17 OCTOBRE : CE QUE LES CHAÎNES D’INFO PASSENT SOUS SILENCE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 12:54OuverteRéponse directe
Quelle est votre réaction face aux accusations de la mairie de Limoges envers LFI ?
- 17:57OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui explique selon vous la violence policière lors de cette manifestation ?
- 18:32OuverteRéponse directe
800 000 manifestants selon les organisateurs : peut-on parler d'une réussite du mouvement ?
- 21:23OuverteRéponse directe
Quelle est la composition socio-démographique des manifestants ?
- 30:45OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron parle d'ultra-gauche : comment analysez-vous cette réponse ?
- 39:14OuverteRéponse directe
Ce mouvement est-il un boulevard pour l'extrême droite ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 16:53Alexis CorbièreFait
« Depuis 9 ans, ce qui est la marque du macronisme c'est la brutalité politique. »
- 24:20Alexis CorbièreFait
« Ils sont minoritaires. Ils dirigent un pays en étant minoritaire aux élections. »
- 24:20Alexis CorbièreFait
« On vote plus les budgets, ils sont imposés. »
- 41:04Alexis CorbièreChiffre
« 53 personnes aujourd'hui possèdent autant que 32 millions de personnes. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir à toutes et à tous. Bienvenue sur Faut qu'on en parle notre votre nouveau rendez-vous d'actualité. Ici des sujets dont on parle peu ou mal dans les autres médias. Ici pas d'actionnaire, pas de milliardaires. On parle de ce qu'on veut et avec qui on veut. C'est parti.
Cyril, bonjour. Amira, bonjour et ravie de démarrer cette première de faut qu'on en parle avec toi et plaisir partager. Ravi de vous retrouver en direct tous les jours de la semaine. Au sommaire de cette première édition, on parlera bien évidemment du 17 octobre. Les médias mainstream parlent en boucle des commerces vandalisés pillés du mobilier urbain saccagé. Ça tombe bien Cyril, tu étais sur place samedi et tu n'as pas vu que ça. Oui, j'étais notamment à place de République samedi et j'ai plein de choses à vous dire. Alors oui, il n'est pas question ici de légitimer les violences de certains manifestants, mais ce qui s'est passé ce 17 octobre, ce n'est pas que ça. Je vais raconter ce que j'ai vu et ce sera l'objet de mon édito. Justement, cette journée du 17 octobre,
ce sera le fil rouge de notre émission d'aujourd'hui avec plusieurs entretiens. D'abord, le député LFI de Limoge, Damien Modé, avec son droit de réponse. La mairie de sa ville a été incendiée samedi et certains accusent la France insoumise d'en être responsable. Un autre entretien avec deux invités cette fois-ci, le député de l'aprèxis Corbière et le sociologue Shérif El Alaoui, spécialiste des mouvements sociaux en France. Ce sera le moment de décryptage de cette émission. Oui, parce qu'il faut parler du fond, de cette mobilisation, des revendications, ce que Emmanuel Macron n'a pas vraiment fait lors de son allocution. 800000 personnes étaient dans la rue samedi selon les chiffres des organisateurs. Et à la différence du premier acte des gilets jaunes en 2018, la convergence
des luttes était bel et bien là. des gilets jaunes, des lycéens, des travailleurs, des écolos, tous étaient dans la rue. On apportera bien évidemment la doctrine du maintien de l'ordre lors de cette journée. Un jeune a eu la main arrachée à Saint-Étienne, un autre a perdu l'usage de son œil à Mulouse et elle n'avait que 17 ans. Et Amira à Paris n'est pas n'était pas en reste. Oui, justement TT donc on le disait he TT à Paris Paris qui n'est pas en reste. On va en parler tout de suite avec notre édito.
C'est toi qui Cyril, tu vas nous parler de l'autre côté du récit médiatique, loin de celui qu'on l'on entend depuis samedi sur les autres médias. Toute cette journée du 17 octobre, tu l'as vécu dans les rues de Paris, tu étais avec Gaspar. Oui, Mira, il y a deux réalités. Il y a ce que l'on voit à la télévision et puis il y a ce qu'on vit quand on est sur place. Moi pour vous raconter un peu ma journée, j'arrive à République vers 1230 et à peine sorti du métro, une fumée blanche sur la place. C'est du gaz lacrymogène. Et je vois que les manifestants sont nassés. Comment fermer sur cette place ? Alors Cyril, quand tu dis que les policiers ont assez les manifestants concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ? Une foule encerclée par les forces de l'ordre. Chaque coin de rue autour de
cette place est bloqué par des CRS et il y a dans le même temps des tirs de gaz lacrymogène, de grenades assourdissant, de grenades de désencerclement. Ce qu'il faut dire, c'est que la place sur la place, il y avait des jeunes, des familles. On voit même des musiciens de l'orchestre du Nouveau Monde essayer de ranger rapidement comme ils peuvent leurs instruments et leurs partitions. Je dis ça car quelques minutes avant les tirs des policiers, l'ambiance était bon enfant. Tout le monde attendait le départ du cortège prévu à 14h. Les gens étaient là, ils discutaient, il y avait de la musique. Différentes générations se retrouvaient autour d'un même objectif. Tout ça a volé en éclat en quelques secondes. Et c'est à partir de là que tout t'a dégénéré. Tu as clairement eu le
sentiment que tout a été fait finalement pour que cette manifestation ne parte pas de place de la République. Complètement amir. Les manifestants ont exprimé leur colère, certains en essayant même de repousser au maximum les forces de l'ordre. La tension est montée très haut et tout ceci a duré quasiment 2h hein et dans les heures qui ont suivi bien sûr les images que l'on a vu tourner en bouc sur les chaînes d'info en continue la casse les pillages dans certaines grandes enseignes aussi chez certains petits commerçants. Je ne dis pas qu'il ne fallait pas en parler bien entendu, il faudrait pas mais il ne faut pas réduire cette journée de mobilisation à ça. Car dans l'ensemble et c'est ce que moi j'ai vu sur place, c'est une jeunesse qui s'inquiète pour
son avenir, une population qui n'arrive plus à vivre décemment et des gilets jaunes de la première heure qui espèrent enfin être entendu. Une grande partie de la mobilisation à travers les rues de Paris que j'ai pu arpenter était pacifique. C'est vrai que ça il faut le rappeler, mais on a moins entendu parler de ça que des casseurs. Certains médias ont produit des analyses complètement hors sol, ont laissé des éditorialistes déverser leur vision raciste de cet événement. Peu finalement ont voulu comprendre ce qui s'est réellement joué ce jour-là. Ils n'ont parlé que de la violence des manifestants. Ouais. Amira, j'aimerais justement terminer cette petite édito pour vous raconter ce que j'ai vu, mais j'aimerais parler justement de ce que disait Elder Camara. Der Camar, c'est un archevêque
