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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 29 avril 2026 24 min

Vincent Jeanbrun : « Nous sommes attachés à la politique de rénovation urbaine »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

– Sous-titrage – Bonjour Vincent Jeanbrun, merci beaucoup d'être notre invité ministre de la Ville et du On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Stéphane Vernet de Ouest de France. Bonjour Stéphane. Bonjour Auriane, Vincent Jeanbrun, bonjour.

Vincent Jeanbrun, les sénateurs LR ont déposé un texte qui propose de supprimer des agences d'Etat, dont l'ANRU, l'Agence Nationale de la Rénovation Urbaine. C'est une bonne idée ? Il y a deux choses.

Il y a une volonté affichée par les sénateurs d'essayer de...

Dans un moment où il n'y a plus beaucoup d'argent public pour l'Etat, d'essayer de faire de la simplification. Cette philosophie-là, évidemment, on peut la partager. Réinterroger les agences, savoir comment elles peuvent éventuellement fusionner, travailler mieux ensemble, etc.

Ça fait partie aussi des réflexions qu'il faut avoir. Après, je pense qu'il faut évidemment sortir des caricatures et faire en sorte que on ait les outils de nos politiques publiques. Et au moment où, avec beaucoup de fierté, on a entendu le Premier ministre annoncer un programme de rénovation numéro 3, une nouvelle version de l'ANRU, c'est vrai qu'on n'a pas envie de se priver des outils pour le mettre en œuvre.

Donc oui, pour supprimer des agences d'État, mais pas à toucher à l'ANRU ? Non, c'est même pas ce que je dis. Partout où on peut créer plus d'efficacité pour les services publics, faisons-le. maintenant donc aucune question n'est tabou en revanche je pense que quand on a on est attaché à la politique de rénovation urbaine et d'ailleurs mathieu d'arnaud lui-même le disait dans la presse ils sont pas contre les politiques publiques qui sont ils veulent s'assurer que les outils soient les plus performants possibles bon bah là dessus voilà après à titre personnel moi je suis attaché à l'enrue je trouve que le travail sur l'enrue 1 et l'enrue 2 a été de qualité ça empêche pas de le moderniser ça empêche pas de penser différemment aussi la rénovation urbaine d'ailleurs le premier ministre a dit que cet enrue 3 ce serait presque un enrue à 360 degrés on va s'intéresser encore plus à la vie quotidienne aux enjeux de santé aux enjeux de sécurité avec l'idée que cet enrue ce soit un enrue qui vient transformer définitivement et durablement la vie des quartiers je pense que tout ça doit être soutenu largement sur la plupart des bancs que ce soit au sénat ou ailleurs il nous faut des outils pour le faire mais vous allez leur demander de ne pas le supprimer de retravailler de de moderniser mais de ne pas le supprimer je défendrai évidemment l'enrue et je pense que c'est une agence qui a fait ses preuves juste un mot sur ce set en rue à 350 à 360 degrés je vais y arriver il y a les nouveaux objectifs 150 quartiers en jeu de sécurité seront intégralement rénové et comment est reconstruit et vous avez l'objectif d'avoir 20 % des projets dans des villes moyennes pourquoi pourquoi pourquoi est-ce que ça se faisait pas avant en fait pourquoi pourquoi seulement maintenant, mettre le paquet en fait sur le...

Si on dézoome un tout petit peu, on a eu dans l'après-guerre des quartiers entiers qui ont été construits extrêmement vite. Ces grands ensembles qui ont marqué l'urbanisme de cette époque et qui ont mal – Aujourd'hui, ça a été réglé par en rue 1 et en rue 2 ? – Ça a été en grande partie réglée, mais malheureusement, il reste encore beaucoup de quartiers qui sont en attente.

