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InterviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 29 février 2020 18 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesSantéInstitutions & électionsSolidarités & famille

Damien Abad : "On n'a pas envoyé un beau symbole hier à la cérémonie des César"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:18OuverteRéponse directe

    Qu'en pensez-vous ?

  • 0:41RelanceRéponse partielle

    Qu'est-ce que vous voulez dire par éviter, c'est-à-dire ?

  • 1:04OuverteRéponse directe

    Damien Abad, approuvez-vous la stratégie du gouvernement face au risque d'épidémie du coronavirus ?

  • 1:46OuverteRéponse directe

    Quelles seraient, selon vous, les bonnes mesures pour éviter la propagation du virus ?

  • 2:28OuverteRéponse directe

    Est-ce que la protection des soignants est-elle suffisante ?

  • 3:09OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il faut être inquiet ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20Invité politiqueFait
    « Oui, je pense que ce n'est pas une belle image et un beau symbole que l'on a envoyé hier soir à la cérémonie des Césars. »
  • 0:43Invité politiqueFait
    « C'est-à-dire que M. Polanski n'est pas le César, tout simplement. »
  • 1:21Invité politiqueFait
    « Oui, qu'il y ait un conseil de défense et un conseil des ministres, ça me semble absolument indispensable. »
  • 1:51Invité politiqueFait
    « Je pense d'abord qu'il faut bien communiquer sur les huit recommandations qu'a fait l'OMS depuis fin janvier. »
  • 2:33Invité politiqueFait
    « Non, parce qu'aujourd'hui, il y a des personnels soignants, des personnels hospitaliers, des médecins généralistes qui n'ont toujours pas les masques FFP2, qui sont des masques protecteurs pour ces professions qui sont à risque. »
  • 3:22Invité politiqueFait
    « Oui, il faut être inquiet. »
  • 4:56Invité politiqueFait
    « Non, parce que le 49.3, c'est le passage en force. »
  • 5:45Invité politiqueChiffre
    « C'est 320 milliards d'euros, c'est 15% du produit intérieur brut. »
  • 6:46Invité politiquePromesse
    « En repoussant l'âge légal. »
  • 7:02Invité politiquePromesse
    « On repousse l'âge légal à 64 ans dans 8 ans, à 65 ans dans 12 ans, en fonction de l'espérance de vie en bonne santé. »
  • 9:20Invité politiqueFait
    « Non, mais je comprends pourquoi il dit ça. Parce qu'il ne veut surtout pas qu'on regarde les résultats des élections municipales. »
  • 9:33Invité politiqueFait
    « C'était une circulaire qui visait tout simplement à ce qu'on ne mette pas de nuançage politique pour les communes de moins de 9000 habitants. »
  • 13:22Invité politiqueChiffre
    « 80% des Français ne veulent pas du duel entre Mme Le Pen et M. Macron. »
  • 13:46Invité politiqueFait
    « Eh bien, que ce sont encore les Français qui vont trinquer. Que la grève a un coût. »
  • 14:00Invité politiqueFait
    « En renforçant le service minimum dans les transports. »
  • 14:09Invité politiqueFait
    « Eh bien, ça veut dire, contrairement, qu'aux heures de pointe, on doit assurer un train sur trois. »
  • 14:50Invité politiqueFait
    « Bien sûr, puisque je suis porteur moi-même d'une de ces maladies. »
  • 15:39Invité politiqueChiffre
    « Il y a 97% du métro parisien qui n'est pas accessible aux personnes handicapées. »
  • 15:42Invité politiqueChiffre
    « Il y a 800 000 logements en France qui ne sont pas accessibles aujourd'hui. »

Temps de parole

  • Damien Abad73 %
  • Présentateur20 %
  • Locuteur non identifié7 %

4,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Notre invité, Damien Abad, député Les Républicains de l'Inde, président du groupe LR à l'Assemblée Nationale. Bonjour. Bonjour. D'abord un mot de la cérémonie des Césars hier soir. Roman Polanski, César de la meilleure réalisation pour J'accuse, et l'actrice Adèle Haenel qui quitte la salle en disant la honte. Qu'en pensez-vous ?

