France-Algérie : Boualem Sansal face à Bruno Retailleau
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Macron a revendi quasiment le l'honneur d'être le premier à parler de on n' pas le droit quand on est président de la République ou ministre de l'intérieur de porter à tête à son pays. Ça relève de la haute cour normalement c'est ça relève presque de c'est peut-être le mot est trop fort mais de la de la haute trahison que voilà un pays qui te fait la guerre de manière claire je veux dire il se cache pas le régime ne se cache pas il insulte il condamne il ramass Esprit libre, la grande émission de débat et de décryptage du Figaro et du Figaro magazine. Un jeudi par mois, nous recevons une personnalité du monde politique et une personnalité du monde intellectuel pour approfondir un grand sujet d'actualité.
Et cette semaine, nous avons le plaisir et l'honneur de recevoir l'écrivain Boem Sansal et le président de LR et candidat à la présidentielle Bruno Rota. Nous allons parler de la relation compliquée entre la France et l'Algérie. Sommes-nous dans une guerre sans fin ?
Faut-il privilégier la diplomatie ou le rapport de force ? Le spectre de la guerre civile algérienne-til la France ? tout de suite les réponses de nos deux esprits les bas.
Bruno Rotaillot Boem Sans sal. Bonsoir. Bonsoir.
Bonsoir. Très heureux de vous recevoir de vous recevoir pour parler notamment du du livre de de Boem sans salle, la légende livre Boem sans salle dans lequel vous racontez votre votre expérience de prisonnier en en en Algérie. Pourquoi ce titre la légende ?
C'est c'est vous la la légende Wemal ? moi et oui parce que les prisonniers moi j'ai été arrêté le 16 novembre et mis au secret pendant toute toute une semaine par durant cette semaine personne au monde pas même l'ancien ministre de l'intérieur ne savait où j'étais j'étais en quelque sorte dans une casmat des services secrets pour quelle raison je ne sais pas et mais c'est mais la formation circulait pendant que moi j'étais dans ce trou j'avais connaissance de rien du tout le monde tourlait et on parlait de sans sal boom bon c'est bon sans sal était arrêté Bon, ça a disparu et qui qui a entendu parler et enfin bref, c'était une toute une qui qui tournait une rumeur qui tournait en Algérie, en France et peut-être un peu partout en Europe. Et lorsque les prisonniers de enfin la prison où j'étais de Coléa, c à 60 km d'Alger me voit arriver, c'est ben il voit arriver ce qui a été dit et redit pendant toute la semaine euh chacun.
Vous êtes devenu un symbole en en vérité. C'est pour ça que vous avez appelé ça la légende. Oui, en une semaine, j'étais et en fait il se les prisonniers ont fait un transfert sur moi.
Ils sont ce monsieurlà qui qui n'est rien du tout mais il a la France derrière lui, il a l'Allemagne et l'Europe et cetera. Il va faire tomber le régime et si le régime tombe, on sera libre. Et donc voilà, je suis devenu le le symbole de la liberté. symbole de la liberté.
C'est ce que vous avez toujours été d'une certaine manière et voulu être en défiant ce régime, en défiant l'islamisme. Bah la liberté, je sais pas trop ce que c'est mais la liberté d'expression, oui, ça c'est quelque chose de concret et il faut qu'on puisse pour vivre en société, il faut qu'on puisse communiquer, hein, et même nous contredire et tout ça. On a besoin de ça.
La société, l'économie, une nation tient par cela. c'est et si on ferme la euh la les canaux de communication, de discussion, de débat, la société meurt. Voilà.
Euh et dans tous ces pays de dictature et ben en fait c'est c'est un faux état. C'est une c'est des beaux ruches, c'est des gens euh qui sont maintenus dans dans le silence complet. C'est mais qui n' jama ça ça gagne ça arrive maintenant dans les les bastions de de la démocratie comme la France comme on va on va en parler justement de la la liberté d'expression voilà liberté d'expression faut se demander maintenant qu'est-ce que c'est en France c'est peut-être la liberté ça ce qu'en France je crois qu'avec la liberté de se terre et fauster quoi c'est tout bah vous nous direz justement si parfois on prend le chemin justement de de démocratie de moins en moins euh libéral.
Euh vous vous parlez avec un grand détachement finalement et vous le racontez presque avec détachement dans votre livre de de cette de cet emprisonnement. Mais d'abord, est-ce que vous y attendiez ? Vous saviez que vous étiez dans le viseur du du régime et est-ce que vous avez eu peur avant et et après ?
Ah ben quand on vit dans des pays comme ça, évidemment ça tout, hein. J'ai déjà été j'ai déjà subi les foudres du régime, mais j'ai été lié mangé. Je vous rappelle qu'avant jusqu avant 2003, j'étais au fonctionnaire, professeur à l'université et tout ça.
Voilà, j'avais une vie sociale très très pleine et très riche et tout ça. Et puis voilà, parce que j'écrivais, parce que je m'exprimais librement et que je le se faisais sur place. Je le faisais pas à l'étranger, je le faisais plus sur place.
Et donc, j'ai été sanctionné. J'ai perdu mon travail, on m'a chassé de mon toutes mes fonctions. J'avais plus de revenu pour vivre et j'étais presque je j'ai pas frisé la mondicité mais pas loin quoi.
On était euh on vivait sur le salaire de ma femme qui est professeur de mathématiques dans dans un lycée. Ça payait quoi ? Bah pas grand-chose.
On pouvait vivre là-dessus une semaine ou plus hein. Et euh bon ben voilà. Bruno Retaillot, on vous a invité parce que quand vous étiez ministre de l'intérieur, vous avez vous êtes tout de suite emparé de de cette affaire.
Vous avez pris à cœur de défendre Boem Boem Sans salle. Pourquoi c'était important pour vous ? Et ensuite, est-ce que c'était le rôle du ministre de l'intérieur ?
Parce qu'on vous l'a reproché. On a eu le sentiment qu'Emmanuel Macron trouvait que vous outrepassiez vos fonctions. Ah, nous n'étions pas sur la même ligne, évidemment.
Euh bah il y a eu plusieurs raisons. Il y avait une raison qui qui était plus personnelle puisque 48h avant le 16 novembre, je sais pas si Boem tu t'en souviens, on s'était passé un coup de fil parce qu'on cherchait à trouver un créneau pour pouvoir déjeuner ou dîner ensemble. Donc on se connaît, on éétait pas lié d'une amitié qui avait franchi les décennies mais mais on se connaissait bien.
Moi, je respectais beaucoup l'œuvre de de Boem. Ensuite, moi j'avais été commistre de l'intérieur sensibilisé parce que la reconnaissance par le président de la République Emma Macron de la souveraineté du Maroc sur l'Oxara occidental avait fâché Alger. C'était dans une lettre pour la fête du trône qu'il avait envoyé donc à Mohamed 6 et c'était vraiment à quelques jours des Jeux Olympiques et Alger a été le seul pays.
