C dans l'air du 04-09-2015 - HOLLANDE A-T-IL CHANGE ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 32 %Attaque 47 %Défensif 21 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:54OuverteRéponse directe
François Hollande a-t-il changé, Christophe Barbier ?
- 2:26OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il va répondre directement ou indirectement à cette question, François Hollande, lundi, Françoise Fresseuse ?
- 4:12OuverteRéponse directe
Est-ce que vous considérez que, au fond, il lui reste de septembre à juin pour changer ?
- 6:27OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on est dans un moment où il a une saison, la saison 4, pour renverser la vapeur, ou pas ?
- 7:39OuverteRéponse directe
La question qui est posée, c'est quand on rate son début de quinquennat, est-ce qu'on a une chance de récupérer ou pas ?
- 8:25ComplaisanteRéponse directe
Ce qu'il va essayer de faire, c'est de dire : « J'ai été plus courageux que Nicolas Sarkozy sur la compétitivité. »
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:07InvitéFait
« Il a au moins changé de braquet. On est clairement maintenant dans un François Hollande « Objectif 2017 ». »
- 3:16InvitéFait
« Il a profondément échoué. Le bilan de la première partie de son quinquennat est catastrophique sur le plan social, catastrophique sur le plan économique, catastrophique sur le plan politique. »
- 3:28Invité politiqueFait
« Il a perdu toutes les élections intermédiaires. Il se prépare probablement à une vraie défaite au régional. »
- 3:49Invité politiqueFait
« Le stage est peut-être fini, mais il a fait des dégâts absolument invraisemblables. »
- 8:36Invité politiqueChiffre
« J'ai baissé les charges. Nicolas Sarkozy, il a dit, hausse de TVA, mais il ne l'a pas faite. Moi, j'ai fait 41 milliards d'euros de baisse des charges des entreprises. »
- 10:52InvitéFait
« Dans un livre, il confie des erreurs et regrette même l'abrogation de la TVA sociale, précisant que si c'était à refaire... Je ne serais pas allé aussi loin. »
- 12:47InvitéFait
« François Hollande, quand il dit ça, il prend sincèrement conscience du rejet de la politique et la sienne. Et donc, il fait des promesses en disant : « Non, j'ai compris, je vais faire autre chose. » »
- 31:58PrésentateurChiffre
« 74% des sympathisants l'attendent désormais. »
- 37:37Invité politiqueFait
« on sait très bien qui bloquent par exemple la possibilité qu'ont les entreprises de rompre un contrat de travail »
- 40:15PrésentateurChiffre
« 57-65% des gens sont favorables à une réforme du code du travail »
- 40:20PrésentateurChiffre
« 7 français sur 10 prêt à abandonner les 35 heures moyennant augmentation de salaire »
- 53:13Invité politiqueFait
« chaque pays doit prendre sa part du fardeau »
- 57:11PrésentateurFait
« l'impopularité, le fil est rompu avec les Français »
- 57:29PrésentateurChiffre
« un chômage qui a augmenté »
- 57:31PrésentateurChiffre
« des impôts qui ont augmenté »
- 58:33InvitéFait
« Nicolas Sarkozy a eu de bonnes réponses d'urgence notamment pour sauver le système bancaire »
- 58:42InvitéFait
« François Hollande est arrivé dans cette situation-là, il a raté la remontée »
- 58:56InvitéFait
« il n'a pas eu la reprise économique, son principal échec »
- 1:00:14Invité politiqueFait
« il dit qu'il va baisser les impôts, il augmente les redevances »
- 1:00:30InvitéFait
« il peut être moderne mais après moi pour se différencier d'un Chirac et surtout d'un Mitterrand »
- 1:01:30PrésentateurFait
« on a échappé à la sortie de la Grèce pendant l'été »
- 1:01:35PrésentateurFait
« on est sous une pression migratoire incroyable »
- 1:01:42PrésentateurFait
« ça ne peut marcher que dans le couple avec l'Allemagne »
- 1:02:55Invité politiqueFait
« il n'a plus d'assises politique »
- 1:03:18InvitéFait
« pas uniquement, il y a aussi les retrouvailles avec un Orlando Delorien d'origine »
Temps de parole
- Présentateur51 %
- François Hollande23 %
- Invité14 %
- Invité 25 %
- Invité 33 %
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Bonsoir à toutes et à tous. Nous attendons vos questions SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. François Hollande prépare le terrain avant son entrée en campagne. A la veille de sa conférence de presse de lundi, il assume les erreurs de ses deux premières années. Il ose le mea culpa et des réformes qui ne sont pas toutes de gauche. Il laisse même son Premier ministre avancer sur la réforme très sensible du Code du Travail. Le président tacticien se recentre tranquillement. Il fait en quelque sorte sa propre rupture. Alors, Hollande a-t-il changé ? C'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler aujourd'hui, Christophe Barbier.
Vous êtes directeur de la rédaction de l'Express. En une de l'Express cette semaine, un spécial 20 2015. Françoise Fressoz, vous êtes journaliste et éditorialiste au Monde. En une du Monde aujourd'hui, le front germano-français contre une Europe fortereste. Et votre édito à lire cet après-midi, l'inventaire Sinon Rien. Je cite votre dernier livre, le stage est fini aux éditions Albin Michel, dans lequel on retrouve naturellement les confidences de François Hollande, dont nous allons largement parler ce soir. Guylaine Atenheimer, rédactrice en chef à l'hebdomadaire Challenge. En une de Challenge, l'avertissement aux fonctionnaires. Votre dernier livre est publié chez Albin Michel.
Et il s'intitule Poison présidentiel. Enfin Nicolas Béthou, fondateur et directeur de la rédaction du quotidien L'Opinion. En une aujourd'hui, l'émotion pousse l'Europe à agir. Là aussi, nous y reviendrons. Et votre éditorial intitulé « La mauvaise conscience sur la publication hier de la photo du petit Elan » retrouvé mort sur la page de Bodrum en Turquie. Bonsoir à tous. Je vais commencer avec le titre de cette émission. Et la question qu'on se pose touche aujourd'hui. Après le « Mea culpa », on va y revenir de François Hollande. François Hollande a-t-il changé, Christophe Barbier ?
Oui, il a au moins changé de braquet. On est clairement maintenant dans un François Hollande « Objectif 2017 ». On voit bien que certaines de ses positions de fond, jusqu'aux confidences qui sont dans le livre, certaines de ses attitudes correspondent à un président qui a désormais l'horizon de sa réélection comme seule ou presque seule préoccupation. Donc ça, en effet, c'est un vrai changement. Ça ne donne pas encore de changement de psychologie et de discours. C'est peut-être pour lundi, avec la conférence de presse. Mais pour l'instant, oui, on a un changement complet d'horizon et de tactique.
Est-ce qu'il va, à votre avis, répondre directement ou indirectement à cette question, François Hollande, lundi, Françoise Fresseuse ? En tout cas, elle se pose. C'est à lui de décider. Moi, ce qui me frappe dans sa personnalité, c'est qu'en fait, il a changé. Mais il est revenu à ce qu'il était bien avant, c'est-à-dire un disciple de Jacques Delors. Beaucoup plus, finalement, démocrate que socialiste. Et qui a pris en compte le fait qu'il a fait quand même des bêtises assez fortes au début du quinquennat. Il prend en compte quand même le fait que ça ressemblait beaucoup à un stage. Et que donc, voilà, maintenant, il faut qu'il change. Et il lui reste très peu de temps pour le faire.
Ou pour confirmer ce qu'il a déjà commencé à amorcer, non, Nicolas Béthoud ?
Confirmer ce qu'il a déjà commencé à amorcer comme virage, avec ce virage qu'on a décrit comme social-démocrate, parfois même social-libéral. Il a changé, entre autres, je pense que c'est la première raison pour laquelle il change, parce qu'il a profondément échoué. Le bilan de la première partie de son quinquennat est catastrophique sur le plan social, catastrophique sur le plan économique, catastrophique sur le plan politique. Et il a aujourd'hui, à ses côtés, une majorité éclatée, déchirée, qui ne lui donne en aucun cas la possibilité, aujourd'hui, de se présenter en homme fort à des élections. Il a perdu toutes les élections intermédiaires.
Il se prépare probablement à une vraie défaite au régional. Donc, il a changé pour toutes ces raisons. C'est qu'il a bien vu que ça ne fonctionnait pas. Le stage est peut-être fini, mais il a fait des dégâts absolument invraisemblables.
Il y a quelque chose de très intéressant, effectivement, dans la personnalité de François Hollande. C'est qu'il change quand il est vraiment, quand il arrive vraiment au bout de ce qu'il a essayé. Et quand il est vraiment en très, très forte difficulté. Et moi, ce qui m'a frappée en écrivant le livre, c'est que tous ses amis le pressent de changer. Et lui, il reste, il reste, il reste jusqu'à ce qu'il se sente vraiment en danger. Et là, il change. Est-ce que vous considérez, et je vous pose la question à tous, qu'au fond, il lui reste de septembre à juin pour changer ? Peut-être qu'il est, de ce que vous êtes en train d'expliquer, acculé, parce que c'est la dernière ligne droite.