brésilien qui a beaucoup travaillé sur la question de la violence et il distinguait trois formes de violence. La première, la mère de toute hein, c'est la violence institutionnelle. Elle est silencieuse parfois, elle perpétue la domination, l'exploitation et la misère de millions de personnes au profit de petits groupes de privilégiés. Oui, Cyril, dans cette violence institutionnelle, on peut parler par exemple des morts au travail. Il y en a eu 783 en 2025. C'était un record malheureux. les 929 morts dans la rue en 2025. Également, Macron, je le rappelle, avait pourtant promis qu'il n'y aurait plus d'hommes et de femmes dans la rue à partir de 2017. Et là, je ne cite que deux exemples. Il n'y en a beaucoup d'autres malheureusement. C'est effectivement Ami, on peut aussi ajouter
ce que nous disent les étudiants, leurs droits détruits par l'installuration de parcours sup et mon master, leurs appels gelés, l'augmentation des loyers du CRW, c'est une perte de pouvoir d'achat et et donc la seconde violence, c'est la violence, elle qui est révolutionnaire. Elle naît de la volonté de renverser l'ordre établi. Et il termine avec la troisième, c'est la violence répressive hein, celle exercée par l'État et les forces de l'ordre pour étouffer la contestation et protéger l'ordre établi. Elder Camara, il pointait à l'époque du doigt, est- ce qu'on peut aussi faire aujourd'hui l'hypocrisie de ceux qui condamnent uniquement la casse ou les poubelles brûlées en oubliant ce qui a fait naître cette violence. Et si on regarde le 17 octobre qu'à travers les
images de casse, on passera à côté de l'essentiel pourquoi ces Français étaient dans la rue, ce qu'il vivre, ce qu'il réclament et ce qu'ils attendent de nos gouvernants. Et la vraie question hein pour moi, c'est a-t-il une vraie une volonté réelle de comprendre les raisons de cette colère ? Et oui, Cyril, c'est une question à laquelle on va tenter de répondre tout au long de cette émission. Voilà, c'est fini pour l'édito du jour. Et n'oubliez pas le recap de ce soir. Marion Lopez reviendra plus longuement. sur la réussite de cette journée. Mais tout de suite, ce sera les brèves.
Actualité oblige. On commence ses brèves donc par la démission de Laurent Nunz réclamé depuis longtemps par la gauche. Démission plutôt coup de bluff hein. Il a remis sa démission à Emmanuel Macron parce que je le cite, "Je suis responsable de tout ce qui se passe" et le président de la République a refusé au nom de la nécessité d'un commandement continu des forces de l'ordre dans le contexte actuel. Il a d'ailleurs demandé à Laurent Lunes de déployer une nouvelle doctrine de maintien de l'ordre face au casseur. Quand Laurent Nunz se dit responsable de tout ce qu'il se passe, il parle de quoi au juste amirant ? Et ben de la casse. On des policiers blessés, du manque d'anticipation, pas un mot sur les violences. euh policière. Il l'a d'ailleurs assuré, il y aura à
l'avenir une montée en puissance de nos doctrines d'intervention contre les casseurs et les pilleurs pour que les forces de l'ordre puissent être mobiles et réactives.
Et c'est un sujet qu'on a beaucoup couvert ici au médias, le procès de riassin cyril. Oui, l'eurodéputé comparaît ce matin à Paris pour apologie du terrorisme en raison d'un tweet depuis supprimé dans ce tweet. Une citation attribuée à un japonais militant de la cause palestinienne, auteur d'un attentat dans les années 70 à tel à vivre. Et c'est d'ailleurs dans ce cadre là qu'elle avait été placée en garne à vue, Cyril, elle avait alors été accusée d'être en possession de drogue. Ça passait en boucle dans les médias. Fake news et ça avait fuité dans la presse. À cause de qui ? de policier et même de Laurent Nunz lui-même. Elle a d'ailleurs porté plainte contre lui. Oui, on se souvient très bien de cette séquence déferlement de haine dont elle avait été alors victime du jamais vu
hein pour une élue. Même l'ONU a parlé à ce moment de harcèlement judiciaire et politique. Le procès qui s'est ouvert donc ce matin et court jusqu'à demain était initialement prévu en juillet. Son avocat plaide la relaxe au nom de la liberté d'expression. Leured député encourt jusqu'à 7 ans de prison. une amende de 100000 € voire une peine d'inéligibilité.
Et le tweet de Rima Hassan s'inscrivait alors dans le cadre du génocide perpétré par Israël à Gaza. Un génocide qui dure depuis 3 ans. Des millions de déplacés, des centaines de milliers de morts, des amputés. Le territoire est rasé. Ceux qui ont reçu réussi à échapper au bombardement israélien survivent dans des camps de fortune où la maladie et la famine font partie du quotidien. Et la situation ne fait qu'empirer. Aujourd'hui, le programme alimentaire mondial a annoncé devoir diminuer de 500000 le nombre de personnes aidées chaque mois. Concrètement, ça veut dire qu'un demi million de famille Gazaoui recevra non plus deux colis alimentaires par jour, mais un la quantité de farine de blé aussi sera réduite et dans les zones les plus difficiles d'accès, il
n'y aura de l'aide alimentaire 15 jours sur deux. Et je parle là des familles qui sont bénéficiaires du PAM, certaines n'ont même pas cette chance. L'aide alimentaire n'est même pas suffisante à l'heure actuelle. Alors pourquoi on l'a réduit brusquement ? Et ben, le Pam n'a plus d'argent. Le PAM fonctionne avec des dons privés mais il s'agit d'une agence onusienne et le plus gros des financements, ça vient des pays membres de l'ONU et ces États ont décidé de moins donner d'argent. Le Pam leur rappelle à juste titre de ne pas détourner le regard à un appel 20. Malheureusement, le génocide se poursuit et cette baisse drastique de nourriture intervient alors que l'hiver et les températures rudes approchent. Vous le savez certainement déjà, mais les nouveaux nés et les nourrissons sont les
premières victimes de la famine. C'est la fin des brèves du jour. On va passer tout de suite à la suite de notre émission et ce sera l'entretien de Faut qu'on en parle. Mais on leur pisse dessus [ __ ] Il y a quelques jours, le média révélé ses propos de Raphaël Gluxman. Ça a été repris par des dizaines de médias mais pas comme on l'imaginait. C'est révélé par le média qui est un média très proche de Lfi, le média, un média en ligne proche de la France insoumise, le média militant, le média média mélanchonniste. Tous les médias ont une ligne éditoriale. Tous choisissent leurs sujets, leurs invités, ce qu'ils montrent. Les bavures, c'est pas des violences policières. Toute l'extrême gauche, ils sont affreux et surtout ce qu'il ne montrent pas.