La Russie a continué ses relations notamment en terme de sécurité mais l'Algérie a rompu tout lien, toute coopération sécuritaire avec la France à quelques jours à quelques jours, c'est notable euh d'un événement mondial planétaire qui étaient les Jeux Olympiques. le si vous voulez le pic de la fâcherie entre Alger et Paris, c'est cette reconnaissance et je pense que le président de la République avait eu raison à l'époque. Et donc du coup en terme de ministre de l'intérieur, j'étais sensibilisé à cet aspect sécuritaire.
Et puis il y avait une troisième raison, cette liberté d'expression. Moi qui suis attaché à la France, j'étais ministre de la France et moi je considère que l'identité de la France c'est la littérature. On est une patrie littéraire.
Camu disait d'ailleurs connaissé par ailleurs que que sa patrie c'était la langue française. Et on a 16 prix Nobel. Enfin, je veux dire qu'il y a pas un pays à proportion de sa de sa population qui a autant de prix Nobel de littérature que la France.
Donc c'est vraiment notre signature, notre identité. Et moi, je trouvais stupéfiant que on ne puisse pas défendre un compatriote français puisque depuis de ou 3 ans, depuis 2024, Boilen, tu avais eu la nationalité française qui était enfermé par le régime algérien euh pour sa liberté d'expression, pour rien du tout. Donc j'avais été choqué et c'est la raison pour laquelle je me suis dit euh c'est un régime autocratique.
La seule façon de le faire sortir, c'est d'avoir un bras de fer. Je n'avais pas que cette raison-là. On y reviendra peut-être tout à l'heure.
J'avais beaucoup d'autres raisons comme ministre de l'intérieur. De l'intérieur. Vous vous dites vous étiez choqué de qu'on ne le défendait pas.
Ça veut dire que la la diplomatie ne faisait pas son son travail. C'est c'est plus global. Bah au départ la diplomatie pouvait pas faire autre chose que ce qu'elle faisait.
H bon, je je pense en plus qu'il a pas été inutile qu'il y ait deux lignes, si j'ose dire euh good cop si j'ose dire. Meta l'aspect fermeté et Jean-Noel Barre plutôt. Bon voilà, même si je considère que la France se couche trop euh vis-à-vis d'un régime qui en profite, mais ce que simplement on était dans cette situation et que la gauche se taisait, c'est incroyable. la gauche française euh si rapide à signer des pétitions, à défendre la liberté d'expression, mais c'est silence radio.
Voir on je me souviens de personnes qui disaient "Bon, il a un peu cherché, il est un peu d'extrême droite sur les bords." Euh, ce sont des choses qu'on a entendu dès le début. C'était choquant.
Je pense que beaucoup d'ailleurs n'avaient pas lu, ne connaissaient pas sans connaître l'œuvre de de Boem, il avait pas lu le moindre livre de de Boem. Et ça aussi ça m'avait choqué et je pense que quand on est français, quand on aime la France, on défend son compatriote. Et en plus quand il est un écrivain, le dernier livre de de Boem, c'était un livre vis-à-vis de la langue française.
La langue française, parlons-en. H bah la littérature, c'est la langue française. Ou oui.
Voilà. et ça ça me touche. Donc vous vous rendez compte quelqu'un qui prend des risques à ce point-là pour servir la langue française, pour servir ce Patrick qui est la France puisqu'il venait d'être naturalisé, il est emprisonné et nous gouvernement on fait rien.
Qu'est-ce que ça veut dire ? Non non, moi ça m'a choqué et j'ai décidé de tenir une ligne politique que j'estimais conforme à l'intérêt de la France et à celui de Boem parce que désormais d'ailleurs avec Christophe Glaise, il faut qu'on pense à lui aussi. Vous rendez compte que je n'étais pas mise au courant.
Tire que on avait mis la couverture sur l'affaire Christophe Glaz. Donc cette diplomatie molle a bien montré que on est à 2 ans de sa première arrestation. D'accord.
Il a d'abord été non pas en prison mais sous contrôle judiciaire puis ensuite emprisonné. On en a si peu parlé que du coup il est toujours enfermé. Et je pense que le bruit qui a été fait pas seulement par moi par les amis de de Boem a aidé a aidé énormément.
H parce que ça mis ça ça mis les pai dans le dos. Dis vous pensez qu'on est le fait qu'on soit beaucoup plus mou là sur Christophe Glaise, c'est c'est une des explications du fait qu'il est toujours pas sorti. En tout cas ça ne l'aide pas.
Ça ne l'aide pas parce que il faut assumer le bras de fer avec le régime algérien. Il faut comprendre. Moi je souhaite vraiment d'abord je différencie le régime algérien qui exploite son peuple du peuple algérien et je le dire aussi pour nos compatriotes français qui sont d'origine algérienne.
Mais il faut comprendre la nature du régime algérien. Ce régime là se nourrit à fait de la France sans boucle émissaire. Et la France pour ce régime c'est le prétexte qui lui permet de s'excuser de ses propres échecs.
Ouais. Donc plus la France est faible et plus il en profite. J'en parlais tout à l'heure en en coulisse ce weekend dimanche.
El Watan qui est grand journal donc algérien a fait sa une. Très surprenant de sa part parce qu'il était quand même plutôt connoté. Organe un peu libre.
Il est plus beaucoup plus. Ouais. Il s'est totalement mis au et la une de dimanche c'était euh une attaque en règle.
Il y avait Jean-El Bao la tête baissée, il était allé à Rabat donc au Maroc et on parlait la presse algérienne donc le régime algérien parlait de sabotage. Il fallait taper sur la France. On en est à je ne sais combien de visites ministérielles de monsieur d'Armadin de je ne sais qui en Algérie et plus plus on a de ministres qui qui vont en Algérie et plus l'Algérie nous tape dessus et au même moment on adopte une loi criminalisant le la colonisation.
Donc carrément une déclaration de guerre exement aux Français vivant c'estàdire qu'ils n'ont pas connu la guerre y compris les jeunes français qui disent l'Algérie c'est quoi la guerre c'est la colonisation quoi il connaissent pas vous vous avez toujours été hostile à à cette politique de de repentance ben totalement je veux dire et la justice collective ça c'est c'est ça n'existe pas on peut pas punir un peuple et toute toute une histoire comme ça parce qu'on le décide On on peut punir des individus en ce moment. Il faut monter un dossier, il faut aller en justice et attaquer un tel pour génocide, pour crime contre l'humanité, pas de l'État, pas à la France. Et à travers la France, c'est tout l'Occident.
C'est ça va très loin. C'est c'est beaucoup plus loin que c'est une manière pour le le le régime finalement de se légitimer, de taper en permanence sur la la France. et les les régimes faibles qui sont qui n'ont pas de légitimité, ben ils se fabriquent des des légitimités comme ils peuvent et ça peut être ça euh du temps de l'URSS et ceter contre l'Occident capitaliste expur récit qui se met en place et toutes les histoires particulières s'intègrent là-dedans et elles se nourrissent de de ce magma général quoi.
