🔴 Le « made in Europe » va-t-il sauver nos industries et nos emplois ? - CamPuS 2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 78 %Attaque 12 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 6:08OuverteRéponse directe
Cette perspective de réindustrialisation est-elle souhaitable et crédible ?
- 6:10OuverteRéponse directe
Peut-on se protéger face à la concurrence internationale loyale ?
- 22:05OuverteRéponse directe
Comment concilier enjeu productif, environnemental et social ?
- 22:45OuverteRéponse directe
Quelle est la question centrale de la souveraineté industrielle ?
- 43:26RelanceRéponse partielle
Est-il temps de simplifier et structurer à l'échelle européenne ?
- 44:09OuverteRéponse directe
Réagissez aux mots-clés : planification, coopération.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:44Promesse
« Nous devons refaire passer la part de l'industrie dans notre PIB à hauteur de 20 % d'ici 2035. »
- 28:56Chiffre
« Soyez très au clair sur un chiffre. S'il y a un chiffre à retenir, 1/4 des entreprises chinoises qui vendent dans le monde vendent à perte et sont subventionnées. »
- 35:46Chiffre
« L'OCDE a chiffré que les entreprises chinoises, en tout cas dans les filières stratégiques, étaient de 3 à 8 fois plus subventionné que les entreprises européennes. »
- 58:35Fait
« Les salariés l'ont appris en étant réunis un dimanche dans un hangar parce que l'annonce allait se faire le lendemain »
- 1:00:00Fait
« il n'y aura pas de transformation écologique sans une qualité des emplois et une qualité des compétences »
- 1:09:33Fait
« les retraités ont aujourd'hui dans notre pays un reste à vivre plus élevé que les salariés de ce pays »
- 1:20:36Patrick MartinChiffre
« on est à 57 % de dépenses publiques [...] un record de prélèvement obligatoire et que ça ne marche pas »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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mutation dans des crises géopolitiques qui s'intensifient chaque jour dans un consensus international qui n'existe plus avec des règles de l'Organisation mondiale du commerce qui sont bafouées avec un dogme de la concurrence libre et non faussée qui là encore n'existe plus on y reviendra notamment sur la question américaine ou encore du dumping chinois nous sommes dans une situation où nous devons accompagner la réindustrialisation du continent européen et la réindustrialisation de la France. Pourquoi je vous partage ça ? D'abord avec cette force et cette conviction. Christophe l'a dit, nous sommes les uns et les autres élus et vous êtes nombreux
dans ce cas, élus de territoire. Moi, vous le savez, je suis élu dans la drôme et dans la drôme, j'ai vécu les années 2000 avec des drames absolus qui est le drame de la désindustrialisation de la chaussure à Roman Suriser. Roman Suriser, c'était la capitale de la chaussure en France. à Roman sur Iser, vous aviez un habitant sur quatre qui travaillaient dans une industrie de la chaussure. Et bien dans cette espèce de consensus mou, on s'est dit que parce qu'on éétait plus capable de produire, parce qu'on ne voulait plus produire, parce qu'on ne voulait plus d'usine, on a laissé la désindustrialisation et la
délocalisation s'opérer. Sauf que dans le moment dans lequel nous sommes et que nous avons vécu ces dernières années de la crise Covid à la guerre en Ukraine, au blocage du D3 d'Ormous, que voyons-nous ? que nous sommes dépendants désormais sur tous les sujets de l'extérieur. Quand on prend quelques exemples de trois illustrations que je viens de donner, la crise Covid arrive, on est dans une situation sanitaire absolument inédite. Quelles sont les premières scènes que nous voyons après les tergiversations d'hivers de nos dirigeants de l'époque ? Moi, je me rappelle d'une scène que je regarde de chez moi confiné comme
beaucoup sur BFM télé où je vois des douaniers français et italien s'arracher des cartons de masque sur le tarmac de l'aéroport de Nice parce que nous n'étions plus capables de produire nous-mêmes nos masques pour protéger notre population. Quelques jours après, qu'est-ce que j'observe dans le même temps ? que dans les services de réanimation partout en France qui sont saturés, nous avons besoin de respirateur artificiel et que comme nous n'avons plus la capacité en France et même en Europe de produire ces respirateurs artificiels pour sauver notre population, qu'est-ce qu'on a demandé au directeur des CHU de tous nos hôpitaux d'aller chez Decathlon acheter
des masques de plonger pour faire des réanimateurs avec ces masques de plonger ? Vous vous rappelez de ces scènes ? Et bien ces scènes en fait, elles sont le poids de nos dépendances et de notre résignation sur cette capacité productive et cette capacité industriel. Et donc l'objectif que nous devons porter, que nous portons en tant que socialiste, que nous allons porter dans ce débat présidentiel que je porte en ce moment même au Parlement européen, c'est de réaffirmer ça. Nous devons nous réindustrialiser. Nous devons refaire passer la part de l'industrie dans notre PIB à hauteur de 20 % d'ici 2035 parce que sinon nous deviendrons un musée à ciel ouvert. Les Chinois qui produisent
et qui ont organisé autour d'eux toutes les chaînes de valeur viendront simplement en France pour faire un peu de tourisme, acheter ça et là quelques entreprises à la barre du tribunal de commerce pour 1 € symbolique et pour finir de détruire nos chaînes de valeur et pour détruire nos industries. Et on se dira mais comment est-ce qu'on fait pour produire ? Comment est-ce qu'on fait pour financer notre modèle social ? Comment est-ce qu'on fait pour redonner du pouvoir d'achat ? Parce que et je vais m'arrêter là ensuite, je veux partager avec vous une deuxième conviction. Pourquoi je crois à l'industrie ? Pourquoi les socialistes doivent croire à l'industrie ? Pourquoi les socialistes doivent croire dans la production, dans le retour de cette capacité industrielle partout dans notre
pays et en Europe et où nous devons nous donner les moyens ? Parce que c'est aussi la clé pour sauver notre modèle social. Je vous le dis, ici plus qu'ailleurs, nous sommes attachés à ce qui fait la force de ce pays qui est notre modèle de répartition. qui est notre modèle qui crée cette justice sociale partout. Mais pour créer pour créer pour maintenir cette justice sociale, pour maintenir ce modèle, et bien il faut produire parce que c'est dans l'industrie que la production se fait parce que c'est dans l'industrie que les salaires sont les plus élevés. Je vous donne un chiffre chers amis. Dans le monde de l'industrie 9 % 9 % des
salariés sont au SMIC. 9 % des salariés. Dans le reste du pays, c'est 20 % des salariés qui sont au SMIC. Pourquoi ? Parce que c'est l'industrie qui produit de la richesse. Parce qu'il n'y a pas d'argent magique qui tombe du ciel. Parce que l'argent qui est redistribué, c'est l'argent qui sert à la production, qui sert à notre capacité à chacun à redistribuer partout, à sauver notre système de retraite, à arriver à gérer cette redistribution. Et c'est pour ça que nous devons miser sur cette capacité de réindustrialisation, cette capacité de protection et je le dis et ce sera mon dernier mot dans cette première intervention de débat. Oui, nous devons affirmer et protéger notre modèle industriel au niveau européen. Nous sommes face à des géants qui nous mène
une guerre sans merci, qui veulent nous mettre à genoux, qui veulent déstructurer entièrement toute notre capacité même à produire et donc à penser un avenir. Alors oui, je le dis et je invite à ça pour ce débat présidentiel. Produire, c'est décider. Produire, c'est vivre libre. Et c'est ça que les socialistes doivent porter. [applaudissements] Merci. Alors, finalement, j'aurais deux premières questions identiques pour Marie Lise Léon et Patrick Martin. C'est est-ce que cette perspective de réindustrialisation, elle est souhaitable et crédible ? Parce que si on en est arrivé là, il y avait aussi des causes. Est-ce qu'on peut se protéger face à la concurrence des
loyales internationale ? quand l'acte d'accélération industrielle européen propose par exemple une préférence européenne dans les marchés publics ou de construire des filières avec un nombre de pays limités qui partagent des choix environnementaux, sociaux, commerciaux proches des nôtres, bah dans un monde qui reste ouvert ? Est-ce que là aussi ce sont des choses que l'on sait faire et mettre en œuvre ? Donc Marie-Lise Léon et puis ensuite Patrick Martinar. Merci beaucoup. Bonjour. Bonjour à toutes et tous. Euh j'ai pas oublié les questions, mais je je vois bien qu'il y a il y a deux éléments sur lesquels je voulais quand même revenir. Un euh la question de la place de l'industrie dans la production française
ou dans l'économie. Euh c'est d'abord un choix politique. C'est un choix politique et moi j'ai souvenir pour venir de l'industrie d'avoir entendu beaucoup de secours politiques autour de d'une vision de la France il y a quelques années comme étant un avenir d'abord tracé autour de la question des services qui était je pense une profonde une profonde erreur. Un deuxième écueil qui va nous falloir aussi éviter, c'est que si on parle industrie et on va en avoir besoin et je pense que je ne pense pas que ce soit souhaitable, je pense que c'est indispensable. Pierre Jouvel a évoqué, c'est on vit dans un monde en 2026 qui n'est pas celui de 2020, qui n'est pas celui de
2000 de 2015 voire même qui n'est pas celui de de 2023. euh les choses vont extrêmement vite et la question des relations internationales, de la compétition internationale et de l'agressivité euh de des États-Unis ou de la Chine font qu'aujourd'hui euh il faut que les responsables politiques en France euh aient conscience de ces éléments et je pense que en tant que en tant que syndicaliste mais aussi en tant que citoyenne je je pense que on a besoin de tirer les leçons de ce qu'on a pu vivre collectivement. Alors, c'està pour les questions
industrielles. La question de la souveraineté, elle se pose de façon bien plus aigue aujourd'hui qu'il y a quelques quelques quelques quelques années parce qu'on en subi directement les conséquences et si aujourd'hui on a un secteur un certain nombre de secteurs d'activité qui sont directement exposés à à la à la à la politique agressive notamment de la Chine, je pense à la chimie par exemple qui inonde les marchés européens de produits à perte parce qu'ils ont une stratégie de vouloir euh faire fermer des usines en Europe pour pouvoir faire en sorte de peser dans le dans le débat
international et sur le marché international. Il faut il faut en être extrêmement conscient. Ceci donc il faut en tirer les enseignements et je fais un petit parallèle avec ce qu'on a pu vivre. C'est pas tout à fait de même nature, mais je pense que c'est une attente des citoyens vis-à-vis des responsables politiques. C'est tirer les enseignements de des expériences vécues. Exactement comme je je pense qu'il y a une attente extrêmement forte des respons des des citoyens vis-à-vis des responsables politiques par rapport aux impacts du changement climatique qu'on a connu cet été. Les deux sont liés parce que je pense qu'aujourd'hui il n'y a pas d'avenir industriel sans euh qu'elle
soit au service de la transformation écologique. On ne peut pas dissocier les deux. Euh et donc euh c'est une interrogation sur lesquelles les responsables politiques en France doivent pouvoir apporter un certain nombre de réponses, y compris en en assumant qu'à un moment il y a eu de mauvais choix qui ont été faits. Et je pense que euh le risque qui peut nous pendronner aussi de parler d'industrie. Alors ça fait partie des les deux sont liés dans le titre de la de la de ce débat. Mais si on parle de réimplantation, de développement de d'industrie en France et en Europe, il faut aussi casser le mythe de l'industrie ou de l'usine sans salarié, ce qui a aussi été beaucoup et à l'heure