Et c'est pour ça qu'il y a une nécessité d'un en rue 3, donner de la visibilité aux villes, aux habitants de ces quartiers, parce que d'abord, quand on parle en en rue, on ne parle pas de logement, on parle des gens qui vivent dans ces quartiers. C'est moins un sujet d'urbain que d'humain. Et cette idée, c'est de donner de la perspective aux citoyens et aux élus locaux en leur disant qu'on va aller au bout de cette déconstruction de ces grands ensemble pour repenser ces morsures de villes qui avaient été pensées à la va-vite à l'époque.

Mais d'ores et déjà on veut initier un message qui est nous serons aussi aux côtés des villes moyennes ce que parfois les gens appellent la France des sous préfectures qui ont d'autres difficultés on est moins sur des grands ensembles mais on a des centres-villes dévitalisés on a des quartiers entiers qui se paupérisent à vitesse grand v qui d'ailleurs en général se voit par la vacance des logements dans ces quartiers où on voit que les logements sont vides alors même qu'il y a une pénurie de logements en france c'est terrible parce qu'en fait le bâti est trop vieilli l'insécurité est là donc c'est là aussi on veut envoyer un message le premier ministre a donné comme épure 80-20 c'est-à-dire 80 % pour terminer les travaux sur les grands ensembles, en métropole et en outre-mer, et 20 % aussi pour ces villes moyennes, en métropole et en outre-mer. Je le dis parce que l'en russe, c'est aussi un outil puissant dans nos outre-mer et il faut un en russe, un peu sur mesure aussi pour nos outre-mer. – Le gouvernement a donc annoncé un nouveau projet de loi, relance logement, ça fait plusieurs lois logements depuis des années, en quoi celle-là serait plus efficace que les autres – D'abord parce qu'elle est profondément utile et nécessaire.

On vit une crise du logement qui frappe extrêmement durement notre pays et nos concitoyens. Les Français ont du mal à se loger, sont souvent mal logés, on parle de millions de Français qui font face à une crise sans précédent. Donc il y a une utilité de nécessité et je crois que quasiment sur tous les bancs de l'Assemblée nationale et du Sénat, on entend cet appel, cette crise des citoyens.

Donc il y a besoin de réagir. Mais qu'est-ce que cette loi, qu'est-ce que vous dites ce matin à ces Français qui n'arrivent pas à se loger parce que les loyers sont trop chers, qui veulent devenir propriétaires mais qui n'arrivent pas à accéder à la propriété ? Qu'est-ce qui va changer ce texte ? – Je rentre dans le détail mais aussi un autre facteur important, c'est qu'on On a co-construit ce projet de loi avec les forces politiques, mais aussi avec les acteurs.

On a créé ce qu'on appelle l'équipe de France du logement, dans lequel vous retrouvez les constructeurs, les représentants de la promotion immobilière privée, les logements sociaux, les les architectes, les financeurs. C'est important parce qu'on est sur des profils qui, historiquement, ont leurs nuances, ont leurs différences, n'ont pas toujours travaillé ensemble. Et là, on se dit qu'on le fait tous ensemble.

C'est une des conditions de la victoire. – Ce n'était pas déjà le cas avant, en Sous ce formula, c'est la première fois et c'est évidemment avec eux qu'on co-construit. C'est d'ailleurs pour ça que le Premier ministre, quand il annonce ce projet de loi logement à Marseille, il le fait avec cette équipe de France du Donc c'est fondamental, c'est-à-dire qu'on n'est pas là pour se faire plaisir, on n'est pas là pour écrire le projet de loi qui ferait plaisir à tel ou tel camp politique ou à tel ou tel secteur privé ou social.

On est bien là pour résoudre la crise. Ensuite, il y a Il y a plusieurs choses. Il y a un choc de simplification pour aller beaucoup plus vite.

On crée un nouveau dispositif qui s'appellera une opération d'intérêt local. On fait confiance au maire, on fait confiance au couple maire-préfet. L'idée c'est que le maire prépare son projet, un projet évidemment d'intérêt général, il va le faire valider par le préfet qui contrôle l'intérêt général et à partir de là, on accélère toutes les procédures.

