Vote pour l’extrême droite : des électeurs ordinaires ? | #AMFIS2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
toutes et tous on va on va commencer bienvenue à tout le monde je suis Gabrielle Catala député de la 6e circonscription du valdoise et j'ai le plaisir d'animer cette conférence qui s'intitule vote pour l'extrême droite des électeurs ordinaires en présence de deux éminents sociologues à ma droite le premier est Félicien fi Félicien tu es sociologue et politiste chercheur au Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales et il y a peu de temps en mai 2024 tu as publié cette ouvrage remarqué qui s'intitule des électeurs ordinaires enquête sur la normalisation de l'extrême droite et plus généralement tu es spécialisé en sociologie politique sur le RN et également à ma droite Marline bqu sociologue directrice du centre de directrice de recherche pardon au CNRS et à lirisso animatrice avec Adrien Clouet du département de sociologie à l'Institut de la boessi qui est la Fondation insoumise spécialiste de la grande distribution des liens entre l'État et le grand patronat et tu as publié divers ouvrages un ouvrage sur la finances autoritaires et un ouvrage qui s'intitule encaisser enquête en immersion euh dans la grande distribution qui est un ouvrage sur les caissières et en ce moment tu rédiges un nouvel ouvrage toujours sur sur les relations entre le grand patronat et pardon entre la finance et l'extrême droite qui s'intitule finance alternative en France relation avec l'État et lien qu'elle entretient avec l'extrême droit dont la sortie est prévue en début 2025 c'est un titre provisoire un titre provisoire voilà pardon ce qui vous rassemble tous les deux c'est d'avoir contribué à l'ouvrage que publie le 4 septembre l'Institut laboessi ouvrage qui fera l'objet d'une conférence cet après-midi à 13h30 euh donc je vous encourage à aller le consulter voir l'acheter au au salon du livre qui est qui est dehors euh cet ouvrage de l'Institut Labi donc l'extrême droit de la résistible attention il est coordonné par Hugo paleta préfercé par Johann chaputo et postfacé par Clémence guetté et je vous invite à aller assister à la conférence euh qui sera euh qui visera à présenter euh ce livre-là cet après-midi alors le RN je pense que c'est un secret pour personne ici fait des scores très inquiétant on l'a vu aux dernières élections européennes et aux élections législatives où le RN a remporté euh le premier tour avant que le le barrage républicain fasse son office au second on vit aussi à à l'Assemblée nationale enfin on observe très facilement la la montée du du RN en France en 2012 le RN n avait que que deux députés en 2017 ils en avaient 8 en 2022 89 et là en mai 123 sans compter les proches d'ericoti qui sont aussi d'extrême droite donc on compte 143 députés d'extrême droite à l'Assemblée nationale ici on n'est pas là pour s'interroger sur euh comment Macron son son entourage et avant avant lui François Hollande ont servit de de marchepied de passeepat à l'extrême droite comme on dit mais de s'intéresser à comment on en est arrivé là euh l'idée de la conférence étant d'en savoir plus sur le motif des votes RN et sur ce qu'ils expriment ce qui est l'objet notamment du du livre de Félicien le le titre de cette conférence fait écho à cet ouvrage qui euh s'intéresse à la base de l'électorat du rassemblement national dans le sud-est de la France qui est le basion historique de l'extrême droite qu'on oppose souvent au au vote de l'extrême droite dans le dans le nord de la France qui serait un un un un électorat fâché mais pas fâchot avec qui a subi la désindustrialisation la la fermeture des services publics la disparition de de l'État au quotidien euh alors que le le vote et la perte d'emploi qui va avec alors que la l'électorat du du Sud-Est est davantage présenté comme des classes populaires donc qui subissent une situation économique fragilisé euh mais qui sont pas privés d'emploi qui ont pas vécu les mêmes logiques économiques puisque le le le sud-est de la France c'est plutôt un accroissement sans précédent des inégalités liées à puisque c'est la la région la la plus inégalitaire de France après l'île-de-fance lié notamment au développement de la société de service au tourisme de masse qui bénéficie qu'à une classe dominante et donc à des des zones géographiques o on trouve à la fois des populations paupérisées et euh des classes favorisées qui vivent dans qui ont des résidences secondaires cet électoral là dans le Sud-Est est davantage composé euh d'artisans de de de personnes d'entrepreneurs de personnes qui travaillent dans le petit commerce euh dans la sécurité et c'est les portraits que Félicien enfin c'est les personnes que Félicien a enquêté dans son livre qui sont des coiffeurs des pompiers des anciens policiers des entrepreneurs euh ou euh euh des personnes qui travaillent par exemple je crois à l'hôpital public ou dans dans d'autres secteurs euh mais les à à part au-delà de ces électeurs que féliciin qualifie d'ordinaire dans son livre c'est-à-dire des électeurs pour qui la la politique n'est pas centrale c'est des gens qui sont pas militants euh qui vont pas aux universités d'été du RN pour qui la politique est finalement euh quelque chose qui se vit au rythme lorsqu'il y a des élections mais qui ne se vit pas au quotidien donc c'est des électeurs qui qui vivent des expériences sociales mais pour qu' la politique n'est pas centrale on va s'intéresser aussi aux électeurs qu'on va qualifier de d'extraordinaires qui sont qui correspondent davantage au travail de Marlen c'est-à-dire des personnes favorisées qui au-delà de l'arme du vote ont d'autres modalités d'influence sur les élections euh et tu nous en expliqueras comme on en a on a l'ouvrage ne paraît que en janvier prochain on n sait pas plus pour l'instant pour ir sur les les électeurs sur l'ouvrage de de Félicien il a fait parler de lui notamment parce qu'il replace le racisme comme une une motivation centrale dans le vote de de l'extrême droite le racisme qui a souvent été écarté par les sciences sociales notamment pour éviter de stigmatiser d'autant plus les personnes qui font le choix de glisser un bulletin RN dans l'urne et pour trouver d'autres causes qui ont été l'objet de nombreux travaux donc je disais tout à l'heure la désindustrialisation et et cetera euh ce qu'il faut savoir c'est que ce racisme qui s'exprime par le à travers le vote de l'extrême droite il s'inscrit euh donc il a les chaque électeur a ses expériences singulières mais il s'inscrit dans un environnement social qui est lui aussi déterminé par des normes racistes c'est ce que tu rappelles dans ton dans ton livre et que tu nous que tu nous détailleras et donc il faut pas faire disparaître les processus collectifs qui conduisent à ce vote d'extrême droite pour finalement cibler que la responsabilité individuelle des électeurs qui en fait eux ne font que être le réceptacle et que répondre au monde au monde qui les entoure et donc l'extrême droite finalement elle elle elle s'agrège enfin elle bénéficie de ce de ce de ces normes de cet environnement qui est déjà ratialisé et elle arrive à à capter les électeurs et à les orienter à son avantage dans cet environnement- là alors ce qu'on a envie de de vous poser comme comme question à à tous les deux donc je vais en poser quelques-unes et ensuite on ouvrira le le les questions au public en après vos exposés c'est qui sont ces électeurs dit ordinair ou extraordinaire qu'est-ce qui les pousse vers l'extrême droite comment l'extrême droite a-t-elle acquis progressif une telle légitimité auprès de ses électeurs pendant un temps l'extrême droite a été c'était comment on dit la honte de voter extrême droite et c'était caché or ça ne l'est plus et c'est ce que benoî cocard lui appelle dans ses travaux la respectabilité c'està-dire que le vote d'extrême droite conduit à être respectable dans dans un certain environnement social ensuite on a on a souvent présenté les électeurs d'extrême droite comme des électeurs volatiles en réalité euh est-ce qu'ils sont désormais captifs puisque le les les personnes qui font le choix de glisser un bulletin RN dans l'urne ne le font pas uniquement à des élections isolées mais on on constate que ce vote se répète au gré des des élections et si on s'en on se on essaie de de lier ton travail Félicien le tien Marlen au au travail de Stefano sur le BOC bourgeois qu'est-ce qui fait que ces électeurs sont pris dans dans un à l'intersection entre des logiques racistes et des logiques libérales ensuite quelle lecture raciale ces électeurs font-ils du monde et en quoi cela s'inscrit dans un monde déjà racialisé donc vous pourrez nous nous décrire ou plutôt peut-être toi Félicien quel est qu'est-ce qui caractérise cet environnement déjà racialisé en France quelles sont les conditions sociales dans du vote RN et ce que vous ce que tu expliques c'est que finalement le le racisme du la lecture raciste que font les électeurs euh RN est un un régime qui qui crée une vérité qui est concurrente à celle des des normes de sociale à celle que que nous donne la sociologie et donc peu importe ce que l'on ce que l'on raconte les démonstrations qui seront faites les études qui seront faites il est difficile d'avoir de trouver un une présentation du du monde qui serait différente que celle que le racisme et la la vérité que que qui que s'imaginent ces électeursl euh vivent au quotidien et celle qui celle qui la lecture qu'il font qui pensent être unique du monde qui les entoure et ensuite une dernière question peut-être plutôt pour pour Marlen Benquet quels sont les intérêts que poursuivent les électeurs qu'on a enfin les les électeurs mais pas que qu'on a qualifié d'extraordinaire et est-ce que finalement eux leur candidats c'est pas plus Éric Zemour que Marine leupen voilà merci beaucoup je vais donc et ben bonjour à tous et à toutes merci beaucoup pour l'invitation merci pour l'organisation merci pour ton introduction ben je suis très content de pouvoir dire ici quelques mots sur mon travail que j'ai réalisé sur donc l'électorat le pénist dans le sud-est de la France comme ça vient d'être dit enquête dans laquelle j'ai essayé d'identifier à partir de matériaux de terrain euh certaines des conditions sociales du vote pour le rassemblement national alors on connaît beaucoup de choses déjà sur cet électorat avec un nombre important d'enquête de d'opinion de statistiqu qui permettent d'identifier ce qu'on appelle en sociologie électorale les variables lourdes du vote Ren et moi ce qui était important c'est à chaque fois de partir de ces résultats de partir de ces variables lourdes du vote RN mais pour essayer de comprendre par l'enquête de terrain leur épaisseur sociale en quelque sorte c'est-à-dire comment ces varibl elle se manifeste dans la vie concrète des individu et à quelle perception et expérience sociale elle renvoie et donc à quelle exp et perceptions politiqu elle renvoie également pour prendre