Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 9 juin 2018 19 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalTravail & emploiRetraites

Maël de Calan et Jérôme Sainte-Marie

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui a été fait depuis six mois pour remettre ce parti sur les rails ?

  • 2:30OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'il manque aujourd'hui à reconstruire selon vous au sein du Parti Les Républicains ?

  • 3:32RelanceRéponse directe

    Comment mettre en place cette politique pro-européenne dans un parti dirigé par Laurent Wauquiez eurosceptique ?

  • 4:52OuverteRéponse directe

    Vous craignez qu'un Laurent Wauquiez puisse franchir le Rubicon comme en Italie ou au Danemark ?

  • 6:23OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que les élections européennes peuvent apporter aux Républicains aujourd'hui ?

  • 7:13OuverteRéponse directe

    Comment expliquez-vous que Laurent Wauquiez n'ait pas encore fait de propositions concrètes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:39Invité politiqueFait
    « Hélas, pas grand-chose. »
  • 0:46Invité politiqueFait
    « Il s'est refermé sur un socle de plus en plus dur d'électeurs, de militants, de sympathisants. »
  • 1:22Invité politiqueChiffre
    « Laurent Wauquiez a réussi à réduire notre base électorale de 20% qui était le score de François Fillon au premier tour de la présidentielle à une dizaine de pourcents. »
  • 2:56Invité politiquePromesse
    « Valérie Pécresse va chercher à faire dans les prochains jours un projet sur les questions de sécurité, d'immigration. »
  • 3:17Invité politiqueFait
    « Je pense en particulier à la réduction de la fiscalité du capital. »
  • 3:21Invité politiqueFait
    « Je pense en particulier à la réforme des retraites, à l'absence de baisse de la dépense publique. »
  • 3:43Invité politiqueFait
    « Faire comprendre à nos électeurs, à nos élus, à nos militants que l'Europe est pour la France une nécessité vitale. »
  • 5:19Invité politiqueFait
    « Ce que je crains, ce sont ces responsables qui cherchent en permanence à coller à ce que souhaite l'opinion, plutôt que de dire ce qu'ils croient être juste et bon pour le pays. »
  • 5:31Invité politiqueFait
    « Je sais que l'Europe est extrêmement impopulaire dans une partie de notre électorat. »
  • 7:04Invité politiqueFait
    « Ils leur reprochent de ne pas être crédibles. Ils leur reprochent de ne pas avoir, de ne pas incarner une proposition alternative intéressante à ce que le gouvernement met en œuvre. »
  • 7:30Invité politiqueFait
    « Les Républicains ne font pas de proposition parce que le gain politique à très court terme à faire des propositions, à travailler dans le fonds, il est quasiment nul. »
  • 7:58Invité politiqueFait
    « Laurent Wauquiez s'est imposé à une petite cure médiatique puisqu'à chaque fois qu'il parlait, il perdait des points dans l'opinion. »
  • 15:15Invité politiqueFait
    « J'ai toujours été contre l'augmentation de la CSG. »
  • 15:41Invité politiqueFait
    « En refusant d'augmenter l'âge de départ à la retraite, le gouvernement se condamne à moyen terme à baisser les pensions. »

Temps de parole

  • Maël DE CALAN49 %
  • Présentateur24 %
  • Invité18 %
  • Locuteur non identifié5 %
  • Locuteur non identifié 22 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur non identifié

Le 6-9 du week-end, Éric Delvaux, sur France Inter.

0:06
Présentateur

Cela fera six mois demain que Laurent Wauquiez a pris les rênes du parti Les Républicains, très largement élu, il est désormais contesté à la fois sur ses méthodes, sa méthode de gouvernance et aussi sur sa ligne politique. Bonjour Maël Decalan. Bonjour. Vous êtes le vice-président de Libre, le mouvement de Valérie Pécresse, associé au parti Les Républicains et assez critique sur la présidence Wauquiez. La priorité, a dit Laurent Wauquiez, c'est de remettre le parti En Marche. Qu'est-ce qui a été fait depuis six mois pour remettre ce parti sur les rails ?

0:38
Maël DE CALAN

Hélas, pas grand-chose. Laurent Wauquiez devait ouvrir le parti aux différentes sensibilités du centre et de la droite et il a fait exactement le contraire. Il s'est refermé sur un socle de plus en plus dur d'électeurs, de militants, de sympathisants, y compris dans son entourage, sur un cercle de plus en plus restreint de personnes. Laurent Wauquiez devait redonner de la crédibilité à notre formation en faisant des propositions concrètes qui illustrent ce qu'on croit être bon pour le pays et il fait exactement le contraire en diffusant des tracts de plus en plus agressifs dans lesquels Les Républicains ne proposent rien.

