L'interview : Gabriel Attal - 12/07
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Vous écoutez RMC, RMC, l'interview à Pauline de Valherbe.
8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Gabriel Attal. Bonjour Apolline de Valherbe. Merci de répondre à mes questions. Ce matin, vous n'êtes plus porte-parole du gouvernement. Vous êtes désormais ministre délégué en charge des comptes publics. En gros, c'est le ministre du budget pour que les gens comprennent bien ce que vous avez dans votre portefeuille. On va parler évidemment de pouvoir d'achat, on va parler des aides qui vont être apportées aux Français, notamment les aides sur le carburant. Mais tout cela, tout ce qu'on va se dire, ne marchera que si vous réussissez à faire passer des lois. Et donc, je voudrais quand même qu'on dise un mot de la méthode.
Quand on voit qu'hier, il y a quelques députés socialistes qui n'ont pas voté la motion de censure, qui n'ont pas choisi de censurer le gouvernement d'Elisabeth Borne. Est-ce que vous vous êtes dit, tiens, ces six-là, à un moment ou à un autre, on pourra bosser avec eux ?
D'abord, je pense que la motion de censure hier, elle montre davantage la fragilité de la NUPES, la France Insoumise, que celle du gouvernement. Et on voit qu'une écrasante majorité de l'Assemblée n'a pas voulu suivre la France Insoumise derrière cette motion de censure. Et moi, j'ai toujours dit que je trouvais assez curieux de vouloir censurer avant de discuter. On a vu la France Insoumise nous expliquer qu'il faut faire tomber le gouvernement avant même qu'on ait commencé à discuter des textes qui sont très importants pour le quotidien des Français, notamment sur le pouvoir d'achat, on va y venir. Ce qui n'a pas de logique.
Quand on regarde aujourd'hui la situation, quand on voit à quel point les Français attendent de nous qu'on prenne des mesures pour augmenter leur retraite, pour augmenter leur rémunération, pour continuer à bloquer les prix de l'énergie, quand on voit ce qui se passe dans le monde, avec un conflit en Ukraine qui se poursuit, avec un risque que la Russie nous coupe le gaz, évidemment qu'on a besoin d'un gouvernement à l'œuvre et qui agit. Ça ne veut pas dire que les oppositions ont à être d'accord avec 100% de ce que fait le gouvernement. Mais c'est pour ça qu'il y a un débat parlementaire, qu'il y a des textes qui sont discutés.
Et là, hier, la France Insoumise nous disait, en gros, tomber le gouvernement, ce qui priverait la France de pouvoir agir et prendre des décisions. Et donc, évidemment, je salue d'abord le fait que cette motion n'ait pas été adoptée. Et j'ai vu, effectivement, que quelques députés socialistes de la NUPES ont fait le choix de ne pas la voter. Il y a aussi des députés de gauche qui ont été élus hors de la NUPES, qui ne l'ont pas voté. Et puis, encore une fois, une écrasante majorité de l'hémicycle.
Je vous repose ma question. Est-ce que ça veut dire ce que, jusqu'à présent, on en a plusieurs des ministres qui tendaient surtout la main au LR, aux Républicains ? Il y en a un certain nombre. Alors, vous, vous ne venez pas de là. Vous venez plutôt du Parti Socialiste, justement. Mais enfin, des gens comme Gérald Denarmanin qui disaient qu'il va falloir qu'à un moment, les LR soient cohérents avec leur programme. Il y a un certain nombre de points sur lesquels on est d'accord. Votons ensemble. Là, est-ce que les six, on pense notamment à Valérie Rabault, Valérie Rabault qui est une des figures du Parti Socialiste.
Est-ce que vous vous dites, tiens, c'est le moment peut-être de leur tendre la main ? Ils ont fait ce geste ? Ils ne sont peut-être pas si éloignés de nous ?
Déjà, ce que je me dis, c'est qu'ils veulent discuter, qu'ils veulent travailler. C'est évidemment un signe positif. Maintenant, ils sont dans l'opposition, mais ce que montre le fait qu'ils n'ont pas voté la motion de censure, c'est qu'ils veulent travailler, discuter, pour trouver des solutions au service des Français. Évidemment que c'est positif et que je le salue. Évidemment qu'on cherchera à travailler avec l'ensemble des députés et singulièrement ceux qui sont prêts à travailler. Il faut être deux quand même pour arriver à des compromis et pour arriver à avancer.
