Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, députée Renaissance des Yvelines - 17/12
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
La présidente de l'Assemblée nationale,
Yael Broun-Pivet, invité de BFM Politique, Yael Broun-Pivet, je signale à ceux qui nous regardent, juste avant de commencer cette interview, que vous pouvez, vous, à la maison, interpeller, interroger directement notre invité en flashant ce QR code qui va apparaître à droite de l'écran, juste là, et nous relayerons les questions des téléspectateurs tout au long de cette interview. Yael Broun-Pivet, ce soir à 19h, aura donc lieu à Matignon, une dernière réunion entre les patrons des Républicains et le gouvernement pour tenter de trouver un accord à la veille de la commission mixte paritaire.
Une première question, des dernières informations dont vous disposez, est-ce que vous êtes optimiste sur la possibilité d'arriver à cet accord ?
Je suis confiante, je suis confiante parce que les discussions, comme vous venez de le dire, se poursuivent. Quand il n'y a pas de volonté d'accord, nous pouvons l'espérer mais nous n'y parvenons pas. Là, aujourd'hui, il y a une volonté d'accord de part et d'eau de la part du gouvernement, de la part de la majorité présidentielle et de la part d'une partie de nos oppositions, donc je suis confiante. Ça n'est pas facile de trouver un accord sur un tel thème. Nous avions échoué, pendant le précédent quinquennat, à trouver un accord sur la loi Asile-Immigration qui avait été portée par le ministre de l'Intérieur, Jérard Collomb.
J'espère aujourd'hui que nous y parviendrons parce que le sujet est important. Le sujet est important. Nous avons besoin de cette loi immigration. Nous avons besoin de mieux armer notre pays. Donc nous avons une première brique qui est un accord européen qui est en cours avec le pacte Asile-Immigration pour protéger nos frontières et nous avons besoin de renforcer notre arsenal juridique interne et c'est l'objet de cette loi. Donc avec ce pacte Asile-Immigration au niveau européen et cette loi, nous devrions être à même de protéger notre territoire
et nos compatriotes. On reviendra tout au long de l'émission sur le contenu de l'éventuel accord entre les Républicains et le gouvernement, mais en l'état, qu'est-ce qui manque encore dans la négociation, dans la discussion pour pouvoir dire c'est bon, fumée blanche, on est prêt à toper avec les Républicains ?
Vous savez, une négociation tant qu'elle n'est pas complètement achevée, on ne peut jamais dire si on va réussir. Aujourd'hui, on négocie les grandes lignes, après il y a des rédactions, il y a plus de 80 articles, donc il faut trouver des rédactions qui conviennent de part et d'autre.
Donc ce qui reste c'est du détail au fond pour tomber d'accord ?
Ce n'est pas du détail, ce n'est jamais du détail, tant qu'on n'a pas topé, on n'a pas topé et le top ne se fera certainement pas à Matignon ce soir, il se fera demain en commission mixte paritaire au Parlement.
Il se fera avant, il y a le groupe de pivets, l'accord s'il doit être trouvé ?
Ça aura été trouvé avant le début
de la commission mixte paritaire ?
On peut avoir un accord politique et un accord général qui aura lieu probablement avant, mais il ne faut pas non plus
préempter le travail parlementaire.
Je vous remercie à l'Assemblée nationale, demain à 17h. Demain à 17h, il ne vous aura pas échappé qu'en commission mixte paritaire, c'est 7 députés, 7 sénateurs, le gouvernement n'est pas présent en commission mixte paritaire. Donc il faut laisser après le Parlement travailler sur les bases de l'accord qui aura été trouvé entre le gouvernement et le groupe Les Républicains.
Un accord qui définirait un texte que vous diriez plus à droite, beaucoup plus à droite qu'avant ? C'est un accord sur quelle nature de texte à la fin ?
Vous savez, moi, je suis rentrée en politique pour justement ne pas qualifier les choses de plus à droite ou plus à gauche. On ne peut pas dire plus à gauche. Mais moi, ce qui m'importe, c'est à quoi sert ce texte ? Franchement, la façon dont on le qualifie, à la limite, c'est votre affaire, ça n'est pas la mienne. Pardon, il y a le bon livret, ce n'est pas notre affaire,
c'est un texte qui est issu du Sénat, du moins c'est la base de travail, donc il est impossible de ne pas constater que c'est un texte qui est plus à droite que ce que souhaitait le gouvernement.
Il ne vous aura pas échappé que ce texte, il a été voté aussi par le groupe RDPI qui est le groupe de la majorité présidentielle présente au Sénat. Donc, il n'a pas été voté que par les Républicains au Sénat, d'une part. Deuxièmement, moi, ce qui m'importe, pardon de vous le dire, ce n'est pas de savoir si ce texte est de droite ou de gauche. Oui, mais on dirait que c'est une forme de gêne à concéder qu'il est de droite. Mais non, parce que ça ne m'intéresse pas. Si il est de droite, ça ne s'assume pas. En fait, ce qu'il faut que vous compreniez bien, c'est que moi, mon logiciel politique, ce n'est ni de droite ni de gauche.
C'est pour ça que je suis venue en politique et j'y tiens encore en 2023. Ne vous en déplaise. Et donc, moi, ce texte, ce qui m'importe, ce n'est pas de savoir si c'est un étendard pour la droite ou un étendard pour la gauche, c'est de savoir s'il protège efficacement les Français, s'il nous permet de lutter efficacement contre l'immigration irrégulière, c'est de savoir s'il nous permet de mieux intégrer ceux qui ont vocation à s'intégrer. On va revenir au fond du texte. Donc, c'est ça, moi, qui m'importe aujourd'hui.
Vous parliez des Républicains. Vous diriez aujourd'hui qu'ils sont dans une position constructive et prête aux compromis. Vous dites aujourd'hui qu'on peut leur faire confiance
sur ce texte ? Alors, on peut leur faire confiance. Vous savez pourquoi ? Parce que depuis 18 mois, ils sont dans une position constructive et de compromis.
Mais ça n'a pas toujours été le cas sur la réforme des retraites. Beaucoup ont dit le gouvernement a lâché sur les lignes rouges et puis finalement, LR n'a pas voté le texte. Est-ce que vous ne dites pas là, aujourd'hui,
ça pourrait être la même fin ? Pour les retraites, nous avons trouvé un accord en commission mixte paritaire. Qui n'a pas été suivi. Nous n'avons pas réussi à faire voter le texte à l'Assemblée nationale. Mais ne dites pas que nous n'avons pas trouvé d'accord avec les LR et qu'ils n'étaient pas dans une attitude de compromis. Donc, ils respectent les accords avec le gouvernement ? Évidemment qu'ils respectent les accords. Ce sont des partenaires fiables. Moi, je le vois à l'Assemblée nationale depuis 18 mois sur un certain nombre de textes. Le groupe Les Républicains, mais pas seulement.
