Mathilde Panot (LFI) : "Fabien Roussel n'a pas grand chose à voir avec les idées que nous défendons"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Un podcast France Culture. Avec des luttes et des combats. En 2006, au lycée, elle s'oppose au contrat première embauche de Dominique de Villepin. Première manif, elle adhère au syndicat de gauche l'UNEF et au mouvement ATD Carmond qui lutte contre la pauvreté. Mais la politique n'est jamais loin. Dès 2012, elle s'engage dans la première campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon et participe de près à la création de la France insoumise. Fidèle parmi les fidèles, elle entre au palais Bourbon en 2017, représentante des quartiers populaires. Ivry-sur-Seine et le Kremlin bicêtre, ses terres d'élections au sud de la capitale.
Députée du Val-de-Marne, à l'Assemblée, elle revendique le bruit et la fureur. Les excès, elle les subit aussi quand elle se fait traiter de poissonnière à la tribune. En réponse, elle invite une poissonnière à l'Assemblée. Le tour est joué. En 2021, à 32 ans, elle succède à Jean-Luc Mélenchon et devient la plus jeune présidente de groupe de l'histoire de l'Assemblée. Elle nous dira si la nuance a encore sa place en politique et pourquoi la France insoumise ne perce pas dans les campagnes. Bonjour Mathilde Panot. Bonjour. Merci d'être la troisième invitée de cette nouvelle saison de Sens politique. Je rappelle le principe de cette émission.
Une invitée, trois archives sonores pour retracer votre parcours, votre engagement et votre personnalité. Merci d'être fidèle à ce rendez-vous. Nous sommes ensemble jusqu'à 13h30. Cette semaine, Raphaël Glucksmann a déclaré sa candidature dans l'Obs aux élections européennes pour le mouvement Place Publique. C'est une nouvelle liste autonome à gauche. C'est acté, Mathilde Panot. La NUPES ne sera pas unie aux élections européennes du 9 juin.
Non, fort heureusement, ce n'est pas acté et nous espérons encore pouvoir convaincre nos partenaires qu'il faut absolument partir unis aux élections européennes. Pourquoi ? C'est simple. Tous les sondages le montrent. S'il y a une liste NUPES unique, alors nous pouvons faire que le soir des Européennes, nous soyons la première force politique du pays devant les lepénistes et les macronistes, ce qui, je crois, enverrait un signal extrêmement puissant.
Et d'ailleurs, je veux saluer l'initiative des organisations de jeunesse de la NUPES qui, tout l'été, ont travaillé pour travailler ensemble 166 propositions communes pour montrer que nous avons beaucoup de combats à mener ensemble, que nous sommes d'accord sur l'essentiel des choses apportées au niveau européen et qu'ils font donc continuer à tout prix à faire en sorte que cette liste unique puisse advenir, d'autant que 82%, et c'est un sondage de fin août, 82% des électeurs de la NUPES la souhaitent.
Cette semaine, en une du quotidien Libération, trois représentants de la NUPES, Fabien Roussel pour le PCF, Julien Bayou pour Europe Écologie Les Verts, Marie-Pierre Delagontry pour le Parti Socialiste, posent et défendent dans une tribune avec l'aile gauche de la Macronie la régularisation des travailleurs sans papier dans les métiers en tension. Il y a tout le monde, sauf la France insoumise. Est-ce la fin de la NUPES ?
Non, alors nous avons un désaccord sur cette tribune que je vais expliquer. D'abord parce que cette opération est une opération qui vise en quelque sorte à être le petit sucre qui ferait passer une énième loi immigration. Ça serait la 22e loi immigration depuis 1990. Et cette loi immigration contient évidemment des mesures qui sont encore plus répressives sur la question de l'immigration et qui sont des atteintes pour nous aux droits humains des personnes exilées.
Mais ma question n'est pas celle-là, pardonnez-moi. Est-ce que c'est la fin de la NUPES ? Parce qu'on peut voir aussi les déclarations récentes de Fabien Roussel qui dit qu'il n'y aura pas de candidature commune à gauche pour la présidentielle, qui appelle aussi à envahir les préfectures et les supermarchés, une initiative que condamne Jean-Luc Mélenchon. Il y a énormément de tensions dans l'air.
Non mais Fabien Roussel, il y a toujours eu de la tension avec lui. Fabien Roussel est celui qui nous a fait perdre à 420 000 voix le second tour de l'élection présidentielle. D'accord ? Et on se demande aujourd'hui à quel camp appartient Fabien Roussel. Et il ferait bien de se rappeler qu'il a été élu par les voix de la NUPES sur un programme partagé commun qui comptait 650 mesures. Donc peut-être que, et il faut quand même imaginer si nous avions dit un millième de ce qu'a dit Fabien Roussel sur l'envahissement des préfectures, quelle polémique nationale aurait été montée ? Alors peut-être est-ce parce que Fabien Roussel est l'ami de M. Darmanin qu'il n'y a pas de polémique dessus ?
Mais je crois qu'on ne peut pas juger l'état de la NUPES au dire de M. Roussel. Et ce qui se passe avec la jeunesse est une preuve qu'il y a une envie de continuer cette union autour d'un programme. Est-ce que vous lui demandez de quitter la NUPES à Fabien Roussel ? C'est à lui d'en tirer des conséquences. On verra. Mais en tout cas, quelqu'un qui ne veut pas de candidature unique, qui ne respecte pas notre programme, qui ne cesse de faire des polémiques en employant parfois, ici ou là, des mots de l'extrême droite, des concepts de l'extrême droite, est quelqu'un qui, je crois, n'a pas grand-chose à voir avec les idées que nous défendons.
Et je crois que ce n'est pas représentatif, y compris de beaucoup des communistes de ce pays, qui sont en ce moment à l'ouvrage pour la fête de l'humanité et tous les beaux débats qu'il y aura ce week-end.
