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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 9 juin 2021 25 min

Gifle donnée à Emmanuel Macron, emploi des jeunes et élections régionales... Le "8h30 franceinfo" d'Elisabeth Borne

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Elisabeth Borne. Bonjour. Qu'avez-vous pensé hier en découvrant les images de la gifle donnée à Emmanuel Macron ?

0:06
Élisabeth Borne

Écoutez, c'est clairement choquant et inacceptable. Aucun désaccord politique ne peut justifier qu'on s'en prenne physiquement à quelqu'un, a fortiori au Président de la République. Mais ça ne va pas empêcher le Président de la République de continuer à aller à la rencontre des Français. Et vous l'avez vu, il a du reste continué son bain de foule et il l'a fait tout au long de sa visite.

0:24
Présentateur

Dans la foulée, Emmanuel Macron a d'ailleurs dit qu'il minimisait ce qui s'est passé. Il parle d'un fait isolé, il faut le relativiser, dit-il. Ça veut dire qu'il faut s'habituer à ce genre d'image ?

0:34
Élisabeth Borne

Non, je pense que ce n'est pas ça qu'il a voulu dire. Enfin, c'est un cas isolé et on ne va pas en faire non plus une généralité sur la violence. En même temps, ça reste choquant et inacceptable.

0:45
Invité

Qu'est-ce que ça dit du climat actuel dans le pays, cette gifle ?

0:49
Élisabeth Borne

Enfin, je ne sais pas s'il faut extrapoler sur le climat. Moi, je note en même temps que dans le débat politique, les propos sont de plus en plus violents. Et c'est vrai que cette violence verbale à répétition, ça peut aussi entraîner certains qui restent des cas isolés dans la violence verbale.

1:05
Invité

Donc, c'est la violence verbale entre politiques qui conduit à la violence physique par les Français ?

1:10
Élisabeth Borne

Des cas isolés. Je pense que c'est important quand même de garder aussi la mesure. C'est des cas isolés qui peuvent déraper comme on l'a vu hier. Mais je pense que c'est aussi important peut-être de retrouver un peu de mesure dans les propos. Moi, je trouve qu'on a une banalisation de la caricature de l'outrance. Et ça, ça ne fait pas progresser le débat politique. On peut être en désaccord sur des sujets. On peut aussi faire preuve de retenue, de mesure. Et ça n'affaiblit pas le débat politique de le faire avec mesure.

1:35
Présentateur

Banalisation de l'outrance pour reprendre vos mots dans laquelle les médias ont leur part de responsabilité.

1:40
Élisabeth Borne

Je pense que tout le monde a une responsabilité dans cette, effectivement, ce qui est un déferlement de violence dans les propos. Et je pense qu'il faut qu'on prenne chacun aussi nos responsabilités pour revenir à des débats plus sereins. Moi, je vous dis, le débat politique, il est évidemment essentiel dans une démocratie. Il peut aussi se faire avec mesure.

2:01
Invité

Hier, toute la classe politique a condamné le geste de cet homme. toute la classe politique, sauf un homme qui n'est pas vraiment politique, mais qui tient un discours politique sur une chaîne info concurrente. Éric Zemmour, il dit, il s'est lui-même désacralisé en parlant du président de la République. Il a ce qu'il mérite. Bon, c'est horrible à dire et je condamne, mais il a ce qu'il a provoqué.

2:25
Élisabeth Borne

Oui, écoutez, je ne suis pas sûr d'avoir très envie de commenter les propos d'Éric Zemmour, qui fait partie de ceux qui, effectivement, sont en permanence dans l'outrance et la caricature, qui tient des propos, effectivement, qui dérapent systématiquement. Et je pense que c'est un peu sa marque de fabrique. Donc, je pense qu'il a de leçons à donner à personne sur ces sujets.

2:42
Présentateur

Mais quand vous... Oui, propos, pardon, qui sont ceux d'un éditorialiste ou qui sont ceux désormais d'un homme politique ?

2:47
Élisabeth Borne

Je crois qu'il a clairement indiqué quelles étaient ses intentions. Pas très clairement, justement. Oui, ben, voilà. Moi, je n'ai pas envie de commenter très longtemps les propos d'Éric Zemmour, vous voyez.

