Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 21 mai 2022 26 min

Nouveau gouvernement, grève des diplomates et guerre en Ukraine... Le "8h30 franceinfo" de Nathalie Loiseau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bienvenue à tous dans le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Bonjour Myriam Ancawa. Bonjour Ersine Lebovich, bonjour à tous. Notre invitée ce matin c'est Nathalie Loiseau, bonjour. Bonjour. Députée européenne Renaissance, ancienne ministre en charge des affaires européennes. Alors on a attendu assez longtemps, mais le... Oui, vous acquiescez, c'était long.

0:19
Nathalie Loiseau

Oui, on a attendu assez longtemps, bien sûr.

0:21
Présentateur

Le premier gouvernement d'Elisabeth Borne a été dévoilé hier, donc parité parfaite. 15 membres de ce gouvernement faisaient déjà partie de l'ancienne équipe, la plupart des poids lourds sont restés. Est-ce que vous y voyez le virage, le changement, la renaissance promise par Emmanuel Macron ?

0:40
Nathalie Loiseau

Je crois qu'il y a à la fois des piliers de l'ancien gouvernement qui restent dans un moment où les choses ne sont pas faciles, où il faut avoir de l'expérience, je pense notamment évidemment à Bruno Le Maire, et puis aussi des visages nouveaux, parfois inattendus. Donc c'est un mélange de continuité et d'ouverture à des profils très différents. Moi, je voudrais, si vous le voulez bien, commencer par rendre hommage à Florence Parly, parce que j'étais hier à sa passation de pouvoir avec Sébastien Lecornu. Je l'ai connue quand j'étais au gouvernement. J'ai continué à beaucoup travailler avec elle sur la défense européenne depuis bientôt trois ans.

Ça a été une ministre exceptionnelle par le travail accompli et aussi par la discrétion. Et au moment où elle part, je veux lui donner, lui tirer un coup de chapeau.

1:26
Présentateur

Sébastien Lecornu, c'est une promotion puisqu'il lui succède, est une sacrée promotion. Il a suffisamment d'expérience pour incarner le ministre des Armées ?

1:34
Nathalie Loiseau

D'abord, il a l'expérience du gouvernement, puisqu'il y est depuis 2017. Il est très motivé, on le sait. On sait que c'était le ministère, j'allais dire, de ses rêves. Je l'ai vu hier emprunt de gravité, parce que je crois qu'il mesure ce que c'est que d'être ministre des Armées dans la situation d'aujourd'hui avec la guerre en Europe, avec des opérations militaires dans un certain nombre de pays, et puis avec des hommes et des femmes au service de notre pays et de la protection de nos compatriotes qui servent au péril de leur vie.

2:10
Présentateur

Alors la grande surprise de ce gouvernement, c'est Papandiaï, ministre de l'Éducation nationale, historien, directeur du Musée de l'Histoire de l'Immigration. On va l'écouter, puis on en parle juste après.

2:18
Nathalie Loiseau

Je suis peut-être un symbole, celui de la méritocratie, mais aussi, peut-être aussi, celui de la diversité. Je n'en tire nulle fierté, mais plutôt le sens du devoir et des responsabilités qui sont désormais les miennes.

2:41
Présentateur

Voilà, sa nomination a suscité un tollé à droite et à l'extrême droite, indigéniste assumé pour Marine Le Pen. Il va déconstruire la France, dixit Éric Zemmour. Ça vous choque, ça vous indigne, ça vous surprend, toutes ces attaques ?

2:55
Nathalie Loiseau

Alors d'abord, c'est à l'extrême droite et à l'extrême droite. Quand vous parlez Éric Zemmour et Marine Le Pen, est-ce que vous vous attendiez que ces deux personnalités disent du bien du gouvernement ? Il y a Julia Aubert, par exemple, des Républicains aussi, qui a été très critique. Oui, c'est à lui de choisir où est-ce qu'il siège, mais est-ce que vous attendiez que ces oppositions-là disent du bien du gouvernement, quel qu'il soit ? On parle dans l'occurrence de ce ministre-là, de cette nomination. Est-ce que ces personnalités se grandissent en faisant un procès d'intention à un ministre en raison de sa couleur de peau ? Ça n'est pas une surprise, c'est détestable.