On y reviendra après. Mais mais est-ce que la guerre civile algérienne a conduit justement à ressusciter ce bouqu émissaire français ? C'està-dire qu'elle a affaibli le le régime, il fallait trouver un ennemi de de l'extérieur notamment pour pour justifier l'alliance avec les islamistes.
Pas du tout. Je pense que jusque dans les années jusqu'à dans les années 70 80 personne n'a parlé de C'est pour ça que je disais la guerre civile pas voilà l'Algérie la France coopérer bien mal enfin ça c'est secondaire c'est une question de de technique de moyens mais ça fonctionnait c'est à partir de on va dire la montée de l'islamisme qui a fait émerger cette haine de l'Occident l'Occident chrétien exploiteur et cetera qui a qui s'est euh au cours du 18e 19e siècle attaqué au monde musulman à coloniser les terres d'Islam. Donc il y a ce discours là déjà hein et puis arrive arrive Teboun qui en fait un un je sais pas un programme personnel.
Il y a il y a la culture on va dire algérienne contre l'Occident contre la France. OK mais ça ça fonctionne mais il y a une équation personnelle. Teboun fait une guerre personnelle à la France c'est ça qui est terrible.
Vous pensez que votre emprisonnement c'est un ordre de témoun direct ? Ils vous ont vu personnellement parce que vous avez trop tapé sur lui. Mais parce que c'est lui-même qui l'a dit.
Avant que je sois jugé dans une conférence, il a dit bon sans sal imposteur, c'est un traître et c'est un bâtard. Il il connaît pas son père, il mérite la mort à ça avant que je sois jugé. Voilà. et considéré comme étant un agent de la France et contre l'histoire de l'Algérie, contre le fait d'avoir la nationalité française, vous pensiez que ça vous protégeit peut-être ?
Est-ce que ça a été une circonstance aggravante ? Non, je crois que ça n'a pas compté. Non, je crois pas.
Ça n'a pas comp Non, pas vraiment. C'est ça a été dit ça a été dit par certains que euh ma naturisation était en quelque sorte un prix. On me paye pour avoir évidemment porter le fer contre le régime algérien.
Mais c'est mais pas vraiment. Je peux pas on peut pas dire que ça a beaucoup compté. C'est accessoire.
Dans dans votre livre, la légende nous le rappelle qui paraît aux éditions Grasset. Vous racontez justement ce régime qui apparaît comme un régime mélange d'Orwell et de et de Kafka. vous raconter votre arrestation d'ailleurs pas spectaculaire comme quelque chose de de de presque normal.
Et ensuite, l'expérience de la prison, qu'est-ce qui était le le le plus difficile en prison ? Mais tout est difficile en prison, c'est une prison. Donc on n'est pas à l'extérieur, on est privé de liberté, on est privé du contact de sa de sa famille, de ses amis, de Et puis dans la situation où j'étais à mon âge et malade et condamné à 5 ans, c'était une condamnation à mort.
Bon voilà, à ce train-là, j'étais déjà vraiment très malade, très fatigué. Encore une année, deux années et puis voilà, ce sera la fin. Donc c'est c'est très dur.
Je pensais à ma famille, à à mes filles. Euh c'est une souffrance terrible hein. Je veux pas bon je raconte ça un peu en détail dans mon mais c'est une souffrance terrible et plus que tout c'est l'humiliation.
Je me sentais mulé en tant que être humain, en tant qu'Algérien et en tant que français. Lesateur que contre la France et je la ressentais en tant que français. Je je réagissais de la même manière que n'importe quel français à ses à ses insultes, mais aussi en tant qu'Algérien parce que et les Algériens souffrent beaucoup de ce régime.
Eux aussi se sentent très humiliés, très Bon donc réagir Bruno Rota. Ouais, simple. J'ai amené le livre qui n'est pas encore c'est avant sa sortie mais mais c'est intéressant ce que dit Boem à la page 43.
Il dit attention en parlant de la prison, rien n'est franchement insupportable. pris isolément, c'est la continuité globale qui use et qui fait mal, la répétition sans perspective. H donc on on comprend la douleur, la souffrance qu'on peut éprouver en prison qui qui n'est pas simplement un acte isolément pris mais qui est finalement ses jours qui passent voilà les heures.
Oui. Et qui se vit seconde par seconde. C'est pas c'est chaque seconde est une est une souffrance intolérable.
Bruno Rota comment ça se passe concrètement quand on est ministre de l'intérieur ? Est-ce que vous avez des informations sur ce qui se passe ? Est-ce que vous savez dans les quelles sont les conditions de la la détention de de de Boem sans salle ?
Quels sont les les canaux ? Est-ce qu'il y avait des canaux de discussion au moins avec le le le régime ? Non, il y avait pas vraiment les les canaux de discussion avaient été rompus.
Le peu que j'avais, c'était notamment par Jean-Paul Scarpita avec Nazia, l'épouse de de Boem, mais c'était très fragmentaire et je n'avais pas moi officiellement vraiment d'information. Je savais un moment donné donc il était à Coléa, donc dans cette prison qu'il avait été transféré. Ensuite pour le traitement contre le cancer à l'hôpital on me disait qu'il était correctement soigné.
Voilà. Mais mais c'était vraiment des fragments d'information qui n'est pas qui n'étaient pas des des informations si j'ose dire de de première main mais qui m'étaient rapporté par des personnes dignes de confiance quand même. Et et sur ces baseslà, est-ce que c'est euh un dilemme moral d'agir ?
Est-ce que vous avez douté ? Est-ce que vous vous êtes dit "Est-ce que je choisis la bonne ligne ? Est-ce qu'il faut y aller parce qu'il y a urgence ?
Il peut mourir que dans quel état d'esprit on est et sur quelle base on prend des des décisions J'ai parfois ça m'a tarodé. Je me suis dit mais qu'est-ce que je le connais en plus. Donc quel est le meilleur service que je peux lui rendre parce que j'occupais cette fonction officielle du ministre de l'intérieur euh pour pouvoir le libérer.
Je ne voulais pas lui demire non plus. Mais il faut bien savoir que l'affaire Boem sans sal pour moi c'est comme les les poupées russes. Ça a été une imbrication d'autres affaires.
Euh très très rapidement en mois de février, il y a l'attentat de Mulouse. C'est donc un ressortissant algérien qu'Alger malgré qu'on lui avait présenté à 14 reprises cet individu qui devait retourner en Algérie, les autorités algériennes n'avaient pas voulu le reprendre et qui tue sur le seul français à Mulouse un ressortissant retraité portugais. Et donc moi dans les centres de rétention administrative, j'avais dans les profils très dangereux de ceux qui n'ont pas de papier des EQTF à peu près 40 % une population 40 % de ressortissants algériens et Alger ne voulait pas respecter les accords de 94 qu'Alger avait signé.