2:56
Invité

Emmanuel Macron qui voulait être le président de la Bienveillance, il a raté ?

3:01
Élisabeth Borne

Enfin, vous avez vu son déplacement. Enfin, réduisons pas son déplacement hier, où il a pu rencontrer des restaurateurs, des jeunes qui se forment, où il a eu des moments, des bains de foule qui se sont bien passés, comme d'habitude, à ce moment.

3:14
Présentateur

Bon, c'est une nouvelle étape du déconfinement, Elisabeth Bande, qui commence aujourd'hui, avec notamment l'assouplissement du télétravail. D'abord, qu'est-ce que vous dites à tous ceux qui n'ont pas forcément envie de retrouver leurs collègues ou l'ambiance de la machine à café et qui auraient bien continué à télétravailler le plus longtemps possible ?

3:30
Élisabeth Borne

D'abord, je pense que c'est effectivement un jour important, notamment pour les très nombreux salariés qui, pour certains, sont en télétravail à 100% depuis des mois et qui vont pouvoir reprendre progressivement le chemin du bureau et retrouver leurs collègues. Ensuite, on voit qu'il y a des réactions qui sont très contrastées. Certains n'en peuvent plus du télétravail. Ils sont heureux de retrouver leurs collègues. En même temps, les habitudes ont changé. Depuis un an, les habitudes ont changé. Et c'est pour ça qu'on redonne des marges de manœuvre aux entreprises dans le nouveau protocole.

On leur demande de fixer dans le dialogue entre la direction et les représentants des salariés un nombre minimum de télétravail et on les invite à gérer ces retours de façon progressive pour ne pas bouleverser aussi des habitudes de vie qui avaient pu se prendre.

4:21
Présentateur

Pourquoi ne pas avoir fixé une règle ou des règles pour les entreprises ? Dans la fonction publique, c'est trois jours de télétravail. Dans le privé, chaque entreprise fait ce qui bon lui semble.

4:32
Élisabeth Borne

Oui, parce que je pense que c'est important et c'était aussi une attente forte des organisations patronales et syndicales qu'on redonne toute sa place au dialogue dans les entreprises. Vous savez qu'il y a un protocole national qui a été signé entre les organisations patronales et syndicales sur le télétravail. Maintenant, il faut que chaque entreprise s'en empare. Moi, j'invite toutes les entreprises à négocier, les salariés, la direction, justement, des accords sur le télétravail.

4:57
Invité

Si le dialogue se passe mal, qui a le dernier mot ? C'est forcément l'employeur ?

5:01
Élisabeth Borne

Alors, d'abord, le dialogue, il a été très nourri et la crise sanitaire, elle a relancé le dialogue social dans les entreprises. On a eu beaucoup d'accords l'an dernier en sortie de crise. On a eu 1000 accords de télétravail l'an dernier, 500 depuis le début de l'année. Donc, on voit que ce dialogue, il est dynamique. Ça doit se faire effectivement dans la discussion entre la direction et les organisations syndicales. L'inspection du travail, elle est aussi là pour veiller à la qualité du dialogue social.

5:29
Présentateur

Un mot qui concerne tous ceux qui utilisent, ils ont parfois appris à le faire d'ailleurs ces derniers mois, les applications de visioconférences comme Teams ou Zoom. La CNIL, la Commission nationale informatique et liberté, a rendu un avis assez discret il y a quelques jours, recommandant à tous les étudiants et aux chercheurs de ne plus les utiliser, ces applications, en raison d'un risque de fuite des données. Est-ce que vous dites la même chose aujourd'hui aux entreprises qui les utilisent et notamment aux entreprises des secteurs les plus stratégiques ?

5:59
Élisabeth Borne

Alors, c'est le régulateur européen qui alerte sur les transferts de données entre l'Europe et les États-Unis. Et c'est un sujet qui va être porté par l'Union européenne. Il n'y a pas effectivement ces transferts de données, y compris les données personnelles, vers les États-Unis. Là, il y a une alerte pour notamment, on va dire, les individus qui utilisent ces applications. Je pense que les entreprises, elles doivent aussi naturellement veiller à la sécurité de leur système d'information, à la protection des données personnelles. Et ça fait partie aussi de leur responsabilité de veiller à ça.

