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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 8 novembre 2022 26 min

Mi-mandat aux États-Unis, alliance avec le RN et accueil des migrants : ce qu'il faut retenir de l'interview d'Eric Ciotti

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

Bonjour Eric Ciotti. Bonjour. Les Américains votent aujourd'hui pour les élections de mi-mandat. Si vous étiez Américain, vous-même, vous seriez dans quel camp ce matin ? Républicain ou démocrate ?

0:12
Éric Ciotti

Républicain. Républicain. Mais après, c'est le choix des Américains. Je le respecte. Quel que soit le résultat, ça va être d'abord « America first ». Ça veut dire que ça appelle l'Europe et la France, je crois, à plus d'indépendance, à plus de force, à moins de suivisme des Américains. On a vu qu'il n'y avait pas de grand changement dans la politique de Biden et celle de Trump vis-à-vis de l'Europe, vis-à-vis de la France. C'est d'abord les intérêts des Américains. Ils nous vendent le gaz aujourd'hui à un prix quatre fois plus élevé qu'avant. Ils vendent leurs armes. Les Allemands achètent les armes américaines et pas les avions français.

Donc, il y a la nécessité d'être plus fort et plus autonome, bref, d'être gaullien. C'est la politique d'indépendance du général de Gaulle.

1:04
Présentateur

Ça veut dire que vous espérez le retour de Donald Trump et que la droite doit prendre modèle sur lui ?

1:11
Éric Ciotti

Moi, je n'espère rien. J'espère que les Républicains gagnent en France. Voilà, c'est déjà un gros défi. Après que les Américains choisissent leur destin. C'est un modèle ou pas ? Ce n'est pas un modèle. Il n'y a pas tout à rejeter sur la baisse des impôts, sur ce qu'il a fait, sur la Corée. Je crois que l'excès de caricatures d'un côté comme de l'autre... Après, je conteste et je récuse notamment sa contestation des résultats des élections. Cette espèce de complotisme. Après, tout n'est pas à rejeter.

1:53
Présentateur

Éric Ciotti, Jordan Bardella, en France, 27 ans, a été élu à la tête du Rassemblement national. Est-ce que vous l'avez appelé pour le féliciter ?

2:00
Éric Ciotti

Non, pas du tout. Je n'ai pas de raison de l'appeler ni de le féliciter. Moi, je suis dans ma famille politique. J'ai toujours été, j'y reste et je me soucie. C'est déjà un gros défi de l'avenir de ma famille politique, pas celle des autres.

2:13
Présentateur

Il est fréquentable, Jordan Bardella ?

2:15
Éric Ciotti

En tout cas, je crois qu'il n'a jamais dérapé. Après, on a des convictions, des positionnements qui sont naturellement différents. Mais compatibles ?

2:28
Présentateur

Compatibles. Vous pourriez travailler avec lui ?

2:30
Éric Ciotti

Non, je dis très clairement, la ligne que je tiens, c'est une ligne d'indépendance. Indépendance vis-à-vis du pouvoir, indépendance vis-à-vis du Rassemblement national. Nous sommes une formation politique de gouvernement avec une histoire, je le redis, on en parlait à l'instant, les héritiers du général de Gaulle. Nous avons la capacité, et je crois que nous sommes les seuls, à offrir justement une alternative entre l'échec, l'impuissance macronienne et le débat Mélenchon-Le Pen. Voilà, c'est cette troisième voie que je veux proposer aux Français à la tête des Républicains.

3:09
Présentateur

On vous pose la question parce qu'en Suède, au Danemark, en Italie et en Israël, la droite et l'extrême droite se sont alliées pour atteindre le pouvoir. Est-ce que vous aussi, vous rêvez d'une union des droites pour reprendre le pouvoir en France ?

3:20
Éric Ciotti

Moi, je rêve d'une union des électeurs de droite derrière les Républicains. Voilà. D'abord, il faut que notre famille politique soit forte, qu'elle soit sur un positionnement très clair de droite. De droite. Je suis de droite. Ma campagne s'intitule « La droite au cœur ». Je revendique d'être de droite. Certains me le reprochent. Je ne m'en excuserai pas. Je l'assume. Et je crois que les Républicains doivent redevenir pleinement de droite et faire revenir vers nous les électeurs qui nous ont quittés, que ce soit vers Marine Le Pen ou que ce soit vers Emmanuel Macron, avec des idées claires, avec des idées fortes. Pas de compromission, une indépendance, une force, des valeurs assumées.

