Dominique de Villepin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:08OuverteRéponse directe
Avez-vous lu ou entendu le discours de François Bayrou hier soir à Dunkerque ?
- 0:58RelanceRéponse directe
Mais j'ai vu aussi l'appel final au rassemblement de François Bayrou, ou l'appel à un pays uni qui peut tout...
- 2:22RelanceRéponse directe
Mais Dominique de Villepin, j'ai du mal à voir la différence de votre démarche avec celle de François Bayrou
- 3:27OuverteRéponse directe
Est-ce que ce n'est pas difficile de se présenter comme un rassembleur quand on est aussi seul que vous ?
- 5:37OuverteÉludée
Quelle a été la priorité ou les trois priorités de l'action menée depuis cinq ans ?
- 5:50OuverteRéponse partielle
L'action, la mesure, le discours qui constitue à vos yeux la principale faute de ces cinq années écoulées.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49Invité politiqueFait
« Ce qui me paraît important aujourd'hui, c'est l'essentiel, c'est de rassembler. »
- 1:48Invité politiqueChiffre
« Un tiers de l'effort fait par les catégories les plus aisées, un tiers de l'effort fait par les grandes entreprises et par les banques, et un tiers de l'effort fait par l'ensemble, le reste de la communauté nationale. »
- 3:09Invité politiqueFait
« Ce qui m'intéresse surtout dans cette campagne, c'est qu'on mette en avant des solutions. »
- 5:20Invité politiqueFait
« Que ce quinquennat est mal partie. »
- 6:11Invité politiqueFait
« Ce qui a été raté, c'est le quinquennat. »
- 6:33Invité politiqueFait
« Les Français ont vu que le pouvoir d'achat n'était pas au rendez-vous. »
- 6:51Invité politiqueFait
« Je n'aime pas qu'on mette en cause les hauts fonctionnaires et les fonctionnaires d'ailleurs tout court dans notre pays, sans preuve. »
- 8:30Invité politiqueFait
« J'ai travaillé avec Bernard Squarsini quand j'étais ministre de l'Intérieur. En confiance. »
Temps de parole
- Dominique de Villepin74 %
- Présentateur26 %
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France Inter, le 7-9 de Patrick Cohen. Bonjour Dominique de Villebain. Bonjour Patrick Cohen. Peut-être avez-vous lu ou entendu le discours de François Bayrou hier soir à Dunkerque, cet appel au peuple souverain, à la résistance, ces citations d'Aragon, de De Gaulle, d'Edmond Rostand, les petits, les obscurs, les sans grades, ce rêve d'un pays uni qui bouscule le modèle dominant. Et moi j'ai eu le sentiment que ce discours, vous auriez pu l'écrire.
Et si je l'avais écrit, M. Patrick Cohen, ça vous serait sans doute surpris. Mais je crois qu'il... Vous auriez pu le prononcer alors ? Je n'en suis pas sûr. Laissons à François Bayrou le mérite de ces discours. Ce qui me paraît important aujourd'hui, c'est l'essentiel, c'est de rassembler. Alors ce qu'on entend, en tout cas ce que vous rapportez de ce discours, c'est une violente charge contre les deux grands partis, ni droite ni gauche, avec cette trouvaille, un sigle un peu curieux, des partis provisoirement principaux. Ça ne vous a pas échappé ?
Non, ça ne m'a pas échappé, mais j'ai vu aussi l'appel final au rassemblement de François Bayrou, ou l'appel à un pays uni qui peut tout...
Alors on sonne la charge et après on appelle à un pays uni. Je crois qu'il faut surtout reconnaître qu'il y a des talents partout dans notre pays, et de se priver d'aucune capacité, et essayer de préparer ce qui sera essentiel lors du 6 mai, c'est-à-dire le rassemblement des Français. Aujourd'hui, pointer le doigt sur telle ou telle catégorie, c'est faire du braconnage électoral, ce n'est pas préparer le rassemblement. Ce qui me paraît essentiel, c'est de défendre la France et le peuple français dans son unité, à un moment de crise extrêmement grave.
Nous ne sous-estimons, personne d'entre nous ne peut sous-estimer la gravité de la crise auquel nous sommes confrontés, et il faut que nous nous en sortions tous avec une juste répartition de l'effort. Et c'est sur la base d'un principe qu'il faut agir, et c'est ce principe que j'ai posé très clairement dans ma campagne. Un tiers de l'effort fait par les catégories les plus aisées, un tiers de l'effort fait par les grandes entreprises et par les banques, et un tiers de l'effort fait par l'ensemble, le reste de la communauté nationale. Vous voyez bien que le peuple rassemblé, encore faut-il qu'il soit rassemblé autour d'un même objectif, avec une clé de justice sociale.
