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interviewyoutube.com· 2 mars 2026 13 min

Raphaël Glucksmann est l'invité politique de la matinale de franceinfo

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Raphaël Gusman, merci d'être avec nous ce matin sur France Info TV. On va évidemment évoquer cette guerre en Iran avec les États-Unis et et Israël et Israël pardon un déluge de feu sur Terran depuis 3 jours. Une riposte iranienne avec des dizaines de missiles envoyés sur Israël mais aussi tous les états du golf aux alentours comme le Kit, on l'apprend ce matin, qui aurait été visé par des missiles sur l'ambassade américaine au Kouwait.

Est-ce que Raphael Glan, nous sommes entrés dans une guerre totale et une guerre durable ? On est entré dans un moment de bascule extrêmement dangereux. Euh il y a un réel risque, on le voit là, d'embrasement de toute la région et euh ce moment-là, il ne va pas s'arrêter rapidement.

Et de manière plus générale, depuis des semaines, nous sommes entrés dans un moment plastique de l'histoire où en fait les choses s'accélère et c'est un moment extrêmement dangereux et il faut que l'Europe qui n'est absolument pas préparée à ce type de moment historique et bien prennent au sérieux la situation et affirme sa souveraineté et se développe. J'espère que nous aurons le temps d'y revenir. Est-ce que quand même vous vous réjouissez, pardon, euh que des bombardements américains ont permis d'éliminer le guide suprême euh Ramenaï et que euh finalement le le régime des MOLA puisse peut-être à terme être éliminé ?

Est-ce que ça c'est une bonne chose ? Est-ce que euh vous félicitez de ces bombardements américains qui ont peut-être permis ça ? Vous savez, Hamenei c'est un tyran qui a sur la conscience des centaines de milliers de morts jusque au mois de janvier dernier où il y a eu 30000 morts, plus de 30000 morts dans la répression des manifestations du peuple iranien qui ne réclamait qu'une seule chose, sa liberté.

Et donc moi, je ne verserai pas une larme, pas une larme, sur le sort d'un tyran comme Hameney. Et je comprends la joie des Ianiens. Maintenant, notre devoir, c'est aussi d'alerter sur les risques et nous ne pouvons pas suivre de manière complètement inconditionnelle Donald Trump et Benjamin nous ne pouvons pas leur faire confiance.

Nous ne pouvons pas accepter une intervention qui s'émancipe de tout cadre international. Et donc c'est le cas là, il s'est émancipé de tout cadre international. Aucune consultation des alliés, rien.

C'est une décision de Donald Trump et de Benjamin Netanahu. Mais il n'empêche il n'empêche que la chute du régime iranien serait une excellente nouvelle. d'abord pour les Iraniens, ensuite pour l'ensemble de la région et enfin pour nous-mêmes.

Parce que rappelez-vous que depuis 4 ans, le régime iranien participe à la guerre de Vladimir Poutine contre l'Ukraine et contre l'Europe. Ce sont les drones chaides qui attaquent les infrastructures énergétiques en Europe. Rappelez-vous aussi que le régime iranien est responsable d'actions terroristes sur notre propre sol que il y a encore très récemment et bien ils organisaient un attentat contre la synagogue de Duisburg en Allemagne.

Donc en fait, il y a une menace iranienne qui est réelle. On ne parle pas là d'une guerre qui sort de nulle part. Et cette menace iranienne est bien là puisque on voit bien qu'il y a une ripost iranienne assez violente d'ailleurs.

Trois soldats américains ont été tués. Au moins neuf morts en Israël, des dizaines de blessés dans dans les pays du golf et puis une base militaire aussi française d'Abu Dhabi qui a été visée hier. Est-ce qu'elle vous inquiète aussi cette triposte iranienne ?