Nous nous faisons le choix d'aller sur le terrain. Attends, ça courty de suivre les luttes sociales, d'enquêter sur celles et ceux qui ont du pouvoir et de donner la parole à celles et ceux qu'on entend trop peu. Et oui, nous l'assumons, tout comme nous assumons nos valeurs. C'est ce qui fait notre identité et cela n'empêche pas de faire du journalisme, d'enquêter, de vérifier, de contextualiser. Notre différence ? Nous n'avons pas l'argent des grands médias, pas de milliardaires ou actionnaires derrière nous pour décider à notre place de ce que nous pouvons ou pas publier. Nous avons choisi de dépendre de vous. Et à l'approche de 2027, nous voulons aller encore plus loin. De nouveaux programmes. Pourquoi dans son entourage quelqu'un lui dit pas "Tarrêtes tes conneries maintenant ?"
De nouvelles enquêtes, de nouveaux reportages. Aujourd'hui, vous êtes déjà 5800 à faire vivre le média chaque mois. Pour notre saison 10, nous visons les 10000 soutiens. 10000 personnes plutôt qu'un milliardaire. À partir de 3 € par mois, rejoignez Capsur 10K. Et on le rappelle hein, c'est la toute première émission de FA qu'on en parle, l'un des nouveaux programmes pour cette saison 10. Une saison qui a besoin de vous pour vivre Cyrilin. Alors effectivement, continuez de nous soutenir et ça se passe sur notre sitev.fr. Vous allez sur l'anglais cap sur 10K. Il y a deux invités. Pour l'instant, nous sommes avec Alexis Corbière. vous êtes député l'après. Merci d'être avec nous. Merci de m'avoir invité. Merci d'être là ce soir. On va tout de suite commencer par l'incendie de la
mairie de de Limoge he qui a malheureusement été incendie samedi. Il y a une partie du toit, il me semble, qui a été qui s'est effondré et le maire de Limoge, bien évidemment LR a accusé LFI d'être derrière tout ça. Je vous propose de l'écouter. Mais vous savez, c'est pas le fruit du hasard. Certains discours qui incitent à l'insurrection, à la guerrière urbaine. J'ai entendu des élus de la France insommise dire encore il y a peu de temps que la violence pouvait être légitime. Ben, ça donne ça. Et David Linard en a remis une couche. Je vous propose également de de
l'écouter. Et les premiers coupables, ce sont les casseurs. La responsabilité n'est cas individuel, ce sont ces casseurs qui détruisent, qui se croient impunis, qui trop souvent sont impunis. Les responsabilités, elles sont aussi chez ceux qui les agitent, qui les utilisent et qui portent atteinte à nos libertés fondamentales. Liberté de com de commercer, je l'évoqué tout à l'heure. Liberté de se déplacer, liberté de travailler, liberté d'assumer le service public, liberté de manifester. Nous sommes attachés à la liberté de manifestation et à la juste expression des revendications qu'on en partage ne continue ou pas. Nous sommes des démocrates, nous sommes des
républicains. Ces libertés aujourd'hui sont attaquées par des individus qui en font un outil politique. Il faut savoir désigner l'adversaire ou l'ennemi. Oui. Et les filles aujourd'hui se comportent en ingénieur du chaos. Alexis Corbière, on vient d'entendre le maire de Limoge et David Linard. euh qui accuse en gros la gauche et notamment même s'ils le disent pas clairement, la France insoumise mais plus clairement la France insoumise. Qu'est-ce que que pensez-vous justement de tout ça ? Euh c'est plutôt aéable mais c'est un grand classique hein. Vous savez moi il y a une époque alors ça faisait les maronniers du Faro magazine à l'époque
c'était les trotistes. Alors vous aviez régulièrement quand vous avait un mouvement qui avait lieu, c'était l'extrême gauche puis après il y avait d'autres cibles. Euh bon là c'est euh on est à 6 mois d'une élection présidentielle, on a compris l'enjeu. La France insoumise Jean-Luc Mélenchon représente une force politique à Limoge. Celui qui au deuxème tour était le candidat qui avait uni la gauche derrière lui c'est Damien Modé. Bon donc on voit bien comment le maire de Limoche de manière politicienne, il cherche à profiter de ce drame pour en quelque sorte dire que son principal adversaire lors des dernières municipales, c'est si je veux d'ailleurs un peu de choses, serait responsable de l'incendie. Évidemment, tout ça est absurde. Ça ne rime à rien. Alors là, j'imagine que
chez vous, on peut un peu essayer de réfléchir. C'est ça qui fait la particularité de votre médiia sur ce qui a eu lieu. C'està-dire que vous l'avez dit, tout le monde condamne. Enfit moi, je les stratégies de violence, je pense que non seulement elles sont, on va dire moralement évidemment condamnables, mais en plus politiquement, elles peuvent servir à l'adversaire à agiter d'un seul coup la nicité du parti de l'ordre. La réponse autoritaire, c'est un grand classique. Donc, on doit essayer dans notre pays euh d'exprimer la profonde colère qui existe et qui elle est juste. C'est-à-dire que on a quand même une situation d'une augmentation de la pauvreté en France, des inégalités et on doit essayer d'ordonner tout ça qui est une colère très forte qui s'exprimait là
de manière brutale, euh pas seulement dans durant cette manifestation. Bon euh et c'est pas toujours simple parce que c'est un classique de la politique parce qu'à partir se retrouve durant cette manifestation nombre de gens se dégoût de la politique produit pas toujours des choses très éclairées. C'estàd qu'à partir là vous avez un mélange déjà vous avez peut-être parfois des stratégies de violence et puis vous avez après saglomère là-dedans des gens qui dans le chaos général se disent on va faire les courses, on va chaparder et cetera. Bon ok d'abord l'événement politique que vous avez pointé. Ce qui s'est passé samedi qui est significatif c'est près de 800000 personnes qui ont manifesté. C'est énorme et dans beaucoup de villes d'abord c'est ça et ils le font sur la
base de revendication d'abord sur la question du salaire de de de la vie et deuxièmement se mêle aussi avec les revendications légitimes de la jeunesse et là-dessus se greffe la violence et là-dessus le gouvernement lui veut invisibiliser les raisons de manifester. Voilà. Bon mais on ne comprend rien si l'on dézoome pas avec le fait que depuis 9 ans, ce qui est la marque du macronisme c'est la brutalité politique. Ils ont imposé une réforme des retraites et j'en terminerai là une réforme des retraites à 70 % de pays par la brutalité. Il ils les gilets jaunes, ils les ont brutalisés. Donc au bout d'un moment, quand vous fabriquez ça comme méthode politique, c'est des gens qui sont minoritaires quand même. Ça peut, j'écrirai un roman de science-fiction en