du numérique, je pense que ça va être aussi un défi et un un élément sur lequel il va falloir lutter. Euh là donc tirer les enseignements, assumer qu'il y a eu un moment des politiques qui qui ont été des des choix qui ont fait qu'il y a eu une une phase de réindustri de désindustrialisation et qu'aujourd'hui euh ce qui je pense est aujourd'hui un peu différent, c'est que je ne pense pas qu'il y ait une industrie française sans une industrie européenne et que nos nos destins sont je merci. nos destins, nos destins sont liés, ce qui veut dire qu'il va falloir penser aussi un peu différemment
l'Europe. Euh le l'acte de de pour le l'accélération industrielle qui est en cours de de discussion, c'est la bonne échelle et je pense qu'il n'y a pas d'autres échelle à laquelle on puisse parler ou en tout cas poser un certain nombre d'éléments et de règles collectives. Et je pense que si on veut pouvoir faire face aux défis mondiaux aujourd'hui, c'est bien à l'échelle européenne qu'il faut se situer. Ce qui veut dire qu'il faut réfléchir à une politique, une nouvelle politique industrielle. La commission assume aujourd'hui que ça fait partie des de ses priorités. Euh c'est très bien. Euh ça peut être perçu comme un changement de pied. Vous évoquiez euh tout à l'heure Christophe
le fait que euh on est euh on a toujours prené et la CFDT proe européenne a toujours euh prené un monde ouvert. Sauf que aujourd'hui on a des règles collectives et en tout cas des règles aux États-Unis notamment qui qui nous sont imposées qui sont plus tout à fait les mêmes. Et je pense qu'on a aujourd'hui besoin de de développer effectivement ce made in Europe. Il y a d'autres plein de questions du coup qui se posent sur la question du périmètre, sur les secteurs d'activité et puis quelles industries on veut porter. Je je fais un petit teasing, je pense que je vais pas parler pendant 2 heures, mais je pense qu'il faut qu'on soit on évite aussi l'écueil du made with Europe
et qu'on soit bien sur un made in Europe et du coup ça fait partie des enjeux qui sont devant nous et des débats qu'il faut qu'on ait aussi. Merci beaucoup. [applaudissements]
Patrick Martin, je commence par vous remercier de de votre invitation et vous dire que c'est le point d'orgue d'une semaine qui par ailleurs a été un peu chargé effectivement avec notre notre rche, autrement dit notre université d'été. Euh je vais me permettre de d'être assez empirique parce que si je suis président du MEDF à mes moments perdus qui doivent être assez nombreux. Euh je suis avant tout chef d'entreprise et il se trouve que mon entreprise est à la fois la croisée de tous les secteurs d'activité et originaire d'un département très industriel, le département de l'IN qui a qui a un taux de un taux de PIB industriel qui est qui est de l'ord de 22 23 %. Ça reste un département
industriel jusqu'au jour où il se trouve que c'est un département qui est par ailleurs frontalier de la Suisse, vous le savez ici, mais dans l'imaginaire collectif, bien souvent la Suisse est perçue comme un un pays purement financier et parfois suspectement, si je puis dire financier. Non, je rappelle que la Suisse un PIB industriel à hauteur de 25 % avec un positionnement très qualitatif, des salaires élevés. Donc c'est possible. Alors la Suisse n'est pas dans l'Union européenne, on le sait, on le sait également. pour pour l'affaire courte, le vécu de mon entreprise, c'est que au fil des ans et ça s'est accéléré ces dernières années, nous avons perdu quasiment tous nos fournisseurs français industriels parce qu'il y a plus de production française.
Nous nous sommes nous confrontons chaque jour un peu plus à des concurrents étrangers. Par exemple, j'ai une activité à proprement parler industrielle. Qui sont nos concurrents étrangers d'orina avant sur des sur des applications très technologiques ? ce sont les Vietnamiens et ce sont les Marocains. Donc ça ça interpelle quand même très gravement. Donc ce que je veux dire par là, c'est que ce dont je vais essayer de vous parler euh je le vis dans ma chair d'une certaine manière et que c'est un véritable combat d'essayer de tenir tête à ces lames de fond, à ces ces déplacements de plaques tectoniques que l'on que l'on observe et pas dans le bon sens s'agissant de de notre industrie. pour parler du MEDF proprement parler
nous on a mis en place avec Geoffre Haïeux à l'époque on a mis en place en 2019 une commission sécurité et souveraineté économique. Je vous cache pas que y compris dans nos rang susciter des interrogations certains disant mais quelle mouche les a piqué ils deviennent protectionnistes c'est pas le sens de l'histoire j'en passé des meilleurs. Je veux pas dire qu'on a une précience mais enfin on voit il y a des dès cette époque qu'il fallait très résolument empoigner ce ce sujet-là. Je partage complètement tout ce qui a été dit sur l'impérieuse nécessité pour commencer d'arrêter de se désindustrialiser parce que bon c'est c'est dans dans l'ordre des choses. Il y a toute une communication selon laquelle on se réindustri réindustrialiserait.
Ça pu être vrai jusqu'à il y a 2 3 ans. Ça n'est plus vrai. Donc on se désindustrialise de nouveau. Donc premier temps de la manœuvre arrêter puis ensuite repasser repasser à l'offensive pour atteindre 20 %. ça me paraît très ambitieux mais au moins 15 % de de PIB industriel dans dans les prochaines années. Il y a des études très savantes notamment de d'Olivier Luenziany sur ces sujets-là. On doit on doit les les prendre en compte. Après pour nous la vraie question c'est de savoir pourquoi on s'est désindustrialisé et comment se réindustrialiser. Je veux dire par là qu'il faut que il faut que les uns et les autres l'OMDF y compris les chefs d'entreprise y compris on sache faire preuve d'une forme de courage intellectuel en quelque sorte. C'était
le thème de notre rêve, le courage qu'on sache balayer devant notre porte et j'insiste, y compris les entreprises pour pour avoir une approche lucide de de ces de ces situations. Et à partir de là, c'est vrai au niveau européen, c'est vrai au niveau français, il faut qu'on sache identifier nos propres contradictions, nos propres incohérences. Moi, je me réjouis très sincèrement, d'abord parce que c'est mon intérêt, hein, je me réjouis très très sincèrement de cette prise de conscience autour donc de la nécessité de se réindustrialiser. Je ne reprends pas ce qui a été dit qu'à nouveau je partage sur la contribution de l'industrie à toutes sortes de considérations et de renavant à la souveraineté qui est une dimension qu'on avait un petit peu perdu
de vue jusqu'à une période récente parce qu'on a été rattrapé par les événements. Ce que je veux dire par là, c'est que au niveau européen, alors que on est très sincèrement, très résolument appuie, on partage totalement les valeurs européennes, les ambitions européennes à la fois sur le plan environnemental et sur le plan social et et sociétal, on est probablement allé un peu loin ou du moins on a on a réfléchi sans mesurer suffisamment l'accélération de l'histoire en matière de compétition internationale, je leur dirai un mot si vous me permettez. Et en France même, je
je crains que on a une approche trop segmentée d'un certain nombre de sujets. J'insiste mon propos en aucun cas de dire qu'on doit pas prendre en compte les dimensions environnementales et et sociétales. Mais on a quand même et vous avez un certain nombre d'entre vous voter un certain nombre de dispositions qui sont orthogonales d'une certaine manière avec cette ambition de réindustrialisation. On peut rentrer dans le détail et à nouveau euh je suis surtout pas là pour polémiquer hein et je prends ma part de responsabilité hein dans ces débat et ces décisions auxquelles auxquelles je fais allusion. Enfin d'un mot quand même euh sur climat et résilience, on est passé complètement à côté de cette dimension. Je ne dis pas qu'il fallait pas voter ce qui a été
finalement voté, mais quand vous prenez le le l'étude d'impact climat et résilience comme d'ailleurs du Green Deal, il n'y a aucune dimension ni sociale ni économique. Et peut-être que prenant en compte ces dimensions, on aurait été, j'allais dire plus intelligent, en tout cas plus pragmatique dans les décisions qui au final ont été prises. Voilà, le zéro artificialisation net, je sais que c'est un sujet extrêmement sensible. il a une dimension industrielle. Les décisions qui sont prises euh en matière de financement de la protection sociale, d'allègement de de charge sociale et cetera, ce sont en soi des sujets très importants. Mais si d'une certaine
manière on ne les éclaire pas euh au regard de cette ambition industrielle, on passe à côté de quelque chose et à un moment donné et bien on est dans la NASE, c'est-à-dire que on parle pour ne rien dire. Euh donc je crois que c'est notre responsabilité collective qui nous qui chacun chacune chacun à notre place euh avons une part de de responsabilité dans le débat et la décision publique. Il faut il faut que on ne perde jamais vu de vue ça. Mon dernier point c'est de dire que euh même si ici chacun en est conscient, il faut que le débat que la collectivité nationale appréhende de manière beaucoup plus réaliste ce qu'est la réalité de cette compétition
internationale. Je suis toujours frappé de voir que je dirais que c'est presque une clause de style. On dit ouioui une concurrence rude, il faut aller en Chine. Il faut aller en Chine. Et enfin à nouveau, c'est pas le cas ici. Moi, je suis toujours frappé dans des conversations d'entendre dire "Oui, mais enfin la Chine, c'est l'usine du monde, c'est des ateliers crasseux avec des enfants qui travaillent dans des conditions épouvantables." Ça peut rester vrai à certains endroits. Enfin, moi je suis toujours très frappé quand je vais là-bas de voir l'avance technologique les Chinois quand vous allez à Shanghï et qu'on vous fait remarquer un petit avec un petit sourire en coin, vous avez vu toutes les voitures avec des plaques d'immatriculation vertes. Alors, premier
temps de la manœuvre, moi je j'avais pas repéré ça. Vous avez plus de 50 % du parc automobile à Shanghaiï, c'est-à-dire 3 millions de voitures qui sont électriques. Quand vous allez sur le parc industriel de la chimie à Shanghaiï, la la roure de la grande époque, c'est provincial par rapport à ce que vous voyez là-bas. Et quand vous explique qu'une usine expérimentale pour produire de l'hydrogène a été entre le moment où la décision d'investissement a été prise et le moment où l'usine a été mise en production, il s'est écoulé 1 an et que en 1 an les Chinois ont mis en place ont trouvé 250 compétences de très haut niveau des ingénieurs et cetera. Ça ça relativise un certain nombre d'approches un peu datées que l'on a. Et quand vous allez au Vietnam, même
principe, même punition, j'évoqué tout à l'heure mon principal concurrent dans mon activité industrielle, il est vietnamien et c'est pas des sersboulons, c'est des ingénieurs, c'est du high-tech. Donc tout ça, je pense qu'il faut il faut vraiment l'avoir en tête le fait que dorénavant on ait 1 milliard d'euros de déficit commercial, que l'Europe est doréavant 1 milliard d'euros de déficit commercial vis-à-vis de la Chine quotidiennement, ça n'est pas neutre. Donc voilà, ne jouons pas à nous faire peur, mais soyons très très lucides sur ces sujets-là et tirons-en les conséquences sur le plan réglementaire, sur le plan social, sur le plan fiscal pour que autant que possible d'un commun accord, on se on se donne donc les moyens de nos ambitions. Merci beaucoup.