Et donc ce cycle de radicalisation ou de refermement, d'enfermement des Républicains se poursuit et on le lit dans les sondages. Laurent Wauquiez a réussi à réduire notre base électorale de 20% qui était le score de François Fillon au premier tour de la présidentielle à une dizaine de pourcents. Il a été divisé par deux en moins d'un an et je crois que ce n'est pas un bon résultat, je crois que ce n'est pas une bonne stratégie, qu'il ait grand temps d'en changer. Est-il possible d'en parler avec lui ? Alors c'est très compliqué de le faire dans les instances.

On est censé avoir un bureau politique, différentes instances dans lesquelles on débat justement à la fois de la stratégie et des idées de fonds. Et ces instances qui devaient être ouvertes aux différentes sensibilités du mouvement reflétaient le résultat du Congrès puisque Laurent Wauquiez a été largement élu, vous l'avez dit, il n'a pas fait 100% des voix pour autant. Il avait deux candidats, Florence Portelli et moi-même, qui, à eux deux, ont fait un peu plus d'un quart des suffrages et nous avons, je crois, quelque chose comme 2 ou 3% des sièges. Donc c'est très compliqué d'en discuter avec lui.

Valérie Pécresse s'y essaye pour tirer la sonnette d'alarme, essayer d'orienter notre parti politique dans le sens d'une formation crédible qui propose, qui retrouve, qui restaure son image aussi auprès des Français. C'est compliqué de le faire et ça n'en prend pas le chemin.

2:30
Présentateur

Alors est-ce qu'aujourd'hui, que reste-t-il précisément à reconstruire selon vous, Maël Decalan, au sein du Parti Les Républicains ? Qu'est-ce qu'il manque ?

2:37
Maël DE CALAN

Un projet qui illustre des valeurs qui sont les nôtres, qui sont celles de la droite et du centre depuis toujours. Le projet qui serait celui d'une droite profondément européenne et qui ferait des propositions concrètes pour restaurer l'influence de la France en Europe. Et c'est ce que Valérie Pécresse va chercher à faire dans les prochains jours. Un projet sur les questions de sécurité, d'immigration. On a des vrais points de différence avec Emmanuel Macron sur ce sujet. Mais plutôt que de dire que tout va mal, essayons de dire ce que nous ferions si nous étions en situation. Et un projet enfin dans le domaine économique et social.

Il y a plusieurs des réformes qui ont été mises en oeuvre par ce gouvernement qui vont dans le sens de ce qu'on croit, de ce qu'on croit être juste. Je pense en particulier à la réduction de la fiscalité du capital. Mais il y a d'autres réformes. Je pense en particulier à la réforme des retraites, à l'absence de baisse de la dépense publique, qui ne nous vont pas.

3:25
Présentateur

Je vous ai entendu dire à l'instant tout le bien que vous pensez d'une politique plutôt pro-européenne. Comment mettre en place cette politique dans un parti dirigé par Laurent Wauquiez qui lui prône l'eurosceptisme ?

3:37
Maël DE CALAN

Eh bien en convainquant nos adhérents, nos élus, puis évidemment nos électeurs, que si la France n'est pas profondément européenne, elle ne pourra pas survivre dans la mondialisation. Faire comprendre à nos électeurs, à nos élus, à nos militants, que l'Europe est pour la France une nécessité vitale, vitale dans un monde qui sera dominé demain par les grands empires, qu'il l'est déjà aujourd'hui mais qu'il le sera encore davantage, dans un monde qui est chaotique sur le plan monétaire, sur le plan commercial, sur le plan militaire et géopolitique, l'Europe est pour la France une nécessité vitale.

En leur faisant comprendre que si par démagogie, parce que l'Europe est impopulaire, nous nous éloignions de cet ADN profondément pro-européen, et bien la droite, non seulement n'aura pas été fidèle à sa vocation, mais aura aussi commis une très grosse erreur politique.

