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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 5 juillet 2023 26 min

Violences urbaines, suspension des allocations familiales... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Bruno Retailleau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Bruno Retailleau. Bonjour Laurence Elchal.

0:02
Bruno Retailleau

Une enquête est ouverte à Marseille après la mort ce week-end d'un jeune homme de 27 ans dans le cadre des émeutes, des violences urbaines. On ne sait pas encore si lui participait à ces violences. En tout cas, le parquet de Marseille lui-même soupçonne un tir de LBD, de flashball de policier. Est-ce que ça pose la question de l'usage de cette arme dans le maintien de l'ordre ?

0:21
Présentateur

On ne sait pas encore. Il faut être extrêmement prudent. Mais un homme est mort. Donc il faut qu'il y ait une enquête. L'enquête a lieu. Simplement, ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, nos forces de l'ordre ont affaire. Elles sont en face de violences qui sont absolument déchaînées. Ils doivent pouvoir se protéger. Justement, les flashballs sont apparus au moment des Gilets jaunes. On en a beaucoup discuté à l'époque. Et ils ont une doctrine d'emploi très stricte. Ce que je veux dire, c'est qu'il n'est pas question de les retirer. Pourquoi ? Parce qu'entre les gaz lacrymogènes et la matraque et l'arme à feu, il faut une arme de force intermédiaire.

Parce que si vous supprimez le flashball et que des policiers sont dans des situations qu'ils connaissent, où on veut s'en prendre à leur vie, alors le risque, demain, ce serait qu'ils utilisent l'arme de dernier recours, c'est-à-dire le flashball.

1:06
Bruno Retailleau

Mais on est un des seuls pays au monde à utiliser le LBD dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre. Comment vous l'expliquez ?

1:11
Présentateur

Oui, mais on est aussi, malheureusement, un des pays au monde où il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de ces violences. On le voit bien.

1:17
Bruno Retailleau

La violence est endémique à la France.

1:19
Présentateur

Ça n'est pas une violence endémique, mais on voit bien qu'en France, il y a des émeutes, qu'en France, il y a cette hyper-violence, qu'en France, on veut tuer du flic. Malheureusement. Et donc, il faut que les forces de l'ordre puissent se protéger, pour eux-mêmes, mais puissent nous protéger. Vous vous rendez compte de ce qui s'est passé ? Je connais très, très bien Vincent Gendrin.

1:37
Bruno Retailleau

C'est le maire de l'Aïlerose. Le maire de l'Aïlerose, exactement. Dans le domicile, la femme, les enfants étaient attaqués ce week-end.

1:42
Présentateur

Deux petits-enfants et sa femme, qui voulaient brûler vif. Non, mais où on est rendu ? Donc, il faut que les forces restent, bien sûr, à la loi, et il faut que les policiers et les gendrins puissent se défendre.

1:53
Intervenant

Donc, ça fait partie du risque inhérent au maintien de l'ordre dans un contexte...

1:56
Présentateur

Mais bien sûr, regardez, malgré toutes les violences, vous avez d'un côté 808 blessés, gendarmes, policiers. Ils ont été blessés, parfois gravement, et il y a eu très peu de dégâts collatéraux. Alors bien sûr, la mort d'un homme, d'une femme, c'est toujours un drame, c'est toujours une tragédie. Mais regardons les chiffres et voyons justement la masse des blessés, c'est du côté des forces de l'ordre.

2:20
Intervenant

Justement, hier, Emmanuel Macron a constaté devant les maires que le pic était passé, le pic des violences, tout en restant extrêmement prudent. Est-ce que vous trouvez que l'exécutif a bien géré cette crise du point de vue du maintien de l'ordre jusqu'à présent ?

2:32
Présentateur

Écoutez, je suis un opposant résolu à Emmanuel Macron, mais je peux dire que je ne vois pas qu'un autre gouvernement ait fait mieux. Et je pense que dans ces moments-là, une attitude responsable, une attitude républicaine ne doit pas être une attitude politicienne. Et pour ma part, j'ai toujours pensé qu'un républicain, tant que l'ordre public n'a pas été rétabli, ne peut avoir que cette attitude, soutenir les forces de l'ordre, les maires qui sont en première ligne, et laisser le gouvernement travailler sans polémiquer. L'heure de rendre des comptes viendra, bien sûr. Les causes, le diagnostic, mais aussi les remèdes. Mais on n'en est pas là.

