Un cartable écologique et 100% Made in France
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:11OuverteRéponse directe
Racontez-nous cette aventure Mon Petit Cartable.
- 3:27OuverteRéponse directe
Comment ça se fait qu'on se lève un matin et on dit « je vais designer un cartable pour les écoliers » ?
- 6:24OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on arrive à bien se démarquer avec cette volonté de mieux consommer ?
- 9:18OuverteRéponse directe
Cette exigence du 100% français, vous tenez à fabriquer sur le territoire ?
- 12:35OuverteRéponse directe
Vous avez beaucoup voyagé, vous avez dû vous inspirer des territoires pour Mon Petit Cartable ?
- 13:10OuverteRéponse directe
Il y a une vraie demande de familles sensibles au fait que ce soit fabriqué sur le territoire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:50InvitéFait
« C'est un cartable qui est hyper, hyper léger et facile à manipuler. »
- 2:06InvitéFait
« Fabrication française à 100% avec un maximum de matières premières d'origine française ou européenne et un atelier zéro déchet. »
- 6:45InvitéPromesse
« Acheter mieux et acheter moins souvent. »
- 9:22InvitéFait
« C'est moi qui fabrique la plupart des cartables. »
- 21:15InvitéFait
« On a l'orange amer qui vient de Haïti. »
Temps de parole
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- Invité 35 %
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Artisans, porteurs de projets, apprentis, les chambres de métier et de l'artisanat vous accompagnent. La CMA, artisans de la nouvelle économie, présente.
Sud Radio, C'est ça la France, Nathalie Schrengerma. Bonjour à tous et bienvenue sur Sud Radio, dans C'est ça la France, l'émission qui met à l'honneur celles et ceux qui font bouger nos régions, qui innovent, qui croient en l'économie locale. Aujourd'hui, on va pousser la porte d'une jolie aventure tricolore. La rentrée passée, les rayons des supermarchés ont rangé les cahiers, enfin presque. Et pour notre invité, c'est un petit peu la trêve des confiseurs. Enfin, façon de parler, elle a créé Mon Petit Cartable, la marque qui équipe les tout-petits pour leur premier grand saut à l'école. Et une fois la rentrée passée, ouf, elle peut un peu respirer.
On en parle avec elle tout de suite, il s'agit de Clémentine à la Guillaume. Sud Radio, C'est ça la France. Bonjour Clémentine. Bonjour, merci de m'accueillir. Alors nous, pendant qu'on est en vacances, vous, c'est le gros rush, juste avant la rentrée, en général.
Oui,
c'est le gros rush en général. Oui, en effet, l'été n'est pas la période la plus reposante pour Mon Petit Cartable.
Là, vous pouvez commencer à
souffler progressivement. Alors, racontez-nous un petit peu cette aventure. Mon Petit Cartable. Donc, expliquez déjà aux auditeurs en quoi est-ce que vous proposez, justement, se distingue complètement de ce qu'on peut trouver dans le commerce, quand on est justement à cette période où on cherche le futur cartable pour ses petits-enfants.
Alors,
la spécificité de Mon Petit Cartable, c'est vraiment de réfléchir à un cartable qui soit vraiment conçu pour la maternelle. Ce n
'est
pas un cartable de primaire déguisé en cartable de maternelle. C'est vraiment un cartable qui est prévu pour un petit enfant de deux, en toute petite section, à six ans. Donc, c'est un cartable qui est hyper, hyper léger et facile à manipuler. Vraiment, ça, c'est le numéro un et l'aspect le plus important dans la marque Mon Petit Cartable. Et le deuxième volet, c'est une fabrication française à 100% avec un maximum de matières premières d'origine française ou européenne et un atelier zéro déchet. Donc, voilà,
pour dire
très, très vite. Essayez d'être le cartable le plus vertueux possible. Quand vous dites penser pour les tout-petits, on pense à leur petit dos. Effectivement, on pense qu'ils sont en pleine croissance. Et puis, il y a aussi tous ces petits outils auxquels vous avez pensé, les fermetures à scratch. Il faut imaginer notre petit garçon, notre petite fille, là, en train d'ouvrir tout seul son petit cartable. Donc, c'est vraiment le cartable qui a été vraiment pensé pour eux.