4:02
Présentateur

Vous pouvez garantir aux électeurs des Républicains que si vous prenez le parti dans quelques semaines, il n'y aura jamais d'accord ni avec Éric Zemmour, ni avec Marine Le Pen ?

4:10
Éric Ciotti

Ni avec Emmanuel Macron.

4:12
Présentateur

Mais ni avec Éric Zemmour, dont vous aviez dit que vous le préfériez à Emmanuel Macron pendant la campagne.

4:16
Éric Ciotti

Je dis clairement, nous aurons une ligne d'indépendance. La route sur laquelle nous avons à cheminer est une ligne droite, pour moi, dans tous les sens du terme. Mais c'est une ligne d'indépendance. Voilà. Une alliance, quelle qu'elle soit, d'un côté comme de l'autre, aujourd'hui, ce serait s'allier avec des personnes qui veulent notre disparition. Et moi, je souhaite, parce que je ne veux pas demain, qu'en 2027, qui sera l'échéance clé, c'est mon point, ma ligne de mire, qu'en 2027, nous ayons M. Mélenchon face à Mme Le Pen. Donc, je crois que seuls les Républicains peuvent éviter cette triste perspective.

4:55
Présentateur

Sanction maximale, soit une exclusion de 15 jours pour le député RN Grégoire de Fournasse, après ses propos dans l'hémicycle, qu'il retourne en Afrique, avait-il lancé, lors d'une intervention du député LFI Carlos Martins Bilongo, qui s'exprimait donc sur la question des migrants. Marine Le Pen dit que c'était une maladresse. Est-ce que vous êtes d'accord avec elle ?

5:13
Éric Ciotti

Ça souligne que la réaction que j'ai eue, notamment en condamnant ce propos très ambigu, où il pouvait y avoir derrière une expression de racisme. Vous n'en êtes pas sûr ? La question, elle est là. Non, on n'en est pas sûr. On n'en est pas sûr parce qu'il y a un débat sur la nature de la phrase. Moi, j'ai souhaité, au début, dire que le racisme ou le soupçon de racisme n'avait pas sa place dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Cette déclaration, d'autres aujourd'hui, je vois, je vois Jordan Bardella qui dit que ce n'était pas très fin et qui refuse que M. Fournasse soit son porte-parole. Je vois M. Racheline. Donc, ça veut dire qu'il y a un sujet quand même.

Ce n'est pas simplement un fantasme que nous avons inventé ailleurs.

6:00
Présentateur

Mais vous dites, on n'est pas sûr que ce soit du racisme. C'est-à-dire, s'il a dit qu'il retourne en Afrique à un député noir, c'est du racisme. S'il a dit qu'il retourne en Afrique au pluriel en parlant de migrants, ce n'est pas du racisme.

6:10
Éric Ciotti

Vous avez vu le débat. La question est de savoir si ça s'adresse aux députés et ça serait naturellement insupportable et du racisme. C'est le sentiment que nous avons pu avoir dans l'hémicycle dans l'instant, avec beaucoup d'émotion. C'est ce qui a conduit à ma réaction de condamnation. Mais s'il parle des migrants, c'est pas raciste. Nous avons vu le compte-rendu analytique, la réunion du bureau. La question, si elle est sur le retour des bateaux en Afrique, personnellement, je l'ai dit il y a plusieurs années. Je regardais des réactions que j'avais eues, notamment sur l'Aquarius à Marseille. C'était en 2018.

Je dis très clairement sur cette question, sur le fond, d'abord, un, la forme, le racisme, naturellement, toujours, toujours, doit être condamné. Sur le fond, la politique migratoire, très clairement, et ce n'est pas nouveau, je l'ai dit, j'ai même eu des débats là-dessus. Aujourd'hui, un, il faut, naturellement, toute vie doit être sauvée en Méditerranée, et c'est le devoir des organisations internationales. Il faut qu'il retourne en Afrique.

Ensuite, je dis très clairement, il n'y a aucune raison, il n'y a aucune raison que les bateaux de passeurs qui utilisent des associations, qui se livrent à la traite des êtres humains, voient leur sombre dessin mis en œuvre par des associations qui ramènent les migrants en Europe.