C'est absolument détestable.

3:33
Présentateur

Vous considérez qu'il est attaqué parce qu'il est noir ?

3:35
Nathalie Loiseau

Écoutez, je les entends parler d'indigènes de la République. Je n'ai jamais entendu Pam Diaï utiliser cette expression, et certainement pas pour s'en réclamer. Moi, ce que je vois, c'est que ce gouvernement, c'est d'abord le symbole que la méritocratie en France, ça existe. Regardez Elisabeth Borne, pupille de la nation, fille d'un déporté. Regardez Pam Diaï, d'un père sénégalais et d'une mère française. Et puis c'est aussi, ce gouvernement, le symbole qu'être français, c'est d'abord une volonté. Regardez Chrysoula Zakropoulou, grecque, petite fille de Sparte, aujourd'hui au gouvernement français. Regardez Rima Abdulmalak.

4:18
Présentateur

Alors des symboles, il y en a plusieurs, mais l'action, c'est ça qui va compter ?

4:21
Nathalie Loiseau

Mais bien sûr que c'est l'action qui va compter. Mais moi, je suis fière de voir un gouvernement qui représente une France et des Français de cœur.

4:29
Présentateur

Nathalie Loiseau, sur la ligne politique qu'incarne Pam Diaï, c'est l'antimodèle de Jean-Michel Blanquer, non ? Jean-Michel Blanquer qui dénonçait l'islamo-gauchisme, la council culture, le wokisme dans la société française.

4:44
Nathalie Loiseau

Ils sont diamétralement opposés, non ? Je ne crois pas qu'on peut résumer Jean-Michel Blanquer et surtout son action de ministre de l'éducation nationale.

4:51
Présentateur

Il a créé un think-tank contre le wokisme.

4:52
Nathalie Loiseau

Il a travaillé sur l'égalité des chances. Pam Diaï veut travailler sur l'égalité des chances. Il a travaillé sur la méritocratie. C'est évidemment le signal que donne Pam Diaï. Maintenant, c'est évidemment l'action qui va compter. Le ministère de l'éducation nationale, c'est un ministère central pour nos enfants, pour les enseignants. C'est un ministère qui a besoin qu'on s'en occupe de près. Il y a des enjeux sur le niveau de nos enfants, par exemple, en mathématiques.

Moi qui travaille beaucoup sur l'Ukraine et avec les réfugiés ukrainiens, on a tous pris une petite claque en voyant ces jeunes ukrainiens qui ne parlent pas français et qui souvent en mathématiques sont meilleurs que les élèves français.

5:31
Présentateur

Il y a un enjeu aussi sur la réforme du baccalauréat, Nathalie Loiseau, et la réforme du lycée. Les enseignants, les syndicats d'enseignants en collège et lycée attendent, pour certains, et pour le premier syndicat d'entre eux en tout cas, que le ministre revienne sur la réforme qui a été mise en place par Jean-Michel Blanquer.

5:48
Nathalie Loiseau

Alors, c'est une réforme qui a été mise en place au moment du Covid. C'est difficile de mettre en place une réforme de cette ampleur à un moment aussi compliqué que celui qui a connu l'école avec le Covid. Il faut la remettre à ça. C'est une réforme sur laquelle il y aura peut-être des ajustements. Il y a déjà eu des signaux qui ont été donnés, notamment sur l'importance des mathématiques dans le trou commun au lycée. Moi, j'ai un enfant lycéen, je pense que c'est important que tous les lycéens aujourd'hui fassent des mathématiques à bon niveau, parce que c'est indispensable.

6:16
Présentateur

La représentante du SNES-FSU veut le retrait de cette réforme, tout simplement.