6:31
Invité

Sauf que ça fait un an qu'on les utilise, ces applications. Ce n'est pas un peu trop tard pour se dire, il faut agir maintenant, alors que peut-être que des données ont déjà été envoyées aux États-Unis.

6:40
Élisabeth Borne

Enfin, moi, je pense que les entreprises, elles sont aussi armées, ou en tout cas, la plupart d'entre elles le sont, pour veiller à la sécurité, à la protection de leurs données. Et il faut être vigilant sur ces sujets, notamment dans l'utilisation de ces applications.

6:53
Présentateur

Elisabeth Borne, la ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion, est avec nous sur France Info ce matin. On parlera tout à l'heure de l'avenir de la réforme du système des retraites. Vous nous expliquerez, parce qu'on a un tout petit peu de mal à suivre, si elle va être faite avant la fin du quinquennat, après, et éventuellement ce qu'elle contiendra, si vous voulez bien. D'abord, le fil Info à 8h40, Mélanie Delaunay.

7:12
Invité

Deux drômois de 28 ans, toujours en garde à vue ce matin, dont l'homme qui a agressé Emmanuel Macron atteint l'ermitage, inconnu de la justice. Il est abonné à des comptes d'extrême droite sur les réseaux sociaux. « Je continuerai à aller partout », a réagi le chef de l'État qui dénonce des faits isolés, commis par des individus ultra-violents. Les plus motivés sont retournés à la piscine ou à la salle de sport dès ce matin. C'est possible avec cette nouvelle étape du déconfinement. Aller au café ou au restaurant à l'intérieur aussi, ou être plus nombreux au cinéma. La jauge passe à deux tiers de la salle, comme pour les théâtres. Nous gagnons deux heures le soir.

Le couvre-feu est décalé à 23h. Pour la deuxième fois, l'État est condamné pour faute lourde. Pour des contrôles au faciès, il va devoir verser 1500 euros en réparation à trois adolescents qui ont vécu comme une humiliation leur contrôle d'identité devant leur classe, à Paris au retour d'un voyage scolaire. Une première tournée à l'étranger pour le président américain Joe Biden. Trois étapes, le Royaume-Uni, Bruxelles, Genève. Et d'abord, le sommet du G7, principalement consacré à la pandémie de coronavirus et au climat. France Info.

8:19
Présentateur

Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.

8:24
Invité

Toujours avec Elisabeth Borne, ministre du Travail, on parlait à l'instant de l'assouplissement du télétravail. Est-ce que ça dit aussi assouplissement du protocole sanitaire ? Et notamment dans les cantines, jusqu'à présent, on mangeait seul à table. Est-ce que ça change à partir d'aujourd'hui ?

8:38
Élisabeth Borne

Donc je vous confirme que ces règles-là évoluent aussi. En fait, on s'aligne sur ce qui est prévu à partir d'aujourd'hui dans les restaurants. Donc la possibilité d'être assise par table. Et évidemment, avec une jauge réduite. Donc c'est a priori les mêmes règles que dans la restauration.

8:56
Présentateur

Avec un cahier de rappel, qu'il soit numérique ou papier, c'est-à-dire ce papier ou ce QR code qu'on doit flasher pour indiquer sa présence dans la cantine ou pas, dans les entreprises ?

9:05
Élisabeth Borne

Non, dans les entreprises, vous savez, de toute façon, les salariés, c'est ceux de l'entreprise. Donc on peut plus facilement identifier les salariés.

9:11
Présentateur

Ils peuvent manger à l'extérieur aussi ce jour-là.

9:13
Élisabeth Borne

Absolument. Dans ce cas-là, il y a effectivement ce cahier de rappel. Mais dans l'entreprise, donc c'est les mêmes règles. 6 par table, en quinconce. Dans les entreprises, ça, ça n'est pas la même chose que dans les restaurants. Et effectivement, une jauge à 50%. Je pense que c'est important, puisque les salariés reviennent sur leur lieu de travail, qu'on assouplisse aussi les règles pour les restaurants d'entreprise.