Alors maintenant, l'Europe doit se réformer, et Valérie Pécresse fera là aussi des propositions concrètes, puisque c'est sa marque de fabrique, sa marque de facture, c'est d'essayer d'être non pas dans la dénonciation agressive, mais dans la proposition efficace, pour que l'Europe fonctionne mieux, mais surtout pour que la France retrouve son influence en Europe, qu'elle a perdue il y a maintenant bien longtemps, mais en essayant de faire la démonstration, pour répondre précisément à votre question, en essayant de faire la démonstration que l'Europe est pour nous une nécessité vitale. C'est compliqué.

4:52
Présentateur

En Europe, on voit les droites populistes s'associer au pouvoir, c'est le cas au Danemark, c'est le cas aussi en Autriche, on a vu l'extrême droite aussi venir au gouvernement en Italie. Vous craignez qu'un Laurent Wauquiez à la tête du parti pour commencer, et pourquoi pas un jour vous le souhaitez à la tête de la France, puisse également franchir ce Rubicon ?

5:15
Maël DE CALAN

Ce que je crains, moi, c'est les responsables politiques qui disent aux électeurs ce qu'ils veulent entendre. Ça s'appelle la démagogie, ça s'appelle le populisme. Ce que je crains, ce sont ces responsables qui cherchent en permanence à coller à ce que souhaite l'opinion, plutôt que de dire ce qu'ils croient être juste et bon pour le pays. Moi, je ne suis pas aveugle, je sais que l'Europe est extrêmement impopulaire dans une partie de notre électorat.

Avec Valérie Pécresse, on s'interroge sur cet écart qui s'est creusé par rapport à l'époque où j'ai commencé mon engagement politique, au début des années 2000, où l'Europe était très populaire, notamment dans l'ouest de la France, je suis élu dans le Finistère. L'Europe, en Bretagne, ça voulait dire quelque chose. Aujourd'hui, l'Europe est devenue source d'anxiété, source de problèmes, donc on n'est pas complètement sourd et aveugle à ces difficultés, mais on est tellement persuadé que l'Europe, comme je le disais tout à l'heure, est pour la France une nécessité vitale, qu'on ne cherche pas à surfer sur cette vague d'euroscepticisme, mais à dire qu'on croit être juste et bon pour le pays.

Donc pour vous répondre, oui, oui, moi j'ai peur demain, qu'un responsable politique démagogique, qui fonde sa démarche politique sur la facilité et le simplisme, arrive au pouvoir, et emmène la France dans une aventure qui serait très préjudiciable à ses intérêts.

6:23
Présentateur

Qu'est-ce que les élections européennes, dans un an tout pile presque, qu'est-ce que les élections européennes peuvent apporter aux partis des Républicains aujourd'hui ? Qu'est-il à attendre pour les Républicains des élections européennes ?

6:35
Maël DE CALAN

Si les Républicains se refondent sur une base qui est à la fois pro-européenne et en même temps profondément réaliste, lucide sur la nécessité, un, d'améliorer son fonctionnement, deux, de restaurer l'influence de la France à Bruxelles, eh bien les Européennes peuvent être le début du rebond pour les Républicains.

6:51
Présentateur

Enfin pour l'instant, les sondages ne donnent pas grand espoir aux Républicains.

6:56
Maël DE CALAN

Nous n'en prenons évidemment pas le chemin. Mais pour quelle raison ? Quand vous regardez un petit peu en détail les sondages, qu'est-ce que reprochent les électeurs au fonds républicains ? Ils leur reprochent de ne pas être crédibles. Ils leur reprochent de ne pas avoir, de ne pas incarner une proposition alternative, intéressante à ce que le gouvernement met en œuvre.

7:13
Présentateur

Comment vous expliquez que Laurent Wauquiez n'ait pas encore fait de précision, de proposition assez concrète ? On est sur le dossier européen, mais enfin on pourrait le décliner sur d'autres aspects. Il s'est plutôt imposé une cure médiatique, notamment après la séquence des enregistrements dans l'école de Lyon, je crois.

7:30
Maël DE CALAN

Alors les Républicains ne font pas de proposition parce que le gain politique à très court terme à faire des propositions, à travailler dans le fonds, il est quasiment nul. Moi, si vous voulez, ça fait une dizaine d'années que j'essaye de travailler sur le programme économique de la droite. Si vous avez le choix entre passer du temps auprès de vos électeurs ou sur les plateaux de télévision ou passer du temps dans une salle avec des experts, avec des élus, avec des électeurs pour élaborer un programme de gouvernement précis, concret, le choix en général, en politique, il est très vite fait.