Je vais redonner la parole à Pierre Jouvet tout de suite. Juste un petit rebond rapide sur deux trois éléments. Alors moi je suis le secrétaire national du Parti socialiste aux transitions écologique, énergétique et industrielle. Et la raison pour laquelle on a relié les trois, c'est que on partage votre analyse que le choix du Green Deal a été fait à l'époque sans vision intégrée écologique, sociale et industrielle. Mais du coup, la question qui est opposée c'est comment on peut la retrouver et c'est lié aussi à ce que évoquait Marie Lisel Léon sur quel type d'industrie, quelle transformation écologique de l'industrie, quelle place des salariés dans l'industrie. Donc est-ce qu'il y a un un compromis, un pact possible entre l'enjeu productif, l'enjeu environnemental, l'enjeu social
? Je crois que c'est une question absolument cruciale. La deuxième, c'est cette déchaînes de valeur parce qu'effectivement bah vous souffrez des concurrents vietnamiens marocain. Si on suit la proposition du Parlement, ils sont dans le made in Europe parce qu'on a des accords commerciaux avec eux. Donc est-ce qu'il y a une convergence ou pas pour dire euh cadre restreint made in Europe et puis ensuite chaîne de valeur par chaîne de valeur, on voit ce qu'on a à faire avec les uns et avec les autres. Est-ce qu'on sait qu'on va pas tout produire en Europe ? Je crois que là, il y a au moins il y en a d'autres deux questions clés à creuser peut-être ensemble sur le sur cette question-là très précisément Christophe et et ça va faire le le rebond sur ce que vient de dire
Patrick Martin qui pour moi est le cœur du débat hein en réalité qui est assez peu abordé dans le débat franco-français mais qui est au cœur de notre débat. C'est cette question de la souveraineté et ce que je disais en introduction de la protection. Je vais vous dire pourquoi moi dans le texte que je vais déposer devant le Parlement européen, je vais appuyer ce qu'on appelle une logique d'optine. Excusez-moi pour la complexité en un instant, mais la logique d'optine, c'est quoi ? Et quand moi j'ai un texte qui m'arrive de la Commission européenne, [grognement] qui m'arrive donc de Stéphane Séjourné et du Ursula Vlon, ils me disent "Voilà le texte sur lequel tu dois travailler pour faire la préférence européenne. Mon premier réflexe, c'est donc d'ouvrir le texte qui m'est proposé
par la commission, de lire et de constater que la préférence européenne, c'est l'Europe plus 90 autres pays." Je dis, il y a un petit sujet, c'est assez peu connaître la question géographique. Donc je réinverse la courbe en disant bah non la préférence européenne c'est l'Europe c'est 27 et donc c'est la logique d'Optine c'est 27 et ensuite en cas de réciprocité automatique et immédiate Patrick Martin par sa proximité avec la Suisse l'a dit par exemple avec la Suisse par exemple avec le Royaume-Uni par exemple avec le Japon par exemple avec le Canada on peut faire de la réciprocité immédiate mais la préférence européenne c'est l'Europe des 27 parce que j'y reviendrai sinon ça pose d'autres problèmes. Mais la question de la souveraineté elle est
centrale. Moi, je vais vous faire part d'une anecdote. Au mois d'avril, je suis allé en Chine. J'ai fait un déplacement de 5 jours où j'ai rencontré des délégations de chef d'entreprise, le PDG de Chin, de Temu, d'Alix Express, des délégations de parlementaires chinois. Et de par mes fonctions de secrétaire général du Parti socialiste, j'ai été reçu par un homme qui est secrétaire général adjoint du parti communiste chinois. Vous savez, c'est très réglementé. Donc, ils ont dit, il arrive sur le territoire, on va le recevoir dans une grande salle immense avec des grands auteurs sous plafond. je vous passe le truc qui est en même temps ministre du commerce et qui s'assoit et qui me dit "Vous savez, il y a deux choses que j'admire vraiment chez vous.
Deux choses." Je me dis très bien. Il me dit "D'abord, c'est votre équipe de France de football. Vraiment, nous sommes très admiratifs et ça nous savons que nous aurons quand même du mal à la récupérer." Vous voyez, monsieur le ministre. Et la deuxième chose que nous aimons beaucoup et là il se redresse sur sa chaise, il me dit "C'est votre marché intérieur." Oui, je lui dis "Notre marché intérieur." Dit "Vous savez 450 millions de consommateurs, le pouvoir d'achat le plus élevé du monde et puis finalement beaucoup de simplicité et peu de barrière de protection."
Et voilà la lucidité et la simplicité de l'échange que j'ai eu avec le ministre du commerce chinois. J'en ai reparlé quelques mois après avec le PDG de Renault qui avait dîné avec ce même ministre du commerce chinois et qui m'avait dit il est toujours comme ça, il est très cash, il est très clair. Moi, vous savez ce que m'ont dit les Chinois, les représentants du gouvernement chinois quand je suis allé en Chine, ils m'ont dit "Vous nous donnez vos règles, nous appliquons vos règles." Et c'est basique. Je vais vous donner un exemple illustratif illustratif de ça. Quand en 2005, le groupe Renault présente la Zoé, vous vous rappelez tous de la Zoé, la
Zoé, premier véhicule électrique pensé par Renault, présenté en 2005, commercialisé pour la première fois en 2013. Qu'est-ce qui se passe à l'autre bout du monde en Chine ? Le plan quinquénal chinois qui est fixé, il dit en 2009, la Chine met dans son plan quinquénal 2010-2015 la voiture électrique comme statut de priorité industrielle nationale de premier rang. On n pas vu tout ça. 2026, le premier vendeur de véhicules électriques dans le monde, c'est BWDI chinois. Dans le même temps, Volkswagen cet été 100000 suppressions d'emploi. Pourquoi est-ce qu'ils sont arrivés à ça
? parce qu'ils ont une vision, une planification, un travail en lien. Évidemment, il y a tout le défaut démocratique et on pourrait faire un débat de 2 heures là-dessus, mais il y a la vision, il y a la planification industriel et en fait eux ils adaptent, ils prennent et ils vont sur les règles. Vous savez ce qui est la priorité euh la même priorité industrielle nationale de premier rang dans le plan quinquenal qui est présenté par Xing Pink cet été, l'aéronautique et l'aérospatial. Quand au mois de juillet, je suis allé chez Airbus à Toulouse, les dirigeants d'Airbus, ils m'ont dit "Attention, pour l'instant, on tient la rampe. Regardez la nouvelle chaîne de production de nos avions." Mais les Chinois dans leurs entrepôts et dans leurs usines sont en
train de produire à une vitesse folle l'avion du futur qui sera un avion propre. Et si nous n'organisons pas ça, si nous ne faisons pas la protection, si nous ne faisons pas la préférence européenne, c'est-à-dire que si nous ne fléchons pas de manière intelligente les fonds par milliards d'euros sur ces stratégies industrielles, alors nous serons dépassés. Et c'est ça le combat de la souveraineté que moi je veux porter. Parce que et je termine juste d'un mot sur ce point, quand on dit préférence industrielle, préférence européenne, qu'est-ce que ça veut dire ? Chaque année, vous savez quelle est la part d'argent public qui est donné dans les marchés publics en Europe ? C'est 2500 milliards d'euros par an. C'est 15 % du
PIB européen. Si vous y rajoutez les aides directes aux entreprises, c'est 3000 milliards d'euros. Quand vous allez en Grèce, mon collaborateur était à Athène en vacances, il m'a pris une photo, c'est dire comme je l'ai traumatise, d'un bus du réseau de transport urbain d'Athène avec le logo de l'Union européenne financé par l'Union européenne. Le bus est un bus chinois. Quand je vais à Bourcambresse cette semaine chez Renault Trucks et que je discute avec les dirigeants de Renault Trucks, il m'explique qu'aujourd'hui l'arrivée du camion propre 100 % électrique chinois qui est deux fois moins cher que celui qu'on produit en France va écraser tout le modèle et tout le système. Et bien si nous ne mettons pas ces barrières là
alors nous allons mourir. Pourquoi ? Et c'est vraiment mon dernier point. Pour une raison très simple. Soyez très au clair sur un chiffre. S'il y a un chiffre à retenir, 1/4 des entreprises chinoises qui vendent dans le monde vendent à perte et sont subventionnées. 1/4 des entreprises sont subventionnées. Et pourquoi elles sont subventionnées ? Parce qu'en 1900, la France et Christophe connaissent ce sujet par cœur, à inventer le panneau photovoltaïque et qu'aujourd'hui 90 % du panneau photovoltaïque est produit en Chine parce que nous avons été capable de penser la voiture électrique avant tout le monde et qu'aujourd'hui BYD qui
vend à perte sur toutes ces voitures est le premier constructeur mondial de voiture électrique parce que c'est une stratégie délibérée pour détruire les chaînes de valeur pour mettre à genoux nos économies et créer des situations de dépendance qui feront de nous finalement des vassaux de la Chine demain et d'autres continents et c'est pour ça qu'on doit reprendre la main sur une souveraineté européenne réelle dès maintenant. Merci. [applaudissements] Je crois que Marie-Lise Léon voulait réagir et je doute pas que Patrick Bartin souhaitera également. Oui, je veux réagir sur l'idée que au-delà de la question de d'où sont les capitaux et où est-ce qu'ils sont localisés, il y a la question il y a l'enjeu de la production
et le fait que aujourd'hui on a aussi des entreprises qui font de l'assemblage en Europe mais qui sont alimentées par un certain nombre de pièces qui viennent du monde entier. Et donc je pense que dans le travail qu' a à faire sur cette question de du made in Europe, c'est aussi véritablement intégrer l'ensemble de la chaîne de valeur. Il y a la les enjeux de propriété intellectuelle, il y a la les enjeux de recherche, les enjeux de sous-traitance de fournisseur et il y a la question des compétences. Je pense qu'aujourd'hui on a euh il y a il y a un véritable enjeu de de se dire on ne fera face à la compétition internationale qu'en développant une véritable coopération européenne et je pense qu'aujourd'hui on n'est pas au rendez-vous. Euh je suis pas là non plus
pour distribuer les bons et les mauvais points ni faire de leçons. Comme le disait Patrick Martin tout à l'heure. Je sais ce qu'est la complexité aussi du dialogue européen parce que je suis au comité exécutif de la Confédération européenne des syndicats qui regroupe 95 organisations différentes qui viennent de l'ensemble des pays européens et je sais ce que ça veut dire de vouloir se mettre d'accord avec les camarades scandinaves qui ont en plus une vision et une culture du dialogue qui est pas tout à fait non plus la nôtre. Euh on est euh aussi euh et et on a aussi des enjeux quand je parle avec mon homologue du DGB euh et que on évoque la question de la du