0:20
Damien Abad

Oui, je pense que ce n'est pas une belle image et un beau symbole que l'on a envoyé hier soir à la cérémonie des Césars. Je pense qu'on aurait pu éviter cette polémique et que finalement, j'ai senti le malaise qu'il y avait, notamment chez Florence Foresti, chez beaucoup de femmes présentes dans la salle, et je pense qu'on aurait pu éviter cette fracturation encore de la société française et cette polémique inutile. Qu'est-ce que vous voulez dire par éviter, c'est-à-dire ? C'est-à-dire que M. Polanski n'est pas le César, tout simplement.

Après, c'est un choix des professionnels, mais je crois qu'effectivement, dans le moment actuel, il faut en tout cas veiller à ce qu'on ne crée pas encore plus, je dirais, de tensions que ce qu'il existe déjà.

1:04
Présentateur

Damien Abad, approuvez-vous la stratégie du gouvernement face au risque d'épidémie du coronavirus ? Un conseil de défense ce matin, puis un conseil des ministres exceptionnel.

1:16
Damien Abad

Oui, qu'il y ait un conseil de défense et un conseil des ministres, ça me semble absolument indispensable. Je crois qu'aujourd'hui, il faut que tout le monde prenne la mesure et l'ampleur de cette épidémie qui pourrait se répandre en France de manière très importante. On a nous-mêmes rencontré le Premier ministre, le ministre de la Santé et des Solidarités, cette semaine, et je crois effectivement qu'il y a une inquiétude réelle. Il y a une prise de conscience qui est là, c'est tant mieux. On peut peut-être regretter un défaut d'anticipation sur un certain nombre de points, mais en tout cas, il y a une prise de conscience aujourd'hui.

1:46
Présentateur

Quelles seraient, selon vous, les bonnes mesures pour éviter la propagation du virus ?

1:51
Damien Abad

Je pense d'abord qu'il faut bien communiquer sur les huit recommandations qu'a fait l'OMS depuis fin janvier. Il y a bien sûr celle de se laver les mains, mais il y en a d'autres également. Et c'est important que tous les Français aient ce niveau de communication. Ça, c'est un enjeu fondamental. Ensuite...

2:05
Locuteur non identifié

Il faut un principe de précaution sur tout le territoire. Un principe de précaution sur tout le territoire.

2:08
Damien Abad

Ce qu'on a demandé d'ailleurs avec François Baron et Gérard Larcher au Premier ministre, c'est qu'il y ait un protocole dans ce principe de précaution qui soit coordonné, pour qu'on évite des décisions qui soient finalement désordonnées et qui inquiètent les Français. Si un maire prend une telle décision, un autre une autre...

2:22
Locuteur non identifié

Donc un protocole commun à l'ensemble des maires.

2:24
Damien Abad

Exactement. Et ça, c'est fondamental pour bien comprendre et analyser la situation.

2:28
Présentateur

Est-ce que la protection des soignants est-elle suffisante ?

2:33
Damien Abad

Non, parce qu'aujourd'hui, il y a des personnels soignants, des personnels hospitaliers, des médecins généralistes qui n'ont toujours pas les masques FFP2, qui sont des masques protecteurs pour ces professions qui sont à risque. Et donc, bien entendu, il faut renforcer leur protection. C'est des personnels hospitaliers qui sont souvent aussi, parfois, soumis à eux-mêmes, dans des conditions pour l'hôpital public que tout le monde connaît, qui sont des conditions extrêmement difficiles, où les urgences sont saturées partout dans notre pays.

Et donc, c'est cette réalité-là qui risque de rendre difficile, si l'épidémie se répand, et bien, tout simplement, la gestion et la capacité à assurer les soins pour tout le monde.

3:09
Présentateur

Est-ce qu'il faut être inquiet ? Parce que le monde hospitalier dit sa colère depuis des mois, manque de moyens, disent les responsables et les dirigeants du monde hospitalier. Et là, il va falloir faire face, sans doute, à un surcroît de travail.