Maintenant, à court terme, Laurent Wauquiez s'est imposé à une petite cure médiatique puisqu'à chaque fois qu'il parlait, il perdait des points dans l'opinion. Donc c'est peut-être ce qu'il a de mieux à faire à court terme, mais à moyen terme, moi je le redis, les Républicains ne parviendront pas à incarner une alternative crédible s'ils continuent, comme c'est le cas dans le trac qui fait polémique en ce moment, s'ils continuent à fonder leur discours politique sur des dénonciations violentes et stériles, plutôt que de faire des propositions concrètes et efficaces.

8:25
Présentateur

Maël Decalan, on va reprendre cette interview dans quelques minutes après la revue de presse de Frédéric Pommier. Nous serons rejoints par le politologue Jérôme Saint-Marie, sondeur et président de Pauling Vox. Il y aura aussi Patricia Martin, les questions des auditeurs. Vous nous appelez les auditeurs, le standard est ouvert. C'est au 01-45-24-7000.

8:42
Locuteur non identifié

Le 6-9 du week-end, Éric Delvaux, sur France Inter.

8:49
Présentateur

Question ce matin sur les six premiers mois de Laurent Wauquiez à la tête du Parti Les Républicains. La place de cette droite sur le nouvel échiquier politique. Question aussi sur la gouvernance. Wauquiez sur sa ligne politique. On en parle depuis 8h20 ce matin avec vous, Maël Decalan, vice-président du Mouvement Libre de Valérie Pécresse. Et on accueille le politologue Jérôme Saint-Marie. Bonjour. Sondeur et président de Pauling Vox. Comment définiriez-vous la ligne politique aujourd'hui de Laurent Wauquiez depuis qu'il a la tête de ce parti depuis six mois ?

9:22
Invité

Je n'ai pas de mots précis à appliquer, mais simplement, il me semble que Laurent Wauquiez et son équipe explorent la possibilité d'une droite. C'est-à-dire qu'il y a désormais, il y avait une synthèse jusqu'à présent, jusqu'à l'arrivée d'Emmanuel Macron, une synthèse entre un certain libéralisme économique et des valeurs souvent plus conservatrices, on va dire, sur les domaines, disons, régaliens.

Cette synthèse pouvait tenir, et on sait très bien que si Alain Juppé avait été désigné par la primaire de droite, mais ça ne s'est pas passé du tout comme cela, on y reviendra, eh bien, il y aurait sans doute eu, s'il avait été élu président de la République, on aurait eu quelque chose qui aurait beaucoup ressemblé, finalement, à Emmanuel Macron, mais à l'envers, au lieu d'avoir quelqu'un, un président issu du centre-gauche, mais avec des grands élus de droite qui le rejoignent, comme Édouard Philippe, comme M.

Bruno Le Maire, par exemple, on aurait eu sans doute Alain Juppé, président de la République, avec des ministres issus du centre-gauche, et la politique menée, notamment en matière européenne, en matière économique, en matière sociétale, aurait sans doute été assez proche de celle que mène actuellement Emmanuel Macron, ce qui place toute une droite représentée ce matin, je crois, par Maëlle de Calon, dans une situation un peu compliquée, en réalité, puisque comment s'opposer à un pouvoir qui mène une politique très proche, finalement, du projet de cette droite-là ? Laurent Wauquiez essaye tout à fait autre chose.

10:46
Présentateur

Laurent Wauquiez essaye la critique systématique de la politique, contre la politique que mène Emmanuel Macron, et pourtant, quand on demande aux Français quel est le principal opposant qui incarne cette opposition à la politique d'Emmanuel Macron, 1, les insoumis Jean-Luc Mélenchon, 2, Marine Le Pen, pourquoi Laurent Wauquiez n'arrive-t-il pas à endosser ce rôle de principal opposant ?

11:13
Invité

Ça me paraît assez simple, que le CA correspond, si vous voulez, au calendrier du quinquennat. Nous avons commencé ce quinquennat par toute une série de réformes en matière économique, de réformes d'aspiration libérale, qu'une bonne partie des élus et des électeurs de droite ne renie pas, tout au contraire, et même aurait souhaité voir ces réformes appliquées lorsque, par exemple, Nicolas Sarkozy était au pouvoir. On sait, par exemple, que le 4 juillet 2017, date extrêmement importante dans l'histoire politique française, puisque c'était le vote de confiance au premier gouvernement d'Édouard Philippe, eh bien, 75 députés des Républicains sur 100 se sont abstenus.