Et justement, on va voir ce que vous pouvez faire ou ne pas faire. Mais en tout cas, vous avez des projets. On verra bien s'ils aboutissent et s'ils sont votés à l'Assemblée. Mais vous avez des projets, notamment sur le pouvoir d'achat, puisque ça y est, c'est en train d'être discuté. Je voudrais qu'on rentre vraiment dans les détails concrètement. D'abord, sur l'indemnité carburant. Aujourd'hui, le projet de loi, il prévoit que la mesure concerne les contribuables dont le revenu de référence soit inférieur à 14 000 euros par part fiscale. Est-ce que c'est un plafond fixe ? Vous nous dites c'est ça ou rien ? Ou est-ce que ce plafond pourrait être évolué ?
Est-ce que ça veut dire que si on gagne 14 100 euros, on n'aura aucune aide pour le carburant ?
Déjà, l'aide carburant, je rappelle qu'elle a été annoncée pour prendre la place de la remise carburant qu'on a mise en place avec une aide qui, du coup, devient plus ciblée sur ceux qui travaillent et ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts parce qu'ils payent beaucoup d'essence pour aller travailler, qu'ils ne gagnent pas beaucoup en travaillant. On a mis en place une proposition qui va effectivement, c'est très technique, mais jusqu'au cinquième décile. Je dis ça pourquoi ? Parce que le revenu dont on tient compte, il tient compte du nombre d'enfants qu'il y a dans la famille, etc. Je vous donne un exemple.
Pour une personne seule avec deux enfants, c'est un peu au-dessus de 3 000 euros par mois. Donc, c'est déjà un barème qui monte assez haut, entre guillemets, puisque c'est jusqu'au cinquième décile, donc la moitié. Ensuite, on a dit que dans la discussion parlementaire, on était prêt à aller au-dessus. Et typiquement, la discussion avec les parlementaires, de la majorité et de l'opposition, pourra nous conduire à revoir les barèmes pour que ça puisse concerner davantage de Français. Aujourd'hui, dans la proposition qui est faite, c'est 11 millions de Français qui peuvent en bénéficier.
Et je précise que si vous avez deux personnes dans un foyer qui travaillent, qui ont chacune une voiture qu'elles prennent pour aller travailler, ça fait deux aides pour le foyer. Chacun pourra bénéficier d'une aide carburant.
Et ce sera à concilier également avec la question du nombre de kilomètres faits ? C'est-à-dire que là, c'est un critère économique. Est-ce qu'il y aura aussi un critère en nombre de kilométrages ?
Dans la proposition qu'on fait, il y a une majoration de l'aide, effectivement, si vous avez une distance importante entre votre domicile et votre lieu de travail. Pour les plus bas revenus, la majoration est de 100 euros. Pour les revenus au-dessus, elle est de 50 euros. Ce qui fait que si vous êtes un ménage très modeste, vous pouvez avoir jusqu'à 300 euros d'aide si vous travaillez loin de chez vous.
Quand vous regardez ce que Vinci Autoroute a répondu aux demandes d'aide, qui là, pour le coup, ne seraient pas des aides directement au foyer, mais des aides pour ceux qui roulent, tout simplement sur l'autoroute, et de faire un geste au péage, ils annoncent un geste. Alors, en effet, ce serait 10% de réduction au péage, mais il y a quand même une astérique. C'est quand on regarde la petite ligne en bas, c'est si les dépenses sont faites avec des chèques vacances et si la voiture possède un badge de télé-péage, lequel badge coûte quand même 24 euros par an. C'est quoi ? Ce n'est pas à la hauteur ?