quelques exemples que je détaille dans ma recherche par exemple derrière la variable du niveau de diplôme qui est une des variables les plus prédictives du vote RN ce que je retrouve sur mon terrain c'est la question scolaire la question du rapport à l'école qui est un rapport conflictuel démuni à l'ordre scolaire ce qui génère tout un ensemble d'incertitude sur sa propre situation mais aussi sur celle de des enfants de leur orientation de leur avenir et cetera et comment ça ça vient nourrir le vote pour le rassemblement national autre exemple derrière le le rejet des élites qui est aussi un trait très régulièrement identifié au sein de l'électorat du RN derrière ce rejet des élites ma recherche permet d'établir certaines distinctions entre notamment les élites économiques et les élites culturelles qui font l'objet de critiques différentes et de critiques différencié du fait de la position spécifique des électeurs du rassemblement national avec notamment à nouveau l'importance de cette faiblesse relative du niveau de diplôme par rapport au niveau de revenu qui fait que ces électeurs vont exprimer un ressentiment différent vis-à-vis du pouvoir culturel par rapport au pouvoirs économiqu et enfin derrière ce que les sondages appellent pudiquement le rejet de l'immigration je retrouve un rejet des immigrés et en réalité plus largement un rejet des minorités ethnraciales car sur mon terrain les termes d'immigré d'étranger ne renvoient jamais uniquement bien sûr à un strict statut juridique mais ces termes permettent de désigner des individus qui sont souvent français depuis plusieurs générations mais qui sont identifiés et stigmatisés racialement à partir de critères corporels ou culturels et y compris à partir d'appartenance religieuse réelle ou supposé ça c'est un point sans doute évident mais qu'il faut sans doute rappeler qui est que la préférence nationale ou la priorité dite nationale du rassemblement national ça ne renvoie pas seulement une distinction entre le National et l'étranger à nouveau strict sens juridique mais ça à tous les atours d'un signal racialement codé envoyé à ces électeurs qui permet de leur montrer que ce parti sera toujours du côté des majoritaires et non des minoritaires et c'est peut-être pour cela d'ailleurs que le RN y tient tempant à cette priorité nationale malgré son anticonstitutionnalité et pourquoi cette priorité nationale continue d'être la colonne vertébrale du programme économique social et politique du RN en tous les cas au cours de mon enquête le lexique de l'immigration sert des usages résolument racialisés ça aussi il me semble qu'il faut toujours l'avoir en tête lorsqu'on analyse les sondages qui pose par exemple des questions du type est-ce que vous pensez qu'il y a trop d'immigrés en France et c'est une question par exemple auquel les électeurs le pénistes quand on regarde les récentes enquêtes ils sont 90 % à répondre par l'affirmative 90 % de l'électorat le péniste à répondre que oui il y a trop d'immigré en France et au Nord comme au Sud d'ailleurs et au sein des classes populaires comme au sein des classes moyennes donc c'est ça qui liit en fait cet électorat mais lorsqu'ils répondent est-ce qu'il y a trop d'immigrés en France lorsqu'ils répondent par l'affirmative on peut se demander si le d'immigré ici il ne sert pas de fimisation de proxy pour parler des minorités ethnraciales et pour parler donc pour dire ainsi des noirs des Arabes des musulmans on touche ici à la question fondamentale du racisme qui est un point qui concentre j'ai l'impression beaucoup de de divergen politique et stratégique à gauche et dans ce cadre les sciences sociales et politiques peuvent avoir un rôle circonscrit à jouer qui est celui me semble-t-il de la dité ne pas se raconter d'histoire et en l'espèce ne pas voir que le vote ren est nourri d'affect racistes c'est mal comprendre ou en tout cas ne comprendre qu'à moitié ce qui fonde cette préférence électorale et de fait malgré la quantité d'études disponibles sur le sujet cette dimension est régulièrement niée contestée évacuée de l'analyse au sein du commentariat médiatique contemporain le terme même de racisme et ses déclinaisons sans semble progressivement disparaître du lexique autorisé et en l'occurrence aussi lorsqu'il s'agit de parler du RN et de ses électorats dans beaucoup d'émissions que j'ai pu visionner où il y a des des experts qui sont invités pour parler du du vot eren euh j'avais l'impression que certains mots étaient devenus sinon interdit du moins inconvenant euh une sorte de drôle de variante du jeu du ni oui ni non ici ni xénophobie ni islamophobie et ni racisme bien sûr on se retrouve donc parfois dans cette situation étrange où plus l'extrême droite monte plus elle récolte de suffrage et moins la question raciale est évoquée et analysée comme telle avoir le RN aux portes du pouvoir serait pourtant une occasion privilégiée de s'interroger sur ce que les mouvements antiracistes ne cessent pourtant de rappeler à savoir la place encore centrale du racisme dans la société française et le RN est une organisation politique qui a compris très tôt la force sociale des affectes racistes et qui cherche inlassablement depuis plus de 40 ans maintenant à la convertir en force électorale et on ne peut que constater qu'il a été accompagné depuis par bon nombre d'autres formations politique et médiatique cela ne signifie aucunement que les électeurs duurn soient condamnés au racisme d'abord parce qu'un vote ne résume jamais un individu et ensuite parce que le racisme n'est pas un trait de personnalité n'est pas une essence individuelle ni un fait de nature il est l'expression et l'exercice d'une structure de pouvoir construite historiquement collectivement et politiquement et c'est en s'attaquant à cette structure de pouvoir en prenant au sérieux la question des inégalités ethnoraciales qu'il sera possible de démonétiser socialement et électoralement le racisme dans les discours et les pratiques ordinaires car ordinaire les électeurs j'ai croisé le son au sens où il ne s'agit en aucun cas d'idéologue ou de fanatique au sens aussi où beaucoup des énoncés que j'ai récolté durant ma recherch ne sont malheureusement pas exceptionnels mais ils font partie de la trame de la vie quotidienne les électeurs rencontrés adhèrent à beaucoup de normes qui sont des normes communes et qui sont partagées bien au-delà de la seule extrême droite mais des normes qui se retrouvent pour ses électeurs misise en tension menacé et par là politisé le racisme est un fait social transversal qui concerne tous les milieux sociaux souvent sous des formes naturalisées silencieuses et les électeurs du RN ont dès lors pour spécificité de l'expliciter davantage et de le convertir en geste électoral pour tout un ensemble de raisons socialement déterminé que j'essaie d'examiner dans le livre rappelez cela ce n'est pas nié l'importance des phénomènes de déclassement de domination économique et symbolique d'abondance sociale subi par ses électeurs et ses électrices mais c'est comprendre que le coût de force de l'organisation le péniste c'est justement d'avoir misise en lien ces différentes thématiques avec des motifs xénophobes ou islamophobes c'est ce que le sociologue start hall que j'aime beaucoup appelait des chaînes d'équivalence c'est des chaînages d'association connotative qui fait que lorsqu'on va penser à immigrer ou à immigration on va penser à insécurité lorsqu'on pense à immigrer on va penser à ça c'est quelque chose je retrouve beaucoup dans les entretiens comment ça émerge de manière spontanée C forme de chaîne d'équivalence et le travail politique et idéologique c'est de construire ce type de chaînage de leur donner une cohérence d'ensemble et de les allonger inlassablement en y intégrant de nouvelles thématiques et bah le travail d'un parti d'un parti politique c'est cela et c'est peut-être une différence avec une association ou un mouvement social qu'est-ce qu'on S centre souvent sur un seul enjeu qui est souvent monothématique mais un parti politique et je suis content de pouvoir le dire ici mais ça doit parler de tout et c'est un travail au fond que peut-être les militants connaissent bien parce que quand vous faites par exemple du porte à porte vous êtes en en confrontation avec une pluralité de personnes une pluralité d'expérience de vie et votre boulot ça va être de prendre ces expériences de vie et d'essayer de les les chaîner c'estàdire de les mettre dans ces chaînne d'équivalence de leur donner de les faire rentrer de les inclure dans un univers de sens qui est en affinité avec le projet politique défendu par les militants et les militantes donc certes pour chaque pour chaque formation politique il y a des enjeux privilégiés mais ils font toujours partie d'une grappe idéologique qui relie entre elles tout un ensemble d'autres thématique c'est pour cela que quand j'entends des discours du type pour lutter contre l'extrême droite il faut remettre la thématique du travail au centre du projet politique de la gauche en fait en soi ça ne veut rien dire c'estàdire que le travail en soi ça ne veut rien dire car tout dépend à à quelle chaîne d'équivalence il est relié évidemment que la gauche doit parler du travail mais évidemment que le RN en parle aussi mais il n'y associe pas les mêmes connotations pas les mêmes solidarités pas les mêmes oppositions et il va notamment parler de travail en alimentant des antagonismes sociaux du type français travailleurs français travailleurs immigrés vrais travailleurs et assistés et cetera et non par exemple une un antagonisme re travail et capital pour expliquer le vote eren il faut donc à mon sens en finir avec ces fausses dichotomies opposant les thématiques dites sociales et les thématiques dites identitaires pour premièrement entendre que la question raciale est une question sociale et deuxièmement pour comprendre que ce vote s'exprime à l'articulation entre desincertitudes et des souffrances de classe et la volonté de préserver des privilèges majoritaires ce que j'ai vu à l'œuvre dans mon enquête c'est en effet cette rencontre entre certains intérêts sociaux racialisés et ce que j'appelle la mise en concurrence des ressources communes mise en concurrence de l'accès aux aides sociales aux services publics à l'école à l'hôpital au lieux de vie eux-mêmes B notamment c'est tout particulièrement le cas en région PACA où la marchandisation résidentielle et touristique génère de très fortes compétitions entre les territoires et une compétition au sein de laquelle la la présence des minorités qui sont justement jugé trop visibles va fonctionner comme un signal économiquement négatif avec des conséquences tout à fait matérielles et c'est c'est cette relation de connivance entre logique raciste et logique néolibérale qui se loge dans les subjectivités politiques des électeurs que j'ai rencontré c'est donc sur ces deux fronts qu'il faut lutter à mon avis simultanément et peut-être non pas seulement