Voilà,
c'est ça. En fait, c'est vraiment ça qui va faire vraiment la différence entre un cartable qui a vraiment été conçu pour cet âge-là spécifiquement et un autre cartable qui a été conçu en prenant principalement en compte l'aspect esthétique. Moi, j'essaie vraiment de penser à mon petit écolier qui va devoir utiliser ce cartable au quotidien. Alors, la maternelle, pour ceux qui ont des enfants, on sait que c'est un âge où les enfants, ils veulent tout faire tout seuls.
Ils
veulent apprendre,
ils veulent
être fiers de se débrouiller tout seuls. Et en fait, ils veulent apprendre, mais ils ne savent pas encore tout faire. Donc, il
faut
leur donner des outils qui leur permettent d'être fiers et de voir qu'ils peuvent être autonomes. Et c'est vraiment dans cet état d'esprit que je développe pas simplement le cartable, mais toute la gamme qui est proposée sur mon petit cartable. Mais d'où est venu le déclic
? Vous cherchez un cartable pour votre enfant ? Vous ne l'avez pas trouvé ? Comment ça se fait qu'on se lève un matin et on dit « je vais designer un cartable pour les écoliers »
?
Alors, vous avez trouvé la réponse. Déjà, avant mon petit cartable,
j
'avais déjà créé une marque de vêtements et de cadeaux de naissance pour enfants qui était un peu dans ce même état d'esprit de faire des petits objets qui soient vraiment utiles et durables. Et quand mon fils aîné est rentré à l'école maternelle, j'ai cherché un cartable qui soit vraiment adapté à son âge. Et alors, c'était en 2011 et à l'époque, ça n'existait pas. En fait, en France, on n'avait pas de cartable vraiment dédié à l'école maternelle. Donc, j'ai cherché, j'ai cherché, j'ai pas trouvé et j'ai finalement décidé d'en fabriquer un.
Et en fait, comme j'avais déjà mon atelier de couture, au lieu d'en fabriquer un, j'en ai fabriqué une dizaine en me disant, je vais tester sous mon autre marque qui s'appelait à
l
'époque Mademoiselle Clem, je vais tester l'accueil que font les gens à ce petit cartable. Et l'accueil était très bon. L'accueil était très bon. En fait, ce que j'ai adoré, c'est que moi, je ne suis pas très à l'aise dans la relation commerciale. Donc, je ne vends que sur Internet.
Je
n
'ai
jamais eu de boutique. Et en fait, j'ai assez peu de relations avec mes clients, finalement, puisque je ne les vois pas. Et en fait, avant, quand je vendais des vêtements, des accessoires, des cadeaux de naissance, j'avais peu d'échanges directs avec mes clients. Et là, avec ces 10 petits cartables que j'ai mis en vente, il s'est passé un truc qui ne
m
'était jamais arrivé.
C
'est que les gens m'ont appelé. Oh là là, on a acheté le cartable,
il
est trop mignon, notre enfant est hyper fier. Vous
aviez un retour, un retour spontané.
Pour la première fois, pas pour la première fois, mais de manière tellement différente de ce que j'avais pu vivre avant.
J
'étais déjà indépendante et artisan depuis deux ans. Et là, j'ai découvert qu'il y avait vraiment un affect hyper important pour ce petit objet qui est hyper symbolique de la rentrée en maternelle.
Et
en fait, moi-même, ayant un enfant qui rentre en maternelle, c'est vrai que j'étais un peu dans cet état d'esprit. Voilà, bébé n
'y a
plus un bébé, ça devient un petit enfant, un petit écolier. Et ce cartable, il est hyper symbolique. Et en fait, les parents sont contents d'être accompagnés dans l'achat de ce cartable. Et c'est ça qui
m'a plu. C'est étonnant de se dire qu'en 2011, il n'y avait pas d'offre sur le marché de cartable pour la maternelle.
