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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 3 juillet 2012 12 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiInstitutions & électionsSolidarités & famille

Jean-Louis Borloo

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 25 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Quelle conclusion tirez-vous du rapport de la Cour des Comptes publié hier ?

  • 4:56OuverteRéponse partielle

    Jean-Marc Ayrault dit que face aux difficultés des finances publiques, il faut des efforts justes. C'est le bon chemin, vous y croyez ?

  • 6:16OuverteRéponse directe

    Qui est-il, vous le savez ?

  • 7:29OuverteRéponse partielle

    Si vous étiez au pouvoir, que feriez-vous pour redresser les comptes ? Quelles grandes mesures pourriez-vous annoncer ?

  • 8:55OuverteRéponse directe

    Pourquoi vous réussiriez, vous, Jean-Louis Borloo, à faire exister le centre alors que François Bayrou a échoué ?

  • 10:52OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous distingue de l'UMP ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:26Invité politiqueFait
    « Rien qu'on ne sache, insatisfait le site au gouvernement sortant lorsqu'il dit que le redressement des comptes a commencé en 2011 »
  • 0:52Invité politiqueFait
    « C'est la première qui suggère même temporairement une hausse de la TVA ou de la CSG, voire des deux. »
  • 1:06Invité politiqueFait
    « Et alors un cri très très fort sur la masse salariale de la fonction publique »
  • 1:58Invité politiqueFait
    « c'est-à-dire secondaires à ses yeux, c'est-à-dire pas la police, la justice et l'éducation, vont être fortement amputés. »
  • 2:11Invité politiqueChiffre
    « 60 000 créations de postes dans l'éducation nationale, ça veut dire 60 000 destructions de postes dans les autres ministères »
  • 2:39Invité politiqueFait
    « Il faut absolument que le Premier ministre arrête cette rumeur de la fermeture du site d'Aulnay-sous-Bois »
  • 4:44Invité politiqueFait
    « Il semblerait qu'on invente la taxe sur les ordinateurs. »
  • 7:44Invité politiquePromesse
    « la taxe sur les transactions financières que nous avons fait voter, moi je veux l'augmenter. »
  • 7:47Invité politiquePromesse
    « La taxe carbone aux frontières de l'Europe, je veux la mettre en place. »
  • 7:52Invité politiquePromesse
    « Je crois qu'il faut supprimer les exonérations des plus-values sur les cessions de titres. »
  • 8:20Invité politiqueFait
    « La croissance verte et durable est un des éléments de la sortie de crise. »
  • 11:03Invité politiqueFait
    « le virage social d'il y a 18 mois, pourquoi j'ai quitté le gouvernement ? Parce que je souhaitais un virage social. »

Temps de parole

  • Jean-Louis Borloo83 %
  • Présentateur17 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

France Inter, Pierre Veil, le 7-9 de l'été. Notre invité ce matin, Jean-Louis Borloo, député du Nord, président du Parti Radical valoisien, président du nouveau groupe parlementaire centriste à l'Assemblée Nationale, l'Union des Démocrates et Indépendants, ancien ministre de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Bonjour Jean-Louis Borloo. Oui, bonjour. Quelle conclusion tirez-vous du rapport de la Cour des Comptes publié hier ?

0:26
Jean-Louis Borloo

Rien qu'on ne sache, insatisfait le site au gouvernement sortant lorsqu'il dit que le redressement des comptes a commencé en 2011 et puis une alarme forte, la croissance étant en berne, il faudra faire plus d'efforts avec deux prises de risque d'expression de la Cour des Comptes. C'est la première qui suggère même temporairement une hausse de la TVA ou de la CSG, voire des deux. Et alors un cri très très fort sur la masse salariale de la fonction publique qui laisse entendre ou supposer qu'il faudra ou baisser l'indice, le point de la fonction publique, ou la masse salariale, c'est-à-dire les salaires directs des fonctionnaires. Ces suggestions de la Cour des Comptes, vous les approuvez ?

Pas franchement, mais je comprends le cri d'alarme. Je comprends le cri d'alarme. Vous voyez, moi j'ai trois, quatre questions aujourd'hui à poser au Premier ministre et je regrette qu'il n'y ait pas d'explication de vote. À la fin, vous savez, parce que vous faites votre discours, le Premier ministre vous répond et puis ça vous permet de réfléchir. Moi j'ai quelques questions à lui poser. La première, c'est est-il vrai ou non qu'il y a un risque sur les salaires de la fonction publique ?

J'ai une deuxième question, c'est est-il exact qu'un certain nombre de ministères considérés comme non prioritaires, c'est-à-dire secondaires à ses yeux, c'est-à-dire pas la police, la justice et l'éducation, vont être fortement amputés. Si je vois bien ce que je lis, 60 000 créations de postes dans l'éducation nationale, ça veut dire 60 000 destructions de postes dans les autres ministères, puisqu'on sera à masse constante. Alors, qui va toucher ? L'agriculture, le logement, l'écologie, l'industrie, la recherche ? Bref, et ou peut-être que j'ai mal compris, mais ce sont des points qui me paraissent extrêmement importants à clarifier. L'autre question, c'est un grand plan pour l'automobile.