Je le disais en introduction, vous avez grandi sur les bords de Loire à Saint-Privé-Saint-Mémain. À quoi ressemblait votre enfance près d'Orléans ?
À quoi ressemblait mon enfance ? J'étais souvent dehors avec des amis à jouer autour d'un lac. Donc on était souvent dehors. C'était assez joyeux avec les amis. Et puis, je faisais à cette époque-là de la guitare chez un prof, un professeur brésilien qui habitait pas loin de chez moi et qui parlait assez mal français, ce qui donnait parfois des scènes où je restais des heures avec ce professeur brésilien pendant que ma mère m'attendait. Et je faisais à cette époque aussi beaucoup de natation. Et donc, c'était une enfance assez libre. Et notamment parce qu'on était dans plein de petites impasses que nous seuls connaissions avec des petits passages.
Ce qui faisait que j'étais souvent avec une bande d'amis dehors. Alliez-vous à l'école publique ? Oui, bien sûr. Est-ce qu'il y avait des débats à l'époque sur la laïcité ? Sûrement. Je ne me rappelle pas. En tout cas, ça ne m'a pas marqué comme enfant. Notamment parce qu'à Saint-Privé-Saint-Mémin, c'est certes une petite ville, mais dans laquelle il y a beaucoup de quartiers populaires. Et donc, j'allais à l'école, dans une école publique, avec plein d'enfants différents. Et je trouve que c'est une richesse.
Est-ce que vous êtes favorable à l'abrogation de la loi de 2004 qui interdit le port de signes religieux ostentatoires à l'école ?
Non, non. Nous ne sommes pas favorables à son abrogation. Mais par contre, nous sommes défavorables au fait qu'on dévoie la laïcité. Je vais vous dire, et vraiment, j'invite celles et ceux qui nous écoutent à aller lire la tribune de Jean Bobéro, qui a écrit plusieurs livres sur la question de la laïcité, qui est un professeur émérite, et qui disait que ce qui le chiffonnait dans l'histoire de la baïa, c'était le rapport des jeunes générations à la laïcité. Il disait, lorsqu'on demande à des étudiants d'écrire ou à des lycéens d'expliquer ce qu'est la laïcité, il faisait alors toute une liste d'interdits. Et presque jamais, il ne citait la liberté de conscience.
Or, si nous refusons que les religions fassent la loi dans notre République, c'est bien pour justement respecter la liberté de conscience de chacun et de chacune. Et je crois que c'est ce qui est très dommageable pour la suite, avec l'utilisation de la laïcité qui en est faite. Et vous voyez qu'Emmanuel Macron se rend à une messe, donc il a toujours la laïcité assez variable.
C'est au nom de cette loi de 2004 que le Conseil d'État a validé l'interdiction du port de la baïa à l'école, prise par le ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, le 7 septembre dernier. Mais vous, au lendemain de cette décision de la plus haute juridiction administrative du pays, vous tweetez en anglais pour parler, je vous cite, de discrimination de la part du gouvernement français. Pourtant, quand le même Conseil d'État, le 11 août 2023, suspend la dissolution des soulèvements de la terre voulue par le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, après les débordements de Sainte-Soligne, vous vous en félicitez.
Ma question est simple, Mathilde Panot, est-ce que vous utilisez les institutions françaises quand ça vous arrange ?
Non, ce n'est pas une question quand ça nous arrange, c'est que pourquoi est-ce que j'ai fait ce tweet en anglais, vous le citez, c'est parce que j'ai repris une séquence qui a été faite sur une télé et qui m'a énormément choquée. Et c'est de la même manière que lorsque vous voyez, alors dans cette séquence, vous voyez deux journalistes de plus de 50 ans qui demandent à une jeune femme si elle porte un vêtement pour cacher ses formes.
Mais sur le Conseil d'État, pardonnez-moi, parce qu'on a des institutions dans ce pays, est-ce qu'il faut se féliciter par moments, critiquer ses décisions par d'autres ? Vous voyez ce que je veux dire, si on n'a pas les mêmes règles communes, comment on va faire ?
Alors, sur le Conseil d'État, il a rendu une décision. Je crois que je n'ai pas appelé à envahir le Conseil d'État ou à ne pas respecter le Conseil d'État. Je regrette que cette décision soit prise. Pourquoi ? Parce que quand vous lisez attentivement la décision du Conseil d'État, ils disent qu'en plus de la question de l'habit qu'ils considèrent comme un signe religieux, donc de fait qui revient à la loi de 2004, ils disent aussi qu'il faut y voir aussi des traces de pratiques. Et donc, un juriste disait « le clair obscur demeure ».
Et je trouve que ce qui est grave pour moi, c'est que vous avez des situations discriminatoires qui vont continuer de se passer dans les différents établissements et qui vont placer là aussi le personnel enseignant et les chefs d'établissement dans une situation qui est difficile et dangereuse.
Une dernière question d'actualité, Mathilde Panot, députée du Val-de-Marne et présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée. Le 22 août dernier, vous accordiez un entretien à Ouest-France. Et voilà ce que vous souhaitiez à votre parti, La France Insoumise. La lutte contre la maltraitance sociale, le SMIC à 1600 euros, le blocage des prix à la baisse, la création d'une allocation d'autonomie pour les jeunes et nous battre contre l'inaction climatique. Résultat, on a surtout parlé de la polémique autour du rappeur Medine accusé d'antisémitisme et des divisions de la NUPES autour des élections européennes du 9 juin prochain. Est-ce une rentrée ratée ?
Non, pas du tout. Je crois qu'au contraire, nous avons fait des amphis d'été avec 4000 personnes qui étaient présentes, ce qui en fait le premier événement politique de la rentrée, que nous avons fait énormément de débats et que ce que nous avons porté depuis ces amphis, c'est un plan canicule d'urgence, un plan enfance d'urgence et qu'à un moment, il faudrait commencer à s'intéresser au fond de nos propositions, qui montrent que oui, un autre monde est toujours possible et même souhaitable.