Ce
n'était pas évident à trouver.
Non,
ce
n'était pas évident. Après, moi, j'avais des critères aussi qui étaient que
je
voulais que ce soit fabriqué en France. Oui, aussi. Donc forcément, ça ne facilitait pas la donne. Mais c'est aussi qu'en réalité,
il
n
'y
avait pas beaucoup d'offres à ce moment-là. En fait, les enfants avaient des sacs à dos qu'ils avaient utilisés pendant les vacances pour aller à l'école. Il n
'y
avait pas vraiment de bagagerie spécifique
pour l'école maternelle. Mais aujourd'hui, il y
a
peut-être un peu plus de concurrence. Est-ce qu'on arrive quand même à bien se démarquer avec, on l
'a
bien compris aussi, cette volonté de mieux consommer avec vous ? C'est un peu acheter mieux moins souvent, quoi.
Oui,
c'est tout
à fait l'état
d'esprit. Oui, acheter mieux et acheter moins souvent,
c
'est l'aspect engagé vraiment qui m'intéresse. Mais pas que ça.
C
'est-à-dire que je n
'ai
pas envie que quand on achète mon petit cartable, on ne soit forcément que dans un acte d'engagement. Il faut aussi ne pas nier le côté plaisir. Parce qu'en fait, là, on parle de tout petit enfant de 2-3 ans. Alors, c'est bien de leur donner des objets qui soient engagés. Mais c'est bien aussi qu
'ils
s'attachent à ces objets et qu'ils ont envie de les garder et surtout qu'ils leur soient utiles, qu'ils soient adaptés à leurs usages. Donc, c'est vrai que j'aime bien mettre vraiment en avant le fait que je suis un atelier zéro déchet, que je fabrique avec des matières qui sont recyclées en France. Mais souvent, dans mon discours, je vais plus mettre en avant l'adaptabilité du produit. Parce qu'en réalité, au quotidien, c'est ça qui va faire la différence pour les parents et pour les enfants. C'est d'avoir un cartable qui soit vraiment léger, pratique et puis que l'enfant puisse s'en servir pendant toutes ces trois années de maternelle.
Et on arrive justement
à imposer ce credo face à la surconsommation de grandes surfaces au moment de la rentrée. où on a des rayons remplis de tous les cartables possibles avec les effigies de tous les décennies mais possibles.
Alors,
je
ne
vais
pas vous mentir. En effet, c'est très difficile. C'est très difficile puisque le nerf de la guerre,
ça
va être le prix aussi. Oui,
bien sûr.
La marque Mon Petit Cartable a en effet une concurrence assez énorme venant des pays qui fabriquent un petit peu plus à bas coût. Maintenant, moi, ce que je vois, c'est que les clients qui ont acheté un cartable pour leurs aînés en rachètent chez moi.
Donc,
je sais que je développe cette fidélité-là et que petit à petit, le réseau se développe. Maintenant, oui, c'est très difficile. La concurrence est forte et puis, il y
a
beaucoup de tentations en fait pour les parents de racheter un nouveau sac chaque année parce qu'on s'est un peu lassé de la couleur ou parce que l'enfant voudrait cette fois-ci avoir une autre effigie sur son cartable. Donc, moi, j'essaye de montrer aux parents qu'on peut aussi aider nos enfants à développer une démarche un peu responsable en leur expliquant que le cartable est symbolique des trois années de maternelle et puis après, ils en auront un autre en primaire.
Et
c'est ça que chaque étape de la scolarité est marquée par un nouveau sac et c'est aussi joli de raisonner comme ça.
Et ça fait partie justement aussi des valeurs que vous défendez. Cette exigence du 100% français, vous tenez à fabriquer sur le territoire
? Oui.