dans les périodes électorales mais aussi par un travail plus quotidien d'imprégnation de discussion afin d'imposer de nouvelles évidences dans les discussions ordinaires sur ce qui fait problème sur ce qui est considéré comme normal au contraire comme scandaleux sur ce qui est tolérable ou non et cetera en somme réarmer un sens commun de gauche y compris dans des groupes sociaux et des territoires où il s'est rarifié la question donc de l'implantation militante qui est reposé j'ai l'impression un peu à chaque élection lorsquon regarde les cartes électorales on se dit que il y a des territoires où effectivement la gauche est un peu moins présente peut-être quelques mots rapides làdessus B l'implantation partisane me semble absolument nécessaire mais il est fort possible qu'elle soit loin d'être suffisante pour parler de ce que je connais un peu si on regarde du côté du rassemblement national les études sociologiques sur ce parti ont montré que son implantation au RN restait en fait très inégale selon les territoires et il y a il y a des avec des endroits où en fait le le RN est très peu présent ce qui ne l'empêche pas d'obtenir des succès électoraux très importants et les dernières législatives l'ont montré parfois presque par l'absurde où on avait des territoires où les candidat du RN était littéralement quasiment inconnu ou fantôme mais où le fantôme récoltait des scores considérables dès le premier tour le travail de terrain peut certes aider le RN à solidifier certains de ces électorats mais sa dynamique électorale n'est pas de uniquement à la seule implantation électorale et partisane de ce parti le cas du RN amène donc aussi à relativiser l'importance de l'ancrage local et ça m'amène un dernier point qui porte davantage sur des enjeux de de représentation politique ou médiatique ce qui m'a souvent frappé sur mon terrain c'est à quel point Marine Le Pen marine comme on l'appelait parfois sur sur mon terrain c'est à quel point Marine Le Pen bénéficiait d'une image de proximité populaire une image de proximité populaire qui ne correspond absolument pas à son milieu social réel mais qu'elle a su forger sur le temps long ce que n'ai pas du tout réussi à faire quelqu'un comme Eric Zemour par exemple ça je le retrouve beaucoup aussi de mon enquête et ce sentiment de proximité sociale si important en politique est à mon sens une des grandes victoirees symbolique du rassemblement national et ça Ava généré d'importants effets d'identification positive à Marine Le Pen au sein des classes populaires blanches et notamment au sein des chez beaucoup d'électrices et c'est peut-être quelque chose qui manque à la gauche en tout cas vis-à-vis de certains électorats et elle gagnerait sans doute à déployer davantage de STR stratégie discursive ou représentationnelle avec cet objectif en tête et en continuité je pense que les partis politiques de gauche doivent se poser très sérieusement la question du recrutement social de ces représentants afin de favoriser la mise en avant de Figur auxquell pourrai s'identifier des fractions de groupes populaires qui ne se sentent pour l'instant pas du tout représenté par la gauche je m'arrête là merci pour votre attention [Applaudissements] euh bonjour est-ce que le micro marche oui euh merci beaucoup Gabriel pour ton invitation je suis très contente d'avoir l'occasion du coup de d'échanger avec vous et aussi avec toi Félicien du coup qu'on on s'était jamais retrouvé à intervenir ensemble alors du coup mon intervention est complémentaire de celle de Félicien puisque elle ne porte pas sur les électeurs ordinaire c'est-à-dire ceux qui disposent pour influencer la vie politique comme vous et moi uniquement de leur droit de vote donc d'une voix mais elle porte sur les électeurs qu'on pourrait qualifier d'extraordinaire évidemment avec des guillemets c'est-à-dire ceux qui disposent de suffisamment de capital économique culturel et social pour avoir d'autres ressources pour influencer pour influencer le la vie politique dans notre pays et donc c'est une approche qui me paraî très complémentaire de de l'approche de Félicien ou des travaux qui portent sur les raisons du vote des électeurs parce qu'elle permet de travailler sur la structuration de l'offre politique et pas uniquement en et pas sur le moment où on se décide à voter puisque les élections euh comme vous le savez elles ne elles ne placent pas face- à face uniquement des individus et puis l'infinité des choix possies les choix face auxquels on est quand on doit voter la composition de l'offre politique et le degré de crédibilité qui est associé à chaque option euh qui nous est proposée en fait se décide bien en amont dans ce qu'on appelle donc la str tout le processus de structuration d'une offre politique et donc c'est cette STR c'est ce processus de structuration d'une offre politique sur lequel interviennent le plus ces fameux électeurs dit extraordinaire et puis l'autre point où je pense que cette approche est complémentaire de celle de Félicien c'est qu'elle permet de ne pas laisser penser comme c'est le cas parfois que les options racistes sexistes homophobes qui sont défendu par l'extrême droite serait uniquement le fait de classe populaire ou moyenne peu éduqué et que de l'autre côté on aurait en fait des élites éduqué progressiste qui elle évidemment ne serait ni raciste ni sexiste ni homophobe ni validiste et cetera et donc quand on regarde ce qui se passe du côté des électeurs extraordinaires des électeurs très pourvus en capitaux on voit que ils existent et que le le racisme n'est pas la panage du coup encore une fois des petites gens pour le dire rapidement donc mon idée c'est bien d'examiner le processus par en haut alors d'abord juste un petit rappel euh donc il y a enfin il y a donc aujourd'hui des soutiens patronaux et c'est assez nouveau des soutiens patronaux visibles euh de l'extrême droite c'est assez nouveau parce que pendant 30 ou 40 ans ces soutiens patronaux à l'extrême droite ou aux options issu d'option fasciste était plutôt discrète mais néanmoins rappelons que il y a une histoire du soutien patronal à des options politiques d'extrême droite et ou à des options fascistes puisque je voilà je le redis juste pour mémoire mais après l'armistice de la deuxème guerre mondiale donc le gouvernement de Vichy avait autoriser les entreprises à travailler avec l'Allemagne et en 1943 100 % de notre industrie aéronautique 100 % de la forge 80 % du BTP 60 % du caoutchou et cetera donc travailler pour le compte de l'Allemagne et il y a un livre par ailleurs qui est assez intéressant qui est sorti en 2006 qui s'appelle le festin du Reich par deux auteurs Fabricio Calvi et Marc mazourovski qui montre que les banques américaines ont continué à utiliser Paris pour travailler avec les Allemands alors même que les ordonnances américaines l'interdisait donc il y a une histoire des liens entre le patronat et le fascisme c'est pas un truc très récent mais né moins ces réseaux encore une fois ces liens ont été un peu mis en sommeil euh dans les années qui ont suivi la fin de la deuxième guerre mondiale notamment parce que la France se positionnait du côté des vainqueurs et que voilà le patronat n'a pas mis en avant particulièrement ses liens avec l'extrême droite les choses change depuis le tournant des années 2000 et notamment depuis 2010 alors comme tu l'as dit du coup c'est une enquête que je mène depuis 2 ans qui n'est pas encore publié du coup voilà donc j'ai j'ai essayé de regarder du coup un peu en France ce qu'il en est de ces sou s patronaux alors on trouve des gens donc des gens que vous connaissez très bien des gens comme Boloré euh donc juste pour dire quelques mots de ce que sont ces grands soutiens patronaux donc Boloré c'est quelqu'un qui possède une holding familiale la compagnie de l'Odette qui possède aussi comme vous le savez énormément de médias c'est news Paris Match Europe 1 le Journal du Dimanche tout le groupe Canal Plus euh téléloisirs géog gala voici Femme Actuelle aussi d'ailleurs euh RFM bon bref mais ce qui est intéressant c'est que jusqu'en 2000 euh Boloré c'était un patron euh comme la plupart des patrons du 440 un patron classique classiquement libéral ou classiquement néolibéral plutôt et qui voilà qui avait des orientation politique très consensuelle et puis c'est vraiment depuis au tournant des années 2000 qu'il s'est mis à afficher son positionnement d'extrême droite et notamment son engagement en faveur d'un catholicisme radical la défense d'un Occident chrétien et qui s'est mis aussi à thématiser l'idée du combat civilisationnel jusqu'en 2022 il misait sur Erric Zemour davantage que sur Marine Le Pen et puis depuis l'échec de reconquête il s'est résolu à euh à faire alliance si je puis dire avec le rassemblement national sachant que ce qu'il a en tête du coup c'est vraiment le l'idéal pour lui de ce que serait un gouvernement d'extrême droite c'est ce qui se passe en Italie autour de Georg melloni c'est-à-dire un positionnement d'extrême droite qui soit à la fois anti-immigré et réactionnaire et en même temps qui soit un petit peu plus pro-européen que ce que peuvent pas que ce que ce qui peut existit parfois à l'extrême droite et surtout qu'il soit pro buusiness euh pro patron pour le dire rapidement donc on trouve aussi des gens parmi les soutiens connus majeurs de l'extrême droite en ce moment des gens comme Pierre Edouard sterrin donc pierre edard sterrin c'est aussi un financier qui possède un fond d'investissement um um pardon qui gère 1,2 milliard d'euros et et donc qui a qui a un DG par ailleurs qui s'appelle François durvi qui est lui aussi un polytechnicien proche de Marine Le Pen et qui a mis en place un projet donc périclè dont l'humanité a détaillé le le le enfin sur lequel l'humanité fait la lumière récemment où donc il projette de d'utiliser 150 millions d'euros les 10 prochaines années pour porter le rassemblement national au pouvoir et il a aussi un autre projet politique qui est l'Institut Politi AE qui est un institut de formation qui vise à aider les maires sans étiquettees qui sont en fait proches de l'extrême droite à remporter les mairies en 2026 parmi les parmi les les patrons pardon donc qui qui défendent le qui affichent plus exactement leur soutien au rassemblement national on se trouve aussi des gens comme Alexis R diplômé d'HC enseignant à Paris Dauphine lui aussi qui dirige une société de gestion d'actifs et un S tank aura et labora prière et travail donc c'est la devise des Bénédictins et dont le créneau est la ce qu'il appelle la finance éthique intégrale c'est-à-dire que son idée c'est d'essayer de montrer que l'argent et la doctrine enfin et le catholicisme sont en fait complètement conciliable on trouve aussi des gens comme Jean-Claude gruffa qui lui aussi a travaillé plus de 40 ans dans la finan qui était candidat au Conseil national de reconquête euh et qui défend pareil d'un bloc identitaire libéral sur le plan économique et conservateur sur le