Deux choses. Vous vous en contentez ? Deux choses. Un, je crois qu'il y a des discussions qui se poursuivent avec les sociétés d'autoroutes. Et deux, on a été très clair pour un certain nombre de grandes entreprises. On leur demande, quand elles le peuvent, de faire un effort pour faire baisser la facture des Français. Ça vaut pour les autoroutes, ça vaut pour l'essence, ça vaut pour le transport maritime pour faire baisser les prix dans la grande distribution. On constatera, à la fin de l'année, si elles ont fait des efforts ou pas. S'ils ont été suffisants ou pas.
Et s'ils n'ont pas été suffisants et si on considère qu'elles n'ont pas fait d'efforts, à ce moment-là, on pourra prendre des décisions pour prendre de l'argent.
Mais là, ces conditions quand même, 10% de réduction au péage, à condition que vous payez un chèque vacances et à condition que vous ayez un badge de télé-péage, vous ne trouvez pas quand même que ça fait beaucoup de conditions ?
Ça fait un certain nombre de conditions. Et ce que je vous dis, c'est que je crois que les discussions se poursuivent, il me semble, et on souhaite évidemment que l'ensemble des entreprises aillent le plus loin possible. Et vous avez dit que sinon, si vous vous rendez compte qu'ils ne l'ont pas fait, vous ferez quoi ? C'est ce qu'a dit Bruno Le Maire, notamment sur ce débat qui revient régulièrement depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois sur la taxation des grandes entreprises qui font des profits.
Il a dit qu'on constaterait à la fin de l'année si des efforts ont été faits par les entreprises et que le cas échéant, si on considère qu'ils n'ont pas été au rendez-vous, on actionnera ce levier. Pourquoi est-ce qu'on préfère passer aujourd'hui par une demande ferme aux entreprises de faire des efforts ? Parce que 1, ça va plus vite. Parce que la réalité, c'est que si vous faites voter une taxe, elle s'applique au bout d'un certain temps. 2, c'est très concret et direct pour les Français. Nous, ce qu'on leur demande, c'est de mettre de l'argent dans la poche des Français et pas dans la poche de l'État pour qu'ils la mettent ensuite dans la poche des Français.
Donc, par exemple, on a mis une pression assez forte sur Total qui a annoncé une remise carburant à la pompe d'une dizaine de centimes supplémentaires en plus des 18 centimes qu'on a mis en place. Ça, c'est très concret. Les Français, ils le voient quand ils vont faire... 12, et c'est sur les stations d'autoroutes. D'autoroutes. Mais ils le voient quand ils vont faire leur plein alors qu'une taxe prélevée sur une entreprise, ils ne le voient pas concrètement dans leur quotidien. CMA, CGM, par exemple, pour le transport maritime, vous savez que le prix des conteneurs sur le fret maritime... Le prix des transports, globalement, fait partie de ce qui a entraîné l'inflation. ...a explosé.
Et donc, si vous avez, par exemple, des prix qui augmentent dans l'alimentation ou dans le secteur du BTP, c'est notamment parce que le prix des transports, et notamment maritime, a augmenté. On a demandé à CMA, à CGM de faire un effort. Ils ont baissé de 500 euros le prix du conteneur. Des gigas conteneurs, 500 euros.
Enfin, là encore, pardon, c'est un geste.
Ce que je vous dis, à Pauline de Malherme, c'est qu'il y a des gestes qui ont commencé à être faits. On jugera à la fin de l'année si ces gestes ont été suffisants ou pas et on agira le cas échéant. Donc, la taxe est plus une menace de taxe
qu'une réalisation de taxe. Soit vous faites une ristourne pour vos clients directement, soit on vous taxe à partir de janvier. On prévient.
Voilà, on prévient les entreprises. Et encore une fois, on préfère passer par cette voie-là qui nous semble plus efficace, plus directe et plus concrète pour les Français. On est aussi prudent parce que la réalité, c'est que quand vous faites une taxe sur une entreprise, c'est aussi un moyen pour l'entreprise d'expliquer soit qu'elle ne va pas faire d'efforts, voire même qu'elle va augmenter ses tarifs. Moi, je ne veux pas qu'on ait des entreprises qui disent ensuite aux Français « Désolé, on ne fait pas d'efforts pour faire baisser votre facture parce que comme on a une taxe, voire même on va augmenter votre facture. » Mais comment vous jugerez si les efforts sont suffisants ?