On va vous écouter, Mathilde Panot, pour cette première archive sonore qui vous concerne et qui remonte au 7 juillet 2022. Vous êtes à la tribune de l'Assemblée et vous vous adressez à Elisabeth Borne, première ministre fraîchement nommée qui vient d'être élue députée du Calvados.
Madame Borne, il faut le dire, vous êtes une rescapée. Vous êtes la première ministre, la moins bien élue de la Ve République. Vous avez maintenu un gouvernement à trous et à sursis. Trois de vos ministres ont été défaits aux législatives. La ministre des Outre-mer a tenu 36 jours avant de prendre la fuite. Que dire du ministre accusé de plusieurs de vos viols, maintenus en poste jusqu'à lundi, ou de celles visées pour des viols gynécologiques, toujours en fonction à ce jour ? Le camouflet électoral des législatives porte votre nom, mais vous voilà toujours là. Un gouvernement chaotique en succès d'un autre. Vous promouvez les amis qu'il vous reste.
Rares sont ceux qui veulent monter à bord du Titanic.
Le 7 juillet 2022, vous lancez à Elisabeth Borne dont le père a été déporté à Auschwitz. Vous êtes une rescapée des législatives, un terme qui vous est reproché par au moins deux ministres. Est-ce que ce sont des mots au but, destinés à marquer les esprits, comme l'explique alors votre collègue député de l'Essonne, Antoine Léomant, ou comme le disait François Ruffin, autre député de votre groupe, vous ignoriez tout du passé d'Elisabeth Borne ?
Je vous remercie d'avoir passé le passage en entier parce que vous entendez dedans que je parle en quelque sorte du naufrage de la Macronie aux élections législatives. Et on pourrait d'ailleurs, et j'en parle dans le discours, parler d'Emmanuel Macron qui est le président le plus mal élu de la Vème République. Au moment où j'écris le discours, je n'ai absolument pas en tête cette histoire, l'histoire familiale douloureuse d'Elisabeth Borne. Et donc jamais je n'ai mis une intention derrière ce mot. Et je le dis parce que, déjà, rescaper est un mot qui au départ a été inventé lors de la catastrophe de Courrières qui est la pire catastrophe minière de mort de miniers en Europe.
Qui est un mot qui est régulièrement utilisé, notamment pour les migrants qui sont repêchés en mer. Donc jamais je n'ai eu une intention antisémite dedans. Et je vais vous dire pourquoi on fait ces polémiques. Ces polémiques ne sont faites que pour une chose, pour nous salir, pour décrédibiliser notre parole. Et quand vous avez Jean-Luc Mélenchon, qui est à la suite de la marche de Mireille Knoll, dit que chaque personne juive dans ce pays sache que dans le plus petit village de France, jusque les grandes villes, s'il est attaqué parce que juif, il nous trouvera à ses côtés. Je refais bien ces mots.
Parce qu'on vous accuse parfois de manquer dans ce combat contre l'antisémitisme. Par exemple, parce que le 3 juin 2022, les députés de votre groupe, insoumis à l'Assemblée, Daniel Simonnet et Daniel Obono, posent avec le député britannique Jérémy Corbyn, venu les soutenir pour leur campagne des législatives à Paris. Parce que le 16 juillet 2022, vous avez eu ce tweet au moment de la commémoration des 80 ans de la rafle du Veldiv. Ne pas oublier ses crimes aujourd'hui plus que jamais avec un président de la République qui rend honneur à Pétain et 89 députés RN. C'est un tollé immédiat. On vous reproche une comparaison qui n'a pas lieu d'être un jour de commémoration.
Est-ce que la gauche a mis de côté
le combat contre l'antisémitisme ? Non, pas du tout. Je vais reprendre mon tweet, par exemple, sur le Veldiv. Vous pouvez juger, à juste titre, il n'y a aucun problème à cela, que le timing n'est pas bon. Mais je veux dire, ce n'est pas notre camp qui est réhabilitant Pétain. Ce n'est pas nous. Et nous, nous continuons... Trouvez-moi ce qui est antisémite dans ce tweet. J'aimerais savoir ce qui est antisémite dans ce tweet. Je vais vous dire ce qui est compliqué dans cette question-là. C'est qu'on vous colle une étiquette à un moment et après, pour la décoller, c'est extrêmement difficile.
Nous le disons, nous sommes, nous, des militants de l'humanisme qui refusons à tout instant que quiconque soit discriminé pour sa religion, pour sa couleur de peau, pour son genre. Donc, nous combattons toutes les discriminations, tous les racismes et l'antisémitisme.
Mais il fut un temps où la gauche faisait de ce combat contre l'antisémitisme sa colonne vertébrale, qu'on ne laissait rien passer. Il y a eu aussi, cet été, ce tweet, ce jeu de mots douteux du rappeur Medine Rech Kanpé à propos de l'essayiste juive Rachel Kan. Vous ne le condamnez pas, vous vous dites honoré de sa présence. Peut-être que ce sont toutes ces petites choses mises bout à bout qui embarrassent celles et ceux qui sont très attachés à ce combat-là. Voilà, Libération récemment, titrait Mélenchon et les Juifs, histoire d'une rupture. Alors, est-ce que vous avez envie de changer votre fusil d'épaule sur ce sujet-là ?
Non, nous avons, vous avez plusieurs propositions de loi qui ont été déposées par mon groupe sur la question de la mémoire de la lutte contre l'antisémitisme avec un musée qui a été proposé. Vous avez plusieurs propositions de loi. Nous n'avons jamais laissé passer. Nous sommes ceux qui avons, par exemple, dénoncé, j'ai fait un article 40 au procureur sur ce qui avait été dit à Civitas sur le fait que les Juifs n'auraient pas dû avoir la nationalité française, propos qui ont été prononcés dans leur université d'été. Donc, nous ne laissons rien passer. Et je vais vous dire, sur Médine, c'est un artiste qui a chanté « L'antisémitisme est un poison ». C'est un artiste qui s'est excusé.
