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interviewBFM Business — La grande interview· 6 novembre 2025 21 min

Stéphane Travert, député EPR et président de la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale – 06/11

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

BFM Business et La Tribune présente le 18-19 d'Edwis Chevrillon. Vous êtes bien dans le 18-19 avec mon premier invité, l'ancien ministre de l'Agriculture Stéphane Travers. Bonsoir Stéphane Travers. Bonsoir Edwis Chevrillon. Merci d'être là parce que l'actualité est très chargée. Budget à l'Assemblée Nationale, évidemment. Et puis aujourd'hui il y avait le salon Made in France. Et puis il y a tout ce débat autour des taxes, des nouvelles taxes. Il y a encore une nouvelle taxe qui vient d'être votée. Je vais d'abord commencer puisque vous êtes président de la Commission des Affaires Économiques. Maintenant vous avez chipé ça il y a un mois tout juste à Aurélie Trouvé, à la députée LFI.

Et vous, vous êtes modem. Vous allez voir pourquoi je le précise.

0:42
Stéphane Travert

Non, je suis EPR.

0:44
Présentateur

EPR maintenant, Ensemble pour la République.

0:45
Stéphane Travert

C'est le bloc central.

0:46
Présentateur

C'est le bloc central, mais c'est pour ça que vous allez voir ça. Pourquoi je vous dis ça, c'est à propos d'Edouard Philippe qui propose un deal XXL aux entreprises. Sur Chine, est-ce qu'il faut croire aux promesses de la plateforme qui dit on va respecter tous nos engagements ? En tous les cas, c'est son président Donald Tank qui s'y engage. Il faut croire ou pas ?

1:08
Stéphane Travert

Écoutez, en tous les cas, il va falloir réguler et adapter le cadre juridique que nous avons devant nous parce que ce qui se passe depuis quelques jours est forcément inacceptable. Regardez ce matin, nous avons des ministres qui sont allés à l'aéroport, qui ont fait un contrôle. Nous en avons vu les images et qui ont découvert en direct, devant des caméras, des colis qui ne sont pas conformes, qui ne respectent pas nos normes environnementales, nos normes sociales. Ce n'est pas une surprise, bien évidemment.

1:35
Présentateur

Non, j'en veux dire, vous êtes des grands naïfs. Par contre, je dis vous, c'est des politiques.

1:38
Stéphane Travert

Non, non, on n'est pas naïf. On sait très bien que, de toute façon, ce genre de colis circule depuis un certain nombre de temps dans l'ensemble du pays. Maintenant, c'est face à la désertification du retail habituel, du commerce d'habillement, des magasins d'habillement qui connaissent des difficultés parce que les plateformes ont pris la place. C'est comment nous réussissons à faire en sorte que ces plateformes puissent respecter nos normes, nos standards environnementaux, sociaux et qu'on ne puisse plus se retrouver avec des produits qui innombent le marché français. Et moi, ce qui m'a surpris...

2:12
Présentateur

Pardonnez-moi, juste un point, parce que ce qui est quand même très grave, je suis d'accord sur le textile, c'est très grave, mais c'est les armes létales, c'est les coupés...

2:19
Stéphane Travert

Exactement. Ce sont les coupés pédopornographiques, ce sont les armes létales. Et ce qui m'a surpris hier, c'est l'image où vous aviez des manifestants qui venaient manifester leur désapprobation avec l'arrivée de Shine au BHV du Marais.

2:32
Présentateur

Et dans le même temps, cette file immense de gens qui n'attendaient que ça,

2:36
Stéphane Travert

cette ouverture du corner Shine parce qu'ils proposent des produits qui ne sont pas chers. Donc, on a de la pédagogie à faire, on a un cadre juridique à travailler, le gouvernement a fait un certain nombre d'annonces et j'espère que la discussion avec la plateforme va permettre d'aboutir à des résultats concrets.

2:54
Présentateur

Vous allez l'auditionner, là ? Pourquoi vous ne l'avez pas convoqué, là, le président ?

2:57
Stéphane Travert

Alors, il a été convoqué par une commission d'enquête, puisque vous savez qu'il y a une commission qui traite sur les sujets de la fast fashion à l'Assemblée nationale, qui est pilotée par Anne-Cécile Violent. Il y avait eu une proposition de loi, d'ailleurs, qui avait été votée au Parlement.

3:10
Présentateur

Oui, mais vous, vous êtes le président de la commission des affaires économiques.

3:14
Stéphane Travert

Mais bien sûr.