C
'est vous d'ailleurs. J'ai un atelier à
marque. C'est moi qui fabrique la plupart des cartables. Après, la marque existe depuis un petit moment maintenant parce que j'ai commencé en 2012. Alors,
j
'ai eu au fur et à mesure des déménagements de l'atelier. J'ai eu différents modèles économiques et d'atelier. J'ai eu pendant un temps, quand j'ai vécu en Martinique pendant trois ans, à l'époque,
j
'avais une salariée et une apprentie qui étaient avec moi dans l'atelier. Pendant un temps, j'ai eu uniquement une apprentie. J'ai à peu près tout le temps des stagiaires. Et en ce moment, je n'ai plus de salarié ni d'apprenti. Et du coup, je fais fabriquer à d'autres petits ateliers en France
qui
sont très contents qu'on leur donne du travail puisque finalement, ce n
'est
pas si simple aussi pour les petits ateliers de confection d'avoir des clients en 100% Made in France.
C'est vrai que vous venez de le dire, votre atelier a beaucoup voyagé. Alors, Cognac, Martinique, maintenant, vous êtes au cœur de Marseille. Du coup, il faut s'adapter. Avec ce nomadisme, j'allais dire, géographique, il faut s'adapter. Et puis, je pense que ça peut être aussi nourri l'identité de mon petit cartable. On s'inspire un peu de tous ces endroits-là.
Oui, on s'inspire beaucoup. Et moi, ce que j'ai trouvé hyper intéressant, c'est qu'en fait, à chaque déménagement, on réinvente un peu la roue. Parce qu'en fait,
moi,
je m'étais dit au début, ça, c'est bien. J'ai un mari qui a besoin de déménager lui pour son travail. Donc, je suis artisan. C'est super.
Je
vais pouvoir déménager sans complications. Et en fait, ce n
'est
pas si simple parce qu'un artisan, il est certes souvent seul dans son atelier. Mais en fait, il a tout un écosystème autour de fournisseurs, de personnels qui partagent des compétences. Et en fait, chaque déménagement, finalement, ça a été assez compliqué de réinventer tout cet écosystème. Mais comme j'ai déménagé dans des lieux qui étaient tellement différents, en fait, j'ai à chaque fois eu un apport vraiment original. C'est-à-dire qu'entre Cognac et la Martinique, il y a quand même beaucoup de différences. Et puis, les goûts, alors, je n
'ai
pas toujours une clientèle qui n'est que locale juste autour de ma ville. Mais en Martinique, très spécifiquement, j'avais affaire à une clientèle qui voulait de la couleur, qui voulait vraiment des choses qui soient lumineuses. Là où à Cognac, j'avais des clients qui voulaient plutôt des couleurs très sobres, un petit peu passe-partout. Donc, c'était hyper drôle de s'adapter à chaque fois.
Restez bien avec nous, Clémentine à la Guillaume. Restez bien avec nous, on
va
se quitter un court instant. Et on se retrouve juste après, toujours sur Sud Radio, pour évoquer cette jolie aventure. Mon petit cartable. A tout de suite.
Artisans, porteurs de projets, apprentis, les chambres de métier et de l'artisanat vous accompagnent. La CMA, artisans de la nouvelle économie, présente.
Sud Radio,
c
'est ça la France, Nathalie Schrengerma.