Le groupe Liot et parfois des groupes de l'opposition plutôt à gauche, ont voté des textes du gouvernement. Moi, je suis assez surprise d'ailleurs de voir qu'on considère que nous n'avons pas ou nous n'aurions pas la culture du compromis. Mais nous l'avons. Nous construisons des accords inlassablement depuis 18 mois. C'est mon quotidien à l'Assemblée nationale.
Une vingtaine de 49-3. Une incapacité à trouver une façon de faire passer des textes aussi importants que la réforme des retraites et la loi immigration. Pardon, il y a le brune pivet, mais les leçons de capacité à trouver des compromis, ça peut paraître un peu fort de café de la part de votre majorité.
Eh bien, parce que vous ne regardez pas tous les textes que nous avons adoptés. Je prends quelques exemples. Quand on regarde, on sait que nos compatriotes sont extrêmement préoccupés par les questions de sécurité. Et ils ont raison. Le gouvernement, depuis qu'il est aux responsabilités, a réussi à l'Assemblée nationale à voter quoi ? La loi de programmation militaire, c'est le réarmement de nos armées et la protection de notre territoire. C'est un engagement financier de plus de 413 milliards d'euros sur 7 ans. Ce texte a été voté largement à l'Assemblée nationale. À la même importance politique
que le texte sur l'immigration et sur les retraites.
La protection militaire de notre territoire, ça n'a pas la même importance.
Je ne sous-estime pas l'importance des sujets militaires. Vous voyez bien que dans le débat public, dans le débat politique, ça n'a pas la même charge symbolique que le texte sur l'immigration et le texte sur les retraites.
Oui, mais justement, il n'y a pas que le symbole dans la vie. Il y a la réalité. La loi de programmation sur le ministère de l'Intérieur, plus de 8500 policiers et gendarmes sur le terrain. Ce texte a été voté à une large majorité. Et d'ailleurs, dans ce texte, nous multiplions par deux les places en centre de rétention administrative justement pour mieux expulser les étrangers en situation irrégulière. La loi de programmation sur la justice, votée à une large majorité, plus de 10 000 agents pour que la justice fonctionne mieux dans notre pays. Donc, ne me dites pas que sur des textes importants, nous n'arrivons pas à trouver de majorité. Nous les trouvons. C'est difficile.
C'est difficile de trouver des majorités. Mais nous y parvenons parce que nous avons en face de nous des parties
qui sont responsables. Précisément, s'ils sont fiables et responsables, c'est donc de votre côté que ça pêche. Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? C'est la méthode Gérald Darmanin, en l'occurrence, sur ce texte ?
Je ne comprends pas. Excusez-moi.
Si en face, vous avez des partenaires fiables, qu'est-ce qui ne marche pas ? Pourquoi, à la fin, vous n'arrivez pas à faire des compromises ? Et donc, c'est de votre côté qu'il y a un problème de méthode. Avant d'avoir fumé,
nous sommes dimanche. La commission mixte par terre aura lieu demain. Et le texte, je l'espère, sera voté mardi à l'Assemblée nationale. Donc, moi, je ne dis pas que ça n'a pas marché sur l'immigration. Pas encore.
Je n'espère pas. Ça n'a pas marché puisqu'il y a eu une motion de rejet largement votée et qu'Elisabeth Borne a repris aussi les négociations. Gérald Darmanin a été vu comme trop clivant, notamment avec Les Républicains, où il a un peu crispé. Est-ce que vous dites aujourd'hui, finalement, ça fonctionne mieux depuis qu'Elisabeth Borne a repris la main sur ce texte qu'il y a quelques jours ?
Je ne dis pas ça. Pour bâtir des compromis, il y a différentes étapes, il y a différents moments. Le temps n'est pas linéaire. Gérald Darmanin a réussi à trouver une voie de passage pour ce texte au Sénat. Il a réussi à en trouver une en commission des lois. Puis il a crispé les Républicains. Nous avons eu... Alors, ça, c'est une explication peut-être un peu psychologique sur ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale avec cette motion de rejet. Je pense que c'est plus compliqué que ça. Les Républicains,
là-dessus, sont très clairs et lui ont demandé aussi des excuses.
Écoutez, pour moi, c'est un épiphénomène. Ce qui est important, c'est que nous y parvenions. À nouveau, Gérald Darmanin avait réussi à mener un certain nombre de négociations et sur d'autres textes importants aussi. Maintenant, le chemin n'est pas fini. Il faut à nous de le trouver et je ne doute pas qu'on y parviendra.
Et on va rentrer dans un instant dans le fond et dans le détail de ces négociations. Une toute dernière question sur ces négociations en cours, sur l'aspect politique. Mardi soir, il y avait un dîner à l'Élysée et des échos que l'on a pu avoir confirmés par plusieurs participants. Vous faisiez partie de celles et ceux qui étaient plutôt favorables à ce que le gouvernement prenne du temps pour continuer de discuter une éventuelle deuxième lecture en expliquant au fond qu'il ne fallait pas se précipiter. Est-ce que vous considérez que c'est une erreur de se précipiter de cette manière-là et que la commission mixte paritaire advienne dès demain ?
Écoutez, moi, je suis toujours, mais parce que c'est mon tempérament aussi, partisane de prendre le temps. Le temps de cette négociation, le temps des discussions, le temps de ce dialogue. Et je considère que le temps, dans ces cas-là, est un allié. Ce n'est pas un scoop. Ma position n'a pas été celle retenue par le collectif. Et je mets maintenant tout en œuvre, dont acte, en fait. Et j'ai mis... François Bayrou qui parle d'un gâchis épouvantable
concernant un texte voté sans jamais avoir été examiné. Au fond, vous êtes d'accord avec ce que dit François Bayrou, le patron du modem ?
Alors non, je ne suis pas d'accord sur le gâchis. Vous savez, moi, je suis toujours pour l'application de nos règles. Et aujourd'hui, nous sommes dans une situation parce que nos règles procédurales à l'Assemblée nationale ont été appliquées. Et moi, je ne me satisfais pas du tourisme avec les règles de l'Assemblée nationale. Je ne prends pas celles qui m'intéressent et puis les autres.
Mais là, vous considérez qu'elles ont été respectées ?