Ces accords, je le rappelle, c'est que dès lors que vous avez un ressortissant algérien qui a des papiers, soit par exemple papier d'identité, un passeport, même périmé, Alger ne doit pas discuter, ils doivent le réadmettre. Donc moi, j'avais ce combat-là qui était un combat pour la sécurité des Français. En plus, j'avais euh un autre combat aussi parce que euh il y avait eu progressivement des enlèvements de ressortissants algériens qui avaient trouvé un refuge parce qu'ils étaient opposants au régime algérien.
Sur le sol français, il y en avait un qui avait été enlevé avec une menace, une tentative d'assassinat, pardon, par des agents consulaires du consulat algérien de Créteille. Donc vous voyez, en quelque sorte je n'avais pas le choix. Il y avait quand même certains se gargarisent avec l'état de droit mais l'état de droit c'est quand même de faire respecter la loi y compris par des services étrangers.
On pouvait pas supporter les barbouseries algériennes sur le sol français. Donc Boem était un élément très important et moi aussi j'ai j'ai réagi à la fois comme ministre mais comme français et moi je ne supportais pas de voir que la France ne réagissait pas quand bien même elle était insultée et quand bien même ses intérêts étaient méprisés. H vous l'avez dit, il y avait aussi tout le dossier des des OCTF, des fameuses obligations de de quitter le territoire avec ces ces Algériens parfois dangereux, parfois condamnés qui qui ne retournent pas dans leur pays.
Comment on peut régler ce problème là ? J'ai l'impression qu'il n'est pas réglé du tout. On le réglera dans la fermeté.
Pardon de vous le dire. Il y a aujourd'hui un déséquilibre total. On donne tous les ans à peu près 200000 visas. les Algériens et le régime algérien ne respectant pas ses accords, l'accord de 94 utilise une procédure du compte de goutte, c'est-à-dire que individu par individu, on donne des laissés passés consulaires.
Donc c'est vraiment à la maîtrise du pouvoir algérien. Donc d'un côté, on a quelques centaines de laissés passés consulaires et de l'autre quelques centaines de milliers de visas. Ça peut pas coller.
Il faut un bras de fer, il faut l'assumer. Je dois dire que on aura aussi dans un une loi européenne qui s'appelle le règlement retour qui fait suite à la directive retour pour lequelle je me suis beaucoup battu, on va avoir la possibilité de renvoyer dans des centres de retour à l'étranger des individus, même par exemple un centre de retour en Afrique pour accueillir des ressortissants algériens. Donc on va avoir plusieurs fer au feu, mais le pouvoir actuel en France rechigne évidemment.
Euh d'abord le règlement retour euh il est en trilogue au niveau de Bxell. J'espère que dans quelques semaines, il sera définitivement approuvé. Mais les visas, moi ça a été une des causes de mon départ du gouvernement parce que quand j'ai euh j'essayais de négocier pour une sorte de contrat de gouvernement, j'avais des demandes moi-même à faire pour le ministère de l'intérieur et j'expliquais au président de la République et au premier ministre que un ministre de l'intérieur ne peut pas gérer l'immigration uniquement par les flux de sortie.
C'est le plus dur. Il il faut aussi tari source, les entrées. Et je voulais que euh justement l'affaire de ces visas soit sous la main du ministre de l'intérieur plutôt que des affaires étrangères.
H Et le le président de la République n'a pas voulu, vous avez dit ça a été une des raisons de votre départ. On n'a pas très bien compris euh au moment de votre départ la raison de votre départ. est pas mieux valu partir avant justement en en expliquant les les raisons sur la question de l'immigration sur la question du rapport à l'Algérie Bruno Lemer c'était un déclencheur c'està-dire que on faisait venir brutalement au gouvernement ce que m'avait caché d'ailleurs et donc je ne supporte moi je suis un rural voyez et et j'ai des réflexes assez simples.
Euh j'ai besoin euh de confiance, vo et de clarté et de franchise parce que quand on est dans un gouvernement, en plus moi je fais pas partie de la famille macronienne, j'étais rentré au gouvernement pour empêcher la gauche de gouverner la France. Mais quand j'ai vu le Premier ministre qui traitait avec le premier secrétaire du Parti socialiste, l'abandon des retraites, alors qu'on me disait l'inverse, qu'on faisait revenir un ministre qui était quand même qui avait les 1000 milliards d'euros d'endettement et que en même temps on voulait demander aux Français de doubler des franchises médicales, leur demander un effort. C'est incroyable.
Plus tout ce que je demandais pour maîtriser l'immigration, c'était impossible pour moi de rester dans ces conditions au gouvernement. Je l'ai sans doute que je l'ai mal expliqué mais c'était je me serais trahi. Voilà.
Et la suite m'a donné raison puisque il y a eu l'abandon de la réforme des retraites, il y a eu des impôts enveu en voilà plutôt que de réduire la dépense publique. Donc je pense que c'était important pour moi et ma famille politique de retrouver nos bases. Voilà.
Si vous aviez eu les tous les pouvoirs, enfin euh pas assumé un rapport de force avec le président de la République lorsque vous étiez ministre de l'intérieur, qu'est-ce que vous auriez fait que vous n'avez pas fait euh quand vous étiez à l'intérieur ? Bah tout toutes les mesures euh comment dirais-je un peu dures, j'en ai d'ailleurs j'en ai prise et d'ailleurs je l'ai fait de mon propre chef et ça a déplu. J'ai renvoyé à un moment donné euh un ancien directeur de cabinet de du président euh euh algérien euh parce que les papiers j'avais demandé à ce que on ne supporte plus qu'on casse un accord qu'on avait notamment sur les papiers les diplomatiques.
Euh j'avais un certain nombre aussi de visés. Il y avait par exemple un fils euh de quelqu'un de très très haut situé dans le pouvoir et notamment peut citer d'ailleurs, c'était le chef chef d'état-major des armées qui était en situation régulière et cetera mais on ne m'a pas permis de faire ce que j'aurais souhaité faire. Et il y a eu une attitude paradoxale du prévision de la République puisque il avait adressé à François Baou août, rendez compte le 6 août 2025 une lettre en disant non, il faut être plus ferme avec l'Algérie.
C'était en même temps. On peut quand on n pas de ligne enfin je veux dire que comment tenir une ligne diplomatique quand on fait des zigzags ou des têtes à que c'est c'est pas possible. Pas sur le plan des relations internationales comme sur le plan domestique.
Je pense que présider un pays, tenir un gouvernement c'est tenir une ligne. Bien entendu. Bon sans salle vous le racontez dans votre livre.
Quand vous êtes en prison, vous n'ignorez pas tout ce qui se passe en France. Il y a des choses qui remontent, notamment le le le soutien de votre comité de soutien et un nom qui devient célèbre dans les prisons algériennes, celui de Bruno Rotaillot. Et même les détenus font une chanson.
Qu'est-ce que Qu'est-ce que c'est que cette chanson sur Brono Rota ? C'est Bruno, c'est le héros absolu quoi. C'est par c'est exagéré ce problème.