6:20
Nathalie Loiseau

Écoutez, on sait très bien que quand un nouveau gouvernement arrive, que quand des nouveaux ministres arrivent, les organisations syndicales, et c'est le jeu, poussent des revendications. Maintenant, ce qui est important, c'est le dialogue, c'est l'écoute, et c'est la capacité de construire ensemble plutôt que de s'opposer.

6:37
Présentateur

D'un mot sur Papendail, toujours, sa nomination, c'est pas un coup tactique aussi avant les législatives ? Est-ce que c'est pas un signal envoyé aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon ?

6:46
Nathalie Loiseau

Écoutez, ce que j'ai entendu, c'est la réaction de Jean-Luc Mélenchon. J'ai trouvé qu'elle manquait d'élégance. Quand on parle de renégat, ce sont les extrêmes. Malheureusement, aujourd'hui, les oppositions sont incarnées par des extrêmes qui ne savent pas faire autre chose que de l'investi... que d'une manière de montrer du doigt, que de tout de suite... De l'invective. De l'invective, merci. C'est le matin, pardon. On ne va pas résumer le débat politique à ces outrances-là.

7:18
Présentateur

Bien. Nathalie Loiseau, invitée du 830 France Info ce matin. On va reprendre cette interview après le Fil Info avec Diane Ferschit. Il est 9h moins 20.

7:26
Invité

Un projet de loi sur le pouvoir d'achat à l'été, c'est ce que promet la Première ministre Elisabeth Borne. On a bien entendu le message des inquiétudes des Français, assure-t-elle Elisabeth Borne qui est en déplacement dans le Calvado ce week-end dans la sixième circonscription où elle est candidate pour les législatives. Et sous la direction d'Elisabeth Borne, le nouveau gouvernement compte 28 membres au total avec une parité parfaite entre hommes et femmes. La nomination la plus marquante est celle de Papendiaï au ministère de l'Éducation nationale. L'historien spécialiste des minorités et des discriminations raciales dirigeait jusqu'à présent le musée de l'histoire de l'immigration.

Un mort, 40 blessés dont 10 graves dans l'ouest de l'Allemagne. Après le passage d'une tornade, le phénomène a causé d'immenses dégâts. Selon la police, des toits et des arbres arrachés, des vitres brisés, des pans de bâtiments entiers ont été emportés. Pour Moscou, l'usine Azovstal à Mariupol est entièrement libérée. Les Russes assurent qu'un dernier groupe de plus de 500 combattants ukrainiens s'est finalement rendu après avoir reçu l'ordre de Kiev de déposer les armes. Trois mois que les membres du commando Azov étaient retranchés dans le site industriel. La JO Serre se rapproche de la montée en Ligue 1 de football. Les Océrois vainqueurs de Sochaux en match de barrage de Ligue 2.

Pour son match de barrage d'accession à la Ligue 1, Auxerre affrontera soit Saint-Etienne, soit le FC Metz. Tous les matchs de Ligue 1 se tiennent ce samedi à partir de 21h.

8:45
Présentateur

C'est Nathalie Loiseau qui est l'invité du 8.30 France Info ce matin. On est toujours avec Myriam Ancawa. Évidemment, on a parlé éducation. Autre sujet extrêmement important, c'est l'écologie. Promesse fondamentale du président de la République. Deux ministres aujourd'hui, Agnès Pannier-Runacher, Amélie de Montchalin. Il n'était pas évident qu'elles soient écolo avant cela ?

9:11
Nathalie Loiseau

Moi, ce que j'espère, c'est que tout le gouvernement a bien en tête l'urgence écologique. Parce qu'on ne peut plus regarder ailleurs, comme l'avait dit Jacques Chirac, regarder aujourd'hui les températures dans le monde.

9:26
Présentateur

Vous l'espérez, donc ce n'est pas évident, ce n'est pas acquis.

9:29
Nathalie Loiseau

C'est tout le gouvernement qui doit s'emparer de l'écologie. Il faut faire plus, plus vite. C'est ce que Elisabeth Borne a dit tout de suite.

9:36
Présentateur

Vous avez vu la réaction des ONG, des écologistes. Elles ne sont pas passées par un mouvement écolo. C'est vrai. Elles manquent d'expérience en la matière. L'une était à la fonction publique, l'autre était à l'industrie.