3:09
Intervenant

On va en parler, mais Éric Ciotti, le patron de votre parti, avait réclamé très vite de mettre en place, sans délai, l'état d'urgence partout. Est-ce qu'aujourd'hui, avec le recul, vous ne vous dites pas que c'était peut-être un peu de surenchère, que ce n'était pas nécessaire ?

3:21
Présentateur

En réalité, cet appel à l'état d'urgence, les maires l'ont entendu, puisque beaucoup de maires ont utilisé des mesures de police municipale. Le couvre-feu, qui est un des éléments que permettent de déclencher, en réalité, cet état d'urgence.

3:36
Bruno Retailleau

Le couvre-feu, c'est une amende, si on est en train de circuler la nuit, alors que l'état d'urgence, on peut immédiatement être arrêté.

3:43
Présentateur

Mais on voit bien qu'heureusement qu'il y a eu des couvre-feu, et qu'il n'y a pas eu besoin, finalement, d'état d'urgence pour le moment, parce que le problème, c'est qu'il y avait un tel déchaînement, que les forces de l'ordre étaient mobilisées contre ces déchaînements, et que les mobiliser, justement, pour faire respecter un couvre-feu partout en France, ça aurait été très compliqué.

4:01
Intervenant

Éric Dupond-Moretti, le garde des Sceaux, avait demandé une réponse rapide, ferme et systématique, ce qui a donné lieu à des procès tout le week-end. On en parlait ce matin sur France Info avec le président du tribunal de Bobigny. Est-ce que le risque, ce n'est pas de donner l'image d'une justice expéditive ? Il y a eu des peines très lourdes, prononcées, extrêmement rapidement, avec des profils, parfois, de primo-délinquants ?

4:21
Présentateur

Croyez-moi, la justice en France, ce qu'on peut lui reprocher, c'est beaucoup de choses, mais certainement pas d'être expéditive. Souvent, on parle de l'axisme judiciaire, et notamment, je pense que nous avons une réponse pénale qui est très très peu adaptée vis-à-vis des mineurs violents. Moi, j'attends, bien sûr, j'ai vu comme vous un certain nombre de statistiques, mais j'attends de savoir, par exemple, combien il y a eu de comparutions directes de mineurs. Vous savez pourquoi ?

Parce que dans le code pénal, pour faire comparer de façon directe, c'est-à-dire devant un tribunal, parfois avec un dépôt, directement, par exemple, en enfermement, il faut que le mineur ait dix jours pour accepter lui, son avocat, ou ses représentants légaux. Ce qui veut dire que la comparution immédiate pour un mineur est difficile. Or, la première ministre qui nous a réunis lundi, vous indiquez que la moyenne d'âge, en réalité, de ceux qui avaient été interpellés, ce sont des mineurs, ils ont 17 ans, mais il y en a qui ont 13 ou 14 ans.

5:17
Bruno Retailleau

50% en moins de 16 ans, disait le président du tribunal de Bobigny sur France. Exactement, alors, à Bobigny. Moins de 16 ans. Exactement. Et il parlait de plus de 120 comparutions de mineurs, ce qui est le triple de...

5:28
Présentateur

Et malheureusement, justement, je vais vous surprendre, peut-être vous choquer, je pense qu'on n'utilise pas suffisamment les courtes peines de prison pour des mineurs. Alors, pas dans n'importe quelle prison. Il faut des centres éducatifs fermés, on ne peut pas les mélanger. Mais qu'est-ce qui se passe en France ? Pourquoi on a ce déchaînement aussi ? Parce qu'on laisse, on ne condamne les mineurs à une vraie sanction. Et pour eux, quand vous parlez à des grands pédopsychiatres, par exemple comme Maurice Berger, qui ont été pendant des décennies au contact de ces mineurs violents, ils nous disent, mais ils ne se sentent responsables.

Ils ne prennent conscience de leurs actes que lorsqu'ils sont détenus. Et on leur laisse franchir toute une graduation d'infraction avant de vraiment les condamner.