C'est justement ce qui a manqué pendant 5 ans. C'est ce que paye aujourd'hui le pouvoir en place. Mais sachons faire en sorte que le chemin du rassemblement n'exclut personne.
Mais Dominique de Milpin, pardon, j'ai du mal à voir la différence de votre démarche avec celle de François Bayrou, pardon de vous ramener à lui, mais il se trouve que c'est lui qui mène la course parmi les candidats hors système ou anti-système, comme on dit. Lui aussi sonne la charge. Vous aussi vous sonnez la charge. Vous avez sonné la charge contre le bilan du quinquennat Sarkozy. Vous aussi vous dénoncez les promesses de la gauche.
Je ne sonne pas la charge avec l'idée de faire du modem le futur parti définitivement principal. Mais ce n'est pas ce que dit François Bayrou. Au bout du compte, quand vous avez écarté les deux autres partis pour y substituer ce que vous représentez, c'est ce qui se passe. Je crois qu'il ne faut pas se tromper d'élection présidentielle. Moi, ce n'est pas la bataille des partis qui m'intéresse. Ce qui m'intéresse, c'est que le président de la République française soit véritablement le rassembleur de la nation. Et donc, pas le défenseur d'un camp, pas le défenseur d'une idée. Et ce qui m'intéresse surtout dans cette campagne, c'est qu'on mette en avant des solutions.
Nous savons tous qu'il y a des problèmes en France. Mais quelle solution est proposée par les uns et par les autres ? De ce point de vue, je regrette que le discours de François Bayrou reste encore très flou et très ambigu. Il faut mettre en avant des solutions. C'est ce qu'attendent les Français.
On viendra à vos solutions dans quelques minutes. Est-ce que ce n'est pas difficile de se présenter comme un rassembleur quand on est aussi seul que vous ? Vous étiez Premier ministre il y a moins de cinq ans. Vous n'avez avec vous qu'un seul de vos anciens ministres, Brigitte Girardin, deux députés seulement, qui viennent d'ailleurs de recevoir l'investiture UMP pour les prochaines législatives. Ce n'est pas beaucoup.
Vous en oubliez un certain nombre parmi les anciens ministres. Mais peu importe la solitude... Qui est-ce qu'il y a d'autre ? Nelly Hollin, Azouz Begag. La solitude, elle fait partie de l'aventure présidentielle. Si vous n'êtes pas capable de vous défaire d'un certain nombre de ripots politiques, vous n'êtes pas capable de représenter les Français. Donc, c'est véritablement une exigence de la politique. On est trop souvent mal entouré en politique. Ce qui compte, c'est le tête-à-tête avec les Français. Et c'est bien en cela que cette campagne, celle que je fais, me passionne, m'enthousiasme.
Aller à Périgueux à la rencontre de l'excellence, je vois l'ensemble des candidats multiplier les déplacements vers ce qui ne marche pas. Moi, ce qui m'intéresse, c'est de montrer aux Français que nous sommes un grand pays. Nous avons des atouts. Que nous avons des entreprises capables d'innover, d'entreprendre. Qu'il y a dans le secteur agricole une formidable capacité et des paysans qui ont véritablement envie de relever le défi de la mondialisation. Tout ça, c'est l'excellence française. Et je veux mettre cette excellence à l'ordre du jour. Alors, je reconnais, M. Patrick Cohen, que c'est une démarche originale. En général, on préfère parler des trains qui n'arrivent pas à l'heure.
En général, le matin, un certain nombre d'observateurs aiment mettre du vinaigre dans leur café. Pas moi. Moi, j'aime mettre un sourire, un peu de tendresse si possible. Et regardez vers l'avenir. Ça n'a pas toujours été le cas. Ne vous sentez pas visé.
Pardon, Dominique de Villepin. Vous avez eu parfois des humeurs un peu plus, comment dire, épicées. Et vous... Mais parce que je crois qu'il fallait sonner l'alerte. Vous savez, en politique... Vous l'avez sonné, oui.
Mais oui, mais en politique, il y a des rythmes. Il y a des rendez-vous. Depuis cinq ans, je dis que la présidence est mal partie. Que ce quinquennat est mal partie. Pourquoi ? Pas pour des affaires de style. On a tous été choqués par un certain nombre de comportements. Mais parce que la méthode qui était employée n'était pas la bonne. On ne peut pas fonctionner avec une hyper-présidence. On ne peut pas travailler, quand on est un gouvernement, quand on ne définit pas des priorités. M. Patrick Cohen, quelle a été la priorité ou les trois priorités de l'action menée depuis cinq ans ? Vous seriez incapable de me le dire.
Et tous les Français aussi. Puisqu'on est sur le bilan du quinquennat. Question rituelle que je pose à la plupart de nos invités depuis le début de cette année. L'action, la mesure, le discours qui constitue à vos yeux la principale faute de ces cinq années écoulées.