Alors, c'est les services de Bercy qui vont nous permettre de regarder secteur par secteur les marges qui ont été faites, les efforts qui ont été faits et de juger s'ils ont été suffisants.
Et là encore, j'en reviens à la question initiale qui reste pour vous le socle absolu de toute action qui est « Est-ce que vous obtiendrez ou non des compromis, voire même des associations avec d'autres groupes ? » On voit que le RN, par exemple, est favorable à une taxation des sur-profits. Les sur-profits, on pense notamment à Total. Eux, ils disent « Pour tout ce qui est sur-profit, l'entreprise peut garder un tiers et l'État pourrait prendre deux tiers. » L'Europe est d'accord. Thierry Breton le disait l'autre jour. Ils ont levé tout frein à cette possibilité-là. Est-ce que ça fait partie du genre de taxes que vous pourriez accepter ?
On regardera, évidemment, et ça fait partie des pistes qui sont dans le débat public avant même que le RN en ait parlé. Maintenant, il faut regarder très concrètement ce qu'il y a sur la table. Vous prenez l'exemple de Total. L'essentiel, la grande majorité de leurs profits ne les font pas en France, ils les font à l'étranger. Donc la part qui est « taxable » n'est pas la part principale de leurs profits. Donc il faut regarder les choses très concrètement. Il faut regarder l'utilité d'une taxe, ce que ça rapporterait. Et encore une fois, en quoi est-ce que ça améliorerait le quotidien des Français directement plus que des efforts faits par les entreprises ?
Dans le paquet pouvoir d'achat, il y a aussi la question des heures supplémentaires. Les heures supplémentaires
qui pourraient être davantage défiscalisées ?
C'est là aussi une proposition qui a avancé par un certain nombre de députés de l'opposition et d'ailleurs de la majorité, il faut le dire. Et on a dit qu'on était prêts là aussi à regarder. On a beaucoup fait dans le quinquennat qui vient de s'écouler pour défiscaliser les heures supplémentaires. Vous vous souvenez, Nicolas Sarkozy avait pris une mesure, François Hollande était revenu dessus et on a pris des mesures. C'était après notamment le mouvement des Gilets jaunes pour redéfiscaliser à nouveau les heures supplémentaires. Il reste une part, puisque vous avez un plafond annuel d'heures qui peuvent être défiscalisées et qui ne sont pas prises en compte dans l'impôt sur le revenu.
Il y a un certain nombre de propositions qui sont faites pour rehausser ce plafond. Ça veut dire quoi concrètement ? Ça veut dire combien d'heures par semaine pourraient être supplémentaires défiscalisées ? C'est typiquement le débat qu'il va y avoir au Parlement. Je ne vais pas venir ici avant même que le débat ait commencé. Vous expliquez le point d'atterrissage. On va avoir une discussion avec les parlementaires.
Aujourd'hui, on peut aller jusqu'à 5 000 euros par an d'heures supplémentaires défiscalisées. Est-ce qu'on pourrait aller jusqu'à 6 000, 7 000 ?
Typiquement, une des pistes qui est proposée par des parlementaires, c'est de relever ce plafond pour aller à davantage d'heures qui sont défiscalisées. Ça fait partie de ce qu'on va discuter. Je ne peux pas dire avant ici le point d'atterrissage parce que c'est la discussion parlementaire. Ce que je dis, c'est que c'est cohérent avec notre volonté de faire en sorte que le travail paye mieux.
Mais là, vous allez vous retrouver un peu tiraillé entre la nécessité d'aller chercher des alliances, y compris du côté du RN qui a déjà dit qu'il pourrait voter ce genre de mesures, et puis de l'autre côté, les syndicats qui, eux, ont dit qu'ils seraient contre.
En tout cas, nous, ce qu'on cherche, c'est des mesures qui soient efficaces pour le pouvoir d'achat des Français. Et typiquement, une mesure comme celle-là, je ne vous dis pas qu'on va aboutir sur cette mesure parce que ce n'est pas dans notre projet de loi initial et qu'il va y avoir une discussion au Parlement, mais c'est cohérent avec notre volonté de faire que les Français qui travaillent puissent gagner plus. Voilà la ligne qu'on a sur le pouvoir d'achat et dans le texte qui est présenté. C'est qu'on veut que les Français dépensent moins et gagnent plus. Dépensent moins, ça veut dire qu'on va poursuivre le bouclier tarifaire pour continuer à bloquer le prix de l'électricité.