3:14
Présentateur

C'est quand même quelque chose.

3:16
Stéphane Travert

C'est important et c'est un sujet auquel j'ai pensé. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, le rôle de la commission des affaires économiques, c'est de bondir aussi sur les sujets d'actualité pour demander des comptes à ces dirigeants et de pouvoir le faire. Et je ne m'interdis pas de le faire véritablement. Mais nous sommes dans une session budgétaire. Nous avons des auditions qui sont déjà calées, des auditions de ministres à venir.

3:46
Présentateur

Oui, mais du coup, ça va être très longtemps. Vous voyez ce que je veux dire ? Non, pas dans très longtemps. Typiquement, il faut de la réactivité. Je ne vous demande pas d'être aussi rapide que nous, évidemment. Mais enfin, quand même.

3:54
Stéphane Travert

Bien sûr. Mais nous serons réactifs. Et nous serons, bien évidemment... Vous voyez, il y a 15 jours, après avoir obtenu le prix Nobel, j'avais demandé aussitôt à Philippe Ayon de venir devant les députés de la commission des affaires économiques.

4:11
Présentateur

Lui qui a dénoncé votre nullité, si je puis me permettre.

4:13
Stéphane Travert

Il a dénoncé la nullité de certains députés. Oui, certains. Mais quand je dis, vous, c'est un vous de politesse. C'est un vous global, oui, exactement. Mais il a pu être surpris d'un certain nombre d'interventions de députés qui étaient venues à la commission. On confirme. Mais voilà, on doit effectivement réagir à l'actualité. L'actualité est riche en ce moment. Et sur ce sujet-là, oui, bien sûr, c'est quelque chose que nous ferons et que nous demanderons.

4:38
Présentateur

Oui, parce que le Sénat est plus réactif. Le Sénat, on voit bien qu'ils sont très, très à l'affût. On l'a vu, je vais recevoir le sénateur, le fameux sénateur Fabien Guéa, qui a fait le rapporteur de cette commission des affaires entreprises.

4:51
Stéphane Travert

Mais de la même manière, il y a des députés qui ont demandé à auditionner le patron de Shine France et Donald Tang, parce qu'il y a une commission sur la fast fashion qui est en cours. Mais l'essentiel, c'est que les parlementaires, quelle que soit d'ailleurs la commission, puissent faire leur travail dans ce domaine. Et que l'on régule le cadre juridique là-dessus.

5:13
Présentateur

Je voulais dire, madame, c'était pour autre chose, on verra après. Ensemble pour la République, vous avez été le ministre d'Edouard Philippe.

5:20
Stéphane Travert

Oui, le Premier ministre de l'Agriculture, le gouvernement d'Edouard Philippe.

5:23
Présentateur

Absolument. Vous avez vu ce qu'il a proposé, là ? Vous avez vu, vous avez eu le temps de regarder ? Oui, j'ai vu, 250 milliards. Un deal, un deal, un deal, un deal. Avec les entreprises, 50 milliards, on vous supprime 50 milliards d'impôts. Puis à l'autre côté, on vous supprime des aides aux entreprises. C'est un peu du reste qu'avait proposé le MEDEF.

5:41
Stéphane Travert

Oui, mais je pense que là, on est sur un problème de temporalité, là. Véritablement, parce que c'est un débat qui pourra venir dans quelques mois à la présidentielle. Aujourd'hui, l'urgence, c'est de construire un budget. C'est de construire un budget pour assurer la stabilité. J'étais avec des chefs d'entreprise cet après-midi qui nous disent, nous, on a besoin que vous puissiez avancer sur la construction d'un budget qui permette aux entreprises d'assurer la compétitivité à travers l'innovation, facteur de croissance et création d'emplois. C'est cela dont nous avons besoin. Parce que nous avons besoin de stabilité. Et cette stabilité, elle doit durer jusqu'en 2027. Et il viendra le temps.

Et Edouard Philippe aura tous les moyens pour pouvoir le faire. qu'il fasse des propositions.

6:23
Présentateur

Il veut aller plus vite.

6:24
Stéphane Travert

Il veut aller plus vite. J'ai bien entendu qu'il souhaitait même devancer l'élection présidentielle. Moi, je ne partage pas, bien évidemment, ce point de vue parce que ça fragilise nos institutions, d'une part. Ça fragilise le mandat auquel lui-même concourt. Et je suis quelque part déçu qu'il y ait eu cette proposition. Ce dont nous avons besoin aujourd'hui...