9:30
Présentateur

Donc si cas contact il y a, il faudra que la personne se souvienne avec qui elle avait mangé ce jour-là ?

9:35
Élisabeth Borne

Quand vous vous inscrivez aujourd'hui dans la restauration d'entreprise, vous vous inscrivez pour déjeuner, il y a des réservations qui sont faites. Et donc je pense qu'on n'aura pas de difficulté à identifier les gens qui ont mangé ensemble.

9:47
Invité

Le retour des stagiaires en entreprise, c'est pour quand ?

9:50
Élisabeth Borne

Les stagiaires, ils peuvent être accueillis en entreprise. Évidemment, ça a été plus compliqué avec les règles qui s'appliquaient, les règles sanitaires. Mais moi, j'invite toutes les entreprises, effectivement, à accueillir des stagiaires. Vous savez qu'on veut aider les jeunes à trouver des stages. Ça peut être nécessaire, y compris pour valider leur diplôme. Sur le site Un Jeune, une solution, on a notamment la possibilité de trouver 20 000 stages, près de 20 000 stages. On est aussi très attentif à l'importance des jobs d'été pour les jeunes. Et on a près de 40 000 jobs d'été qui sont aussi sur le site Un Jeune, une solution.

Donc j'invite tous les jeunes qui cherchent un stage ou un job d'été à consulter ce site.

10:32
Présentateur

La réforme des retraites, Elisabeth Borgnia, un peu plus d'un mois, sur ce même plateau, vous déclariez à ce sujet. Je vous cite, je ne crois pas qu'elle soit inadaptée au contexte actuel. Quelques jours plus tard, Emmanuel Macron lui a dit exactement l'inverse. Vous n'étiez pas au courant ?

10:49
Élisabeth Borne

Enfin, je pense qu'on dit la même chose.

10:51
Présentateur

Elle ne peut pas être reprise en l'état, dit le chef de l'état. Et vous, vous disiez, elle n'est pas inadaptée au contexte actuel. On ne joue pas que sur les mots, là.

10:57
Élisabeth Borne

Un, je suis convaincu qu'il faut une réforme des retraites. En même temps, je pense que le président de la République l'a dit également, « Notre priorité absolue aujourd'hui, c'est la reprise de l'activité, c'est de créer des emplois, de pourvoir ces emplois. » Et il l'a dit aussi hier, on a des secteurs dans lesquels il y a beaucoup d'emplois à pourvoir et on s'y emploie. En même temps, les constats qu'on avait avant la crise sont toujours là. On a effectivement un système qui est très complexe avec 42 régimes, ce qui est pénalisant pour les salariés de plus en plus nombreux qui vont changer de métier au cours de leur vie professionnelle.

On a aussi un système qui est injuste, notamment qui est très pénalisant pour ceux qui ont des carrières hachées ou qui sont en temps partiel. Et c'est notamment les femmes qui sont dans ces situations. Et puis, le rapport que le Conseil d'orientation des retraites publiera demain montre aussi qu'on a un déséquilibre structurel de notre régime. Il faudra bien y trouver des réponses.

11:57
Présentateur

La question justement des 42 régimes, elle n'est plus sur la table aujourd'hui. Si on a bien compris les propos d'Emmanuel Macron...

12:02
Élisabeth Borne

Le président de la République a dit que tout est sur la table.

12:05
Présentateur

Y compris la fusion de ces 42 régimes d'un système par points, c'est-à-dire la version 1 de la réforme des retraites.

12:11
Élisabeth Borne

Tout est sur la table. Ensuite, il faut qu'on trouve le chemin pour répondre aux objectifs d'avoir un système qui soit plus lisible, plus juste, et bien sûr d'assurer l'équilibre dans la durée de notre système de retraite. Mais je vous dis, il est aujourd'hui prématuré de dire ce qui va être fait, puisque les décisions ne sont pas prises, et que le président de la République a voulu avoir un temps de débat avec les Français, avec les forces politiques, avec les organisations patronales et syndicales. Donc on va avoir ces débats, et le président de la République tranchera à l'issue de ces échanges.