La motion de rejet est une procédure qui existe à l'Assemblée. Elle a été votée donc je respecte le vote de l'Assemblée nationale.
Est-ce que l'esprit de ces règles a été respecté avec au fond une motion de rejet qui est adoptée et dans la foulée, plutôt que de dire on continue le débat, on convoque une commission mixte paritaire en espérant qu'un texte en sorte ?
Bien sûr, c'est l'esprit de nos règles républicaines. Une lecture dans chaque chambre, une commission mixte paritaire, c'est ce que nous faisons à chaque fois qu'il y a des procédures accélérées et c'est le cas pour tous les textes. Donc oui, nous avons poursuivi le cheminement législatif. Maintenant, évidemment que j'aurais préféré qu'on ait un débat à l'Assemblée nationale. Moi, j'avais décidé de siéger, de présider ces débats à plus de 50% de mon temps et du temps de débat. Donc je voulais évidemment qu'au grand jour et que les Français puissent voir la représentation nationale débattre de ce sujet important. Les oppositions en ont décidé autrement, ce n'est pas de notre fait.
Le gouvernement nous-mêmes, nous étions prêts à débattre. Les oppositions ont préféré la voie de la motion de procédure. C'est leur liberté, c'est leur choix et maintenant, il faut que tout le monde l'assume. Nous assumons nos responsabilités en allant en commission mixte paritaire et en essayant de trouver un accord.
Question d'Amandine Atalaya sur le fond de la négociation.
Oui, par exemple, le premier point de négociation, c'est l'aide médicale d'État que la droite initialement voulait supprimer. Le compromis qui semble se dessiner, c'est qu'il y aurait une réforme dans un texte spécifique en début d'année. Est-ce que c'est une solution qui vous satisferait et qui vous conviendrait ?
Oui, alors je vais vous répondre avec un préalable, c'est que la commission mixte paritaire ne va pas se faire sur votre plateau. Donc moi, je ne vais pas dévoiler aujourd'hui les conditions de l'accord et donc
ce préalable étant posé. Dans les colonnes du journal du dimanche, le patron des Républicains, Éric Ciotti, reconnaît lui-même que c'est la solution qui a été trouvée. Il n'y a pas de secret. Il n'y a pas de secret
mais c'est simplement un préalable. Moi, je suis très respectueuse de nos institutions et je pense qu'il est très important, vous savez, quand ça tangue, quand il y a des moments plus compliqués de d'autres, d'en revenir toujours aux institutions. Et c'est mon rôle de présidente de l'Assemblée nationale de le rappeler. Cela étant dit, sur l'aide médicale d'État, nous sommes tous d'accord pour considérer qu'elle doit être réformée. La Première Ministre a commandé ce rapport à M. Stéphanini et M. Évin. Et donc, l'idée qui est aujourd'hui sur la table, c'est de considérer qu'elle n'a rien à faire dans le texte.
Aujourd'hui, elle n'y était pas à l'origine, elle a été rajoutée par le Sénat, donc qu'elle n'a pas sa place dans ce texte-là. On pourrait même penser qu'il s'agit d'un cavalier législatif. Cavalier législatif, c'est quoi ? C'est que nous avons un texte avec un périmètre et notre Constitution fixe, en son article 45, que les rajouts faits par les parlementaires doivent avoir un lien direct ou indirect avec le texte initial. Donc, normalement, on pourrait penser que l'AME est un cavalier législatif, donc qu'elle n'avait pas sa place dans ce texte-là. L'idée, c'est de considérer qu'il y a un sujet et qu'il faut y revenir rapidement suite au rapport qui a été remis à la Première Ministre.
Vous, présidente de l'Assemblée Nationale, vous nous dites au premier trimestre, il y aura en discussion au Parlement, à l'Assemblée, un projet de loi porté par le gouvernement sur la question de la réforme de l'aide médicale.
Alors, moi, présidente de l'Assemblée Nationale, je ne fixe pas l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale sur le temps du gouvernement et je ne dis pas au gouvernement ce qu'il doit présenter dans un projet de loi. Soyons clairs. le gouvernement, et je l'entends, annonce qu'il souhaite présenter un projet de loi qu'il inscrirait au premier trimestre 2024. Je n'ai pas à prendre ce type d'engagement pour lui.
Et c'est Marion Mourou.
Autre point important dans cette négociation, ce sont les prestations sociales pour les étrangers en situation régulière puisque le texte du Sénat conditionnait leur perception à 5 ans de résidence sur le territoire national. visiblement dans la majorité on serait plus pour être sur une durée de 3 ans. Est-ce qu'on peut parvenir à un compromis ? Est-ce que pour vous ce serait acceptable cette durée de 3 ans pour percevoir les prestations sociales ?
C'est effectivement un des points qui fait largement débat. Largement débat avec le Sénat et largement débat au sein de la majorité. Nous sommes attachés à un certain équilibre et à de la justice, justice sociale également. Donc il faut qu'on regarde à quelle durée on peut conditionner l'octroi de ces aides mais c'est encore en discussion.
En tout cas pour vous ce n'est pas une ligne rouge d'arriver à les conditionner. Vous êtes d'accord avec ce point de négociation avec les LR ?
Moi j'ai rarement de lignes rouges écarlates parce que quand on fait une discussion et quand on mène une discussion il faut être prêt à un compromis et un compromis vous savez ça coûte. Ça doit coûter à chacun. Ça doit coûter à chacun et effectivement si nous devions aller dans cette direction ça me coûterait probablement mais moi je suis partisane du compromis.