Non non mais réellement le héros. Vous pouvez nous nous donner les paroles de la chanson voir la chanter ? Non mais c'est non c'est vrai que au début euh c'était très j'étais dans une situation un peu ambigue.
Je savais que tout ce qu'il faisait me porter du tort. C'est je le savais évidemment il parle de moi et libérer bon sans sal et donc tu veux sans sal et ben tu l'auras pas. Donc mais en même temps il faut regarder la question du fond c'estàd oublier les personnes.
C'est non c'est il faut c'est pas bon sensal qu'il faut défendre c'est même pas la liberté d'expression c'est défendre l'honneur d'un pays et ça si en cours de route il faut sacrifier quelques personnes et ben on le fait c'est la raison la raison d'état mais c'est pas possible la France est arrivée à un niveau de de dénigrement d'insulte par le régime algérien qui est absolument inacceptable même quand on est algérien les Algériens eux-mêmes ne supportent plus ça de voir un pays qui qui a quand même euh euh je pense que 90 % des des Algériens seraient très heureux de pouvoir avoir des visas et venir s'installer ici mais et de voir ce pays traîner comme ça dans la boue tous les jours et puis c'est vulgaire c'est c'est même pas bien fait et c'est faux et et donc et c'est comme ça que c'est ce que les prisonniers de de la prison où j'étais et ça a gagné toutes les prisons. Il est devenu un symbole de le peu importe le le le les questions accessoires, c'est c'est le fond, la dignité d'un peuple, la dignité d'une nation et ça c'est insupportable. Mais c'est pas seulement parce que c'est mais on a tous le souci de la dignité d'un pays quel qu'il soit.
Euh je sais pas pour l'Iran tiens par exemple, on dénonce le régime mais nous sommes tous ici je pense très intéressés par le la dignité du peuple iranien et de l'Iran. Il faut pas toucher à cela. C'est secret.
C'est sacré cela. Et ce ce gouvernement piétine tout mais absolument tout. C'est le seul lui à rien.
Il est avec un discours très très simple hein. C'est ce chose dont qu'a théorisé notre ami Xavier Drancour quand il a fait vieilement. C'est le rapport de force.
Quand on protège un pays, il faut faire en sorte que le rapport de force soit constamment de votre côté. Vous défendez un peuple, vous défendez une nation, une histoire, une civilisation, vous pouvez pas vous arrêter à l'affaire de Bohem Sansal ou de quelques autres QTF ou machin. Voilà.
Et ça le et ça le régime algérien, ça il faut le saluer. Il a très bien compris que ce qui compte c'est le rapport de force. Là, c'est du détail.
C'est c'est la seule chose qu'il comprend en réalité. C'est pour ça que vous vous étiez très très hostile à à la ligne de négociation parce que vous croyez que c'est c'est pris comme de la faiblesse par le le complètement complètement. Oui.
Oui. Absolument. Moi j'étais euh je suis pas le seul.
Je pense que l'immense majorité des Français le pensent. Les m majorité des Algériens ce qu'il a fait c'est je veux dire que c'est tellement évident que ça vaut pas le coup d'en parler. il est mise l'intérieur, il déforme la sécurité des Français et puis mais il n'est pas que mise l'intérieur à mise l'intérieur est mise l'intérieur mais il est membrou aussi donc il a aussi une dimension supérieure en disait il a pas le droit de s'occuper des affaires étrangères mais si il est membre du gouvernement et j'étais ministre d'État en plus et en plus ministre d'état si ça relève de lui et non mais ça mais le problème n'est pas là le problème est français c'est que la France bah je sais pas des trucs culpabilisés par les wistes, les machins, les trucs.
Euh, on est arrivé à femme de maochise. Ouais, c'est c'est ça. Se battre la coule tout le temps puis se mettre soi.
Tbou n'a même pas besoin d'accuser les les Français. Ils s'accusent eux-mêmes eux-mêmes. Si Macron a revendique quasiment le l'honneur d'être le premier à parler de on n' pas le droit quand on est président de la République ou ministre de l'intérieur de porter à tête à son pays.
Normalement, ça relève de la haute cour normalement c'est ça relève presque de c'est peut-être le mot est trop fort mais de la de la haute trahison voilà un pays qui te fait la guerre de manière claire je veux dire il se cache pas le régime ne se cache pas il insulte il condamne il ramasse et c'est pour ça alors on va parler d'Emmanuel Macron vous vous l'avez rencontré mais vous vous étiez même contre votre propre grâce vous avez écrit plusieurs fois vous le racontez dans le livre au président Tebo parce que vous ne vouliez pas de la grâce. Pourquoi vous la la refusé ? Mais c'est c'est une honte.
Moi ce que je veux c'est un nouveau procès qui m'a quitte et je veux un nouveau procès avec mes avocats. On rappelle qu'il a vous l'a raconté, il a duré 5 minutes votre procès. Ouais mais là j'étais minut j'ai pas été arrêté.
C'est je suis un otage. Voilà en échange. Je sais pas ce que le gouvernement algérien demandé.
Peut-être le renvoi de Bruno ou ceci ou cela. Il a d il a sans doute dû le demander bien entendu euh et puis peut-être d'arrêter les opposants enfin j'ai servi de de c'est monchange de monnaie d'échange et vous auriez assumé de rester plus longtemps en prison même de mourir en prisonce accepter cela c'est voilà c'est accepter sa sa sa condition de de soumis de pas du tout moi je suis un homme libre je veux le rester et si et si on peut pas me défendre ben je me défends tout seul jusqu'au bout et voilà et je pense pouvoir un jour j'espère pouvoir porter la la l'affaire au cours de au niveau de la justice internationil. Mon mon avocat François Zimré a un dossier qui est prêt contre monsieur Tbou, pas contre l'Algérie.
Moi j'ai rien contre l'Algérie. C'est un pays qui honorable comme tous les pays. J'ai rien contre les Algériens. un peuple comme les autres.
Mais je c'est contre cette dictature, c'est c'est c c'est c'est ces cinglés qui gouvernent ce pays depuis ben depuis 6 et notamment depuis avec Tebou parce que lui là c'est il a décroché le pompon. C'est c'est le pire de tous hein. Oui oui vous expliquez que que Bouteflica à côté était presque un enfant de cœur même si c'était déjà regrette tout le monde regrette BF même si c'était déjà un régime autoritaire que que vous combattiez.
Vous racontez justement votre libération dans le dans le le livre qui se fait brutalement, on vous informe pas avant et vous vous rendez compte finalement que c'est l'Allemagne qui qui vient vous chercher et vous dites que que vous êtes dans l'avion et que vous êtes bouleversé quand vous comprenez que finalement vous avez servi de monnaie d'échange comme vous l'avez expliqué. Moi quand j'ai donc on vit sur des rumeurs donc moi j'ai pas j'avais aucune information les rumeurs qui circulaient en prison c'est que le président allemand aurait écrit à Teboun voilà pour demander un geste d'humanité. Alors qu'est-ce que c'est qu'un geste d'humanité ?