On comprend bien que le régime des Mola est toujours en place finalement et il cherche à frapper absolument tous les pays voisins. Et permettez-moi d'avoir d'abord une pensée pour nos soldats qui sont dans la région, nos soldats qui sont l'honneur de notre nation et qui ont été visés. Mais ils visent aussi une base anglaise à Chypre.

Absolument. En en réalité la stratégie du du régime iranien là, c'est la fuite en avance. C'est-à-dire que ils veulent absolument embraser la région pour ne pas chuter seul.

Et ce que nous devons faire nous européens, c'est préparer la suite parce que dans les objectifs de guerre annoncés par Donald Trump ou Benjamin Taniaou, il y a pas de plan pour la suite. Et c'est souvent le risque de ces interventions unilatérales, c'est que on peut gagner militairement mais derrière qu'est-ce qu'on fait ? Et là, le rôle de l'Europe sera fondamental, c'est-à-dire préparer la suite.

Et l'objectif, c'est quoi ? L'objectif, ça doit être que les Iraniens puissent, comme ils le méritent tant, vivre libre, organiser une transition démocratique, faire en sorte que l'opposition au régime puisse s'unir et organiser cette transition. Et là-dessus, l'Europe respectueuse du droit international, respectueuse du cadre multilatéral, a son rôle à jouer et jusqu'ici elle ne le joue pas.

Raphaël Guxman, vous parlez du du rôle des Européens, j'ai envie de vous parler aussi du rôle de de la France. Emmanuel Macron a dit "Nous n'avons pas été prévenus et nous sommes pas impliqués dans cette opération militaire conjointe entre les États-Unis et et Israël contre l'Iran. Ça dit quoi de notre pays ?

Est-ce que nous sommes totalement horors jeux ? Est-ce que c'est un terrible aveu de faiblesse de la part de de la France et de l'Europe ? Ça dit déjà que nous ne sommes pas, si vous voulez des suiveurs de Donald Trump.

En réalité, Donald Trump décide seul et nous n'avons pas nous à endosser la responsabilité d'actions qui sont décidées par Donald Trump seul. Mais le fait qu'il nous eninforme pas mais ça prouve d'abord un changement. Ça prouve d'abord un changement aux États-Unis d'Amérique parce que la tradition américaine même quand il menait des opérations unilatérales, c'était de prévenir les alliés et de discuter avec les alliés.

Désormais, Donald Trump considère qu'il n'a pas d'alliés en Europe et d'alliés auxquels il devrait quelque chose. Et donc en réalité nous nous retrouvons seul. Et c'est ce que je dis moi depuis l'élection de Donald Trump.

Nous sommes aujourd'hui nous français, nous européens seuls et il faut assumer cette solitude. C'est la fin de 80 longues années, 80 longues années où nous avons délégué notre souveraineté, notre sécurité aux États-Unis d'Amérique. À la fin, en dernière instance, c'était les Américains qui protégeaient l'Europe.

Et bien, désormais, cela cela a pris fin sous nos yeux et donc nous sommes aujourd'hui nous en responsabilité absolue. Nous devons ça se confirme, c'est ce que vous dites. Ouais.

Et nous devons organiser notre propre sécurité, notre propre défense. Nous devons devenir souverains. Nous devons être capable d'avoir notre propre rôle, notre propre voie dans le monde.

Vous vous dites qu'on n'est pas des suiveurs, hein, ce sont vos termes de Donald Trump. Pourtant la France et nos alliés britanniques et allemands disent depuis hier soir qu'ils sont prêts à des actions défensives. Ce sont les termes, pour détruire les capacités militaires de l'Iran.

En fait, on on peut rien faire sans Donald Trump toujours. Mais en réalité, pourquoi pourquoi ils ont dit ça ? C'était pas la réaction initiale du président de la République française.

