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speechyoutube.com· 11 juillet 2026

Anne Le Hénanff : Première allocution comme Ministre déléguée chargée de l'IA et du Numérique

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Monsieur le président du CIGREF, madame la présidente de Numéum, cher Damien, monsieur le sénateur, mon président de la Commission supérieure du numérique et des postes, mesdames et messieurs les dirigeants, mesdames et messieurs les DSI, mesdames et messieurs, c'est un honneur pour moi de prendre la parole devant vous pour ma première intervention effectivement publique en tant que ministre de l'intelligence artificielle et du numérique. Petite anecdote, à peine avais-je posé le pied à Bercy que je recevais un SMS de monsieur Henri Dagrin qui m'invitait à venir dès ce soir parmi vous. N'ayant pas pris la peine de lui répondre, il insista et en soirée, je reçus un second SMS auquel il me fut vraiment nécessaire de répondre sous peine de représailles.

Quoi qu'il en soit, c'est un symbole très fort pour moi d'être devant vous ce soir au CIGREF pour votre Assemblée Générale qui incarne depuis plus de 50 ans la voix des grandes entreprises et des administrations françaises dans la transformation numérique de notre économie. Et je sais qu'ensemble, nous partageons la même conviction. Le numérique n'est pas un secteur à part, c'est la colonne vertébrale de la compétitivité, de la souveraineté et de la durabilité de notre modèle économique.

Le premier enjeu, c'est celui de la diffusion de l'intelligence artificielle dans toute l'économie. C'est une bonne transition vers ce que tu viens de dire, Damien. Nous avons désormais des technologies matures, des modèles performants, des cas d'usage qui ont fait leur preuve.

L'enjeu n'est plus de démontrer, mais désormais de déployer. L'IA est aujourd'hui un facteur de compétitivité. Elle permet des gains de productivité, des innovations de rupture et ouvre de nouveaux marchés.

Mais pour que la France en tire pleinement partie, il faut que toutes nos entreprises et pas seulement les grands groupes osent franchir le pas de l'IA. C'est tout le sens du programme Osélia, lancé par Clara Chappaz, que je m'engage à amplifier. J'en profite d'ailleurs pour saluer le travail engagé ces derniers mois par Clara Chappaz sur ce sujet et bien d'autres encore.

Il permettra de valoriser les cas d'usage réussis, de rendre visibles les bénéfices concrets et de diffuser cette culture de l'expérimentation à grande échelle. Le deuxième grand défi est celui de la souveraineté numérique. Comme l'a rappelé le rapport Draghi, le déficit de croissance de l'Europe tient en grande partie à notre retard numérique et à notre dépendance envers des technologies extra-européennes.

Renverser cette dépendance, cela veut dire maîtriser nos technologies stratégiques et y parvenir de manière compétitive. Nous allons agir sur plusieurs fronts. Tout d'abord, nous devons affiner notre compréhension de nos dépendances critiques.

C'est tout le sens de la création de l'observatoire de la souveraineté numérique piloté par le Haut-Commissariat au Plan. Il nous permettra d'avoir une vision partagée des dépendances de nos secteurs publics et privés aux technologies non souveraines. Ensuite, il est crucial de développer et de financer des chaînes de valeurs européennes.

Nous soutenons des initiatives telles que le projet de texte européen sur le développement du cloud et de l'intelligence artificielle, la révision du CHIPS Act ou encore la nouvelle stratégie quantique de l'Union européenne. Ce sont autant de briques qui nous permettront de renforcer notre autonomie technologique. Pour que ces chaînes de valeurs se développent, je sais que nos entreprises et notamment nos start-up les plus prometteuses ont des besoins de financement parfois considérables.

C'est le sens des travaux engagés sur l'union des marchés des capitaux au niveau européen. En parallèle, nous devons assurer la protection de nos données sensibles. La France a adopté sur ce sujet une ligne claire pour les usages relatifs aux données particulièrement sensibles.

Et je parle bien des usages les plus critiques qui relèvent de notre autonomie stratégique. Seules des solutions de cloud immunisées contre les lois extraterritoriales sont acceptables. Nous continuerons de défendre cette exigence dans toutes les enceintes européennes et internationales.

Enfin, je souhaite m'engager devant vous sur l'exemplarité de la commande publique. En effet, l'État doit montrer l'exemple. Je travaillerai avec le ministre de la fonction publique et de la réforme de l'État, David Amiel, à faire en sorte que la commande publique devienne un levier stratégique au service de nos technologies européennes et françaises.