Je sais pas comment Tebou a a traduit ça. Enfin par grâce c'est vraiment le la grâce dans le sens du Seigneur qui le fait du prince. Voilà c'est le fait du prince.
C'est et là qu'est-ce que bon ? C'était une rumeur quand mme prise pour pour vrai et j'ai écrit au président Toboun pour le dire j'entends euh la rumeur dans prison c'est que je éventuellement je pourrais être grcié. Monsieur le président je vous informe que je refuse toute grâce sous quelque forme que ce soit.
Je veux un nouveau procès avec mes avocats et avec des observateurs internationaux. Voilà, c'est tout. Euh mais euh mais quand on vous grassit, on vous dit rien.
Un jour, on vous sort de cellule, on vous amène et on vous met dans un avion. Je me suis retrouvé à Berlin euh me suis posé la question, je quel va être mon statut là ? Je vais être réfugié politique.
J'ai pas demandé à être réfugié politique de de l'Allemagne. J'ai je sais pas. Donc quand j'ai vu le président Jean Maurer, je lui ai posé la question.
Je dis ah dit mais si tu il m'a dit si tu veux rester tu restes tu es le bienvenu tu sais bien que je tu es un citoyen d'ur en l'Allemagne. Non non mais je dis mais je c'est c'est pas possible. Moi je suis j'ai d'abord j'ai pas demandé de je suis pas un réfugié politique.
Euh ben bon elle me dit voilà que tu es libre. Non pas la liberté à n'importe quel prix. Ça non je c'est c'est ça c'est pas possible.
Euh il faut que je trouve le moyen de laver mon honneur parce que officiellement aujourd'hui je suis encore un prisonnier condamné à 50 prisons pour euh trahison atteinte la sûreté et cetera. C'est c'est pas possible justement innocent innocent constaté par euh voilà vous avez rencontré le président allemand vous vous rencontrez ensuite le président Emmanuel Macron. Est-ce que vous lui dites merci malgré tout ou qu'est-ce que vous lui dites ?
Mais bien entendu, mais mais comme le dit l'a dit tout à l'heure Bruno, mais ils font leur travail, ils ont fait leur travail, c'est normal, il faut il faut le remercier. Je remercie Jean Noël Barreau mais toutes les fonctionnaires derrière l'ambassadeur Stéphan Romaté et d'autres, ils ont fait ce que ce qu'ils ont bah ce qu'ils ont pu faire mais ils se sont eux-mêmes restreints dans le ils pouvaient faire beaucoup plus. c'est être ferme, c'est envoyer un signal très clair, c'est que euh vous avez dépassé la ligne rouge, on peut aller maintenant très loin.
Voilà. Et donc en état, la France est un grand pays qui a beaucoup de moyens, qui a fait toutes les guerres du monde. C'est pas ça quand même qui va le le voilà.
Et donc un peu de truc, mais mince, il faut sortir de de cette attitude de soumission et aller et aller aller taper sur la table, c'est pas possible. C'est une humiliation. Bah si eux ça les dérange pas d'être humilié, peu importe.
Mais je pense que le peuple refuse cette d'être humili, il faut il faut l'écouter. Le peuple dit non. Comment vous l'expliquez Bruno Rota cette attitude de soumission des des pouvoirs publics du gouvernement ?
Est-ce qu'il y avait une peur chez Emmanuel Macron vis-à-vis de la diaspora algérienne ? Est-ce que c'est une culpabilité liée à la l'histoire de la colonisation ? Qu'est-ce qui explique cette attitude et pourquoi ce cette absence de fermeté ?
Je pense qu'il y a sans doute deux raisons. Je pense que la première raison, c'est cette dépendance idéologique, cet esprit de repentance. Il a internalisé cette idée que la France est coupable, nécessairement coupable et que on doit expier.
Et donc on se situe en ce sit en situation d'infériorité vis-à-vis d'un pouvoir qui en réalité n'en demande pas tant. Les Turcs par exemple, les Ottomans ont colonisé pendant des siècles l'Algérie qui leur reproche aujourd'hui. Nous il y a un peu plus un peu plus d'un siècle siècle et demi et et c'est nous qui faisons office de Bouém émissaire.
Donc il y a cette idée chez les progressistes et Emmanuel Macron en fait partie euh d'avoir intégré par voilà par cet esprit très particulier la culpabilité française un esprit de repentance. Voilà donc ça je pense que c'est d'abord le premier point. Le second point on peut pas l'écarter la diaspora.
Cette crainte que ce soit mal perçu et qu'en étant ferme vis-à-vis du régime algérien, on est des compatriotes d'origine algérienne qui le prennent pour eux. Ce qui est totalement différent. Euh il y a eu le mouvement le Irak et il a été réprimé d'ailleurs par euh le régime algérien et c'était un mouvement du peuple.
C'était un mouvement diplômable. Il faut séparer le peuple algérien et qui est un grand peuple et le peuple a et le régime. Voilà.
Mais je pense on est passé très rapidement. Boem pas réagi tout à l'heure. Vous avez initié une question tout à l'heure euh sur la il y a une survalorisation de cette histoire coloniale française euh à Bon compte de la part du régime de la part du régime pour taire totalement la mémoire récente des années de plomb des années 2010 contre les islamistes.
C'est comme ça que d'ailleurs Camel Daoud quand même pris concours, il a pris cher. Il a quand même pris il été condamné pour 3 ans. Je vous rappelle que sa maman est décédée.
Il a même pas pu aller à la sépulture. Pourquoi ? parce que il a fait écrit ce très beau roman ouris qui raconte justement la guerre civile la guerre civile avec cette jeune fille enfin voilà entre les islamistes il faut le rappeler et et l'armée voilà donc donc je pense que le régime algérien cherche à taire cette guerre civile interne des années de plomb et pour la terre il survalorise en plus la cette mémoire coloniale.
Donc nous on est perdant sur toute la ligne. On est on on est des naïfs et on se soumet. Ce qui est pas supportableem l'a dit.
C'est pas seulement la France, c'est le peuple français. Les Français, on en ont marre, ils veulent être respectés. On on respecte l'Algérie, le peuple algérien, mais nous on veut être respecté et on veut avoir des relations qui soient des relations normal, d'égal à égal avec le peuple algérien.
Vous avez écrit un livre, un manifeste contre l'islamisme, ne rien céder, c'est aussi un des grands combats de euh de Boem sans salle, Bruno Retagot. Est-ce que euh pour régler ce problème de l'islamisme, il faudra aussi régler justement le le rapport avec l'Algérie parce qu'il y a un lien entre les deux, notamment depuis la guerre civile des années 90. Est-ce que finalement cette guerre c'est c'est d'une certaine manière transportée sur le territoire français ?
