François Asselineau invité sur RT-France - 28/10/2012
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Chapitres
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Questions et réponses
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Quel est l'état actuel de la France et où va-t-elle selon vous ?
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Quel est le degré de gravité de la situation économique et qui en est responsable ?
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Quel est le rôle de la France dans la crise syrienne aujourd'hui ?
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Pensez-vous que la France doit reconsidérer sa politique étrangère ?
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Qu'apporte le nouveau président français au peuple français ?
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L'UE est-elle la plus grande menace pour la France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00François AsselineauChiffre
« Le nombre de chômeurs a dépassé les 3 millions, et les choses continuent d'empirer. »
- 3:00François AsselineauFait
« La stratégie centrale est de couper les dépenses gouvernementales, à des fins d'équilibre budgétaire. »
- 5:00François AsselineauChiffre
« La France verse 21 milliards d'euros dans le budget de l'UE et l'UE nous reverse entre 7 et 14 milliards. »
- 8:00François AsselineauFait
« L'OTAN a été créée en 1949 pour contrebalancer l'Union Soviétique. »
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(Maria Finoshina) Je reçois aujourd'hui un homme politique français, ancien candidat à l'élection présidentielle, actuellement président de l'Union Populaire Républicaine, ici en France : François Asselineau. Merci d'avoir accepté notre invitation (François Asselineau) Merci de m'avoir invité. (Maria Finoshina) Monsieur Asselineau, un des slogans de campagne de François Hollande était "Le changement, c'est maintenant" c'était même le slogan le plus important de toute la campagne.
Et maintenant, nous voyons beaucoup de changements, ici en France, mais malheureusement, pas toujours positifs, où va la France en ce moment ? (François Asselineau) La situation est mauvaise, et cela ne va pas pas s'améliorer, non seulement en France, mais dans toute la zone euro. Regardez ce qui se passe en Grèce, En italie, en Espagne, au Portugal, en Irlande. la France s'en sort mieux que ces pays du sud de l'Europe, mais néanmoins la situation ici est grave.
Le nombre de chômeurs a dépassé les 3 millions, et les choses continuent d'empirer. Pourquoi ? Parce que notre politique économique est condamnée à créer des cycles de récession.
La stratégie centrale est de couper les dépenses gouvernementales, à des fins d'équilibre budgétaire. Les gens disent souvent qu'en cas de déficit budgétaire, pour revenir à l'équilibre, il suffit de tailler dans les dépenses. Mais cela ne marche que si les revenus viennent des salaires.
Les revenus de l'Etat viennent de l’impôt sur le revenu, les taxes professionelles, la TVA, les taxes pétrolières, mais celles-ci dépendent largement du niveau d'activité économique dans le pays. Si l'on coupe les dépenses gouvernementales, si l'on arrête de recruter des fonctionnaires, si l'on met au chômage la population, si le gouverement investit moins, alors bien évidemment le système de protection sociale va souffrir. Le taux de chômage va augmenter.
Les gens sans travail vont consommer moins. Vont arrêter d'utiliser leur voiture. Les entreprises vont moins vendre, les échanges commerciaux vont diminuer, et finalement, les revenus d'imposition vont diminuer.
La taxe pétrolière, la taxe professionnelle, la TVA. Il est donc très possible qu'il y ait un encore plus grand déficit malgré des dépenses moindres. (Maria Finoshina) La crise touche durement l'Europe entière, la France est fortement affectée comme vous nous l'expliquez.
Sa dette est énorme, le déficit trop important. Quel est le degré de gravité de cette situation, et quand et pourquoi tout ceci a commencé à dérailler ? Et, qui est responsable, à qui la faute ? (François Asselineau) Le problème est que les français se sont fait voler tous leurs pouvoirs.
Dans le domaine économique, les politiques fiscales et budgétaire, la taxation, la diplomatie, et la politique de défense nationale. Tous ces pouvoirs ont été transférés à d'autres. (Maria Finoshina) Puis-je vous demander à qui ? (François Asselineau) À la Commission Européenne à Bruxelles.