7:39
Présentateur

Mais qu'un pratique, avec ce petit cotéton des 234 migrants qui se trouvent aujourd'hui sur un bateau, puisque c'était la question posée par le député Insoumis-sur-Lac, qui sont sur un bateau au large de l'Italie, l'Italie n'en veut pas. Normalement, le bateau doit accoster en Italie, c'est le port le plus proche. Est-ce que la France doit les accueillir, ou est-ce que vous dites qu'ils aillent ailleurs ?

7:56
Éric Ciotti

La France ne doit pas les accueillir, et moi je le dis clairement, ces bateaux doivent accoster sur le port de départ, c'est-à-dire soit en Libye, soit en Tunisie. Donc ils retournent en Afrique. Si on a cette attitude, on mettra un terme, je ne dirais pas total, mais très important, au commerce des passeurs. Pourquoi la logique serait de venir en Europe ? Il faut sauver les vies, naturellement, et ça, il faudrait être d'une inhumanité totale, pour dire, on ne sauve pas ces personnes, ils sont sur ces bateaux. Mais justement, et je l'ai dit, ce n'est pas nouveau.

8:32
Présentateur

Vous savez qu'ils se jettent en ce moment par-dessus bord, ces migrants.

8:35
Éric Ciotti

Je n'ai pas attendu, monsieur, telle ou telle déclaration. Je l'ai dit avec constance, je l'ai dit même au lendemain de l'attentat à la basilique Notre-Dame de Nice, dans ma circonscription, où c'est un Tunisien qui a assassiné trois chrétiens dans la basilique. Ils venaient quelques jours auparavant de Tunisie. Il n'y a aucune raison que l'on ne renvoie pas ces personnes vers la Tunisie. La Tunisie, c'est un État constitué. C'est un État où il y a des institutions. Pourquoi les Tunisiens ne reprennent pas les migrants qui viennent chez nous ?

9:07
Présentateur

Il faut arrêter avec cette naïveté. Éric Ciotti, candidat à la présidence des Républicains, invité de France Info jusqu'à 9h. Le fil Info à 8h42 avec Mathilde Romagnon. Nouveau scandale dans l'Église en France. 11 anciens évêques ont été mis en cause devant la justice civile ou la justice de l'Église pour des violences sexuelles ou la non-dénonciation de ces violences. Révélation faite hier par le président de la Conférence des évêques de France. Ciment, aluminium, acier, carburant, les dirigeants des 50 industries les plus polluantes de France ont rendez-vous à 15h à l'Élysée.

Emmanuel Macron va les convaincre d'aller vers la neutralité carbone alors qu'il revient de la COP27 sur le climat en Égypte. Joe Biden appelle les électeurs américains à défendre la démocratie. On vote aujourd'hui aux États-Unis pour les élections de mi-mandat. L'actuel président et son prédécesseur Donald Trump jouent chacun leur avenir politique. Les démocrates de Joe Biden espèrent conserver leur majorité au Congrès. Elle entre dans l'histoire du tennis. Caroline Garcia a remporté tôt ce matin le Masters féminin aux États-Unis. C'est la deuxième Française titrée dans ce prestigieux tournoi. France Info

10:17
Invité

Le 8.30 France Info Salia Braquia, Marc Fauvel

10:22
Présentateur

On est toujours avec Éric Ciotti, député des Alpes-Maritimes et candidat à la présidence des Républicains. Un titre de séjour pour recruter dans les métiers dits en tension. Ceux qui ne parviennent pas à recruter de la main d'œuvre, c'est le projet du gouvernement. Vous dites Banco ?

10:34
Éric Ciotti

Non. Je dis non. Très clairement. Pourquoi ? Parce qu'en fait, on voit bien qu'il y a des mesures qui apparaissent plus fermes. Et puis, il y a sept mesures. Cette mesure, sur les métiers en tension, c'est quoi ? C'est à nouveau une mesure de régularisation des étrangers en situation irrégulière. Ça veut dire que la conséquence sera comme dans le passé. Lorsque M. Mitterrand l'avait fait. Lorsque M. Jospin l'avait fait. Là, le gouvernement parle de titre provisoire. Lorsque M. Valls l'avait fait. Ça veut dire qu'on va lancer un appel d'air à l'immigration illégale. Si on est certain, au bout d'un certain temps, d'être régularisé, naturellement, c'est une incitation à venir en France.