12:45
Invité

Mais alors quel est votre calendrier ? Parce que ce matin, Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du MEDEF, dit dans les échos, « On ne fait pas une réforme aussi importante en trois mois ». Votre calendrier, c'est avant la fin du quinquennat ?

12:55
Élisabeth Borne

Moi, je vous dis, le président de la République n'a pas tranché ce point. Ce qui est clair, c'est qu'une réforme est nécessaire. Elle doit répondre à des enjeux de lisibilité, à des enjeux de justice. Et évidemment, il faut assurer l'équilibre de notre système de retraite dans la durée. J'ajoute aussi que quand on aborde la question des retraites, il faut aussi se préoccuper de l'enjeu du travail des seniors, de leur maintien dans l'emploi. C'est un sujet qui a été inscrit à l'agenda social avec les partenaires sociaux l'été dernier.

Je pense que c'est un sujet important de travailler sur l'aménagement des fins de carrière, sur la prévention de l'usure professionnelle, sur la formation des seniors. Et moi, ce sont des sujets sur lesquels, le moment venu, je souhaite pouvoir avoir des concertations avec les organisations patronales et syndicales.

13:42
Présentateur

Quand on regarde, Elisabeth Borne, le document que la France a envoyé à l'Europe, à la Commission européenne en avril dernier, il y a bien une référence très nette à la réforme des retraites. Il faut, dit ce texte, envoyer donc par Paris à Bruxelles, il faut adapter l'âge de liquidation des retraites à l'évolution de l'espérance de vie ou alors sous-indexer les pensions. Est-ce que ce sont effectivement les pistes du gouvernement ou est-ce que vous avez envoyé n'importe quoi à Bruxelles ?

14:06
Élisabeth Borne

Non, ce qui a été sorti par un de vos confrères... C'est le canard enchaîné ce matin. Oui, ça n'est pas du tout la position du gouvernement. C'est une référence qui est faite dans ce document à l'avis du Conseil des retraites qui évoque différentes pistes de retour à l'équilibre. Donc il n'est pas question, par exemple,

14:23
Présentateur

de sous-indexer les pensions de retraite comme ça a été fait au début du quinquennat ?

14:26
Élisabeth Borne

Enfin, moi je vous dis, ça n'est pas la position du gouvernement. Ce que vous mentionnez, c'est une référence extraite d'un document qui ne présente pas la position du gouvernement, en l'occurrence celle du Conseil supérieur des retraites. Et moi je vous dis, on a différents sujets à traiter. Des enjeux de lisibilité, de justice, d'équilibre de notre système de retraite. Les enjeux du maintien dans l'emploi des seniors.

14:51
Invité

Ça veut dire qu'aucune des deux options que vient de citer Marc n'est envisagée par le gouvernement dans cette reprise de cette réforme des retraites ?

14:59
Élisabeth Borne

Moi, clairement, dans les difficultés, dans les problèmes de notre système de retraite, il y a la question de l'équilibre. Il faudra bien trouver des leviers.

15:10
Invité

Il y a la question de l'âge. Visiblement, vous êtes engagé auprès des instances européennes à le revoir.

15:14
Élisabeth Borne

On ne s'est engagé à rien auprès de l'Union européenne ? Sur le contenu de la réforme des retraites. Il faut qu'on soit clair. On a mentionné le fait qu'il y avait eu des discussions en France sur une réforme des retraites et que quand le contexte le permettrait, on souhaite reprendre ces discussions. Est-ce que la question de l'âge ? Le président de la République a évoqué. Il souhaite, dans un premier temps, avoir un moment d'écoute des Français, des organisations patronales et syndicales et des forces politiques. Donc, les décisions ne sont pas prises. Je ne vais pas pouvoir vous les donner ce matin.