Et parfois, on accepte les excuses de certains et on n'accepte pas d'autres. Quand vous avez un artiste qui s'exprime publiquement pour dire « Oui, il faut combattre le racisme et l'antisémitisme », eh bien, je crois que c'est utile dans la lutte, justement, contre l'antisémitisme. Donc, non, je ne suis pas d'accord avec les procès qui nous sont faits à intervalles réguliers. Et nous, ce pour quoi nous nous battons, c'est pour que toutes les personnes et tous les citoyens de ce pays aient leur place, là encore, quelle que soit leur religion réelle ou supposée, ou quelle que soit d'ailleurs leur absence de religion. Quel lieu de mémoire de la Shoah avez-vous visité ? Des camps...
Alors, j'ai visité des camps de concentration. Vous savez, j'étais à Nancy, donc dans le campus franco-allemand de Sciences Po. Donc, j'ai fait plusieurs voyages pour aller visiter des camps de concentration qui sont d'ailleurs des moments qui sont importants parce que lorsque vous voyez, par exemple, des murs entiers avec des noms par milliers et par milliers de gens qui ont été exterminés, c'est des moments qui vous prennent aux tripes. Mais, en fait, je ne comprends pas pourquoi vous continuez sur cette polémique-là. Avez-vous déjà entendu dans ma bouche une seule fois quelque chose qui mettait en cause quelqu'un parce que juif ? Jamais. Jamais.
Donc, la petite musique qui est faite pour salir, parce qu'elle n'est pas faite qu'en France, effectivement. Elle est faite à beaucoup d'endroits de leaders progressistes dans le monde. Je ne suis pas d'accord pour qu'on continue ça. Parce que, encore une fois, nous sommes des combattants humanistes qui considérons que personne ne doit être discriminé pour sa religion, ni réelle ou supposée pour nos concitoyens musulmans, ni pour nos concitoyens de confession juive. Et je vais vous dire, à chaque moment, nous avons été là dans les grands moments de la République. À chaque moment. La marche mérée avec Noll, nous étions là. Et à chaque moment, nous serons là. Elle vous fait de la peine
cette critique, Mathilde Panot, on dirait. C'est extrêmement offensant. Oui, c'est extrêmement offensant. Allez, une question de Carole sur Instagram. Si votre engagement politique était une œuvre d'art, ce serait ? Ouh,
ça c'est difficile parce que, bon, si c'était une œuvre d'art littéraire, je prendrais le livre que j'aime le plus qui est celui de Romain Garry sur les racines du ciel. Parce que les racines du ciel, c'est cet homme, Morel, qui justement d'ailleurs a été déporté dans les camps de concentration et qui raconte que lorsqu'ils sont dans des camps, bon, avec les autres prisonniers les autres prisonniers politiques, les juifs, enfin, tous ceux qui étaient déportés, les tziganes, etc., dans leur barraquement, ils arrivaient à avoir un moral incroyable. Parce que, lorsque rien n'allait, lorsque, eh bien, ils pensaient à des éléphants qui couraient en liberté.
Et, alors, les nazis les torturent pour savoir pourquoi est-ce que, dans leur barraquement, le moral va beaucoup mieux que dans les autres barraquements. et c'est une idée de la liberté que personne ne peut vous enlever, une idée de la dignité que personne ne peut vous enlever. Et donc, ils s'en vont dans un pays en Afrique défendre les éléphants en disant que si on arrive à respecter les éléphants, eh bien, on arrivera à respecter à la fois l'ensemble du système écologique qui permet la vie humaine et la vie entière et l'ensemble des plus faibles dans nos sociétés. Une œuvre de Romain Garry, alors.
À quel moment avez-vous... Après,
je ne pense pas que je suis encore
à ce niveau-là. À quel moment avez-vous eu envie de faire de la politique pour la première fois, Mathilde Panot ?
Je pense au lycée et quand j'ai commencé mes études, même si j'avais un sentiment de l'injustice qui était bien ancré avant, mais notamment parce que moi, j'ai commencé par un engagement associatif, un engagement associatif contre la misère, c'est tout le monde rentre par un biais dans la politique. Et donc, moi, j'ai commencé par ça sur cette idée qui m'est intolérable que dans un pays aussi riche que le nôtre, on laisse des gens dans une situation d'indignité aussi forte.
Et quand j'étais en association, que ce soit à Nancy, que ce soit à Grigny, que ce soit à Molenbeek, à Bruxelles ou à d'autres endroits, eh bien, à chaque fois, j'avais un peu l'impression de vider la mer avec ma cuillère. Et donc, la politique, elle est venue aussi pour dire, oui, on peut changer les règles communes et faire en sorte qu'on vive toutes et tous et pas juste à l'échelle d'un quartier où les associatifs font des choses formidables, qu'on peut vivre toutes et tous différemment et bien mieux et respecter la dignité de chacun et de chacune.
Est-ce que vous vous sentez plus utile maintenant que vous êtes à l'Assemblée nationale par rapport à ce passé d'engagement associatif au plus près ?
Ce n'est pas plus utile parce que les formes d'engagement se répondent, se complètent. Mais, oui, j'ai de la chance d'être élue députée parce qu'en quelque sorte, je suis payée pour militer à plein temps parce que je peux rencontrer énormément de monde parce que je sais aussi que nous, nous avons une voix pour parler notamment au gouvernement et c'est d'ailleurs souvent ce que les gens disent. Ils nous disent merci parce que pour la première fois on se sent représentés, merci parce que vous avez dit au gouvernement ce que nous, nous voulions leur dire et donc, oui, j'ai de la chance d'être à cette place de combat aujourd'hui. C'est qui Jean-Luc Mélenchon pour vous ?