3:22
Damien Abad

Oui, il faut être inquiet. Vous savez, j'ai encore eu une expérience hier soir, où j'ai vu une saturation des urgences, des situations extrêmement complexes, où parfois, ce sont des familles qui sont obligées de ramener des personnes qui font des malaises parce qu'il n'y a plus d'ambulance pour le faire, où certains partent des blocs avec des blouses de blocs, et non plus avec leurs habits. C'est cela qui est en train de se passer aujourd'hui dans nos urgences. Et donc, oui, il y a une crise des urgences majeures. En plus, on est en pleine période d'épidémie de grippe.

Et donc, si on se retrouve avec l'épidémie du coronavirus, qui est le cas actuellement, forcément, il y a un risque d'engorgement des urgences. Quand on sait que la plupart des cas contaminés, c'est le cas en Chine, sont contaminés à l'hôpital, forcément, il y a des interrogations.

4:06
Présentateur

Est-ce que vous craignez une récession, un séisme financier, comme en 2008, à cause de cette crise sanitaire que nous vivons actuellement ?

4:15
Damien Abad

Tout dépend de l'ampleur et de la durée de cette crise sanitaire. On voit déjà que l'économie chinoise est touchée, on voit que la bourse de Paris s'est effondrée. Maintenant, la question que l'on a, c'est qu'on ne sait pas la durée, la saisonnalité, et le moment où le pic sera fait en France ou pas. Et c'est cette durée qui peut affecter, effectivement, l'économie française. S'il y a des événements qui sont annulés, des organisations qui sont remises en col, du recuse, du tourisme, des commerces qui ont des difficultés, et forcément, ça aura un impact sur l'économie française.

4:44
Présentateur

Damien Abad, le gouvernement doit-il utiliser l'article 49.3 de la Constitution pour sortir de la bataille des milliers et milliers d'amendements à l'Assemblée nationale sur la réforme des retraites ?

4:56
Damien Abad

Non, parce que le 49.3, c'est le passage en force. Le 49.3, c'est voter un texte qui ne serait pas financé, qui ne serait pas complet. Et le 49.3, c'est un déni de démocratie, c'est remettre en cause, tout simplement, les droits du Parlement. Le gouvernement avait une autre possibilité, c'était le temps législatif programmé qui permet de réguler le nombre d'heures de débats et qui a évité cette obstruction parlementaire tout aussi inacceptable de la part de la France insoumise.

5:17
Locuteur non identifié

Le spectacle de ce qui se passe en ce moment est désolant ?

5:20
Damien Abad

Totalement désolant, affligeant et irresponsable. On est en pleine crise sanitaire. Et qu'est-ce que les Français voient ? Eh bien, un certain nombre de députés de la France insoumise qui jouent à l'obstruction parlementaire et de l'autre, un gouvernement qui est pris en étau parce qu'il n'a pas pu utiliser ce temps législatif programmé que la réforme constitutionnelle de 2008 permet. Et donc, on a un blocage à l'Assemblée nationale alors même qu'on devrait avoir un vrai débat de fonds sur les retraites. On voit bien que c'est un sujet majeur. C'est 320 milliards d'euros, c'est 15% du produit intérieur brut.

Et donc, forcément, ça intéresse les Français et forcément, ça mérite un débat de fonds. C'est en tout cas ce qu'on essaye de faire, nous, chez Les Républicains, avec Éric Wirt, avec tous nos porte-paroles, Stéphane Viry et orateurs. Et je crois que c'est important.

5:59
Présentateur

Mais que doit faire le gouvernement ?

6:01
Damien Abad

On lui a fait une proposition très concrète. On a proposé, et j'ai proposé au Premier ministre, de redéposer un texte en temps législatif programmé. Une fois que la conférence de financement sera passée, ce qui permettra d'avoir un texte complet, financé en temps législatif programmé. Et ce texte, il pourrait être adopté avant l'été. Et la date d'endrée en vigueur de la réforme au 1er janvier 2022 ne changerait absolument pas.

6:21
Locuteur non identifié

C'est-à-dire une fois qu'on aura les solutions financières ?