positionnement actuel et des difficultés actuelles de la de l'industrie allemande, euh bah ça veut dire qu'il faut qu'on soit capable de construire des d'autres relations, que les pays européens cessent véritablement de se penser en compétition. Je pense que c'est encore trop le cas et que on est véritablement l'idée de coopération entre pays et d'une véritable coopération. Et là, pour le coup, pour le voir aussi dans le cadre de des travaux du Conseil national de l'industrie euh à laquelle les organisations syndicales et et patronale participe, on a aujourd'hui en France une difficulté d'avoir une véritable coopération sur l'ensemble de la chaîne
de valeur, y compris des entreprises françaises. Aujourd'hui, on a une tonalité qui est imposée de façon beaucoup trop impérative par les donneurs d'ordre, les constructeurs, si on parle de l'automobile par exemple et que ça c'est une culture qui n'est pas tout à fait non plus qui est pas complètement la même en Allemagne qui réussit à développer des véritables écosystèmes d'entreprise en ayant en fait la lucidité sur nos les interdépendances. Et donc ça veut dire qu'à un moment on réfléchit compétitivité pas uniquement au prisme du coût et je pense que ça a été aussi le prisme de beaucoup beaucoup d'entreprises ces dernières années. C'est dire là où est-ce que ça me coûte
le moins cher d'aller produire. Si on est sur cette logique, être en compétition sur avec la Chine sur cet enjeu-là, c'est même pas la peine d'essayer. Donc là, on peut juste changer de on change de thème de débat à cette table ronde. on se dit on va travailler sur des enjeux de compétitivité hors coût de la question des compétences, la question des du développement de l'innovation. Là, je pense qu'on a une des véritables atouts mais ça nécessite quand même qu'il y ait un cadre un peu différent et de travailler aussi un peu différemment notamment entre pays et au sein d'un même pays sur l'ensemble de sur l'ensemble de la filière. [grognement] Merci Patrick Martin
des filières. [applaudissements] Non, juste je je fréquenté enfin je fréquente ce même haut responsable chinois dans le même cadre intimiste et cordial. Bon, ils sont ils sont froids comme des serpents. Froids comme des serpents et très déterminés. Quand je disais tout à l'heure, je signale juste que en tant que responsable syndical, les conditions de d'aller en Chine pour moi c'est assez différent en fait. Voilà, c'est Bah oui, parce que ça a été évoqué démocratiquement. Voilà. Mais rencontrer un syndicat chinois euh j'ai pas tout à l'heure au mêmes interlocuteurs. [applaudissements]
Marinisme pousse au crime, ça se passait jusque bien jusque là. Très bien. Je crois que je vais te virer la salle d'ici peu. Typiquement, c'est c'est toujours accessible sur YouTube. Il y a quelques années, un des derniers fabricants français d'outillage délocalise une partie de sa production en Chine. Et il y a sur une chaîne forcément publique, enfin je sais pas publique en tout cas chinoise, un reportage où un haut dignitaire du parti communiste chinois dit aux dirigeants de cette entreprise, bien française, vous avez raison de venir chez nous, au moins ici, il y a pas de syndicat. B voilà, c'est vrai qu'ils sont Je ne suis pas devenu communiste pour autant.
Euh plus sérieusement plus sérieusement euh et là c'est non euh plus sérieusement et là aussi je je disais tout à l'heure que les uns et les autres on doit on doit pointer et lever nos propres contradictions. Le même plan quinquénal chinois prévoit 7 % d'effort de RED d'innovation là où on est à 2 %. Et je ne dis pas que qu'il faut toucher à rien, je dis même exactement l'inverse. On a on a des querelles assez picrocoline, assez nombriliste sur le crédit d'impôt recherche. La France en est royalement à
2 % et plafonne à 2 % des forts de RED. Euh on a des débats qui se doivent d'être mais qui de mon point de vue sont et et on on y a notre part de responsabilité, je parle du MEDF euh sont sont trop dogmatiques et un peu théorique en définitive sur les aides aux entreprises. L'OCDE a chiffré que les entreprises chinoises, en tout cas dans les filières stratégiques, étaient de 3 à 8 fois plus subventionné que les entreprises européennes. Donc à un moment donné, si si on ne s'impose pas à nous-même, j'insiste y compris dans les rangs patronaux, cet effort de de lucidité si on ne sort pas des postures pour prendre en compte ces situations, je crois que on va droit dans le mur.
Les aides, c'est pas un sujet de principe, c'est un sujet d'efficience. Euh je continue, je partage évidemment tout ce qui vient d'être dit sur le le la nécessité, l'urgence d'une certaine manière de de mettre en place des protections. Euh je suis, on en parlait avant le avant cette table ronde, je suis le MDEF est très aligné sur la logique de l'OPTINE. D'autres pays ne l'étaient européens ne l'étaient pas jusque-l mais en Allemagne où Marilis, je me permets de le dire, le fameux chassé en meut est en train de se fracturer notamment entre les très grands groupes qui demeurent jusque-là dans des logiques quand même très mondialistes dans la chimie [grognement] par exemple, c'était encore le cas jusqu'à ces derniers jours dans
l'automobile et leur fameuse Mitelstein il y a un début de fracturation si je suis très cynique on peut presque s'en réjouir faut pas que ça aille trop loin. Pourquoi ? parce que ça amène les Allemands sur l'IA, être un peu plus pragmatique et un peu plus conscient de de l'urgence. Donc oui, pour le le la stratégie d'optine maintenant, nous on pense que il faut il faut pas que ça devienne comment dire le levier ou le prétexte d'un repli de l'Europe sur elle-même. Et nous, je le je le dis ici, on reste très très en soutien des accords de libre échange. Ils se doivent d'être équitables à bien des égards sur le plan sanitaire et cetera. Enfin, quand on voit là aussi la dimension très politicienne, pardon de le dire ainsi,
du débat sur les traités de libre échange, que ce soit le CTA, que ce soit le Mercur, moi écoutez, à un moment donné, je prends acte du fait qu'il y a 20 % des salariés français qui travaillent pour l'exportation, que si on se fait marcher sur la gueule par les Chinois, par les Américains et qu'on s'interdit de commercer avec d'autres d'autres destinations. Et quand je dis de commercer, c'est y compris pour déisquer nos chaînes d'approvisionnement. Là, l'exercice va devenir très compliqué. Et au-delà de ça, on a une feuille de route, alors je sais pas si elle est partagée. En tout cas, nous, on y adhère sans aucune restriction. Elle reste un peu surétagère. C'est le rapport Dragy. Euh, Ursula Van Derlean est intervenu à notre ref hier. Moi, je j'avais parlé
longuement de ça avec elle au mois de juin. On sent queon sent qu' il y a quand même une volonté d'accélération. Le terme d'omnibus est absolument glaçant. Moi je moi qui suis suffisamment âgé pour avoir connu les michelines, je me dis que c'est pas à la haute à la hauteur en tout cas la vitesse des missiles hypersoniques y compris économique comprend la figure maintenant mais enfin on sent qu'il une volonté de d'accélérer. Il y a deux enjeux essentiels. Marilise en a pointé un mais je commence par un autre c'est le l'Union de l'épargne et l'investissement. Il y a trois dimensions, pardon, d'être long hein. L'Union de l'Épargne et l'investissement et si il faut passer et d'ailleurs euh Ursela Van Derleen s'est dévoilé hier, ça m'a presque surpris dans son propos
public à la tribune. S'il faut passer par euh des coalitions adoc, c'est-à-dire laisser de côté certains pays de l'Union européenne qui ne voudraient pas avancer sur ces sujets, faisons-le. On sait qu'on a une épargne dans dans les atouts de l'Europe. Il y a pas que le le la profondeur du marché qui qui est à parfaire. D'ailleurs euh il y a une épargne surabondante, ce qui n'est évidemment pas le cas des États-Unis, par exemple, à part que cette épargne pour toutes sortes de raison don de rentabilité, don de stabilité fiscale part à gros bouillant vers les États-Unis. les rapports l'État et Dragué l'ont pointé de manière chiffrée assez impressionnante. Donc union de des marchés de capitaux euh probablement un assouplissement quand
même de nos nos ratios euh prudentiel Solvency 2 et Bal 3. Les Américains là aussi sont extraordinaires parce qu'ils participent aux travaux de Solvency 2 et Bal 3. qui nous pousse à aller toujours plus loin dans la sécurisation des financements dans la dans les ratios prudentiels à part qu'il ne se les appliquent pas à eux-mêmes. La finance qu'on le veuille ou non, c'est quand même un déterminant de de la compétitivité. Il faut qu'on aille plus loin. Là aussi, c'est pointé par Dragy, mais rien ne se passe, me semble-t-il en tout cas de visible pour approfondir le marché intérieur. Enfin, quand Dragiy pointe que les droits de les droits non doigners, enfin les barrières non tarifaires sur les biens à l'intérieur
de l'Europe, ça correspond à 44 % sur les services à 110 %. Là aussi, Ursela Van Derleyen l'a rappelé hier dans son propos. On s'émeut à bon droit des 15 % de droits de douane que les Américains veulent nous imposer. Commençons par retirer nous-mêmes nos propres barrière non tarifaire. Et quand je dis ça, je mesure la complexité de l'exercice parce que bien souvent, on était nous-mêmes à l'origine de ces barrières non tarifaires. Donc je sais que sectoriellement dans les rends du MEDF, ça va être une explication de texte un peu compliquée. Moi, je suis prêt à à l'assumer. Et enfin, c'est c'est là que je rejoins évidemment le le propos de Marinise. Il y a cet enjeu à mon avis le plus important qui est celui de l'orientation, de la formation, des
compétences et des reconversions. Et là, je trouve qu'on est très timoré. Je voudrais vous relancer. Merci Patrick Martin sur trois points et pardon pardon je suis un épouvantable bavard mais enfin comme il m'arrive rarement d'intervenir devant vous j'en profite. Non mais j'ai cité le Maroc tout à l'heure. Moi je me suis beaucoup impliqué à ma place relative la diplomatie dite économique à ce que les les relations étatiques pour le coup se décris un petit peu entre la France et le Maroc au premier semestre 2024. Ça m'a valu de rencontrer beaucoup de d'acteurs de la formation et de l'enseignement au Maroc. C'est là que j'ai découvert, moi je je suis un peu lent, hein. C'est là que j'ai découvert les l'effort incroyable que le Maroc entreprend en matière de formation.