Peut-être Guylaine Notenheimer. Alors, d'abord, il a changé parce qu'effectivement, il a compris la gravité de la situation économique de la France, de l'emploi, de la perte de compétitivité, alors qu'il pensait, en arrivant au pouvoir, qu'avec la théorie des cycles, ce serait plus favorable. D'où, d'ailleurs, ce pataquès sur la TVA, les impôts, etc. Mais le problème, c'est que les Français ne le voient pas comme ça. Nous, on est en train d'analyser, il a changé, il a pris conscience d'un certain nombre de choses, il a pris une épaisseur. Mais pour les Français, c'est qu'il n'a pas tenu sa promesse. Il n'est pas celui qu'il s'est fait élire.
Je vais taxer juste les riches, ma priorité, c'est la jeunesse, ma priorité, c'est l'emploi. Il a échoué là-dessus, il a fait des promesses qui n'ont pas tenu la route. Et les Français, pour le moment, ne voient pas un changement positif. Parce qu'il est, il faut quand même le dire, le président de la République le plus impopulaire de l'histoire de la cinquième. Il est même majoritairement rejeté par les socialistes. Et la tranche, les gens qui sont le plus hostiles à sa politique, c'est quand même les 35 ans, les 28-35 ans, y compris parmi les socialistes, ceux qui sont sympathisants socialistes.
Donc c'est dire à quel point il doit aller rechercher des ressources considérables dans sa façon d'être pour rebondir. Alors sa seule chance, c'est que comme il est tellement bas et que la situation économique a été tellement mauvaise pendant ces deux ans et demi, que la moindre risée, le moindre changement perceptible par l'opinion, lui permettra de passer de l'autre côté. J'ai envie de dire que c'est l'inverse de ce qui s'est passé avec Lionel Jospin, qui a eu quatre années formidables, et puis la cinquième très mauvaise. Alors que là, il est parti très mal, donc ça peut être un peu mieux.
Et puis il faudra qu'il compte sur les divisions éventuelles de la droite ou sur le rejet du candidat de la droite. Mais fondamentalement, les Français ne perçoivent pas un changement dans le bon sens des choses. Il faudra des résultats pour cela. Je précisais, et c'est important, que la conférence de presse a lieu lundi. On est dans un moment... Lundi matin. Je repose ma question sur le moment où elle intervient, cette conférence de presse. Est-ce qu'on se dit là, au fond... Vous parliez de son impopularité, effectivement, mais elle va se poser la question de sa réélection si ça ne bouge pas. Est-ce qu'on est dans un moment où il a une saison, la saison 4, pour renverser la vapeur, ou pas ?
Non, pas pour changer. Je pense que c'est une erreur d'imaginer qu'il va changer encore. En revanche, il lui reste, en effet, quelque chose comme 8 mois pour engranger des résultats. Sur ce qu'il a semé depuis un an ou 15 mois, qu'il a effectivement réorienté sa politique. Donc il a quelques mois pour engranger des résultats. Mais il ne va pas changer à nouveau. Et d'ailleurs, s'il changeait, qu'est-ce qui se passerait ? Comment voulez-vous que, dans une situation qui est aussi abîmée que celle de la France, un changement qui serait amorcé maintenant, voté en octobre, novembre, décembre par le Parlement, qui rentrerait éventuellement en fonction en février-mars ? Non, ça n'a pas de sens.
Regardez le temps incroyable que le CICE a mis à rentrer en fonction. Plus de 18 mois. Comment voulez-vous que les choses, maintenant, soient réorientées et qu'elles donnent des effets ? Non, ce qu'il peut espérer de mieux, c'est que ce qu'il a semé ou ressemé, commence à donner quelques effets.
La question qui est posée, c'est quand on rate son début de quinquennat, est-ce qu'on a une chance de récupérer ou pas ? Sachant que tout va quand même très vite et que le jugement des Français, je pense, a été extrêmement percuté par les hausses d'impôts. Moi, je pense que la rupture entre l'électorat et François Hollande s'est passée à ce moment-là. Il avait dit pendant la campagne, « Seuls les riches paieront ». Non, ce n'est pas vrai. Tout le monde a payé. Donc là, il essaye de corriger. Mais c'est quand même extrêmement difficile de corriger cette erreur-là. Et donc, il lui reste très peu de temps. Alors, qu'est-ce qu'il peut jouer ?
Il peut jouer sur le fait qu'il veut réformer jusqu'au bout, le code du travail, maintenant. Donc ça, il va peut-être essayer de jouer. Et puis, il faut qu'il essaye d'avoir un peu de résultats. Mais en même temps, vous voyez comme c'est compliqué. Une croissance, elle fera peut-être 1% cette année. Le chômage, 3,5 millions de chômeurs, c'est quand même énorme. Donc, le pari, il n'est pas du tout gagné. Ce qu'il va essayer de faire, c'est de dire, « Bon, finalement, je pense que son positionnement, ça va être de dire, « J'ai été plus courageux que Nicolas Sarkozy sur la compétitivité. Moi, j'ai baissé les charges. Nicolas Sarkozy, il a dit, hausse de TVA, mais il ne l'a pas faite.
Moi, j'ai fait 41 milliards d'euros de baisse des charges des entreprises. » Il ne parle pas à son électorat en faisant ça. Oui, mais il dit, voilà, je suis un réformateur. Et je pense qu'une partie de la bataille va être sur bilan contre bilan, Nicolas Sarkozy, François Hollande. C'est ça qui va aussi se jouer. Ce qui est très important, c'est qu'effectivement, il lui faut des résultats, mais ça ne suffit pas. Il faut qu'on lui impute la responsabilité de ses résultats. Du coup, je pense qu'un des enjeux de cette conférence de presse et de ce qui va se passer dans les prochains mois, c'est qu'il se montre très ferme sur ses positions social-démocrates.
Parce qu'on ne lui imputera des bons résultats que s'il s'est montré assez courageux, assez réformateur, s'il assume vraiment cette ligne social-démocrate. Ce qu'il a du mal à faire, parce qu'il veut quand même garder sa famille relativement soudée. Et ce n'est pas facile. Donc, il faut aussi que dans son discours, il va l'essayer de montrer cette autorité et cette emprise sur les choses à travers la COP21 ou à travers la gestion des migrants. Mais ça, c'est des fonctions régaliennes qui sont assez éloignées du vécu des Français. Alors, il le fait aussi par les baisses d'impôts aux plus faibles. Mais ça, les gens ne sont pas idiots. Ils disent oui, c'est catégoriel.
Ils nous appuiment un peu. Les gens, ils veulent qu'il y ait un pilote dans l'avion, qu'il soit courageux et qu'il aille jusqu'au bout. Et c'est ça qui manque pour le moment à François Hollande. On le trouve un peu trop pusillanime. On sent qu'il tergiverse, qui fait un tout petit peu de social-démocratie, mais qu'en même temps, bon, il se méfie aussi de l'entreprise. D'ailleurs, on tape sur un certain nombre de patrons, pas sur d'autres. Donc ça, les Français, ils se disent, bon, finalement, il a fait quoi, quoi ? Alors, il a fait quelque chose d'assez inattendu. Le mea culpa. La méthode est assez rare en politique. Nicolas Sarkozy et ses prédécesseurs ont toujours refusé de s'y plier.
Et c'est avec quelques confidences accordées à Françoise Fresseuse que François Hollande a choisi de prendre de la distance avec ses propres choix du début de son quinquennat. TVA sociale, politique fiscale d'une manière générale, avec sans doute l'idée que, faute avouer, est à moitié pardonnée. Sarah Sisman, Guillaume Birault et Stéphane Lopez. Ces réformes ne sont pas toutes de gauche et il est allé trop loin sur la politique fiscale. Ce n'est pas l'opposition qu'il dit, mais le président lui-même. Dans un livre, il confie des erreurs et regrette même l'abrogation de la TVA sociale, précisant que si c'était à refaire...
Je ne serais pas allé aussi loin. J'aurais gardé l'augmentation de la TVA décidée par Nicolas Sarkozy pour boucler le budget qu'il nous avait laissé.
Pour financer une baisse des charges sociales des entreprises, l'ancien président prévoyait en effet d'augmenter la TVA. Une mesure alors fermement condamnée par le candidat Hollande et annulée dès son arrivée au pouvoir.
Je ne veux pas que les Français qui vont déjà assumer le redressement financier soient affligés de 3 ou 4 points de TVA qu'on appellera social.
Alors, que s'est-il passé ? François Hollande a-t-il changé ? S'est-il converti aux recettes de la droite ? Ce mais à coup le pas est-il un aveu de faiblesse ? Pas du tout, rétorque le gouvernement, obligé de se justifier, est visiblement mal à l'aise.
Il y a toujours un regard lucide à porter sur une action qui, lorsque des décisions sont prises, sont prises dans des contextes. Il y a des moments d'urgence. On est dans un contexte et après, quand on a du recul, on peut regarder les choses.
Mais pour l'aile gauche du parti, ces confessions, plus qu'une maladresse politique... Enfin, moi je n'arrive pas à comprendre qu'on puisse renier tout ce qu'on a dit aux Français pendant 10 ans et en plus ce qui a été le cœur de sa campagne électorale et de nous dire « Écoutez, le programme de Sarko il est très bien. Je m'en suis rendu compte trop tard. Écoutez, ça c'est pas sérieux. Soit c'est du cynisme, soit c'est de l'incompétence. Reconnaître des erreurs quand c'est des vraies erreurs ? Oui. Le programme de la gauche est une erreur. Je m'excuse, c'est pas la...