plan de la gestion publique des gens comme Charles becbé euh même famille que que becbd donc pareil enfin un financier qui lui possèdeune société financière auancia qui préside qui a présidé qui préside croissance plus et puis qui a aidé Marion maréchal Le Pen a monté son institut de formation de sciences politiques qui était à Lyon bon il y en a plein d'autres Charles Julien Madar Guy Martinol ce qui est intéressant en fait quand on fait la liste de ces patrons visibles qui soutiennent l'extrême droite c'est que ça B en brèche l'idée que le rassemblement national serait soutenu par des petits patrons et par le monde du des PME du petit patronat ou des petits commerçants donc c'est pas enfin c'est c'est certainement vrai aussi mais en tout cas le rassemblement national est aussi soutenu par par des patrons tout à fait majeurs et par ce qu'on pourra appeler des fractions du grand patronat si on cherche à regarder quelles sont les franges du grand patronat qui au sein desquels sont recrutés les patrons qui soutiennent le rassemblement national le les secteurs qui apparaissent principalement c'est le secteur financier et le secteur de la tech et c'est d'ailleurs ce que mediapart avait déjà remarqué quand ils avaient fait une enquête sur les grands donateurs d'éc Zemour sur représentation des secteurs financiers du secteur de l'immobilier des start-ups et de la tech alors quelle explication on peut donner à ça l'explication courante et euh pas tout à fait satisfaisante excusez-moi je regarde le temps l'explication courante ce serait de mettre en avant et c'est le les opinions personnelles des grands patrons ce qui évidemment avec des gens comme Boloré ou Pierre-Edouard stin est très tentant puisque encore une fois ils affichent très clairement leurs orientations sexiste enfin antiivg par exemple un catholicisme encore une fois radical et extrêmement conservateur donc voilà le la réponse habituelle ce serait de mettre en avant leurs opinions personnelles mais c'est un peu insatisfaisant puisque euh en tout cas mon avis et enfin mon avis l'avis de de pouandzas par exemple et c'est vraiment de se dire que les orientations politiques doivent être expliquer enfin il faut essayer de promouvoir des explications matérialistes des orientations politiques et donc les individus se s'engagent politiquement en tout cas s'orient politiquement pas uniquement en raison de convictions strictement idéologique et culturell mais aussi en raison de leurs intérêts matériels à forceorie quand il s'agit de grands patron et cette lecture par ailleurs matérialiste des orientations politiques des grands patrons je suis pas du tout la seule à la défendre il y a eu y a des travaux américains autour de Kunis lobodian et de Melinda Cooper qui s'engag aussi dans cette voie et puis il y a des travaux aussi du côté de l'économie politique internationale des gens comme Benjamin Brown qui eux aussi travaillent sur pour qui enfin quelles sont les conséquences politiques de certaines manières d'accumuler du capital qu'est-ce qui fait qu'on voilà donc si on essaie de regarder les raisons matérielles ou si on essaie d'avoir une approche matérialiste de pourquoi est-ce que soudainement une part du grand patronat décide de de s'engager en faveur du rassemblement national il y a deux explication que enfin deux éléments je pense qui sont intéressants le premier c'est d'abord qu'il y a eu une évolution du rassemblement national lui-même dans ce que j'appellerais une forme de libertarianisation du rassemblement national c'est très récent ça s'est passé dans d'autres pays plutôt euh le cette libertarianisation de l'extrême droite en France c'est assez récent c'était un mouvement qui était porté au départ principalement par Marion maréchal Le Pen et par Éric Zemour et puis qui de plus en plus pénètre le rassemblement national lui-même c'est-à-dire le passage d'une ligne qu'on pourrait qualifier de sociale avec évidemment toutes sortes de guillemets mais de social et souverainiste vers une ligne beaucoup plus libertarienne et beaucoup plus compatible avec les intérêts patronaux ça s'est traduit par exemple au sein du RN par de nouvelles équipe de direction donc ce qu'on avait appelé les les Oras c'est-à-dire le les Grou groupe composé de haut fonctionnaires d'anciens membres de cabinet ministériel et de quadre d'entreprises qui soutenaient euh Marion maréchal Le Pen ont été remplacés par des aaces nouvelles génération qui sont plus jeunes issus des grandes écoles et qui globalement ont été beaucoup recrutés parmi les réseaux catholiques et nationalistes et qui ont une vision très très libéral de l'économie et très encore une fois pro business de ce que doit être le programme économique Dun euh des gens comme François durvie par ailleurs dont je vous ai dont je vous ai déjà parlé qui est donc le le directeur de du fond de pierre-edouward Terrin il défend lui-même au sein du rassemblement national ce qu'il appelle une ligne pro business encore une fois contre une ligne et contre un programme qui serait principalement centré autour de la défense des classes populaires ça crée d'ailleurs des tensions au sein du RN puisque euh les porte-paroles de la ligne dit euh social et des nostalgiques de la période Philippo euh qui avait beaucoup mis en place cette ligne enfin cette ligne programmatique autour de la défense des classes populaires dénonce du coup depuis 2022 un noyutage trop grand par des conservateurs et des libertariens qui étaient autrefois cantonnés si je puis dire dans l'organisation de Marion maréchal et de Zemour donc on voilà l'extrême droite se renouvelle le rassemblement national se renouvelle en puisant dans cette idéologie libertarienne qui lui préexiste mais dans lequel elle trouve en quelque sorte là les moyens de se renouveler euh en ce moment un petit mot du coup de ce que c'est que cette idéologie libertarienne donc c'est un c'est une idéologie issue des les États-Unis qui s'est développé après la deuxième guerre mondiale contre le communisme et contre l'étatisme en général qui n'a pas toujours été conservatrice mais qui s'est qui est devenu le libertarien a des libertariens de gauche en fait mais passons sur cela qui depuis les années 70 80 est surtout une idéologie encore une fois très conservatrice et plutôt qui se situe plutôt à droite et qui a été remis sur le devant de la scène dans les années 90 avec le développement d'Internet et avec ce qu'on a appelé le technibertarianisme qui est une chapelle proche d'Éon musk et qui défend l'idée ou de gens comme Peter Teel qui défend l'idée que la liberté absolue d'entreprendre doit doit être associé avec un état répressif puisque comme comme Peter te l'a déclaré dans une tribune enfin en 2009 pardon il disait donc je ne crois plus que la démocratie et la liberté soit compatible donc c'est une idéologie en tout cas qui vise à dire que la seule et unique liberté la liberté la plus importante c'est la liberté de propriété et que si cette liberté doit entrer en contradiction avec d'autres libertés dites fondamentales liberté de conscience liberté d'expression et bien non c'est la liberté de propriété qui doit euh prévaloir et par ailleurs donc ils ont ils ont aussi cette idée du coup que euh que évidemment l'État doit être réduit à la portion la plus congrue possible donc ce libertarianisme là cette idéologie très très favorable évidemment aux entreprise favorable à la liberté d'accumuler queles que soi les conséquences pour le collectif et tout à fait compatible avec l'extrême droite d'abord parce que cette idéologie libertarienne elle dispose de enfin voilà elle dispose de toute une série de ressorts qui sont dont l'extrême droite a besoin et notamment c'est une pensée radicalement inégalitaire le libertarianisme va défendre du coup toutes les domination interpersonnelle géopolitique économique en disant qu'elles sont juste des effets de la liberté de chacun de faire ce qu'il veut donc c'est un c'est une idéologie qui permet encore une fois de justifier ses dominations et c'est aussi une idéologie qui permet de convaincre et de créer des alliances avec une part de la gauche et avec une part de la droite réactionnaire notamment en développant l'idée que il y aurait une caste qui se serait approprié l'État et que cette caste qui se serait approprié l'État et qui aurait fait de l'État une sorte de de d'énorme institution qui ne soit plus contrôlé par personne du coup il faut se débarrasser de cet état au nom du libertarianisme il faut réduire le pouvoir de l'État et donc cette idée encore une fois ce motif d'une caste qui s'approprie l'État est une idée qui est beaucoup défendu par les libertariens qui donne beaucoup lieu à cette idée de Deep state et qui et qui là aussi est très compatible avec l'extrême droite donc cette pensée cette idéologie elle elle permet en ce moment à l'extrême droite encore une fois de renouveler sa ligne idéologique et du coup de créer aussi des alliances bien plus qu'elle ne le faisait auparavant avec des franges du patronat le deuxième point sur les soubassements matériels qui font que une part de une part du patronat se tourne vers cette enfin vers l'extrême droite c'est euh c'est aussi euh les les nouvelles manières d'accumuler qui se sont développées euh au sein euh du capitalisme français mais pas seulement français d'ailleurs alors pour le dire rapidement si on prend juste l'exemple de la finance euh il y a c'est pas un secteur homogène la finance il y a euh et s'est développé ces dernières années depuis depuis les années 2000 disons un secteur financier que personnellement j'appelle seconde financiarisation parce qu'il s'est développé dans les les années 2000 alors que la première s'est développée dans les années 70 mais surtout ce qui est important c'est qu'elle s'est développée à distance de la bourse et des marchés côtés c'est tout ce qu'on appelle les fonds d'investissement tous ces toutes ces petites structures financières par exemple qui investissent dans des actifs qui jusqu'ici étaient laissés euh un peu à l'abandon par le les secteurs financiers traditionnels donc ils investissent dans des petites et moyennes entreprises ils investissent dans des infrastructures dans l'immobilier dans des actifs naturels vivant humains ou non humains et tous ce tous ces secteurs financiers qui étaient minoritaire dans les années 2000 sont devenus aujourd'hui très puissants économiquement et n'ont pas les mêmes intérêts économiques que les acteurs de la première financiarisation notamment il souhait réduire le coût des contraintes imposées par les institutions régionales et international donc concrètement imposé par l'Union européenne dans le cas de la France ils estiment que il y a alors que l'Union européenne a beaucoup servi les intérêts de la première financiarisation mais moins ceux de la seconde financiarisation ils estiment du coup que Bruxelles impose trop de normes et notamment euh commencent de plus en plus à imposer des normes environnementales à