6:09
Bruno Retailleau

Et là, il n'y a pas besoin de nouveaux textes dans ce que vous dites. À la limite, une circulaire du garde des Sceaux...

6:13
Présentateur

Non, je pense qu'en matière, par exemple, de comparution immédiate, nous souhaiterions la rendre plus simple, plus systématique, pour que la justice puisse disposer d'instruments.

6:25
Bruno Retailleau

Et vous avez d'ailleurs déposé quelques propositions. On va en parler dans un tout petit instant, notamment des propositions qui ont été débattues au Sénat la nuit dernière. Bruno Rotaillot, vous restez avec nous, vous qui êtes chef de file des sénateurs LR et donc patron de la majorité au Sénat. D'abord le fil info à 9h moins 20 avec Sophie Echen.

6:44
Invité

Bruno Le Maire veut rassurer les touristes et les investisseurs étrangers sur la chaîne américaine CNN. Hier soir, le ministre de l'Économie a affirmé que les récentes émeutes n'auraient pas de conséquences sur la croissance ni l'attractivité du pays. Nous revenons à une situation plus calme, selon ces mots. La nuit dernière, 16 personnes ont été interpellées dans tout le pays. La maison d'arrêt de Perpignan, pointée du doigt par la contrôleur générale des prisons, dans un rapport publié aujourd'hui, Dominique Simonot dénonce des conditions matérielles indignes, aggravées par la surpopulation. Elle demande au gouvernement d'améliorer rapidement les conditions de vie des détenus.

Les usagers des lignes de RER et transilières vont être dédommagés pour la dégradation du service lors des grèves contre la réforme des retraites. Plus de 2 millions de personnes sont concernées. Alors si vous en faites partie, la plateforme dédiée à ce remboursement est ouverte à partir d'aujourd'hui jusqu'au 2 août. Et puis la cinquième étape du Tour de France, tout à l'heure, pour les grimpeurs, cette fois à un peu plus de 160 km entre Pau et la Reims. Départ prévu un peu avant 13h30. France Info

7:44
Présentateur

Le 830 France Info Agathe Lambré Laurin Sénéchal

7:49
Intervenant

Toujours avec Bruno Rotaillot, président du groupe Les Républicains au Sénat, on commence à esquisser les propositions des Républicains. Il y en a une, notamment, il s'agit de supprimer les allocations familiales pour les parents de délinquants. Est-ce que vous pensez vraiment que ça changerait quelque chose ? Parce que ça a déjà existé et les études n'ont pas montré une très grande efficacité.

8:07
Présentateur

C'est faux, c'est faux. Ça a existé sous le quinquennat Nicolas Sarkozy avec François Fillon au gouvernement. La gauche l'a supprimé et Emmanuel Macron. Nous, ils l'avons reproposé, notamment au Sénat.

8:19
Bruno Retailleau

Ça avait aussi été supprimé par Jean-Pierre Raffarin en 2004.

8:21
Présentateur

En 2004. Oui, mais bien sûr. Parce que c'est des contre-prosécutifs. Mais à tort. Mais à tort. Et on le voit bien, d'ailleurs, la question de la responsabilité parentale, c'est fondamental. Pourquoi les parents touchent des allocations familiales ? Parce qu'il y a une contrepartie. Il y a des devoirs de s'occuper de son enfant. Quand des parents sont défaillants, ils doivent être responsabilisés. Comment les responsabilise-t-on ? Par deux voies. Un, il faut s'en prendre aux allocations familiales, les suspendre. Quand il y a une défaillance caractérisée, bien évidemment.

Et il faut recourir aussi à un article du Code pénal, qui est l'article 227-17, qui permet d'engager la famille sur des voies de fait, des délits, des infractions qu'on commise.

9:04
Bruno Retailleau

C'est ce qu'a rappelé le garde des Sceaux, d'ailleurs, dans sa circulaire.

9:06
Présentateur

Bien sûr.

9:07
Bruno Retailleau

Juste deux ans de prison pour les parents qui ne respectent pas leur rôle.