... du marché et du code du travail bientôt. Je pense que François Hollande, quand il dit ça, il prend sincèrement conscience du rejet de la politique et la sienne. Et donc, il fait des promesses en disant « Non, j'ai compris, je vais faire autre chose. » Là, les Français rentrent de vacances d'été. Qu'est-ce qu'il y a dans la boîte aux lettres ? La feuille d'impôt ? La feuille d'impôt, elle ne la fait que quand augmenter et essentiellement pour les classes moyennes qui se trouvent matraquées d'impôts. Qu'est-ce qu'ils nous annoncent ? « J'ai trop augmenté les impôts. Je vais les baisser de 2 milliards. » Il ne nous dit pas comment.
Je pense qu'il faut reprendre l'ensemble de ces interventions depuis 3 ans, le 14 juillet et le 1er janvier essentiellement, et de retrouver à chaque fois combien de fois il nous a dit « Il n'y a pas le choix en France de diminuer la dépense publique. Quand on ne diminue pas la dépense publique, on ne peut pas baisser les impôts. »
Pour François Hollande, un leitmotiv à présent, être le champion des baisses d'impôts. Un objectif qui n'a rien d'anodin à 20 mois de la présidentielle.
D'abord, il faut rappeler que la hausse de la fiscalité de François Hollande, c'est vraiment un des nœuds gorgiens de la situation politique. C'est ce qu'on reproche au président de la République et il le sait. De ce point de vue, il n'est pas totalement absurde si c'est vraiment un élément fondamental d'essayer de déverrouiller cette question et donc de considérer ou de dire qu'il a pu commettre des erreurs en augmentant à ce point la fiscalité directe et pas par exemple la TVA.
Lundi, lors de sa sixième conférence de presse, François Hollande aura l'occasion de préciser l'ampleur de ses regrets fiscaux. Et nous reprenons notre discussion avec cette question. Comment Hollande peut-il regretter ses choix et ne rien faire pour revenir dessus, Christophe Barbier ?
D'abord, il fait, puisque le rapport gallois, le CICE, le pacte de responsabilité, c'est une série de changements de cap. La loi Macron, celle qui va arriver sur le numérique, devrait compléter cela. Il fait, il dit qu'il fait et qu'il va faire. Et puis, à un moment donné, il faut qu'il prenne aussi en considération la situation politique. S'il a fait ses choix-là à l'époque, c'est parce qu'il était aussi prisonnier de sa campagne et de sa majorité. Sa campagne avait été marquée par des coups de barre à gauche sur certains thèmes, la taxe à 75%, les 60 000 postes dans l'éducation nationale et d'autres.
Il était l'héritier d'un programme négocié avec ses partenaires, notamment les Verts, mais plutôt négocié par Martine Aubry et marqué par cette direction du PS. Donc, il a mis un certain temps à retrouver sa nature, son identité propre, qui est en effet une identité de Laurienne. Par ailleurs, pendant ce temps-là, il a attendu. Il a attendu que la croissance arrive et fasse souffler dans les voiles un peu rapiécées de la France le vent de la reprise. Ça n'est pas venu. Il a attendu que la gauche gagne en Allemagne. La gauche n'a pas gagné. Il a attendu toute une série de phénomènes, l'inversion de la courbe du chômage, etc., qui n'arrivent pas.
Là, il a une conjoncture économique, ce qu'ils appellent l'alignement des astres, avec des taux d'intérêt intéressants, un euro moins fort, un pétrole moins cher. Ils en attendent des choses. Et puis, il a aussi toute une série de craintes. Des craintes extérieures, est-ce que la crise chinoise va planter la France ? Et puis, des craintes intérieures, est-ce que la manière dont l'État va serrer le robinet aux collectivités locales va casser la petite reprise ? En fonction de ça, il a cette fenêtre de tir aujourd'hui où il essaye de reprendre une ligne politique, qui est une ligne qui lui permet aussi de se dire, au deuxième tour de 2017, les centristes voteront pour moi.
Si je suis face à Sarkozy ou si je suis face à Le Pen. S'il était sur une ligne de gauche dure, faisant plaisir au Vert et à Mélenchon, il pourrait oublier ce report de voix.
Je me mets à la place des gens qui ont entendu parler de ce méa culpa sur la TVA sociale et sur la politique fiscale et qui se disent, t'es encore président, François Hollande, donc de quelques points, la TVA appelle la sociale si tu veux, et permet la baisse des impôts avant la fin du quinquennat. Ce n'est pas possible, ça ?
Ce serait possible, mais à condition de faire en parallèle une baisse de la dépense publique, une vraie. La baisse de la dépense publique, elle est beaucoup commentée, elle est beaucoup annoncée par les différents ministres des finances, de l'économie, que sache encore, mais elle n'a pas lieu réellement. C'est un ralentissement de la hausse. Il n'y a pas de baisse formelle de la dépense publique. Donc on est dans une situation où on doit continuer à réduire le déficit, c'est-à-dire l'écart entre les recettes et les dépenses, et on prétend ne pas trop diminuer les dépenses et diminuer les recettes. Ça ne colle pas.
Et donc, s'il veut, il pourrait baisser les impôts, mais s'il devait le faire, il devrait réduire la dépense publique. Ce que je constate, c'est qu'il n'arrive pas à se guérir de cette maladie terrible qui est cette espèce de taxophilie galopante. Qu'est-ce qui se passe ? On a la même semaine l'annonce d'une baisse probablement de l'impôt sur le revenu, probablement de 2 milliards, 2 milliards qui avaient déjà été annoncés. C'est une des grandes spécialités d'accumuler des sommes dont on ne sait pas très bien comment elles sont financées pour les agriculteurs, pour les ceux-ci, pour les ceux-là, et de répéter plusieurs fois des baisses d'impôts qui sont annoncées.
Les 2 milliards, ils sont réaffirmés. OK, prenons-les en compte, ils vont avoir...
Pour les foyers les plus modestes.
Mais qu'est-ce qui se passe en même temps ? On nous annonce qu'il va y avoir une redevance de la télévision sur les smartphones, sur les tablettes et puis on écarte ça et on dit ce sera sur les boxes Internet. Mais comment est-ce que ce pouvoir qui a en effet perdu une grande partie de sa popularité, on le disait tout à l'heure, sur le ras-le-bol fiscal, ce sentiment qu'on se fait taper sur le porte-monnaie à chaque coin de la rue, comment est-ce qu'ils peuvent dans la même semaine dire on va baisser les impôts, on va augmenter les taxes ? C'est pour moi absolument incompréhensible. En tout cas, ça tue le message politique.
Française François ? Il y a des raisons à cela qui sont assez structurelles. Bon, d'abord, la gauche aime la dépense publique. Deuxièmement, ils ont beaucoup pratiqué la politique du rabot, que ce soit sous la droite et sous la gauche et que maintenant, pour faire de réelles économies, il faudrait vraiment un plan structurel sur plusieurs années, réorganiser les administrations, notamment entre l'État et les collectivités locales et ça, c'est extrêmement difficile. Il faut avoir 7 ans devant soi et un plan de bataille. Et puis, j'ajoute qu'il pourrait baisser les impôts s'il obtenait la gentillesse de l'Europe de Mme Merkel qui dirait oui, allez-y, sauf qu'on a déjà beaucoup abusé.
On a beaucoup promis de réduire les déficits et puis on n'y arrive pas. Donc là, il est en difficulté parce qu'il n'arrive pas à concrétiser très profondément ce qu'il est en train de penser, c'est qu'effectivement, les impôts sont trop lourds. Donc, ça veut dire que c'est un mea culpa tactique ? Oui, mais non, pas forcément tactique parce que je pense qu'il a reconnu, je pense qu'il a été très longtemps associé à l'impôt, François Hollande. Il a toujours considéré qu'on pouvait augmenter les impôts, que c'était juste et je crois qu'il les a tellement augmentés que maintenant, il a réalisé que c'était beaucoup trop.
Donc, je pense qu'il est sincère quand il le dit sauf qu'il n'a pas les moyens de revenir en arrière et ça repose la question est-ce qu'on peut corriger en cours de quinquennat quand on a fait une bêtise au début ? Oui, et le dire et l'assumer publiquement comme il le fait en se confiant à vous. Il le fait, à votre avis, à dessein en vous le disant ? Écoutez, moi, je l'ai vu après avoir terminé mon enquête donc il savait très bien que j'allais l'interroger sur ce que j'avais ressenti donc quand il m'a parlé je pense qu'il savait exactement à qui il s'adressait et pourquoi il le faisait. Alors, je plaisantais en lançant le reportage en disant faut t'avouer ta moitié pardonnée.
Est-ce qu'à votre avis c'est ce que François Hollande a derrière la tête en faisant ses confidences ? D'abord, je pense que pour le moment il est assez inaudible. C'est la grosse différence par rapport à Nicolas Sarkozy qui lui provoquait des passions répulsions. Lui, il est carrément inaudible. On ne l'entend plus, on attend que ça se passe, on attend qu'il y ait quelque chose qui soit concrètement... Et les baisses d'impôts oui, on attend de voir. Pour le moment on a reçu la feuille d'impôt de 2015 ça n'a pas beaucoup baissé donc on verra en 2016.