Sans doute pas que cela. D'ailleurs euh il y a il y a une page où Ballem euh pointe la responsabilité d'ailleurs des frères musulmans. Euh tu parles voilà d'une 5e colonne islamo-fraternelle.
Islamo-fraternel je sais pas si c'est les frèistes ou les assoumis je pas lu comme les assou France assoumise. Ouais il y a les islabogo gauchistes. La France assoumise aussi.
Non, moi je pense que le le l'islamisme et notamment les frères musulmans, ils ont été interdits d'ailleurs dans les 10 nations, les 10 pays qui l'ont interdit, il y en a neuf qui sont des pays musulmans dont la plupart reconnaissent la religion de l'islam dans leur propre constitution. C'est pas les nations occidentales qui ont interdit qui ont lutté contre les frères musulmans, c'est d'abord les nations musulmanes. Donc ils ont fait le le tri entre l'islamisme qui est une idéologie qui n'est pas une religion mais qui défigure justement la religion musulmane.
Voilà. Et moi je pense que là aussi il faut pas se soumettre, il faut lutter par tous les moins possibles imaginables. Lorsque je suis arrivé au ministère de l'intérieur à Bovau, on m'a remis un dossier.
On m'a remis qui avait été rédigé par un ambassadeur et un préfet. sur l'état de la menace des frères musulmans. Et on m'a dit et les conclusions sont très nettes, il y a une menace grave d'infiltration qui concerne justement le tissu associatif qui concerne même jusque au fondement de la cohésion nationale et des institutions républicaines.
Et alors, il faudrait ne rien faire. Non, il faut lutter. Ces gens-là nous combattent.
Bolem sans sal, vous avez décrit dans beaucoup de vos livres justement le basculement de l'Algérie dans la guerre civile avec la montée de l'islamisme notamment dans gouverner au nom d'Allah. Vous expliquez que ça commence par le voilement des femmes, qu'au début vous pensez que c'est un folklore la la rabisation de la langue également. Évidemment, la France n'est pas l'Algérie, c'est pas un pays qui a une tradition musulmane, mais est-ce que vous voyez euh des points communs entre l'islamisation de la France aujourd'hui euh et l'islamisation finalement qu' qu'a subi l'Algérie avec des conséquences qui pourraient être similaires ?
Mais c'est déjà plus un sujet hein. Ça c'était un sujet d'il y a 20 ans. On se posait la question est-ce que la montée de l'islam et de l'islamisme avec euh évidemment tous les phénomènes que ça a créé comme le séparatisme, la communautarisation et tout ça, est-ce que est-ce que ça allait euh voilà amplifier ça allait s'amplifier jusqu'à menacer les institutions françaises de base, l'école, les trucs et cetera et cetera.
C'était une question d'il y a 20 ans. Aujourd'hui, la réponse on la connaît. L'islam, l'islamisme sont installés et ils font souche.
Donc maintenant, c'est plus les les traitements d'il y a 30 ans euh où euh on coupe ici, on coupe là, enfin des non, c'est beaucoup plus profond maintenant. La France est menacée dans ses institutions profondes. parlait tout à l'heure de la langue euh à ce train la langue française il y a pas que l'islam mais l'islamisme et bientôt il y a tout le reste l'américanisation de la société française l'européanisation également qui qui tout le relativisme qui s'installe dans une sauté traditionnelle comme la France est très moderne mais elle reste quand même très intégrée dans ses provinces dans ses racines et tout ça ben tout ça s'est coupé aujourd'hui.
C'est c'est plus aujourd'hui, il faut voir le coup d'après on sait moi ça fait 25 ans que je mon premier roman, vous en avez parlé tout à l'heure, j'ai pub en 25 ans donc je dis attention ce qui se passe ici arrive chez vous, c'est déjà en route, c'est peut-être déjà arrivé. Bah oui, c'est arrivé, c'est installé maintenant. il faut voir le coup d'après.
C'est-à-dire que les Français vont être obligés de quitter le la France et chercher à des refuges ailleurs pour exagérer. Euh on voit vers cela et déjà on est aujourd'hui au stade et Bruno l'a dit tout à l'heure où on a même pas parlé de de peur de il y a une diaspora qui est importante qui pour des raisons qui sont lesciennes elle est très elle est très énervée. Elle est elles se sont menacé ell se sont elle est aussi courtisée travaillée par la France insoumise la gauche et cetera qui se cherche un peuple un peuple de gauche qui n'existe pas le le fabrique.
Euh donc il faut voir le le coup d'après. C'est-à-dire, c'est c'est pour ça qui ça rend les l'élection présidentielle de de cette cette année vraiment et là on pourrait peut-être presque remercier Tboun Tboun en exagérant dans sa dans sa folie bah il crée une alerte alerte générale. Aujourd'hui, on nous insulte matin et soir et on sait même pas répondre.
On sait même pas ce qu'il faut dire et comment faire justement dans le comment faire vous vous êtes écrivain et votre arme ça a toujours été la plume et la liberté d'expression. Vous avez vous avez commencé par là. Euh la France est le pays de Voltaire.
Est-ce que vous reconnaissez ce pays-là que vous avez aussi connu à travers les lieux ? Vous avez été attaqué en tant qu'écrivain même après votre libération, même après tout ce que vous avez subi ? Euh comment vous avez vécu cette cette cabale ?
Mais c'est que ce qu'est à la France n'est pas combattu que par l'islam, la montée de l'islam, l'islamisme et tout ça. Il est combattu par les Français eux-mêmes. aussi de ce côté-là bah tout à l'heure j'ai cité la France insoumise et socialiste et cetera tout ce mouvement va qui c'est ça que aujourd'hui on est en train on interdit des presque certains livres on interdit des représentations euh c'est maintenant il est quasiment impossible pour un homme comme moi d'être invité dans une université ou à sciences ou un truc pour faire ben qui décide ben ce sont les étudiants.
Ben, ce sont des proches des islamistes et qui sont pilotés par la France insoumise et compagnie. Donc, il faut reprendre la main. Euh et une fois qu'on a repris la main, bon ben c'est après c'est un travail, c'est beaucoup de spécialistes, la France ne manque pas de de de spécialistes pour trouver les les mais il faut la volonté.
C'est la volonté. Le reste de la technique, on va trouver ça. Ça peut être simple comme ça peut être très compliqué mais peu importe.
La volonté est là. Et la volonté c'est extraordinaire si elle est exprimée. Euh la volonté quand un petit pays exprime sa sa bah sa fermeté tout ça ça dérange personne et c'est un petit pays mais la France est une grande puissance nucléaire et compagnie.
Donc si que la France dit non ça peut s'entendre. Donc stop. Vous pensez que notre pays peut se relever ?
Bon Rota vous êtes candidat à la présidentielle aussi aussi pour pour cela et est-ce que vous en tant comme politique vous avez l'impression que parfois votre liberté d'expression est encadrée surtout vous vous traitez des sujets sensibles. Vous faites très attention à ce que ce que vous ce que vous dites. Bon non, je suis je pense que je suis plutôt connu justement pour pour dire ce que je pense y compris par des formules parfois qui ont suscité des polémiques, y compris lorsque j'étais au gouvernement.