On ne renie rien sur la qualité de la construction, on ne renie rien sur la volonté de construire de façon sécuritaire, accessible, je pense aux normes handicapées, la transition écologique. Par contre, on écrase toutes les procédures. Ce qu'il faut que les auditeurs comprennent, c'est que maintenant en France, un projet de construction, c'est entre 8 ans et 10 ans quand on aménage un petit peu c'est horriblement long et c'est plus long qu'un mandat municipal au pire du pire quand le projet est compliqué la construction elle dure deux ans deux ans et demi c'est à dire que tout le reste c'est de la procédure administrative et c'est ça qu'on vient à écraser, comme pour les Jeux olympiques.

C'est pour ça qu'on parle des Jeux olympiques du logement. On a dans ce projet de loi la volonté aussi de faire confiance aux élus locaux. Que ce soit un choc de décentralisation.

A la fois on fait confiance au maire pour piloter ce qu'on appelle, pardon du terme un peu barbare et technique, mais la politique de peuplement ? Comment on s'assure de créer de la mixité, du mélange dans les quartiers, que ce soit pour les logements neufs ou pour les quotas d'attribution dans le logements anciens. On fait confiance aussi au maire pour mieux gérer en local ce qu'on appelle l'aide à la pierre, c'est-à-dire ces aides financières qui viennent aider à la construction de logements sociaux et également tous les enjeux de rénovation, je pense à MaPrime-Rénov' par exemple.

Donc confiance aux élus locaux, confiance au terrain, simplification. Stéphane. Tout ça est très intéressant mais enfin il y a quand même un.

En tout cas il y a une volonté mais comment est-ce que vous pouvez pensé pouvoir réussir à faire en de manière accélérée ce qui n'a pas été qui n'a pas pu être fait au cours des dix dernières années en fait parce que le logement le logement ne décolle plus ça stagne depuis j'ai envie de vous dire la réponse elle est dans la question c'est à dire que comme ça n'a pas été fait pendant dix ans il ya une attente énorme et je pense que à l'assemblée comme au sénat on a la possibilité de dégager une majorité pour que le texte soit adopté et ensuite et c'est là où je reviens cette équipe de france du logement c'est-à-dire que tout l'écosystème du logement nous dit s'il y a de la simplification, s'il y a une relation vertueuse avec les élus locaux, avec le terrain, si on a les dispositifs fiscaux, puisqu'effectivement on va améliorer encore ce statut du bailleur privé que certains appellent le dispositif Jean-Brun, ça permet d'avoir le choc d'investissement, le choc de simplification, le choc de confiance, les outils pour la transition écologique qui est absolument nécessaire et on arrive avec une solution à On atteint l'objectif parce qu'aujourd'hui, on est à moins de 300 000 mises en chantier par an. L'objectif, c'est 400 000, l'objectif 2 millions. Comment on l'atteint ?

L'objectif, comment on franchit ? Avec ce que je viens de vous expliquer, d'abord, malgré un contexte très compliqué, la guerre au Moyen-Orient, on a des chiffres du mois de mars qui sont plutôt positifs sur le nombre de mises en chantier. Il y a une relance manifeste quand même, donc c'est ténu. – Avec un bon aussi des permis de concert, plus 33 % par rapport à… – C'est encore… – C'est encore trop fragile.

Vous vous dites que c'est une relance, ce n'est pas un épiphénomène ? Ce n'est pas un épiphénomène, c 'est une tendance mais qui reste évidemment faible et ce qui se passe au Moyen-Orient peut avoir une conséquence importante, donc on est très prudent. Mais pour autant… – Juste par exemple, c'est un – Quand vous dites conséquences importantes, ça veut dire quoi ?

Est-ce que la guerre au Moyen-Orient, comme ça a été le cas avec la guerre en Ukraine, va ralentir les constructions ? Il y aura un impact sur le secteur du BTP de la construction. – C'est encore évidemment trop tôt pour le dire, ça dépend de la durée de la crise au Moyen-Orient.