Mais sur cette histoire de confession à François François il y a quelque chose qui est intéressant parce que je crois que dans son esprit il y avait aussi l'idée moi j'ai trouvé que la TVA sociale n'était pas juste donc je l'ai supprimée et donc j'ai fait un nouvel impôt pour payer les 11 milliards d'additions que m'avait laissé Nicolas Sarkozy mais quand même j'ai été courageux puisque je ne l'ai pas faite parce que je ne la trouvais pas finalement très juste socialement mais j'aurais pu m'en laver les mains et j'aurais laissé l'impôt TVA voté par Sarkozy et on ne m'en aurait pas imputé la responsabilité.
Sauf qu'il y a une habileté qu'il ne dit pas et que m'a raconté Jean-Marc Ayrault c'est que en fait si on faisait la baisse de TVA votée par le gouvernement de Fillon à côté on faisait tout de suite les baisses de charges qui allaient avec.
Et or eux ils ont fait des augmentations d'impôts sans faire des baisses de charges pour le début et après quand ils ont fait les packs de responsabilité et le CICE c'était pour l'année d'après pour encore l'année d'après donc pendant un an ils n'ont pas fait de baisses de charges donc ils gagnaient quand même les quelques 11 milliards qu'ils avaient en soute à payer il y avait donc une habileté et ça François Hollande puisque vous le racontez très bien et adore ces histoires budgétaires d'impôts etc il fait les additions très bien il savait très bien qu'il y avait quand même une habileté là-dedans alors maintenant c'est un quart de confession
et c'est un quart de confession qui moi me laisse un peu troubler par une autre phrase qui est dans le livre et entre guillemets dans le livre de François François François Hollande se présente comme quelqu'un de courageux je cite qui a engagé des réformes qui ne sont pas toutes de gauche mais qui servent l'intérêt général ça veut dire quoi en creux ?
ça veut dire que il a dans la première partie de son quinquennat engagé des réformes de gauche qui ne servait pas à l'intérêt général mais il les a faites parce qu'elles sont de gauche et ça veut dire et ça veut dire par exemple non mais attendez moi je fais juste une espèce d'exégèse de cette phrase hallucinante et ça veut dire désormais qu'il est capable de prendre des mesures d'intérêt général en au fond en reniant ce qu'est son credo de gauche et donc en admettant que ce qu'il a promis était un mensonge moi ça me laisse absolument pantois sur le côté incroyable de ce que ça répète
alors comment vous l'avez compris cette phrase non non moi je pense que vous forcez trop le trait moi je pense que non non ce que je pense c'est que François Hollande a découvert les contraintes de la mondialisation en président c'est à dire qu'il était pendant ce qui est quand même un sujet c'est encore pire que ce que je dis pardon il avait jamais mis les pieds en Chine avant d'être élu donc évidemment il a été pendant 11 ans premier secrétaire du parti socialiste il n'a jamais été ministre et je crois que la gauche ne s'est pas rendu compte de toutes les transformations du monde et je crois qu'il a été absolument percuté par la rapidité de la crise et de tout cet impact là et donc son scénario qui était de dire d'abord je vais en fait c'était le scénario de Mitterrand je vais d'abord taxer la finance et après on va discuter mais c'était impossible de taxer la finance et de discuter regardez ce qui s'est passé il a taxé la finance tout le monde est parti et après il s'en est rendu compte il s'est dit et maintenant il fait le tour du monde pour les rattraper donc je pense que c'est ça qui s'est passé c'est la découverte vraiment des contraintes de la mondialisation et en un temps très rétréci alors le problème c'est qu'il y a des dommages collatéraux de cette petite phrase on entendait tout à l'heure Marie-Noëlle Lindemann qui a dû lire également la même phrase que vous avez lue dans le livre de François Spressoz comment est-ce qu'il va gérer ça maintenant ?
moi je pense que ce ne sont pas des dommages collatéraux je pense que l'une des cibles qu'il vise en lâchant cette phrase qu'il s'est retrouvée dans un livre dont l'auteur est parfaitement crédible qui va être lue et auquel on va apporter du crédit c'est ça il vise justement l'impact politique et quel était l'impact politique ?
c'est de dire à la gauche de la gauche j'ai tourné la page je ferai sans doute donc les frondeurs vous ne rentrerez pas et d'ailleurs il n'a pas nommé un proche d'Aubry ou un frondeur au ministère du Travail Arnaud Montebourg vite à vie bonne chance les verts vous commencez à m'embêter je vais provoquer une scission ou du moins applaudir à la scission qui vous travaille récupérer dans un particule union des démocrates et des écolos une sorte de satellite pour le PS j'en nommerai un ou deux ministres sur la fin de mon quinquennat ça les flattera et je vais verdir ma campagne les verts vous serez discrédités par ailleurs vous aurez du mal à avoir les 500 signatures parce qu'aucun PS ne vous donnera de signatures enfin bref c'est l'adieu à la gauche de la gauche dans son cocktail politique pour avoir un premier tour confortable c'est à dire avec des adversaires à gauche très affaiblis pour pas que ça fasse le 21 avril et un deuxième tour gérable c'est à dire vous les républicains vous le centre je suis face à Marine Le Pen votez pour moi ou bien s'il est face à Sarkozy vous les centristes on peut discuter nous ne sommes plus en 2012 François Bayrou aura un siège de député voire un poste de ministre je fais Mitterrand je fais l'ouverture 88 il s'est ouvert une gamme de tirs une fenêtre de tirs purement politicien très intéressant
très intéressant mais à un moment donné il faut faire des additions comment est-ce qu'il fait s'il dit non à Marine Leibman qu'on a entendu s'il dit non au frondeur s'il dit non à une partie de ce parti socialiste qui n'est pas prêt à le suivre y compris sur des réformes à venir notamment celle du code du travail on veut y revenir il faut à un moment donné c'est bien la tactique mais est-ce qu'il pense quand même au second tour
le président de Christophe il le pousse jusqu'au bout suppose que François Hollande passe le premier tour c'est son pari c'est son pari mais s'il perd une grande partie de son électorat celui qu'il a porté en 2012 ça complique un peu les choses sauf s'il n'y a pas de candidat dans la mesure où on ne peut pas imaginer que la droite sera suffisamment stupide pour négliger un petit peu un temps soit peu le centre donc ça complique quand même sérieusement son... j'ai quand même une question à vous poser
personne ne dit que si Nicolas Sarkozy est désigné à la primaire il n'y a pas une candidature de Béirou alors on ne va pas faire avec des si si vous le voulez bien on va... juste une question Nicolas Béthou le titre de cette émission c'est Hollande a-t-il changé politiquement sur la tactique politique c'est quand même une révolution par rapport à ce qu'il a toujours considéré c'est-à-dire il faut d'abord rassembler son camp etc là pour le coup il y a quand même un changement ou pas ?
