espèces d'ennemis de l'intérieur qui infiltreraient jusqu'au parlement euh avec des ambitions de détruire. Je enfin, ça rappelle tellement l'antisémitisme des passé.

Enfin, je veux dire, c'est inadmissible de dire ça. Nous avons vécu, nous savons ce que c'est la haine de l'autre. Nous savons ce que c'est le rejet de l'autre.

Là maintenant, il faut passer à autre chose. Arrêter avec le racisme, l'antisémitisme, le sexisme, qu'on est tous les mêmes droits. Il n'y a pas d'ennemis de l'intérieur.

Il peut y avoir des gens mal intentionnés. Ça c'est tout à fait vrai. Et dans ces cas-là, il faut les combattre.

Mais ça n'est pas une catégorie de personnes et ça n'est pas en stigmatisant une catégorie de personnes qu'on les combat. C'est euh en déployant des moyens de police, de justice et surtout en réaffirmant au effort que nous sommes une République universaliste et une République qui accueille chacun, quelle que soit sa foi ou sa non foi ou sa non croyance et que évidemment nous sommes très attentifs à toutes les ingérences étrangères d'où qu'elles viennent, mais que chacun a le droit de pratiquer sa foi et que c'est un droit fondamental dans la liberté. Voilà.

Et sur un autre sujet Sandrine R en tant qu'é je vous le dis moi en tant qu'athé et en tant que non religieuse. Sur un autre sujet Sandrine Rousseau. Une dernière question cette interview à nos confrères de libération de de François Ruffin qui prône une primaire à l'ange.

Poutou à Hollande vous y êtes favorable. Oui, moi je pense que c'est le seul moyen de s'en sortir à gauche d'avoir une primaire. Par contre, il faut pas que ce soit une primaire qui soit trop noyautée.

Mais ça enfin pas trop verrouillée pardon plus que noyauté. Verrouillé. Euh c'est-à-dire qu'il faut que ce soit ouvert le plus possible et comme ça en plus on on lancera un débat à gauche sur le fond et c'est très important et très intéressant.

Donc oui pour une primaire euh oui pour ce que propose François Ruffin avec des conditions qui sans doute seront doivent être un peu plus lâches, un peu plus facile d'accès que ce qu'il montre parce que plus on aura de candidats finalement mieux c'est. Merci beaucoup Sandrine Rousseau d'avoir été en direct avec nous sur BFM2. Vous êtes député écologiste et social de Paris et secrétaire de la commission des affaires sociales pour aborder donc ce cette proposition de loi sur l'aide à mourir actuellement en examen à l'Assemblée nationale et ce vote qui est prévu si tout va bien le mardi 27 mai, mardi prochain, le même jour que le vote prévu sur la proposition de loi concernant les soins palliatifs.

Merci de nous avoir suivi sur BFM, de rester bien avec nous. un nouveau direct à suivre dans quelques instants.