On on a ce c'est alors Boem dans son livre, je fais de la réclame pour ton livre Boem voir à partir du 2 juin mais tu as cette expression sur la liberté d'expression tu tu dis voilà elle ne rencontre pas elle se tap pas contre les murs uniquement de la prison mais aussi elle seurent à la meute et j'imagine que la meute on sait ce que c'est tu cites François Mitteran exactement bon donc on on a ce phénomène là mais je pense qu'aujourd'hui il y a les réseaux sociaux qui peuvent être le meilleur et le pire. Et on a un paysage médiatique qui n'a plus rien à voir avec celui que j'ai connu il y a 10 ou 15 ans. Il y a des espace de diversité si j'ose dire.
Avant globalement paysage médiatique notamment audiovisuel à 90 % c'était la gauche. Aujourd'hui c'est plus nuancé. Il a des journaux comme le Figaro et d'autres.
Donc on on a cette tendance moutonnière et la gauche est euh aujourd'hui minoritaire dans les urnes, mais elle est encore majoritaire dans les esprits. Et elle a gagné depuis longtemps le combat gram chien, combat de la culture. Exactement.
Des idées. Et c'est comme ça qu'elle a impressionné la droite. C'est comme ça que la droite a été souvent trop ponteuse face à cette hégémonie là.
Il y a eu une sorte de gaz incapacitant que que lui donnait. on était condamné pour peu qu'on veuille une immigration très ferme. On disait celui-ci c'est un fachaotud et cetera.
À ce compte-là, on était tous des fachaud et pour la France insoumise évidemment tout ce qui n'est pas à gauche est forcément et fatalement et encore même une partie de la gauche sont des fascistes. Donc on on a ce mouvement-là euh qui qui tente si j'ose dire de comment dirais-je d'enserrer le débat public dans des limites de respectabilité très strictes définies par la gauche. C'est terrible.
C'est la gauche qui définit les limites de la respectabilité encore. Mais heureusement, on a un paysage qui s'est ouvert aussi bien sur l'audiovisuel, sur la presse et aussi sur les réseaux sociaux. Donc ça ne voilà c'est ça c'est terminé le temps où il y avait un un grand canal.
Aujourd'hui, il y a pas seulement le service public. Madame, on vous a reproché d'être d'avoir changé d'éditeur. Ça fait partie aussi de de ce débat sur la la liberté d'expression et c'est est-ce que si vous avez choisi de faire ce livre chez Grasset plutôt que chez chez Galimar, c'était aussi une question de liberté d'expression ?
Je peux pas dire que Galimar m'a jamais empêché de publier ce que de décrire. C'est vrai, vous avez fait beaucoup de livres chez Galim et qu'on peut témoigner que c'était une parole. De la même manière, je pense Gran ne l'a jamais fait. les gens qui publient aucun auteur qui publié chez chez Grassé ne peut dire qu'à un moment ou un autre il a été et même ces quatre dernières années alors que Grassé était passé dans ce qu'on appelle avec beaucoup de mépris la bolosphère pas non ça je crois pas les écrivains restent libres de ce qu'ils écrivent un éditeur peut refuser un livre parce qu'il il est peut-être bah il peut être dangereux il y a des éditeurs qui ont peur hein euh qui veulent pas publier par et vous aviez quand même un un différent littéraire en fait avec votre votre précédent éditeur pas oui approche dans le dans dans ce livre ou c'estàd que quand j'écrivais ce livre et moi je sais comment j'écris donc je suis je je dis les choses et puis j'ai j'avais au cours des premières interviews que j'ai faites après ma libération j'avais un peu voilà j'avais montré un peu ma déception que des amis de Galimar et cetera et cetera mais défendu comme un otage.
Non, il faut me défendre comme un homme libre. Il s'était créé un comité pour me me soutenir et et très vite ils se sont divisés en deux. Il y a ceux qui étaient sur la voie qui est dorsaé, il faut y aller molo molo et voilà et gentiment et puis ceux qui disaient mais non on est le rapport de force la marre parce que ce gouvernement c'est c'est un gouvernement de voyou c'est des bandits.
Il faut et en même temps on se bat pour notre ami Bolem qui est qui est là-bas et bon euh et alors en écrivant ça j'étais j'étais un peu dans l'ambiguité. Je je suis chez Galimar donc je vais le publier chez Galimar. Ça c'était trop difficile franchement pour moi.
Je me dis non moi ben je vais arrêter, je publie pas euh et cetera et puis il y a eu une histoire tout à fait personnelle qui entre vous raconter dans le livre, on va pas forcément s'étendre s'étendre là-dessus mais ce que je voulais vous entendre sur la la divergence justement voà je suis parti donc ça a accéléré ce cette sorte de mésente on va dire ou je sais pas quoi comment l'appeler idéologique ou je sais pas quoi et l'idée que ben cette affaire personnelle entre pas Galimar c'est entre Antoine Galimar et moi voilà qui a fait que bon allez hop, je m'en fais euh vous prenez votre liberté. Voilà. Et puis bon, c'est le c'est voilà, moi je suis inséré dans un groupe de ces comités de soutien Arnaud Benedetti, compagnie Xavier Drionco, on se voit tout le temps et cetera et disc la discussion à bah est parti dans cette direction.
Bon, tu as quitté Galima, tu vas faire quoi ? De quoi tu vas vivre ? Est-ce que tu vas être Bon peut-être qu'à un moment donné, j'ai presque pensé à rentrer dans la fonction publique.
On m'a fait une sorte de proposition pour être quelque chose comme ambassadeur de la langue française. Bon, c'était c'était une possibilité mais après mais bon moi je crois que je suis écrivac avant tout une dernière question parce que c'est c'est l'heure de donc voilà je n'ai subi je n'ai subi aucune pression ni chez Galimar ni chez Grass et c'est pour ça que je disais hier dans une intervie je comprends pas pourquoi les écrivains qui ont quitté euh Grassé euh aujourd'hui pourquoi il le quittent aujourd'hui alors Garcé est passé sous le contrôle de Boloré. Ça fait déjà 4 ans.
Ça fait déjà 4 ans. Juste une dernière question parce qu'il faut ça va juste j'ai dit que je comprends il faut finir. Bah on va finir on va finir là-dessus.
Alors du coup euh SAL Wem Sansal qui est un homme libre jusqu'au bout qui ne respecte pas le temps de des émissions. Désolé de de faire la police mais c'est aussi mon mon métier. Pas trop quand même.
En tout cas c'était passionnant, c'était un honneur de vous recevoir. Merci également Bruno Rotaillot et on se retrouve on retrouvera cet entretien dans le dans les colonnes du Figaro et on se retrouve le mois prochain pour un nouveau numéro d'esprit.
Bruno Retailleau