Dermatose bovine: la prise de parole en intégralité d'Annie Genevard, ministre de l'Agriculture
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Mesdames, Messieurs, le gouvernement a décidé d'annoncer l'accélération de la vaccination généralisée des bovins dans le sud-ouest. A ma demande, le Premier ministre a organisé aujourd'hui deux réunions de crise exceptionnelles pour faire face à l'arrivée de la dermatose nodulaire contagieuse dans le sud-ouest. C'est la raison pour laquelle nous voulons accélérer la vaccination et renforcer les mesures pour la rendre plus rapidement efficace. Tout d'abord, je voudrais dire que le Premier ministre a nommé un préfet coordonnateur qui sera chargé de mettre en œuvre le déploiement de la vaccination dans chacun des départements.
A la fois dans les zones réglementées et dans le cordon sanitaire que nous avons élaboré pour empêcher la DNC de se propager sur l'ensemble du territoire national. Au total, la vaccination concernera les départements de l'Ariège, de l'Aude, de la Haute-Garonne, des Hauts-de-Pyrénées, des Pyrénées-Orientales et ceux du cordon sanitaire, le Gers, l'Hérault, les Landes, les Pyrénées-Atlantiques et le Tarn. Cela concerne 750 000 bovins et nous vous assurerons d'une vaccination la plus rapide possible. Je vais vous donner un exemple, celui du département de l'Ariège. Les 1 000 exploitations de l'Ariège seront intégralement vaccinées au 31 décembre de cette année.
Cette campagne devra mobiliser de façon tout à fait exceptionnelle, outre les vétérinaires des services de l'État, des volontaires, des vétérinaires volontaires, libéraux, retraités, en activité de toute la France, des vétérinaires militaires, et je donnerai la parole à madame la ministre des Armées, et également des élèves des écoles vétérinaires. Les préfets auront la charge de présenter des plans départementaux de vaccination, et ils auront également la charge d'assurer le suivi quotidien sur leur territoire. En matière de logistique, le gouvernement s'engage à faciliter et à accélérer l'accès aux vaccins.
A date, le stock de l'État est de 500 000 doses du ministère de l'Agriculture, et est déjà en cours d'acheminement dans le sud-ouest. Nous avons d'ailleurs commencé à vacciner. Moi-même, j'étais hier dans le département de la Haute-Garonne, et j'ai pu constater la mise en œuvre de la vaccination. Une nouvelle commande de vaccins supplémentaires a été réalisée la semaine dernière. Elle est en cours de conditionnement aux Pays-Bas. Une première livraison de 400 000 doses sera acheminée. Et je vais donner la parole à madame la ministre des Armées, puisque pour ce faire, pour accéder très rapidement à cette commande supplémentaire, le ministère des Armées va nous prêter main-forte.
Madame la ministre.
Merci, madame la ministre de l'Agriculture. Vous l'avez compris, c'est une mobilisation de l'ensemble du gouvernement, et bien évidemment, le ministère des Armées est aux côtés du ministère de l'Agriculture. Deux actions importantes. La première, nous sommes en capacité d'aller chercher effectivement ces vaccins dans les heures qui viennent, pour les acheminer vers le sud-ouest de la France, de façon à répondre à l'objectif qui a été fixé. Donc d'abord, la mise à disposition des vaccins. Et le deuxième élément, ce sont les bras pour vacciner.
C'est la raison pour laquelle nous allons mobiliser le service de santé des Armées, et particulièrement, évidemment, les vétérinaires, qui viendront prêter main-forte aux côtés des différents services du ministère de l'Agriculture, pour être en capacité de vacciner dans les toutes prochaines heures.
Bien, je voudrais évoquer la question des contrôles renforcés pour enrayer la propagation de la maladie. Les contrôles de police et de gendarmerie vont être considérablement renforcés, afin d'éviter que la maladie ne se propage dans des zones qui en sont, pour l'instant, indemnes. Nous appelons le gouvernement, appel à la responsabilité collective et individuelle, pour éviter une catastrophe sanitaire qui pourrait être fatale à l'agriculture et à l'élevage français. Je rappelle qu'en France, la France est un très grand pays d'élevage. Nous sommes fiers de notre élevage français, 16 millions de têtes de bovins.