6:23
Damien Abad

Oui. Parce qu'aujourd'hui, on discute d'un texte à trous, incomplet, sans voler financement. C'est comme demain, si vous dites, je vais acheter une voiture, je connais toute cette voiture, sauf le montant, sauf le prix. Eh bien, c'est la même chose. Eh bien, je pense qu'aujourd'hui, ça mérite un débat clair et financé avec les conclusions de la conférence de financement.

6:38
Présentateur

Damien Abad, mais alors, comment, selon vous, équilibrer financièrement le système de retraite d'ici à 2027 ?

6:46
Damien Abad

En repoussant l'âge légal. Et il faut l'assumer ensemble. Parce que si on ne repousse pas l'âge légal, on va baisser les pensions des retraités, ou alors on va augmenter les cotisations, et donc les impôts sur les Français. Et c'est déjà ce qui est en train de se passer. La hausse des cotisations sur les professions libérales, les professions indépendantes, les agriculteurs. Nous, on ne veut pas de ça. On dit aux Français, on repousse l'âge légal à 64 ans dans 8 ans, à 65 ans dans 12 ans, en fonction de l'espérance de vie en bonne santé. Ce qui est d'ailleurs déjà le cas pour bon nombre de Français, je pense notamment aux avocats, mais pas seulement.

Et en échange de quoi, ces 30 milliards d'euros nous permettent de financer les petites retraites, nous permettent de prendre en compte les carrières longues et la pénibilité au travail.

7:21
Présentateur

Damien Hamad, le procès Fillon, en ce moment, en octobre, Nicolas Sarkozy en justice pour l'affaire Bismuth, est poursuivi pour corruption active et trafic d'influence, puis il comparaîtra, Nicolas Sarkozy, pour l'affaire Big Malion, financement illégal de campagne électorale. Ces procès visant des figures historiques de votre parti, comment les vivez-vous ? Sont-ils dangereux pour l'image de votre parti, les Républicains ?

7:47
Damien Abad

D'abord, je veux rappeler que ni Nicolas Sarkozy, ni François Fillon ont été condamnés. Ils sont en procès, il y a une présomption d'innocence qui est là, il y a la justice qui est en place. Moi, je fais confiance à la justice de mon pays, et on verra le résultat final. Ce que je constate aussi, est-ce que c'est ensuite un sujet politique pour la droite ? Bon, François Fillon était très clair. Il a dit qu'il avait quitté la vie politique française, et du moment qu'il a quitté la vie politique française, c'est plus un sujet pour les Républicains, en tout cas un sujet politique en tant que tel pour les Républicains.

Voilà, donc ensuite, je pense que c'est un homme blessé qui veut laver son honneur, à travers ce procès, c'est tout à fait respectable, voilà, mais c'est quelque chose maintenant qui le concerne, j'ai envie de dire personnellement, en tant que tel.

8:24
Présentateur

Vous, en tant que jeune député à l'Assemblée nationale, vous souhaitez oublier ces grands noms de votre parti ? Fillon, Sarkozy ?

8:33
Damien Abad

Non, je ne souhaite pas les oublier, parce que je n'oublie pas François Fillon, Premier ministre, François Fillon qui a eu cette promesse de chef d'État, et qui a porté un projet présidentiel. Je n'oublie pas Nicolas Sarkozy qui a été président de la République, le président de la défiscalisation des heures supplémentaires, le président qui a permis d'éviter une crise financière majeure en France, le président aussi qui a sauvé les infirmières bulgares, il y a aussi ceux-là.

Et je ne veux pas oublier ce bilan présidentiel-là, et non, moi je ne suis pas de ceux qui renient notre famille politique et qui jetteraient aux orties celles et ceux qui, à un moment donné, ont participé à la vie politique française, et je pense que ça mérite aussi une certaine réhabilitation, notamment du bilan de Nicolas Sarkozy.

9:09
Présentateur

Je considère que les élections municipales, ce n'est pas une élection nationale. Propos d'Emmanuel Macron. A-t-il raison ?