disant voilà c'est un gouvernement qui agit, qui impose, qui sont qui sont battu aux élections mais qui restent, vous diriez bah vous me décrivez un un régime autoritaire. C'est la France de 2026 et tout ça prend des formes évidemment lors qu'il y a une manifestation qui sont celles-là. Je termine en disant que la commission d'enquête parlementaire que j'ai demandé et je crois qu'elle va être retenue nous permettra aussi d'objectiver la situation parce que beaucoup de gens parlent et on sait pas très bien ce qui a eu lieu. Moi Cyril, j'ai vécu la même chose que vous en début de manifestation. J'étais dans on n pas compris, il y a une charge de police, on a été gazé. Qu'est-ce qui se passe ? Qui sont ces gens ? Est-ce queil y aurait pas aussi des provocations ? Qu'est-ce
qui s'est passé ? De quelle manière la police semblait déborder ? Ça semble curieux qu'elle a laissé se faire certaines choses. Tout ça mérite quand même à ce que on puisse objectiver des choses et voir réellement ce qui est à la source de cet événement spectaculaire mais qui ne se comprend que par 9 ans d'une brutalité macroniste indiscutable. Et notre deuxième invité vient de nous rejoindre, Shérif Elalaoui. Vous êtes sociologue he spécialiste des mouvements sociaux en France. Merci d'être avec nous ce soir. Je vais rebondir sur un chiffre que vous avez donné hein Alexis Corbière. 800000 personnes dans les rues samedi à travers toute la France selon les chiffres des organisateurs. Est-ce qu'on peut dire, je m'adresse au sociologue que vous êtes que le
mouvement a pris que ça a fonctionné ? Tout à fait. Donc la mobilisation a été effectivement, si on peut la qualifier comme ça, une grande réussite. Moi, j'aime bien rappeler effectivement que j'enquête dans une ville de taille moyenne en région et donc ça permet effectivement de donner le pou de ce qui se passe d'une manière globale effectivement. à quand exactement donc en Normandie et euh selon les premières estimations effectivement des des autorités préfectorales qui parle de 10000 participants avec un certain nombre de collègues qui étudionnant les mouvements sociaux depuis maintenant une dizaine d'années, on estime au double. Donc il y a eu tout ça pour dire qu'effectivement que c'était très très profond. Il y a une mobilisation mobilisation énorme et
j'imagine que par la suite on reviendra sur la composition socio-démographique en fait des mobilisés qui s'est mobilisé et cetera. Mais tout ça pour dire que euh contrairement à ce qui se destinait en fait au au au départ, la mobilisation a été a été largement largement suivie et a réussi plus ou moins en fait à faire mobiliser des secteurs plus ou moins plus ou moins différents. Mais justement la la composition des cortèges, on en parlait maintenant. Est-ce que la convergence des luttes dont on a beaucoup parlé pour ce samedi, est-ce que c'était déjà en marche un petit peu en marche au mouvement précédent des gilets jaunes ou c'est justement ça qui leur a manqué ? Alors, on peut déjà commencer donner voilà quelques quelques chiffres juste voilà, on est sociologue donc on aime bien
rappeler d'où d'où l'on parle. Donc je disais, ça fait 10 ans à peu près que j'enquête sur les les mobilisations et la démarche est toujours la même. C'estàdire au-delà de ce qui se dit sur un mouvement, il faut aller auprès des gens pour comprendre les ressorts des revendications et des mobilisations. Donc avec un certain nombre de collègues, donc géographe et un chercheur plutôt chargé de recherche au CNRS qui est ingénieur donc Morganeno et Contin Toura, on a passé des des questionnaires qui ont recueilli plus ou moins 90 réponses pour l'instant. Donc je prendrai quand même quelques pincettes pour commencer à donner les les premières tendances. Donc pour l'instant qu'on a pu voir hier, donc dans les réponses qui ressortent, donc on a plus d'une femme sur deux en fait
qui s'est mobilisé. Voilà, donc des personnes aussi non blanches qui étaient très très présentes. On parlera de de ça tout à l'heure. et et voilà donc une population qui est plus ou moins, on le voit très bien, qui est diplômée avec un/ers à peu près qui a qui a un bac + 5 et quelque chose qui est assez intéressant parce que ça donne une indication sur ce qui se passe en fait effectivement en France depuis on va dire une dizaine d'années à savoir des personnes lorsque l'on on leur pose la question qui n'appartiennent à aucune organisation dont des proportions extrêmement larges. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire effectivement que c'est une c'est une mobilisation qui s'est construite par le bas comme on a pu le voir dans d'autres mobilisations
d'une d'une grande ampleur à savoir le mouvement des gilets jaunes dans sa distanciation la distanciation qu'il pouvait avoir avec un certain nombre de partis politiques et voilà de de de syndicat voilà pour donner un peu une tendance un peu un peu plus un peu plus globale. Mais j'imagine qu'on pourra aussi parler des catégories socio-professionnelles. Effectivement Alexis Corbè, justement on parle de cette convergence des luttes. Vous étiez donc samedi aussi sur le terrain de la mobilisation. Est-ce que vous avez justement assisté aussi visuellement à tout ça ou est-ce que vous avez vu comme moi que la jeunesse était très présente, limite majoritaire en tout cas sur les les endroits que j'ai pu voir dans Paris ? Alors je je vais être honnête, moi j'ai
eu du mal. Il y avait de la jeunesse indiscutable au moment. Je c'est pour ça que j'écoute attentivement ce que nous dit notre ami sociologue. C'est intéressant et que je pense quand je j'ai demandé une commission d'enquête pour savoir ce qui a eu lieu parce queentre les gens qui étaient place de la République des choses qui ont lieu autre part le mouvement était quand même éclaté, il était très massif. Moi j'avais pas cette impression d'ailleurs de caractère aussi massif quand j'ai été place de la République. C'est le soir que je dans un premier temps, j'étais j'étais comme vous avec l'orchestre de nouveau monde, vous l'avez évoqué et puis bon donc il s'est passé des choses que j'ai du mal totalement à analyser. C'est évident qu'il y avait de la jeunesse.