Nous
voilà de retour dans C'est ça la France, l'émission du savoir-faire français. Aujourd'hui, notre invitée au micro de Sud Radio, c'est Clémentine à la Guillaume, qui a créé mon petit cartable, un cartable qui est fait 100% sur le territoire français, en grande partie soit par elle, soit par d'autres ateliers, mais toujours, toujours sur le territoire, avec cette volonté d'utiliser de la matière première française, parfois recyclée. Alors, Clémentine, on en parlait à l'instant, c'est vrai qu'en plus,
vous
avez beaucoup voyagé, vous avez dû vous inspirer un petit peu aussi de ce que pouvait vous apporter les différents territoires, toujours en France, dans lesquels vous avez été pour justement nourrir mon petit cartable. On venait de le dire aussi, cette fierté pour vous de produire sur le territoire. C'est vrai qu'il faut constamment aussi se renouveler pour donner envie, parce que les enfants, même en bas âge, commencent déjà à avoir des petites envies, des envies parfois de couleurs, de formes. Et vous avez le sentiment que les familles sont quand même de plus en plus... Il y
a
quand même des familles qui sont très sensibles au fait que ce soit fabriqué sur le territoire,
que
ce soit des matières durables, recyclées. Il y a une vraie demande aussi de ce côté-là ?
Oui,
moi je vois beaucoup de parents qui sont inquiets, en fait. C'est surprenant qu'ils sont inquiets des matières qu
'ils
vont utiliser pour leurs enfants. En fait, le petit écolier de Baterdell, si on parle de celui de toute petite section, parce que j'essaye de penser au plus petit qui va utiliser les produits, en fait, à deux ans et demi, le cartable, on le met dans son lit, potentiellement on le suissote un petit peu comme un doux.
Il faut faire
attention à ça. Donc c'est pas mal, parce que maintenant, il y a quand même des parents qui pensent à ça, qui se disent, bon, ok, je peux acheter un cartable qui vient de très loin, qui me plaît, etc. Mais attention, c'est quand même un objet pour mon enfant et j'ai envie qu'il soit safe, qu'il n
'y ait
pas de risque pour l'enfant. Et ça, en effet, c'est quand même quelque chose qui revient. Alors bon, je suis contente parce que maintenant, mes matières premières, elles sont au Ecotex, elles sont certifiées dans tous les sens, donc je sais qu'il n'y a aucun problème. Ce qui était plus délicat pour moi quand j'étais au tout début de mon activité, puisqu'en fait, j'achetais des fins de série, d'ateliers qui fermaient. Et du coup, j'avais plein de matières premières très belles, mais je ne savais pas toujours exactement à 100% leur provenance. Donc ça, j'ai arrêté pour les parties vraiment des tout-petits.
J'utilise toujours ce surcyclage et ce recyclage de rouleaux, mais plus pour des commandes spécifiques, à des fins spécifiques. J'essaye d'avoir un sourcing maintenant très,
très,
comment
dire, rassurant. Rassurant, effectivement. Alors, en quelques mois, on arrive déjà à la fin de cette interview. Vous avez posé vos valises, donc depuis maintenant quelques années, à Make It Marseille. Du coup, c
'est
quoi ? C'est comme un lieu de partage, c'est ça ? Ou on peut... Alors, j'ai quitté Make It Marseille.
Ah,
vous avez quitté Make It Marseille.
Mais
oui, mais je ne sais plus d'actualité, alors.
Non,
mais
ça l'a été pendant toutes mes premières années marseillaises. Make It Marseille, c'est un atelier partagé dans lequel plusieurs artisans sont installés et partagent en fait l'espace. Voilà,
je voulais en parler parce que
je pense que des jeunes artisans qui voudraient se lancer, c'est vraiment ces endroits collaboratifs vous permettent vraiment de tester, de tester vos produits à moindre coût, de tester un peu votre modèle économique avant de vous lancer.
Exactement. Et aussi le côté très rassurant du groupe et de la communauté puisqu'en fait, moi, ce n'était pas rare quand je faisais ma nouvelle collection. J'y suis restée presque 10 ans à Make It Marseille. Je faisais ma nouvelle collection et je mettais tous les prototypes sur la table à l'endroit où on déjeune et je demandais l'avis de tout le monde.
Et en
fait,
moi, ça m
'a beaucoup aidée puisqu'on est accompagnés. Quand on a des grosses commandes, on peut demander un petit coup de main. Et en fait, on s'entraide beaucoup entre artisans. Donc ça,
c
'était très, très précieux pour commencer.