9:50
Nathalie Loiseau

Et si on parlait du parti qui, lui, revendique d'incarner l'écologie ? Europe, écologie, les verts. Le très très mal nommé, puisque sur l'Europe, il a rejoint Jean-Luc Mélenchon dans sa détestation de l'Union Européenne. Sur l'écologie, on a des maires écologistes aujourd'hui en France. On a Éric Piolle à Grenoble. J'aimerais qu'il s'occupe de la qualité de l'air dans sa ville et dans sa région. J'aimerais qu'il s'occupe du changement climatique. Il s'occupe des burkinis dans les piscines. Alors s'il vous plaît, allez dire l'écologie, ça n'appartient qu'aux écologistes.

10:22
Présentateur

La qualité de l'air est un sujet qui le préoccupe quand même.

10:24
Nathalie Loiseau

Oui, il se trouve que Grenoble aujourd'hui est une ville qui va mal. Et que la seule réponse qu'il trouve, c'est quelque chose complètement à côté. Donc laissez tout le gouvernement s'occuper d'écologie. Et je suis convaincue qu'aujourd'hui, c'est ce que les Français attendent.

10:38
Présentateur

Ce que disent les écologistes, les fédérations, les associations, c'est que ce sont les moyens qui comptent. Quels moyens auront-ils ? Ce n'est pas tellement sur les personnes que ça se joue, mais sur la compétence bien sûr et sur les moyens.

10:50
Nathalie Loiseau

Alors ça passe notamment par l'Europe. Et de ce point de vue-là, depuis plusieurs années, l'Europe avance vite, fort, sur ce qu'on a appelé le Green Deal qui est en train de se mettre en place. La taxe carbone aux frontières de l'Europe, c'est un changement fondamental et on y arrive. La transition énergétique, son financement par la relance, c'est quelque chose que nous avons porté. Emmanuel Macron en France, nous au niveau de l'Union européenne. Le plan de relance comporte un pourcentage très important pour aider à la fois les énergies renouvelables, à la fois l'efficacité énergétique. Et je dirais qu'il faut appuyer sur tous ces leviers à fond maintenant.

11:30
Présentateur

Alors l'autre surprise, vous qui êtes diplomate de profession, c'est la nomination de Catherine Colonna au Quai d'Orsay, grande figure de la Chirakie. C'est la deuxième fois seulement sous la Ve République qu'une femme est aux affaires étrangères. Enfin, bonne nouvelle ?

11:45
Nathalie Loiseau

Alors très bonne nouvelle parce que c'est une grande professionnelle. C'est quelqu'un qui a été en politique, elle a été ministre des Affaires européennes du gouvernement Villepin. Et d'ailleurs l'Europe est très saluée, je dirais, très servie dans ce gouvernement. Sans surprise, une grande européenne ministre des Affaires étrangères.

12:02
Présentateur

C'est un ancien monde quand même.

12:04
Nathalie Loiseau

Écoutez, elle était jusqu'à hier soir, porte-parole de Jacques Chirak. Elle était ambassadrice à Londres, ambassadrice dans un pays à la fois très important pour nous, mais avec lequel, il ne faut pas se mentir, les relations sont compliquées depuis le Brexit. C'est quelqu'un d'extrêmement moderne, d'extrêmement professionnel. Voilà. Et puis, laissez-moi vous dire que je trouve ça réconfortant qu'on honore une diplomate à un moment où le corps diplomatique s'est senti parfois maltraité.

12:38
Présentateur

Justement, c'est la crise qu'elle va devoir gérer, à peine nommée. Les diplomates sont vent debout contre la suppression du corps diplomatique. C'est rarissime, ils vont faire grève le 2 juin prochain. Vous êtes vous-même de ce même corps diplomatique. Est-ce que vous comprenez l'inquiétude ?