À la Banque Centrale Européenne à Francfort, qui gère l'euro. Cette institution dicte donc aussi les décisions qui mènent à la récession. Et, enfin, l'Otan et le FMI, qui a son quartier général à Washington.
Ceux-ci imposent les doctrines financières, diplomatiques et militaires dans toute l"Europe. Un bon exemple est l'approche de la situation dans le Moyen-Orient, la crise syrienne. (Maria Finoshina) Vous faites bien de mentionner la Syrie et la Libye, parlons un peu de la politique étrangère française.
Du temps de Nicolas Sarkozy, le printemps arabe venait tout juste de commencer, et la France a été très présente, et a joué un rôle essentiel dans la crise libyenne. Quel est le rôle de la France dans la crise syrienne aujourd'hui ? (François Asselineau) C'est une question difficile, car les informations que l'on a sont unilatérales.
Il y a quelques années, personne n'avait de problèmes sérieux avec le régime d'Assad, le président avait été invité par Nicolas Sarkozy pour assister aux célébrations du 14 juillet. Mais d'une manière ou d'une autre, il est aujourd'hui devenu le diable en personne. Je n'essaie pas de défendre le régime d'Assad, mais nous obtenons toutes nos dépêches de l'Observatoire Syrien pour les Droits de l'Homme.
Deux personnes à Londres, ne présentant le conflit que d'un seul côté. Tout d'abord, je pense que les pays doivent respecter le droit international, et les lois internationales interdisent les interférences dans les affaires internes d'un pays souverain. La première chose que nous devons donc faire est d'être sur que d'autres pays n’interféreront pas dans la situation en Syrie et en Libye.
La France a clairement choisi le camp de l'opposition. Mais quel genre d'opposition est-ce ? Une opposition qui jouit d'un large support, de quantité de ressources.
Elle reçoit ses armes de l'Arabie Saoudite, du Qatar, et des pays membres de l'Otan, des Etats-Unis en particulier. Ainsi, la situation actuelle peut être décrite comme une agression extérieure contre un pays souverain, et non comme une guerre civile. Je pense que le gouvernement français est partial.
Je ne pense pas qu'il tente de résoudre ce conflit sérieusement. Malgré un nouveau gouvernement, Hollande remplaçant Sarkozy, il n'y a eu aucun revirement diplomatique. La raison est celle que j'avais déjà mentionnée, la France fait partie de l'Otan et de l'UE, et donc toute décision a déjà été prise pour nous.
Ce nouveau gouvernement aurait du réévaluer la situation et dire : "Nous allons réexaminer nos positions" Hélas, le ministre des affaire étrangères, M. Fabius, a dit exactement la même chose que son prédécesseur : "M. Assad doit quitter le pouvoir" Sur quelles bases pouvons-nous exiger cela ?
Regardez ce qui s'est passé en Libye, ce qui s'est passé en Irak depuis ce que l'on appelle "l'intervention occidentale". Ces pays sont maintenant des foyers de l'islamisme, où les chrétiens sont persécutés. L'irak est un exemple criant.
Il n'y a presque plus de chrétiens en Irak, alors que sous Saddam Hussein ils représentaient près de 13% de la population. Que va-t'il se passer en Syrie si nous continuons dans cette voie ? Le pays pourrait se désagréger, comme en Libye, en émirats, en de petits îlots instables et prêts à s'enflammer, comme en Somalie, au Soudan, en Irak ou en Afghanistan. (Maria Finoshina) Pensez-vous que la France doit reconsidérer sa politique étrangère ? (François Asselineau) Bien entendu, la France devrait rester neutre, et cesser cette politique de double standard.
Rappelez-vous de l'affaire des Pussy Riot, qui avait déclenché un émoi massif en Occident, avec des médias occidentaux parlant de la Russie comme d'une dictature. En même temps, des manifestations faisaient rage au Bahreïn, un petit royaume du Golfe. 7 manifestatnts ont été condamnés à de la prison à vie.