Moi, je vous dirais ce qui me paraît avoir été réussi. La réforme des universités, le crédit impôt recherche, tout cela mérite... C'était ma deuxième question. Moi, je passe directement à la seconde. Vous ne voulez pas répondre à la première. Mais parce qu'on sait tous ce qui a été raté. Ce qui a été raté, c'est le quinquennat. Ce n'est pas la peine de faire la revue de détails. C'est cela qui a été raté. Et la sanction, elle est tombée il y a quelques jours avec la perte du AAA, le fameux trésor national. Il n'est plus dans nos mains. Donc, tout a été raté, sauf une ou deux exceptions. Ce que vous avez cité il y a un instant...
Ce qui a été raté, c'est la promesse qui a été faite il y a cinq ans de la rupture avec un vieux système et le changement de la France. Les Français ont vu que le pouvoir d'achat n'était pas au rendez-vous.
Question d'actualité. Bernard Squarsini, le chef du renseignement intérieur à la DCRI, mérite-t-il l'opprobre et les accusations contenues dans ce livre « L'espion du Président » dont nous parlions hier ici même avec Claude Guéant ?
À l'évidence, non. À l'évidence, non. Et je vois une certaine surprise sur votre visage. Je n'aime pas qu'on mette en cause les hauts fonctionnaires et les fonctionnaires d'ailleurs tout court dans notre pays, sans preuve. Qu'il y ait un problème de liberté publique dans notre pays, qu'on cherche à renforcer ces libertés publiques, éventuellement qu'on définisse des responsabilités, très bien, c'est la responsabilité de la justice. Mais n'oublions pas que dans cette affaire, il y ait un problème juridique et un problème technique.
La loi de 1991, l'article 20, qui définit et réglemente le recours à un certain nombre d'informations en matière de communication, a été prévue, cet article a été écrit, avant l'existence des portables. Donc nous nous retrouvons dans une situation juridique et technique qui est parfaitement floue. Donc il y a manifestement un certain nombre de précisions à apporter par la loi. Donc avant de faire un procès d'intention, essayons d'avancer, essayons de comprendre et disposons de tous les éléments. Je ne tire pas sur les pianistes sans conséquence.
Vous, que la DCRI a été dévoyée au profit de l'Elysée
ou au profit de Nicolas Sarkozy ? Mais je dis qu'aujourd'hui, il y a un problème juridique et un problème technique et que rien ne permet de porter de telles accusations.
Là, on parle simplement de ce qu'on a appelé l'affaire des fadettes. Mais les accusations ou les soupçons à l'égard de Bernard Squarsini par les auteurs du livre dont je parlais tout à l'heure sont beaucoup plus larges.
Mais le patron...
Vous n'avez pas le sentiment d'être écouté, vous, Dominique de Villepin ?
Mais en tout cas, le risque ne me paraît pas important du côté des pouvoirs publics, beaucoup plus aujourd'hui des officines privées et que l'on réglemente davantage ces officines privées qui jouent un rôle extrêmement néfaste dans notre pays, m'apparaît beaucoup plus urgent que la mise en cause aujourd'hui de hauts fonctionnaires. J'ai travaillé avec Bernard Squarsini quand j'étais ministre de l'Intérieur. En confiance. Et j'ai pu vérifier que c'était un homme qui avait le sens du service public.
Dominique de Villepin, invité de France Inter jusqu'à 9h moins 5. On va voir dans un instant la revue de presse et dans la presse de ce matin, Dominique de Villepin, on découvre que vous rassemblez les gens sans leur demander leur avis. Ce n'est pas vrai, M. Patrick Cohen. Vous avez annoncé que l'écrivain Jean-Claude Carrière serait le coordonnateur de votre projet et Jean-Claude Carrière dit dans Le Parisien ce matin qu'il n'était pas au courant.
Et qu'il n'est même pas sûr de voter pour vous. Mais ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai. D'abord, c'est ce qui... Ma démarche politique n'a jamais été une démarche visante à obliger tel ou tel à voter pour moi. J'ai sollicité Jean-Claude Carrière qui est un ami de longue date parce que c'est un homme qui a une expérience, qui a une vision et qui sort du marigot politique. Il a une capacité à introduire une vision culturelle, une vision de la société française. Et donc, il a accepté de m'accompagner dans cette réflexion. Mais je ne demande pas...
Il m'avait un peu forcé la main.
Non, non, à aucun moment. Et je ne demande pas aux gens qui m'entourent un brevet partisan. Ce n'est pas l'esprit de la maison. Je suis soucieux de respecter la liberté de chacun.
Dominique de Villepin qu'on retrouve dans quelques minutes avec les appels des auditeurs d'Inter 01 45 24 7000.
Dominique de Villepin