9:18
Damien Abad

Non, mais je comprends pourquoi il dit ça. Parce qu'il ne veut surtout pas qu'on regarde les résultats des élections municipales. Et tout ceci depuis le début. Regardez la circulaire Castaner, elle a été faite pour 96% du territoire, et 53% des électeurs ne soient pas concernés lors du premier tour des élections municipales.

9:32
Présentateur

Rappelez-nous cette circulaire.

9:33
Damien Abad

C'était une circulaire qui visait tout simplement à ce qu'on ne mette pas de nuançage politique pour les communes de moins de 9000 habitants. Ça veut dire 53% des électeurs qui sont sortis. Ça a été modifié. Grâce à nous, parce que nous avons gagné ce recours-là. Mais la vérité, c'est qu'il y aura une lecture politique des élections municipales. Et il y aura forcément des gagnants et des perdants dans cette élection municipale. Et l'ancrage territorial, il est fondamental. Et M. Emmanuel Macron ne pourra pas enjamber ces élections municipales comme il le souhaite trop souvent.

9:58
Locuteur non identifié

Mais c'est peut-être la moins politique des élections tout de même, non ?

10:02
Damien Abad

Certainement que c'est la plus locale des élections, bien entendu. Et personne ne remet en cause cela. D'ailleurs, tous les maires sortant, mais reconnaissons que nous avons aujourd'hui 15 villes de plus de 100 000 habitants détenues par les Républicains. Nous avons un tiers des villes de plus de 10 000 habitants. Et que donc, nous avons ce terreau, ce réseau. Et nous, c'est très important qu'on soit ce parti des territoires et que ce soit aussi, j'ai envie de dire, un nouveau départ aussi pour la droite française.

10:25
Présentateur

Rachida Dati, soutenu à Paris par François Baroin, Nicolas Sarkozy et même Xavier Bertrand, qui a pourtant quitté votre parti, les Républicains. C'est la bonne stratégie, selon vous, pour peut-être d'autres scrutins ?

10:39
Damien Abad

En tout cas, j'y vois un double signal positif. D'abord, le premier, c'est qu'on est capable de se rassembler. Tous. Et vous voyez, de Xavier Bertrand, effectivement, à François Baroin, tout ceci nous montre cette capacité et cette ambiance. Et le deuxième message positif, c'est la campagne dynamique de Rachida Dati. C'est qu'aujourd'hui, elle est en capacité de gagner Paris. Elle l'est d'autant plus que nous avons une ancienne ministre de la Santé qui, je pense, est décrédibilisée dans cette campagne où elle ne voulait pas être candidate. Et nous avons une maire sortante qui a un bilan désastreux et que donc, Rachida Dati peut incarner cette alternance politique ici à Paris.

11:11
Présentateur

Xavier Bertrand qui soutient Rachida Dati. Il ira aujourd'hui à Marseille soutenir la candidate LR Martine Vassal. Avez-vous le sentiment qu'il vous fait du charme, Xavier Bertrand, pour avoir votre soutien s'il est candidat à la présidentielle de 2022 ?

11:26
Damien Abad

Non, j'ai surtout le sentiment que les liens de confiance sont renoués. Il a participé à une colloque que nous avons tenue sur les retraites à l'Assemblée nationale. Il a apporté son expertise en tant qu'ancien ministre. Aujourd'hui, il apporte son soutien à des candidats comme Martine Vassal qui fait preuve de beaucoup de courage et dont d'ailleurs les menaces et les insultes sont absolument insupportables dans cette vie politique française. Mais en tout cas, moi je trouve que c'est une belle image. C'est bien, Xavier Bertrand comme d'autres, qui aujourd'hui participent cela. On a des candidats, Rachida Dati et Martine Vassal, dans les deux premières villes de France.

D'abord un qui sont des femmes courageuses, combatives et qui ont envie de gagner.

11:58
Locuteur non identifié

Mais vous semblez discrédité, si vous me permettez le terme Agnès Buzyn. Est-ce que finalement, elle n'est pas une adversaire plus dangereuse pour Rachida Dati que l'était Benjamin Griveaux ?