Jean-Luc Mélenchon, c'est trois fois notre candidat à l'élection présidentielle, celui qui nous a réappris à gagner, pas juste à témoigner mais à dire que nous pouvions gagner, celui qui nous a amené à un cheveu du second tour des élections présidentielles avec 22% des voix et c'est un tribun, quelqu'un qui a un savoir absolument incroyable et qui surtout aime transmettre.
Est-il différent dans le huis clos des réunions politiques par rapport à ce qu'on peut voir à la télévision ou sur son blog ?
même si je crois qu'à la télévision aussi à plein de moments on peut saisir l'homme qui est Jean-Luc Mélenchon que ça soit sur l'humour, que ça soit sur son érudition, que ça soit dans les meetings sur le fait que c'est un des hommes politiques les plus doués sur la question de tribun, donc de prise de parole mais oui, je vous assure que Jean-Luc Mélenchon c'est très agréable de passer du temps avec lui.
Est-ce que vous avez vu la série Baron Noir ? Oui. Que pensez-vous de l'interprétation de Jean-Luc Mélenchon par le comédien François Morel et les réalistes ?
Alors il faudrait que je me rappelle de la manière dont tout est fait mais j'ai trouvé que cette série elle était très intéressante sur comment elle se passait, le fil qui était développé donc j'ai beaucoup aimé après, non, Jean-Luc Mélenchon n'est pas tout à fait comme le personnage qu'il représente mais moi je dois dire que je sais aussi que dans le groupe parlementaire si nous sommes passés de 17 à 75 députés multipliés par 5 si moi-même je fais de la politique aujourd'hui c'est grâce à Jean-Luc Mélenchon aussi et vous avez peu d'hommes politiques dans sa génération qui a fait émerger autant de gens que lui ne l'a fait donc est-ce qu'il est plus colérique dans la vraie vie par rapport à ce qu'on peut voir dans cette série non Jean-Luc Mélenchon n'est pas colérique avec ses proches
il l'est parfois avec les policiers on va en parler Mathilde Panot le 16 octobre le 16 octobre 2018 la justice enquête sur deux affaires qui concernent votre parti les assistants parlementaires européens et le financement de la campagne présidentielle de 2017 Jean-Luc Mélenchon est perquisitionné à son domicile il filme les événements un an plus tard c'est le siège de la France Insoumise qui est perquisitionné cette fois l'émission quotidien est sur place et filme la scène en intégralité
allez enfoncez-moi cette porte on va voir si on va m'empêcher d'entrer dans mon local on n'est pas des voyous on n'est pas des bandits c'est pas de la police que vous êtes en train de faire c'est ce que je veux monsieur vous ne touchez pas vous ne touchez pas on n'a de quoi vous m'empêchez d'entrer dans mon local on n'a de quoi qui vous a donné cet ordre je suis un parlementaire vous ne me touchez pas non je ne vous touche pas je vous dis que vous n'avez pas à m'empêcher d'entrer dans mon local nous ne sommes pas des voyous ou des bandits à aller faire votre métier de policier la république c'est moi c'est moi qui suis parlementaire poussez-vous de là ou à moi cette porte elle craque elle craque allez on va voir qui va avoir le dernier mot ici allez on pousse
Mathilde Panot on vous voit sur ces images à l'intérieur du local vous êtes l'une des rares à être silencieuse
non pas particulièrement en tout cas je ne sais pas il faudrait regarder les images mais c'est quand même incroyable on nous aura tout fait l'antisémitisme maintenant les perquisitions mais c'est intéressant de revenir dessus alors nous avons donc eu 100 policiers qui sont venus au domicile de Jean-Luc Mélenchon d'assistants ou d'anciens assistants parlementaires européens et au siège de la France Insoumise et ce que dit le droit et la loi c'est que nous avons le droit d'observer les perquisitions ce que nous demandions et qu'on nous empêchait ça fait maintenant 5 ans 5 ans qu'on a déployé 100 policiers comme si nous étions une organisation terroriste que s'est-il passé depuis 5 ans ?
rien que s'est-il passé depuis 5 ans ? rien quelle est la raison pour laquelle on nous a perquisitionné ? parce que les enquêtes ne sont pas encore refermées oui vous pensez vraiment que ça fait 5 ans qu'ils cherchent des motifs sur pourquoi est-ce qu'on déploie un tel dispositif de force en tout cas après cette scène
après cette scène Jean-Luc Mélenchon sera condamné un an plus tard à 3 mois de prison avec sursis et 8000 euros d'amende pour rébellion et provocation à aucun moment vous vous dites ça y est c'est fini à cause de cette scène il ne sera plus président de la république vous avez vu
vous avez vu Harris Interactive il y a 2 jours les sondages qui montrent que Jean-Luc Mélenchon serait au second tour dans 7 des 8 scénarios envisagés donc les gens comprennent aussi que nous avons été victimes de ceux qui existent là aussi partout dans le monde on a été voir par exemple Lula en prison lorsqu'il était en prison ça s'appelle du law fair et quand je vous dis qu'il n'y a aucun élément qui en justifiait un tel déploiement de force c'est à ça qu'on arrive aujourd'hui donc c'est une perquisition politique vous dites je vais vous dire Jean-Luc Mélenchon l'a dit plusieurs fois donc je le redis ici oui nous avons fait une erreur d'appréciation ce jour là parce que quand vous regardez par exemple les perquisitions qui avaient eu lieu au siège du parti socialiste dont vous pouvez retrouver les images dans l'INA qui sont bien plus agitées que celles que nous avons et bien à ce moment là tous les partis politiques de gauche avaient embrayé pour dire qu'il était inadmissible qu'un pouvoir politique a hyperquisitionné un siège politique et nous avons cru que là aussi nous ferions preuve d'une telle solidarité
vous évoquez un sondage à l'instant j'aimerais vous en soumettre un autre Mathilde Panot le Via Voice pour Libération paru le 4 septembre qui atteste que la France insoumise est perçue par les français comme plus dangereuse moins compétente et moins crédible que le Rassemblement National ça ne vous alerte pas ?