9:09
Présentateur

Mais là, ce que je veux dire encore, c'est quand vous regardez des études, quand vous parlez, je parlais tout à l'heure de Maurice Berger, à des pédopsychiatres qui ont, pendant toute une vie, étaient au contact de ces mineurs, des adolescents extrêmement violents. Ils disent à chaque fois qu'ils se sentent responsables lorsqu'on commence à demander des comptes à leur famille. Ça, ils ne supportent pas. Et par conséquent, c'est une des voies pour les responsabiliser. Donc, il y a des droits et il y a des devoirs en France. Vous touchez des allocations familiales, le contribuable français paye pour, eh bien, le contribuable français doit aussi imposer un certain nombre de droits.

C'est d'ailleurs l'essence de l'article que je vous ai cité du Code pénal.

9:47
Bruno Retailleau

Mais il n'y a pas le risque de laisser des familles sans ressources ?

9:50
Présentateur

Mais écoutez, ce risque-là, croyez-moi d'abord, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup en France de filets sociaux. Mais quand on a une défaillance, on la paye. On la paye. On est responsable.

10:01
Intervenant

Mais Rachida Dati, qui est dans votre camp, par exemple, elle se dit très mitigée sur une mesure qui plierait...

10:05
Présentateur

Je ne suis pas d'accord avec Rachida Dati. T'as un scoop aujourd'hui.

10:09
Intervenant

Et vous êtes d'accord avec Emmanuel Macron, qui est prêt, qui est ouvert à des sanctions financières, en revanche, qui ne veut pas toucher aux allocations familiales. Qu'est-ce que ça changerait de toucher spécifiquement aux allocations familiales ?

10:19
Présentateur

Mais parce que c'est le sens. L'allocation familiale, c'est pour la famille. C'est pour s'occuper de la famille. Qu'est-ce qu'on a à faire dans la rue, à caillasser des policiers, des gendarmes, des policiers même municipaux, même, d'ailleurs, des sapeurs-pompiers, dont l'objectif est de sauver des vies humaines, des gamins de 16 ans, bien sûr, mais parfois de 12 ans. Ils devraient être chez eux. Quand les parents sont incapables d'exercer leur autorité parentale, je ne vois pas pourquoi la société leur verserait des allocations familiales.

10:48
Bruno Retailleau

Ce sont beaucoup de maires isolées, disait le président, encore une fois, du tribunal de Bobigny. Ce n'est pas aussi à l'école que se joue une partie de l'éducation. Bien sûr. Je termine simplement.

10:56
Présentateur

Gatlan Bray m'a posé la question sur Emmanuel Macron. Je ne le crois pas sur parole. En même temps, c'est le double langage. Encore une fois, nous lui avons proposé justement au Sénat des mesures, comme la suspension des allocations familiales pour les parents défaillants. Il a refusé, évidemment. Nous lui avions proposé des courtes peines. Les courtes peines, c'est essentiel. Encore une fois, les courtes peines, ça permet, notamment sur des adolescents, notamment lorsqu'il y a atteinte physique, des tentatives qui sont graves, d'attentats, etc., il faut les mettre en prison, dans des prisons qui ne sont pas des prisons de droit commun. Mais vous l'avez rappelé, des centres fermés.

Bien sûr, des centres fermés pour des mineurs. Donc vous êtes en train de voir ce que ferait Emmanuel Macron ? Les courtes peines, il les a interdits, avec Mme Belloubet. On ne peut pas faire de courtes peines en France. C'est interdit. En Hollande, ils le peuvent et ils ont réduit le degré de délinquance. Ils ont construit des prisons. Dans un premier temps, ils les ont remplies. Dans un autre temps, la dissuasion a marché. La sanction a marché. Elle était dissuasie. Ils ont vidé les prisons et aujourd'hui, ils louent des places de prison à la Belgique. Bruno Retailleau, quel est le rôle de l'école pour l'éducation des enfants ? Fondamental. Mais cette crise, elle interroge.