12:06
Damien Abad

Eh bien, vous voyez, je ne crois pas. Parce que quand on quitte le ministère de la Santé en pleine crise sanitaire, je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur moyen de gagner les élections. Je sais que ce n'est pas forcément de son fait, que c'était une demande du président de la République. Ça montre quoi ? Ça montre que l'intérêt partisan l'emporte sur l'intérêt général. Et les Parisiennes et les Parisiens, ils veulent un maire qui porte l'intérêt général et pas l'intérêt partisan.

12:29
Présentateur

Damien Hamad, le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale. Je vous parlais de 2022, la présidentielle. Vous, vous avez déjà un favori, un personnage qui serait pour vous le bon candidat pour l'emporter en 2022 ?

12:42
Damien Abad

Non, parce que ce n'est pas pour faire la langue de bois, mais c'est parce que c'est trop tôt. Parce qu'ensuite, il faut qu'on évite cette compétition interne, personnelle, qui fait que ça nous divise toujours et encore. Bien sûr que je mesure bien que l'élection présidentielle, c'est l'incarnation d'un homme ou d'une femme avec un peuple. Mais aujourd'hui, il faut se reconstruire pied à pied. Pour nous, c'est d'abord l'étape des élections municipales. Ensuite, nous aurons les sénatoriales, qui sont très importantes parce qu'on doit conserver le Sénat avec Gérard Larcher et Bruno Rotaillot. Et ensuite, viendra le temps... On n'aura pas de bûle ce matin.

Non, mais parce que ça ne sert à rien, on n'est pas dans un casting politique. Tout dépendra des circonstances et de la manière dont on pourra porter notre projet politique. Ce que je souhaite, en tout cas, c'est qu'on ait un candidat à l'élection présidentielle. C'est fondamental pour la droite française. Et c'est fondamental qu'on desserre les taux. 80% des Français ne veulent pas du duel entre Mme Le Pen et M. Macron. Et on doit entendre cela.

13:28
Présentateur

La SNCF, dans le rouge, perte nette de 801 millions d'euros en 2019 contre un bénéfice de 141 millions d'euros en 2018. Conséquence de la grève contre la réforme des retraites. Que vous inspire ce chiffre, cette perte nette de 801 millions d'euros ?

13:46
Damien Abad

Eh bien, que ce sont encore les Français qui vont trinquer. Que la grève a un coût. Et que, surtout, il est grand temps, aujourd'hui, de sortir de ces difficultés-là. Comment ? D'abord, en renforçant le service minimum dans les transports. Je pense qu'aujourd'hui, on a une loi qui avait été portée, d'ailleurs, par Valérie Pécresse et Nicolas Sarkozy. Il faut certainement la densifier. Ensuite, il faut aussi une évolution...

14:08
Présentateur

La densifier, ça veut dire quoi ?

14:09
Damien Abad

Eh bien, ça veut dire, contrairement, qu'aux heures de pointe, on doit assurer un train sur trois. Je pense que c'est digne d'un pays moderne. Et c'est ce qui se fait dans beaucoup de pays européens. Et je pense que les Français et les usagers n'ont pas à être pris en otage d'une grève qui les dépasse.

14:22
Présentateur

Patricia Martin.

14:23
Locuteur non identifié

Damien Hamad, c'est aujourd'hui la journée internationale des maladies rares, avec des actions de sensibilisation un peu dans le monde entier. En France, 3 millions de personnes sont touchées, c'est-à-dire une personne sur 20. Et le 4 mars, c'est-à-dire dans pas très longtemps, il y aura une convention réunissant d'ailleurs des associations de personnes en situation de handicap. Qu'est-ce que vous pensez de la loi handicap 2020 ?

14:46
Damien Abad

D'abord, je pense que c'est très important de parler des maladies rares, qui sont souvent méconnues en France.

14:50
Locuteur non identifié

Que vous, vous connaissez bien, à titre personnel.