Vous savez bien qu'une peine de prison à vie est pour le moins très différente d'une peine de deux ans pour les Pussy Riot. Et tout ce que ces bahraïnis ont fait, c'était d'être présents dans des manifestations politiques. Mais personne n'a parlé de cela en Occident, parce que la 5ème flotte américiane est basée à Bahreïn.
Ce pays est protégé par l'Otan. Et ceci ne peut plus être toléré. Je pense que la France doit revenir à sa politique traditionelle de gardienne de la justice dans les relations internationales C'est ce rôle que nous devons jouer, plutôt que de prendre parti. (Maria Finoshina) Qu'est-ce que le nouveau président français apporte au peuple de France ? (François Asselineau) M.
Hollande s'est fait élire sur des promesses qu'il ne peut pas tenir. C'est aussi simple que ça. Ce qui va donc se passer, c'est ce qui se passe déjà.
M Hollande n'a tout simplement pas les moyens dont il a besoin pour changer les politiques imposées par Bruxelles, par la Commission Européenne, ou par la Banque Centrale Européenne. Sa victoire à l'élection présidentielle est le fruit d'un malentendu, et quelques mois après sa prise de pouvoir, les français sont déjà en colère. Je suis prêt à parier mon dernier dollar - et notez que je n'en suis pas heureux du tout - que dans quelques mois, la situation politique en France va devenir très problématique. (Maria Finoshina) Est-ce que cela va rester ainsi, est-ce que le statut-quo va demeurer ? (François Asselineau) Le débat et la critique du système européen n'est pas permis en France, légalement nous avons ce droit, mais dans les faits, nous ne l'avons pas.
C'est comme si ça n'avait jamais existé, c'est interdit dans tous les grands médias. Beaucoup de partis politiques français critique l'UE, et les décisions venant de Bruxelles, la logique normale d'une démocratie serait de discuter si oui ou non nous devons continuer à faire partie de cette structure politique. Notre parti est le premier à offrir à ses citoyens la possibilité de sortir du système européen, de quitter les traités.
C'est d'ailleurs tout à fait légalement faisable, comme l'artice 50 du TUE nous l'autorise. Mais je dois dire que depuis la création de ce parti, j'ai eu les pires difficultés à défendre mes positions, dans les grands journaux, et dans les canaux médiatiques français. L'Union Européenne grandit toujours, même si elle ne fonctionne plus.
La Suisse et la Norvège ne sont pas membres de l'UE, et s'en sortent mieux que les autres pays européens. De plus, au sein de l'UE, la Suède, le Danemark et la République tchèque ne font pas parti de l'eurozone, et s'en sortent mieux que les membres de la zone euro. Il n'y a pas pas de raison de croire que les choses vont s'aggraver si nous quittons l'UE et l'eurozone. (Maria Finoshina) Très bien, vous n'êtes pas du tout fan de l'Union Européenne, comment voyez-vous son futur ? (François Asselineau) Moi je suis convaincu que son avenir est sombre, les gens lui tournent le dos.
Par exemple, 55% des français lui ont dit non lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne. Au lieu de dire, "Ok, notre population est contre, nous devons avoir de réelles discussions pour savoir si nous voulons vraiment nous rapprocher d'un désastre" nous avons imposé la Constitution européenne au peuple. Ceci a été loin d'être démocratique. (Maria Finoshina) Vous dites que l'UE est actuellement la plus grande menace pour la France, mais la France peut-elle résoudre seule ses problèmes économiques, sans l'Union Européenne ? (François Asselineau) L'UE aggrave nos problèmes, et ne les résout pas.