Il a augmenté de 4% cette année. Il aurait dû augmenter de 45%. Continuer à bloquer le prix du gaz. Poursuivre la ristourne carburant et la remplacer ensuite par une aide, on l'a dit tout à l'heure, sur le carburant et gagner plus. Ça veut dire des mesures pour ceux qui travaillent, avec la prime Macron dont les plafonds vont être revus, avec le point d'indice de la fonction publique qui augmente de 3,5%, avec les pensions de nos retraités qui vont augmenter de 4% dès cet été. Voilà, c'est ça la logique.
Et donc, quand il y a des mesures qui sont proposées, qui permettent de faire en sorte que des Français qui travaillent puissent gagner plus, évidemment qu'on les regarde avec attention et bienveillance.
Une question, vous l'avez évoquée sur l'indice des fonctionnaires, mais qui est quand même la question des salaires, la question de l'augmentation des salaires. Est-ce que, Gabriel Attal, vous pourriez conditionner les exonérations de cotisations patronales à l'engagement des patrons, un, d'augmenter nettement leurs salariés, et deux, à s'engager à le refaire régulièrement ? C'est-à-dire pas une fois par an ou tous les 2-3 ans, mais régulièrement, parce que l'inflation, elle court beaucoup plus vite que le temps de la négociation salariale.
D'abord, la première condition et la première conséquence des baisses de cotisations patronales qui sont intervenues ces dernières années, c'est le fait de recruter. On a un taux de chômage qui est au plus bas depuis 15 ans, un taux de chômage des jeunes qui est au plus bas depuis 40 ans, un taux d'emploi qui est au plus haut depuis qu'il est mesuré. Donc c'est ça l'impact direct des mesures qu'on a prises pour faire améliorer la compétitivité des entreprises, pour faire baisser le coût du travail dans notre pays. Maintenant, évidemment, qu'il y a un enjeu sur les salaires. Évidemment, et Bruno Le Maire a eu l'occasion de le dire à de nombreuses reprises.
On souhaite que les entreprises qui le peuvent augmentent les salaires. Il y a un certain nombre de décisions qui ont été prises. Il y a des accords qui ont été trouvés dans un certain nombre de secteurs. Je pense notamment au secteur hôtellerie, café, restauration. Vous avez eu des hausses de salaires qui ont été décidées au niveau de la branche. Parce que je vais vous dire, les entreprises, elles voient aussi qu'elles ont des difficultés à recruter. Et qu'un des moyens de recruter davantage, d'attirer davantage de personnes pour travailler, c'est d'augmenter les salaires quand elles le peuvent.
Si Vladimir Poutine coupe le robinet du gaz, on est prêt ? On se prépare.
Notamment dans le texte qui va être discuté, il y a des mesures qui vont permettre un certain nombre de choses. Un, qu'on remplisse à 100% nos stocks. C'est ce qu'on va demander aux énergéticiens. Deux, qu'on mette en place des nouveaux dispositifs pour diversifier notre approvisionnement. Par exemple, on va mettre en place un terminal métanier flottant au niveau du Havre pour pouvoir faire venir du gaz naturel liquéfié. Je crois qu'à terme, ça peut être 10% de notre consommation de gaz et on va mettre en place des mesures pour parer à ce scénario qui malheureusement semble devenir de plus en plus...
D'ailleurs, au passage, on se dit qu'au début de la guerre en Ukraine, on avait l'impression que c'était nous qui montrions les muscles en disant qu'on allait arrêter de consommer du pétrole ou du gaz russe. En fait, on a quand même l'impression que le rapport de force s'est complètement inversé et que c'est maintenant Vladimir Poutine qui joue avec nous comme des pantins.
