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interviewRTL — L'invité de 7h40· 6 mars 2026 10 min

"Un bouclier pour protéger les Français" : la députée LFI Clémence Guetté demande sur RTL un blocage des prix du carburant face à la guerre en Iran

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

RTL Matin, Olivier Bois.

0:02
Clémence Guetté

À 7h43, l'invité d'RTL Matin est Clémence Guettet, députée de la France Insoumise et vice-présidente de l'Assemblée Nationale. Bonjour Clémence Guettet.

0:10
Présentateur

Bonjour.

0:10
Clémence Guetté

La guerre au Moyen-Orient, vous l'entendez, continue à prendre de l'ampleur sur ses deux fronts. Les frappes en Iran, c'est là-bas que ça a commencé et au Liban. Panique hier soir notamment à Beyrouth avec ses centaines de milliers de personnes qui ont dû évacuer et partir en urgence face au risque de bombardement. La France doit venir au secours du Liban, voilà ce qu'a écrit hier Jean-Luc Mélenchon sur X. Ça veut dire quoi ? Que vous demandez une intervention française ?

0:35
Présentateur

Ça veut dire qu'on est face aujourd'hui à une guerre d'agression dans la région contre le Liban qui est un allié historique de la France, que le président Aoun d'ailleurs a demandé, l'aide de la France, et que le président de la République Macron y a répondu en l'occurrence favorablement. Le Liban est agressé, il y a eu déjà plusieurs dizaines de morts, et donc la France doit réaffirmer le fait qu'elle est présente dans la région, que le Liban est un allié, que le droit international doit être respecté, et que non, Israël ne peut pas envahir un pays, bombarder un pays, frapper...

1:09
Clémence Guetté

Sous quelle fin alors ? Vous avez entendu que Jean-Noël Barraud, dans le journal de 7h30, dire qu'on envoie des blindés à disposition de l'armée libanaise pour se défendre, ou en tout cas pour marquer le terrain, est-ce que c'est une...

1:17
Présentateur

Il y a aussi l'envoi d'aide humanitaire, vous le savez, parce que là il va y avoir une crise humanitaire. Ce que nous voulons dans la région, c'est ne pas devenir co-belligérant.

Et la France ne doit pas être partie du conflit, parce qu'on voit qu'il y a une escalade militaire, on voit qu'il y a une guerre régionale, vous l'avez dit, il y a l'Iran qui lui aussi a été agressé par les Etats-Unis, qui ont violé à nouveau le droit international, ça avait déjà été le cas au Venezuela, et on voit qu'il y a un retour des impérialismes extrêmement agressifs, et on voit aussi que dans le même temps, le droit international, c'est-à-dire toutes les règles qui sont censées régir la vie des différents Etats, le système onusien est complètement désinvesti par les Etats-Unis, est complètement bafoué par Israël, c'était déjà le cas avec le génocide à Gaza, et la France doit porter à nouveau une voie de la paix, et réaffirmer le fait que le droit international prévaut.

2:07
Clémence Guetté

Vous dites Iran agressé, ce n'est pas une bonne chose qu'on aille aider potentiellement les Iraniens à se libérer du joug du régime des Mollahs, qui leur impose une dictature sanglante depuis 1979 ?

2:17
Présentateur

Vous savez, il y a des précédents dans ce terme de règlement prétendu d'un problème démocratique, il y a des précédents y compris dans la zone, ça n'a jamais donné rien de bon quand les Etats-Unis ont essayé d'être les gendarmes, comme ça, de la vie politique d'un pays. On peut à la fois dénoncer le régime iranien, et on peut à la fois dire que non, les Etats-Unis ne peuvent pas kidnapper un président en exercice comme c'était le cas de M. Maduro, ne peuvent pas envahir un pays pour établir un nouveau régime politique. Il faut être vraiment extrêmement précautionneux dans la période, le droit international existe. Je ne suis pas d'accord quand M.

Attal, par exemple, dit, le droit international, l'ONU, tout ça c'est maintenant un vague comptoir humanitaire. Nous devons au contraire, et la France a un rôle à jouer là-dessus, redire que ces règles sont là pour être respectées. Et le problème, c'est qu'on a laissé tellement Israël, notamment, bafouer ce droit international, que c'est comme s'il n'avait plus de valeur.

3:15
Clémence Guetté

Vous dites, Clémence Guettet, qu'il ne faut pas que la France soit considérée comme ayant une paraclive dans cette guerre, comme étant co-belligérant, comme vous l'avez dit. Est-ce qu'en envoyant Charles de Gaulle en Méditerranée, on dépasse la ligne, selon vous, ou on reste dans les clous d'une stratégie défensive et de présence française sur la zone ?