Ceci dit, il y a pas un sygal, je crois, entre ce que j'ai vu sur le mouvement lycéen et ce qui s'est passé samedi. Il y avait une autre population indiscutablement. Il y avait une population classique. Moi, j'ai été place de la République avec des populations classiques militantes que je connais avec lesquelles on manifeste. Après, il y a nombre d'endroits où il y a eu euh des stratégies euh de bagarre organisé et là moi je demande à voir qui sont à l'initiative de tout ça. Je je suis assez d'accord avec ce que ce que vous venez de dire quand vous dites que il y a pas d'organisation politique à proprement parler. Ça c'est le fantasme du gouvernement. On a on est aujourd'hui dans un monde particulier où ces mobilisations ont lieu. Elles sont souvent assez elles passent par les
réseaux sociaux. Il y a il y a pas la grande organisation politique qui qui dirige ou je sais pas quoi. Il y a une mobilisation, une nébuleuse de choses. Par contre, ce qui est vrai, je crois et là encore comme on est chez vous, on peut tranquillement. Je ne justifie pas la violence, je la désapprouve et cetera, mais il y a il y a un terau massif, pas d'acceptation mais de de violence où les gens se disent après tout ils l'ont bien cherché. Je moi je vois entre ceux qui cassent autour, il y a pas de désapprobation parce qu'il y a le sentiment quand même qu'il y en a assez, qu'il y en a marre. Et même parfois ce qui est dit euh j'en discute notamment avec des jeunes que des manifestations de masse, on en a fait plein et on n'a pas été entendu. Donc si
ça ne va pas au-dessus euh ben il y aura rien. Je je le regrette. Mais vous voyez ce que je veux dire ? Et ça quelque part quand même on peut se dire que c'est vrai que quand vous euh méprisez les organisations syndicales, quand vous imposez une réforme des retraites à un pays qui n'en veut pas, au bout d'un moment vous fabriquez vous-même de la violence. C'est pour ça que ce gouvernement qui désapprouve la violence fondamentalement porte une lourde part de responsabilité. Une lourde part de responsabilité. Il peut pas venir nous dire il faut régler les problèmes par les voies démocratiques parce qu'ils sont l'incarnation physique qu'ils ont refusé les voies démocratiques. Je je répète ce qui me semble peut-être une banalité mais je ils sont minoritaires. Ils dirigent un pays en étant
minoritaire aux élections. Et le député que je suis depuis 2022, on vote plus les budgets, ils sont imposés. Et là en plus on a commencé une discussion budgétaire où je vous le dis, vous inviterzai d'autres collègues députés, le budget qui présente va complètement à contraria frontalement avec les revendications du pays. Donc ils vont encore brutaliser les gens et il y a cette brutalité silencieuse que vous décriviez quand on redemande une taxe Zucman et qui nous répondent, il est hors de question est-ce que les fortunes accumulées participent davantage ils sont ils ont beau être en costume et nous le dire gentiment dans l'hémicycle c'est d'une violence sociale extrême. Au bout d'un moment, tout ça produit quelque chose et samedi est une manifestation de de tout ça. Je peux
juste aller effectivement sur la la composition socio-démographique du monde. Sachant qu'il faut prendre effectivement ces chiffres-là avec de la distance parce qu'il y a des traitements encore et l'enquête, elle est encore en cours tout simplement. Bon, c'est un peu important de de le dire. Donc la moyenne d'âge, elle est autour de 34 ans. Donc voilà. Et les parler de camp. Oui, tout à fait. Exactement. C'est une enquête localisée qui est faite sur ce qu'on appelle une étude par cas hein en en en sociologie. Donc moyenne d'âge autour de 34 ans. Euh donc les 25 ans et moins représentent autour à peu près de 29 % j'ai envie de dire. Et lorsqu'on reprend les catégories socio-professionnelles de de l'INC, on voit des des choses qui sont assez intéressantes notamment une large
présence de ce qu'on appelle les cadres et professions intellectuelles supérieures. Donc ça c'est assez intéressant. donc des enseignants, des psychologues de l'éducation nationale, des fonctionnaires du juristes. Donc c'est pas sans lien avec le mouvement lycéen des des et ça va revenir par la suite effectivement dans les revendications et la manière dont beaucoup aussi parce que j'avais une question ouverte dans le questionnaire où les les les participants disent aussi qu'ils sont en solidarité avec les lycéens. Ça c'est un mot qui une occurrence qui est revenue à peu près 13 fois dans dans le questionnaire et voilà les les aussi les professions ce qu'on appelle les professions intermédiaires à savoir les éducateurs spécialisés infirmières mais surtout des personnes
des gens qui travaillent dans dans les établissements dans les établissements dans les établissements culturels et puis ce qu'on appelle nous en fait les classes populaires à savoir les employés les ouvriers si on les agrège. Voilà, on a quelque chose autour de de 16 %. Pourquoi je disais je dis ça ? C'est très important parce qu'on en a parlé tout à l'heure sur la comparaison qu'on peut avoir avec le mouvement des gilets jaunes. Et dans le mouvement des gilets jaunes, on voit cette courbe qui est inversée. C'està-dire en fait, on voit d'abord une surreprésentation, une présence en fait des catégories populaires, des ouvriers, des employés et c qui étaient effectivement très touchés par les mesures du gouvernement ou pour par la taxe pour des questions des de de mobilité. une
sous-représentation effectivement des cadres. Donc là, la courbe, elle est elle est plutôt inversée. Tout ça effectivement est à prendre avec des des des précautions, mais ça permet de donner de donner des éléments de de de comparaison, de dire aussi qu'il y a qu'il y a des étudiants qui se mobilisent aussi en ce moment qui Donc c'était complètement différent du premier du premier acte des gilets jaunes en 2018. C'est ce que vous nous dites. Il y a une différence. Moi je alors j'ai publié un papier il y a il y a il y a vous aimez pas parler du retour des gilets jaunes c'est ça ? Alors, j'ai je fais la différence effectivement parce que bon, quand la trend sur TikTok a commencé, quand les gens ont commencé à parler de la date du 17, il y a un cadrage qui s'installait tout de suite