Et j'aurais dû même dire françaises et européennes. Notre troisième grand enjeu, c'est la protection au bon niveau des citoyens comme des entreprises. La directive NIS2, en cours de transposition dans le projet de loi Résilience, qui devrait bientôt, je l'espère, poursuivre son parcours à l'Assemblée nationale, rehausse les exigences de cybersécurité pour de nombreuses entreprises et collectivités locales, ainsi que pour les acteurs de territoire, 15 000 entités à peu près.

C'est un sujet que je connais bien et qui me tient particulièrement à cœur. J'en profite pour saluer M. Strubel, ici présent, pour son engagement sur la loi Résilience.

Et je souhaite vraiment, vraiment que vous l'applaudissiez, parce qu'il a fait un travail exceptionnel. Car une économie puissante ne peut se construire que sur une infrastructure de confiance. Ces mesures s'appliquent à un grand nombre d'acteurs.

D'autres doivent se concentrer sur des grandes plateformes numériques qui, par leur taille et leur position, ont une responsabilité accrue. La mise en œuvre effective du DSA, du DMA, est essentielle pour rétablir un enjeu équitable sur le marché numérique européen. La France appelle la Commission à la vigilance, notamment dans le cloud et la publicité en ligne.

Il s'agit aussi de protéger les mineurs, notamment contre le harcèlement en ligne. C'est un sujet très important, porté par le président de la République, sur lequel le gouvernement est au travail et dont les parlementaires sont pleinement... ...également les initiatives sur la responsabilisation des grandes plateformes en matière de protection de l'environnement.

Le quatrième grand enjeu, c'est s'assurer de disposer d'infrastructures numériques durables et disponibles sur lesquelles s'appuyer notre ambition. Nous devons accompagner les implantations de data centers et attirer les investissements stratégiques sur notre sol. Une task force est dédiée et y veille déjà dans le prolongement du sommet IA.

La connectivité du territoire reste bien sûr une priorité nationale. Grâce aux politiques publiques qui ont été menées, la France est aujourd'hui l'un des pays les plus connectés d'Europe. Après l'atteinte du très haut débit pour tous, notre objectif est désormais de finaliser les déploiements et d'assurer la migration du cuivre vers la fibre, avec un accompagnement spécifique des ménages modestes et des TPE.

Je vous rappelle, pour votre information, si vous ne l'avez pas noté, que les infrastructures qui étaient avant sous l'autorité du ministre de l'Industrie m'ont été rattachées de telle sorte qu'on est l'ensemble de la chaîne sous ma responsabilité. Vous le voyez, les chantiers sont immenses. Et je n'ai évidemment pas tout abordé.

Mais je n'ai pas l'intention de le faire toute seule. C'est le sens de la feuille de route qui m'a été confiée par le Premier ministre Sébastien Lecornu, à savoir animer l'ensemble de l'écosystème, les organisations professionnelles, les associations et bien sûr, les parlementaires. C'est tous ensemble que nous réussirons.

Dans ce chantier collectif, le CIGREF a un rôle essentiel à jouer. Je sais pour vous, sur votre expertise, sur votre engagement concret, permettez-moi d'en citer seulement trois. Il y en aura bien d'autres, mais il y a trois idées que je voulais publiquement vous proposer ce soir.

La première des contributions, ce serait évidemment de participer aux travaux du Haut-Commissariat au plan pour bâtir une connaissance partagée de nos dépendances technologiques. Le deuxième serait, par exemple, de mobiliser la commande privée pour soutenir les offres françaises et européennes. Une troisième proposition, s'engager dans les technologies d'avenir, à commencer par le calcul quantique.

C'est une révolution en gestation. J'invite vos entreprises à s'y associer dès maintenant par la recherche, l'achat de temps de calculs ou même de machines pour maîtriser ces outils et préparer les usages de demain. Mesdames et Messieurs, notre ambition commune est claire, et de l'Europe, des puissances numériques innovantes et responsables.

Cela demande du courage, de la constance et surtout de la coopération. Mais je suis convaincue d'une chose, avec des acteurs tels que le CIGREF et de nombreux autres, cette ambition est à notre portée. Je vous remercie de votre attention, de votre écoute.

Je vous souhaite une excellente Assemblée Générale et bien sûr, ma porte vous est grande ouverte. Sous-titrage Société Radio-Canada