Et donc maintenant, vous avez votre propre atelier, c'est ça ? Vous êtes complètement sortie de Make It Agri. Euh, Make It Agri. Make
It
Marseille.
Make It Marseille. Alors, je suis partie de Make It Marseille, oui. Et j'ai un atelier pour le moment qui est vraiment dans le même quartier à Vauban. Et je pense chercher un autre espace mais plus de bureaux partagés pour tout l'aspect travail de bureau qui
est inhérent aussi au métier d'artisans. Merci en tout cas Clémentine à la Guillaume d'avoir partagé avec nous cette belle aventure.
On
rappelle mon petit cartable qui est vraiment fait pour les enfants maternels avec des matériaux, on va dire, sourcés, éco-certifiés, avec parfois de la matière recyclée également. Cette volonté de proposer le cartable, j'allais dire, idéal pour un enfant en maternelle avec, effectivement, on pense au poids du cartable. Donc un cartable qui se veut aussi très léger. C'est une belle aventure. Merci Clémentine d'avoir partagé avec nous justement mon petit cartable. On vous souhaite beaucoup de succès avec justement ces nouveaux déménagements, ces nouveaux bureaux à venir. Merci encore.
Et
puis... Merci beaucoup. Bonne journée à vous. Au revoir Clémentine. Merci. Bonne journée. Merci pour votre accueil. Allez, on va retrouver Thibaut, notre French Trotter. Sud Radio, c'est ça la France avec Thibaut, le French Trotter. Et il est l'heure de retrouver Thibaut qui nous emmène où aujourd'hui, Thibaut ?
Eh bien Nathalie, on prend la direction de Saumur, en Bordelois, et je vous propose de visiter une institution locale, la Maison Combier, une distillerie, entreprise du patrimoine vivant, qui produit des élixirs à base de fruits, de fleurs et de plantes, à consommer avec modération, bien sûr. Mais à l'origine, l'entreprise était une confiserie. Alors comment passe-t-on des friandises aux spiritueux ? Eh bien Levana, chargée de spiriturisme, nous emmène sur les traces de Jean-Baptiste Combier, le fondateur de la maison il y a presque deux siècles. Tout a commencé en Bourgogne avec Jean-Baptiste Combier.
À l'âge de 19 ans, il a décidé de devenir confiseur et chocolatier et il est venu en fait s'installer ici à Saumur puisque ce qui était intéressant pour lui ici, c'est qu'on retrouvait des raffineries de sucre, il y avait également donc la présence de la Loire pour le commerce, donc très intéressant à l'époque, tout se faisait par bateau. Et puis surtout ici, on parle de douce angevine, donc on a énormément de fruits, une belle abondance de fruits. Et donc la suite ? Pour la suite,
en
fait, M. Combier, quand il a acheté son commerce, il a fait la découverte d'un alambic au fond de son jardin et ça lui a donné une idée, c'est tout simplement de faire une liqueur pour fourrer ses bonbons et ses chocolats par gourmandise et en fait, il a choisi l'orange puisque l'orange arrivait de Haïti par bateau et donc ça ne lui coûtait pas très cher parce qu'avec le trajet, elle arrivait un petit peu à Abimechi. Et en plus, c'était assez stratégique de sa part parce que l'orange, à cette époque-là, était destinée à une certaine classe sociale et ça se démocratisait. Donc tout le monde voulait goûter de l'orange, c'était vraiment tendance et il a commencé à faire maison dans son jardin.
Cette liqueur d'orange pour fourrer ses bonbons et ses chocolats et sa clientèle, en fait, a complètement adoré. Donc en 1847, il a décidé d'arrêter son activité de chocolatier confiseur et d'ouvrir sa distillerie donc en 1848. Et cette fameuse liqueur d'orange a pris le nom de triple sec. Il faut qu'on dise deux mots sur ce lieu qui est assez extraordinaire. Pour moi, c'est un lieu un peu rétro-futuriste, une belle usine du XIXe qui semblerait surgir des romans de Jules Verne. C'est quoi l'histoire de ce lieu ? En fait, ici, vous vous trouvez dans la salle des Alambics, donc c'est notre salle de production.