Il faut absolument que le Premier ministre arrête cette rumeur de la fermeture du site d'Aulnay-sous-Bois, voire d'autres, j'ai entendu parler de Cével-Nord. On a connu les crises de l'automobile plusieurs fois. Les Allemands l'ont connu, nous aussi, en 2008. Il y a eu des plans automobiles très puissants. Le site d'Aulnay-sous-Bois, non seulement ne doit pas fermer, mais doit être réindustrialisé, réinvesti. Il y a beaucoup de moyens pour aller détailler, qui vont de l'activité partielle, ou soutien à l'investissement, mais ça serait une catastrophe industrielle et sociale aux répercussions absolument considérables.

Donc, sur ces points-là, moi, je ne fais aucun procès d'intention au Premier ministre ou au gouvernement. Très franchement, nous, on est très sereins, nous sommes des modérés, mais nous avons besoin de réponses. Voterez-vous la confiance au gouvernement Aéros, cet après-midi, Jean-Louis Borloo ? Écoutez, nous sommes dans l'opposition. Donc, le principe est plutôt de ne pas voter la confiance. Ce qui ne nous empêchera pas, sur un certain nombre de sujets, d'accompagner le gouvernement. Et ce n'est pas une posture ou une figure de style. Je donne un exemple, s'il y a un plan sur la formation professionnelle, l'éventualité d'un peu de proportionnel en matière électorale.

Enfin, nous ne sommes pas des opposants systématiques. On cherchera l'intérêt général, mais nous sommes clairement dans une opposition constructive, modérée, et nous ferons notre travail de contrôle du gouvernement. Mais pas de confiance. Non, parce qu'on est en début de quinquennat, et puis avec les questions que je viens de vous poser, qui, excusez-moi, sont lourdes, très très lourdes, nous avons quelques difficultés. Et puis, il y a des questions moins lourdes, mais moi, qui me fascinent.

Quand je vois, il semblerait qu'on veuille faire passer le forfait social, vous savez, pour l'intéressement et la participation, quelque chose de très salarié, qui est dans notre histoire gaulliste, qu'on veuille passer de 8 à 20%. Il semblerait qu'on invente la taxe sur les ordinateurs. Une taxe sur les ordinateurs comme sur la télévision. Bon, tout ça, c'est peut-être des rumeurs de journalistes, mais il serait bien que le Premier ministre y réponde.

4:56
Présentateur

Jean-Marc Ayrault dit que face aux difficultés des finances publiques, il faut des efforts justes. Il dit que les contribuables les plus aisés et les grandes entreprises participeront davantage. Les classes populaires et les classes moyennes seront préservées. C'est le bon chemin, vous y croyez ?

5:11
Jean-Louis Borloo

Ce que je viens de vous dire, les heures supplémentaires, c'est quand même pas le grand capital. Le forfait social, 7 millions de personnes, l'intéressement, c'est pas le grand capital. La taxe sur les ordinateurs, non plus. En revanche, là où je suis d'accord avec lui, c'est un, la stratégie qui consiste à faire converger la fiscalité du travail et celle du capital. Et deuxièmement, les mesures prévues sur les stocks pétroliers ou les 3% de dividendes ne sont absolument pas des mesures qui me choquent. Mais quelle est la différence entre la rigueur de gauche et la rigueur de droite ?

C'est-à-dire que pour l'instant, je sais juste de comprendre si on va démanteler ou pas les ministères dont je viens de parler et si le salaire des fonctionnaires et le point de l'été va être préservé.

5:57
Présentateur

Jean-Louis Borloo, c'est donc le grand jour, vous le disiez, pour le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avec son discours de politique générale cet après-midi à l'Assemblée nationale. Il sera écouté, observé, c'est un moment de vérité. On sait qui c'est, Jean-Marc Ayrault, c'est le Premier ministre, mais on ne sait pas vraiment qui il est. Qui est-il, vous le savez ?

6:18
Jean-Louis Borloo

Écoutez, c'est en tous les cas un républicain, respectable, en tous les cas pour nous tout à fait respectable. C'est le maire, depuis longtemps maintenant, d'une grande ville qui a effectué une mutation importante. Vous le connaissez ? Vous connaissez sa personnalité ? Je ne le connais pas intimement, très franchement. Il a toujours été extrêmement correct. Vous savez, moi je crois beaucoup à la courtoisie républicaine, dans ce cas-là, de plus fondamental. Il a été président du groupe du Parti Socialiste pendant très longtemps. À chaque fois que nous avons eu à l'Assemblée un certain nombre de sujets, que des accords dans le bon sens du terme, pour le bon fonctionnement, ont été passés.

Il les a toujours respectés. Donc, nous n'avons pas à son égard de critiques personnelles, loin s'en faut.

7:16
Présentateur

Alors, vous avez exprimé plusieurs questions que vous vouliez adresser à Jean-Marc Ayrault face à la situation très difficile de nos finances publiques. Mais je n'ai pas entendu ce matin des propositions précises de Jean-Louis Borloo. Si vous étiez au pouvoir, que feriez-vous pour redresser les comptes ? Quelles grandes mesures pourriez-vous annoncer ?