Et c'est pour ça que j'ai très peur en entendant parler, par exemple, de reconstruction. Bien sûr, il faut reconstruire. Mais si le premier réflexe en France, c'est toujours le carnet de chèques. Carnet de chèques en bois, d'ailleurs. On a franchi le cap des 3 000 milliards de dettes. On pense en France que dès qu'il y a une crise, dès qu'il y a un problème, c'est le contribuable qui doit payer. Mais qu'est-ce qu'il faut faire

12:26
Bruno Retailleau

à l'école, par exemple,

12:27
Présentateur

pour amener une forme ? Je vais vous dire, la France honnête, silencieuse, elle en a marre de passer à la caisse pour la France des délinquants qui incendient d'ailleurs leur service public dans leur quartier. Moi, je pense que l'école, là aussi, s'interroge fondamentalement ce qu'on a fait de l'école. L'école, on l'a déconstruite. Vous savez, l'autorité. Il ne faut pas, comme on dirait, s'étonner quand il y a une forme d'anarchie puisque on a, à l'école, détruit la hiérarchie entre le maître et l'élève, entre l'adulte.

12:56
Bruno Retailleau

Et comment on ramène cette hiérarchie ? Eh bien, en arrêtant,

12:58
Présentateur

en se consacrant sur l'essentiel. La première ministre, je l'entendais hier, non pas hier, plutôt la semaine dernière, dire qu'il fallait désormais un savoir vert, un savoir vert à l'école. Mais arrêtons l'accessoire. Demain, les collégiens seront triés, ils ne seront pas comptés, ils ne seront pas calculés. Mais l'école, c'est pour les savoirs fondamentaux. Et on a dispersé l'école. On a fait de l'école toute autre chose que ce que pour elle était faite. Et malheureusement, on est en train aujourd'hui de constater que ceux qui rentrent en sixième, il y en a un tiers qui ne maîtrisent pas les maths. Il y en a 27% qui ne maîtrisent pas le français. Voilà où on en est.

Et on en fera des décrocheurs. Et on en fera des gens qui seront à la marge de la société. C'est comme ça qu'on encourage aussi une certaine forme de violence. Je vous rappelle qu'il y a 1,4 million de jeunes en France aujourd'hui de moins de 29 ou 30 ans qui ne sont ni à l'école, ni en stage, ni en emploi.

13:50
Bruno Retailleau

Il faut d'ailleurs rendre le SNU obligatoire ou revenir, pourquoi pas, sur le service militaire. Vous savez, j'étais sans doute un des seuls députés.

13:57
Présentateur

J'étais jeune député à l'époque quand Jacques Chirac a supprimé le service militaire. Et j'avais voté contre. C'était Charles Millon qui était, je crois, ministre de la Défense. C'est compliqué. Ce serait très compliqué d'y revenir. Et à l'époque, il y avait d'énormes moyens et nos militaires ne pourraient pas assumer. Je pense, en revanche, et moi je suis pour, un certain nombre de formes d'engagement pour nos jeunes, garçons et filles, pendant plusieurs mois. Je pense que ça aurait du sens de même que, par exemple, les internats d'excellence. Je crois que ça, c'est important aussi pour une jeunesse qui est dans des quartiers parfois difficiles.

Il faut trouver ces modes d'enseignement où il y a de l'autorité, de la fermeté, mais qui sont souvent les voies de la réussite et du succès professionnel.

14:44
Intervenant

Bruno Rosario, dimanche, Éric Ciotti a proposé la déchéance de nationalité pour les personnes mises en cause dans les violences urbaines. Même Marine Le Pen ne propose pas d'aller aussi loin. Vous assumez d'aller aussi loin ? Sachant que 90% des interpellés sont français ?

14:56
Présentateur

Je n'ai pas entendu la déclaration d'Éric Ciotti. Je pense qu'il a déclaré, en tout cas, il a souhaité la déchéance vis-à-vis des binationaux. Oui, des binationaux. Des binationaux. C'est quand même quelque chose de très lourd. Il ne s'agit pas de faire des apatrées. Écoutez, quand il y a un binational, il a une double nationalité, il a cette nationalité française, c'est en quelque sorte une forme de privilège. Et lorsqu'il y a rupture de ce contrat, parce qu'être un national, ça veut dire adhérer à un modèle, s'assimiler à un certain de valeur.

15:27
Bruno Retailleau

Pour les actes de terroriste, il faudrait aller jusqu'à de la violence en baisse. Vous me questionnez de dire quoi, d'ailleurs ?