C'est un impact là tout de suite immédiat, comme d'ailleurs pour tous les Français, sur les prix des carburants. C'est pour ça que le gouvernement a annoncé des aides pour le secteur du BTP et notamment pour les artisans, les les grands rouleurs. Ça peut avoir un impact sur les matériaux, c'est pour ça qu'avec le monde du BTP, que ce soit la Fédération Française du Bâtiment ou la CAPEB qui représente les artisans, on travaille, on est encore à Matignon autour du Premier ministre lundi pour voir des solutions notamment sur un observatoire des coûts des matières premières parce que là aussi il peut y avoir des abus par exemple, des matériaux qui ont pris en moyenne 30 % donc forcément ça a un impact mais ça peut rebaisser si la crise s'arrête vite puisque c'est moins structurel que ce qu'était le conflit en Ukraine.

Mais s'il y a continu ça va se ressentir concrètement ? Et pour l'instant on a de la chance, les taux sont stabilisés, les taux bancaires mais tout ça évidemment est à surveiller de très près. D'où l'importance d'avoir justement un projet de loi.

Donc ça va se ressentir sur la construction mais ça va se ressentir aussi pour les gens qui veulent acheter ? Pour le moment ce n'est pas encore le cas et c'est pour ça qu'on est très vigilant. Mais c'est aussi une façon de vous dire, c'est pour ça qu'on a besoin de ce projet de loi parce que plus la situation pourra être fragile et menacée, plus on a besoin d'avoir un écosystème qui soit beaucoup plus réactif et beaucoup plus soutenu.

Vous avez évoqué le fait de ne pas toucher aux objectifs environnementaux en en même temps, construire beaucoup plus de nos logements neufs. C'est aussi en construire un certain nombre sur des terrains vierges. Qu'est-ce qui se passe avec l'objectif zéro artificialisation nette le fameux âne c'est ça c'est enterré ça fait partie des choses sur lesquelles les mères vont pouvoir s'asseoir dans ce périmètre du projet de loi on ne touche pas aux ânes ça empêche pas qu'il peut y avoir des réflexions par ailleurs Et je sais qu'ici, au Sénat, il y a la loi Trace qui a été défendue et qui mérite d'être regardée à mes yeux.

Notamment, c'est un peu plus de pragmatisme. Mais dans le projet de loi Logement, ce n'est pas un chapitre qui est ouvert, et notamment la fameuse La simplification que j'évoquais il y a quelques instants ne s'appliquera pas sur des zones non urbanisées. On est sur des zones, c'est technique aussi, U ou AU, c'est-à-dire urbanisé ou à-urbanisé, donc déjà identifiés dans les PLU comme étant des zones urbaines.

On reconstruit plutôt la ville sur la ville pour éviter d'aller consommer des terres agricoles ou des paysages naturels. Là-dessus, cet objectif il est maintenu. Et sur le...

Il y a un autre point en fait qui pose question. C'est le fait de pouvoir en fait remettre des logements classés F et G en location. Là, vous avez entre 600 000 et 650 000 logements que vous allez pouvoir remettre sur le marché en échange d'une promesse de travaux à courte ou moyenne échéance, 3 ans dans les maisons, 5 ans dans les collectifs si je me souviens bien.

Est-ce que ça fait partie aussi des choses qui ne risquent pas de détourner ou d'amoindrir tous les objectifs en termes de rénovation thermique, de lutte contre les passoires thermiques ou les bouilloires thermiques, etc. – Il y a un triple enjeu, il y a un enjeu presque humain et humanitaire, si on ne met pas les gens dehors, 650 000 logements. Vous vous rendez compte, ce sont des millions de nos concitoyens qui peuvent demain se retrouver en dehors de ce logements sachant que quand on est sur une crise du logement comme celle qu'on connaît c'est à dire que l'on sait pas où les mettre donc il ya besoin de leur permettre de continuer à avoir un toit sur la tête première chose deuxièmement il ya un enjeu majeur c'est celui de réaliser réellement la transformation de celles logement.