12:55
Nathalie Loiseau

Je comprends l'inquiétude et je ne suis pas sûre de comprendre la réforme. Je vous le dis très clairement. Ce métier de diplomate, il est en ce moment incarné par des figures qui imposent le respect. Je pense à Étienne de Ponce, notre ambassadeur, qui en ce moment est à Kiev, en Ukraine, qui n'a jamais quitté l'Ukraine. Il est parti quelques semaines à l'ouest de l'Ukraine. Il n'a jamais quitté ce pays, à la différence de beaucoup d'ambassadeurs d'autres pays.

13:22
Présentateur

Avec cette réforme, il aurait pu ne pas être ambassadeur.

13:25
Nathalie Loiseau

Je pense à quelqu'un comme David Martinon, qui a été à Kaboul jusqu'à la dernière minute.

13:30
Présentateur

Donc vous dites quoi ? Vous dites qu'il faut revenir sur cette réforme ?

13:32
Nathalie Loiseau

Non, je dis simplement que dans ce métier, il y a des gens exceptionnels qui servent notre pays et nos compatriotes de manière exceptionnelle, que c'est un métier qui s'apprend sur le terrain.

13:43
Présentateur

Alors que faire avec cette réforme ? Puisque vous dites que vous ne la comprenez pas très bien.

13:46
Nathalie Loiseau

Alors, si c'est pour accueillir des profils divers sur des compétences qui manquent aujourd'hui, je suis absolument pour. Quand on travaille sur une pandémie, on a besoin de médecins. D'ailleurs, on a aujourd'hui Crisoula Zakharopoulou, médecin, qui est secrétaire d'État au développement. Mais ça, en réalité, on avait déjà commencé à le faire. Il faut continuer à le faire. Mais de là à nier l'existence d'un métier, d'une technicité dont nous avons besoin plus que jamais, parce que le monde est plus complexe que jamais.

14:18
Présentateur

Donc cette réforme de la haute fonction publique, pour vous, il faut un peu la revoir. Elle a peut-être aussi été faite à la hache en réponse aux Gilets jaunes. Il faut se souvenir du contexte.

14:29
Nathalie Loiseau

Non, je crois qu'il y a tout un tas de choses. C'était à ce moment-là qu'elle a été annoncée. Là, on parle du corps diplomatique. Pour en finir avec l'entre-soi des élites. Ce n'est pas le corporatisme. Je pense qu'on n'est pas supérieur parce qu'on est ministre pénible potentiel ou conseiller des affaires étrangères. Mais je pense que ce sont des métiers qui s'apprennent et qu'on n'est pas interchangeable. Un diplomate ne ferait pas un bon sous-directeur au ministère de l'Agriculture. Ça n'est pas vrai. Et inversement, on a besoin de s'adjoindre des compétences. Un préfet ne peut pas être ambassadeur à Moscou. Vous savez, tout n'est pas un ambassadeur.

Un consul, c'est quelqu'un dont le rôle est essentiel. Je vais demain me rendre à Bagdad. Très bel exemple. Nous avons un ambassadeur qui est un ancien médecin sans frontières, qui est quelqu'un d'exceptionnel. Ça fait un moment qu'il est au ministère des Affaires étrangères et qu'il a servi avec beaucoup de courage. Nous avons un consul à Erbil. N'importe qui ne peut pas être consul au Kurdistan aujourd'hui.

15:23
Présentateur

Alors, autre poste très important à l'international, Bercy. Bruno Le Maire reste à la tête d'un super ministère de l'économie et des finances. Il va continuer à représenter la France au G7 et au niveau européen. Et il devient le numéro 2 du gouvernement. C'est lui l'homme fort de ce gouvernement ?

15:40
Nathalie Loiseau

Il y a des enjeux aujourd'hui en matière économique. On est très clairement dans un contexte international extrêmement tendu. On voit la flambée du prix d'un certain nombre de matières premières, dues notamment à la guerre d'Ukraine, dues aussi aux changements climatiques et à la sécheresse. On voit le prix de l'énergie. Il y a des très gros enjeux. Il vaut évidemment mieux avoir quelqu'un qui est opérationnel dès le premier jour. C'est bien sûr le cas de Bruno Le Maire.