15:32
Présentateur

Elle ne me choque pas. Elle ne me choque pas. Et je pense qu'aujourd'hui, malheureusement, la question de la nationalité, je questionne souvent et je me heurte à Gérald Darmanin qui ne veut pas, s'il y a un texte sur l'immigration, qu'on intègre des mesures sur la nationalité. Eh bien, je pense qu'on est un des pays d'Europe qui offre la nationalité française de la façon la plus facile, la plus laxiste. Non, moi, je pense qu'avoir la nationalité française, c'est assumer un certain nombre de devoirs, encore une fois. Vous savez, il n'y a pas de société qui peut tenir debout. Mais donc demain, s'il y a une dégradation d'école, par exemple,

16:09
Bruno Retailleau

rien que ça, ça suffirait à ce qu'on puisse être déchu de sa nationalité.

16:12
Présentateur

Peu importe, il faut un quantum. Il faut vraiment des faits qui soient des frais de type criminel. Vous voyez ? Donc, c'est attaquer un crime. Je rappelle qu'un crime, ce n'est pas seulement une atteinte physique à une personne. Il y a une graduation de peine. Je pense qu'il faut évidemment qu'il y ait un quantum de peine suffisante. Mais moi, ça ne me choque pas. Et il faut rappeler à ceux que nous accueillons dans notre communauté nationale qui bénéficient de droits. Et Dieu sait si en France, on en a des droits. Franchement. Mais ils doivent aussi assumer un certain nombre de devoirs.

16:40
Bruno Retailleau

Bruno Retailleau, le rôle des réseaux sociaux dans cette affaire. Dans un tout petit instant, on parlera aussi, évidemment, de la police avec vous, qui êtes chef de file des Républicains au Sénat. D'abord, le fil info, 9h10, Sophie Echenne.

16:52
Invité

Les soldes seront prolongés d'une semaine jusqu'au 1er août. annonce ce matin de la ministre des PME, Olivia Grégoire, après les émeutes qui ont impacté les commerçants. Ces derniers pourront d'ailleurs ouvrir ce dimanche. Ceux qu'ils souhaitent pourront également bénéficier d'un accompagnement psychologique. À Bruxelles, la Commission européenne va proposer tout à l'heure d'assouplir les règles à propos des NGT, les nouvelles technologies génomiques plus résistantes à la sécheresse et aux maladies et qui nécessitent moins de pesticides sans ajout extérieur. Plusieurs ONG et eurodéputés de gauche s'inquiètent des risques de ce qu'ils qualifient de nouveaux OGM.

La journée de lundi a été la plus chaude jamais enregistrée au niveau mondial, dépassant pour la première fois le seuil des 17 degrés en moyenne. Et puis si vous cherchez encore des places pour les Jeux olympiques l'an prochain, la troisième phase de billetterie ouvre tout à l'heure à 10h. Elle n'était pas prévue. Attention, ça ne concernera que des épreuves en région, par exemple du basket et du hand à Lille, un match de foot des Bleus à Nice ou encore de la Voile à Marseille. France Info

17:51
Présentateur

Le 8.30 France Info Agathe Lambré Laurin Sénéchal

17:56
Intervenant

Toujours avec Bruno Rotaillot, président du groupe Les Républicains au Sénat, le président a annoncé qu'il n'excluait pas de couper les réseaux sociaux qui ont alimenté en partie ces émeutes. Est-ce que c'est nécessaire d'en arriver là ?

18:09
Présentateur

Couper les réseaux pour tous ? Non. Il vaut mieux couper les allocations comme je le disais à l'instant. On ne peut pas en revanche se cacher derrière son petit doigt et on voit bien que le phénomène des réseaux sociaux a profondément bouleversé les réactions collectives. Je lisais ce matin dans Ouest France qui est mon journal régional parce que vous êtes vendéen un jeune qui, aux Herbiers, a mis un sombre de feu et il expliquait qu'il voulait faire du buzz.

Donc on voit bien que les gendarmes, les policiers nous ont dit comment ils étaient devenus très agiles justement les délinquants parce qu'ils ont des applications qui leur permettent si j'ose dire de voir les points chauds et là encore de se mouvoir très rapidement. Donc que dans un certain nombre de circonstances sur des applications pas des réseaux on ne va pas couper des réseaux pour la majorité c'est une minorité qui est en cause donc on ne va pas couper des réseaux pour la majorité.