non oui sur les marges mais non quand vous considérez par exemple que depuis le début et Mélenchon et le parti communiste ne font pas partie de l'aventure gouvernementale non dans la mesure où ça fait maintenant un an qu'il n'y a plus de représentants de disons de la gauche du PS oui la gauche du PS cette espèce de de romantisme souverainiste à la Montebourg et industrialiste à la Montebourg non c'est juste le fait que alors on peut on peut habiller ça en disant c'est de la tactique c'est pensé c'est réfléchi c'est aussi les conséquences du fait qu'il perd en permanence des alliés je fais référence juste un petit détour une autre phrase qui m'a frappé qui est une citation de Payon Vincent Payon Vincent Payon dit à un proche et rapporté par Françoise Fressose avant l'élection les chiffres économiques du programme sont pipos tout repose sur le fait que la crise sera bientôt finie
et que la croissance va revenir
et que la croissance va revenir et on constate que la croissance n'est pas revenue en France mais pardon mais elle est revenue ailleurs elle est revenue ailleurs ça fait deux ans que les pays qui nous entourent sont en croissance et pourquoi est-ce qu'elle n'est pas revenue en France parce que François Hollande a fait des erreurs économiques absolues qui ont pulvérisé et la croissance et la confiance avec les chefs d'entreprise est-ce que vous croyez aujourd'hui qu'on peut dire que c'est un choix de réorienter sa politique en fonction du fait que la croissance n'est pas là non, là aussi il subit des événements qu'il a laissé faire ou qu'il a par maladresse ou par incompétence laissé s'organiser
est-ce que votre avis ce mea culpa de François Hollande oblige Nicolas Sarkozy à lui-même faire son devoir son droit d'inventaire en tout cas regarder son bilan avec une certaine forme de franchise et d'honnêteté vis-à-vis des français et d'assumer moi je pense que c'est pas un vrai mea culpa je pense que c'est une confidence à tiroir et je pense que ce que vous disiez sur les conséquences notamment avec la gauche du PS je pense que François Hollande a mis une croix sur le parti socialiste et c'est pas forcément une bonne chose mais je crois qu'il pense qu'il ne sera élu que par son rapport direct avec le peuple et bon c'est une juste pour compléter en cela moi je me souviens d'une confidence de Jacques Chirac aussi qu'ils aient les partis ça compte plus du tout quand vous êtes président de la république au bout d'un moment vous vous dites c'est moi qui peut gagner ou non l'élection et tant pis si mon camp se découpe c'est une dérive qu'on voit un peu j'ai un peu décrit dans mon poison présidentiel à un moment ils pensent que c'est eux qui vont faire l'élection et la mine croix sur le parti socialiste ce qui n'est pas forcément une bonne chose parce que le parti socialiste est en très mauvais état il y a le nombre d'adhérents est abaissé et ensuite on l'a bien vu à la Rochelle les militants ils sont les chaussettes c'est-à-dire que la gauche n'existe plus les politiques de gauche n'existent plus on est dans la survie et je pense que quand même les partis jouent un rôle essentiel dans les élections on voit bien quand il y avait Balladur Chirac c'est Chirac qui avait le parti qui a gagné il y a un moment il faut et ce qui a manqué à Bayrou c'est un grand parti ce qui a manqué à Barre c'est un grand parti il y a un moment c'est très important et il y a un sujet qui a agacé les militants socialistes c'est la réforme du code du travail quand François Hollande se recentre on va dire il s'attaque à des totems de la gauche la réforme du code du travail est en train de s'installer dans les esprits comme une nécessité le discours est porté y compris par des clubs de réflexion proches du parti socialiste cette réforme majeure doit être un levier dans la lutte contre le chômage et François Hollande a choisi la benjamine du gouvernement pour la conduire au moins devant les caméras Marie-Laurent et Stéphane Lopez
tous les mois il y a un rituel il y a pour le ministre comment dire un grand moment de solitude la publication des chiffres de Pôle emploi
la nouvelle ministre du travail aurait sûrement espéré meilleur encouragement de la part de son prédécesseur Myriam El Khomri jusque là secrétaire d'état à la ville benjamine du gouvernement et inconnu du grand public le pari de François Hollande mon cap est clair l'emploi est la priorité
de ce gouvernement vous pouvez compter sur ma détermination et ma combativité et il faudra également compter
sur mon optimisme mais l'optimisme suffira-t-il face à 3 millions et demi de chômeurs un peu léger selon l'opposition en campagne pour les régimes
elle va devoir forcément faire une période d'apprentissage il reste 18 mois dans le quinquennat je ne suis pas sûr que mettre quelqu'un qui va découvrir le sujet maintenant était le meilleur choix de toute façon dans la 5ème république qui décide vraiment le président de la république
le responsable de l'échec c'est François Hollande donc vous pouvez mettre qui vous voulez comme ministre du travail tant que vous avez quelqu'un comme François Hollande qui ne fera pas les réformes nécessaires il n'y a rien qui changera
parmi les dossiers les plus brûlants la refonte d'un mastodonte devenu tabou à gauche le code du travail et ses 3600 pages 11 000 articles à écrémé d'urgence chantier lancé par le premier ministre en personne à la Rochelle sous les UE
Robert Baninter et Antoine Lyon-Camp deux grandes figures de la gauche et j'attends ceux qui vont leur donner des leçons d'engagement à gauche font eux-mêmes ce constat d'un code du travail si complexe qu'il en est devenu inefficace activité bridée activité bridée salariés qui ne moi qu'il y ait quelques militants perdus qui sifflissent Robert Baninter dans cette salle ça m'étonne toujours quand même un peu
car en dehors du parti l'opinion semble prête y compris à gauche pour la réforme 74% des sympathisants l'attendent désormais Emmanuel Valls peut également s'appuyer sur une série de travaux aux conclusions similaires le livre de Robert Baninter en juin et cette semaine deux rapports l'un plutôt libéral l'autre venu de la boîte à idées du parti socialiste Terra Nova deux orientations politiques différentes pour une même proposition choc permettre aux entreprises en cas d'accord patronat syndicat de déroger à la loi quitte à sacrifier quelques symboles
nous proposons qu'un accord de branche puisse éventuellement déroger au SMIC national nous n'excluons pas cette voie nous ce que nous disons c'est arrêtons de totémiser certains sujets arrêtons d'interdire un débat serein sur certains sujets la loi doit évidemment protéger le salarié mais si les partenaires sociaux pensent qu'un compromis est plus avantageux pour eux que certains textes de loi laissons-les décider ne soyons pas totalitaires
révolution nécessaire selon cet économiste conseiller de François Hollande pendant les présidentielles et théoricien des 35 heures la gauche n'a pas d'autre choix pour renouer avec la croissance
ce que nous proposons va exactement dans la direction des pays nordiques des pays scandinaves de ces pays sociodémocrates pour le plus grand nombre où les syndicats ont un grand rôle à jouer c'est exactement aussi l'approche qui existe en Allemagne où les partenaires sociaux ont une marche décisionnelle très forte on ne dit pas que les pays scandinaves sont des pays ultra libéraux le patronat a un pouvoir énorme et pourtant c'est des pays dans lesquels existe totalement ce que nous proposons comme dispositif dans un pays comme le nôtre comme la France
laisser la main aux entreprises et aux salariés pour déroger au code du travail le sujet reste peu rassembleur à gauche risqué donc à 20 mois des présidentielles alors le sujet est risqué mais il est clairement aujourd'hui dans le débat n'est-il pas définitivement trop tard pour que François Hollande fasse les réformes dont la France a tant besoin
oui si on raisonne en termes d'efficacité c'est-à-dire de résultat Nicolas Béthou avait raison c'est trop tard combien même prendrait-il aujourd'hui en les faisant voter à vitesse grand V les bonnes mesures le temps que ça arrive dans l'assiette des gens le temps que ça fasse baisser le chômage chez le voisin le quinquennat sera terminé alors il n'est pas trop tard pour lancer des réformes pour son second quinquennat soit réélu c'est évidemment plus aléatoire
mais on parlait de la réforme du code du travail c'est une réforme qui est lourde à mener il peut l'initier dès maintenant on sait qu'on a vu qu'il y avait tout ça a été plutôt pas mal orchestré pour que le sujet revienne vraiment sur le devant de la scène et qu'il y ait une espèce de consensus droite-gauche sur la nécessité de le faire ça peut se faire
alors il se passe quelque chose on parlait traditionnellement d'alignement des planètes où c'est pour l'économie là il y a un alignement une espèce de conjoncture qui est en train de se mettre en place qui est l'accumulation de petites phrases d'ouvrages de fond comme celui de Robert Bannater et d'Antoine Lyon-Camp de rapports qui viennent de la droite comme de la gauche votre sujet l'a montré parfaitement et de petites phrases de Manuel Valls qui tout en disant on ne touchera pas aux 35 heures dit exactement l'inverse il dit dans le même discours on ne touchera pas aux 35 heures et il dit nous allons je le cite revoir en profondeur la manière même de concevoir la réglementation du droit du travail ce qui veut dire on va mettre fin ce que proposent ces trois ouvrages dont on parlait à l'instant on va mettre fin on propose de mettre fin à ces lois nationales uniques et qui sont des étouffoirs en donnant aux entreprises aux branches c'est-à-dire aux métiers la possibilité de négocier de faire une vraie démocratie sociale c'est-à-dire entre le patronat un patronat si possible représentatif et des syndicats si possible représentatif il y a plus de travail de ce côté-là la possibilité de nouer des accords ce qui est très intéressant c'est que ça renverse complètement la logique qui est celle de l'adaptation du droit du travail depuis des années et des années qu'est-ce qu'on essaye de faire depuis des années on a un code qui est monstrueux et on le complique à chaque fois qu'on veut faire quelque chose de nouveau sous prétexte de l'alléger de le simplifier on le complique on l'alourdit là toutes ces initiatives visent à dire écoutez on peut essayer de repartir avec un socle minimum quelque chose qui soit les vrais fondamentaux du modèle social à la française voilà et puis les intouchables les choses sur lesquelles on n'a pas le droit de ne pas respecter la loi et les droits des salariés la protection des salariés etc.
vous voyez bien ce que peut être le socle minimum et on va demander aux partenaires sociaux de façon nationale mais surtout dans les entreprises mais surtout dans les métiers de spécifier et d'adapter à ce qu'ils sont vraiment ce droit du travail
j'ai une question toute simple pardonnez-moi
c'est des mois de travail pardon
c'est des mois de travail pour aboutir à cette réforme
c'est des mois de travail c'est des mois de travail c'est un combat vis-à-vis de l'opinion publique en particulier vis-à-vis des syndicats parce qu'ils ne sont pas tous sur cette longueur d'onde bien sûr c'est un énorme travail il est bien engagé il est loin d'être entamé en réalité
la question que je me pose est toute simple en quoi une réforme du code du travail est une réponse à la situation de l'emploi en quoi en gros on peut se dire c'est formidable c'est formidable ça va créer des emplois non non pas tout de suite pas tout de suite donc qu'est-ce que ça va apporter à l'économie française ou même au mode de fonctionnement des entreprises
une réforme comme celle-ci c'est très simple il faut sans rentrer dans les détails il faut déverrouiller un certain nombre de choses qui bloquent on sait très bien qui bloquent par exemple la possibilité qu'ont les entreprises de rompre un contrat de travail c'est ultra compliqué en France et parce que c'est compliqué les chefs d'entreprise hésitent à rentrer dans un contrat de travail avec quelqu'un dont ils ne sont pas sûrs de ne pas devoir se séparer parce que crise économique parce qu'ils ne s'entendront pas etc.
au bout d'un certain nombre de choses si vous simplifiez la rupture du contrat de travail sans massacrer les droits des salariés si vous simplifiez ça alors vous pouvez libérer par exemple les capacités de création de travail
Françoise Frassoz alors je trouve le débat très intéressant parce que quand vous reprenez la proposition de M.