rapidement dans les médias sur la la thématique du retour des des gilets jaunes. Et moi, j'aime bien rappeler que la thématique du retour des gilets jaunes, c'est quelque chose qui est récurrent depuis 2021. Dès que la situation sociale se tend et que les prix de l'énergie augmentent, on parle du retour des gigons parce que c'est assez évocateur et je disais plus ou moins dans le papier, c'est que pour moi, il faut effectivement pour penser les enjeux de de l'appel actuel, il faut faire la différence entre reprendre les codes du mouvement des gilets jaunes, à savoir la chasuble, des manières de dire les choses, des répertoires d'action et remobiliser les classes populaires en fait qui étaient présentes dans le mouvement. Pour moi, c'est deux choses différentes, mais on voit très bien ce
qui est en train de se jouer. C'est-à-dire que non seulement euh la mobilisation se tasse, donc on a vu encore hier qu'il y avait des mobilisations et cetera, il y a des appels et j'ai vu des appels circuler aussi pour samedi prochain. Et on voit qu'il y a quelque chose exactement, il y a quelque chose de l'ordre de d'un référentiel gilets jaune qui qui s'installe d'autant plus rien que le terme acte acte 1 2 c'était vraiment spécifique au gilet jaune. Oui, c'est quelque chose qui a été plus ou moins bon ça vient pas des gilets jaunes mais c'est les gilets jaunes qui l'ont qui lui ont donné cette cette charge et de cette signification politique. Mais il y a des gilets jaunes qui se sont mobilisés. Quand je disais effectivement faire la différence parce que pendant
les mouvements des gilets jaunes, qu'est-ce qui s'est pass s'est passé ? un truc très simple, c'est-à-dire que les samedis, il y avait les mobilisations qui permettait effectivement à des personnes bon voilà qui travaillaient dans le secteur privé plus ou moins de de de se mobiliser donc le samedi mais le dimanche, lundi et au cours de la semaine, les ronds-points, il y avait une occupation territoriale en fait du mouvement. Donc les gens étaient là pour celles et ceux qui pouvaient notamment les retraités, qui pouvaient être sur des ronds-points et cetera. Euh voilà, donc il y avait les actes mais il y avait aussi une occupation territoriale au quotidien euh voilà qui se construisait sur les différents ronds-points et cetera. Pour l'instant, on n'est pas encore dans cette
situationlà. Donc on voit que la mobilisation monte en intensité. Je ferai remarquer d'ailleurs pour les sociologues des mouvements sociaux qui travaillent sur les mouvements sociaux, il y a une gradation en fait dans la manière dont un mouvement se durcit au fur et à mesure des interactions qui va avoir avec les forces de l'ordre, qui va avoir avec l'État, avec les discours politiques et cetera. Et ce mouvement-là, on a vu que tout de suite effectivement, il y a quelque chose qui qui s'est durcit dès le départ et qui dénote d'une d'une profonde colère en fait, qui égage beaucoup de colère au sein du on pourra parler vraiment des revendications. Je pense que ça ça pourrait vous intéresser et intéresser les les personnes qui vous écoutent sur les revendications. Ah,
justement, on parlait de de l'État, on va écouter le discours une partie parce que je pense que tout le monde n'a pas envie de s'infliger les 8 minutes de d'Emmanuel Macron. C'est pas de respect au mais on va essayer d'écouter au moins une partie du discours d'Emmanuel Macron et on en parle ensemble. Hier, samedi 17 octobre, des faxieux issus de groupuscules d'ultra gauche rejoints par de nombreux délinquants se sont livrés à une violence débridée dans nos villes. Des commerces ont été pillés, des bâtiments publics, des magasins, des mairies ont été attaquées et pour certains détruits et plusieurs centaines de policiers et de gendarmes ont été blessés. En regardant ces images, nous nous sommes tous demandés compt-il dans la
tête ? Comment des Français peuvent faire cela à la France ? Pourquoi brûler la mairie de Limoge, l'office de tourisme à Lyon, envahir la mairie à Marseille ou attaquer la résidence du préfet à Bordeaux ? Comment peuvent-ils en arriver là ? Euh, on l'a entendu, hein, le gouvernement Emmanuel Macron insiste sur les violences de ces manifestants et notamment cite l'ultra à gauche. C'est le terme qu'ils utilisent entre Macron, le Cornu ou Nunz. Euh vous l'avez dit un peu au début, c'est toujours un classique, c'est-à-dire toujours reporter la responsabilité ou la la faute justement sur le la gauche. Euh est-ce que on va aller loin avec cette formule-là et cette manière dont Emmanuel Macron finalement répond à la colère
? Parce que tous ces gens-là disent souvent complotisme complotisme mais c'est un peu une thèse complotiste. Il y a un petit groupe quelques en gros tout va bien, il y a pas de quoi s'énerver mais il y a un petit groupe d'agitateurs qui cherchent à soulever le pays. C'est la thèse qu'ils veulent nous vendre. Bon donc ça va pas loin mais je veux dire tout le monde sérieux c'est bien que il y a peut-être des organisations mais ce qui se passe est profond profond. Là encore quand je le dis ça il s'agit pas de dire que la stratégie utilisée par ceux qui font la casser la bonne je la désapprouve parce que je pense qu'elle permet justement à ce que le gouvernement invisibilise les mots d'ordre les revendications et consacre une émission où il aurait le président
de la République aurait dû apporter des réponses politiques à la question des salaires, à la question de l'éducation et il a cette ruse lui permet de ne pas répondre. Après, moi je demande alors euh la vous avez toujours la prudence des des chercheurs. Euh moi je demande de quoi on parle cette mouvance sur ultra gauche. Demande vraiment à voir de qu'est-ce qui est l'année vraiment. Je je j'espère que euh là je reprends ma casquette de députés. Si on a la commission d'enquête parlementaire qu'on vient de nous dire d'où ça vient euh parce que je ne j'exclus pas là encore je prends un petit risque il y ait là-dedans une mouvance qui alors on dit le terme ultra gauche mais qui aussi peut venir d'ailleurs. J'ai vu que Libération fait un papier en disant qu'anistice notamment il y aussi des
groupes UScules d'extrooite qui participent à la bagarre pour casser. Il y a des groupes qu'on appelle accélérationnistes c'est-à-dire des gens qui se qui se latéralisent plus droite gauche mais qui pensent que le chaos le bazar va amener à la réponse autoritaire. Donc j'aimerais quand même là-dessus qu'on objective, moi je suis pas en capacité de de le juger, mais je vois on m'a même dit plusieurs témoignages qu' y avait des gens qui parlaient allemand, qui parlaient italien lors de la bagarre et cetera. Donc je demande à ce que est-ce qu'on n'est pas aussi dans une opération politique ? Bien sûr, il y a le chaos, bien sûr, il y a sans aucun doute des gens qui se réclament, c'est un classique de l'anarchisme qui Mais qui est vraiment au point de départ ? Moi,