D'autant qu'on a un modèle social très généreux qui verse notamment des allocations familiales dès le premier jour. 12 mois, une fois qu'on est sur le territoire, vous le savez bien. D'autant qu'on n'a aucune capacité à expulser les étrangers qui se maintiendraient au-delà de ces 12 mois. Donc, c'est une supercherie. C'est une illusion. Je m'y opposerai très clairement. Il ne faut pas qu'il y ait de régularisation pour ceux qui sont rentrés illégalement sur le territoire national. Ce message, il doit être permanent. Il doit exprimer la fermeté d'une nation qui doit revendiquer sa capacité à choisir ce qu'elle veut accueillir.

Ceux qui sont rentrés illégalement sur le territoire national ont vocation à repartir. Ce sont ces 120 000 OQTF. 5% exécutés, c'était en 2021. C'est totalement ridicule.

12:12
Présentateur

Sur les OQTF, justement, Éric Ciotti, au moment de l'affaire Lola, vous aviez proposé que toutes les personnes en situation irrégulière qui font l'objet d'une OQTF, une obligation de quitter la France, soient placées en centre de rétention administratif. Ça veut dire que vous voulez construire 120 000 places ? Non, parce qu'il y a aujourd'hui 1 800 places dans les centres.

12:30
Éric Ciotti

Et vous vous proposez de mettre 120 000 personnes ? Je vais vous expliquer. Il y a 1 800 places dans les centres de rétention. 1 300 à peine sont opérationnels. 1 300 à peine. Sur ces 1 300, toutes ne sont pas occupées. Ce sont les chiffres que vous pouvez vérifier de M. Darmanin en commission des lois. Ce que je propose, et on a placé en rétention, avec ces 1 300 places, 40 000 personnes l'année dernière. Puisque la durée maximale est de 90 jours, la durée moyenne est d'une vingtaine de jours. Essentiellement, et c'est une bonne chose pour des sortants de prison, donc il y en a 40 000 qui sont passés dans les centres de rétention. Et là vous dites tous les OQTF en situation régulière.

Moi ce que je propose, c'est qu'on passe à 5 000 places de rétention, ce qui en gros nous permettrait de tripler le nombre de personnes dans une année, donc on n'est pas loin des 120 000, qui passeraient dans un centre de rétention.

13:18
Présentateur

Mais vous mettez qui dans ces centres ? Même ceux qui ont fait des recours ?

13:21
Éric Ciotti

Je veux souligner, d'ailleurs, que mon amendement qui permet de passer de 1 300 à 3 000 a été approuvé la semaine dernière en commission des lois.

13:31
Présentateur

C'était ça d'ailleurs l'information importante. Vous mettez qui dans ces centres ? Y compris ceux qui sont dans l'attente du résultat d'un recours ?

13:37
Éric Ciotti

Oui, parce que quand ils sont dans l'attente d'un recours, justement, ils peuvent se soustraire aux lois de la République. Pendant le recours, ils doivent attendre un centre de rétention ? Moi je pense que c'était la politique avant. Aujourd'hui, et ça date de M. Valls, ça a changé du gouvernement socialiste, avant sous la présidence Hollande et Macron, parce que M. Macron était ministre, donc il est aussi solidaire de cette politique. Avant, on avait le placement en centre de rétention, c'était le moyen privilégié pour l'expulsion. C'est normal.

Désormais, on envoie une lettre à une personne, en gros, je force un peu le trait en disant, est-ce que vous auriez l'immense gentillesse de quitter le territoire national ? Naturellement, l'effet dissuasif de cette missive est assez limité et relatif. Donc si on veut réellement se donner les moyens d'exécuter les obligations de quitter le territoire, pourquoi on prononce... ou alors il ne faut pas prononcer une OQTF. Mais si on prononce une OQTF, les mots ont un sens, obligation de quitter le territoire. Eh bien, il faut se donner les moyens, il faut passer ces personnes en centre de rétention, et il faut aller vers l'expulsion. Y compris les enfants ?

Non, pas les enfants, je le dis très clairement, il faut qu'il y ait des lieux adaptés pour les familles, mais il faut aussi que les enfants ne soient pas utilisés

14:58
Présentateur

comme des moyens pour détourner les lois de la République. Éric Ciotti, c'est la droite qui a négocié avec le gouvernement la ristourne de 30 centimes sur les carburants, ristourne qui va passer à 10 centimes dans quelques jours. Est-ce que c'était le bon moment pour la réduire ?