Alors, ils partent de loin, hein, mais surtout euh de découvrir que dans leurs écoles d'ingénieur, il y a 49 % de femmes. On est quand même dans un pays musulman. Si on est bête et méchant, on dit "Oh là là !" Non, 49 % de femmes, on en est où en France ? on en est à moins de 25 % et ça baisse. Je reviens en France, j'avais découvert le fil à couper le beurre, je raconte ça et c'est en tenant, beaucoup de mes interlocuteurs dont des gens avertis me disent "Ouais, enfin c'est les écoles d'ingénieur marocaines. Toutes nos entreprises qui sont au Maroc ou qui envisagent d'aller au Maroc disent le niveau éducatif et notamment dans les métiers scientifiques et techniques et notamment pour les femmes se compare tout à fait à celui de la France. Je suis allé en Algérie qui est pas mon
modèle non plus hein. Mais quand même pour essayer de faire le job. Là aussi quand on voit l'effort que le curieux que le suspect gouvernement algérien fait en matière éducative, je pense qu'il faut qu'on se botte le train. [raclement de gorge] [applaudissements] Ce que vous soulevez montre qu'on a aussi un enjeu géopolitique nous-même au-delà du made in Europe de savoir avec quelle sphère on veut coopérer en priorité. Et c'est effectivement, je pense, plus prometteur de coopérer avec des zones géographiques et des pays avec lesquels on a une proximité géographique des éléments d'histoire commune qu'avec d'autres. Mais ça, on peut y revenir dans le débat. Moi, je voulais vous relancer sur trois points. Euh, nous, on
subit les omnibus au Parlement européen. Moi, je suis en commission environnement et santé et depuis 2 ans, on a dépensé beaucoup d'énergie essentiellement à déréguler la législation écologique, sanitaire, parfois et en partie sociale avec la question de, on va dire la version européenne de la RSE et du devoir de vigilance des entreprises. Je ne sais pas si le bénéfice pour les entreprises a été énorme, mais par contre effectivement les volets du rapport Dragy sur le marché des capitaux ou sur les investissements ou sur l'achèvement du marché intérieur n'ont pas été traités avec la même intensité. Donc est-ce qu'il est pas temps d'essayer d'avoir cette discussion sur là où il faut simplifier mieux
structurer à l'échelle européenne ? Bah sur quoi on peut aussi trouver des dynamiques communes ? Parce que le Parlement européen aujourd'hui Pierre peut en témoigner, c'est droite extrême droite d'un côté pour déréguler face à la gauche et parfois les centristes pour résister et c'est pas bon pour affronter les défis qui sont qui sont les nôtres. Et ensuite, je voulais vous vous demander de réagir aux deux mots clés planification, coopération parce qu'effectivement on se bat aussi avec Pierre parce que moi je suis chef de fil socialiste en commission environnement qui est une commission pour avis pour introduire la notion de plan industriel dans l'industriel accélérateur acte d'obliger la commission à proposer une stratégie qui combine tous les outils
qui se limitent pas à la question de la préférence européenne. Et vous avez presque induit dans votre propos euh que les aides aux entreprises avaient tout leur sens. Mais en disant presque à partir du moment où elles ont une efficience, donc une orientation, un objectif sur lesquel il y a un accord, mais peut-être je vais trop loin dans l'interprétation de votre propos et ça c'est la position historique de la CFDT sur la conditionnalité des aides aux entreprises. C'est peut-être inventer un mot plus comment dire plus partagé, plus positif, mais faire un lien entre l'objet et et la modalité. Puis sur la coopération dans les chaînes de valeur. Bon moi je viens d'un département la antique où c'est aéronautique construction navale mais si ça tient c'est en partie grâce à l'innovation et
en partie grâce au travail permanent des chantiers et d'Airbus sur la chaîne de valeur sur la coopération y compris partager l'avenir avec les PME pour leur permettre d'investir d'innover de développer leurs compétences. effectivement euh c'est ce qui a été en partie perdue dans euh l'automobile et qui a en partie euh expliqué l'effondrement de ce tissu. Donc euh est-ce qu'on est prêt à travailler ensemble sur ces notions de planification sans être communiste et euh de coopération dans la chaîne de valeur de responsabilité partagée euh de la TPE au grand groupes dans la la différenciation et la valeur ajoutée de notre industrie ? Alors euh je revendique une forme de de
pragmatisme encore faut-il le prouver. C'est vrai que philosophiquement c'est pas iné je dirais au MEDF de s'intéresser à la planification. Je fais malgré tout un petit détour dans dans ce sujet des aides et l'efficience des aides. Il y a deux niveaux. Moi, je l'assume, je le dis. Vous pouvez prendre les chiffres dans tous les sens. net de ces aides. Les entreprises françaises restent en moyenne les plus taxées au monde. Ça n'aide quand même pas beaucoup pour relever ce défi. Par exemple, le le défi environnemental, tenir la trajectoire de décarbonation, c'est 40 milliards d'euros d'investissement par an pour les entreprises. L'argent ne tombe pas du ciel jusqu'à près du contraire. dans
cette dimension macro. Après, il y a des dimensions sectorielles qui méritent évidemment d'être regardé d'un peu plus près. C'est vrai que notre pays, s'agissant en particulier de du coût du travail a pris l'option de défendre avant toute chose l'emploi peu qualifié. Alors, je dis pas qu'il faut pas défendre l'emploi peu qualifié, mais dans la bataille technologique, hypertechnologique et industrielle. Les deux convergent beaucoup, même si la technologie, c'est aussi beaucoup le digital. Euh c'est vrai qu'on a un peu laissé de côté dans le ciblage de de ces dispositifs, on a un peu laissé de côté des secteurs qui en réalité sont les plus exposés à la concurrence internationale. Alors dans le cadre de 10 a c'est le moins qu'on
puisse dire budgétaires ou des finances publiques qui est même grav qui est le le qui est la nôtre. C'est vrai que les arbitrages sont forcément un peu douloureux, mais voilà, là aussi je pense qu'il faut pas se dérober et je sais à nouveau que en interne au sein du MEDF, ça posera des ça posera des questions et en fait ça pose des questions dans tous les domaines. Vous évoquiez l'étrange Donald, je ne parle pas de Donald Trump mais Donald Tang, le CEO de Chine que moi j'ai vu à deux reprises la première fois il y a déjà 2 ans et demi. C'est très intéressant de parler avec ces gens-làin. Lui aussi d'un cynisme absolu. il est singaporien théoriquement maintenant en réalité il est chinois euh et qui à un moment donné m'a mis face à
mes propres contradictions ou à nos propres contradictions en me disant "Mais euh tout ce que vous me dites est très intéressant. Enfin, jusqu'à preuve du contraire, j'ai des clients. Donc, je pense que le consommateur lui-même doit se mettre face à ses contradictions. Et là où il a été pire encore, c'est quand il m'a dit "Mais vous savez euh ne croyez pas que vos concitoyens qui se disent environnementalistes et responsables le soi dans leur comportement." Écoutez, je je ne vous permets pas d'insulter les Français. Et bien, mais regardez les chiffres, je les ai vérifié les chiffres. Les clients de Chine, contrairement à ce que je pensais, c'est pas prioritairement les ménages les plus modestes, c'est des catégories
intermédiaires voir des CSP+. Et quand vous regardez les volumes de consommation de textile là où tous avec une bonne foi absolue, le cœur sur la main, les larmes aux yeux, on dit il faut il faut être sobre, il faut être frugal et cetera. Les ventes de textile, c'est la fast fashion ont explosé en volume. Donc pourquoi je dis ça au passage ? parce que moi je martelle ça à un moment donné, il faut que chacun fasse son examen de conscience, qu'on se parle et queon arrête ensemble des décisions les plus les plus éclairé et les plus exhaustives possibles. Donc il faut il faut probablement de la planification singulièrement de la planification écologique parce que c'est
très c'est un anglicisme c'est très confusant les volt les voltements de pieds les injonctions contradictoires qu'on peut avoir s'agissant de cet enjeu qui est pas fondateur il est existentiel qui est le climat on est convenu on avance de mon point de vue pas assez vite euh avec la CFDT avec d'autres d'autres organisations syndicales de s'emparer d'un sujet qui me semble je crois Marise, j'ai pas parlé pour vous mais il me semble que c'est partagé relevé aussi de du la démocratie sociale du dialogue social autour de ce qu'on a appelé le modèle productif. C'est un peu un peu conceptuel c'est quoi le modèle productif ? c'est notamment les trois
grands les trois grands enjeux du changement climatique. On est vraiment rattrapé par la patrouille de la démographie qui est un angle mort du débat public qui est absolument effrayant et on le sait, ça impacte des enjeux très essentiels notamment de financement de la protection sociale mais aussi de tension de recrutement. Ça ça impacte le sujet de l'immigration, comment comment le traiter hein ? Et puis enfin le le sujet de la digitalisation et singulièrement de l'intelligence artificielle. Je pense qu'on sonorerait, on n'est pas là pour ça, mais ça ne gâte rien. En tout cas, on assumerait nos responsabilités les uns et les autres si on réussissait à prendre un peu de hauteur, à mieux intégrer ces trois grands enjeux et peut-être d'autres : intelligence
artificielle, démographie, changement climatique pour aller là où c'est nécessaire vers une planification. Mais après, le propre d'une planification, c'est qu'on s'y tient. Euh du coup, je prends la parole pour réagir sur deux trois éléments. Euh Patrick Martin ne trahille pas de secret et je pense que la question du fait qu'on soit capable de de d'aborder la question des enjeux du modèle productif de son et de son avenir dans le contexte actuel, il est il est extrêmement intéressant notamment parce que je pense qu'on a besoin organisation syndicale et patronale de remettre la question économique au cœur de nos discussions aussi. Euh il y a pas d'un côté l'économique, de l'autre côté l'écologique et le social le social à
côté. Je pense que c'est extrêmement intéressant. On a déjà eu des débats sur la question de la compétitivité. C'est ça date de quelques années maintenant et et ça avait préfiguré le fameux rapport galois en 2012 justement sur la compétitivité hors coût. Donc c'est un enjeu important et mon organisation est prête. et on se prépare quelques petites discussions, je pense assez intéressantes, c'est euh ça veut dire quoi la croissance dans un monde aux ressources finies par exemple ? des questions qui se posent aujourd'hui de façon beaucoup plus prignante qu'il y a quelques il y a quelques années. Donc c'est c'est c'est extrêmement important parce que c'est un enjeu démocratique finalement de pouvoir se dire comment on on construit et