15:44
Présentateur

Geoffroy Roux de Bézieux dit, dans cet même entretien aux Échos, qu'on ne peut pas faire cette réforme en trois mois, que c'est un sujet qui doit être traité pendant une campagne présidentielle, pour le quinquennat suivant. Est-ce qu'on peut faire une réforme aussi importante aujourd'hui, Elisabeth Borne, avec tous les syndicats contre soi et maintenant le patronat qui vous lâche ?

15:59
Élisabeth Borne

Moi, je vous dis, le président de la République a souhaité un moment d'écoute. Il y a beaucoup de sujets dans cette réforme des retraites.

16:07
Invité

On a compris le moment d'écoute. Oui, on l'a compris. Il y a beaucoup de sujets dans cette réforme des retraites, y compris la question de l'équilibre. Après 49.3 à l'Assemblée nationale, le texte se trouve au Sénat. Est-ce que vous allez reprendre ce texte-là et ce sera la base ?

16:18
Élisabeth Borne

Non, je crois que le président de la République a été clair. Ça, nous n'allons pas reprendre le texte traité en débat. Et pour autant, on souhaite pouvoir effectivement avoir un temps de débat et trancher en fonction de ce que le débat aura éclairé sur la façon dont on aborde ce sujet d'ici la fin du quinquennat. Bon, je crois qu'on n'en saura pas plus ce matin.

16:39
Présentateur

On en reparlera probablement dans les mois ou dans le quinquennat suivant. On n'aura pas non plus la réponse à cette question. Elisabeth Borne, vous restez avec nous. Le fil d'info à 8h50. Mélanie Delaunay.

16:48
Invité

Deux heures de plus pour profiter de nos soirées. La permission de 23h. Le couvre-feu est décalé et les possibilités s'élargissent. On peut retourner dans les salles de sport, faire des longueurs à la piscine, déjeuner ou dîner à l'intérieur des restaurants, aller au bowling, au parc d'attractions, au casino. Les jauges passent aux deux tiers des salles dans les cinémas et les théâtres. Ce mercredi marque aussi l'entrée en vigueur du pass sanitaire pour les rassemblements de plus de 1000 personnes.

La meilleure réponse, c'est de ne pas dramatiser la situation sans négliger la violence symbolique du geste réaction ce matin sur France Inter de Christophe Castaner, le patron des députés La République En Marche à la gifle reçue par Emmanuel Macron. Deux drômois de 28 ans sont en garde à vue ce matin. Renault n'y avoir installé un logiciel sur ses voitures pour fausser les contrôles anti-pollution. Le constructeur automobile est mis en examen pour tromperie dans le scandale du Dieselgate. Des inquiétudes après la blessure de Benzema mais une victoire rassurante pour les Bleus 3-0 dont un doublé de Giroux contre la Bulgarie à une semaine de leur entrée en compétition à l'euro de football.

France Info

17:55
Présentateur

Le 830 France Info Salia Brakia Marc Fauvel

18:00
Invité

Toujours avec Elisabeth Borne, la ministre du Travail, une autre réforme qui fâche les syndicats, c'est celle de l'assurance chômage qui doit entrer en vigueur le 1er juillet dans moins d'un mois. Le Conseil d'Etat va examiner le recours des syndicats demain. Est-ce que vous êtes sereine ?

18:16
Élisabeth Borne

Moi, je ne vais pas commenter une procédure qui est en cours devant le Conseil d'Etat. Je pense qu'il y a une bonne nouvelle pour les syndicats qui nous reprochaient d'avoir effectivement un traitement qui pouvait être moins avantageux pour les personnes en congé maternité, maladie ou en activité partielle. Comme je m'y étais engagé, on publie ce matin un décret au journal officiel qui rectifie ce point. Donc, je rassure tous ceux qui étaient inquiets. Donc, il n'y aura évidemment pas de pénalisation pour ceux qui étaient en congé maternité, maladie ou en activité partielle. Et merci au syndicat d'avoir fait les calculs et relevé ce problème dans la réforme.

Mais c'est dommage qu'il l'ait signalé tardivement, mais ça n'était évidemment pas voulu. C'est dommage que le gouvernement

18:57
Présentateur

soit trompé aussi.