Donc, vous voyez, la difficulté, au-delà des problèmes de Laurent Wauquiez et de son équipe, la difficulté qu'a la droite à s'opposer à ce premier volet du quinquennat, celui qui porte sur les réformes économiques et sociales. C'est vrai que, pour l'instant, il est très difficile pour les Républicains et donc pour leurs dirigeants d'apparaître beaucoup sur un dossier où il devrait, en réalité, sur des dossiers où il devrait, en réalité, approuver, en grande partie, l'action du gouvernement, ce qui fait qu'ils ont réduit la plupart du temps à des questions de méthode, mais pas tellement à des critiques de fond.

12:21
Présentateur

Et sur la méthode, ce qui a changé depuis l'époque Jacques Chirac, c'est l'apparition des courants. Aujourd'hui, la droite sous la bannière, pardon, la droite sous la bannière, les Républicains abritent différents courants, donc libres de Valérie Pécresse, la voie des territoires de Christian Estrosi, la force républicaine que veut remonter Bruno Retailleau, sans parler du think tank de Xavier Bertrand, Maël Decalan, vous, vice-président de Libre, est-ce qu'aujourd'hui, ces forces s'ajoutent, se cumulent, se motivent ou est-ce que chacun travaille dans son coin ?

12:50
Maël DE CALAN

Aujourd'hui, chacun travaille dans son coin, mais moi, si j'ai pris la décision de rejoindre Valérie Pécresse plutôt que de fonder mon propre petit groupuscule, c'est précisément pour engager ce travail de rassemblement de la droite de gouvernement. Il y a clairement, aujourd'hui, deux voies qui sont offertes à la droite et au centre en France, la voie d'une droite de la radicalité, d'une droite très contestataire qu'incarne Laurent Wauquiez, qui espère l'échec d'Emmanuel Macron pour prendre sa place, et une autre voie, dont je pense qu'elle est portée de plus en plus par Valérie Pécresse, qui cherche à incarner une alternative crédible à la politique qui est engagée par Emmanuel Macron.

Je voudrais simplement réagir d'un mot à ce que disait Jérôme Sainte-Marie. Il est vrai que notre position politique n'est pas très confortable puisque sur bien des sujets, la politique qui est conduite va dans le sens de propositions qui ont été faites en matière de politique d'éducation nationale, ce que fait Jean-Michel Blanquer nous convient dans l'ensemble, en matière de baisse de la fiscalité des entreprises aussi, etc. On pourrait donner d'autres exemples.

En revanche, je crois que l'espace politique qui est celui du centre droit existe toujours parce que même si ce que fait Emmanuel Macron à certains égards s'inscrit dans nos propositions, ce n'est pas vrai de tous les sujets, y compris des sujets majeurs. J'en cite trois mais je ne les développe pas. Sur l'immigration, ce ne sera peut-être pas l'avis de tous les auditeurs de France Inter, mais il y a eu des concessions très importantes qui ont été données à l'aile gauche d'En Marche, en particulier le refus d'inscrire dans la loi une liste de pays sûrs pour lesquels le droit d'asile n'aurait pas pu être demandé. Je pourrais développer si ça vous intéresse.

Sur l'immigration, on est très loin du compte. Sur la dépense publique qu'on refusera de diminuer les effectifs ou d'augmenter l'âge de départ à la retraite. Sur les déficits, enfin, qui ne diminuent pas en dehors d'un effet très conjoncturel. Donc vous voyez que sur des sujets majeurs, il y a des raisons d'entendre et de faire parler le centre droit. Avant de vous donner la parole,

14:36
Présentateur

ma voix s'en va ce matin. Jérôme Sainte-Marie, d'abord une question aussi de Patricia Martin.

14:41
Locuteur non identifié

Vous parliez de départ à la retraite à l'instant. Il y a 16 millions de retraités en France. Presque tout s'inscrit sur les listes électorales. Donc on peut dire qu'un électeur sur trois grosso modo est un retraité. Leur poids politique n'est plus à démontrer. Les retraités sont inquiets à cause de la réforme des retraites qui leur fait craindre une baisse de leur niveau de vie. Ça ne les rapproche pas véritablement d'Emmanuel Macron. Est-ce que ça, c'est tout bon pour la droite ? Est-ce que ça peut être un creuset de voix, voire même une aubaine ? Et qu'est-ce que vous auriez envie de leur dire ?