3:30
Présentateur

C'est une question qu'on doit poser. Justement, avec mon groupe parlementaire de la France insoumise, on a demandé à ce qu'il puisse y avoir un débat à l'Assemblée nationale sur le rôle de la France dans cette période extrêmement compliquée. Qu'est-ce que vous y direz dans ce débat sur le fond ?

3:43
Clémence Guetté

S'il y a un débat, vous défendrez quelle position ? Sur le Charles de Gaulle en Méditerranée ?

3:46
Présentateur

Nous voulons pouvoir avoir un débat parlementaire, parce qu'une intervention militaire de la France doit être questionnée par la représentation nationale. En l'occurrence, il y a plusieurs choses. Il y a des bases militaires françaises qui ont été touchées. Il y a des bases militaires françaises qui sont utilisées par des avions américains. Ça questionne. M. Barraud a dit que c'était purement défensif. En réalité, on ne sait pas vraiment ce que ces avions viennent faire sur nos bases. Le Charles de Gaulle a été positionné en Méditerranée, vous l'avez dit. Pour faire quoi ? Est-ce que c'est purement défensif ? Est-ce que c'est offensif aussi à un moment donné ?

Nous devons poser toutes ces questions. Dans le respect du droit international, au service de la paix, pour un cessez-le-feu, et en venant en aide à nos alliés. Je pense à Chypre, par exemple, qui est un allié de la France, qui est dans l'Union européenne et qui est situé dans cette zone. Et tout ça doit pouvoir être questionné. J'ajoute une chose. Dans ce débat parlementaire, nous voulons aussi questionner les conséquences économiques de cette guerre. Sur les sens, par exemple ? Évidemment, sur les sens.

4:39
Clémence Guetté

Qu'est-ce que vous demandez sur les sens ? Est-ce que les prix soient bloqués ?

4:41
Présentateur

Nous demandons à ce que les prix soient bloqués. Plus largement, je demande à ce qu'il y ait un bouclier de protection qui soit mis en place pour protéger les Français. Parce qu'on a vu les conséquences, par exemple, économiques, de ce qui s'est passé en Ukraine, de ce qui continue de se passer en Ukraine, avec une crise inflationniste, qui a des conséquences sur le carburant. C'est déjà le cas aujourd'hui, avec parfois des stations qui affichent plus d'1,80€, parfois plus de 2€. Ça reste rare, mais on peut penser que c'est une tendance. Mais aussi sur les prix de l'alimentation.

5:07
Clémence Guetté

D'un mot, il y a des abus, selon vous, déjà ?

5:08
Présentateur

Bien sûr qu'il y a des abus des distributeurs qui profitent des crises pour se faire des marges, etc. Laissez-moi terminer là-dessus. Un bouclier pour protéger les Français, parce qu'on ne nous a pas écoutés sur l'Ukraine. J'aimerais qu'on nous écoute maintenant, à ce stade, et qu'on puisse mettre en place un blocage des prix du carburant, protéger les Français, qui n'est pas à subir les conséquences de cette crise-là. Et je parle des Français, et des industries, et des gens reprises.

5:28
Clémence Guetté

Cette guerre est venue éclipser un événement politique majeur qui pourrait avoir quand même une importance décisive, à la fois pour les municipales, dont on rappelle que le premier tour a lieu le 15 mars, dans moins d'une semaine, dans une semaine, un peu plus, pardon. Et puis même pour la présidentielle, mardi soir, pour la première fois, le PS, en bureau national, a dit que Jean-Luc Mélenchon avait eu des propos antisémites intolérables, après l'épisode des noms de famille Epstein et Glucksmann. C'est la première fois que le PS prononce le mot antisémite à coller à celui de Jean-Luc Mélenchon. Et le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, a même dit cette phrase.

Il est devenu l'homme politique le plus détesté de ce pays. Voilà ce que dit le PS de la France Insoumise et de Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui.

6:06
Présentateur

Et quelle est votre question, donc ?

6:07
Clémence Guetté

Si c'est un tournant majeur dans les équilibres politiques de ce pays et dans l'avenir de la gauche.

6:11
Présentateur

Disons que c'est une clarification d'une sorte de dérive qu'on voit quand même depuis un certain temps, parce que certains dirigeants socialistes n'avaient déjà pas mâché leur mot à notre égard. Ce que je constate dans le moment, d'abord, c'est que vous l'avez dit... Mais vous êtes choquée par cette accusation ? Vous ne vous prenez qu'un sourire, j'ai l'impression.

6:28
Clémence Guetté

On accuse Jean-Luc Mélenchon d'être antisémite de la part d'un ancien partenaire. Et ça vous fait sourire ?