Sette et tout ce qui se passe actuellement François Fillon l'a porté aussi ce qui veut dire que sur des sujets clés qui touchent à la compétitivité française et à l'emploi français on commence à avoir une petite musique presque consensuelle on commence à dire finalement la TV Associates c'était peut-être pas plus mal et finalement revoir la hiérarchie des normes et dire au patronat et au syndicat dans l'entreprise saisissez-vous des problèmes ça commence à être une mesure un peu consensuelle donc on peut se dire que finalement sur le long terme quelque chose peut se passer en sachant qu'on s'attaque on parlait des totems de la gauche Gilles Berset va jusqu'à évoquer la question du SMIC qui est quand même à gauche un vrai sujet
là aussi le SMIC différencié selon les régions par exemple le premier qui en a parlé c'est Baladur c'était en 93 je crois même qu'il en a parlé dans un voyage où j'étais avec Guylaine Ottenheimer c'est de dire si c'est vieux et c'est une idée de bon sens la vie n'est pas aussi chère en Ile-de-France ou en Limousin pourquoi le SMIC serait identique on n'y est toujours pas moi je suis beaucoup moins optimiste que l'autre côté de la tape parce que j'ai l'impression que les freins vont être tellement énormes on ne peut pas faire ces révolutions sans que les partenaires sociaux soient non seulement représentatifs mais d'accord le dialogue est au point mort alors oui il y a une petite musique l'interview de Laurent Berger cette semaine était très intéressante il y a des occasions le rapport Combrexel qui va arriver mais on va rentrer dans la campagne des régionales après avoir été passé par la COP21 puis après il y a la course à la présidentielle comment faire cette révolution parce que c'en est une sans que les blocages classiques chacun protégeant son petit fief ne viennent tout enrayer donc ça nous renvoie à la campagne présidentielle ça sera un choc présidentiel et il faudra parler de référendum parce que ce genre de révolution notamment c'est les branches et les entreprises qui décident c'est plus la loi ça c'est une révolution française ou une contre-révolution française si on l'accepte ça sera forcément par référendum
ça veut dire qu'un certain nombre de gens ont compris que ce qui avait été tenté par la droite a échoué on le sait ce qui est tenté par la gauche on le voit a échoué et tous ces gens là se disent il faut qu'on cherche autre chose et tous ces gens là comprennent que les grandes lois nationales totémiques et iconiques ça ne fonctionne pas
il y a une vraie évolution il y a une vraie évolution dans le pays et d'ailleurs tous les sondages qui sont parus cette semaine y compris chez nous montrent que 57-65% des gens sont favorables à une réforme du code du travail à une dérèglementation 7 français sur 10 prêt à abandonner les 35 heures moyennant augmentation de salaire ça c'est le sondage des échos mais moi j'ai envie de vous dire François Hollande il fait de la politique avant de faire de l'économie et donc je ne sais pas si vous avez remarqué mais il est en train de saboter tous les grands sujets de la droite il a saboté la réforme enfin il n'y a plus de sujet sur la réforme territoriale il n'y a plus de sujet sur le code du travail il n'y a plus de sujet sur le travail du dimanche il n'y a plus de sujet sur beaucoup sur l'école etc il y a beaucoup de sujets où il a préempté et il dira enfin bon nous on l'a fait la TVA sociale bon on vous laisse je l'ai dit mais ça va il lui reste quelques sujets alors maintenant il est obligé les impôts, le chômage, les migrants il reste quand même des clivages et des sujets ça fait partie de la nécessité de son discours maintenant il y aura une réforme parce qu'il est obligé d'aboutir mais simplement est-ce qu'on aura une vraie réforme qui produit des effets qui ira jusqu'à ce que vous disiez avec des SMIC régionaux avec la liberté de choisir combien de dimanche et pas d'attendre une loi qui met des mois à être votée au Parlement à avoir une réactivité on a beaucoup beaucoup libéré la possibilité de licencier avec le contrat la rupture conventionnelle les critères de licenciement c'était avant la gauche oui mais enfin bon ça a déjà beaucoup été facilité mais là où je trouve que ce qui est très important c'est que si François Hollande veut vraiment cette réforme et s'il est persuadé que ça va créer de l'emploi que nous a-t-il convaincu que n'a-t-il convaincu sa majorité que nous a-t-il fait un grand discours et on va voir s'il le fait lundi où il nous démontre exactement ce qu'il veut pour arriver à quoi et qu'est-ce que ça va profiter aux entreprises en plus une réforme du code du travail ne sera effective et ne donnera des effets sur l'emploi que si elle est conjuguée à d'autres réformes et à d'autres mesures et je pense qu'une des mesures phares qui fait qu'aujourd'hui on a perdu quand même beaucoup d'entrepreneurs et beaucoup d'énergie c'est quand même la taxe des revenus du capital alignée sur le code du travail sans compter Guylaine Ottenheimer vous disiez il fait de la politique sans compter qu'on a quand même entendu le premier secrétaire du parti socialiste dire attention le code du travail nous on n'y va pas à quoi il joue là Françoise Fresseuse en faisant ça ?
je pense que le premier secrétaire du parti socialiste il joue au premier secrétaire du parti socialiste il veut tenir les deux bouts de son parti il sent que ça tiraille dans tous les sens et donc il fait un peu la conversation mais moi ce que je trouve très intéressant dans l'évolution sociale c'est que quand vous analysez ce qui s'est passé le tournant du quinquennat c'est à dire le pacte de responsabilité il y avait deux acteurs qui étaient dans le coup la CFDT et le MEDEF ils ont joué le jeu et regardez aussi sur le travail du dimanche Nicolas Sarkozy avait essayé d'y toucher il n'y a pas réussi on l'a fait là cette fois-ci donc globalement la société quand même évolue et ce qu'il faut à la limite c'est presque plus la parole politique c'est les acteurs saisissez-vous si vous voulez bouger saisissez-vous et que les syndicats soient forts et que le patronat soient forts il remet ça c'est très important je crois il remet pardonnez-moi Guylaine Ottenheimer le montre c'est une négociatrice Guylaine Ottenheimer je vous donne la parole il remet les syndicats au centre du jeu en faisant ça donc là il retrouve le François Hollande du début non ?
tout à fait et je pense que c'est la seule porte de sortie pour lui et le choix de la ministre du travail est très important c'est quelqu'un qui a toujours démontré des capacités d'écoute elle connait pas elle est pas une technicienne du droit du travail et tout le monde lui a tiré dessus d'accord enfin Rebzamen n'était pas un grand technicien le dernier grand ministre technicien c'est Martine Aubry bon elle allait chez les 35 heures il y avait les moyens ça mais Myriam est une très bonne négociatrice et il faut faire monter les syndicats je suis tout à fait d'accord avec Françoise là-dessus c'est une évolution indispensable d'ailleurs pour le pays et indispensable pour Françoise Myriam El Khomri c'est elle qui va la faire cette réforme du coup du travail parce que nous on a compris que c'était la maître en scène non on dit Nicolas Véthou pour organiser le dialogue mais si quand même
bon ce sont des sujets ultra techniques et on le voit bien à gauche vous ne pouvez pas faire cette réforme si vous n'avez pas un poids politique elle n'a aucun poids politique et donc ce n'est pas elle qui fera la réforme c'est une réforme qui sera portée poussée éventuellement par l'Elysée et Matignon après est-ce que cette réforme se fera d'ici la fin du quinquennat je suis d'accord avec Christophe il y a les plus grands points d'interrogation qui pèsent sur la faisabilité de la réforme ce qui est important à mon avis c'est que faisant contre mauvaise fortune bon cœur probablement François Hollande laisse une partie de sa majorité aller sur ces terrains nouveaux qui seront probablement au cœur d'un des grands chapitres des débats de la présidentielle et qui permettront d'installer quelque chose qui sera propice à la réforme après
ce qui est assez incompréhensible pardonnez-moi d'y revenir c'est qu'avec un sujet comme celui-ci il ne rassemble pas sa famille politique
parce qu'il n'assume jamais les tournants qu'il fait est-ce que on sait très bien petit retour en arrière que ni le pacte de responsabilité n'a été même évoqué avec son gouvernement avant d'être présenté ni le CICE n'a été même présenté à ceux qui devaient l'appliquer avant qu'il soit annoncé au public à la télévision enfin c'est quelqu'un qui godille en réalité et n'assume pas ses propres changements de cap comment voulez-vous qu'il assume quelque chose qui est aussi dévastateur ou en tout cas déstabilisant pour sa majorité il ne le fera pas
je pense qu'il paye aussi l'impréparation du parti socialiste pendant toutes ces années d'opposition tout ce qui est développé là c'était un peu l'aile strausskanienne et le socialiste de la production c'est Dominique Strausskan qui le portait sauf que personne après n'a vraiment travaillait ce champ-là et donc c'est ce que dit Manuel Valls il dit en fait on évolue au gouvernement beaucoup plus vite que ce qu'on a évolué parce que c'est au gouvernement qu'on arrive à poser des problèmes parce qu'on est confronté au réel quand vous êtes un parti socialiste dans l'opposition c'est le rêve d'un monde nouveau qui n'existe pas donc je pense que c'est ça qui se passe aussi aujourd'hui
s'il veut que sa majorité ne lui saute pas la figure il faut qu'il lui fasse des concessions première concession il n'a pas nommé entre guillemets Macron ministre du travail beaucoup craignaient l'emprise de Macron sur le ministère du travail deuxième concession quand même l'impôt à la source issu de la motion A du congrès de Poitiers qui est plutôt apprécié de l'aile gauche du parti l'impôt à la source doit permettre une réforme fiscale mieux redistributrice nous dit-on à la gauche de la gauche troisième concession en même moment qu'on engageait ce débat et qu'on nommait Myriam El Khomri la loi sur les mineurs à laquelle tient tant Christiane Taubira a été programmée après des mois d'attente d'attermoiement et honnêtement Manuel Valls n'avait pas tellement envie de la programmer mais c'est promis au premier semestre 2016 on en débattra donc il crée aussi des éléments pour donner un os à ronger si j'ose dire à la gauche de la gauche dernière concession faire en sorte que le chef d'orchestre de cette réforme du code du travail ne soit pas provocateur ça peut pas être Myriam El Khomri elle est trop mince politiquement si c'est Valls à mon avis ça mêle un peu le feu à la majorité parlementaire il va être obligé de le faire lui-même quelque part il peut donner aussi le message qu'il lui faudra un second quinquennat pour continuer cette révolution alors