18:58
Élisabeth Borne

Je ne souhaitais pas pénaliser. J'avais très clairement dit et dès que j'ai été alerté, on a pris le point. Et donc, le décret est publié aujourd'hui et répond à ses alertes.

19:07
Présentateur

Si le Conseil d'État vous donne tort dans les jours qui viennent, Elisabeth Borne, est-ce que vous pourriez repousser cette réforme ?

19:12
Élisabeth Borne

Moi, je vous le dis très clairement. Je trouve très surprenant que tout le monde défende un système qui est à la fois injuste et qui maintient des centaines de milliers de travailleurs dans la précarité. Donc, je considère que cette réforme, elle est nécessaire. On a eu des discussions pendant six mois pour adapter la réforme au contexte de la crise. Mais au moment où l'activité repart ou des secteurs dans lesquels on a notamment beaucoup de contrats courts vont embaucher, je pense que c'est important de donner un signal sur le fait qu'on souhaite éviter les contrats très courts, l'explosion des contrats courts à laquelle on a assisté au cours des dernières années.

19:51
Invité

Ce n'est pas un problème quand votre prédécesseur, Muriel Pénicaud, qui a elle-même engagé les discussions sur cette réforme, dit non, ce n'est pas le bon moment pour la mettre en œuvre cette réforme.

20:00
Élisabeth Borne

Alors, Muriel Pénicaud dit que ça ne serait pas le moment de mettre en œuvre la réforme qu'elle avait portée. Et donc, je rassure Muriel Pénicaud, il y a eu six mois de concertation et on a adapté la réforme. Donc, celle qui doit rentrer en vigueur au 1er juillet, ce n'est pas celle qu'elle a portée.

20:16
Présentateur

Quand l'UNEDIC chiffre les effets de la réforme et dit qu'il y a un million, cent mille chômeurs qui vont, à terme, pas dès le 1er juillet prochain, perdre en moyenne 17% de leurs indemnités chômage, est-ce que ce sont des chiffres que vous confirmez de votre côté ?

20:30
Élisabeth Borne

Moi, je vous dis que c'est une présentation qui est biaisée parce qu'il faut être très clair, le montant global des allocations perçues par un demandeur d'emploi ne change pas. Parce qu'ils vont toucher plus longtemps et une somme plus faible chaque mois. Donc, ça veut dire que ceux qui peuvent avoir une allocation plus basse que dans le système actuel la toucheront plus longtemps. Et notamment, pour ceux qui ont du mal à trouver un emploi, ça leur donne plus de temps justement pour rechercher un emploi.

20:58
Présentateur

Mais le chiffre donné par l'UNEDIC, 17% de baisse en moyenne ?

21:02
Élisabeth Borne

Attendez, l'UNEDIC ne parle que du montant mensuel de l'allocation.

21:06
Présentateur

Parce que ce que les gens ont pour vivre à la fin du mois. Les gens,

21:08
Élisabeth Borne

ils ont un montant mensuel et ils ont une durée d'indemnisation. Donc, quand on peut avoir un montant élevé aujourd'hui, et moi je le dis, ceux qui pourront avoir une allocation plus basse dans le nouveau système, c'est ceux qui, aujourd'hui, touchent plus lorsqu'ils sont au chômage que dans les périodes précédentes. Et on a été aussi très attentifs pour qu'il n'y ait pas des allocations trop basses. Donc, on a mis un plancher en dessous duquel l'allocation ne peut pas baisser. Donc, on a effectivement été attentifs au niveau de l'allocation. Mais pour un demandeur d'emploi, il y a un niveau mensuel et il y a aussi une durée d'indemnisation.

Et si le niveau mensuel est plus bas, la durée est plus longue.

21:50
Invité

Elisabeth Borne, aujourd'hui, est un jour particulier parce qu'on disait nouvelle étape du déconfinement, assouplissement du télétravail, réouverture des bars et des restaurants à l'intérieur. Qu'en est-il des discothèques ? Le président de la République a dit rendez-vous le 21 juin avec moi. Ça veut dire qu'on saura à cette date quand elles rouvriront et dans quelles conditions ?