6:46
Présentateur

Et là, vous êtes déçu, vous lui dites, tu te trompes de tempo ?

6:50
Stéphane Travert

Oui, c'est un problème de temporalité. Une fois de plus. Autant sur la volonté de faire en sorte que le président remette sa démission dans quelques mois sur un débat. C'est un débat qu'on peut lancer. On peut avoir le débat sur le deal fiscal avec les entreprises parce qu'on a besoin aujourd'hui... Et Julien Dive, mon collègue de LR, disait l'autre jour dans l'hémicycle ce ne sont pas les députés qui créent les emplois. Il avait raison, ce sont les chefs d'entreprise. Et donc, on a besoin de donner un cadre fiscal, un cadre réglementaire aux entreprises.

7:19
Présentateur

Là, vous avez un peu les deux échos. Vous avez des chefs d'entreprise qui disent on n'en peut plus de cette instabilité politique et puis surtout de toutes ces taxes, re-taxes. Il y en a encore une qui a été sortie aujourd'hui. Il faut que ça cesse. Donc, finalement, ils étaient... Même, je veux dire, des chefs d'entreprise, vous voyez, qui sont plutôt assez modérés, ils commencent à se dire, finalement, est-ce qu'il ne faut mieux pas que la page se tourne ? Parce qu'il y a un tel délire fiscal que ça leur fait peur.

7:48
Stéphane Travert

Nous sommes dans la première phase d'examen du budget. C'est la première lecture à l'Assemblée nationale. En ce moment, c'est le PLFSS. Nous reprendrons la semaine prochaine la première partie du PLF. Il y a la lecture au Sénat. Il n'y a rien de définitif dans la copie qui est remise aujourd'hui et qui est présente à l'Assemblée nationale. Donc, bien évidemment, on assiste de temps en temps à une forme de concours lépine de la taxe, de la meilleure taxe, de la taxe qui a le meilleur rendement.

8:13
Présentateur

Vous avez vu la hausse de la taxe sur la CSG ?

8:15
Stéphane Travert

Sur la CSG, oui, je l'ai vu.

8:17
Présentateur

Oui, sur le capital, qu'est-ce que vous en dites ?

8:19
Stéphane Travert

Maintenant, moi, je crois qu'on ne doit pas fragiliser la valeur du travail. Le travail doit payer. On ne doit pas fragiliser nos entreprises parce qu'aujourd'hui, elles sont en attente. Parce qu'on le voit bien, les crayons ont été baissés. On a moins d'investissements, on a moins d'activités. Et aujourd'hui, on a besoin, à l'horizon de 2027, avant d'avoir le grand débat autour de la présidentielle et de projeter la France sur les cinq prochaines années, de faire en sorte que, dans le temps qui nous reste, nous puissions offrir aux entreprises, mais aussi à nos concitoyens, aux Françaises et aux Français, et parmi eux les plus fragiles aussi, des perspectives durables et d'apaisement.

8:58
Présentateur

Et un point, juste, hier, à BFM TV, on commentait l'interview de Jordan Bardella, qui lui dit, je veux faire un pacte de confiance avec les chefs d'entreprise. On voit bien qu'il y a beaucoup de chefs d'entreprise qui regardent de très très près quand même, qui se tournent vers le Rassemblement national. Là, en tous les cas, tous les politiques, enfin, surtout à droite, on veut dire, font une espèce de danse de sept voiles vis-à-vis des chefs d'entreprise. Ça va être l'enjeu, un peu, de la future présidentielle ?

9:28
Stéphane Travert

L'enjeu, il est partout. L'enjeu, il est auprès de nos concitoyens les plus fragiles. L'enjeu, il est auprès de nos chefs d'entreprise, parce que ce sont eux qui ont la main sur la création des emplois. Et donc, il faut leur offrir un cadre juridique et réglementaire qui soit propice à ce que la compétitivité et la croissance soient là. Derrière, je dirais que je vois bien l'inversion complète des choix du Rassemblement national. Il y a encore quelques semaines, nous étions sur les choix autour de Marine Le Pen qui traitaient à peine le sujet des entrepreneurs et des entreprises avec la volonté de taxer un certain nombre de... Et maintenant, on a...

En s'alliant parfois même avec la France insoumise à l'extrême gauche. Et aujourd'hui, revirement, c'est M. Bardella qui a repris le contrôle du mouvement avec une politique pro-business. Les chefs d'entreprise, et j'en ai rencontré beaucoup ce matin sur le stand du Médifrance, ne s'y trompent pas.