comment on veut poser les pierres d'un nouveau modèle parce qu'on a besoin d'inventer quelque chose. Quand on dit sauver nos industries, nos emplois, penser l'avenir, ça n'est pas que reproduire ce qu'on a fait il y a 5 ou 10 ans. Il faut imaginer et je pense que si je puis me permettre, ce qui manque cruellement du côté politique, c'est d'avoir un peu des nouvelles idées et de se dire on essaie pas juste de s'accrocher à des idées du passé qu'on a pas forcément réussi à mettre en place. Je pense que le monde d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec ce qu'on a connu et que le monde de demain est encore, je pense, aussi loin de ce qu'on est capable d'imaginer. On évoquait la question de l'intelligence artificielle. Moi, je suis frappée. Je fais pas un déplacement dans une entreprise ou une
administration plutôt dans les entreprises. On me parle de l'IA, les administrations et les fonctions publiques, c'est un peu plus ils sont un peu plus en retard, j'ai envie. Enfin, en retard en tout cas, ils sont pas concernés de la de la même façon. Euh la façon dont les équipes me parlaient de l'IA au mois de décembre, au mois de février et aujourd'hui, ça n'a plus rien à voir. C'est-à-dire qu'on a véritablement une accélération de cette invitation, de ces technologies sur les lieux de travail. Il y a pas de mon point de vue et on aura l'occasion d'en discuter aussi, il y a pas de suff il y a pas de dialogue social en fait sur ce sujet et donc on est c'est la stratégie du fait accompli et donc on a besoin de pouvoir en discuter. Je reviens sur deux termes. La question de la
conditionnalité des aides et la question de la planification. Alors conditionnalité, on n'est pas d'accord sur la question de la façon dont à quoi elle sert véritablement. Enfin, je il fait les gros yeux donc il a pas l'air d'accord mais sur ce que je dis mais je pense que de dire les a les entreprises sont aidées parce qu'il y a un niveau de de prélèvement plus important qu'ailleurs, c'est une je pense que c'est les termes que vous utilisez une une juste compensation de de ce qui nous est imposé par ailleurs. Moi, je pense que ça n'est pas une bonne façon de présenter les choses. S'il y a aujourd'hui des aides aux entreprises,
c'est qu'elles ont un objet et ça tout le monde l'oublie. Elles ont un objectif. Elles doivent permettre de maintenir l'emploi, de le développer, de le faire monter en qualité, en en qualification. Euh s'il y a un enjeu euh une un objectif écologique, il a un objet euh écologique. Nous ce que l'on constate dans les entreprises, c'est qu'il y a des des entreprises qui utilisent des aides pour des choses qui ne sont pas prévues. Euh pourquoi elles sont prévues ? Et je pense qu'au-delà de la question de la conditionnalité, il faut arriver véritablement à avoir une évaluation. Et là pour le coup, l'idée n'est pas d' faire la chasse aux entreprises qui utilisent des aides alors qu'elles n'en ont pas besoin ou
qu'elles en demandent par alors qu'elles n'en ont pas besoin. L'idée, elle est véritablement de pouvoir avoir un débat démocratique autour de à quoi sert l'argent public, comment il est utilisé, qu'est-ce que ça produit. Et je pense que là on se rejoint sur la question de l'efficacité de ces aides. Nous on a et quand on dit de la conditionnalité, nous ce qu'on demande c'est alors j'imagine que le terme peut être il est il est assez comment dire explicite. La façon dont on voit les choses, c'est de se dire à partir du moment où une entreprise tous touche des aides publiques, elle doit pouvoir en rendre compte notamment aux représentants du personnel et de la façon dont elle les utilise parce qu'ils
connaissent eux intimement l'entreprise et la façon dont elle fonctionne et quels ont été les projets quels sont les projets qui qui peuvent être sur la table depuis quelques années, comment comment voilà quelle est la dynamique de et les l'adaptation dont l'entreprise fait preuve et cetera et je pense que je pense que c'est indispensable parce qu'aujourd'hui bon voilà, il y a des rapports parlementaires, il y a le rapport du haut commissariat au plan aussi qui essaie de de de trouver enfin de de débroussailler un peu ce ce cet ensemble assez complexe et je pense que on a c'est un passage obligé démocratique de pouvoir avoir cette clarté sur les montants sur ce à quoi ça
sert et comment ça et comment on peut les orienter au mieux. Euh et c'est euh quand on évoque la question des exonérations, moi j'intègre dans ces aides aux entreprises les exonérations de cotisation parce que ça pèse sur euh la protection sociale. C'est un manque de enfin une absence de recette important. Euh il faut qu'on puisse savoir véritablement comment ça soutient ou pas véritablement l'emploi. Il y a eu des études qui ont été faites au-delà d'un certain d'un certain montant de SIC, ça n'est plus ça n'a pas d'efficacité en matière d'emploi. Donc je pense que c'est important qu'on puisse euh y voir un peu plus clair. Et puis a la question de la planification. Euh elle est indispensable. Alors, dans
un monde où l'avenir esttant certain et où c'est difficile de se projeter, je sais que les entreprises ont aujourd'hui de plus en plus le mot de qu'elle qu'elle il y a deux mots qu'elles utilisent beaucoup, la besoin de stabilité et le et la nécessaire visibilité. Euh les salariés, ils en ont autant besoin hein que les employeurs de la visibilité de pouvoir se projeter. Et s'il y a pas de planification, bah il y a pas d'accompagnement possible parce que quelqu'un à qui on va dire ma boîte va fermer ou elle va changer de de ou elle va alors je je il y a on a connu une vague de de fermeture d'entreprise assez enfin important avec des des grands des grandes des grands sites industriels qui ont fermé. Il y en a d'autres qui sont menacés encore
aujourd'hui. Euh j'ai une pensée pour les camarades les les qui connaissent des difficultés notamment chez Duralex euh qui ont décidé de monter un un projet coopératif. Euh c'est euh alors c'est un modèle voilà qui qui c'était déjà une copi. Ils l'ont ils l'ont ils l'ont un peu renouvelé. Euh mais on voit bien qu'il y a aujourd'hui un certain nombre de voilà des éléments de concurrence qui font que c'est extrêmement compliqué et puis plein d'autres raisons mais c'estàd que la vague des PSE qu'on a pu connaître depuis quelques mois, je ne pense pas qu'elle soit euh en en dans les les perspectives soit euh au au fait que ça ralentisse malheureusement. Moi, ce qui
m'a beaucoup frappé dans les dernières les les les la dernière année, les fermetures de de sites qu'on a qu'on a rencontré connu, c'est que je moi je pense que les annonces ont été extrêmement brutales parce qu'il y a eu euh il y a eu des voilà des décisions stratégiques qui ont été qui se sont qui se sont imposé au aux salariés et qu'on a connu des configurations où c'est inédite de grand un grand site industri industriel dont je ne citerai pas l'entreprise mais qui a fait grand bruit, plus d'un millier de suppression d'emploi. Les salariés l'ont appris en étant réunis un dimanche dans un hangar parce que l'annonce allait se faire le lendemain. Alors quand je dis qu'on a
besoin de planification et d'avoir de la visibilité, c'est que un salarié à qui on va expliquer qui perd son boulot ou qui doit changer de métier, il faut qu'il puisse se projeter, il faut qu'il puisse et qu'il puisse être accompagné et que ce soit un véritable choix. et je et on ne peut pas travailler sur la question des compétences si on ne travaille pas un peu sur le temps long et du coup s'il y a pas de planification, ça je pense que c'est essentiel. C'est ce qu'on avait demandé dans le cadre de la en parallèle et ça a été fait euh et ça doit maintenant être mis en œuvre dans le cadre de il y a des débats autour de la la planification et la programmation pluriannuelle de l'énergie par exemple. Nous avons demandé qu'il y ait en parallèle une planification pluriannuelle de l'emploi
et des compétences parce qu'en plus je suis convaincu que il n'y aura pas de transformation écologique sans une qualité des emplois et une qualité des compétences. Et je pense que les salariés sont le cœur et une des clés de réussite de cette transformation écologique. Si aujourd'hui on est à la peine euh sur euh la rénovation thermique énergétique des bâtiments, c'est qu'on manque de compétences pour mener un certain nombre de chantiers. On manque les artisans n'arrivent pas à recruter donc pas les compétences pour le faire. Résultat, le gouvernement nous dit bah ma prime rénov ça marche pas, c'est pas demandé donc on a qu'à sabrer dans les budgets. et on a une responsabilité avec les organisations patronales sur la situation aujourd'hui
dans certains secteurs d'activité font qu'il n'y a il y a des il y a a il y a pas eu d'accord et de et de discussion paritaire sur les enjeux de formation professionnelle de se former aux nouveaux matériaux nouvelles technologies notamment sur le dans le bâtiment euh parce qu'il y a des querelles diverses et variées et que le dialogue social est un petit peu à la à la peine dans ces secteurs. Je dis pas que c'est la seule raison, mais il y a quand même, ça fait 6 ans qu'il y a pas eu de discussion sur la formation professionnelle. Voilà. Et je pense que ça fait partie aussi des responsabilité collective de se dire que et et donc pour ça, il y a aussi besoin de planification. Je connais le sourire de Patrick Martin quand il a une idée bien précise. Je suis pas sûr que il soit en
capacité de dire tous les détails, mais ça fait partie ça fait partie aussi des des choses sur lesquelles il faut qu'on puisse mieux valoriser la la question de la place des emplois comme étant une dimension nécessaire à intégrer mais aussi comme étant je pense une clé de réussite et de l'industrie et notamment de l'industrie au service de cette transformation écologique. Alors Patrick Martin, je pense que c'est légitime donner la parole pour réagir et puis ensuite je donnerai la parole à Pierre et à nouveau à vous deux pour les conclusion de cette table ronde en rafale. Mon ami Trapier adorerait que je dise ça comme ça. Euh c'est pas à moi qu'il faut