16:09
Présentateur

Vous qui êtes proche d'Edouard Philippe, vous trouvez qu'ils sont assez bien servis, les philippistes comme on les appelle, Christophe Béchut seulement ?

16:16
Nathalie Loiseau

Alors d'abord, je salue l'arrivée de Christophe Béchut parce qu'on le sait, Emmanuel Macron l'a dit, ce nouveau quinquennat doit se faire dans le dialogue avec les collectivités locales. Quoi de mieux qu'un grand maire, Christophe Béchut, maire d'Angers, pour dialoguer avec les collectivités locales ? Je suis très heureuse qu'ils rejoignent le gouvernement. Pour le reste, sur les équilibres politiques, c'est un choix qui se fait entre le président et sa première ministre. C'est eux qu'il faut interroger.

16:44
Présentateur

En matière d'exemplarité, Nathalie Loiseau, est-ce qu'il n'y a pas un problème ? Éric Dupond-Rétier est prolongé à la justice. Il est même promu dans l'ordre protocolaire et pourtant il est mis en examen par la Cour de justice de la République.

16:57
Nathalie Loiseau

Je suis extrêmement attachée à deux principes. Celui de l'exemplarité que vous avez cité et le fait que nul n'est au-dessus des lois. Ayant posé ces deux principes qui, pour moi, sont des clés, Éric Dupond-Moretti est mis en examen. La présomption d'innocence, ça n'est pas rien dans notre droit. Ça ne veut pas dire qu'il est coupable.

17:22
Présentateur

Oui, mais où est la cohérence quand d'autres, comme Thierry Solaire, plusieurs fois mis en examen dans différentes affaires, a préféré, alors qu'il avait été investi, finalement se retirer. Idem pour Jérôme Perra qui a été condamné pour violences conjugales.

17:36
Nathalie Loiseau

Où est la cohérence ? Condamné, ça n'est pas exactement la même chose que mis en examen. Je parle de Jérôme Perra.

17:41
Présentateur

Mis en examen, c'est le cas de Thierry Solaire.

17:43
Nathalie Loiseau

Thierry Solaire a pris une décision personnelle. Il connaît certainement les raisons qui ont motivé sa décision. « Je la respecte. Voyons les choses telles qu'elles sont. » Combien est-ce qu'il y a eu de ministres de la Justice en France depuis 20 ans ? Il y en a eu 10. C'est beaucoup. C'est peut-être même trop.

18:05
Présentateur

Combien ont été mis en examen ?

18:07
Nathalie Loiseau

C'est peut-être un secteur qui a besoin d'un peu de continuité, parce qu'il y a énormément à faire dans le secteur de la Justice. Nous le savons tous. La Justice, elle est d'abord trop lente. C'est difficile pour les justiciables.

18:21
Présentateur

Mais dans le cas d'une mise en examen, un ministre de la Justice sur qui pèse le soupçon, c'est de ça qu'il s'agit ? Ça n'est qu'un soupçon.

18:27
Nathalie Loiseau

Ça n'est qu'un soupçon. Mais en soi, ça ne pose pas de souci. Vous pensez que vous qui êtes attaché à l'Europe,

18:32
Présentateur

cet exemple pourrait exister chez nos voisins européens ?

18:34
Nathalie Loiseau

Je vais vous dire une chose. Je déteste la République du soupçon. Je trouve ça détestable. Et surtout quand le soupçon risquerait d'être mu, soit par des règlements de compte, soit par des préoccupations politiques. Nous verrons, c'est la justice qui se prononcera. Et on verra à ce moment-là. Je ne suis pas la justice. Je ne suis pas là pour rendre une justice médiatique.

18:57
Présentateur

Et en cas de condamnation, il faut partir.

18:59
Nathalie Loiseau

En cas de condamnation, c'est tout à fait différent.

19:02
Présentateur

C'est tout à fait différent. Je vous l'ai dit, je suis pour l'exemplarité. Très bien. Nathalie Loiseau, invitée du 830 France Info, on se retrouve après le rappel des titres. Le fil d'info avec Diane Ferschit.