Tout d'abord, la France verse 21 milliards d'euros dans le budget de l'UE. Et l'UE nous reverse entre 7 et 14 milliards. Cela veut dire que chaque année, nous perdons 7 milliards d'euros, dépensés dans le financement de l'activité opérationnelle de l'UE, ou dans les institutions financières qui fournissent de l'aide aux pays de l'Est.
Deuxièmement, si nous quittons l'eurozone, nous serons de nouveau capables de déterminer notre politique monétaire. Gérer taux d'intérêts et taux de change, ce qui est actuellement impossible. Troisièmement, les gens pensent que l'UE nous rend plus fort, mais dans quel sens ?
Il n'y a aucun exemple de consortium industriel en UE. Beaucoup de gens croient qu'Airbus et les lanceurs Ariane sont le fruit de la coopération de l'UE, mais c'est complètement faux. Ces projets sont internationaux, et je suis pour la coopération internationale.
Il y a aussi l'aspect de la démoralisation dans la crise de l'intégration européenne. Les gens comprennent qu'ils ne peuvent plus contrôler ce processus. Nous devons reprendre les choses en mains pour déterminer notre propre futur, c'est ainsi que le moral va remonter.
Rien ne nous l'empêche, d'ailleurs. (Maria Finoshina) Vous êtes également un critique sévère d'une autre adhésion française, celle de l'Otan, pourquoi ? (François Asselineau) L'Otan a été créée en 1949, pour contrebalancer l'Union Soviétique Est-ce que l'Union Soviétique existe encore ?
Non. De plus, l'Otan est actuellement engagée en Afghanistan, savez-vous ce que OTAN veut dire ? L'OTAN, c'est le l'"Organisation du Traité de l'Atlantique Nord" Est-ce que l'Afghanistan longe l'Atlantique Nord ?
L'OTAN est devenue une alliance militaire qui veut essayer d'imposer ses règles sur la planète entière. La France a toujours été connue pour s'opposer aux empires. (Maria Finoshina) Changeons maintenant totalement de sujet.
Un film à petit budget provocateur d'origine américaine a provoqué des manifestations anti-occidentales à travers les communautés musulmanes partout dans le monde. La France abrite la plus grande communauté musulmane d'Europe occidentale, environ 5 million de personnes. Craint-on que celle-ci s'enflamme à sont tour ? (François Asselineau) Je pense qu'il est tout à fait possible que les musulmans français soient choqués, et à raison.
Je crois que la plupart sont choqués, je ne pense pas que cela puisse générer de grandes manifestations cependant, puisque vous parlez de cela, j'aimerais m'étendre sur le sujet. Personnellement, je suis choqué que dans la pensée occidentale on puisse mélanger la liberté d'expression et les insultes faites aux autres religions. Je pense que cela fait partie de l'ensemble de cette tendance que je dénonce.
Ce n'est pas seulement à propos de l'Islam, vous savez ce qui s'est passé en Russie avec la très médiatique affaire Pussy Riot. Ce n'est pas seulement le sujet de la liberté d'expression, il y a des agences, des organisations, des groupes d'influence anglo-saxons qui sont derrière, qui versent de l'huile sur les flammes. Je sais que la liberté d'expression peut-être considérée de différentes manières dans tel ou tel pays.
Ici en France, nous avons un double standard. L'Islam est souvent la cible des critiques, mais de manière générale l'Islam ne critique pas les autres religions. Elle ne le fait pas à cause d'un simple dogme religieux.
Moïse et Jésus sont aussi considérés comme des prophètes, donc les musulmans s'abstiennent de les critiquer. Toutefois, il existe des sujets tabous en France, qui ne sont jamais l'objet de critiques, donc avant de tirer une conclusion, il faudrait trouver qui est derrière tout cela. Nous avons le droit de nous considérer athée, incroyant ou agnostique, mais dans ce cas précis ce n'est pas possible...
Ce n'est plus la même chose. Quelqu'un veut semer les graines de la discorde et troubler, jeter de l'huile sur un feu volontairement, avec des objectifs politiques et géopolitiques à l'esprit.
François Asselineau