Quand vous dites ça vous coûte c'est que vous considérez bien que le fait de dire à un étranger en situation régulière qui cotise de lui dire vous ne pourrez pas percevoir ni allocation familiale ni aide au logement avant trois ans de résidence ça ça vous coûterait
mais vous l'acceptez. C'est à peu près ça parce que dans le volet dans le texte immigration nous avons des mesures d'équilibre nous avons des mesures très qu'on peut considérer comme dures vis-à-vis d'un certain nombre d'étrangers en levant les protections pour les expulsions en conditionnant un certain nombre d'aides c'est quelque chose de dur en même temps nous avons décidé d'une part de faciliter la régularisation pour les travailleurs dans les métiers il y a cette question des prestations sociales il y en a d'autres il faut qu'on conserve quand même un certain équilibre
c'est pour ça
que ça se discute et donc la discussion elle peut être menée sur la durée de la présence en France nécessaire pour toucher ces prestations après il y a il faut faire des pas les uns vers les autres
pardon il y a le bon de pivé mais j'entends pour vous que ce n'est pas une ligne rouge vous venez de le dire ça veut dire qu'au fond pour arriver à un compromis vous êtes prêt à vous convertir à ce qu'on appelle la préférence nationale parce que faire une distinction entre un français et un étranger en situation régulière qui cotise dans la perception de ses aides ça s'appelle la préférence nationale
ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit
écoutez il y a le bon de pivé vous savez il suffit de regarder quel était le programme du rassemblement national en 2022 qui proposait qu'un étranger doive attendre 5 ans avant de percevoir ses aides entre 5 ans et 3 ans vous pouvez expliquer qu'il y a 2 ans de différence mais sur le principe ça veut dire que vous convertissez à ce qui est une forme de priorité ou de préférence nationale
quand je vous dis que ça doit me coûter et que ça ne veut pas dire un que je suis d'accord avec ça mais que je suis prête au compromis donc ne me dites pas que je me convertis à la préférence nationale c'est pas vrai et c'est même insultant
ça veut dire qu'au fond mais c'est pas une question d'insulte là on parle de fond
j'ai pas dit que vous m'insultiez j'ai dit que c'était insultant de penser que cette préférence nationale était dans mon esprit et dans ma pensée politique
mais au fond on vous entend vous dites il faut faire un compromis on n'a pas la main il faut discuter avec la droite mais ça veut dire qu'au fond vous êtes prête à transiger sur un certain nombre de valeurs importantes puisque vous dites ça me coûte pour qu'il y ait un texte vous pourriez aussi dire à un moment donné là ça on n'est pas prêt à l'accepter donc on préfère qu'il n'y ait pas de texte plutôt que de transiger sur nos valeurs c'est pas le cas
alors je préfère qu'il y ait un texte sans transiger sur mes valeurs voilà ce que je recherche jusqu'à demain en fin de CMP mais le problème
c'est qu'en transigeant sur vos valeurs le risque c'est qu'en plus ça coûte à beaucoup de députés renaissants mais c'est la raison pour laquelle je vous dis
que je ne souhaite pas que nous transigions sur nos valeurs mais je ne pense pas que le groupe les républicains veuillent transiger sur ces valeurs à eux non plus mais justement
sur une des lignes importantes pour les républicains et les sénateurs l'ont voté c'est le droit du sol les sénateurs les républicains et l'ensemble du groupe ne souhaitent pas qu'il soit automatique ce droit du sol est-ce que pour vous c'est aussi une ligne rouge qui serait acceptable
alors de la même façon un certain nombre de mesures qui concernent le droit de la nationalité sont a priori des cavaliers législatifs qui ne devraient pas figurer dans le texte puisque de la même façon il n'y avait pas de mesures concernant le droit de la nationalité dans le texte initial après l'idée quand en tout cas à date sur le droit du sol ça n'est pas de considérer que la personne les jeunes qui sont nés ici n'auraient pas vocation à devenir français c'est l'idée qu'il n'y aurait pas d'automaticité c'est l'idée qu'ils doivent en faire qu'il y ait une manifestation de volonté on n'est pas sur la suppression du droit du sol c'est complètement inexact
la réforme du droit du sol et le fait qu'il n'y ait pas d'automaticité là non plus vous n'avez pas de problème de principe avec cette remise en cause
de l'automaticité du droit du sol j'aurais un problème de principe si on considérait qu'il était remis en cause et qu'on remettait en cause la possibilité pour un jeune né ici et ayant vécu en France toute sa vie d'acquérir la nationalité française ça c'est ma ligne rouge évidemment et ça n'est pas ce qui est imaginé aujourd'hui dans l'éventuel texte de compromis
l'autre point qui a été très discuté c'était bien sûr la régularisation des travailleurs dans les métiers en tension la droite voudrait aujourd'hui revenir à la version du Sénat c'est-à-dire que le pouvoir de décider serait confié au préfet au cas par cas est-ce qu'en l'état ça ne vide pas complètement le texte la mesure de sa substance
non pas complètement parce que moi je trouve que ce qui est important c'était notre mesure de régularisation dans les métiers en tension cela demeure et donc maintenant on est sur les modalités comment s'organise cette régularisation on a toujours imaginé que ça passe dans les mains du préfet mais c'est déjà le cas mais c'est déjà le cas à travers donc c'est quoi un texte si on ne change rien ça rajoute des possibilités à la situation existante aujourd'hui qui existe à travers la circulaire valse donc on a toujours cette mesure de régularisation des personnes en situation irrégulière ce n'est plus le changement symbolique
qui était le cœur non c'est pas le cœur ce n'est pas vrai une partie importante la jambe gauche notamment de ce texte ça faisait partie des mesures d'équilibre donc on en revient à la discussion du début il y a beaucoup de jambes droites et la jambe gauche
elle est très atrophiée c'est pour ça que c'est important que ça subsiste dans le texte on est en train pareil de regarder de toute façon il faut savoir il faut bien se dire que ce qui sortira demain d'un accord en CMP ça ne sera ni le texte de la commission des lois de l'Assemblée nationale ni le texte du Sénat ça ne sera pas l'avantage du texte du Sénat
que du texte sorti de la commission des lois évidemment
mais ça ne sera pas 100% du texte du Sénat autrement ce n'est pas un accord ce n'est pas une négociation comme je le disais tout à l'heure une négociation ça doit coûter un peu de part et d'autre
Yael Brunbivet j'aimerais vous citer une phrase ouvrez les guillemets il est important de ne pas se perdre de savoir quel est notre objectif quelles sont nos valeurs et moi je ne suis pas de celles qui perdent mes valeurs ou qui les sacrifient au profit d'un vote sur un texte quand on fait de la politique il faut avoir des convictions des valeurs et de la cohérence est-ce que vous savez qui a dit ça ? Moi ? Le 3 septembre est-ce que précisément et je fais le lien avec la discussion qu'on vient d'avoir sur ce qui vous coûte disiez-vous sur toute une série de mesures est-ce que vous n'êtes pas en train de perdre vos valeurs en voulant à tout prix un texte ?
Non je ne crois pas vous savez je maintiens mot pour mot ce que j'ai dit autrement je ne ferai pas de politique et le jour où je ne le penserai plus j'arrêterai la politique Moi ce que je crois aujourd'hui c'est que nous sommes dans un moment politique compliqué et ce moment politique il a commencé aux élections législatives avec une assemblée nationale sans majorité absolue et avec beaucoup de représentations notamment des extrêmes nous devons faire avec c'est le choix des français et donc notre rôle de responsable politique c'est de faire avec cette assemblée pour essayer de trouver un chemin pour pouvoir agir et c'est ce que nous sommes en train de faire
Mais les français peuvent se demander si ça ne va pas se reproduire à chaque fois ils pourraient avoir l'impression qu'en fait vous et le camp gouvernemental avalent des couleuvres à chaque fois venus de la droite pour faire passer des textes en abandonnant des valeurs est-ce que ce sera toujours ça désormais ?