Le sujet, c'est que si vous êtes face à des petits propriétaires, parce que bien souvent, c'est ça ce qui reste dans ce stock, des personnes qui sont plutôt âgées, qui ont une solvabilité un peu limitée, ce qui fait que, si je caricature, une dame de 75 ans, une personne âgée de 80 ans qui va voir son banquier, qui dit « voilà, j'ai besoin de faire un emprunt pour travailler, pour faire une rénovation complète thermique. » Super, et donc c'est quoi vos revenus j'ai ma retraite, avant j'avais les loyers mais maintenant je ne les ai même plus puisque je suis frappé d'indécence et je ne peux pas louer ça ne marche pas donc il faut qu'on soit pragmatique parce que l'objectif, et celui-là il est bien maintenu c'est qu'à terme les logements soient rénovés Mais comment vous allez contrôler que les propriétaires rénovent vraiment ces logements ? – On va travailler à l'égard de fou avec les parlementaires, mais d'ores et déjà, tel qu'on l'écrit, le juge pourra évidemment sanctionner de plusieurs façon d'ailleurs parce qu'il pourra décider soit une réduction de loyer pour le locataire, soit de condamner la personne à réaliser les travaux et là pour le coup quand c'est prononcé par un juge je ne peux évidemment pas faire autrement et donc ces dédommagements possibles sont d'ores et déjà prévus dans le texte en fait c'est les objectifs qui avaient été fixés au départ étaient trop ambitieux c'est ça c'est les six cent mille six cent cinquante mille logements que vous remettez sur le marché, entre guillemets, c'est des logements qui auraient dû être rénovés et qui n'ont pas pu l'être parce qu'il n'y avait pas les moyens derrière.

En tout cas, il y a des cas particuliers où il y a des situations où les propriétaires pourraient être de bonne volonté mais n'ont pas eu la possibilité de le faire. On a, et ça sera fait travailler en dehors du projet de loi, mais des outils aussi à créer, à mettre à disposition des propriétaires et particulièrement des copropriétaires. Je pense à la banque de la rénovation.

L'idée c'est qu'on puisse travailler avec le secteur bancaire, une plateforme, il ne s'agit pas de créer une banque supplémentaire mais une plateforme où toutes les offres d'aide à la rénovation seraient ciblées. Deuxième point très important c'est faire en sorte que demain ce soit la copropriété qui prenne l'emprunt et non plus chacun des copropriétaires parce que on revient à la personne de 85 ans qui a pas tout à fait le même enjeu vis-à-vis du secteur bancaire la même solvabilité là demain si c'est la copropriété qui achète ça veut dire que le remboursement du crédit se fait sur les charges de l'ensemble de la collectivité et y compris en cas de revente vous revendez le bien avec les charges afférentes et non pas j'ai revendu le bien mais j'ai toujours un crédit qui court donc tout ça c'est des outils qui viennent faciliter la transition écologique du bâtiment terre et on va évidemment quand je parle de stratégie à 360 degrés c'est aussi ça c'est trouver l'écosystème qui accompagne pour lutter contre la pénurie de logements à paris le maire socialiste emmanuel grégoire il Il veut alourdir la taxe sur les logements vacants. Vous le soutenez ?

Moi, d'abord, j'étais maire pendant 10 ans et je considère qu'on doit faire confiance aux élus locaux. Chacun sa stratégie, chacun ses outils. Maintenant, c'est sûr que ces outils existent, il a le droit de les mobiliser et je ne connais pas suffisamment la situation à Paris mais si cet outil existe c'est pour justement inciter la remise sur le marché.

Mais c'est un outil qui va fonctionner ou est-ce que ça risque d engendrer une pénurie de logements, une flambée des prix ? Tout dépend. Si on est sur du bien vacant, théoriquement ça permet à faire en sorte que le propriétaire ait envie de remettre sur le marché.

Mais il y a aussi un autre outil qui a été mis en œuvre dans la loi de 2025 portée par la députaine Elie Glemeur, c'est la servitude de résidence principale. Pardon, c'est encore un peu technique, mais concrètement, une municipalité, Paris par exemple, peut décider dans tel ou tel secteur, dans tel ou tel bâtiment. Eh bien je décrète que là on va avoir de la résidence principale à mettre en opposition au meublé touristique, ce qu'on appelle couramment le Airbnb.