dire que le le dialogue social sur ces grands enjeux est figé. Mar-Élise, allez en âme et conscience qui depuis 2 ans et demi propose qu'on engage un dialogue social interprofessionnel sur ces grands enjeux et singulièrement sur l'enjeu de la jeunesse, des formations, des compétences. Je va pas me livrer une une querelle en paternité mais enfin il me semble que c'est un peu le MEDF et son modeste président. On n pas beaucoup bougé pour toutes sortes de bonnes raisons. Peut-être que sur d'autres fronts, on a été nous-même maladroit. Enfin bon, c'est un peu dommage, me semble-t-il, si on peut le faire, c'est parfait. Sur la jeunesse. Et là, je me permets une interpellation. Je suis un peu, c'est stupide de le dire ainsi,
mais je le fais. Moi, je suis un peu un monomaniaque du sujet. Je suis atterré atterré de voir combien dans notre pays ce sujet de la jeunesse est mal pris en compte. Je rappelle les chiffres. J'évoqué la Suisse tout à l'heure. 3,2 % de taux de chômage des jeunes. Au passage, 70 % de chaque classe d'âge qui passe par l'apprentissage. En France, on est à 22 %. On se rapproche des 22 %. Taux d'emploi des jeunes en France 35 %. En Allemagne, je parle pas de la Papoisie Nouvelle- Guinée, je parle même pas de la Chine. En Allemagne, 51 %. Taux de d'emploi des jeunes au Pays-Bas 75 %. Et moi, je suis halluciné. Non, je suis choqué de voir
que dans le débat public français, cette situation n'est pas en tout cas à la hauteur qu'elle mériterait prise en compte. On parle beaucoup des seiors, on se doit parler des seniors, on en parle parfois de manière un peu tendue. Je pense que malgré tout, on chemine quand on ne regresse pas. Mais qui parle vraiment des jeunes ? Alors, je suis pas je suis pas naïf he je sais que ça recouvre des situations extrêmement diverses mais enfin moi savoir que dans les le 1400000 nitz il y a 25 % de diplômés de l'enseignement supérieur ça me rend fou je crois que ça les rend fou beaucoup plus même. et à bon droit, ces gens-là peuvent être désespérés ou très en colère. D'ailleurs, y compris politiquement, je pense que c'est pas neutre. Et donc s'il y a pas un sursaut
et je pense que c'est vrai du politique autant que des partenaires sociaux pour remettre à plat, moi je suis prêt à un big bang sur la formation. On a un espèce de machin qui s'appelle France Compéten qui gère des milliards d'euros. C'est géré par l'État. De fait ça ne marche pas. Ça ne marche pas. On a sur l'orientation euh mais des des erreurs magistrales, on ne prend pas en compte la dimension territoriale. On a eu une amorce de réforme des lycées professionnels. Disons les choses, elle est restée en plan. On a des on a une valse hésitation sur l'apprentissage où oui, il faut corriger certains effets d'oben, oui, il faut sanctionner certaines fraudes, mais on jette le bébé avec l'eau du bain en disant tout ça coûte une fortune à la collectivité. D'abord, c'est essentiellement payé par
les entreprises, je le rappelle, par une tuyauterie à vente, mais c'est quand même bien les entreprises. Et moi, je je c'est mon coup de gueule si vous me permettez. Ça s'adresse pas spécifiquement à vous, hein, mais je je trouve dingue et je vois ce qui se dessine dans le débat présidentiel. On l' encore vu à la RF hier soir. Personne ne parle de ce sujet-là. Si on règle ce sujet-là, on règle y compris en bonne part nos problèmes de financement de la protection sociale. On règle le sujet des tensions de recrutement qui ne pourront que s'accentuer avec la démographie. On règle des problèmes de santé mentale. On règle toutes sortes de sujets. Moi, je je me permets, je sors de ma condition, je me permets de vous inviter pour ceux celles et ceux d'entre
vous qui sont pas suffisamment mobilisés sur ce sujet à le faire parce que c'est pour moi c'est une évidence mais c'est surtout un scandale si on laisse les choses en état. Merci. Et d'ailleurs, je vais commettre un bouquin là-dessus. Alors, je vais donner la parole à Pierre et puis ensuite je vous redonnerai la parole à à Marie-Élise et et à Patrick avec une question, je vous la donne tout de suite comme ça vous y préparez un peu, vous allez voir. Elle est elle est pas surprenante mais elle est venue en m'écoutant. C'est sur la dimension en vous écoutant sur la dimension européenne c'est assez convergent même s'il y a des combats amenés mais imaginons que la gauche les socialistes et gagner l'élection présidentielle dans un an qu'on rajoute autour de la table
alors un présentant des artisans des des PME même si des PME au MEDF une délégation patronale variée une délégation syndicale des représentants du monde de la formation et de la recherche des représentants des collectivités locales et qu'on se lance dans la discussion d'un pact productif et industri industriel pour le pays insérer dans son contexte européen. Est-ce que c'est quelque chose qui pour vous est encore imaginable dans un pays aussi fragmenté, marqué par la conflictualité, la polarisation que la France ? Sachant que pour nous un des mots clés du projet socialiste, c'est la coopération. On en a un peu parlé dans cette table ronde. Pierre et puis ensuite je vous laisserai conclure tous les Bah moi je et après je laisserai Marie-Lise Léon et Patrick Martin
répondre à cette question mais moi je vais partir de cette table ronde avec beaucoup d'optimisme et répondre à ta question que oui, je suis certain que demain quand les socialistes dirigeront ce pays, nous arrivons déjà ça ira mieux qu'aujourd'hui ça je vous le dis mais surtout on y arrivera parce que aujourd'hui moi j'ai entendu quelque chose d'extrêmement intéressant peut-être que Patrick Martin l'a fait involontairement parce qu'il a pas la même culture socialiste que vous. Mais tout à l'heure, monsieur le président, vous avez dit "La planification doit prendre en compte la réalité du marché." Bien, c'est une phrase très célèbre qui a été prononcée dans un congrès du Parti socialiste au congrès de Mess qui était une phrase de Laurent Fabus en réponse
dans un débat à Michel Rocard qui avait dit entre le marché et le plan, monsieur le président, entre le marché et le plan, il y a le socialisme. Et donc on voit [applaudissements] Ah et donc et donc finalement je je vois blague à part les convergences qu'il y a aujourd'hui dans ce débat qui marquent en vérité ce qui doit être en tout cas du point de vue des socialistes la façon dont nous rentrons dans ce débat dans l'élection présidentielle dans la question de la production il y a des enjeux des questions réelles à prendre en compte et
à mettre sur la table au-delà des simples caricatures, au-delà des sujets qui font de la punchline sur les réseaux sociaux ou sur les chaînes d'information en continu et qui finalement figent un débat qui polarise des sujets qui ne règlent pas la question au réel de ce qui est en train de se passer. On a soulevé les points. Vous l'avez dit et je vous l'ai entendu dans votre discours à la REF, la question de la jeunesse, la question de l'emploi des jeunes, la question des fermetures d'entreprise. Moi, j'aimerais par exemple, je vais le soulever sans rentrer dans le détail parce qu'on a pas le temps et Christophe va me couper le micro mais sur la question des fermetures qu'on a vu et qu'on constate, moi j'aimerais qu'on pose dans ce pays la question des
tribunaux de commerce et de leur rôle. Comment est-ce que ça fonctionne ? Comment est-ce que aujourd'hui on voit qu'il y a un certain nombre de projets qui ne sont pas repris parce que pas étudié, parce qu'il y a pas la capacité, parce qu'il y a pas le temps et qui laisse des production énorme disparaître. qu'on parle de l'emploi des jeunes, qu'on parle de la question demain de la projection et de l'avenir quand on sait assumons ce débat là encore une fois et je ne veux cibler rien ni personne que les retraités ont aujourd'hui dans notre pays un reste à vivre plus élevé que les salariés de ce pays. Comment voulez-vous que les jeunes se projettent, se disent "On va faire des gamins, on va acheter une baraque, on va C'est pas possible !" Et on doit
assumer ces débats, on doit les regarder en face sans crisper la société, sans la fracturer de la même manière. Ça a été évoqué, vous l'avez évoqué tous les deux la question de l'union, d'épargne et d'investissement. Là aussi, parce que c'est des chiffres dont on parle assez peu dans le rapport Dragiy, il est dit entre 35000 et 39000 milliards 39000 milliards d'euros d'investissement européen. Et bien je vous le dis, si demain vous allez voir votre banquière ou votre banquier que vous lui dites que les 2000 € les 3000 € que vous êtes prêts à placer sur un investissement, est-ce que vous pouvez les placer sur une entreprise européenne et sur une entreprise française ? et ben bon
courage. Sauf que la réalité c'est que si vous arrivez à faire cette capacité d'investissement et si par exemple demain pour reprendre ce point on passe la part de l'industrie française actuellement de 10 à 12 % c'est pas impossible vous savez de 10 à 12 % combien ça fait d'emploi créé entre 600 et 800000 emplois vous imaginez si vous avez 800000 personnes aujourd'hui des jeunes qui rentrent sur le marché de l'emploi dans de l'industrie qui redevient productive qui ont en capacité de donner des salaires plus élevés ? Bah franchement, tous ceux et à bonne entendeur pour la préparation de l'élection présidentielle d'être de la primaire qui soup chez nous, qui voudrait faire un système de retraite par capitalisation, bah si vous avez 800000, si vous avez 2 millions de
salariés supplémentaires qui cotisent, qui gagnent de l'argent, et bien notre modèle social aussi, c'est comme ça qui se finance. Et c'est ces débat là qu'on doit mettre sur la table. Et donc et et je je termine je termine là-dessus, je suis trop long, c'est ça ? Bon, ça va. Mais je je termine là-dessus pour dire que là encore sur la question et je veux terminer sur la planification parce qu'elle me tient à cœur cette question de la planification, elle est essentielle et elle est indispensable. On le voit à chaque crise, nous ne sommes pas préparés, nous n'avons rien anticipé. On l'a vu cet été avec les mégafeux que nous avons vécu dans notre pays pour débat budgétaires qu'on n'est pas capable de prendre à bras lecor en réalité bah on fait un débat d'expert
comptable pardon pour les experts comptables dans la salle qui va rayer au trait de plume tel ou tel investissement. Résultat, on n pas suffisamment investi dans la protection civile. On a coupé les finances des départements qui peuvent plus investir dans les 10. On n pas racheté des Canadaires et on a surtout pas pensé à comment on allait traiter les mégafeux par exemple demain parce qu'il y a pas d'anticipation. Je prends cet exemple, je pourrais en prendre beaucoup d'autres. Quand je vois aujourd'hui le débat que nous avons dans ce fameux texte sur la réindustrialisation, que moi je veux faire rentrer par exemple à l'intérieur du texte la question de la robotique comme domaine spécialisé et privilégié pour la France de la même manière que pour le quantique. Quand on