Vous prenez comme un fait acquis que nous sommes en train d'abandonner nos valeurs Ça semble douloureux
pour vous ce matin
on a l'impression que Non ce n'est pas douloureux parce que moi
si vous vous disiez il y a l'instant ça me coûte et par ailleurs c'est droit
Une mesure me coûte ça n'est pas l'ensemble du texte c'est pas anecdotique c'est quand même assez incroyable de résumer la position qui est la mienne en prenant un article de ce texte sur les 90 articles qui existent C'est un article C'est un article C'est un article
Imaginons ceux qui nous regardent qui sont des étrangers en situation régulière qui ont des enfants qui les élèvent et qui voient que si ce texte passe tel quel ils devront attendre 3 ans avant de toucher à un certain nombre d'allocations
c'est important L'alpha et l'oméga de ce texte ça n'est pas ça
Mais donc c'est un texte qui vous satisferait s'il était très proche de la version du Sénat En fait vous dites comme Bruno Le Maire finalement Il faut que ce soit la base le texte du Sénat Il est bien Écoutez
Vous n'arrêtez pas depuis quelques minutes d'essayer de me faire dire ce que je ne pense pas et de me faire penser ce que je ne veux pas Je suis navrée Mais moi je vous dis ce que je pense Moi je vous dis très clairement que ce que je souhaite c'est aboutir à un accord que ce qui m'importe c'est ce texte Ce qui m'importe c'est qu'au niveau européen on arrive à finaliser les négociations sur le pacte asile et immigration et qu'on puisse avoir un paquet qui protège nos compatriotes et qui nous permette de lutter contre l'immigration irrégulière et de mieux accueillir les personnes qui ont vocation à rester sur notre sol Je pense qu'être assez clair et ça ça correspond à mes valeurs à mes convictions et à ce que je porte en politique depuis que j'y suis rentrée
Marion Morgue
Justement si demain lundi les députés et les sénateurs arrivent à un accord en commission mixte paritaire il y aura ensuite un vote au Parlement Est-ce que vous dites aux élus de la majorité même qui pouvaient être un peu critiques sur ce texte et sur l'accord qu'il faut le voter Est-ce que vous imaginez que mardi il y aura un vote au Parlement ?
Je pense qu'il y aura un vote au Parlement mais tout dépend encore de ce qui sortira du texte en commission mixte paritaire lundi soir puisque nous sommes des parlementaires responsables et nous votons un texte de loi qui nous sera présenté avec des rédactions d'articles Nous ne votons pas sur un accord politique nous votons sur un texte de loi Donc vous vous imaginez
encore qu'il peut y avoir des frondeurs et notamment au sein de la majorité
Ce n'est pas une question de fronde ou d'être frondeur ou pas frondeur Il faut regarder quel est le texte issu de la commission mixte paritaire Je ne fais pas de politique fiction et moi je fais confiance aux parlementaires pour voter en conscience mais en responsabilité sur un texte qui sera issu de ces travaux Moi à l'heure où je vous parle je n'ai pas le texte de la commission mixte paritaire voté Mais il vous paraît normal que c'est une liberté
de choix une sorte de liberté de conscience entre guillemets à la fin ça ne vous choquerait pas Si certains s'abstenaient ?
Je ne parle pas de liberté de conscience on n'est pas sur ce registre-là Je dis simplement que les parlementaires votent sur un texte qu'ils ont sous les yeux ils ne votent pas ils ne se décident pas deux jours à la vente sans savoir ce qu'il y a dans le texte
Évidemment Et ici on ne fait pas de politique fiction mais vous voyez bien que parmi les acteurs de la majorité certains disent que l'aile gauche pourrait ne pas accepter un texte qui se rapprocherait de celui du Sénat Certains évoquent la possibilité qu'une vingtaine ou une trentaine de députés dans la majorité et des états d'âme Est-ce que c'est un scénario qui vous paraît plausible ? Vous qui connaissez très bien la majorité présidentielle puisque par définition vous êtes présidente de l'Assemblée nationale
Oui Moi je ne parle pas d'état d'âme des parlementaires J'ai des parlementaires au sein du groupe de la majorité qui se posent des questions qui réfléchissent qui s'interrogent sur le bien fondé de telle ou telle mesure et ils décideront en conscience mais moi je suis confiante aujourd'hui sur le fait que nous réussissions à rester unis compte tenu de l'enjeu qu'il y a aujourd'hui sur le vote d'un tel texte
Et vous lancez un appel à ces députés de l'aile gauche de la majorité en leur disant même si c'est un mauvais moment à passer il faut préserver l'unité de la majorité
Je suis désolée mais je ne lance pas d'appel à mes députés sur les plateaux télé je leur parle et nous nous réunissons en réunion de groupe et nous avons des échanges aussi fréquents que nécessaires
Vous vous dites confiante est-ce que vous êtes confiante que mardi soir il y aura une nouvelle loi qui sera actée sur ce projet Asile et Immigration ? Je ne sais pas dans quel
comment je dois vous le dire que Pour le moment les négociations sont encore en cours la commission mixte paritaire n'a pas eu lieu donc moi je ne fais pas de politique fiction je suis navrée mais en tout cas je suis confiante dans le sens que dans le fait que chacun va mettre le meilleur de lui-même pour parvenir à un accord parce que nous avons tous conscience de l'enjeu Et ça vaut pour les républicains confiance sur leur vote confiante sur le fait qu'ils ont conscience de l'enjeu et que nous ne pouvons pas dans le contexte actuel nous priver d'un tel texte
Yael Broun-Pivet une question d'un téléspectateur voilà ce que vous demande Olivier bonjour trouvez-vous normal d'utiliser autant de 49.3 c'est un déni de démocratie à quoi sert le Parlement ? Voilà la question que vous pose Olivier et je précise qu'il y a beaucoup de questions en ce sens de téléspectateurs depuis le début de cette émission
C'est une question qui revient souvent moi quand je suis sur le terrain que je fais des réunions publiques que les Français m'interpellent et ils m'en parlent souvent de ce 49.3 et je comprends que facialement ça puisse choquer et qu'ils puissent se dire que le Parlement est un peu voilà je n'ai pas envie d'utiliser un anglicisme mais un peu contourné par l'utilisation du 49.3 par le gouvernement il faut bien voir que le 49.3 n'est utilisé aujourd'hui que sur les textes budgétaires et ce qui est dommage c'est que finalement nous ne parvenions pas à montrer aux Français que dans le quotidien du Parlement nous votons des textes 149.3
c'est effectivement pas leur perception