leurs investissements ce qu'ils ne souhaitent absolument pas ils sont par ailleurs aussi en faveur de l'approfondissement de la déréglementation là encore notamment sur les questions sociales et environnementales et il souhaite du coup que l'État se réduise à sa sa seule fonction encore une fois de garantie de la propriété privée et ces intérêts économiques là dans le programme du rassemblement national ils sont très bien représenter euh le risque de ce qu'ils appelleraient une écologie punitive et pour le moins faible dans le programme progme du RN sur l'Europe le rassemblement national propose aussi de renégocier les conditions de l'appartenance et puis par ailleurs le rassemblement national a aussi créer enfin propose aussi de créer j'espère que ça n'arrive enfin c'est voilà créerit s'il arrive au pouvoir ce qui bon euh un fond souverain de de 500 milliards d'euros qui est un ce qui est donc une somme énorme qui permettrait en fait de drainer une grande part de de notre épargne à tous vers cette seconde finance dont je vous parlais alors voilà le dernier point que je voudrais aborder du coup c'est on on comprend j'espère qu'on comprend là du coup un petit peu pourquoi une part du patronat se tourne vers le rassemblement national depuis quelques années ce qui n'était pas le cas précédemment et maintenant comment enfin essayer d'avoir une approche matérialiste c'est aussi se dire comment est-ce qu'il s'organise pour prendre le pouvoir puisque quelle est leur quelle est leur influence du coup comment est-ce qu'ils s'organiseent pour influencer les débats publics alors la première chose c'est que il s'organise évidemment pour cadrer le débat public pour influencer l'opinion mais du coup pour cadrer les débats et ce travail de cadrage des débats ça se fait en contrôlant des médias comme le fait très bien Boloré ce qui lui a permis par exemple le 10 juin au lendemain même de l'annonce d'Emmanuel Macron Boloré a décidé de créer le l'émission on marche sur la tête une émission quotidienne de 2h autour des législatives donc sur Europe 1 animé par Cyril Hanouna donc ça permet à ses patrons de réagir très vite et donc de très vite pouvoir créer des émissions ad hoc qui vont permettre de diffuser un certain nombre d'idées politiques au moment où euh bah au moment où c'est nécessaire la deuxième manière de cadrer l'opinion publique et puis donc la première la plus massive he c'est par les médias la seconde plus discrète mais tout aussi efficace c'est de passer par ce qu'on appelle les S tank c'est-à-dire toute une série de cercles de réflexion qui sont des choses pas très visibles pour le grand public mais en fait très importantes parce que ce sont des endroits d'abord où les patrons se réunissent entre eux des endroits où le patronat peut aussi discuter avec d'autres euh d'autres individus pourvus de beaucoup de capitaux des individus euh pourvu de capitaux culturel de capitaux sociaux C aussi des endroits où se retrouvent des universitaires et euh des membres des classes de des membres des classes dominantes économiques et donc où s'élabor là aussi euh de nouvelles catégories de pensée qui sont ensuite diffusées socialement et alors là je vous renvoie une enquête intéressante qui est sortie récemment de hophie saint-ère le réseau Atlas la France et l'extrême droitisation des esprits où qui décrit assez bien du coup donc qui décrit assez bien comment ce réseau Atlas qui est donc un réseau de Think Tank euh libertarien et extrêmement conservateur qui a été créé en 801 aux États-Unis par Anthony Fischer comment est-ce que ce réseau essaie de développer en France et dans un certain nombre de pays du monde mais du coup en France pour ce qui nous intéresse une série de sank qui vise à implanter en France encore une fois des idées libertariennes et conservatrices et à créé le lien avec l'extrême droite française donc ce qui est intéressant c'est que ça n'a pas très bien marché jusque dans les années 2000 cette tentative de créer des stanks libertariens et néoconservateurs en France mais ça marche maintenant très bien depuis 2010 autour de deux thèmes notamment euh le wisme et la fiscalité les deux thèmes principalement défendus c'est euh encore une fois la question du wisme et la question d'une fiscalité excessive trop lourde qui nous prive de de tout toutes sortes de choses euh alors il y a plein d'intermédiaires de pensées libertariens donc l'rap l'Institut molinary euh l'institut de recherche économique et fiscale l'institut de formation politique bon et ce sera mon dernier point c'est c'est en fait si on réfléchit du coup à comment est-ce qu'ils essayent de cadrer l'opinion publique autour de quelles idées queles sont les idées majeures qui permettent de structurer les débats cadrer l'opinion enfin cadrer les débats c'est important parce que ça veut dire que vous imposez une certaine manière de poser les questions qui font qu'ensuite les débats sont en quelque sorte enfermés dans la dans la manière dont vous avez dans la manière dont vous avez adressé les questions dans le débat public donc si on essaie de se dire quels sont quelles sont les idées maîtresses de ce nouveau bon sens politique que euh cette part du patronat et l'extrême droite diffuse par les via les médias et via les sy tank je pense qu'il y a cinq idées majeures je voilà je les mentionne rapidement d'abord cette idée de d'une grande méfiance vis-à-vis des institutions régionales et internationales l'idée que on peut pas faire confiance à l'Union européenne à l'ONU au FMI et cetera alors encore une fois euh pour euh les gens de gauche cette idée d'une défiance vis-vis des institutions régionales et internationales existe aussi mais pour d'autres raisons mais pour les gens de la droite classique non l'Union européenne le FMI c'est plutôt des institutions dans lesquelles on pouvait avoir confiance pour voilà organiser la paix entre les pays du Nord une coopération à peu près pacifiée donc là leur idée c'est vraiment de dire que non il faut se méfier de ces institutions la deuxième idée c'est l'idée que l'État doit absolument se désengager notamment des questions climatiques et environnementales et que en aucun cas c'est l'État qui va pouvoir nous sortir du problème environnemental l'Institut sapiens donc un institut enfin quiingtank libertarien disait par exemple du projet de loi climat et résilience qui est pourtant un projet de loi pas extrêmement radical que c'était euh un projet enfin un projet soviétoïde euh et Repin en verre et donc il développe voilà à l'envie ce thème de l'écologie punitive la troisième idée c'est cette question de critiquer l'État qui serait en parlant sans cess de Deep state c'est-à-dire en parlant sans cess d'un état profond c'est-à-dire de l'idée qu'on aurait plus de contrôle démocratique sur t alors c'est très pervers parce qu'évidemment partiellement une part de ces idées peuvent ne pas être enfin pourrai euh pourrait être chaîné pour reprendre ta formule Félicien pour être chaîné dans une pensée de gauche tout à fait progressiste là simplement cette même idée est chaînée d'une toute autre façon et donc n'a absolument pas les mêmes conclusions l'idée là leur idée que l'État échappe à la démocratie et que en fait il est complètement accaparé par une élite qui fait fonctionner l'État à son profit ça ne les conduit pas à dire donc il faut que la population reprenne le contrôle de l'État ça les conduit à dire donc desb barassons-nous de l'État ce qui du coup n'est pas du tout et livrons la société aux forces du marché ce qui n'est pas du tout la même évidemment conséquence la 4è idée c'est ce que j'appelleraiis l'idée de la selfetisation c'est-à-dire l'idée de devenir soi-même un actif notamment un actif financier qui est une idée importante pour le pour les Franches du patronat qui défend l'extr qui qui s'orient là dans cette dans cette défense de l'extrême droite qu'est-ce que ça veut dire c'est l'idée qu'on serait tous des individus on devrait se regarder N même comme des actifs et considérer que on est comme une sorte de capital qu'on doit faire fructifier on a une liberté totale mais on a du coup une responsabilité totale responsabilité totale de notre formation donc on doit payer nous-mêm notre formation responsabilité totale de notre santé donc on doit payer nous-mêm pour notre santé responsabilité totale même de notre mort on doit anticiper et puis anticiper où est-ce qu'on sera placé dans quelle institution et donc économiser pour ça donc voilà c'est l'idée que l'individu l est responsable de lui-même doit optimiser sa santé doit optimiser sa formation et doit assumer tous les coûts euh lié à son existence biologique euh de la naissance jusqu'à la mort c'est voilà et que donc encore une fois l'idée c'est qu'on donne tous les dro tous les droits à l'individu enfin que la liberté de l'individu est totale et et qu'on ne peut la limiter mais que le le prix à payer de ça c'est qu'il est du coup totalement responsable de lui-même donc si vous avez un cancer c'est probablement que vous n'avez pas euh respecter toutes les recommandations alimentaires de mode de vie ou que sais-je et de toute façon même si vous les avez respter que vous en avez quand même et ben vous auriez dû anticiper économiser je sais que sais-je enfin voilà anticiper les accidents de la vie encore une fois vous considérz vous-même comme un actif dont on gère l'avenir et cetera et puis la 5è idée c'est évidemment des idées racistes et notamment l'idée d'un combat civilisationnel qui correspond pour enfin qui présente deux intérêts si je puis dire pour le ces franches du patronat qui qui s'engage en faveur du rassemblement national la première idée c'est que évidemment il y a des intérêts économ au racisme d'abord ça permet de créer des discriminations sur le marché de l'emploi national et puis ça permet aussi de justifier des formes de capitalisme néocolonial et de rapport Nord-Sud inégalitaire et puis il y a aussi un intérêt politique encore une fois ça permet de cadrer le débat public sur l'idée pour le dire très rapidement d'une lutte raciale plutôt qu'une LTE des classe et donc ça permet du coup aussi de créer des alliances entre les fractions de la petite bourgeoisie et des classes populaair et moyennees dont parlait Félicien et puis euh des fractions du coup du grand patronat qui eux sont certainement peut-être racistes par conviction à la limite peu importe mais qu'il le sont en tout cas par intérêt économique aussi voilà c'est tout [Applaudissements] euh on va passer aux questions mais avant j'ai j'ai une question ce qui ressort de de ton livre c'est Félicien c'est finalement que les populations qu'on dit fragilisé qui vont se tourner vers le le rassemblement national n'ont pas les moyens de leur racisme alors que les les personnes dont tu parles elles ont les moyens d'avoir des des des stratégies racistes au quotidien est-ce que tu pourrais un peu détailler tout ce que tu tu décris là-dessus eu oui oui rapidement merci beaucoup effectivement