un autre sujet sur la question des migrants François Hollande a cette fois-ci plutôt adouci sa ligne après avoir refusé l'idée de quota de migrants c'était avant l'été il a fini par caler son pas sur celui d'Angela Merkel reste maintenant au couple franco-allemand à imposer cette ligne aux autres partenaires européens alors est-ce que la photo qui a remué le monde entier suffira à arracher un consensus Laurent Hirsch et Joël Lefebvre
plus qu'une photo un électrochoc mercredi sur une plage de Bodrum en Turquie est retrouvé le corps sans vie du petit Haïlan 4 ans réfugié kurde originaire de Kobané il s'est noyé alors qu'il tentait de rejoindre la Grèce avec sa famille en quelques heures à peine la photo fait le tour du monde et la une de presque tous les journaux elle devient le symbole des tragédies vécues par les migrants en Méditerranée dans la foulée François Hollande et Angela Merkel signent une lettre commune y est stipulée que les demandeurs d'asile devraient être mieux répartis entre tous les Etats membres et non se concentrer sur un nombre limité de destinations l'Union européenne doit faire davantage elle doit répartir c'est le mot qui est choisi répartir un certain nombre de personnes qui demandent refuge c'est ce qui a été fait pour 40 000 Syriens et c'était un conseil européen qui s'était tenu au mois de juin aujourd'hui nous parlons de 100 000 il est donc tout à fait nécessaire d'avoir un mécanisme les mots sont choisis avec soin on parle de répartition des réfugiés non plus de quotas de migrants une expression balayée il y a près de 4 mois par le chef de l'Etat il n'est pas question qu'il y ait des quotas d'immigrants parce que nous avons des règles qui est le contrôle contrôle de nos frontières et des politiques de maîtrise de l'immigration une position française qui dénote alors avec la politique allemande envers les migrants tout au long de l'été la chancelière Angela Merkel cherche à éveiller les consciences de ses voisins il faut que l'Europe tout entière se réveille
les Etats doivent partager
les responsabilités
en matière de demande d'asile
je suis fière
et reconnaissante envers ces allemands qui sont prêts à accueillir des réfugiés
le nombre d'allemands
qui sont pour l'accueil de réfugiés qui sont prêts à les aider qui les aident déjà y compris en les hébergeant dépasse de loin le nombre de ceux qui leur sont hostiles pour la chancelière
si l'Europe échoue sur la question des réfugiés son lien avec les droits civils universels sera rompu ou comment donner des leçons d'humanisme au pays des droits de l'homme notamment la France qui par la voix de son premier ministre précise un peu plus le nouveau dispositif européen d'accueil des migrants pour que cette répartition obligatoire soit acceptée et possible il faut une condition préalable bien sûr c'est la mise en place de ce qu'on appelle des hotspots parlons plus clairement des centres d'accueil en Italie en Grèce il en existe déjà en Hongrie peut-être dans d'autres pays qui permettent de bien distinguer ceux qu'il faut protéger ceux qui ont droit à l'asile les réfugiés et ceux qui ont vocation les migrants économiques à être reconduits à la frontière c'est-à-dire à revenir dans leur pays respectif l'opinion reste quant à elle majoritairement hostile à l'accueil des migrants 56% des français y sont opposés selon un sondage mené toutefois juste avant la publication de la fameuse photo du petit Haïlan chez les sympathisants de gauche cette hostilité est moins forte 32% d'entre eux se disent opposés à l'accueil de migrants dans un contexte où beaucoup de sympathisants de gauche justement reprochent à l'exécutif son absence de résultats sur le plan économique et social ce qui lui coûte de nombreux points de popularité et bien effectivement il peut y trouver un intérêt stratégique à s'emparer du sujet à mobiliser un certain nombre de moyens à défendre les valeurs de gauche qui sont traditionnellement des valeurs d'accueil et d'humanisme justement par rapport aux plus faibles et par rapport aux réfugiés politiques et donc effectivement je pense que tant Manuel Valls que François Hollande ont à gagner effectivement vis-à-vis des sympathisants de gauche à s'emparer du sujet et à y apporter des réponses fortes ces réponses pourraient s'amorcer dans 10 jours au cours d'un conseil européen des ministres de l'intérieur quant aux chefs d'état et de gouvernement ils devraient s'emparer de la question lors de leur prochain sommet à la mi-octobre
alors le sujet naturellement n'a pas fini d'agiter la communauté internationale mais je voudrais revenir sur le début de ce reportage avec cette espèce d'ajustement pour ne pas être désagréable de la position de la France sur la question des quotas et avec une phrase dans votre livre Françoise Fressos où il y a quelqu'un qui vous fait une confidence et qui vous dit face à Merkel il est comme un petit garçon il a plié face au pragmatisme de Merkel dans cette histoire-là Non mais moi je trouve que c'est très révélateur de l'inégalité de situation de la France et l'Allemagne c'est-à-dire que la France il y a un front national très fort une situation de l'emploi très mauvaise et une question migratoire qui suscite les passions en Allemagne la chancelière elle a besoin de l'immigration elle a un taux de chômage à 5% et elle est impératrice d'Europe Angela Merkel et rien ne peut se faire sans elle donc François Hollande racontait qu'il avait été extrêmement troublé par le premier conseil européen sur la question migratoire c'était une tension en Europe d'une ampleur incroyable où tout pouvait casser et il faut une femme comme la chancelière qui est quand même qui domine qui prenne la parole et qui dise maintenant il faut s'atteler je pense que la France était trop faible pour pouvoir prendre l'initiative même si on sentait bien que quand même pendant l'été on ne pouvait pas rester comme ça mais la tension elle est encore présente Nicolas Bétou il y a certains pays qui ne sont pas du tout prêts à suivre Angela Merkel et François Hollande sur l'idée des quotas de migrants
c'est la réalité d'aujourd'hui même d'abord un petit retour en arrière sur ce qu'Angela Merkel est vraiment face à cette situation on a beaucoup tendance à idéaliser en France la situation d'une Angela Merkel qui ouvre les bras et qui dit à tous les immigrés bienvenue chez nous non c'est pas ce qu'elle dit elle dit depuis le début chaque pays doit prendre sa part du fardeau autrement dit elle sait pertinemment que ça ne servait à rien et en plus ces mots ces symboles dans l'histoire allemande sont tellement ravageurs que ça leur saute à la figure mais ça ne servait à rien d'imaginer de construire un mur aux frontières de l'Allemagne donc elle savait très bien qu'elle devait laisser entrer tous ces migrants chez elle ce qu'elle a fait et elle a très bien géré son opinion publique parce qu'elle a affronté cette question ce que François Hollande n'a pas fait mais elle a toujours dit dans la même phrase et chaque pays d'Europe devra prendre sa part du fardeau et ça c'est pas fait et elle l'a dit d'une façon comme si en disant prendre sa part du fardeau elle l'a dit en disant il faut que Schengen fonctionne sinon Schengen explosera et qu'est-ce que c'est Schengen c'est la circulation libre et l'établissement libre partout ailleurs et donc elle est aujourd'hui dans cette situation où elle est en effet comme disait Françoise une sorte d'impératrice de l'Europe des pays qui acceptent ça et à ses frontières il y en a au moins 4 la Pologne la Hongrie la Tchéquie la Slovaquie qui refusent totalement le premier ministre slovaque a eu cette phrase d'une violence inouïe je ne veux pas 100 000 arabes de plus chez moi et ces 4 pays se sont réunis aujourd'hui même et ont confirmé leur refus absolu d'accueillir des migrants et ont simplement dit on accepte de créer un couloir qui permettra aux migrants qui viennent donc de Syrie par Turquie Grèce etc de passer chez nous pour aller ailleurs en Allemagne et chez les autres bienvenue chez les autres pas chez nous c'est une crise qui peut faire casser l'Europe beaucoup plus gravement encore que la Grèce
on en revient à François Hollande et à son attitude sur ce dossier là Christophe Barbier est-ce qu'on entendait dans le reportage un observateur qui disait au fond il va aller sur la question des valeurs il ne peut pas avoir des résultats vis-à-vis de sa famille politique et même vis-à-vis des Français sur les questions économiques donc il va essayer de rassembler sa famille sur le compassionnel sur l'humanité qu'il peut avoir en gérant cette crise des millions
il y a des valeurs il y a du sociétal qui ne coûte rien économiquement par exemple le mariage pour tous et sa famille applaudit il y a des réformes qui coûtent politiquement mais rien économiquement ça peut être le droit de vote des étrangers aux élections locales pour l'instant on n'en parle plus et puis il y a des mesures droit de l'homiste ou des concessions faites aux valeurs qui peuvent coûter cher socialement ou économiquement et la situation que décrivait Françoise Fresseau et à la fois politique le FN mais aussi économique le chômage l'empêchait de parler quota d'accepter sa part du fardeau jusqu'au déferlement de ces derniers jours et de l'émotion qui submerge tout le monde y compris ceux qui en France sont les plus impitoyables donc il lui faut rassurer les gens dans la durée et c'est valable aussi pour certains des pays qu'évoquait Nicolas Béthoud rassurer les gens dans la durée ça veut dire on va accueillir des réfugiés en 2015 peut-être en 2016 mais après ils retourneront en Syrie parce que la paix sera revenue et pour ça il faut une action militaire beaucoup plus violente beaucoup plus agressive là-bas et ça c'est pas les Allemands qui vont le faire c'est les armées habituelles qui interviennent dans ce genre de cas c'est-à-dire les Anglais et les Français
et nous allons passer maintenant à vos questions aux questions SMS alors Guylaine Otenheimer cette question le quinquennat de Hollande est-il déjà plié ?