et c'est pas leur perception mais c'est la réalité aujourd'hui nous avons voté plus de on a voté 56 textes à l'Assemblée nationale 56 projets de loi 33 propositions de loi qui émanent des parlementaires 149.3 le gouvernement arrive à trouver des majorités sur ces projets de loi je parlais de la loi de programmation militaire de la loi de programmation sur l'intérieur sur les lois de travail sur la réforme du RSA de l'assurance chômage sur la transition écologique les énergies vertes le nucléaire la loi industrie verte qui va nous permettre de mieux réindustrialiser notre pays tout en préservant la planète sur tous ces textes nous avons trouvé des majorités
vous avez perdu la bataille médiatique ou de perception sur le 49.3 oui
et ça vous gêne et ça me gêne parce que ça n'est pas la réalité de ce que je vis au Parlement vous voyez nous avons quand je vous dis 33 propositions de loi une proposition de loi c'est une proposition qui émane d'un parlementaire sur ces 33 nous en avons voté 17 à l'unanimité ça veut dire que sur certains textes bien sûr pas sur tous évidemment il y a des conflits à l'Assemblée des clivages mais sur certains textes notamment la protection des femmes nous arrivons à trouver des chemins de passage et c'est vrai que c'est dommage que nos concitoyens n'en aient pas la perception et moi inlassablement j'essaierai de les convaincre et j'essaierai de convaincre nos partenaires quels qu'ils soient que la voie du dialogue la voie du compromis est la bonne parce que je suis convaincue que c'est ce qu'attendent nos compatriotes ils attendent qu'on s'entende d'entre nous pas qu'on gomme tous nos clivages et notre différence politique mais qu'on réussisse à s'entendre parce qu'il en va de l'intérêt national
et on continue cette discussion et je rappelle à ceux qui nous regardent à la maison que vous pouvez continuer à interroger directement Yael Brown-Pivet en flashant ce QR code qui apparaît à droite de l'écran Yael Brown-Pivet quel que soit le résultat final que ce texte soit adopté ou non cette séquence politique laissera des traces est-ce que parmi les conséquences à tirer il faut selon vous un changement politique d'ampleur à la rentrée prochaine au mois de janvier ?
Alors c'est le président de la République qui décidera éventuellement d'un changement politique d'ampleur moi ce que je crois de la place qui est la mienne c'est que nous avions en juillet 2022 travaillé avec la première ministre son gouvernement sur une nouvelle méthode cette nouvelle méthode comme je vous le disais elle marche sur un certain nombre de textes sur un certain nombre de sujets pas sur tous et donc il faut probablement que nous nous interrogions sur notre façon de travailler qu'on aille encore plus vers excusez-moi un travail en commun qu'on aille encore plus vers plus d'anticipation des sujets pour mieux les travailler avec nos oppositions que nous parvenions à davantage finalement de faire vivre cette culture du compromis on le fait mais pas suffisamment
est-ce que ça passe par un changement de premier ministre beaucoup évoquent aujourd'hui le fait qu'Elisabeth Borne que son gouvernement soit en quelque sorte à bout de souffle et qu'il y ait une nécessité de changer de gouvernement changer de premier ministre est-ce que c'est utile ?
pour moi ce qui est important et c'est pour ça que je suis partie tout de suite sur la question de la méthode
mais la première ministre incarne aussi cette méthode
alors oui et non parce que la méthode vous savez il n'y a c'est pas uniquement quelqu'un qui met en oeuvre une méthode il faut qu'on soit tous acteurs de cette nouvelle méthode on doit le faire nous au Parlement on doit être davantage dans le dialogue moi j'en appelle vous voyez à certaines oppositions notamment de gauche qui votent très peu avec le gouvernement les projets de loi du gouvernement même si parfois ils y souscrivent donc il faut que on rentre davantage dans cette culture du compromis à nous de trouver les voies et moyens moi je ne désespère pas de trouver aussi les voies sur la question du budget voir comment on peut mieux travailler avec nos oppositions pour pouvoir il y a de la marge oui il y a de la marge mais ce n'est pas parce qu'il y a de la marge et parce que c'est difficile qu'il ne faut pas essayer de toute façon nous avons une assemblée qui est ce qu'elle est à nous de la faire fonctionner et à nous de faire en sorte qu'elle remplisse pleinement sa mission au service des français
il y a une question qui se pose avec cette assemblée et la majorité relative que vous avez c'est celle de la dissolution est-ce qu'à un moment ce n'est pas une solution aussi pour revenir devant les français fluidifier peut-être un peu le fonctionnement de l'assemblée avec une majorité qui serait plus claire
vous savez la dissolution d'une part c'est la prérogative ultime du président de la République bien sûr mais vous pouvez avoir aussi votre opinion là-dessus moi je vous explique que j'ai une assemblée aujourd'hui qui sur la plupart des sujets réussit à trouver des voies de passage réussit à remplir sa mission au service des français pas sur tout mais sur une grande partie des sujets mais notamment grâce au LR grâce au LR c'est aussi un peu la fendue en même temps grâce au groupe Liberté, Indépendant, Outre-mer et Territoire le fameux groupe Lyot mais il y a certains textes qui ont été votés avec le PS avec les textes avec les communistes également donc il faut continuer dans cette voie-là moi en tout cas je suis à la tête d'une assemblée nationale qui fonctionne qui légifère pour moi c'est tenable c'est tenable parce que mais il faut que chacun poursuive ses efforts et voire les amplifie
voire les amplifie maintenant est-ce que les Français se disent que vous avez peur collectivement de la dissolution parce que le Rassemblement National est très fort et qu'il y aurait un risque qu'il remporte éventuellement ces élections législatives et de voir par exemple Jordan Bardella Premier ministre la seule question ça vous inquiète ?
ce qui m'inquièterait c'est d'avoir une assemblée nationale qui ne permette plus au gouvernement et au président de la République de gouverner vous savez quand le risque c'est quoi en fait sur une dissolution aujourd'hui moi je n'ai pas peur d'aller devant les électeurs les électeurs c'est la seule légitimité que nous pouvons avoir en politique c'est l'élection mais le risque c'est d'avoir une assemblée dans laquelle aucune majorité ne se dessine et d'avoir une assemblée avec une tripartition encore plus accrue et qui soit dans l'incapacité de trouver des majorités de trouver la voie du compromis et ça
ça vous paraît plausible ou pas ?