D'abord, s'il est amené à avoir ce genre de réaction et à agiter ce genre de menace, c'est aussi parce qu'il est dans une situation de très forte pression en termes diplomatiques, en termes économiques. S'il n'avait pas de problème, à Pauline de Malherbe, il n'agiterait pas ce type de menace. La réalité, c'est que les mesures qu'on a prises ont permis d'acculer quelque part la Russie en termes diplomatiques, de la toucher en termes économiques et surtout ont permis aussi à l'Ukraine de tenir, de se défendre. On était à la manœuvre et là, on a l'impression qu'on subit. On est là en train d'attendre et de se dire mon Dieu, quand est-ce qu'ils vont nous couper le gaz ?
Ce qu'on est en train de faire au niveau européen et ça ne date pas aujourd'hui, c'est justement de mettre en place toute une stratégie pour pouvoir à terme se passer du gaz russe et du pétrole russe. Alors, ce n'est évidemment pas évident. On a des pays européens qui sont beaucoup plus dépendants que nous. Je crois que nous, c'est 17% de notre énergie qui dépend du gaz russe. Les Allemands, c'est 55%. On voit l'impact pour eux que ça aurait une telle décision et la difficulté aujourd'hui de dire qu'est-ce qu'il y a
derrière le tournant ? C'est-à-dire qu'on a l'impression qu'en gros, jusqu'en décembre, vous voyez à peu près ce que vous allez faire. Jusqu'en décembre, vous prolongez les boucliers, vous faites des boucliers sur les loyers, des boucliers sur le gaz, des boucliers sur les tarifs. Donc, on est grosso modo protégé jusqu'en décembre. Mais on a l'impression qu'après, il y a un tournant et là, on ne sait pas trop ce qui va se passer.
D'abord, il y a un tournant aujourd'hui dans la situation économique. C'est la hausse des taux d'intérêt. Je ne veux pas être trop technique, mais au début de l'année, on empruntait, puisque les mesures qu'on prend pour les financer, on emprunte. On empruntait au début de l'année à un taux de 0,3, 0,4%. En gros, l'argent ne coûtait pas grand-chose. L'argent ne coûtait pas grand-chose. Il y a même des moments où les taux d'intérêt étaient négatifs. Aujourd'hui, cet été, les taux ont sensiblement augmenté. Je vais vous donner un exemple.
Les intérêts de la dette, c'est-à-dire ce qu'on paye du fait de notre dette, qui dépendent évidemment des taux d'intérêt et de l'inflation, vont augmenter de près de 17 milliards d'euros cette année. Ça veut dire que la charge de la dette... Ça veut dire que mécaniquement, mécaniquement, ça nous coûte beaucoup plus cher. Ça nous coûte beaucoup plus cher d'emprunter et la dette qu'on a déjà aujourd'hui nous coûte beaucoup plus cher à supporter. Ça veut dire que mécaniquement, cette année, la charge de la dette va devenir le deuxième poste budgétaire. C'est-à-dire qu'on va dépenser plus pour financer notre dette que pour le ministère des Armées, par exemple.
Même si on augmente beaucoup, c'est pour dire à quel point on n'est plus dans la même situation en termes économiques et financiers. Et ma responsabilité de ministre du Budget, c'est de le dire, c'est de l'expliquer et c'est de prévoir avec Bruno Le Maire des mesures qui permettent de continuer à protéger les Français mais qui permettent aussi d'avoir une trajectoire soutenable de réduction des déficits parce qu'un pays... Mais de nous dire, en fait, en gros, ce qu'on comprend quand même entre les lignes, c'est que ça ne va pas durer. Ce que j'ai dit, c'est qu'on était passé du quoi qu'il en coûte au combien ça coûte.
Ça veut dire qu'on va continuer à dépenser parce qu'on a besoin de protéger les Français, parce que les Français ont besoin d'être protégés mais qu'on doit regarder à chaque fois combien ça coûte dans la vie quotidienne des Français, les hausses de prix et combien ça coûte pour l'État de les accompagner et où est-ce qu'on considère que c'est le plus efficace pour accompagner les Français. Parce qu'un pays qui ne tient pas ses comptes, un pays qui accumule les déficits et la dette sur du très long terme, ce n'est pas un pays libre.