Et là aussi il y a des leviers très importants pour pouvoir faire en sorte que le bâtimentaire soit déterminé à être pour la résidence principale. Donc il faut...

Vous avez un peu sceptique sur le choix fait par Emmanuel Grégoire. Non c'est pas une question de scepticisme, moi je crois à la liberté d'une commune de s'administrer. La taxe elle existe, elle est utilisée par différents maires de toute tendance politique parce que parfois il y a effectivement une forme de spéculation d'investisseurs qui investissent à l'échelle planétaire, qui connaissent même pas l'adresse de leurs biens et qui vont bloquer des appartements, des logements.

Donc tant mieux si on les remet sur le marché. Vous évoquiez tout à l'heure le choc de décentralisation, le fait de faire confiance aux élus locaux. Est-ce que ça, c'est pas de nature ?

Il n'y a pas un risque aussi de créer une espèce de développement à deux vitesses en matière de logement entre demain des mers qui seront allants très volontaires et qui mettront des choses en place et d'autres qui ne feront rien et de créer une espèce de distorsion à l'échelle du territoire ? En fait, là aussi, je fais confiance aux élus locaux parce qu'ils sont sous la surveillance directe de leurs concitoyens et de leurs électeurs. Il n'y a pas un retour de clientélisme autour des histoires de logements, notamment dans l'attribution des logements sociaux par les communes directement ?

C'est très important ce point-là, vous avez raison de poser la question, moi je défends le fait que les maires aient plus de pouvoir dans l'attribution des logements sociaux, mais évidemment il faut éviter tout risque de clientélisme. Ça veut dire concrètement que le maire n'est pas là pour choisir le nom de la personne qui habitera au quatrième étage, porte de gauche, ce n'est pas le sujet. En revanche qu'ils puissent critériser beaucoup plus, qu'ils puissent faire en sorte que les commissions d'attribution des logements qui sont paritaires, qui sont transparentes, puissent piocher dans une liste qui a été nourrie et alimentée par la municipalité, les infirmières de l'EHPAD qui est construite en face, in fine, quand les logements sociaux sont livrés, il y a une infirmière qui est logée dedans parce que les attributions ont été gérées de telle sorte que vous avez des personnes qui ont été d'ailleurs déracinées de l'autre bout du département pour venir habiter là.

Il y a une une incohérence dans la politique de peuplement à ce moment-là, il faut qu'on puisse avoir beaucoup plus de pragmatisme. Il y a une nouvelle construction, il y a une nouvelle entreprise qui s'installe où on sait que les artisans du centre-ville ont besoin de loger leurs apprentis, etc. On puisse avoir une cohérence et une critérisation beaucoup plus fortes.

Stéphane, dernière question. Dernière question sur une question politique, si vous permettez. Vous avez été suspendu des Républicains pour avoir rejoint le gouvernement.

Du coup, vous n'avez pas pu participer au choix du mode de sélection du candidat des Républicains à la présidentielle. Si vous aviez pu le faire, vous auriez pris quelle option ? Je suis convaincu qu'il faut qu'on rassemble et qu'on rassemble très largement donc j'aurais choisi le scénario le plus proche de la primaire ouverte malheureusement c'est pas tout à fait ce qui avait été proposé dans la sélection c'est ce qui fait que d'ailleurs un certain nombre de cadres d'LR ont dénoncé un scrutin très fermé et certains ont choisi de ne pas y participer parce qu'on a l impression quand même tout ça a été un peu cousu de fil blanc maintenant le président du parti est désigné comme candidat du parti dont acte c'est bien d'avoir des ambitions mais pour moi il faut effectivement rassembler et il faut qu'on fasse la campagne dans cet esprit-là, pour éviter qu'au second tour on ait Mélenchon et M.