15:11
Éric Ciotti

Moi, je souhaite, et c'est la position que je défends dans mon projet, que je présenterai la semaine prochaine, que nous fassions baisser le prix des carburants, et de façon générale, que nous donnions du pouvoir d'achat aux Français par la baisse des impôts. Donc, je souhaite notamment qu'on supprime la TVA sur la TICPE. Aujourd'hui, sur la taxe qui pèse quand on fait le plat, sur 1,50€, maintenant on est plus, c'est 1€ pour l'État. Donc, ça veut dire quand même, aujourd'hui, que l'État a une marge. Donc, moi, plutôt que le chèque... En fait, votre programme, c'est quoi qu'il en coûte ? Plutôt que le chèque, je propose la baisse des impôts. Mais sauf que c'est une baisse pérenne.

C'est qu'un quoi qu'il en coûte de baisser les impôts. Voilà, parce qu'aujourd'hui, on est dans la politique du chèque, du chèque sans provision. Ces chèques non financés, ils ont conduit à quoi ? 155 milliards de déficit budgétaire, une dette qui atteindra à la fin de l'année 3 000 milliards d'euros, un remboursement de la dette de 60 milliards en 2023, c'est-à-dire trois fois le budget du ministère de l'Intérieur.

16:18
Présentateur

Pardon, mais vous proposez de remplacer une mesure ponctuelle par une mesure pérenne qui va faire perdre plusieurs milliards à l'État ?

16:23
Éric Ciotti

Non, parce que... Ça ne va pas avec votre discours ? La baisse des impôts, elle est vertueuse.

16:28
Présentateur

On parle de la suppression de la TVA.

16:31
Éric Ciotti

Contrairement à l'augmentation des dépenses publiques, les chèques, et je rajouterai les chèques sans provision, la baisse des impôts, on n'a jamais essayé en France. Donc, moi, je veux être demain à la tête des Républicains, à la tête d'un parti qui est celui de la baisse massive des prélèvements obligatoires.

16:48
Présentateur

La dernière qui a fait ça, Éric Ciotti, c'est l'éphémère Premier ministre britannique, Listreus, qui avait promis des dizaines de milliards d'euros de baisse d'impôts.

16:56
Éric Ciotti

C'est un contexte particulier, elle est restée trois semaines. Mais pourquoi vous, ça marcherait, et pas elle ? Parce que ça a marché à Nelman. Elle a été éjectée par les marchés financiers. Ça a marché aux États-Unis. Et nous, nous avons... On n'est pas dans la même situation que la Grande-Bretagne. Je vous rappelle que nous sommes en tête des pays de l'OCDE en matière de prélèvements obligatoires, juste à proximité du Danemark. Chaque année, on gagne la Coupe du Monde des impôts. À un moment, il faut dire stop. Les Français qui travaillent, ils n'en peuvent plus. Ils travaillent du 1er janvier au 31 juillet pour l'État. C'est insupportable. Il faut avoir le courage.

Et quand on est de droite...

17:30
Présentateur

Mais quel impôt vous baissez en premier ? Je vous propose de réfléchir à la question de Salia. Quel impôt baisserez-vous en premier ? Suppression des droits de succession, déjà. Merci d'y répondre. Dans une minute, le filinfo, tout d'abord, 8h50, Mathilde Romagnon. Il représente 10% des émissions de gaz à effet de serre en France. Les dirigeants des 50 entreprises les plus polluantes du pays sont reçus cet après-midi à l'Elysée. Tout juste rentré de la COP27, Emmanuel Macron veut les inciter à accélérer la lutte contre le changement climatique. Coup de tonnerre dans l'église. 11 anciens évêques ont été mis en cause pour des violences sexuelles ou pour leur non-dénonciation.

Parmi eux, l'ancien archevêque de Bordeaux qui admet s'être conduit de façon répréhensible avec une jeune fille de 14 ans. Un quart des enfants vit dans un désert médical pédiatrique en France. C'est ce que révèle une étude publiée aujourd'hui par l'UFC Que Choisir. Selon l'association de défense des consommateurs, plus de 2 millions d'enfants âgés de 0 à 10 ans se trouvent sans pédiatre à moins de 45 minutes de chez eux. Le constructeur automobile Renault annonce la création d'une filiale dédiée aux véhicules électriques, qu'elle s'appellera Ampère et elle sera introduite en bourse au plus tôt au second semestre 2023. France Info

18:46
Invité

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel

18:51
Présentateur

Avec Eric Ciotti, candidat à la présidence des Républicains, vous nous disiez juste avant les titres, le premier impôt que vous pourriez effacer, c'est celui des successions. La suppression des impôts des successions, ça doit concerner tous les héritages, selon vous ?