c'est un point qui est important notamment pour la définition qu'on donne du racisme de est-ce que c'est juste une attitude des croyances ou est-ce que c'est un rapport de pouvoir qui s'exerce selon les ressources qu'on a à disposition ou non et en fait très souvent les électeurs que électrices que moi j'ai croisé ils peuvent avoir un discours raciste très virulent discursivement dans les discours mais il est d'autant plus explicite dans les discours qu'il est souvent impuissant dans les actes concrets en fait souvent comme comme tu l'as dit ils ont pas les ressources sociales à la hauteur de leurs aspirations xénophobes en quelque sorte et à l'inverse d'autres catégories plutôt de classe supérieure qui euh dans les enquêtes d'opinion vont ne vont avoir aucun mot plus haut que l'autre par exemple et donc ne vont pas être identifiés comme ayant ces formes d'ethnocentrisme de racisme et cetera mais qui par contre dans les faits de manière plus silencieuse plus insidieuse vont pouvoir contribuer à la per au fait que les inégalités ethnoraciales persévèrent donc ça c'était un point assez important par exemple s'agissant de l'entre soi l'entreoie blanc il est recherché par ses électeurs et ses électrices mais souvent c'est un entresi qui justement est raté et démuni la plupart des des individus que j'ai croisé me dit j'aimerais bien déménager de ce quartier et cetera j'aimerais bien participer à la ségrégation et racial qui a l'œuvre dans tout le pays mais je n'en ai pas les moyens et donc c'est très important aussi effectivement d'avoir un un un contrepoint avec des personnes qui eux ont les moyens de de de leur racisme en quelque sorte pour pouvoir pour pouvoir ne pas comment dire ne pas s'innocenter grâce à l'extrême droite en fait et essayer de comprendre comment les discours que moi je récolte sur mon terrain en fait ils ne sont possibles qu'à l'Ô de processus de racialisation auquel euh participe tout un ensemble de groupes sociaux bien au-delà des seuls électorats de l'extrême droite alors on va prendre un homme une femme ou une femme un homme merci alors d'abord Félicien merci pour ton bouquin qui en plus d'avoir un fond super il est bien écrit et il vite donc ça fait plaisir une moi je parler de mon histoire personnelle mon grand-père était pays an il a toujours été un fond raciste mais il était un des piliers du Parti socialiste dans son village il a toujours voté socialiste toute sa vie ma tante petite fonctionnaire avec son conjoint petit chauffeur routier au début c'était ça puis il y a eu le référendum de 2005 puis ils sont passés dans l'abstenion puis maintenant c'est le RN mes cousins génération en dessous ça a été RN tout de suite il y a toujours eu ce racisme mais le tournant de 2005 a été un fond extrêmement important Gabriel l'a un peu évoqué mais euh on va dire que les les politiques de puis de Macron qui ont totalement normalisé avec la loi immigration tout ça le racisme ont un poid énorme dans dans la dans ce qui se passe aujourd'hui alors moi j'ai une question fécien dans ton bouquin un moment donné tu dis aussi que le les électeurs RN n'ont pas non plus confiance dans le fait que le RN au pouvoir pourra changer les choses à un moment donné tu dis ça tu dis voilà et la question que je me pose c'est aujourd'hui dans la situation politique actuelle si on réussit à avoir un gouvern n FP qui abroche la réforme des retraites si on a réussi la destitution de Macron aller jusqu'au bout j'en sais rien mais à lancer quelque chose politiquement là-dessus est-ce que tu penses par rapport aux électeurs que tu as rencontré que ça aura un effet est-ce que ça peut ramener est-ce que ou alors voilà est-ce que ça va changer quelque chose sur cet électorat merci je ne vois que des mainscul merci bonjour bonjour Merci à tous les trois moi je je suis dans le grand est donc c'est une invitation Hollande est venu faire des promesses sur une caravane en mangeant une merguaise arcelormital la cidérurgie tout ça et on a jacobelli qui est venu s'installé sur notre circonscription et qui a eu enfin j'étais face à lui et ça a été très difficile mais en fait il n'est pas sur le terrain il est sur les plateaux télé parisien hein donc il y a aussi cette conivance avec les les médias qui qui nous impactent enfin voilà et moi la question ENF donc une invitation déjà mais la question que je me posais c'était est-ce que c'est réversible et est-ce que ces électeurs là enfin qu'est-ce qu'on peut faire nous alors qu'on est quand même très peu nombreux militants on va dire insoumis ou véritablement de gauche parce qu'il y a quand même eu aussi ce fermeture de de d'usine fermeture de servicees hospitaliers et cetera et ça sur notre territoire c'est vraiment ça qui qui a fait la bascule en fait et et cette désinhibition en fait et cette fierté de voter RN qui est particulièrement insurportable pour pour nous merci bonjour euh du coup oui d'après du coup on dit OUI que du coup l'ancrage territorial n'est pas non plus déterminante et d'après tout ce qui est dit j'ai l'impression quand même que en fait j'ai l'impression on subit en fait tout ça on subit tout ça depuis plusieurs années et c'est pour savoir comment on peut faire en fait pour reprendre l'initiative et arrêter de subir tout ça et de enfin reprendre le lad de tout ça quoi c'est-à-dire par exemple je sais qu'on a fait des actions comme par exemple il y a le média qui essaye d'aller dans les médias par exemple pour sur la TNT il y a aussi ouais voilà par exemple sur ça et c'est pour savoir justement comment reprendre le lit justement reprendre l'initiative et arrêter de subir tout ça quoi vous pouvez y aller peutêtre on peut peut-être faire une première salle de réponse ouais j'essaie de faire rapide pour qu'on puisse avoir le maximum de de questions je vais essayer de rassembler les les les deux premières questions ensemble sur la question du du caractère réversible ou non et qu'est-ce qu'on peut faire est-ce qu'on peut réorienter certaines certaines opinions politique en faveur de la gauche bon il y a il y a une réponse pessimiste qui est de dire euh beaucoup des lecteurs c'est pas que mon enquête c'est quelque chose qu'on retrouve beaucoup on est sur des dispositions qui sont fortement ancrées et la gauche au pouvoir sachant que pour pour beaucoup d'électeurs et d'électrices du RN la la définition et le périmètre de ce qu'on appelle gauche est beaucoup plus large que peut-être le vôtre dans cette salle c'estàdire que Hollande très très clairement est considéré comme de gauche et même Emmanuel Macron en 2022 on me dit lui on sait pas où il est il est parfois de gauche parfois de droite et cetera donc il y a une on sa pas tout à fait les mêmes types de repères et mais en tout cas toujours est-il que Hollande au pouvoir a je pense échoué à montrer que la gauche pouvait changer la vie en quelque sorte c'est-à-dire par rapport à beaucoup de groupes populaires améliorer significativement leurs conditions de de vie voir peut-être un peu l'inverse donc ça ça ça joue et donc la version un peu pessimiste ça serait dire bah c'est quand même des choses qui sont très fortement ancrées d'abord avec un certain fatalisme vis-à-vis des inégalités de classe quelque chose qui est très très très répandu sur mon terrain et dans d'autres avec vraiment là encore la la la responsabilité de tout un ensemble de formation gauche qui n'ont pas réussi à montrer que non il ne fallait pas être fataliste sur la question de ces inégalité et enfin la question du du racisme qui n'est pas une simple fausse conscience qu'on pourrait balayer aisément qui correspond en fait à des intérêts matériels et symboliques subjectif réel très fortement ancré et qui explique pour beaucoup pourquoi beaucoup de groupes populaires ne vont pas voter pour la gauche mais vont préférer le rassemblement national donc ça c'est quelque chose qu'il faut regarder en face et qu'il faut là aussi il faut pas être fataliste euh nous de notre côté sur dans cette question mais vraiment l'affronter l'affronter de face par contre le caractère un peu plus positif peut-être c'est euh c'est c'est pour ça que c'est important de faire de la sociologie c'est la sociologie c'est euh aussi montrer que euh les dispositions et les croyances politiques des individus ce sont des processus sociaux et historiques donc réversibles c'estàdire que si on change les conditions matérielles et symbolique des individus leurs croyances politiques euh changeront également donc c'est il me semble que c'est pas du tout euh quelque chose de de voilà d'irréversible et encore une fois effectivement euh beaucoup de de classe populaire blanche pendant très longtemps ont voté pour des partis de gauche ce qui empêchait pas qu'il pouvait avoir effectivement beaucoup d'affects racistes euh dans dans dans ces populations là comme dans d'autres mais le vote de gauche a été euh quand même très important dans ces dans ces euh dans ces groupes-là donc on on peut il faut pas euh désespérer là-dessus je fais juste une petite remarque là-dessus euh lorsqu'on parle des aussi de la la reconquête des territoires de l'implantation j'ai l'impression qu'on a souvent en tête le Nord le nord-est le le le Grand Est et donc c'est très très important et j'ai l'impression qu'on oublie un peu aussi parfois le sud le Sud-Est qui est une région qui me tient beaucoup à cœur où il y a en fait il y a beaucoup d'associations de syndicats de structures militantes locales qui ont besoin de soutien où il y a énormément d'abstentionnistes de gauche également si ça si c'est là la stratégie donc voilà c'est mon appel aussi aux instances nationales le le Sud-Est a besoin de vous ne l'oubliez pas et juste très rapidement sur comment ne pas subir il me semble que quand même les élections législatives dernière ont montré que c'est quelque chose j'ess de beaucoup de dire c'est que la normalisation c'est toujours un processus mais qui est in complet la normalisation du rassemblement national et si le vote RN devient un vote de fierté et un vote spable dans beaucoup de territoires et dans beaucoup de groupes sociaux dans beaucoup d'autres groupes sociaux euh c'est quelque chose qui n'est pas tolérable c'est quelque chose qui est combattu y compris au quotidien et donc le le cette normalisation imparfaite et encore très largement incomplète on l'a vu me semble-t-il dans le ha dernière législative et pour avoir souvent pour avoir enquêté aussi sur le point de vue du rassemblement national il faut savoir que eux aussi il y a tout un ensemble de zones où ils se disent bah là on est en retard là on narrive pas à y aller et voilà il y a il y a les les inégalités territoriales d'implantation euh des partis politiques ça vaut aussi pour le rassemblement national il y a tout un ensemble de territoires et de groupes sociaux euh que le RN ne parvient pas à conquérir euh merci juste pour dire un tout petit mot de ça euh enfin sur euh sur la question de pourquoi est-ce que ça c'est euh pourquoi ça c'est