encore faut-il qu'il y ait une majorité je viens de vous expliquer que moi ce que je voyais et ce qu'on voit dans les études c'est plutôt s'il y avait une dissolution d'avoir une assemblée dans laquelle il n'y aurait pas de majorité le raz-de-marée RN
ça vous paraît hypothétique
illusoire de toute façon vous savez les sondages sur une dissolution qui n'a pas eu lieu franchement il faut être quand même assez optimiste et croire dans les sondages pour se dire que c'est cette réalité qui adviendra des urnes
ce matin dans le journal du dimanche le RN progresse de près de 8 points en tête la majorité sous la barre des 20% qui baisse d'autant s'il y avait des législatives demain ça ne rend pas franchement optimiste quand on appartient à la majorité
mais ça ne permettrait pas à la lecture de sondage d'avoir une majorité absolue ça donnerait une assemblée ingouvernable et ça donnerait c'est ce que je suis en train de dire une assemblée ingouvernable et je ne pense pas que ce soit cela qui soit dans l'intérêt des français il faut toujours en revenir à cela nous faisons de la politique nous sommes en responsabilité nous devons agir pour que les français puissent vivre mieux c'est ça notre mission donc une assemblée ingouvernable je ne crois pas que ce soit dans l'intérêt des français
question de Marion Bourque sur un sujet qui doit arriver ces prochains mois à l'assemblée
la question de la fin de vie on a eu des mots très forts cette semaine de François Zardy qui souhaite partir bientôt et vite est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui il faut répondre à cet appel est-ce que le président de la république qui semble quand même un peu hésiter sur cette question doit clarifier sa position devant les français
alors tout à l'heure vous avez cité une de mes phrases disant que je portais des convictions et que c'est pour cela que je faisais de la politique et que j'étais constante dans mes convictions
et bien voilà
un sujet sur lequel j'ai une conviction et sur lequel je suis constante je pense qu'il faut que notre législation évolue je pense qu'il faut qu'il y ait une aide active à mourir je pense que nous devons légiférer rapidement sur le sujet avec quel calendrier quand je dis rapidement ça ne veut pas dire qu'une fois que le processus législatif sera lancé il faut le faire à la va-vite il faudra prendre le temps de la délibération mais en tout cas il faut que nous commencions cette délibération et donc moi je suis de celles qui plaident inlassablement auprès de la majorité auprès du président de la République pour que nous examinions ce texte le plus rapidement possible au Parlement Est-ce qu'on peut au moins avoir l'assurance
que ce sera pendant
ce quinquennat à minima ? Ah bien oui moi je ne peux pas envisager que le quinquennat se termine sans que nous ayons adopté une loi sur la fin de vie nos concitoyens l'attendent
Mais comment est-ce que vous comprenez ce qui ressemble à une forme de procrastination du côté du président ? Le texte devait être présenté en Conseil des ministres d'ici la fin de l'année ce ne sera plus le cas vraisemblablement au mois de février La ministre en charge Agnès Firmin Le Baudot dit de toute façon ça ne pourra pas être effectif en 2024 On entend et on lit partout des échos expliquant que le président ne sait pas est gêné aux entournures Hésite Pourquoi tant d'hésitation et de procrastination alors même que la majorité soutient le fait d'avancer vers cette aide active à mourir ?
Moi je ne qualifie pas le fait de prendre son temps de procrastination ou d'hésitation Il y a eu cette convention citoyenne La ministre a travaillé notamment avec des parlementaires de tous les groupes Il y a eu des missions d'évaluation des lois Clès-Leonetti qui nous gouverne aujourd'hui sur les soins palliatifs au Sénat et à l'Assemblée nationale Donc le travail s'est poursuivi Il y aurait peut-être de la procrastination s'il ne s'était rien passé pendant ce laps de temps Il s'est passé beaucoup de choses C'est ça qui va nourrir le travail parlementaire Après Tout le monde et ceux qui le regardent peuvent voir
que le président de la République semble hésiter sur le sujet
Mais vous savez
Avec des prises de paroles contradictoires selon qu'il est devant Ligne Renaud ou qu'il est devant le pape il ne dit pas la même chose sur ce sujet Cela dit bien une gêne
Mais je ne sais pas si on peut le qualifier de gêne Je pense que le président de la République Un inconfort si vous voulez Peut-être qu'il doute Je n'en sais rien Moi je ne me mets jamais dans la tête des uns et des autres Je peux vous dire ce que moi je pense et ce à quoi moi je m'engage devant nos concitoyens à la place qui est la mienne c'est que je souhaite qu'il y ait un débat Vous savez je fais même partie de ceux qui pensent que si nous ne parvenons pas à avoir un débat parlementaire il faut que nous allions au référendum sur ce sujet et qu'il faut qu'on consulte nos concitoyens Dès 2024 ?
En tout cas moi ce que je souhaite c'est que nous ayons une loi sur la fin de vie pour que chacun dans notre pays puisse choisir en toute liberté la fin de vie qui lui correspond et qu'il souhaite
Question d'Amandine Atalaya
Oui Autre sujet La patronne des députés écologistes Cyrielle Châtelain vous demande de sanctionner le député Renaissance Jean-René Cazeneuve qui aurait lancé et c'est selon plusieurs témoins c'était lundi après le vote de la motion de ranger tu seras tondue à la libération disait-il donc à Cyrielle Châtelain allez-vous le sanctionner ?
Alors on a j'ai effectivement reçu un courrier de la présidente du groupe écologie sur ce sujet donc moi j'en saisis le bureau de l'Assemblée Nationale qui se réunira fin janvier on a une réunion de bureau tous les mois et donc nous en discuterons ensemble au sein du bureau il faut savoir sur Oui mais est-ce que vous vous êtes favorable à une sanction ?
Mais je préside le bureau madame donc vous pensez bien que je ne vais pas vous dire maintenant avant d'avoir auditionné les uns et les autres ce que je vais faire c'est moi qui préside c'est comme si vous demandiez à un président de tribunal de vous donner la sanction qu'il va prononcer mais je suis très réactive quand je décide de sanctionner directement Alors il y a le bon on va aller sur les sanctions mais avant même la sanction qu'est-ce que vous pensez de cette phrase ?