je ne sais pas. Et le cornu parle beaucoup et à mon avis dit des choses sur lequel il n'a aucun aucune réalité. Il essaie d'interpeller Jean-Luc Mélenchon pour faire croire que bon c'est très politicien. Bon mais mais ça va pas loin dans l'analyse. Et d'ailleurs la procureur de Paris a affirmé à ce stade he qu'elle ne pouvait absolument pas confirmer l'appartenance à l'ultra gauche des casseurs. Donc là on photographie pardon je de ce que vous dites est intéressant. Il y a 2000 personnes qui sont interpellées. On a une photographie là pour le coup de voir un peu et on s'aperçoit la procureur de Paris, pas n'importe qui qu'à ce stade, elle nous dit dans les auditions de ces 2000 personnes que soi-disant la police a considéré comme étant les plus violents, on peut pas analyser qu'on a
bon donc on va voir le sociologue, j'imagine que vous êtes sera intéressé de voir qui c'est qui est interpellé. On s'aperçoit souvent d'ailleurs que c'est parfois des gens qui sont relâchés parce qu'il y a pas grand-chose et c'est pas toujours les plus malins ou peut-être les plus aguérris qui sont attrapés. Enfin, je sais pas. Et justement, juste avant de vous donner la parole justement, j'aimerais qu'on écoute un gilet jaune avec qui je me suis entretenu, un gilet jaune de la première heure qui était place de République. Il a des choses à nous dire justement sur sa colère et sur peut-être la violence qu'on a pu voir dans les images et on en parle juste après. On doit tous se retrouver, on a tous les mêmes intérêts à se retrouver dans la conscience, dans
l'unité, dans la dignité pour le bien commun de tous, pour que les enfants aient un avenir, pour que on cesse cette catastrophe climatique, écologique, sociale de misère. On est là pour l'amour, l'harmonie. Aujourd'hui, cette manifestation de violence, c'est la manifestation d'un inconscient collectif qui en a marre, qui remplit de rage, de frustration. Cette colère, elle doit être purgée. Alors, une colère sociale légitime. On rappelle que le premier acte des gilets jaunes, c'était par rapport au prix à la pompe hein, les lycéens parce que pas de chauffage, des radons les classes, pas de prof, pas de table, ni de chaises. Quel est le point communérif à toutes ces revendications ? La justice sociale tout simplement, j'ai envie de dire. Mais effectivement,
lorsque moi j'avais nous on avait plutôt dans le questionnaire donc ce qu'on appelle une question ouverte qui permettait de gens aux gens de dire euh euh ce qui faisait qu'ils étaient là aujourd'hui. Il y a, je le disais en préambule de la présentation tout à l'heure, il y a vraiment la question de la solidarité avec les lycéens qui ressortent très très nettement. Là, je vois, j'ai les données devant moi, je vois plus de 11 en fait occurren de de soutien au lycéen. Donc, c'est quelque chose qui ressort très très très fortement. Bon, au regard notamment de la répression que le mouvement lycéen qu'on a vu là, je j'ai pas les chiffres réactualisés mais peut-être plus de 6000 6000 interpellations et cetera aussi des des des personnes des personnes. Ça c'est toujours à quand je vous coupe
chérif mais ça peut peut-être nous donner une idée de ce qui se passe au niveau national. Tout à fait. Exactement. C'est je parle toujours en fait de l'enquête qui est en cours et cetera. Donc ça c'est les les la première chose qui ressort ensuite et ce qui va rattacher à la question que vous avez posé tout à l'heure sur la question des inégalités sociales et l'incertitude en fait de l'avenir. C'est quelque chose qui vient beaucoup beaucoup sur chez chez les gens. La question des inégalités, se mobiliser contre les inégalités donc ça va agréger la question de pouvoir d'achat et cetera. Et ensuite il y a deux deux sortes de revendications qui ne se recoupent pas forcément qui sont en lien avec la composition socio-démographique du mouvement. savoir en fait cette lutte en fait aussi contre
les violences policières, c'est quelque chose qui vient beaucoup aussi chez les gens qui sont très qui sont touchés par les violences policières, qui sont tout simplement outrés en fait effectivement par les violences policières et puis d'autres formes qu'on pourrait qualifier voilà d'anticapitalistes à savoir autour de de demandes de demandes anticapitalistes notamment lorsqu'on regarde effectivement la manière dont les inégalités se sont creusées entre le haut de l'espace social et cetera. et le bain. Donc voilà, il y a des il y a des éléments qui peuvent rapprocher autour des questions des inégalités sociales et ce qui fait que par ailleurs le soutien a été très très il y a un soutien très massif au mouvement lycéen et donc en fait le mouvement il se rapproche plus
du mouvement lycéen que d'un autre mouvement. Et on pourra en parler aussi notamment du point de vue du vote dans ce mouvement là où le vote par exemple lorsqu'on demande aux gens pressé par le temps. Alors genre justement une minute vous avez enquêté enfin vous avez fait une analyse des votes des gilets jaunes en 202 2017 et là en 2022 justement quelle est la grosse différence ? Alors en 2000 2017 j'étais plutôt avec un collectif dans le collectif de de l'université de camp notamment on a fait passer un questionnaire. Bon, c'est notre travail un peu de chercheur de de d'analyser les choses à à froid où en fait il y avait effectivement plus une polarisation entre d'une part l'extrême droite et et la gauche notamment Jean-Luc Mélenchon. Mais ça dépend
vraiment des configurations qui peuvent être être changées. En tout cas dans les communes notamment qu'on a pu voir, c'est ça qui ressortait. Sachant que l'abstention était très très forte. Il faut toujours le rappeler notamment, c'est que l'abstention, c'est quelque chose qui est très très fort chez les les catégories populaires et et les les personnes jeunes, notamment l'abstention intermittente. Et dans ce mouvement-là, ben du coup, en tout cas, les gens qui étaient majeurs en 2022 ont voté très très largement en faveur du candidat insoumis, à savoir Jean-Luc Mélenchon. Donc c'est quelque chose qui ressort dans des proportions assez larges lorsqu'on leur pose la question sur 2022 vraiment très très largement de de du vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon. Et ensuite euh lorsqu'on leur