19:02
Bruno Retailleau

Donc il faudrait plutôt bannir les utilisateurs des réseaux sociaux.

19:05
Présentateur

Il faut regarder on a hier soir donc on a le texte sur le numérique qui est en réalité la transcription dans le droit français de deux directives et on a voulu questionner on avait déposé un amendement qui était un amendement d'appel justement pour faire réagir le gouvernement pour tester le gouvernement parce qu'on a entendu là encore le chef de l'état qui avait fait cette déclaration et on s'est dit tiens est-ce que c'est du lard ou du cochon ? Bon alors on a voulu nous justement précisément provoquer le gouvernement

19:32
Bruno Retailleau

un texte qui visait justement à faciliter les bannissements après condamnation je le précise pour des faits de haine en ligne

19:38
Présentateur

bien sûr et en l'occurrence le ministre il faut y réfléchir c'était pas un texte qui était si j'ose dire totalement abouti mais on voulait et en l'occurrence il y a eu un refus du ministre vous me questionniez tout à l'heure sur les déclarations de Emmanuel Macron mais sur chaque déclaration il dit le blanc et il dit le noir le pour et le contre donc on sait plus où on en est et c'est le problème d'ailleurs de l'autorité je pense que l'autorité pour Emmanuel Macron est un vrai sujet c'est l'angle mort du Macronix parce que en même temps le double langage justement ruine l'autorité quand l'état doit porter une parole publique une parole d'autorité il faut que cette parole soit claire si elle n'est pas claire ou si elle se contredit à quelques heures de distance alors cette autorité elle est ruinée

20:25
Intervenant

et Emmanuel Macron revendique aussi de prendre un peu de temps avant d'ajuster sa réponse politique pour poser un diagnostic sur ce qui s'est passé vous comprenez ça ?

20:32
Présentateur

mais le diable non je ne comprends pas non vous avez des bibliothèques entières depuis des décennies on connaît on a des rapports vous n'imaginez pas je suis parlementaire j'ai accès à ces rapports d'excellents chercheurs on connaît les causes on connaît les causes et je veux les rappeler et malheureusement je crains que le gouvernement soit tenté par la politique du chèque une fois de plus que les français que la majorité silencieuse ne comprend pas il y a une colère froide qui monte dans le pays parce que les gens c'est la double peine pour les français parce qu'ils ont payé dans des quartiers et maintenant il va falloir reconstruire parce que des ensauvagers ont brûlé on les connaît les causes c'est l'école l'autorité à l'école la réponse pénale qui est totalement faible inadaptée notamment pour les mineurs l'immigration quand j'entends Gérald Darmanin hier à l'Assemblée nationale dire qu'il n'y a pas de lien entre ces événements et l'immigration bien sûr que si

21:24
Intervenant

mais 90% des émissions français c'est pas la question

21:26
Présentateur

c'est pas la question questionnez et j'ai questionné de nombreux maires tous vous disent que c'est dans les quartiers justement où il y a des ghettos migratoires certes ce sont des français mais ce sont des français par leur identité et malheureusement pour la deuxième la troisième génération il y a comme une sorte de régression vers les origines vers les origines ethniques et vous voyez bien quand elles sont lointaines c'est ça qu'il doit nous questionner c'est ça qu'il doit nous questionner moi je pense qu'on a une part de responsabilité cette part de responsabilité c'est simplement qu'on ne croit pas nous-mêmes en la France et que souvent on a présenté la France comme un anti-modèle comme un contre-exemple alors comment voulez-vous faire aimer la France à des jeunes issus de l'immigration si vous dites que la France est détestable

22:10
Bruno Retailleau

est-ce qu'il ne faut pas aussi changer la manière dont la police parle à ces jeunes par exemple puisqu'ils sont nombreux à dire qu'ils sont énormément contrôlés que le tutoiement est systématique je n'y crois pas

22:19
Présentateur

encore une fois il faut appeler un chat un délinquant ce n'est pas une victime on est d'accord un émeutier ce n'est pas un déshérité

22:30
Bruno Retailleau

mais là je ne parle pas de délinquance je parle juste de la manière dont la police parle à ces jeunes dans les quartiers

22:34
Présentateur

croyez-moi ils sont souvent insultés et à un moment donné souvent ils vont tutoyer ils ne devraient pas le faire vous parlez des policiers là ils ne devraient pas le faire ils le font très peu souvent croyez-moi le manque de respect c'est certainement pas c'est ce que disent les jeunes de quartier qu'on entend mais attendez parce que c'est systématique mais non mais questionnez attendez vous vous rendez compte ce qui se passe on en veut à leur vie c'est la haine anti-flic c'est pour ça que je conteste finalement mais c'est même condamnable les déclarations de M.