14:53
Damien Abad

Bien sûr, puisque je suis porteur moi-même d'une de ces maladies. Je crois que c'est important qu'on puisse les faire connaître, porter ces 4 millions de personnes, vous l'avez dit, et pour faire avancer tout simplement la recherche, ce qui est fondamental. Il faut des moyens pour ça ? Il faut des moyens, bien entendu, et une volonté politique. En ce qui concerne la loi handicap, moi, ce que je souhaite surtout, c'est qu'on ait un réflexe handicap dans chaque loi. Le premier geste que j'ai fait quand je suis arrivé à l'Assemblée nationale en 2012, c'est de présenter une proposition de loi qui dit que dans chaque loi, on doit avoir un volet handicap.

Que ce soit une loi sur l'école, sur la santé, sur la mobilité, sur les transports.

15:25
Locuteur non identifié

La mobilité, c'est presque la première des choses.

15:27
Damien Abad

Fondamental. Et le plus gros scandale en France, c'est l'inaccessibilité des lieux publics, des bâtiments, des métros.

15:33
Locuteur non identifié

A Paris, je crois qu'il n'y a qu'une seule ligne de métro qui est totalement accessible. Exactement, c'est la ligne automatisée.

15:39
Damien Abad

Il y a 97% du métro parisien qui n'est pas accessible aux personnes handicapées. Il y a 800 000 logements en France qui ne sont pas accessibles aujourd'hui. Et c'est cela qui est un scandale. Et c'est cela qu'il faut dénoncer. Et surtout, c'est cela qu'il faut corriger. Mais ça nécessite des moyens financiers. Ça nécessite que le handicap soit une grande cause nationale. Ça nécessite que sur les territoires aussi, on puisse porter partout des plans handicap d'accessibilité. Beaucoup de communes ont fait d'ailleurs des efforts, y compris des petites communes rurales. Et donc aujourd'hui, on parlait de la SNCF tout à l'heure.

Moi, j'attends de la SNCF, de la RATP, de ces grandes entreprises de transport public, qu'elles portent cela. Il y a encore trop de gares inaccessibles en France.

16:11
Locuteur non identifié

Mais vous, vous ne vous êtes jamais considéré comme personne en situation de handicap, puisque maintenant, c'est comme cela qu'il faut dire, et pas handicapé. Et notamment, vous avez toujours, je l'ai lu, refusé des colonies de vacances pour handicapé.

16:24
Damien Abad

Non, mais j'essaye juste de ne pas être enfermé dans cela, parce que je crois que la meilleure manière de défendre la cause des personnes handicapées, c'est qu'une personne handicapée, elle puisse parler de tous les sujets, et que tout le monde puisse parler du handicap. Ce n'est pas le combat des personnes handicapées contre tous, c'est le combat de tous pour les personnes handicapées. C'est ça, une approche inclusive et décloisonnée du handicap.

16:46
Présentateur

Qu'avez-vous pensé des mesures annoncées pour les handicapés, tout récemment, par Emmanuel Macron, au début du mois de février ?

16:55
Damien Abad

Bon, ce sont des mesures qui font dans le bon sens. Simplement, il faut qu'elles soient bien appliquées. Je partage l'idée que la scolarisation des enfants handicapés est une priorité absolue, que le droit à l'éducation doit être un droit absolu. Simplement, aujourd'hui, il faut des moyens. Ça veut dire des auxiliaires de vie scolaire, ça veut dire une formation pour les enseignants, une sensibilisation également du public non handicapé quand ils se retrouvent face à des élèves handicapés dans une même classe. C'est ça que ça veut dire. Donc, oui, sur les paroles, sur les intentions, bien entendu. Maintenant, sur les actes, pour le moment, le compte n'y est pas.

Parce que j'ai le souvenir de la loi Allure, où on a eu de moins en moins de logements inaccessibles. J'ai le souvenir des débats qu'on a eus sur la prestation du handicap, sur l'allocation adulte handicapé, et la prise en compte du conjoint, des revenus du conjoint ou pas. Donc, j'ai le souvenir de ce qui s'est passé encore récemment dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Nous, maintenant, on attend des actes, vous savez, on attend des preuves d'amour, c'est ça l'enjeu fondamental.

17:45
Présentateur

Les Républicains Delin est président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale, était l'invité de France Inter. Merci beaucoup. Merci.