15:08
Maël DE CALAN

La réponse est oui, ça peut être bon pour la droite, mais ce n'est pas la raison pour laquelle on doit prendre telle ou telle position. Moi, je m'oppose à ce qui a été fait en direction des retraités parce que je crois que c'est une mauvaise politique. J'ai toujours été contre l'augmentation de la CSG. On a déplacé des masses gigantesques d'argent, d'impôts, depuis, en ponctionnant les retraités pour en redonner un peu aux actifs, mais avec un gain économique à l'échelle de la nation qui est absolument négligeable. Donc j'étais contre l'augmentation de la CSG qui a alors appris du pouvoir d'achat. Je suis contre aujourd'hui le projet de réforme du gouvernement.

Je vais vous dire de manière très simple pourquoi. Parce qu'en refusant d'augmenter l'âge de départ à la retraite, en refusant d'augmenter l'âge de départ à la retraite, le gouvernement se condamne à moyen terme à baisser les pensions. Le problème démographique, je ne vais pas le réexposer, tous vos auditeurs le connaissent, il y a moins de cotisants, il y a plus de retraités. Donc si on ne travaille pas un peu plus longtemps comme le font tous les pays européens qui nous entourent, le niveau des pensions diminuera.

16:04
Présentateur

Vos questions ce matin à Maël Decalan, question également au politologue Jérôme Sainte-Marie, vous nous appelez au standard 01-45-24-7000. Frédéric est en ligne. Bonjour Frédéric. Oui, bonjour à tous. Vous nous appelez de Pau.

16:17
Locuteur non identifié

Exactement. Ma question peut être posée aux deux intervenants, elle n'est pas très originale, elle a déjà été posée, savoir comment les républicains peuvent se démarquer de M. Macron pour exister dans la mesure où le Premier ministre est de droite, dans la mesure où les constructifs ou constructeurs, je ne sais plus comment ils s'appellent, les reconstructifs soutiennent M. Macron et dans la mesure où un nombre non négligeable de députés disons les républicains en marche sont issus des rangs des républicains qui sont à l'érogation de M. Macron en sens un peu opportuniste. J'aurais simplement fait une remarque, vous avez dit tout à l'heure que si M.

Juppé avait été élu, il aurait trouvé des ministres centre-gauche, à mon avis, je pense que ce n'aurait pas été le cas. M. Macron, lui, il s'est fait passer pour un temps pour un homme de gauche et donc a pu ratisser l'âge alors qu'il est un homme de droite carrément alors que M. Juppé est un homme carrément de droite et qu'il n'aurait jamais je pense gouverné avec la gauche.

17:15
Présentateur

Merci Frédéric. On va entendre d'abord la réponse du politologue Jérôme Sainte-Marie. Quelle est la place finalement de la droite désormais sur l'échiquier politique ? A-t-elle une place ?

17:24
Invité

Elle a certainement une place puisqu'autant elle est plutôt en difficulté aujourd'hui à l'Assemblée autant en réalité il y a un potentiel de vote à droite qui est immense. Il faut savoir que 46% des Français au premier tour de la présidentielle ont voté plus à droite qu'Emmanuel Macron. Que par ailleurs il y a eu à la primaire des Républicains et bien c'était quand même M. Fillon qui sur une ligne assez nettement à droite avait triomphé d'Alain Juppé qu'il y a par ailleurs un mouvement en France et plus généralement en Europe à une radicalisation à droite qui emporte les différents gouvernements les différents pays.

Donc c'est vrai qu'il y a un pari qui est fait me semble-t-il par Laurent Wauquiez en termes d'espace politique de considérer qu'une fois que toutes les réformes libérales auront été faites en matière économique dans les domaines régaliens c'est-à-dire concrètement la sécurité l'immigration la culture les enjeux culturels disons et bien il y a la place pour une droite assumée en tant que telle.

18:19
Présentateur

Merci à vous le politologue Jérôme Saint-Marie président de Pauline Vox d'être venu ce matin merci beaucoup Maël Decalan donc ancien candidat à la présidence Les Républicains une question dernière question très rapidement quand Castaner dit qu'il pourrait y avoir des alliances au municipal de 2020 entre La République En Marche et Les Républicains vous êtes favorable

18:37
Maël DE CALAN

oui à chaque fois que ça permet de provoquer l'alternance je pense en particulier à Paris où on a une très bonne équipe et qui mérite de remporter la mairie de Paris et bien merci de ces réponses merci et bonne journée à tous les deux à tous les deux