Mélenchon de l'extrême gauche qui sont dans l'excuse sociale mais eux-mêmes n'ont aucune excuse quand j'entendais quand j'entendais sur une chaîne concurrente sur LCI je crois c'était dimanche M. Mélenchon dire que le responsable c'est celui qui porte l'autorité vous vous rendez compte ça c'est une attitude qui n'est pas républicaine désigner celui qui représente l'autorité comme le fauteur de trouble non les fauteurs de trouble ce sont les délinquants et ceux qui manquent de respect vis-à-vis de la police ce sont les délinquants pas les policiers ou les gendarmes vis-à-vis des délinquants

23:34
Intervenant

et donc Bruno Rosario vous comprenez toutes ces personnes qui ont participé à la cagnotte de soutien aux policiers vous-même vous avez participé

23:41
Présentateur

non je n'ai pas participé et pourquoi vous comprenez je comprends parce qu'une très grande majorité des français j'entendais ce matin je pense que c'est un sondage qui montrait que pratiquement 90% des français étaient en soutien à nos gendarmes et à nos policiers nationaux ou municipaux c'est ce que ça signifie voilà maintenant je pense que ça c'est un faux sujet le vrai sujet c'est les millions les centaines de millions plus du milliard nous disait le patron du MEDEF qui sont partis enfumer mais ça ne vous a pas choqué

24:13
Bruno Retailleau

1 600 000 euros pour ce policier qui est je le rappelle en détention provisoire pour la famille

24:21
Présentateur

après avoir tué un jeune homme de 17 ans attendez d'abord il y a une enquête il faut que cette enquête aille à son terme ensuite il y a un policier mais il y a aussi la famille de ce policier voilà et ce que je sais en tout cas ce que j'ai lu c'est que cet argent est destiné au soutien de cette famille là je ne vous dis pas que je vais moi-même donner je vous dis simplement que je comprends parfaitement est-ce que ça exprime un ras-le-bol et ça exprime parce que ce sont des tout petits dons donc ce sont des français 20 euros en moyenne vous rendez compte ce sont des français modestes voilà et 20 euros pour eux c'est beaucoup c'est leur façon de dire écoutez nous on est derrière nos forces de l'ordre

24:57
Intervenant

et Bruno Retailleau vous comprenez aussi que des syndicats policiers se disent en guerre contre des hordes de sauvages et des nuisibles

25:02
Présentateur

en l'occurrence le syndicat de policiers les mots sont excessifs les mots sont excessifs mais une fois de plus je suis en soutien à nos forces de l'ordre parce que ils risquent leur vie et heureusement qu'on les a croyez-moi heureusement qu'on les a c'est pas motivé à baiser en tout cas je ne suis pas en train de dire que le choix des termes est très bon mais on peut comprendre quand il y a une lassitude quand il y a une exaspération que parfois le terme soit un peu fort mais qu'est-ce qu'ils vivent sur le terrain ils vivent des situations de guérilla urbaine de la guérilla à la guerre il n'y a pas très loin il faut faire attention

25:36
Bruno Retailleau

Bruno Retailleau merci beaucoup président du groupe LR au Sénat invité du 830 France Info ce matin bonne journée merci à vous

25:43
Invité

le pire et demi d'un dossier criminel c'est le temps surtout si pendant ce laps de temps rien n'est fait les avancées techniques et scientifiques sont devenues incontournables pour résoudre les dossiers non élucidés avec le service police-justice de France Info nous vous racontons les grandes affaires criminelles résolues grâce à la science moi j'ai craqué c'est pas possible moi je sais que la vérité viendra par l'ADN Cold Case la science face au crime un podcast original France Info 8 épisodes à découvrir sur l'application Radio France les plateformes de podcast et France Info.fr