10:24
Présentateur

Est-ce qu'ils ont le moral chez l'entreprise du Médifrance ? Parce que quand on voit le problème du Chine, lorsqu'on voit le problème de la réindustrialisation, encore une taxe aussi qui a été adoptée. Alors après, ce n'est pas définitif, justement sur l'alimentation transformée, sur les confiseries, sur les chocolats, sur tout ça. C'est difficile d'être français aujourd'hui ?

10:47
Stéphane Travert

C'est difficile. Moi, j'ai vu des chefs d'entreprise, et pour être vraiment très transparent, moi, j'ai vu un chef d'entreprise de la région Normandie ce matin qui me disait, moi, j'ai des opportunités de développement. Et je ne sais pas si... Il me disait clairement, je ne sais pas si je vais les faire en France. Alors, je lui ai demandé de m'envoyer une petite note parce que moi, je veux en parler avec le ministre de l'Économie. Je veux en parler avec la ministre du Budget parce qu'on a besoin d'accompagner ces entrepreneurs.

Et pourquoi est-ce qu'il ferait le choix demain, moi, ça me désespère de voir des chefs d'entreprise qui ont réussi dans notre territoire et qui, demain, vont aller investir dans un autre pays que la France. Et donc, comment est-ce qu'on réagit ? On ne doit pas perdre de temps. Et donc, on doit leur offrir des perspectives. Et c'est tout l'enjeu de la bataille budgétaire qui est la nôtre. Trouver le chemin, le deal, le compromis nécessaire.

11:32
Présentateur

L'inquiétude est grande, l'inquiétude est grande quand même.

11:33
Stéphane Travert

Oui, il y a de l'inquiétude. Il y a de l'inquiétude, mais j'essaye de cultiver, en ce qui me concerne, l'optimisme de la volonté et de faire en sorte qu'on puisse trouver les bons réglages et les bons compréhens qui nous permettront à la fois d'avoir un budget qui est votable et d'avoir un budget qui permette à la fois d'offrir des perspectives à nos entreprises, aux industriels et d'offrir des perspectives, de toute façon, à l'ensemble des Français.

11:55
Présentateur

Vous avez vu Jordan Bardella qui donne un interview à The Economist ?

11:59
Stéphane Travert

C'est la liberté de la presse d'interviewer qui ils veulent. Je n'ai pas lu l'interview, mais...

12:06
Présentateur

C'est quand même...

12:07
Stéphane Travert

Voilà.

12:10
Présentateur

Elle est au bout de vos pensées ?

12:12
Stéphane Travert

Je sens que... Non, mais bon, voilà. Les bravos vous entendent, visiblement.

12:18
Présentateur

Stéphane Travers, on va revenir plus sur vos sujets. Maintenant, c'est un sujet. Ça va être votre sujet. Sur le Mercosur, les députés LR, cette fois-ci... Parce qu'il faut dire que la droite, la gauche, se déchaîne aussi, au point que certains disent que le Premier ministre, c'est Olivier Faure. Mais à droite, c'est quand même compliqué de vous suivre. Alors, les députés LR, ils veulent un vote. Et les députés républicains menés par Laurent Wauquiez, ils ont demandé au Premier ministre, l'organisation de ce vote, sur le traité Union européenne Mercosur, qu'ils contestent. On va en reparler, parce qu'évidemment, il y a la COP30 qui a débuté au Brésil.

C'est quoi votre position en tant que président de la Commission des Affaires Économiques ?

12:55
Stéphane Travert

Ah, mais nous, depuis le début, quand j'étais ministre de l'Agriculture, encore maintenant, et avec le président de la République, vous ne nous avez jamais entendus sur autre chose que de dire que ce traité n'était pas bon pour notre agriculture, parce qu'il ne respecte pas nos standards de production. Parce que c'est un risque pour nos filières. La filière volaille, la filière sucre-éthanol, la filière bovine. Alors, il y a des filières qui peuvent y trouver un intérêt à l'intérieur du Mercosur. Il y en a, une partie de la filière viticule, la filière rovine, la filière de l'échalote. J'ai appris ça, qu'ils commercent beaucoup avec les pays d'Amérique du Sud. Ça crée de nouveaux débouchés.

Mais la balance fait qu'elle est totalement déséquilibrée. Et puis, nous l'avons toujours dit, et moi, quand je vois des articles qui disent que le président soutient le traité du Mercosur, je dis non, nous avons la même position depuis 2017, nous sommes cohérents.