pose aussi la question parce qu'il y a une élection majeure qui s'est jouée en 2024 quand même qui est importante. Euh lorsqu'on leur pose la question sur le vote sur cette élection là, bah il y a le nouveau Front populaire aussi qui se dégage encore une fois assez assez nettement de du du reste de des formations et cetera. Donc on voit quand même les qu'il y a des ancrages sociaux. Vous nous parlez pas de la manife de samedi, c'est des chiffres que vous rappeliez. Si si ça c'est la manife de samedi quand même. Il a enquêté Ouais. Samedi sur ce que les gilets jaunes avaient voté lors de l'instant. C'est une domination de France insovie. Ça que vous dites tout à fait sur la les vote pour 2022 lors de la présidentielle de 2022. Et pourtant Alexis Gorbè, on entend là
dans les médias et mais pas que hein que justement ce qui s'est passé samedi c'est un boulevard pour l'extrême droite quand on entend Shérif elle. Oui, on comprend quand finalement pe peut-être pas mais mais que que pouvez-vous répondre justement à ceux qui pensent que ce qui s'est passé samedi, c'est un boulevard pour l'extrême droite ? Ah bah, il y a toujours après l'utilisation du chaos pour appeler à la solution autoritaire. H après une discussion stratégique et vous savez un peu ce que moi je moi je pense qu' si on avait pu maintenir et beaucoup d'obstacles à ça mais ce qui était la proposition du nouveau Front populaire de l'Union de la gauche et des écologistes là normalement on devrait appeler au départ du gouvernement et être une alternative. On en est là, y
compris même à demander à ce qu'Emmanuel Macron s'en aille. Là, il y a une petite difficulté à le faire parce que euh personne ne le fait et puis on est divisé. Bon, deuxièmement, attention, euh la sociologie qui est décrite notamment par Shérif ou qu'on voit euh n'est pas totalement à l'image du pays. Comme j'ai tendance à dire souvent avec mes amis, la Nouvelle-France ça existe mais la Nouvelle-Fance, regardons là, électoralement, elle n'a jamais été aussi vieille. D'accord ? Il y a une population, le segment de la population qui va voter est âgée. La Nouvelle-France n'est pas que jeune diplômé urbaine, même si c'est très bien les jeunes diplômés urbains sont majoritairement qui à la gauche et c'est une force électorale sans aucun doute. Mais attention à ce que dans nous la
gauche, on doit aussi embrasser un spectre large si on veut gagner et il faut gagner dans cette élection parce que face à nous c'est l'adversaire le plus terrible, c'est l'extrême droite. Si on veut faire 16 à 17 millions de voix, on doit pouvoir aussi être en capacité à parler à des gens qui n'ont pas peut-être des habitudes de militants sociologiques, qui sont des gens âgés, qui voient les événements derrière leur postes de télévision et qui peuvent peut-être face à la manœuvre qu'on voit bien médiatique être affolé par ce qu'il y a lieu. Donc vous voyez, c'est pas simple à tenir. Je sais pas si ça répond à votre question mais on doit à mon avis être ce quelque part je veux dire dernière proc la gauche doit aussi être un facteur d'ordre mais comme vous l'avez très bien
dit d'ordre social le cœur du problème c'est l'injustice sociale. On est un pays, c'est notre patrimoine, on l'apprend à l'école. Un pays, c'est ma conclusion, 53 personnes aujourd'hui possèdent autant que 32 millions de personnes. Et ça, les Français le voi ne l'acceptent pas. Alors très très rapidement, c'est vraiment bientôt la fin. Juste vraiment un mot de la fin très très rapidement. Moi je pense que ce que montre effectivement aussi ce mouvement là qui s'inscrit mouvement lycéen maintenant ce mouvement du du 17 en fait c'est un un un un comment dire ça un quelque chose qui se creuse entre le haut de l'espace social les classes dirigeantes et en fait tout simplement en fait ce qu'on appelle le peuple et cetera il y a il y a quelque chose de l'ordre d'une incompréhension en fait on
comprend pas les gens lorsqu'on tend vraiment un micro gens par le gens il y a des revendisations qui sont très qui sont très très claires autour des questions des inégalités et cetera et cette colère là, elle va pas disparaître parce qu'elle a des causes structurelles, hein, qui sont les inégalités économiques, sociales, mais aussi les discriminations raciales et cetera. Et on l'a vu beaucoup dans le mouvement lycéen et dans le 17 octobre comment en fait effectivement une population non blanche aussi a pris sa part, même si on lui dénit la légitimité de parler au peuple du au nom du peuple français. Il y a des syndicats des quartiers qui se sont construits. Il y a une coalition du 17 octobre qui fait référence au 17 octobre 1961. euh voilà des acteurs
historiques, euh des quartiers autour de l'Assemblée des quartiers, mais aussi euh d'autres d'autres acteurs euh d'autres acteurs politiques. Donc il y a en fait des choses qui sont en train de de se jouer. Il y a aussi des colères euh si elles ne sont pas traitées et cetera, ben en fait effectivement ça peut que se durcir et aller de plus en plus euh effectivement vers quelque chose de de plus dur. Chérif, très vite aussi la spécificité des gilets jaunes, c'était la régularité hein, des rassemblements. Là, on le sait prochain rendez-vous samedi prochain, si le gouvernement l'accepte, hein. Là, on est dans une situation où je ne j'exclus pas que ils interdisent le ro de manif. Exactement. J'allais en venir. C'est peut-être ce qui est en train de se produire, peut-être ce qui va se passer
que le gouvernement va inter plateau télé d'une autre chaîne, le monsieur Béami quand même bon, il a il dit lui pour les manifestations et jecve Philippe Poutou, il a dit faudrait vous mettre en prison. On en est là. C'est même plus l'extrême droite qui parle comme ça, c'est la droite. Donc là, on est dans une tension extrême. Faudra être vigilant parce que les libertés fondamentales risquent d'être remises en cause. Effectivement, on arrive, on est malheureusement à la fin de cette de cette émission. Vous l'aurez compris hein, pour ce soir, c'est terminé. C'était la première de Faux qu'on en parle. Nous espérons que ça vous a plu et que cet entretien vous a permis de voir tout ce qui s'est passé ce weekend un peu différemment. Merci pour votre fidélité. Merci à Cyril et merci à nos deux
invités. Sériefalaoui, sociologue Alexis Corbière, député la prê. Merci à vous deux messieurs d'avoir été là. Comme le disait Cyril, c'est la fin de cette émission. Bonne soirée sur le média et on se retrouve demain à 18h30.
Alexis Corbière