6:32
Présentateur

Non, non, ça ne fait pas sourire. Je dirais que c'est une clarification de ce qu'eux entendent établir. On est dans une période où il y a une dérive vers l'extrême droite qui est certaine. L'extrême droite, d'ailleurs, fait sa campagne des élections municipales absolument bien tranquille, pas touchée par personne. La diabolisation de la France Insoumise occupe tous les médias, y compris jusqu'à des dirigeants sociodémocrates. Ce que je constate, moi, aujourd'hui, c'est qu'il y a un appel à un cordon sanitaire contre la France Insoumise par Mme Berger, ministre de l'Égalité, qui traite le parti de la France Insoumise de parti anti-France, qui est une...

Non, non, non, non, je vais terminer là-dessus. Non, je vais terminer là-dessus. Mme Berger nous qualifie de parti anti-France. C'est une expression morassienne. Mme Vassal, de LR, dit Travail Famille Patrice, c'est-à-dire une devise pétainiste à la télévision, et ça ne choque personne. C'est celui qui fait des blagues sur les noms de personnes juives. Non, non, non, je vais terminer. C'est Jean-Luc Mélenchon. Non, on va revenir. Je vais terminer. Vous me posez une question, je vais essayer d'y répondre.

Quand il y a des dirigeants qui appellent à faire un cordon sanitaire contre la France Insoumise, Si le parti socialiste choisit de faire un cordon républicain avec ces gens-là, pour nous, le paysage politique sera extrêmement clair. Ce que je dis, c'est que malgré cette diabolisation-là, nous voyons affluer des centaines et des milliers de militants en réalité. Nous voyons des centaines de personnes à nos meetings qui savent que contre la dérive fasciste dans ce pays, les 15 et 22 mars, il faudra voter pour la France Insoumise aux élections municipales.

7:57
Clémence Guetté

On peut vous poser une question en 10 minutes. J'essaie d'y répondre. Il s'est excusé, Jean-Luc Mélenchon. Il s'excuse rarement. Est-ce que quand même ça, c'est un marqueur qu'il regrette ce qu'il a fait ? Et cette blague, ce mot gluxman, gluxman, alors qu'on sait pertinemment qu'il sait qu'il s'appelle Raphaël Gluxman ?

8:11
Présentateur

Ça n'était pas une blague. Il est député européen.

8:13
Clémence Guetté

On ne peut pas imaginer qu'il ne sache pas qu'il s'appelle Gluxman.

8:16
Présentateur

Vous avez lu visiblement le communiqué de Jean-Luc Mélenchon. Il s'est excusé parce que dans ce meeting, il a fourché sur plusieurs noms, dont le nom de notre tête de liste, Michael Hidrak, qui était là juste à parler avant Jean-Luc Mélenchon à Perpignan, de M. Gluxman, il s'en est excusé pour ne pas qu'il y ait de confusion et aussi pour dire que s'il y avait des gens qui avaient été blessés par ça, par le fait qu'il est fourché là-dessus, il ne voulait pas qu'il y ait d'ambiguïté et donc il voulait arrêter cette politique. Le problème, c'est que ça arrive trois jours après

8:46
Clémence Guetté

Epstein, Epstein. Là, il n'y a pas de confusion. Epstein, Epstein, jeudi soir, une blague sur la prononciation en disant que, en s'interrogeant... Mais ce n'est pas une blague là non plus. Et trois jours plus tard, ce mot sur Gluxman, ça ne peut pas être un hasard. Vous entendez que personne ne croit au hasard dans cette affaire.

9:02
Présentateur

Pas par vous,

9:03
Clémence Guetté

mais sinon personne.

9:04
Présentateur

Mais je ne crois pas à des hasards, ce n'était pas des blagues. Sur l'affaire Epstein, M. Jean-Luc Mélenchon en a parlé pour dénoncer le fait qu'on avait plus parlé de la prononciation de ce nom, y compris, que du fond de l'affaire. Je rappelle que le groupe parlementaire de la France Insoumise, nous sommes les seuls à demander une commission d'enquête sur ce vaste réseau de pédocriminalités et d'ingérences politiques qui peut toucher, y compris, jusqu'à des personnalités... Jean-Luc Mélenchon n'est pas en train de plomber

9:29
Clémence Guetté

la France Insoumise en ce moment avec toutes ses polémiques ?

9:31
Présentateur

Vous avez beaucoup de questions mais vous ne me laissez pas beaucoup y répondre.

9:33
Clémence Guetté

C'est parce que vous répondez longtemps. Ben oui. Est-ce qu'il est en train de plomber la France Insoumise avec toutes ses polémiques à répétition qui éclipsent à cause de ses polémiques la campagne et tout ce dont vous voudriez parler ?

9:41
Présentateur

Je pense que ça fait des années que sur les médias on m'interroge de cette façon-là. Ce que je peux vous dire, c'est que Jean-Luc Mélenchon dans ses meetings, il rassemble des centaines et des milliers de personnes qui viennent nous voir et qui comptent sur nous pour les 15 et 22 mars pour l'élection municipale.

9:54
Clémence Guetté

Merci Clémence Guettet. Vous restez avec nous en studio.