19:12
Invité

Les passations de pouvoir se poursuivent ce samedi après la nomination du nouveau gouvernement. Passation de pouvoir à la santé ce matin. Brigitte Bourguignon prend officiellement la suite d'Olivier Véran. Sur France Info, le collectif Interhôpitaux réclame un plan d'urgence pour la santé. Il demande notamment à la nouvelle ministre de faire le constat d'une situation catastrophique à l'hôpital public, ce qui changera selon lui du déni d'Olivier Véran. L'absence de procédure disciplinaire pointée du doigt par l'enquête administrative menée à la faculté de médecine de Tours.

Un ancien étudiant de l'établissement est visé par cinq plaintes pour viol des faits qui auraient été commis entre 2013 et 2020. Il est mis en examen. Le rapport démontre néanmoins qu'il n'y a eu aucune volonté d'étouffer l'affaire. La variole du singe s'étend en Europe. Au moins huit pays européens sont touchés, indique l'Organisation mondiale de la santé. Un cas notamment confirmé en France et en Espagne. La région de Madrid a elle seule relève 21 cas confirmés, 19 cas suspects. Plus de gaz russe pour la Finlande ce matin. Les livraisons de gaz naturel sont coupées. Conséquence du refus d'Helsinki de régler son approvisionnement en rouble à Moscou.

La saison de Ligue 1 de football s'achève ce soir avec du suspense toujours, notamment en haut de tableau. Confrontation à distance entre Monaco, Marseille et Rennes pour décrocher la deuxième place du championnat. Une deuxième place synonyme de qualification directe pour la Ligue des champions coup d'envoi à 21h.

20:34
Présentateur

France Info. La députée européenne renaissance Nathalie Loiseau est avec nous ce matin, Myriam Ancawa. Un mot sur Jean-Luc Mélenchon pour qui ce gouvernement n'est que provisoire puisqu'il sera Premier ministre à l'issue de ses législatives. Écoutez.

20:50
Invité

En toute hypothèse, cette équipe n'est là que pour un mois. C'est maintenant que la campagne des élections législatives prend toute sa signification. C'est-à-dire celle d'un référendum où l'on répond stop ou encore. Si c'est stop, on vote avec nous. La NUPS, si c'est encore, évidemment, on les laisse faire.

21:12
Présentateur

Il a le vent en poupe, Jean-Luc Mélenchon. Il n'y a qu'à regarder les sondages. « Élisez-moi Premier ministre », il fallait oser. Chapeau l'artiste ?

21:20
Nathalie Loiseau

Non, parce que c'est un peu prendre les Français pour des imbéciles. D'abord, lui, il ne se présente pas aux élections législatives. C'est pas le premier. Élisez-moi, mais... Non, mais lui, il dit « Élisez-moi », mais sans prendre le risque de ne pas être élu lui-même. C'est quand même un drôle de choix. Mais il a raison pour une chose. C'est que maintenant, il faut donner une majorité à ce gouvernement et à Emmanuel Macron pour pouvoir gouverner. Vous avez peur qu'il vous en empêche ? Il faut que ce pays puisse avancer. Non, moi, je suis mobilisée.

21:47
Présentateur

D'avoir une majorité confortable à l'Assemblée ?

21:49
Nathalie Loiseau

Je suis mobilisée pour qu'avec Horizon, nous participions à une majorité qui permette à ce quinquennat d'être un quinquennat utile. Et je ne souhaite pas pour la France le déclassement, le déclin, l'isolement que propose Jean-Luc Mélenchon.

22:05
Présentateur

L'inflation frôle les 5% en France et du jamais vu depuis la fin des années 70. C'est la crise énergétique et c'est évidemment la guerre en Ukraine. Qu'est-ce qui attend les Français ? Jusqu'où, à votre avis, les prix vont augmenter ?