Et surtout, là, nous, on est entourés d'alambics qui sont en cuivre et qui sont d'origine depuis 1848. On en a une dizaine. Et puis, surtout, on va retrouver une superbe structure qui a été installée par le cabinet d'architecture de M. Eiffel. Mais c'est Gustave Eiffel qui a fait les plans sur mesure justement pour Jean-Baptiste Combier. Et on retrouve les traits de cette architecture caractéristique. Effectivement, on retrouve déjà les œillets, en fait, de la tour Eiffel. Et puis, M. Eiffel avait décidé justement de la peindre en rouge comme la couleur de la tour Eiffel à ses débuts. Et donc, effectivement, ça donne vraiment l'identité de Combier.
Ça donne beaucoup de charme notamment, en fait, à cette salle historique et d'origine, justement.
Donc, on retrouve un petit peu de la tour Eiffel à ce mur. Exactement. Alors, juste un petit mot sur ces alambics. Ça, c'est rare, je crois, d'avoir ce type d'alambics en cuivre toujours en état de fonctionnement.
Oui, je me suis renseigné, en fait. Ce sont des alambics de 320 litres de la marque Egro, un constructeur qui n'existe plus aujourd'hui et qu'il est très compliqué de retrouver. Retournons donc auprès de ces alambics pour découvrir comment on fabrique le fameux triple sec dont la recette n'a pas changé depuis Jean-Baptiste Combier.
On
a tout simplement besoin d'eau, d'alcool, et
puis
nous avons besoin également de sucre blanc, donc de betterave qui vient pour nous de Normandie. Au niveau des oranges, ce qui est très important à retenir, c'est qu'on a deux variétés. On a de l'orange douce qui vient du Maroc et de l'Espagne et surtout, on a l'orange amer qui vient de Haïti. On continue à s'approvisionner Haïti. Deux mots sur le process de distillation ? Eh bien,
en
fait, le triple sec douce au nom, c'est une triple distillation. Nous allons en fait tout simplement déjà procéder aux zestages qui consistent amers,
c
'est-à-dire enlever le ziste du zeste. Le ziste, c'est la petite partie blanche qu'on va trouver à l'arrière du zeste, ce qui fait que notre liqueur sera moins porté sur l'amertume. Après ça, nous allons mettre dans notre alambic l'eau, l'alcool, les oranges douces et justement nos oranges amers et on va tout simplement faire une macération pendant 48 heures à froid pour que l'alambic puisse s'imprégner des arômes et lancer ensuite la distillation. Comment on distille ?
Eh
bien, tout simplement, on va chauffer dans l'alambic, ça va porter ébullition et créer de la vapeur. Donc c'est de cette manière qu'on va distiller. Derrière, on va récupérer le cœur de chauffe et ce cœur de chauffe va répéter le même processus deux fois, en tout cas, trois fois du coup, avec la première. D'où le nom, en fait, triple sec. C'est qu'il va réaliser justement trois distillations.
Et
un élixir à consommer bien évidemment avec modération. Et pour être complet, la distillerie est toujours en activité, peut-être que certains ont envie de la visiter et pour ça, il suffit d'aller sur leur site.
C'est ça,
www.combier.fr
Merci beaucoup Thibaut. Rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle visite. Merci à vous, chers auditeurs. On vous donne rendez-vous la semaine prochaine, même jour, même heure et même radio. Et surtout, d'ici là, portez-vous bien. Sud Radio, c'est ça la France. Nathalie Schrengerma.
Avec les chambres de métier de l'artisanat. Artisans, porteurs de projets, apprentis, nous vous accompagnons depuis 100 ans pour faire battre le cœur de la France.