19:03
Éric Ciotti

Sauf les héritages au-delà d'un patrimoine élevé. J'avais fixé au moment du congrès 5 millions d'euros en ligne directe.

19:10
Présentateur

En dessous de 5 millions d'euros, vous ne prenez rien ?

19:13
Éric Ciotti

Oui, parce que d'abord c'est le cas dans la plupart des pays au monde. On est le pays juste avant la Corée qui a les droits de succession les plus élevés. C'est une injustice. Toute la vie, on paye des impôts. Impôts sur le revenu, c'est GTVA. Lorsqu'on a constitué un patrimoine, on paye l'impôt foncier, l'impôt sur la fortune. Et puis, pour ceux qui le payent, ce n'est pas beaucoup, mais il y en a quand même qui sont prélevés. Et lorsqu'on veut transmettre à ses enfants son patrimoine, le fruit du travail de toute une vie, il y a cet impôt sur la mort qui est d'une injustice totale. Il y a déjà un abattement aujourd'hui.

Très faible, 100 000 euros par enfant qui concerne l'immense majorité des transmissions aujourd'hui. Monsieur Macron avait proposé que cet abattement soit surélevé. Et ça a été repoussé. Ça n'a pas été mis dans le projet de loi de finances. C'est une promesse non tenue, je le souligne. C'est moi qui avais ouvert ce débat l'année dernière. Beaucoup ont suivi. Je rajouterai la suppression des droits de donation aussi. Il y a 5 000 milliards d'épargnes financières aujourd'hui dans notre pays. Il faudrait faire circuler ce capital, notamment vers les jeunes qui en ont besoin, qui veulent se lancer dans la vie.

20:22
Présentateur

Mais vous n'avez pas peur d'être taxé de président des riches ?

20:23
Éric Ciotti

Moi, j'ai peur de rien. Je veux que notre pays progresse, qu'il y ait de la croissance, qu'on arrête avec les tabous, qu'on crée des emplois, qu'on crée de la richesse. C'est comme ça qu'on avancera, pas en étant dans une vision étriquée, passéiste de la société.

20:40
Présentateur

85 000 militants seront appelés à vous départager dans un mois pour désigner le futur président du parti. Est-ce que vous êtes sûr et certain, cette fois-ci, qu'Éric Ciotti, que les chiens ne pourront pas voter ? Je l'espère.

20:54
Éric Ciotti

En tout cas, il y a une autre autorité qui est faite pour ça. Il y en avait une déjà la dernière fois. Mais voilà, personne n'a remis en cause l'élection la dernière fois. Tout ça se déroulera très bien. Et je fais confiance aux instances qui sont là pour le faire.

21:12
Présentateur

Jean-Luc Moudinck, le maire LR de Toulouse a décidé de quitter votre parti. Il l'annonce ce matin. Il considère qu'aucun des candidats, dont vous, n'est capable de rassembler la famille. Il regrette que le parti se soit recroquevillé dans un positionnement très droitier. Est-ce que c'est un avant-goût de ce qui se peut se passer si vous gagnez ?

21:28
Éric Ciotti

D'abord, Jean-Luc Moudinck a des propos aimables à mon égard. Je l'en remercie. Je regrette sa décision. C'est un ami. Après, il est dans une situation, dans une ville qui est très à gauche, qui, je crois, a donné plus de 40% au premier tour à Jean-Luc Mélenchon. Donc, il y a des positions locales qui doivent être entendues. Moi, ce que je souhaite, c'est qu'on prenne en compte la globalité de la situation de notre pays, les attentes des Français. Il y a une attente de droite dans ce pays. Et ce n'est pas nous qui l'incarnons aujourd'hui. Donc, je veux travailler de toutes mes forces, avec mes valeurs, dans ma fidélité. Mais vous entendez bien les craintes de certains dans votre camp,

22:06
Présentateur

comme Xavier Bertrand qui dit « moi, je ne veux pas d'une droite identitaire ». Comment vous le rassurez ?