on peut jamais dire un an et demi d'une élection personne ne s'engagera à dire c'est plié souvenez-vous Jacques Chirac 15% dans les sondages en janvier 95 Balladur à 60% la une du monde l'élection est jouée et à l'arrivée c'est Jacques Chirac qui gagne Lionel Jospin était dans tous les sondages le grand gagnant et voilà donc normalement on ne peut maintenant il y a des fondamentaux on peut être très sceptique sur ces chances de réélection d'abord l'impopularité le fil est rompu avec les Français qui n'entendent plus même dans son propre camp il est minoritaire il a perdu toutes les élections intermédiaires et risque de perdre les régionales même si c'est moins la cata qu'on aurait pu le croire et il n'a pas pour le moment de résultats économiques avec un chômage qui a augmenté des impôts qui ont augmenté tout ça ça a fortement impacté le subconscient des Français ou même le conscient donc je veux dire ça fait énormément de sujets à faire oublier maintenant il y a les circonstances vous savez dans une élection regardez si l'élection a été au lendemain de Charlie alors je ne veux pas dire qu'un Charlie sauverait l'attaque Charlie mais je veux dire il peut y avoir des événements il peut y avoir une attitude face justement au déferlement des immigrés il peut y avoir et puis il peut y avoir des divisions à droite donc c'est jamais plier une élection
Hollande est-ce qu'on peut rajouter juste un point très vite parce qu'il y a beaucoup de questions depuis 1978 tous les pouvoirs ont été battus tous systématiquement et donc avec tout ce qu'il a comme boulet au pied s'il était réélu ce serait vraiment un exploit politique absolument fascinant
Hollande a-t-il vraiment échoué plus largement que Sarkozy ?
Christophe Barbier c'est difficile de faire un comparatif dans la mesure où la crise a cassé le quinquennat de Sarkozy en deux à partir de 2008 une nouvelle période s'ouvrait et Nicolas Sarkozy a eu de bonnes réponses d'urgence notamment pour sauver le système bancaire et de mauvaises réponses ou une absence de réponse de fonds et donc il a payé le prix par l'endettement et par le chômage François Hollande est arrivé dans cette situation-là il a raté la remontée et notamment il n'a pas fait ces réformes qui ont marché ailleurs alors on peut considérer qu'il a eu la paix sociale pas de révolution dans notre pays à part les éleveurs de porcs les bonnets rouges et de temps en temps des conflits perlés on n'a pas eu de grands moments de blocage comme dans d'autres pays mais il n'a pas eu la reprise économique son principal échec c'est là il a sacrifié au maintien d'une certaine paix sociale la capacité de rebond économique en faisant des sacrifices qu'ont choisi les autres notamment en sacrifice sur la dépense publique
finalement 2017 sera-t-il une bataille sur les échecs si on est dans le scénario actuel ça risque d'être l'élection de la détestation relative c'est-à-dire quel candidat va être le plus repoussoir si on reste dans la configuration Nicolas Sarkozy François Hollande Marine Le Pen je crains que ce soit ça le match donc la conjoncture
est quand même pas très bonne mais ça n'est pas le scénario le seul scénario en cours il peut y avoir à droite d'autres candidats qui gagneraient la première
et à gauche non pas d'autres scénarios
si enfin tout se joue à partir d'une mécanique perverse d'ailleurs qui se met en place à partir des sondages si les sondages s'accumulent en montrant un grand écart par exemple entre un premier tour Hollande face aux autres ou un premier tour Valls face aux autres alors la question viendra de l'intérieur même du camp socialiste sur le thème est-ce que c'est lui le mieux placé
nouveau plan comme présidentiel axé sur la vérité à l'américaine n'est-ce pas trop tard
pour la vérité pour le discours de vérité c'est pas un discours de vérité dites-vous c'est pas un discours de vérité je vous le disais tout à l'heure il dit qu'il va baisser les impôts il augmente les redevances non c'est pas un discours de vérité
il dit je me suis trompé quand même sur la politique fiscale c'est pas un discours de vérité
c'est intégré à son discours pré-électoral le mea culpa pour couper l'herbe sous le pied d'un Nicolas Sarkozy dont on disait pendant l'été qu'il ferait son droit d'inventaire donc là maintenant il peut être moderne mais après moi pour se différencier d'un Chirac et surtout d'un Mitterrand qui jusqu'au bout n'a fait son mea culpa sur rien pas même sur Vichy et donc là il essaye de saisir une certaine forme de modernité puis s'ouvrir aussi des possibilités de négociation avec une majorité alternative un peu comme s'il se mettait dans une situation de future cohabitation parce que même s'il est réélu face à Le Pen dans des conditions acrobatiques qui est sans doute pas facile derrière il faudra trouver une majorité on risque comme en 88 d'avoir une sorte de chambre un peu instable il lui faudra s'ouvrir à ses opposants d'aujourd'hui c'est à cela à mon avis qu'il pense et dont il pose les premiers jalons
à part son mariage quelle bonne nouvelle Hollande pourrait-il annoncer ?
l'inversion de la courbe du chômage aucune l'inversion de la courbe du chômage aucune il y a eu un roman il y a eu un roman fiction qui est paru dans l'opinion l'opinion où effectivement il y a le mariage avec sa doulecinée voilà j'y crois pas une seconde c'est une figure oui oui non non ce que je pense c'est que on est dans un monde d'une gravité exceptionnelle moi je suis très frappé par ce qui se passe en Europe on a échappé à la sortie de la Grèce pendant l'été là on est sous une pression migratoire incroyable donc je pense qu'il va jouer la gravité maintenant qu'il a fait vraiment je pense que sur la question européenne il a vraiment dit sa vérité c'est à dire ça ne peut marcher que dans le couple avec l'Allemagne et je suis pro-européen et bien maintenant il faut qu'il montre que sur l'Europe sa voix porte vous avez raison il y a des sujets graves et en même temps cette question n'est pas totalement hors du contexte est-ce qu'il va exposer sa vie privée dans ce moment là il avait dit qu'il ne le ferait pas et puis on a vu de temps en temps sortir Julie Gaillet est-ce qu'à votre avis des confessions que vous avez sorti toute seule bon alors elle est sortie toute seule mais en tout cas on l'a vu elle s'est un peu affichée est-ce qu'elle va le faire davantage ?
vous avez vu affaires privées donc ça vous n'aurez jamais une conscience là-dessus ça ne changera pas vous n'avez pas eu une seule photo cet été c'est extraordinaire c'est le seul président de la République élu au suffrage universel dont on n'a pas eu c'est un homme seul François Hollande
et on ne savait pas où il était dans une démocratie moderne absolument inouïe
c'est un point vous êtes d'accord avec ça pour boucler la boucle sur lequel il n'a pas changé il ne veut pas exposer sa vie privée Hollande peut-il brusquer l'EPS être plus libéral dans sa politique socio-économique et fonder les bases d'une sixième république je ne le crois pas assez audacieux pour ça je crois même que sur la proportionnelle qui serait une toute petite réforme on n'avance pas et il n'est pas assez solide pour proposer un gouvernement il n'a pas de pouvoir politique
il n'a plus d'assises politique il n'a pas ce qu'il faut on ne peut pas changer
la constitution en rassemblant un congrès ou en faisant un référendum ça vous l'évacuez et la proportionnelle c'était surtout pour essayer de négocier avec les verts et d'acheter un peu ça paraîtrait comme une manœuvre incroyable elle sera promise aux centristes pour après
une dernière question la baisse des impôts les regrets sur une réforme de Sarkozy à Breger ne servent-ils pas uniquement des intérêts électoralistes ?
pas uniquement il y a aussi les retrouvailles avec un Orlando Delorien d'origine
en tout cas visiblement ce téléspectateur ou cette téléspectatrice c'était un peu sceptique merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h35 lundi vous retrouvez Axel Detarledon c'est à dire Yves Calvi 17h50 pour C'est dans l'air quant à moi je vous donne rendez-vous dimanche 18h en direct pour la rentrée de ces politiques mon invité se voit comme le seul opposant à François Hollande c'est Jean-Luc Mélenchon belle soirée sur France 5 Sous-titrage Société Radio-Canada
François Hollande