Pourquoi est-ce qu'ils ont dit ça ? parce que l'Iran a visé les bases européennes, parce que l'Iran a visé les alliés de l'Europe, de la France, du Royaume-Uni, de l'Allemagne et que donc nous sommes-nous emmenés dans cette situation par le régime iranien et par sa réplique. Et donc ça ne change pas le fait que nous ne sommes pas partie prenante de cette offensive, que nous n'avons pas été consultés, que nous n'avons pas été impliqué et que la France qui a une responsabilité particulière en Europe, nous allons y venir parce qu'elle est la seule puissance nucléaire de l'Union européenne et la seule puissance nucléaire européenne totalement indépendante et autonome, nous avons une responsabilité immense qui est celle de l'affirmation de la souveraineté de l'UR parce que en appeler au droit international simplement en disant attention attention attention le droit international cela ne suffira pas.

Ce qu'il faut, c'est construire notre propre puissance, notre propre souveraineté. Ça doit être notre obsession parce que cette parenthèse qui est ouverte n'est pas une parenthèse. C'est le monde dans lequel nous allons malheureusement devoir vivre pendant très longtemps.

Alors Raphaël Guxman, avant qu'on parle de la dissuasion nucléaire, en effet, Emmanuel Macron a tenu en moins de 24 heures deux conseils de de défense. À quoi ça sert concrètement, vu le poids de la France aujourd'hui dans le monde ? À quoi ça sert de réunir nos conseils de défense ? puisqu'on voit qu'on a très peu d'impact sur les décisions de Donald Trump et d'autres puissants de ce monde.

Mais ça sert déjà à préparer notre propre défense. Vous savez quand vous avez vos bases militaires qui sont visées, quand vous avez des menaces qui viennent du régime iranien sur l'ensemble de la région, quand vous avez un impact qui va être économique et puissant lié à la fermeture du D3 Dmoods, et bien en réalité devoir d'organiser la position française. symbolique mais il y a du symbole évidemment mais derrière il y a aussi des décisions concrètes à prendre.

Moi je vous savez je ne suis pas un opposant paavlovien c'est-à-dire que quand on est dans une situation extrêmement grave, il faut pas jouer des jeux politiciens. Bien sûr qu'il y a besoin aujourd'hui d'un conseil de défense et il y a aussi besoin d'une consultation des différentes forces politiques françaises, d'un partage d'information, d'une discussion nationale autour de la situation dans laquelle nous nous trouvons, même si nous ne sommes pas à l'origine de cette situation. Bon, ce qui est sûr, c'est qu'en tout cas, il y a un discours qui est très attendu cet après-midi de la part du chef de l'État, Emmanuel Macron.

Il aura peut-être d'ailleurs l'occasion, Emmanuel Macron, de de revenir peut-être dans le jeu international avec euh cette question de la dissuasion euh euh nucléaire. Il va s'exprimer depuis la base opérationnelle de de l'île longue, c'est pas loin de de Brest. Euh, qu'est-ce que vous attendez d'abord de cette prise de parole ?

Et est-ce qu'il faut qu'Emmanuel Macron annonce que la France est prête à partager notre dissuasion nucléaire avec nos alliés européens à l'échelle de de l'Europe ? Quand on voit les menaces, les tensions et les conflits mondiaux qui nous visent directement. Alors, il s'agit pas d'une mutualisation de la dissuasion nucléaire.

Il y aura pas 27 états qui vont décider ou non de l'utilisation du bouton rouge. La dissuasion nucléaire française restera française dans son utilisation et dans le processus de décision qui conduit à l'utilisation de cette dissuasion. Par contre, ce qui est certain, c'est que aujourd'hui, nous devons étendre cette dissuasion à nos partenaires européens.

Et c'était déjà en fait à l'origine dans la pensée du général de Gaulle, la dimension européenne de la dissuasion française. Vous savez aujourd'hui la France a à la fois une chance et une responsabilité immense. Et nous le devons au général de Gaulle et à ses successeurs, c'est que nous sommes la seule puissance nucléaire autonome européenne.