22:10
Éric Ciotti

Je l'entends. Il a été candidat l'année dernière. Il a porté son message. Voilà. Donc, moi, je souhaite qu'on travaille avec tout le monde. Mais je souhaite aussi, pour qu'on attire vers nous les électeurs de droite qui nous ont quittés, qu'on ait un positionnement clair. Pas d'ambiguïté. Pas d'eau tiède. Il faut dire les choses. Parler sans tabou. Parler des problèmes de perte d'autorité. Il faut restaurer l'ordre républicain. Il faut combattre le chaos migratoire. Il faut donner de la liberté à ceux qui, au quotidien, quand ils travaillent, en sont privés. Installer un écart entre le travail et la cistana. On ne peut pas gagner autant en ne pas travaillant qu'en travaillant.

Ce n'est pas possible. Et il faut défendre notre identité. Ça veut dire quoi ? Être identitaire. C'est simplement, pour moi, aimer la France, aimer son histoire. Dire qu'on ne vienne pas nous imposer demain une culture ou des modes de vie qui ne sont pas conformes à ceux dont on a hérité. Pour que notre France reste, selon la formule du général de Gaulle, fidèle à elle-même.

23:11
Présentateur

Éric Ciotti, la droite aurait pu déposer sa propre motion de censure à l'Assemblée nationale. Est-ce qu'elle le fera à un moment ou à un autre pendant ce quinquennat ?

23:19
Éric Ciotti

Elle peut le faire. Est-ce qu'elle le fera ? C'est une arme que nous avons. Nous avons 62 députés au groupe. Nous ne nous interdisons rien avec le président du groupe, Olivier Marlex. Personne ne nous dictera notre calendrier. On voit bien le jeu entre M. Macron et M. Mélenchon. M. Mélenchon est en pris pour épouvantail, pour masquer l'impuissance, l'inaction de ce pouvoir macronien qui aura autant participé au déclin de la France. Donc, nous avons notre calendrier, un calendrier pour reconstruire une droite solide, forte, indépendante, fidèle à une grande histoire, parce que nous sommes le parti du général de Gaulle, de Simone Veil. Général de Gaulle, c'était plusieurs fois.

Il y a une responsabilité. Quand on voit ce qui est fait par M. Macron sur le nucléaire, on a quand même la nostalgie de ce qu'avait fait le général de Gaulle et Georges Pompuy. Parce que c'était une force.

24:16
Présentateur

Aujourd'hui, on est dans une faiblesse. A Laurent Wauquiez, Salia. Haute personnalité. Vous promettez, Éric Chotty, si vous arrivez à la tête des Républicains, que Laurent Wauquiez sera le candidat qui représentera votre famille politique en 2027 à la présidentielle. Or, on a appris il y a quelques jours, dans une enquête Mediapart, qu'il organisait des dîners festueux sur les deniers de la région qu'il préside. Exemple, en juin dernier, au Château de Lachaise, dans le Beaujolais, 90 personnes ont été invitées pour un coût de 100 000 euros, soit une addition de 1100 euros par convive. Ça ne fait pas un peu cher, quand même ?

24:47
Éric Ciotti

De quoi s'agit-il ? Il s'agit d'une action de promotion et de mobilisation des principaux acteurs économiques d'une des régions les plus puissantes d'Europe. Et que Laurent Wauquiez a contribué à renforcer. Donc, il y a cette opération économique, vous savez, les régions, vous l'ignorez peut-être, mais ont une compétence économique. Elles ont en charge la promotion et le développement économique. Et l'économie, on l'a fait avec les chefs d'entreprise, parce que ce sont eux qui créent les emplois, qui créent la richesse et qui créent le dynamisme.

Donc, tout ça, ce sont des petites polémiques, parce que Laurent Wauquiez peut gêner, parce qu'il a du talent, et parce qu'il peut incarner demain le visage de la droite républicaine.

25:29
Présentateur

Et puis, il a taillé dans le budget de la culture, et à côté, il fait des dîners fastueux. Ça, ce n'est pas un problème ?

25:33
Éric Ciotti

Il a créé aussi un fonds d'investissement, un fonds souverain, pour attirer les investissements dans la région. C'est ça qui crée des emplois. Arrêtons de regarder tel ou tel aspect qui peut faire polémique, qui mobilise les commentateurs. Moi, ce qui compte, ce sont les acteurs. Et les acteurs, ce sont les chefs d'entreprise qui, eux, créent les emplois. Merci à vous, Éric Ciottier. Bonne journée.