13:46
Présentateur

Oui, enfin, ces dernières interventions, vous pouvez laisser entendre que finalement, il y avait quand même un bon côté.

13:54
Stéphane Travert

Non, parce que, M. Chevrillon, le traité a été validé par Mme von der Leyen. La France et ses alliés, nous n'avons pas réussi, il faut le dire, à avoir une minorité de blocage suffisant. J'avais un entretien la semaine dernière avec des députés de la Diète Polonaise, de la Commission agriculteure de la Diète Polonaise. Nous continuons ensemble avec les pays qui constituent cette task force de pouvoir trouver les éléments qui nous permettraient demain de reculer encore l'acceptation de ce traité. Bien évidemment, la France a obtenu, avec le travail de la ministre de l'Agriculture et du président de la République, l'arrivée de clauses miroirs, l'arrivée de clauses particulières.

Mais il n'en demeure pas moins qu'entre la mise en œuvre de ces clauses, il va se passer du temps et que nous avons besoin encore, et avec le Parlement, avec les députés européens français, et que tout le Parlement national se saisisse de cette question. Or, aujourd'hui, je ne pense pas que nous puissions aller au vote ou alors ce serait une proposition de résolution qui pourrait se faire à l'Assemblée nationale, mais le traité du Mercosur ne sera pas ratifié, malheureusement, par le Parlement national.

15:02
Présentateur

D'accord, mais alors qu'il va se passer quoi ?

15:04
Stéphane Travert

Eh bien, c'est la Commission européenne, ce sont les parlementaires européens qui vont se prononcer là-dessus,

15:13
Présentateur

dont Jordan Bardella,

15:14
Stéphane Travert

dont l'ensemble des députés des différentes familles politiques qui représentent la France au Parlement européen, et les autres aussi, et nous verrons bien le vote. En tous les cas, on a un gros, gros travail de persuasion à faire sur ce sujet.

15:29
Présentateur

J'ai juste un mot, parce que je voudrais qu'on parle de la loi d'Escrozaille ensuite, parce que vous avez déposé une PPL, un projet de loi, sur un point. Sur la loi Duplon, est-ce qu'elle a disparu dans ce délire législatif ? Elle est là, elle n'est plus là, elle va s'appliquer, il y a des décrets ?

15:48
Stéphane Travert

Non, la loi Duplon, vous avez vu, elle a été adoptée à l'Assemblée nationale, dans les conditions que vous savez. Il y a un certain nombre d'articles, notamment l'article qui concerne l'utilisation de l'acétamipride, qui a été rejeté par le Conseil constitutionnel, qui a donné un avis négatif sur cet article. Et d'ailleurs, pas plus tard qu'hier matin, en commission des affaires économiques, nous avons travaillé sur la pétition, puisque vous savez qu'il y a eu une pétition de plus de 2 millions de signatures.

Et donc, nous avons traité avec deux rapporteurs, qui étaient Aurélie Trouvé, qui était contre, bien évidemment, la loi Duplon, et Mme Hélène Laporte du Rassemblement national, qui était favorable à la loi Duplon, pour nous donner leur, je dirais, nous ont présenté leur rapport. Et ensuite, cette pétition, donc, va donner lieu à un rapport de la commission des affaires économiques. Et je sais qu'un certain nombre de... Oui, bien sûr. Oui, c'est vous qui l'incardez. On va donner lieu à un rapport. Et ensuite, nous verrons s'il doit y avoir un débat dans l'hémicycle qui sera organisé sur ce sujet. Mais ce sera un débat sans vote.

J'ai saisi, comme président de la commission des affaires économiques...

16:56
Présentateur

Et vous, votre position, c'est quoi ? Je ne me souviens plus.

16:58
Stéphane Travert

Moi, je souhaite qu'il puisse y avoir un débat. C'est important, parce qu'on ne peut pas traiter à la légère 2 millions de signatures. Et puis, parce qu'on a besoin de revenir sur ce sujet, sur l'ensemble de la loi Duplomb. Et notamment sur la question de l'acétamipride, avec des données qui soient objectivées. Parce que le débat a été...

17:15
Présentateur

Si vous y arrivez, alors là...

17:17
Stéphane Travert

Mais ce sera difficile. Mais nous avons eu... Et je me souviens que quand nous avons eu le débat en commission sur la loi Duplomb, Duplomb-Menonville, et hier matin, en commission, les débats ont été respectueux et de qualité. Il n'y a pas de raison qu'on n'y arrive pas dans l'hémicycle. D'accord. Sur des données objectives.