autant normalisé euh je je reviens sur cette question de cadrage du débat public en fait le l'enjeu j'ai l'impression pour les organisations tion politique c'est de proposer de diffuser des grilles de lecture qui permettent ensuite à chacun de de qui permet à chacun en fait de redonner du sens à une expérience qui vit donc c'est-à-dire vous perdez votre travail selon les grilles de lecture disponibles certaines grilles de lecture vont vous permettre de trouver un sens politique au fait que vous venez de vous faire licencier et selon les grilles de lecture disponi bah vous allez plutôt décider de lutter contre le patronat ou contre ou contre vos voisins issus de l'immigration ou que sais-je donc c'est ce qu'il faut regarder du coup c'est que pour enfin pourquoi est-ce que ça marche si bien parce qu'encore une fois la puissance de cadrage du débat public de l'extrême droite la manière dont ils ont réussi ces dernières années à diffuser et imposer des grilles de lecture elle a été extrêmement forte par exemple sur la question de l'insécurité sur la question du chômage mais elle nous enfin quand vous disiez oui comment ça se fait que dans ma famille les gens se mettent à voter d'extrême à voter extrême droite mais en fait c'est quand même je pense au travail de Claire seay par exemple sur TPMP le le matracage de la grille de lecture d'extrême droite elle est quand même enfin elle est hallucinante et elle est surtout très nouvelle et par ailleurs encore une fois cette grille de lecture d'extrême droite s'impose parce qu'elle est très diffusée dans les médias et aussi parce que on vit pas seul en France c'est-à-dire que autour de nous il y a des pays qui sont maintenant dirigés par l'extrême droite et où ça se passe alors ça se passe mal mais ça se passe en Italie par exemple voilà Donald Trump quand Donald Trump a été élu tout le monde s'est dit ça y est c'est la catastrophe les États-Unis vont s'effondrer et cetera ça s'effondre pas puis on va peut-être même en reprend en reprendre pour un pour un tour pardon bon donc tout ça pour dire que le c'est ça aussi qui participe à rendre cette normalisation et surtout à imposer cette grille de lecture mais si du coup on se pose la question de que faire pour pour pour rendre ce mouvement réversible bon évidemment je suis tout à fait d'accord avec Félicien c'est un processus historique en plus c'est quand même un processus très récent donc il y a enfin évidemment que enfin comme tout processus social et historique bah il est réversible dans des conditions sociales et historiques mais c'est quand même intéressant de regarder comme le FN comme le RN anciennement FN s est extrêmement bien pris dans cette question de bataille des idées ils ont quand même commencé par exemple sur Internet on a vu àarî toutes sortes de youtubeurs et de youtubeuses qui défend alors je sais pas si vous regardez YouTube mais enfin qui défendent des idées d'extrême droite ils ont réussi à reprendre les questions féministes à travers le groupe Nemesis qui s'est mis à reprendre l'idée que pour être véritablement féministe pour être en sécurité et cetera donc ils ont typiquement les expériences d'insécurité que toutes les femmes font ou les expériences d'inquiétude de la violence masculine que qui qui sont très partagé parmi les femmes elles ont été reliées à une nouvelle grille de lecture qui n'était pas des problèmes de relation homme-femm mais des problèmes encore une fois de combat civilisationnel du fait que une nouvelle culture qui voudrait dominer les femmes et cetera bon donc ils ont réussi sur plein de thèmes à retourner euh les expériences dans le sens en les associant à une nouvelle encore une fois grille de lecture et ça a commencé moi j'ai trouvé ça très net sur Internet l'apparition de plein d'influenceurs d'extrême droite c'est ensuite arrivé dans les grands médias avec des gens comme enfin avec des émissions comme TPMP et cetera et donc qu'est-ce qu'on peut faire en face la même chose et j'ai l'impression d'ailleurs que c'est un petit peu quand même ce que fait la France insoumise en créant des médias autonomes en créant un en créant la boessique et un endroit du coup où on peut réfléchir autrement et où on essaie de diffuser d'autres grilles de lecture et d'autres idées en fait en voilà en tout cas juste les observer ce qu'ils ont fait et dans le temps très court dans lequel ils ont réussi à le faire je trouve donne beaucoup de perspective en fait on peut du coup faire la même chose le point où on est un petit peu plus perdant que structurellement c'est que évidemment quand un quand une organisation enfin pour qu'une organisation politique se développe et réussissent à imposer encore une fois sa grille de lecture les soutiens financiers sont quand même décisifs et c'est vrai que une jonction donc ce qui a quand même accéléré le développement pour moi du RN c'est le fait que tout d'un coup il y a un soutien patronal et donc énormément de moyens financiers qui soit qui soit disponible et c'est sûr queon ne voit pas trop comment créer une jonction avec des fractions patronales euh voilà pour un programme de gauche donc il va falloir fonctionner avec moins de sous ça c'est certain on a le temps encore de faire une salve de questions donc je vais vous demander d'être extrêmement concis pour qu'on puisse prendre le maximum de questions merci bonjour Félicien alors moi j'ai lu ton bouquin je me permets je te tutoire et j'habite dans le sud-est mais ça fait pas longtemps que j'y habite je viens du pcalet dans le bassin minier j'ai grandi là-bas Montin Goel noo ah pardon en bon Noyel Godo montinang j'ai grandi exactement un Noyel sous lance et moi j'ai vu cette évolution en fait alors mon papa était mineur j'ai grandi dans un coron dans une Maison des Mines et c'est une région qui est historiquement à gauche les terardes de Maurice Torz et c'est une région dont la population n'a pas changé encore aujourd'hui quand j'y vais c'est des ouvriers c'est des gens qui sont pas racistes et pourtant le Front national fait 55 56 %. et il y a une déception de la gauche de la Doche qui a été discriminante qui a été démago qui a mal géré euh aujourd'hui il y a un maireumon qui est Steve briwaa qui est pas du tout un notable qui vient des classes populaires qui plaît aux gens les gens il a été réélu ça marche bien voilà est-ce qu'on est pas un peu dans le déni la gauche aujourd'hui c'est pas une question piège je la posé comme ça et Marlen une deuxième question Charles Gave il traîne beaucoup sur Instagram il fait des petites Charles Gave c'est un libertarien il a un fond de il a un fond d'investissement c'est un soutien de Zemour du RN il fait beaucoup de petites vidéos sur Instagram qui durent une minute 30 secondes raconte des inepties mais qui ont l'air d'être du bon sens et beaucoup de gens même moi j'ai des potes qui sont ouvriers qui sont chauffeurs de bus qui sont au chômage mais tu as pas vu Charles Gave là ce qu'il a raconté c'est génial comment on fait pour lutter contre ça merci oui bonjour moi je viens du département de la Mayenne dans le nord-ouest de la France c'est un département très rural qui a quand même des entreprises qui fonctionnent bien par exemple Lactalis belle tous les fromages baby Bell les moulages PL plastique de l'Ouest et c'est un département qui a un des plus faibles taux de fromage de chômage pardon de France ouais fabrique de fromage oui euh on a peu d'immigration heureusement que d'ailleurs qu'on a des travailleurs immigrés parce que pour citer l'entreprise belle la moitié des salariés sont des immigrés et s' n'y avait pas les travailleurs immigrés elle fermeraiit la porte et malgré ça on voit un vote RN et notamment dans la zone de recrutement de l'entreprise belle qui monte à 50 % avec ce discours j'aime pas les Arabes bah oui mais sans les Arabes tu aurais plus ton boulot et on n'arrive pas à casser ce vote terraine alors que on n pas de problème d'insécurité de la part de des immigrés enfin c'est très très marginal on a pas de problème de chômage le problème que nous avons c'est la désaffection des services publics mais ça ça vient de l'État on a le trème désert médical de France on a vu disparaître en 20 ans quasiment tous les services publics et ça ça n'a aucun rapport avec l'immigration alors comment est-ce qu'on peut faire pour lutter contre ce vote d'extrême droite dans ces conditions alors il y a monsieur qui depu tout à l'heure la la main je suis désolée arbitraire je lève la mainis bonjour mais merci à merci à tous les trois pour vos pour votre présentation une petite question sur le sujet de l'implantation qui a été évoqué dans le dans le courant de de ton intervention Félicien comme une condition nécessaire mais pas suffisante et pour illustrer ton propos tu as pris l'exemple de l'extrême droite qui effectivement n'a pas besoin d'implantation pour produire des résultats mais si on connecte vos deux interventions est-ce que justement il faut pas déconnecter ce lien entre implantation et résultats électoraux entre l'extrême droite et la gauche est-ce que la gauche n'a pas que ça je vais prendre un exemple très rapide qui ne fait pas une sociologie politique bien sûr mais dans mon coin moi je viens du la deuxème circonscription de l'on dans le sud de lesesson on a des écarts de résultats très tangibles de l'ordre de 5 points voir parfois plus entre les petits villages où il y a une implantation militante où il y a des gens qui au quotidien vont voir bah les habitantes et les habitants avec des lieux de socialisation qui se sont construits parfois sur le long cours et des endroit où globalement on ne voit un militant de gauche que pendant les élections sur ces circonscriptions massives qui font parfois 60 100 120 commune euh est-ce que il y a pas vraiment un écart entre est-ce que l'implantation finalement joue a pas son importance d'où le travail aussi de la France insoumise sur les les permanences qui à mon avis est est déterminant pour la suite alors on va en prendre juste une dernière et ensuite je pense qu'il sera temps de de répondre euh merci beaucoup pour vos analyses il me semble qu'il y a un point qu'on oublie un petit peu je je pense c'est le volet éducation euh de l'école euh moi je suis j'ai été je suis militante pour la Palestine depuis 25 ans j'ai j'ai été je suis frappée euh de voir à quel point les gens adhèrent euh au narratif israélien au au choc des civilisations euh et tout ça en discutant vraiment avec les jeunes sur une base de de de de de néant de connaissance historique et donc là je pense que quand même au niveau de l'éduc enfin est-ce que les gens adhérrait à ces théories s'ils avaient un petit peu plus de voilà je pense que l'éducation nationale laisse de côté pas mal de gens euh merci beaucoup je suis désolée pour toutes les questions qu'on pourra pas prendre mais pour que les intervenants puissent répondre il va falloir queon ferme les questions pour le moment vous pourrez potentiellement venir à la fin pour parler avec