la première chose c'est que alors il y a des sondages qui s'entredisent d'un côté Jean-Luc Mélenchon serait au second tour dans le 7 des 8 scénarios il y a deux jours dans l'ensemble des sondages qui sont faits sur les européennes c'est la NUPES qui serait la première force politique du pays et d'ailleurs même en étant séparée c'est la France insoumise qui serait la première de ces forces donc il y a des sondages qui se contredisent première chose deuxième chose il y a une petite musique qui a été faite aussi là-dessus lorsque vous entendez une première ministre qui explique que la France insoumise est plus dangereuse que le Rassemblement National cela contribue à faire en sorte qu'on banalise le Rassemblement National de même que quand le Rassemblement National quand les macronistes votent pour deux vice-présidents Rassemblement National à l'Assemblée Nationale ils les banalisent
il y a aussi vos amis de la NUPES par exemple Philippe Brun député socialiste qui a déclaré le 3 septembre lors d'une fête populaire qu'il organisait dans sa circonscription de l'heure il faut dédiaboliser la NUPES il a raison ?
oui enfin je ne crois pas que c'est nous qui diabolisons la NUPES sur cette question il faut écouter il y a deux choses la NUPES elle s'est construite juste suite aux élections présidentielles où pour le coup les électeurs et électrices ont tranché très clairement d'un côté vous aviez un candidat qui faisait 22% et d'autres les trois autres forces de la NUPES qui faisaient 5% au moins donc ils ont tranché sur un programme de rupture c'est ce sur quoi nous avons construit la NUPES qui est je le rappelle adossé à un programme de 650 mesures puis ensuite il y a une deuxième chose qui est la question de la crédibilité qu'il faut continuer à porter et je crois que pour le coup lorsque je vous dis que depuis le début de l'année nous avons fait depuis septembre seulement un plan canicule d'urgence puisque le gouvernement n'a pas l'air de prendre les mesures une loi pour adapter le code du travail aux fortes chaleurs un plan d'urgence sur la question des enfants les enfants à la rue les enfants en situation de handicap qui sont déscolarisés ou encore la mortalité infantile qui ne cessent d'augmenter
ce sont des plans Mathilde Panot qui ne sont pas mis en oeuvre tant que vous n'avez pas le pouvoir et beaucoup de gens s'interrogent sur votre stratégie je prends Karine de Nantes question Instagram avez-vous conscience que la stratégie de LFI dessert la gauche Florence de Paris pareil sur Instagram pourquoi crier tout le temps c'est une question sérieuse est-ce que vous doutez parfois Mathilde Panot vous savez
on ne crie pas tout le temps on ne crie pas tout le temps et si vous écoutez ne serait-ce qu'un peu ce qui se passe à l'Assemblée nationale nous avons parmi les meilleurs spécialistes de certains des sujets vous avez William Martinet qui a présenté en avril déjà et qui de nouveau réinsiste et ressouline l'importance de cette question d'avoir une commission d'enquête sur le scandale qui est révélé encore par des livres faits par des journalistes sur le scandale des crèches privées avec des enfants qui ont une couche par jour seulement des enfants qui ne sont pas nourris à leur fin des enfants qui sont insuffisamment encadrés par des professionnels insuffisamment formés donc nous ne crions pas tout le temps à chaque instant nous dès que nous dénonçons quelque chose puisque nous sommes des opposants à Emmanuel Macron nous proposons une autre solution le problème c'est qu'à force de se focaliser sur la manière dont nous parlons sur la manière dont on est habillé nous savons bien que c'est fait pour enlever l'ensemble de nos propositions mais nos propositions sont majoritaires dans le pays je crois que nous progressons et le fait que nous soyons passés de 17 à 75 députés c'est-à-dire multipliés par 5 de même que nous sommes passés à 22% est un signe que nous sommes de plus en plus entendus dans le pays
non parce que ces critiques elles viennent aussi de votre propre camp prenons François Ruffin il n'y a plus besoin du bruit et de la fureur pour s'imposer sur le devant de la scène comme on le faisait auparavant est-ce qu'il ferait un bon candidat François Ruffin pour
il y en a d'autres
mais pourquoi pas quand il pose François Ruffin en une du magazine Lops le 9 novembre 2022 il dit je suis un social-démocrate vous le croyez
ça on n'est pas d'accord sur ce terme là y compris parce que tout ce que nous avons réussi à faire avec la NUPES c'est justement de ramener l'ensemble des forces de gauche sur un programme de rupture et que plus que jamais ce programme de rupture est important quand vous avez un nombre de bénéficiaires à l'aide alimentaire qui a été multiplié par 3 en 10 ans et que la faim est aujourd'hui en train de disloquer notre pays ce n'est pas nous qui sommes radicaux c'est la situation qui est radicale quand vous avez un nombre de SDF qui a été multiplié par 2 depuis 10 ans là aussi ce n'est pas nous qui sommes radicaux c'est la situation qui est radicale et donc il faut y répondre à la hauteur de ce qui se passe et je le dis d'autant plus que dans notre génération là je ne parle pas d'âge mais de notre génération humaine nous sommes en train de vivre ce qu'aucune génération avant nous n'a eu à affronter c'est à dire le dérèglement climatique et que nous devons impérativement inventer un autre futur que celui qu'on nous présente aujourd'hui parce que Emmanuel Macron bloque notre futur donc il faut rompre de manière forte avec le système de production et de consommation et c'est ce que porte notre programme qui est un programme justement raisonnable sur cette question est-ce que la figure de Robespierre vous inspire ?