Si demain, la dette devient le premier poste budgétaire qu'elle revient à l'équivalent de plusieurs ministères, c'est moins de marge de manœuvre pour l'État, pour le gouvernement, pour la représentation nationale pour prendre des mesures pour protéger les Français.
Gabriel Attal, il serait content, Emmanuel Macron, si alors qu'il donne une ligne de conduite, il découvre qu'en fait vous envoyez des petits SMS à des grands patrons américains pour faire dans son dos l'inverse de ce qu'il dit.
Attendez, alors là, si vous faites référence à cette histoire d'Uberfile, alors là franchement, moi je trouve ça, comme d'habitude, on a des oppositions qui font une tonne de mousse avec un gramme de savon. De quoi on parle ? On parle d'un ministre de l'économie, Emmanuel Macron, qui je le rappelle disait partout qu'il était favorable à la libération de l'économie, à l'arrivée de nouveaux acteurs pour casser un certain nombre de monopoles, mais aussi pour améliorer le pouvoir d'achat, l'emploi, la croissance et le service rendu aux Français.
Les VTC en faisaient partie, d'ailleurs il n'y avait pas qu'Uber, il a rencontré à de nombreuses reprises aussi les acteurs de l'époque, il y avait le cab, chauffeur privé et il l'a toujours totalement assumé. Donc je ne vois même pas le sujet.
Pour vous, il n'y a absolument aucun sujet alors qu'il faut quand même rappeler qu'à l'époque le président était François Hollande qui était plus que sceptique sur l'ubérisation de l'économie et qui en tout cas a essayé de contrer ce qu'il considérait être une entreprise qui ne respectait pas le fonctionnement de l'économie française et les lois françaises, avoir un ministre de l'économie qui envoie des SMS au patron du beurre qui lui dit je vais m'en occuper personnellement, qui quand il y a un décret qui est pris à Marseille dit je vais regarder ça de mon côté qui fait même écrire clé en main un amendement par Uber et qui le glisse à un député à l'Assemblée nationale.
Ça vous paraît parfaitement normal.
Qu'un ministre de l'économie
échange, je ne vous dis pas que c'est illégal. Je dis simplement que ça montre une pratique et encore une fois je l'illustre avec vous. Si vous, vous faisiez ça alors qu'Emmanuel Macron avait un message qui n'est pas le même lui président, vous ministre, ça ne vous paraît pas problématique.
À ma connaissance, François Hollande n'a pas bloqué l'arrivée ou le développement d'Uber dans notre pays. Il ne s'est jamais exprimé en disant je suis contre François Hollande
dit qu'il n'était même
pas au courant
qu'Emmanuel Macron avait ses pratiques
dans son dos. Il était au courant qu'Uber était arrivé en France parce qu'il s'est arrivé en 2011 donc juste avant son élection et qu'il se développait en France. Il faut se souvenir à l'époque y compris sur vos plateaux on en parlait beaucoup. Il n'a pas dit à l'époque je demande à Uber de quitter la France et je les chasse. On avait un ministre de l'économie ça me semble totalement normal et légitime qu'il travaillait avec des chefs d'entreprise qui échangeaient directement avec eux qui discutaient avec eux.
Ensuite une fois que vous avez ça vous avez un gouvernement qui prend des décisions un premier ministre en l'occurrence sous l'autorité d'un président à l'époque François Hollande puis vous avez des députés la représentation nationale qui prennent qui votent des lois. Il y a d'ailleurs des lois qui avaient été votées sur les VTC.
Je précise quand même que dans le quinquennat qui vient de s'écouler on a pris nous-mêmes des mesures pour renforcer la protection des travailleurs des plateformes renforcer leur protection sociale qu'ils puissent avoir une complémentaire santé par exemple renforcer le dialogue social en instaurant un vrai dialogue social entre les syndicats et les plateformes au niveau de la branche donc on a fait aussi beaucoup ces dernières années pour renforcer l'accompagnement social des travailleurs des plateformes. Gabriel Attal qui n'est donc plus porte-parole
mais qui l'est quand même encore un peu ministre délégué chargé des comptes publics merci d'avoir répondu à mes questions. Il est 8h53 sur AMC BFM TV.
Gabriel Attal