les intervenants euh merci beaucoup pour toutes ces questions je vais peut-être bon fonctionner par grapp à nouveau euh peut-être rebondir sur enin beumont euh avec Steve rois effectivement qui est donc et bomon c'est vraiment quelque chose qui est bah beaucoup mis en avant à raison aussi par le rassemblement national mais effectivement on a Steve ris plutôt issu des milieux populaires qui a fait un travail de terrain très très très important et qui a du coup conquis en bumont qui du coup est une une une municipalité où les scores du RN sont vraiment fantastiques pour pour ce parti et où il est élu dès dès le premier tour j'aimerais juste mentionner que peut-être quand on regarde la la la la Big Picture en fait en fait enimbomon c'est peut-être une exception vis-à-vis du rassemblement national c'est-à-dire que au niveau de l'implantation locale et du travail de terrain qui permet l'élection municipale en fait quand on regarde les mairies qui ont été gagnées en 2014 par exemple la plupart c'est sur des quadrangulaires des triangulaires et en fait le RN le FN à l'époque il passe vraiment de justesse un peu par hasard et par contre une fois qu'il est au pouvoir là ils sont élus dans leur majorité en 2020 souvent dès dès le premier tour donc ça c'est peut-être une leçon plus générale c'est que le RN l'extrême droite peut arriver au pouvoir un peu par les fraction un peu au hasard et par contre une fois qu'il détient l'exécutif il arrive à solidifier ses électorats et à y rester et par ailleurs sur l'origine populaire de Steve Bria là aussi bon il faudrait qu'on fasse davantage d'enquête un peu comparé entre les partis politiques mais il semble qu'effectivement il y a un peu plus d'employés par exemple parmi les élus donc de classe populairire parmi les élus représentants du RN que dans les parties de gauche mais là encore faut bien comprendre que le RN c'est un parti ouvrier malgré lui en fait c'estàd qu'il a pas du tout de politique interne de promotion des classes populair et c'est même plutôt l'inverse c'est le RN c'est un parti qui est greffé à l'appareil médiatique et à la volonté de paraître crédible respectable professionnalisé et donc toutes les promotions qui ont lieu en interne c'est des transfuges de de de de parties et en fait surtout c'est des personnes qui sont très diplômées qui sont professionnalisé c'est eux qui montent le plus rapidement au sein du rassemblement national beaucoup plus que les classes populaires donc c juste sur ce point peut-être insister là-dessus on n'est pas du tout dans le cas du du PCF des années 70 par exemple où il y avait une promotion délibérée des classes populaires au sein de l'appareil partisan eu et enfin sur peut-être sur l'aspect éducation et aussi est-ce qu'on a pas que ça effectivement l'implantation en gros l'implantation militante le travail de terrain le travail de mobilisation dans la rue les manifestations ça aussi c'est quelque chose sur l'extrême droite bon faudrait voir quelles époques mais était est moins à l'aise sur le le le le les combats des mouvements sociaux dans dans la rue euh il y a aussi quelque chose qu'on a quand même la gauche c'est ce que j'ai mentionné un peu tout à l'heure le le pouvoir culturel c'estàd que ça dépend là aussi faudra différenciés mais quand même l'éducation la culture le les les les groupes intellectuels c'est quelque chose que la gauche possède encore et qui rend fou l'extrême droite de ne pas avoir accès justement à ces à ces espaces là avec beaucoup de ressentiments vis-à-vis de des universitaires des intellectuels et cetera et cetera donc ça c'est quand même quelque chose un pouvoir qui est conséquent dans notre société et qu'il faut pas négliger avec par contre un un un retour de bâton potentiel c'estàdire que moi ce que je retrouve beaucoup dans mon terrain c'est à quel point justement c'est des personnes les électeurs du RN c'est des personnes qui ont des trajectoires scolaires compliquées et qui développent des formes de ressentiment vis-à-vis de l'ordre scolaire et notamment vis-à-vis bah de ce que du fait que la culture c'est aussi un pouvoir et c'est aussi un pouvoir stigmatisant classant et avec tout un ensemble du coup de ressentiment vis-à-vis de l'ordre professoral des postures professorales et et de voilà et une certaine lucidité sur ce que c'est que la violence symbolique qui se retrouve qui se retourne ensuite contre les élites médiatiques certaines élites médiatiques certaines élites culturelles et cetera donc on a un peu le ça dépend si on voit le vert à moitié plein ou à moitié vite c'est que la culture c'est un pouvoir potentiellement mobilisable politiquement mais c'est aussi un pouvoir qui est perçu comme tel par une fraction de l'électorat et qui donc peut amener ces individus à ne pas voter pour la gauche et à considérer la gauche comme un ennemi de classe en quelque sorte modalisé par la domination scolaire spécifiquement euh merci Ben juste un tout petit mot je suis je suis d'accord avec ce que tu dis Félicien sur le fait que effectivement les les les il reste encore des groupes sociaux notamment du côté des des dominants culturels et qui qui enfin qui sont plutôt majoritairement j'ai l'impression quand même plutôt majoritairement à gauche après par contre je pense qu'on peut pas mettre dans le même sac les dominants culturels et les dominants médiatiques et justement en fait le cette cette coupure elle existe quand même de plus en plus c'est-à-dire que pour le dire vite les intellot de gauche sont pas aujourd'hui les journalistes mainstream qu'on voit le plus à la télévision ou même les commentateurs mainstream qu'on qu'on verrait le plus à la télévision ou sur des très grosses chaînes sur internet donc euh bon voilà j'ai moi j'ai quand même l'impression que encore une fois en l'absence de de soutien financier majeur en l'absence en fait c'est toute la question de comment est-ce qu'on construit un bloc social qui puisse ensuite gagner des élections et puis qu'il puisse ensuite gouverner un pays et il y a quand même un un effectivement une difficulté structurelle encore une fois de la gauche qui est que on va construire un bloc social en l'absence d'une part des des des plus dominants de notre pays et donc c'est quand même un manque important c'est-à-dire que quand le néolibéralisme crée un bloc néolibéral pour prendre le pouvoir ou quand l'extrême droite essaie de créer un bloc alternatif à ce néolibéralisme pour le prendre aussi et ben ils ont des soutiens quand même extrêmement puissants et financiers extrêmement puissants donc moi j'ai j'ai quand même l'idée que oui à gauche l'implantation locale et territoriale elle est du coup décisive décisive probablement plus que à droite et à l'extrême droite parce qu'encore une fois elle compense aussi l'absence de de soutien majeur et sur le la question des vidéos Instagram de Charles gaveav bah c'est vraiment exactement ce que je disais sur le fait que il faut quand même reconnaître que le RN a été très très fort dans sa capacité à rentrer dans la bataille des idées et puis pas la gagner mais enfin en tout cas acquérir une position centrale dans le débat public et dans les gris de lecture diffusé qui existent qui était pas du tout le cas il y a 10 ans et notamment ils ont été très précoces très rapides et très efficac sur la colonisation d'Internet des réseaux sociaux et cetera et donc je pense que la seule solution c'est que on trouve notre Charles GAV àous pour faire des vidéos Instagram concurrentes et diffuser des des idées alternatives qui du coup pourrai ensuite et on en a déjà bien sûr et qui et qui pourront être vu de la même manière comme des petites pastilles un peu humoristiques et un peu et et voilà qui qui donc qu'il faut faire la même chose mais de l'autre côté quoi je pense qu'on peut prendre une dernière question si quelqu'un les gens qui lèvent la main dep les lunettes noires euh oui oui mais la dame elle avait levé la main juste avant vous la dernière fois allez-y madame je vais faire court mais entre le sud-est et le B decalé il existe un département qui s'appelle la Dordogne et d't je viens qui est un département essentiellement touristique et agricole où le FN a raflé trois trois cantons trois circonscription sur quat hein le C pay t vie qui a qui a gagné à 4e euh ce que je pense moi d'avoir vécu ces derniers temps et depuis le mois de janvier en particulier on n' pas parlé dans du rôle des syndicats et notamment des syndicats agricoles qui ont mené une campagne épouvantable et qui à mon avis dans nos dans nos régions plutôt agricoles on ont gagné des voies comme la la Coordination rurale et pas la Confédération je pense qu'on a beaucoup beaucoup subi cette campagne au moment de au moment du mouvement des agriculteurs et pas des paysans voilà mais on n'oublie pas il faut pas oublier cette aspect là dans le vote Ren puisque nous on a mon village de 2000 habitants qui vote qui passe qui vote Ren c'est pas possible quoi c'est voilà merci beaucoup à ce propos d'ailleurs il y a eu une conférence sur les mobilisations agricoles je ne sais plus exactement quand mais si ça peut répondre aussi à ce genre de à ces questions là qui veut juste sur le rôle des des syndicats moi quelque chose que j'ai l'imession qui sur les questions de de de lutte de classe ou de lutte antiraciste ça c'est d'autant plus efficace au quotidien lorsque ça se passe au sein de relations relativement égalitaires c'estd que le problème de l'antiracistme c'est que si on a l'impression qu'il vient d'en haut notamment des dominants culturels ça peut être vu comme justement une leçon de morale comme quelque chose de moralisateur et cetera et donc si ça se goupie via des relations relativement égalitaires et par exemple des relations professionnelles ça me semble plus efficace et donc là le le le les syndicats ont un rôle particulier à jouer et un rôle assez important d'autant plus que c'est pas seulement de la pédagogie mais c'est aussi des solidarités en action qui peuvent se faire et voilà je vais conclure là-dessus juste un tout petit mot sur le fait que oui le le probablement qu'on pourrait être plus efficace et plus interventionniste sur la sur la question de la ruralité et pour le coup je là c'est peut-être une petite autocritique mais c'est c'est vrai que le dans la grille de lecture que pour le coup la gauche essaie de promouvoir et de diffuser peut-être qu'il y a un petit point aveugle sur la question de la ruralité qui du coup fait qu'on a voilà mais je pense que c'est temporaire bon pour résumer nous avons du pain sur la planche en tant que militant insoumis euh je vous invite à à suivre les toutes les conférences qui sont prévues sur extrême droite il y en aura d'autres cet après-midi notamment sur les médias avec Louis Boyard et puis il y aura la conférence de 13h30 pour présenter l'ouvrage de de l'Institut laboessi et n'hésitez pas si vous voulez poursuivre les discussions avec marlè Benquet Félicien fori merci beaucoup
Gabrielle Cathala