Nous sommes le socle en réalité sur lequel l'Europe souveraine peut se construire. Nous sommes la locomotive de cette Europe de la défense qui doit advenir. C'est un un destin immense pour la France.

En réalité, nous sommes nous la base sur laquelle les autres européens peuvent construire leur indépendance et leur souveraineté et leur sécurité. Et ça intervient à un moment, on le voit en Iran, mais on le voit en Europe depuis plus de 4 ans, ça intervient à un moment où la guerre a fait son retour sur le continent européen, où la Russie menace directement nos nations. France un vrai rôle à jouer.

Et si nous soutenons si nous soutenons l'Ukraine depuis 4 ans, c'est pas simplement par solidarité internationale, c'est parce que notre sécurité est en jeu, parce que notre avenir est en jeu en Ukraine et parce que nous sommes les cibles de la guerre russe. Et donc dans ce contexte là, le discours d'aujourd'hui est fondamental. Il doit le président de la République exposer à la nation, sans rentrer dans trop de détails puisque l'ambiguité stratégique doit demeurer, la doctrine de la France et et dire simplement qu'est-ce qu'on va faire de cette puissance nucléaire qui est le socle de notre indépendance et de notre souveraineté et le socle demain de l'indépendance et de la souveraineté européenne.

Et donc quand on dit que la France est désarmée, que la France est une nation qui s'effonde, que la France c'est une nation qui décline, bien moi je veux rappeler que nous sommes nous les seuls à pouvoir garantir la souveraineté et l'indépendance de l'Europe. Raphaël Luxman, sans sans transition, je voudrais qu'on parle de de la France insoumise et de Jean-Luc Mélenchon qui a ironisé hier lors d'un meeting à à Perpignan meeting des des municipales sur la prononciation de de votre nom de famille euh quelques jours après avoir provoqué un un teté sur la prononciation du du nom du criminel sexuel. Euh Epstein, je voudrais qu'on on écoute Jean-Luc Mélenchon et on vous fait réagir juste après gauche comme monsieur Gluxman et je ne sais qui encore.

Guxman pardon après j'en ai pour des heures quoi. Qu'est-ce que vous avez envie de lui répondre ce matin Jean-Luc Mélenchon ? Vous savez, dans un moment aussi grave, on a euh un homme qui s'adonne à des euh calembours sur des noms à consonance juives.

Mais vous savez, ce n'est pas une tradition de gauche. On sait d'où ça vient dans l'histoire de France. On sait qui a fait ça à travers l'histoire.

Et Jean-Luc Mélenchon le sait pertinemment. En faisant cela, il s'exclut lui-même de la gauche et de la République. On ne joue pas avec une salle sur des noms à consonance juive ou à consonance étrangère.

Ce n'est pas la tradition de la République. Et donc en faisant cela, Jean-Luc Mélenchon confirme aux yeux de tous qu'il est devenu le Jean-Marie Le Pen de notre époque, de notre temps, qu'il est devenu ce mélange de trublions et de clown qui joue avec les pires codes de l'extrême droite française et de l'antisémitisme. C'est c'est de l'antisémitisme.

Ce sont des propos antisémites prononcés par Jean-Luc Mélenchon à votre rencontre hier. Mais quelle est la seule connexion entre Epstein et Gluxman si ce n'est d'avoir des noms à consonance juive ? C'est un c'est un choix de Jean-Luc Mélenchon.

Il fait le choix de s'exclure lui-même et de la tradition de la gauche républicaine française et de la République française. En réalité en réalité ce qu'il fait c'est qu'il flatte les pires instincts dans la société. Et donc j'espère que tout le monde a bien conscience que nous ne pouvons pas nous allier à quelque élection que ce soit et sous quelque forme que ce soit avec ce type de discours, avec ce type de positionnement politique, avec ce type de force politique et avec ce type de leader politique.

Le message est passé. Merci Raphael Guxman d'avoir été avec nous ce matin dans l'invité politique de

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