oui je pense qu'on a eu raison de la de la valoriser de la ressortir de celui qui était pour une égalité intransigeante de celui qui était contre la peine de mort oui contre la peine de mort c'est quand même l'homme de la terreur qui a envoyé à l'échafaud tous ses amis Robespierre a toujours fait des discours qui étaient contre la peine de mort et je crois
que vous savez
1789 à la fois c'est loin mais ce n'est pas loin et les débats qui ont eu lieu dans la révolution française continuent aujourd'hui lorsque vous avez un Emmanuel Macron qui disent que les gens ont des devoirs avant des droits et bien cela a été tranché lors de la révolution française parce que dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ça va toujours ensemble et bien cela a tranché qu'il y avait des droits qui étaient non négociables attachés à la personne humaine voilà ce qu'a tranché la révolution française et c'est aussi le combat que nous continuons pour la liberté l'égalité et la fraternité
je reviens un instant à François Ruffin s'il fait une campagne en 2027 sur ce thème de la social-démocratie vous pourrez le suivre
pour l'instant François Ruffin vous savez moi je suis président d'un groupe parlementaire dont fait partie François Ruffin et vous aurez remarqué qu'en 6 ans puisque ça fait 6 ans que nous sommes à l'Assemblée Nationale nous n'avons jamais voté différemment donc nous avons une cohérence de programme ensemble et je crois que pour l'instant nous n'en sommes pas encore aux élections présidentielles c'est de la communication comment ? c'est de la communication de sa part ?
de quoi ? de la socialité ? ça il faut lui demander je ne sais pas alors le 12 octobre 2021 vous succédez à Jean-Luc Mélenchon à la tête du groupe La France Insoumise au Palais Bourbon et vous devenez la plus jeune présidente de groupe de l'histoire de l'Assemblée avez-vous ressenti à un moment le syndrome de l'imposteuse ?
oui je pense que toutes les femmes le ressentent aux différents postes de responsabilité en politique comme ailleurs bien sûr et je pense que et ça c'est une des fiertés de mon groupe parlementaire que c'est d'autant plus important d'avoir des figures féminines d'autres manières de faire de la politique que des hommes d'avoir des Clémentine Autain des Rachel Keke des Matiliniers première ouvrière agricole jamais élue à l'Assemblée Nationale qui justement redisent à toutes les femmes de ce pays que la politique n'est plus une affaire d'hommes que les femmes sont en politique qu'elles y resteront dans des places à l'ensemble des machistes et qu'y compris celles et ceux dont ils ne veulent pas avoir la présence notamment les femmes populaires je pense par exemple à Rachel Keke je pense au déferlement de haine qu'il y a eu contre Daniel Omono et bien que ces femmes sont des femmes fortes qui sont en politique et qui je l'espère inspireront beaucoup de petites filles pour se dire qu'elles aussi elles peuvent se battre dans l'arène politique et qu'on a besoin d'elles
Qu'est-ce qui est le plus dur à ce poste de présidente du groupe La France Insoumise Mathilde Panot ?
Honnêtement je n'ai rien dont je dois me plaindre je suis à un poste de combat avec un groupe parlementaire qui est un groupe parlementaire composé de 23% d'ouvriers et d'employés avec des profils tout à fait nouveaux nous combattons avec des formes que nous essayons d'inventer à chaque fois et de faire en sorte que le peuple puisse reprendre toute sa place dans la politique donc je n'ai aucune raison de me plaindre et ce qui m'inquiète beaucoup c'est la maltraitance qu'on inflige aujourd'hui au peuple et je crois que notre tâche est justement d'être à leur côté
c'est la tradition dans cette émission l'invité apporte une archive sonore de son choix on l'écoute on en parle juste après
et aussi il faut regarder la lutte contre le racisme comme centrale dans la lutte anticapitaliste parfois on a la tendance de considérer le racisme comme seulement des attitudes on croit que s'il y a beaucoup de blancs qui n'aiment pas les noirs cela c'est le racisme et bien sûr il y a le niveau attitudinal du racisme mais je crois qu'on doit regarder le racisme premièrement comme un arme de la classe dominante
la militante américaine Angela Davis en 1975 pourquoi ce choix m'a-t-il de panneau ?
parce que je trouve que cet extrait bon d'abord parce qu'Angela Davis est une femme qui est une figure emblématique de l'antiracisme et du féminisme et puis parce que je crois que cet extrait contient quelque chose de très important qu'il est important de rappeler cette chose importante c'est que le racisme n'est pas une lutte de second plan que le racisme est une lutte sociale que lorsque vous avez 20 fois plus de risques de vous faire contrôler lorsque vous êtes un jeune homme perçu comme noir ou arabe et bien c'est une question sociale lorsque vous n'arrivez pas à accéder à un logement lorsque vous n'arrivez pas à accéder à un travail lorsque vous avez des morts pour refus d'obtempérer qui sont bien souvent des personnes racisées et bien les luttes sociales et sociétales n'ont aucune différence en telle elles sont toutes liées et c'est à cette imbrication des rapports sociaux que décrit Angela Davis ici et c'est pourquoi je suis contente avec cet extrait de redire à quel point il est important pour nous d'avoir à côté d'une centaine d'organisations appelées à une marche le 23 septembre pour la justice sociale contre les violences policières contre le racisme systémique dans la police comme le dénonce l'ONU et que justement ces formes soient liées et que ce combat se mène ensemble
récemment on a entendu parler d'Angela Davis parce que Valérie Pécresse la présidente de la région Île-de-France n'a pas voulu qu'on donne son nom à un lycée de Saint-Denis elle lui a préféré le nom de Rosa Parks en expliquant qu'elle ne fait pas consensus comme figure elle parlait par exemple en 2021 d'une tribune qu'elle a signée Angela Davis qui disait la mentalité coloniale se manifeste dans les structures de gouvernance en France ou alors elle a été cancel annulée en 2019 aux Etats-Unis par l'Institut des droits civils de Birmingham pour une récompense qu'elle devait recevoir pour son engagement pour les droits de l'âme en raison de son soutien à BDS une campagne de boycott d'Israël est-ce qu'elle est cancelled Angela Davis Mathilde Panot
en tout cas je trouve ça incroyable que Valérie Pécresse se soit opposée au fait qu'un établissement scolaire s'appelle par le nom d'Angela Davis Angela Davis est une grande figure sur la question de l'antiracisme elle a une vie toute à elle pour prouver son engagement et Angela Davis c'est aussi quelqu'un qui a enseigné la philosophie et je pense que c'est aussi intéressant dans les différentes prises de position qu'elle a eues sur la manière dont elle pense le monde justement de bouger les mentalités des uns et des autres de faire réfléchir et je crois que c'est aussi un apport fondamental de cette femme pour la manière dont nous voyons les sociétés et la manière dont nous devons lier les choses entre elles et considérer que oui nous avons aujourd'hui un capitalisme qui détruit la nature qui détruit les êtres humains et qui s'appuie avec des oppressions qui se répondent entre elles et contre lesquelles nous devons lutter ensemble
France Culture Sens politique Astrid De Villene Qu'est-ce qui vous fait rire Mathilde Panot ? Beaucoup de choses des amis souvent Est-ce que vous avez des amis de droite ?