17:33
Présentateur

Oui, décidément, toutes ces lois dans lesquelles vous êtes partie prenante, Stéphane Travers, la loi d'Escrozaille. Oui. Alors, c'est le retour. Là, les négociations commerciales, elles vont repartir la semaine prochaine, je crois. Oui. Où est-ce que là aussi, où est-ce qu'on en est, ces fameuses lois, tant décriées par certains, ni par d'autres, ou au contraire portées au nu ? Et vous, vous avez déposé une PPL, une proposition de loi ?

18:02
Stéphane Travert

Sur un article de la loi d'Escrozaille, c'était l'article 9 de la loi d'Escrozaille, qui prévoit qu'en cas de désaccord entre le fournisseur et le distributeur, il puisse y avoir un refus de livrer les produits sur lesquels porte la négociation. C'est un article qui n'a pas été beaucoup utilisé, mais on va dire que c'est un outil de dissuasion. Parce que, moi, ce que je constate, c'est que sur les négociations commerciales, tout le monde est la main sur le cœur en disant qu'il doit y avoir le partage de la valeur, chacun doit contribuer à l'effort.

Et à chaque fois, tout cela se termine en drame national au Salon de l'Agriculture, qui est une caisse de résonance énorme sur la question des négociations commerciales. Et à chaque fois, vous avez les distributeurs, les transformateurs, les agriculteurs qui nous disent que ces négociations commerciales se passent mal.

18:48
Présentateur

On les voit là, oui.

18:48
Stéphane Travert

Demain, il va falloir trouver, et il faudra revenir sur le métier. Moi, je fais partie de ceux qui considèrent que nous devrions refaire une session des états généraux de l'alimentation pour faire un point 7-8 ans après les premiers états généraux que j'avais menés, pour faire un point pour savoir où on en est, comment est-ce qu'on avance, parce que dans les autres pays européens, ce n'est pas le psychodrame français que nous voulons.

19:10
Présentateur

C'est la combienième loi ?

19:11
Stéphane Travert

Il y a deux lois égalim, et puis la loi d'Escrozaille. Il y avait l'option d'un égalim 4. Moi, personnellement, je ne suis pas un partisan de l'égalim 4. Moi, je considère que si on applique bien égalim 1, égalim 2 et les éléments de la loi d'Escrozaille, on doit pouvoir y arriver. On doit pouvoir y arriver. Et on doit pouvoir y arriver avec tous les acteurs de la grande distribution. Ce ne sont pas des outils contre la distribution ou contre les transformateurs. Ce qui m'apporte, c'est le partage de la valeur et le fait que les négociations commerciales se fassent, je dirais, dans l'intérêt de chacune des parties.

19:43
Présentateur

Merci beaucoup Stéphane Travers. Merci. Un point, parce que dans un instant, je reçois une économiste que vous connaissez forcément, c'est Gilles Raveau, économiste, dit plutôt de gauche, face à Jean-Marc Daniel. Lui, il sort un livre sur l'inflation, le grand scandale, et il dit qu'en fait, les hyper-profits de l'industrie agroalimentaire, il les dénonce en disant qu'ils ont profité de l'inflation due au choc de l'Ukraine, au choc du Covid, etc. en disant qu'ils auraient pu très bien faire baisser les prix, c'est ça la concurrence, ils ne l'ont pas fait, ils en ont profité.

20:18
Stéphane Travert

Je ne sais pas, moi si je regarde les industriels, l'industrie agroalimentaire, on va dire franco-française, moi je crois qu'il y a eu là aussi de la redistribution. Moi vous savez, je suis dans un territoire où l'industrie agroalimentaire est très présente, on est à 4,5% de taux de chômage, et je peux vous dire qu'aujourd'hui, pour avoir des salariés dans ces entreprises, il faut bien les payer, et mieux les payer, et tant mieux. Et je crois qu'il y a aussi une part de redistribution qui s'est faite, mais c'est un débat que l'on peut avoir, mais peut-être que certains...

20:49
Présentateur

Nous on l'aura, je vous propose à bien rester, mais je sais que là vous devez retourner à l'Assemblée nationale. Merci beaucoup, en tous les cas, c'est pas un travail d'être venu ici, donc président de la commission des affaires économiques à l'Assemblée nationale.

Stéphane Travert, député EPR et président de la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale – 06/11 — Stéphane Travert · Pourquijevote