22:08
Élisabeth Borne

Oui, je pense que c'est important de donner aussi de la visibilité à ce secteur qui est sans doute celui qui est fermé depuis le plus longtemps. Et il faut qu'on arrive à définir avec eux un protocole qui permettra aussi de rouvrir les discothèques. Il y a beaucoup d'attentes sur ce sujet. Donc, ils verront avec le président de la République. Mais quelles sont

22:27
Invité

les pistes envisagées à l'utilisation ?

22:29
Élisabeth Borne

Les pistes sur les discothèques ? Non, Salia.

22:31
Locuteur

Pardon.

22:32
Invité

Très bonne nouvelle. Le pass sanitaire, par exemple, est-ce qu'il peut être nécessaire pour entrer en discothèque ? Est-ce que vous imaginez un été sans boîte de nuit ?

22:41
Élisabeth Borne

Écoutez, ce n'est pas moi qui vais répondre à cette question. Je pense qu'on est tous conscients qu'on a un secteur qui a envie de reprendre son activité comme tous les autres secteurs. C'est important pour les professionnels, c'est important pour les salariés. Il y a un travail important qui a été fait par le secteur pour trouver des bonnes solutions pour assurer cette réouverture dans le respect effectivement des règles sanitaires. C'est peut-être une des pistes qui doit être

23:05
Présentateur

définie avec eux. On est à 10 jours du premier tour des régionales, Elisabeth Borne. Que se passera-t-il si le Rassemblement National de Marine Le Pen remporte une ou plusieurs régions au soir du second tour ?

23:17
Élisabeth Borne

Évidemment, moi je ne le souhaite pas. Vous savez, ces élections régionales, on a beaucoup de sujets de casting et ça ressemble un peu à la primaire de la droite mais pour autant, il faut quand même garder en tête que les régions elles ont un rôle très important. Elles ont des compétences dans le domaine du développement économique. Elles ont aussi des compétences. Elles n'en parlent pas beaucoup dans la campagne sur la formation des jeunes et des demandeurs d'emploi peu qualifiés. Donc évidemment, elles auront un rôle. Le fait qu'elles puissent travailler avec le gouvernement dans la période qui vient pour donner le maximum d'effet à notre plan de relance est évidemment très important.

23:51
Présentateur

Ce serait moins fluide par exemple dans les relations avec le gouvernement si un président ou une président du RN était élu. Je ne suis pas sûr

23:55
Élisabeth Borne

que le Rassemblement National souhaite travailler la main dans la main avec le gouvernement et réciproquement.

24:01
Invité

Stéphane Séjourné, conseiller du Président, dit que le Front républicain est mort ou presque. Il est inefficace aujourd'hui. Vous êtes du même avis ?

24:09
Élisabeth Borne

Non. Moi, je pense que le Front républicain a été abîmé par des prises de position très ambiguës. Très clairement, la République en marche n'a jamais été ambigüe sur ce sujet. On souhaite continuer à faire barrage au Front National. En même temps, ça suppose un rassemblement et pour se rassembler, il faut être à plusieurs.

24:25
Présentateur

Donc la République en marche se retirera partout

24:27
Élisabeth Borne

où le RN peut l'emporter sans rien négocier ? Je n'ai pas dit ça. J'ai dit qu'on regarderait au cas par cas le soir du premier tour quelle est la situation. Et je vous dis, on est toujours prôné le rassemblement et on continuera à le faire. Certains...

24:41
Invité

Mais c'est qui certains ?

24:42
Élisabeth Borne

Périodes de réserve. Notamment Xavier Bertrand vous dit le rassemblement, il n'en veut pas. C'est tout à fait regrettable. Et si on veut jouer le Front républicain, effectivement, il faut être aussi ouvert au rassemblement.

24:53
Présentateur

Rien ne vous empêche de vous retirer dans cette région ou dans une autre sans rien négocier.

24:56
Élisabeth Borne

Écoutez, on verra la situation dans chacune des régions au soir du premier tour. Et moi, je vous dis que vraiment, la République en marche n'a jamais été ambigüe sur ce sujet.

25:05
Présentateur

Merci à vous, Elisabeth Borne et bonne journée. Merci à vous.