Vous m'excuserez je termine sur ce point sur les sanctions qui sont prononcées à l'Assemblée Nationale moi je n'ai jamais la main qui tremble en revanche lorsque la collégialité est nécessaire je préfère la collégialité et aujourd'hui 80% des sanctions qui ont été prononcées depuis 18 mois l'ont été par le bureau de l'Assemblée Nationale dans lequel sont représentés tous les groupes politiques donc je vous indique que je saisis le bureau de cette question et que nous en débattrons collégialement fin janvier
Donc le bureau se prononcera mais avant la question de la sanction quel regard est-ce que vous portez sur cette phrase qui vraisemblablement selon plusieurs témoins a été tenue par un député de la majorité ?
A nouveau moi j'ai entamé tout de suite les vérifications mais moi ce qui me choque c'est qu'au sein de cette Assemblée Nationale il y ait depuis 18 mois des invectives des injures des propos au dernier bureau nous avons sanctionné un certain nombre de parlementaires parce que c'est les insultes de nazis de nazillons qui fusent on ne peut pas avoir au sein de l'Assemblée Nationale des parlementaires qui sont élus par le peuple français qui représente la nation avoir un comportement qui soit en dehors des clous qui soit ingérieux d'un député de la majorité donc vous faites comme si elle avait eu lieu moi je n'en sais rien je veux entendre
vous doutez des témoins qui ont fait des passées
je ne dis pas je doute mais je n'ai pas un dossier aujourd'hui sur votre plateau avec les témoignages d'un tel ou d'un tel qui me disent si les faits sont avérés ou pas la seule chose que je peux vous assurer aujourd'hui sur votre plateau c'est de vous dire que cette phrase ne figure pas au compte rendu qui est pris par les fonctionnaires de l'Assemblée Nationale on en est là aujourd'hui j'aurai un échange avec la présidente Châtelain j'aurai un échange avec le rapporteur général nous en discutons collégialement évidemment que je ne rendrai pas la décision du bureau seul alors que nous sommes 24 au bureau et que le bureau
ne s'est pas réuni sur cette question des sanctions vous êtes critiquée par la France Insoumise et notamment par Jean-Luc Mélenchon qui dans un tweet vous appelle la mère fouettard et juge qu'on est passé de 16 sanctions à l'Assemblée Nationale en deux ans à 145 il trouve que vous avez la main un peu forte qu'est-ce que vous lui répondez ?
déjà j'ai dit sur un autre plateau que je ne répondais plus à Jean-Luc Mélenchon que ça ne m'intéresse pas la mère fouettard et ça ne m'intéresse pas de répondre à Jean-Luc Mélenchon donc ça je ne lui réponds pas et sur cette question des sanctions pour vous faire un état des lieux des sanctions comme je viens de l'indiquer ces sanctions en fait sont effectivement en nombre prononcées de façon accrue pour quelles raisons ?
d'une part parce que les comportements sont de plus en plus en violation de notre règlement il y a de plus en plus comme je le disais d'injures d'invectives parfois de comportements qui sont par exemple on a eu des affiches qui ont été brandies dans l'hémicycle alors qu'on n'a pas le droit de brandir des affiches donc en fait moi j'ai des groupes politiques qui sont en violation de nos règles communes de façon constante donc il est normal et il est sain que nous les sanctionnons maintenant pour avoir un panorama de qui sanctionne parce que je crois que ça aussi c'est intéressant donc qui est sanctionné en majorité la France Insoumise plus de 90% des sanctions qui sont prononcées concernent ce groupe unique ça c'est le premier point deuxième point les sanctions sont prononcées en gros 10% par moi-même seule 10% par mes vice-présidents et 80% par le bureau de l'Assemblée nationale 24 personnes de façon collégiale représentant tous les groupes politiques
le sentiment
qu'il ne faut rien laisser passer est partagé très largement par l'ensemble des groupes parlementaires à l'Assemblée nationale
pour terminer cette émission deux questions de téléspectateurs la première elle est signée Maria qui vous demande ce que vous pensez de notre nouvelle Miss France Nord Pas-de-Calais qui est devenue Miss France pour ceux qui n'ont peut-être pas suivi avez-vous un message à lui faire passer je précise notamment que depuis hier soir elle est victime d'un certain harcèlement sur les réseaux sociaux voilà pour quelle raison ? compte tenu notamment de propos qu'elle a pu tenir de sa coiffure voilà des choses qui ont pu être vues sur les réseaux sociaux
je n'ai pas suivi la polémique sur les réseaux sociaux pour tout vous dire je trouve que c'est assez sympathique de voir ces concours et voilà moi je n'ai pas à commenter mais elle est charmante et c'est tout ce que ça m'inspire et en tout cas les images que je vois sont assez réjouissantes
c'est pas un concours rétrograde Miss France ?
non je trouve pas vous savez moi-même dans ma circonscription j'ai une ville qui s'appelle Montesson on a des Miss Montesson tous les ans c'est sympa c'est notre histoire c'est notre culture il faut arrêter de penser que ce genre de concours serait rétrograde je ne le crois pas en tout cas
deuxième question de Bernard qui vous demande s'il faut retirer la Légion d'honneur à Gérard Depardieu
écoutez c'est moi pardon
c'est question de Bernard
j'entends Bernard je suis désolée d'avoir eu ce soupir et si on vous pose la question
c'est parce que précisément l'instruction est en cours pour éventuellement retirer la Légion d'honneur et que Gérard Depardieu lui-même a dit qu'il remettait cette décision dans les mains de la ministre de la Culture
en fait je suis assez perplexe sur ces moments où on réagit très vite peut-être trop vite mais ces propos ont choqué
les propos de Gérard
évidemment que les propos qu'on voit sur les images et que j'ai vu comme beaucoup d'entre nous sont choquants après moi voilà et puis ces réactions de part et d'autre ces réactions aussi sur les réseaux sociaux comme pour Miss France enfin je trouve que très souvent ça s'emballe moi je pense qu'il faut aller de façon plus apaisée plus sereine et prendre le temps des choses et donc voilà mon commentaire
Merci beaucoup Yael Brunpivet d'avoir été l'invité de BFM politique vous retrouverez dans un instant affaire suivante avec Ronald Guintrange et Dominique Rizet quant à moi je vous retrouve ce soir dès 17h30 dans C'est pas tous les jours dimanche avec un invité le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin qui fera un point sur l'état des négociations avant cette dernière réunion à Matignon à 18h le grand débat politique du soir Mathilde Panot la patronne des députés insoumis face à Marion Maréchal vice-présidente de Reconquête vive la politique et belle journée Sous-titrage ST' 501
Yaël Braun-Pivet