7:35
Jean-Louis Borloo

Vous proposez aussi ? Mes chers amis, je vous renvoie un très bon livre qui s'appelle Libre et engagé, sur lequel je fais une proposition globale. Faites-moi quelques résumés. Je peux vous dire, la taxe sur les transactions financières que nous avons fait voter, moi je veux l'augmenter. La taxe carbone aux frontières de l'Europe, je veux la mettre en place. Je crois qu'il faut supprimer les exonérations des plus-values sur les cessions de titres. Tout ça est bien technique, mais globalement, sur la partie financière, financière du capital, je crois que nous pouvons en faire beaucoup. En revanche, je pense que le reste relève de la croissance. Alors, je peux aller plus loin.

J'ai lu qu'on arrêterait les grands travaux du canal Seine-Nord, de la régénération de notre réseau ferroviaire, des lignes TGV, tout ceci est de la croissance. C'est de la croissance verte. La croissance verte et durable est un des éléments de la sortie de crise. Je crains que Jean-Marc Carillon, mais une fois de plus, je ne lui fais pas de procès d'intention. Soit dans une forme d'inquiétude bercienne, vous savez, de Bercy, qui consiste à regarder les investissements d'avenir comme des dépenses de fonctionnement.

8:44
Présentateur

Jean-Louis Borloo, vous venez donc de créer à l'Assemblée nationale un nouveau groupe centriste, l'Union des démocrates et indépendants. Vous voulez être le nouveau patron du centre en France. Pourquoi vous réussiriez, vous, Jean-Louis Borloo, à faire exister le centre alors que François Bayrou a échoué ?

9:04
Jean-Louis Borloo

Parce que tout est une question de stratégie politique et de clarté. François Bayrou, pour qui j'ai attide personnel de l'estime et de l'amitié, est sorti de la clarté politique il y a quelques années. Le centre a toujours été un allié privilégié de la droite républicaine. Il est différent, il n'a pas le même regard sur la société, il n'a pas les mêmes attitudes et pas le même comportement. Mais il est traditionnellement dans une alliance privilégiée. Ça ne veut pas dire qu'il n'est pas en compétition, ça ne veut pas dire qu'il est d'accord avec tout. Mais c'est son alliance privilégiée. François a choisi une autre stratégie. Votez pour moi, je vous dirai, après avec qui je m'allie.

C'est cette stratégie qui a posé un problème à François Bayrou. Ce n'est pas ses qualités personnelles, évidemment. Moi, je veux refaire ce centre allié, traditionnel, privilégié avec la droite républicaine, beaucoup plus sociale, beaucoup plus humaniste, beaucoup plus républicaine, beaucoup plus ouverte sur le monde, beaucoup plus européenne, bref. Ce qu'est traditionnellement le centre droit français. Et à partir du moment où vous avez une stratégie claire, à partir du moment où vous avez des groupes parlementaires, à partir du moment où vous avez des objectifs, des militants, là, vous pouvez rebâtir une famille politique.

Vous savez, les familles politiques, c'est comme les équipes de foot. Les grandes équipes ne meurent jamais. Eh bien, nous refondons cette famille politique à marche forcée. Elle est nécessaire pour l'équilibre de notre pays. On n'avait pas l'impression que le centre, ça n'intéresse plus personne. Mais il y a beaucoup, vous savez, c'est les journalistes qui parlent du centre. Là, en l'occurrence, il s'agit de qui ? Il s'agit d'élus, de ce qu'on appelle les divers droits, de démocrates chrétiens, de radicaux, bref, tous ceux qui ne sont pas exactement sur la ligne de l'UMP s'intéressent beaucoup. Mais qu'est-ce qui vous distingue de l'UMP ?

Oh, je vous parlerai d'abord ce qui me distingue de l'extrême-gauche avant de vous parler de ce qui me distingue de l'UMP. Mais vous le savez très bien, le virage social d'il y a 18 mois, pourquoi j'ai quitté le gouvernement ? Parce que je souhaitais un virage social. Je ne veux pas qu'on considère que les gens en difficulté, qu'on parle du cancer de la cistana. Je considère qu'il faut fédérer l'ensemble d'énergie. Nous croyons aux corps intermédiaires. Nous croyons à une Europe beaucoup plus intégrée. Nous avons évidemment des différences, mais nous avons aussi des choses qui nous rassemblent. Nous sommes des alliés. Qu'est-ce qui vous rassemble ?

11:27
Présentateur

Parce que là, vous venez de faire un réquisitoire des derniers mois de la présidence de Nicolas Sarkozy.

11:32
Jean-Louis Borloo

Non, j'essaie de vous répondre avec gentillesse pour vous dire qu'il y a beaucoup plus choses qui nous rassemblent qu'entre les communistes, les Verts et le Parti Socialiste.

11:40
Présentateur

Jean-Louis Borloo est l'invité de France Inter ce matin. Il reste avec nous pour répondre à vos questions dans l'interactive 01 45 24 7000.