voit que les drones, on a des producteurs des fabricants de drones en France qui sont les leaders aujourd'hui et qui ne sont pas accompagnés quand on sait comment le drone va demain arriver dans la défense et cetera. Bien, c'est ça qu'on doit anticiper. Donc moi ce que je souhaite et ce que j'appelle de mes vœux dans ce modèle productif Christophe quitter très cher, c'est que dans cette campagne présidentielle et demain quand nous serons au pouvoir et en responsabilité dès notre arrivée au mois de juin après les élections législatives, il faudra quand même des élections législatives, nous puissions prendre 3 mois nécessaires de dialogue avec les entreprises, avec les représentants des entreprises, avec les représentants des salariés en étudiant filière par filière, en projetant la
France dans 10 ans, dans 15 ans, comment on la voit ? Comment on veut la construire ? Comment est-ce qu'on remet ces liens ensemble ? Parce que je nous le dis, ce sentiment qui pousse nos concitoyens à aller notamment vers l'extrême droite et en particulier dans les territoires ruraux est nourri par cette désespérance, par cette forme de se dire "Nous ne sommes plus à la hauteur à laquelle nous devons être." Ce grand pays qui a su inventer le TGV, qui a su se lever quand il était occupé par les nazis, qui a su penser l'industrie de demain, qui a été en projection vers un modèle qui a éclairé le monde entier, et bien oui, il a encore une place et c'est à nous de la mener et de la créer et ça passera par tout ce que nous avons évoqué aujourd'hui. Merci à tous. Merci
Pierre. [applaudissements] Marie-lise Léon puis Patrick Martin pour conclure le la proposition de dire on se met autour de la table. J'ai j'ai envie de dire évidemment que ça fait partie des éléments importants et intéressants. J'ai envie de dire que c'est pas la première fois qu'on nous fait la proposition, voire même la promesse parce que alors pour le coup parce que pour le la question c'est pour faire quoi ? Et et je pense qu'il y a un élément essentiel qui nous distingue en tant qu'organisation syndicale et parti politique. En tout cas, quand on on est dans dans ce dialogue, c'est que nous sommes tous les garants de la
préparation de l'avenir et du temps long. Euh mais je pense qu'un des écueils sur lesquels il faut réussir à à avancer, c'est que tant qu'un candidat à une élection euh ou un responsable politique euh pense euh une action, une décision au prisme du bénéfice direct qui va tirer pendant son mandat. Quand on est sur des enjeux d'industrie et de transformation écologique, on n'est pas à la même échelle. Donc la question du temps long et la question de la façon dont on peut travailler sur des propositions, un dialogue, je pense que en plus c'est une aspiration de la société. La CFDT a travaillé avec la fondation Jean Jorè et
Lippso sur ça serait ça serait quoi une société idéale ? on avait envie de se faire du bien euh et de voilà de se donner un peu de baum au cœur. Euh les citoyens, les citoyennes dans la très très large majorité, ils veulent une société apaisée. Donc des acteurs responsables qui expliquent, qui se parlent et qu'ils essayent de trouver des solutions, c'est quelque chose qui leur va complètement. le fait de de d'avoir des débats où je discute avec quelqu'un qui n'est pas d'accord avec moi et mon mon ma considération c'est me dire c'est un ennemi qu'il faut que j'écrase. Je pense que ça n'est pas une attente. Ça n'est pas une attente des citoyens et des citoyennes. Donc la façon dont on le on le construit c'est extrêmement important.
Bon c'est c'est pas forcément ce qui émerge dans les réseaux sociaux ou dans la dans les chaînes d'information et cetera, mais c'est la réalité. Et je pense que quand on est un responsable politique comme vous l'êtes, je le mets au sens politique du parti politique, euh il y a une chose qui désespère de plus en plus les citoyens et les citoyennes, c'est de d'avoir l'impression que les sujets évoqués n'ont rien à voir avec ce qu'ils vivent au quotidien. Donc il faut travailler sur ce lien entre la réalité et ce qu'on veut construire d'idéal. La CFDT, elle a pas prétention de réfléchir à la place des autres. Nous, on a pour euh volonté de pouvoir trouver des solutions et notamment parce que et et on sera engagé dans le le cadre de la campagne
présidentielle en tant qu'organisation syndicale parce qu'il y a un combat que l'on mène de longues longues dates, c'est le fait que nous ne voulons pas que l'extrême droite arrive au pouvoir. là-dessus, on est extrêmement clair et on ne passera pas et on ne passera pas de voilà, ça fait partie des ça fait partie des engagements euh des engagements et du de des objectifs aussi que l'on se donne dans le le dans cette campagne qui sera historique. Elle sera historique parce que il faut aussi se dire que si la France bascule, c'est l'Europe qui bascule. Et donc c'est un enjeu particulièrement fort pour cette élection 2027. l'idée de pouvoir quand on dit il faut pouvoir contribuer au
débat, bah l'idée c'est de pouvoir aussi être dans ce débat d'idée. La CFDT elle va en mettre un certain nombre sur la table et nous n'avons pas ni l'attente ni la prétention que toutes ces propositions, elles doivent être prises à la virgule près. Voilà, nous sommes des contributeurs au débat et donc il faut qu'on puisse le nourrir et faire en sorte que les uns et les autres puissent et et j'ai cru comprendre qu'il y a une proposition de la CFDT sur les impôts de succession. C'est pas du tout l'objet de la la table ronde qui nécessite un petit peu d'explication euh pour pouvoir euh faire voilà comprendre le les les tenants et les aboutissants et le fait que c'est aussi euh le fruit d'une d'une décision démocratique qu'on a pris collectivement au congrès euh au congrès
de Lyon de 2022 de la CFDT. Euh si je si je je il y a une condition dans le cadre de ce débat euh que je souhaite apaiser euh même si ça me semble de plus en plus utopique euh et que et et surtout constructif, c'est que je pense qu'il faut aussi se dire qu'en tant qu'organisation syndicale, je je pense que c'est c'est le cas aussi des des autres d'autres organisations syndicales et compris patronal, c'est qu'il faut qu'on soit clair sur le rôle des uns des autres et le respect de des responsabilités des uns des autres. d'autres. On parle de démocratie sociale, d'agenda autonome. Ça veut dire qu'on attend aussi une articulation et et une complémentarité du rôle des uns et des autres sans
instrumentalisation, sans et sans je dirais injonction à devoir choisir un camp ou de dire telle et telle proposition voilà nous est nous est nous est faite, on on l'a fait nôtre et et on on souhaite véritablement contribuer euh dans le respect des responsabilités et du rôle de chacun. Je pense que c'est important. Je pense qu'on a un peu de boulot quand même, notamment quand on voit alors c'est valable avec les partis politiques, c'est valable aussi avec les les différents groupes dans les dans les institutions. Je pense à l'Assemblée nationale et et et au Sénat. Ce qui veut
dire que je pense qu'on a besoin de beaucoup plus de dialogue euh et de partage et c'est l'une des raisons de ma présence ici euh à ces universités d'été de du PS. Voilà. Merci. Merci beaucoup [applaudissements] Patrick Martin pour la dernière intervention. Euh et on a si tu si vous me permettez Marise nous une responsabilité singulière dans la sphère sociale en tant que responsable des des deux principales organisations, enfin de la principale organisation de de part et d'autre. deux points. Le premier euh
pour dire que il faut avoir le courage de s'interroger sur la pertinence, l'efficience, la pérennité de du modèle français. Euh on est à 57 % de dépenses publiques. Vous avez bien compris, j'espère que moi j'étais pas j'étais pas binaire. C'est tout blanc, c'est tout noir et cetera. Je pense qu'effectivement il y a des sujets sur lesquels une collaboration plus aboutie, plus ambitieuse, plus volontaire entre le public et le privé est nécessaire. Pour autant, il faut prendre acte aussi du fait qu'on est à 57 % de dépenses publiques, un record de prélèvement obligatoire et que ça ne marche pas. Ça ne marche pas. on peut on peut tourner le sujet dans tous les sens, ça ne
marche pas ni en terme de performance économique et sociale, ni en terme de finances publiques et dans bien d'autres domaines encore. Donc c'est pas une c'est pas une posture philosophique. Euh [gémissement] je on ne peut pas ne pas s'interroger sur ce sur ce point-là, hein. C'est c'est mon premier propos. Euh mon deuxième propos, c'est de dire bon évidemment ça passera pour un plédoyer prodobo que en l'étant, je sais que c'est fragile, donc je le dis avec beaucoup de prudence, en l'état l'entreprise est un des derniers lieux de stabilité et de cohésion, de cohésion sociale. Est-ce
que je suis en train de vous dire que l'entreprise est un monde parfait ? Évidemment non. et certaines situations que vous avez pu l'un et l'autre d'ailleurs évoquer, je les ai parfaitement en tête. C'est ce qui m'empêche pas de penser qu'il vaut mieux prévenir que guérir. Je développe si vous le souhaitez. Et donc nous, notre souci est pas dans une logique prioritairement boutiquaire. Notre souci, c'est que cette, me semble-t-il, cette réalité, c'est-à-dire de la contribution essentielle de l'entreprise au bien commun soit prise en compte par tous, y compris dans le champ politique. Je pense que cette situation est prise en compte ici même. Il y a eu quelques propos qui en témoignent. Je crains que ça ne soit pas le cas ailleurs. Il y a une profonde méconnaissance
en particulier aux aux deux extrêmes du spectre politique de ce qu'est la réalité de l'entreprise. Voilà, moi je je suis dans mon rôle en le disant, mais ça va bien au-delà. C'est ma conviction profonde. L'entreprise, je parle pas des actionnaires uniquement, c'est des parties prenantes de l'entreprise. L'entreprise est un bien précieux et je pense que dans l'imaginaire collectif français, ça n'est pas suffisamment perçu. Merci beaucoup. [applaudissements] Merci à toutes et à tous d'avoir assisté à ce débat. Je pense que vous avez pu apprécier la liberté et on a essayé d'approfondir les questions dans un respect mutuel en donnant à chacun l'occasion de développer sa pensée et de poser les bases d'une compréhension mutuelle et d'une coopération plus forte. Euh bonne fin de campus pour tous
les autres ateliers. Merci encore à Marie-Lise Léon, à Patrick Martin et à Pierre Jouvet. [applaudissements]
Bonjour présente Rapha
Christophe Clergeau