Régionales : Anasse Kazib et Révolution Permanente appellent à voter Lutte Ouvrière
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Bonjour, je m'appelle Anas Kazib, je suis militant à Révolution Permanente et cheminot sur la région parisienne. Chers amis, chers camarades, comme vous le savez, le 20 et 27 juin prochains se déroulent les élections régionales partout en France. Et avec les camarades de Révolution Permanente, on vous appelle pour ces régionales 2021, partout où existent ces listes à voter pour l'Utouvrière.
Nous ne sommes pas dans la même organisation politique, on a même souvent des désaccords avec les camarades de l'Utouvrière, mais on considère que l'Utouvrière, ce sont les seules listes d'indépendance de classe. C'est primordial, les amis, pour nous, parce que ces régionales, notamment, elles arrivent dans une séquence quand même assez importante. On vient de passer en 2018 la lutte contre la réforme du ferroviaire, ensuite le mouvement des Gilets jaunes, s'en est suivi la réforme des retraites.
Et puis, pendant la période du Covid, on a vu à quel point même les économistes, les sociologues ne pouvaient même plus cacher le rôle central de la classe ouvrière, le rôle central de ces premiers de cordée, de celles et ceux qui ont été en première ligne. Et pour nous, il serait limite incohérent, incompréhensible que des prolétaires, des ouvriers, des travailleuses et des travailleurs votent pour des listes qui n'ont rien à voir avec le monde du travail et qui ne parlent même pas de nous. Donc pour nous, le vote Lutouvrière, c'est un vote de classe, les amis.
C'est un vote pour faire entendre nos idées, pour faire entendre la voix des travailleuses et des travailleurs. Je voulais également adresser un message à mes amis et camarades des transports en commun. On l'a vu durant cette régionale, la question des transports est centrale et encore plus ici en Ile-de-France, parce qu'aujourd'hui, en 2021, la question notamment des transports publics rime avec la question de la transition écologique et c'est normal.
Mais cette transition écologique et ce développement des transports urbains, il ne pourra pas se faire sans les ouvriers, sans les travailleuses et les travailleurs des transports, que ce soit de la RATP, de Keolis, de Transdev ou encore de la SNCF. Et on voit dans les différents programmes, on nous dit tout et parfois son contraire. On nous parle de fin de la privatisation, on nous parle de gratuité, on nous parle d'amélioration des rames, etc.
Mais on ne nous parle jamais des travailleuses et des travailleurs, celles et ceux qui sont en première ligne. On parle souvent dans les listes à gauche des usagers et des usagères, comme s'il n'y avait que ça qui comptait, mais pas ceux qui font le rail au quotidien. Pour Révolution Permanente, la question des transports publics est un sujet central en fait.
Qu'est-ce que le transport public ? Est-ce qu'on considère que les attaques à la SNCF, à la RATP ne sont que depuis la question de l'ouverture à la concurrence ? Non, on se fait déglinguer depuis des années et des années.
Chaque année, on a des attaques, des réorganisations. On essaye de nous enlever les acquis sociaux que nos anciens ont gagnés dans le passé. Enfin, il n'y a pas besoin de la privatisation en tant que telle pour pouvoir vivre la régression sociale au quotidien.
Et moi, je veux appeler mes camarades des transports à être vigilants, à ne pas tomber dans des promesses. Et c'est pour ça que notamment on appelle à voter lutte ouvrière, parce qu'il faut dire la vérité en fait. Ce n'est pas à travers les urnes, ce n'est pas à travers un bulletin dans les urnes qu'on va transformer la société.
On ne peut pas tomber uniquement en disant, eh ben nous on rejette la privatisation, sans jamais dire comment en fait on va pouvoir batailler contre cette ouverture à la concurrence. Mais également comment nous en tant que prolétaires, en tant qu'ouvriers des transports publics, on a la nécessité de se réapproprier notre outil de production en fait. On a la nécessité d'avoir des transports publics qui soient réellement autogérés par celles et ceux qui font le transport au quotidien, mais également par celles et ceux qui l'empruntent, c'est-à-dire les usagers et les usagères des transports.
C'est ça qui est central. Et même si les listes de lutte ouvrière ne disent pas grand-chose sur la question des transports en commun, elles ont le mérite en tout cas dans le programme de revendiquer le rôle central des ouvriers des transports publics ici en France et notamment en Ile-de-France. Et notamment du rôle central qu'a joué la RATP et la SNCF durant la dernière bataille contre la réforme des retraites.
Mais également de dire la vérité aux travailleuses et aux travailleurs, de leur dire c'est à vous de prendre vos affaires en main, c'est à vous de vous auto-organiser, c'est à vous de commencer à préparer la contre-offensive et de ne pas dire aux gens vote pour moi et ne t'inquiète pas, tu peux dormir sur tes deux oreilles. C'est ça contre quoi nous on se bat en tout cas, c'est contre les promesses. Et comme on dit les promesses, elles n'engagent que celles et ceux qui y croient.
Nous on n'est pas là pour croire aux belles promesses, ça n'a jamais été avec une enveloppe dans une urne qu'on a réussi à faire reculer la bourgeoisie. La preuve étant qu'aujourd'hui si Macron tergiverse autant autour de la question de la réforme des retraites et qu'il a dû reculer durant le Covid, c'est justement parce qu'on a mené une bataille qui a duré quasiment 60 jours dans les transports publics. Et c'est ça ce que j'ai envie de vous dire les amis et les camarades, revendiquez, soyez fiers de la lutte de classe, soyez fiers de la lutte que vous menez, soyez fiers des combats que vous menez devant vos dépôts, devant vos chantiers pour défendre votre outil de travail.
Et ne tombez pas en fait dans les lubies de penser que mettre une enveloppe dans une urne va régler tous vos problèmes. On a tendance souvent à se dénigrer plus et à voir nos faiblesses alors que notre ennemi voit au contraire nos forces. Et je pense qu'aujourd'hui il est temps de revendiquer nos forces et de voir à quel point le prolétariat il est central et à quel point durant cette crise sanitaire il a montré un rôle décisif.
Comme l'ont dit de nombreux économistes, comme l'ont dit de nombreux sociologues, on a vu à quel point ce sont celles et ceux qui ont les métiers les moins bien rémunérés qui ont été de la plus grande utilité durant cette crise sanitaire et notamment dans les transports publics on fait partie de cette catégorie là. Mais je pense également aux camarades de l'éducation nationale, de la santé, de la grande distribution, des transports et autres.
Anasse Kazib