22:20
Nathalie Loiseau

Alors, je n'ai pas de boule de cristal. Vous avez raison de dire que l'inflation est due à un certain nombre de facteurs et que l'invasion russe de l'Ukraine fait partie de ces facteurs.

22:31
Présentateur

Mais est-ce qu'on sait piloter ce genre de situation ? La Banque Centrale Européenne va augmenter ses taux directeurs. Forte inflation, faible croissance. On sait faire ça ? On sait piloter cette situation ?

22:44
Nathalie Loiseau

Et en même temps, baisse du chômage. En même temps, des entreprises qui cherchent à recruter. Donc, il y a des fondamentaux qui sont bons. Il y a une inflation qui vient de l'importation de matières premières qui sont plus chères.

22:59
Présentateur

Le gouverneur de la Banque de France a dit attention, le quoi qu'il en coûte, c'est fini. Avec l'augmentation des taux, la dette va augmenter. Est-ce que vous pensez que le chef de l'État a compris ça ? On s'apprête à faire des milliards d'euros de dépenses pour le pouvoir d'achat. Est-ce qu'on peut se le permettre ?

23:14
Nathalie Loiseau

Je crois qu'il y a deux éléments. Le quoi qu'il en coûte ne peut pas durer éternellement. On en est tous conscients. Il n'est pas question de laisser à nos enfants à la fois une dette écologique et une dette tout court. En tout cas, c'est quelque chose que j'ai profondément en moi. Et Horizon et Doir Philippe, ils pensent et le porteront fortement. Pour autant, pour les plus précaires, on voit bien à quoi ils sont exposés aujourd'hui. Le prix du carburant, le prix de l'alimentation. Il y a un certain nombre de mesures, Elisabeth Borne, a annoncé hier que ce serait probablement le premier projet de loi proposé à la nouvelle Assemblée. Des mesures pour protéger les plus précaires.

Le bouclier tarifaire sur l'énergie. Le chèque alimentaire. Le triplement de la prime Macron. L'indexation des pensions de retraite.

24:02
Présentateur

Vous parlez du prix du carburant. Vous êtes députée européenne. Il y a la question de l'embargo européen sur le pétrole russe. Pour l'instant, ce n'est pas fait. Mais ça pourrait se faire à 27 dans les semaines qui viennent. Est-ce qu'il faut le faire ? Ça va forcément renchérir aussi le prix à la pompe ?

24:17
Nathalie Loiseau

Alors ça ne va pas renchérir forcément le prix à la pompe. Et c'est indispensable. Parce qu'aujourd'hui, chaque jour, nous Européens, nous finançons la guerre de Vladimir Poutine à hauteur de 800 millions d'euros. Nous donnons à Vladimir Poutine 800 millions d'euros pour massacrer, pour dévaster l'Ukraine. Est-ce que c'est ça que nous voulons ? Non. Il faut que ça s'arrête. Le pétrole, c'est un marché mondial. Et tous les dirigeants européens se sont rendus dans des pays producteurs de pétrole. On en a discuté. C'est faisable. Ursula von der Leyen l'a dit de manière très claire.

24:55
Présentateur

Malgré l'opposition de la Hongrie, vous pensez qu'on va y arriver ?

24:58
Nathalie Loiseau

Alors cette opposition de la Hongrie, objectivement, elle est scandaleuse. Elle est scandaleuse parce qu'il y a des propositions qui ont été faites à la Hongrie. La Hongrie nous a dit, nous sommes enclavés. Très bien, on l'écoute. D'autres pays sont enclavés qui, eux, nous ont dit, on y va. La Hongrie nous dit, oui, mais vous me cherchez des difficultés sur l'état de droit. Ce n'est pas qu'on cherche des difficultés à la Hongrie sur l'état de droit. C'est que la Hongrie dérive. Et puis la Hongrie, en tout cas M. Orban, est très proche de Vladimir Poutine. Il ne peut pas prendre d'otage l'Union Européenne.

25:28
Présentateur

Merci beaucoup Nathalie Loiseau, députée européenne. Renaissance, invité du 8.30 France Info ce matin. On vous réécoute sur le site internet de France Info.