Est-ce que j'ai des amis de droite ? Oui quelques-uns mais que je vois moins souvent que les autres Vivez-vous toujours en coloc ? Alors je vis en coloc intermittente puisque mes colocataires ont déménagé mais j'ai des colocataires assez fréquents chez moi Est-il vrai
que vous n'avez pas de machine
à laver le linge ? Maintenant j'en ai une puisque j'ai déménagé récemment mais il y a tout un temps où je n'avais pas de machine à laver c'est d'ailleurs une des choses que je me suis offerte en devenant députée et à un moment où elle ne fonctionnait plus pendant deux ans et donc j'utilisais la laverie aussi comme un endroit où je faisais des sortes de permanence parlementaire sur des questions de logement d'accès au droit de famille à la rue et c'était ma foi assez sympa Une chose entendue à la laverie qui vous a éclairé sur le ressenti des Français ?
Je suis dans une circonscription très populaire comme vous l'avez dit tout à l'heure et donc il y a évidemment beaucoup de colère de la part des personnes avec qui je parle et aussi beaucoup d'encouragement alors je ne dis pas que ma circonscription est à l'image de l'ensemble du pays même si si ma circonscription était à l'image du pays il y aurait quand même des choses je pense qui iraient mieux puisque vous avez des mairies qui par exemple ont mis en place des fournitures gratuites pour les enfants à la rentrée parce que vous avez dans ma circonscription des gens qui vivent ensemble et se mélangent parfois dans des situations matérielles très compliquées et qui font vivre une notion d'entraide qu'on voit dans beaucoup de quartiers populaires du pays et qui je crois donne beaucoup d'espoir
pour la suite pour finir j'aimerais bien qu'on commente ensemble cette carte Mathilde Panot que je vous ai donnée juste avant de commencer cette émission c'est une carte qui montre la progression du vote Mélenchon entre 2017 et 2022 alors on voit en rouge très bien cette progression dans les grandes villes de gauche Paris, Rennes, Strasbourg Marseille on voit également vous en parliez de très bons scores dans les villes de banlieue où Jean-Luc Mélenchon passerait dès le premier tour si seuls les banlieues votaient à Trappes 60% Clichy sous bois 65% en premier tour en revanche vous le voyez au centre de la France et en Outre-mer en Outre-mer pardonnez-moi à plus de 32 points vous avez raison et quand on regarde cette hexagone on voit ce bleu au milieu centre Val-de-Loire Haute-Marne Picardie parfois ou parfois vous ne dépassez pas les 13% qu'est-ce qui se passe dans la ruralité avec Jean-Luc Mélenchon Mathilde Panot
alors ce qui se passe c'est que nous sommes une force jeune nous avons créé la France Insoumise en 2016 et que évidemment il est plus facile pour nous de faire campagne de convaincre autour de nos idées dans des endroits où les réseaux sont très resserrés c'est-à-dire où il y a beaucoup de monde et donc dans les zones rurales là dans les endroits où on fait des choses et où nous sommes présents et bien nous progressons par exemple nous avons gagné la députée de la Creuse Catherine Couturier qui je crois est un endroit rural par excellence et qui avant était un département dont le député était la République en marche donc nous devons continuer d'aller voir les gens c'est la seule solution pour faire en sorte de faire avancer les idées et c'est pourquoi je suis fière d'être dans un mouvement qui continue les caravanes d'égalité des droits chaque été à chaque vacances chose que j'avais à l'époque initiée et voilà c'est la preuve qu'on peut toujours continuer de faire mieux mais je voudrais quand même dire des choses le rôle d'un politique c'est de faire du commun lorsque par exemple je fais une bataille sur la question du droit à l'eau ça concerne évidemment la Guadeloupe où des enfants ratent jusqu'à un mois et demi de cours par an parce qu'il n'y a pas d'eau à l'école ça concerne des zones rurales je pense à Vittel ou à Volvic ou des multinationales pompe dans la nappe phréatique au détriment des écosystèmes et des habitants et ça concerne l'ensemble des grandes villes avec des rénovations de canalisation qu'il faut faire rapidement et impérativement
Merci Mathilde Panot d'avoir été l'invité de Sens Politique La semaine prochaine je recevrai le président de la commission des lois le député renaissant Sacha Houllier vous pouvez lui adresser vos questions à l'adresse suivante senspolitique arrobase radiofrance.com Merci à toute l'équipe à la préparation l'indispensable Anne-Claire Bazin à la réalisation Peiré-le-Gras à la technique Marie-Claire ou Mabadi à la vidéo Félix Delacour Vous pouvez réécouter cette émission sur l'application Radio France et sur franceculture.fr Merci de nous avoir suivis à la semaine prochaine
Mathilde Panot