Bardella au second tour. Madame Knaffo, je constate qu'elle siège avec l'extrême droite au Parlement – Juste, on nous interdit de le faire, mais on n'a pas la possibilité de réadhérer. C'est une suspension qui était une sorte de pré -exclusion, c'est ça la vérité.

Puisqu'on ne peut pas à réadhérer. On a des collègues ministres qui sont en difficulté pour pouvoir se représenter à la présidence de leur fédération. C'est une vision de la politique et du rassemblement qui est un peu... – Ça veut dire que vous pourriez changer de famille politique dans la perspective de 2027 – Moi, je n'ai pas changé de valeur.

Mes valeurs sont celles-ci. Aujourd'hui, j'essaye dans la fonction qui est la mienne d'être utile à la France et aux Français. – Vos valeurs peuvent être aussi portées par d'autres, par exemple Philippe ? – Le sujet n'est pas l'étiquette ou le candidat, je ne suis pas à la recherche d'un un cheval pour en 2027, le sujet c'est quel projet on peut présenter aux Français pour qu'ils se disent « Ah bon, il y a peut-être une autre solution, on n'est pas condamné à Mélenchon Il n'y a pas une tentation de rassemblement entre Libre, Valérie Pécresse et les gens autour d'elle dont vous faites partie, et Édouard Philippe et Horizon ?

Il va falloir rassembler tout le monde. C'est-à-dire tous ceux qui aujourd'hui sont les composantes du bloc central la droite et le centre on doit se rassembler se rassembler non pas autour juste d'une candidature mais autour d'un projet pour donner de l'espoir aux français évidemment des personnalités comme celle que vous citez valérie pécresse à toute sa place dans cette dynamique. – Merci Vincent Jean-Brun, merci beaucoup d'avoir été notre invité.

La une de Ouest France Stéphane, une pénurie de carburant est-elle vraiment à craindre ? Question à la une de votre journal. On va regarder notre reportage en région sur le logement, il vient vous intéresser Vincent Jean Et dans le bâtiment, le marché de l'emploi est tendu.

La Nouvelle-Aquitaine n'y échappa avec plusieurs milliers d'emplois. non pourvue dans la construction. Alors comment attirer les jeunes en forum des métiers et du patrimoine ?

C'est tenu sur le chantier médiéval de Guyane l'occasion d'une immersion pour les collégiens et les lycéens. En regardant ce reportage en Gironde signé Aminata A 21 ans, Matteo a déjà trouvé sa voie. En formation professionnelle dans le bâtiment, il travaille sur un monument historique situé en Haut-Gironde sur le site de la Guyenne.

Ici, c'est à la fois un chantier en activité et un véritable forum des métiers. Déjà, tous les bâtiments qu'on a ici, c'est vraiment à l ancienne, on n'a pas l'habitude de travailler comme ça, juste la manière de poser les pierres, déjà avec le marché qu'on a ici, on fait tout à la main, on façonne tout à la main, il n'y a pas de technologie, c'est tout, c'est C'est ça qui est le travail plus satisfaisant. Attirer les jeunes, c'est le mot d'ordre de ce salon.

Charpentier, couvreur ou encore maçon, malgré la diversité des métiers proposés, c'est un secteur qui peine à recruter. On souffre d'avoir des jeunes qui veulent bien travailler dans nos entreprises, parce que c'est un métier manuel qui est assez dur. On est exposé aux intempéries. on travaille de ses mains, donc on a besoin de couvreurs, on a besoin de charpentiers, on a besoin de maçons, on a besoin de tailleurs de pierre.

Pour cette première édition, 400 élèves sont venus découvrir ces savoir-faire, parfois amenés à disparaître, notamment dans le domaine du patrimoine. En effet, la crise Covid a beaucoup impacté le secteur, mais on avait quand même, surtout à l'extérieur, le droit de continuer à travailler. Et puis ensuite, ce qui a beaucoup impacté sont les crises successives, le manque de visibilité que nous avons à l'heure actuelle.

En Nouvelle-Aquitaine, 6400 postes restent à pourvoir dans le secteur du bâtiment.