Donc, il est important qu'on protège les élevages de la zone en question, mais aussi l'ensemble des élevages français. Donc, les contraventions encourues pour le transport illégal de bovins sont importantes. Elles sont de 750 euros d'amende par bovin transporté, et les contrevenants sont passibles de poursuites pénales. Autre point très important, parce qu'il nous faut nous placer dans une perspective d'avenir, on sortira de cette crise sanitaire. Un plan de soutien et de reconstitution pour assurer la mire de l'élevage du Sud-Ouest sera mis en place.
Le gouvernement a décidé d'un fonds de soutien de plus de 10 millions d'euros, qui sera destiné au soutien direct aux petits éleveurs, aux petits élevages, des zones touchées, à la fois des exonérations de charges sociales et fiscales, et puis également un soutien financier pour les éleveurs qui seraient les plus en difficulté du fait de l'arrivée de la maladie.
En complément de ces mesures, pour les élevages qui auront été touchés par le virus et qui auront perdu leur cheptel, nous avons mis en place bien sûr les indemnisations de pertes de cheptel, l'indemnisation des pertes économiques, la désinfection des bâtiments d'élevage, et également, je le précise parce que c'est une mesure qui était très attendue, une défiscalisation des indemnités qui auront été versées. Je voulais également vous dire que cette affaire se joue aussi au niveau européen. La France a construit la solidité de son modèle sanitaire depuis 70 ans.
Il est très important que nous conservions une parfaite crédibilité par rapport à nos partenaires vers lesquels nous exportons nos bovins, qui sont très appréciés, notamment dans deux pays de l'Union européenne, que sont l'Italie et l'Espagne.
Et là, nous allons évidemment avec mon collègue Nicolas Faurissier, avec Benjamin Haddad, le ministre des Affaires européennes, intensifier nos relations diplomatiques à la fois en bilatéral, avec nos homologues italiens et espagnols, et puis également avec l'Union européenne, pour bien cadrer, malgré la situation dans laquelle nous sommes, et parce que nous y faisons face avec détermination, et ce que je vous ai dit sur le déploiement de la vaccination à l'intérieur d'un exemple, eh bien nous avons à démontrer que nous pouvons continuer d'exporter les animaux de notre pays, qui sont évidemment dans des zones indemnes. Et c'est le travail diplomatique que nous allons d'ores et déjà engager.
Voilà les quelques éléments que je voulais vous délivrer.
Le travail intégral et systématique est toujours la doctrine ce soir lorsqu'il y a un animal repéré avec le virus.
Alors, vous le savez, les éleveurs d'Occitanie, et singulièrement ceux de l'Ariège, ont proposé un protocole alternatif. Ils nous l'ont transmis, il est à expertise, et pour convaincre que le gouvernement est dans une position de dialogue et d'écoute avec ces éleveurs, dont il faut bien comprendre à quel point ce qui leur arrive lorsqu'ils perdent leur cheptel est une souffrance immense, parce que ce sont plus que des outils de travail, ils ont des liens très particuliers avec leur cheptel. Et la perte d'un cheptel est une douleur. Et d'ailleurs, dans son histoire, la France a toujours vaincu les grandes épisodies, et nous vaincrons aussi celles-ci.
Donc, devant les mois qu'a suscité l'abattage de certains troupeaux, les éleveurs, notamment de l'Ariège, ont proposé ce protocole. Et pour montrer que nous sommes attentifs à eux et à leurs propositions, j'ai décidé la mise en place d'une cellule de dialogue scientifique qui comprendra cinq représentants du monde de l'élevage du Sud-Ouest, des présidents de chambres d'agriculture, un représentant du GDS, le groupement de défense sanitaire, un élu régional.
Et puis, du côté des scientifiques, le ministère de l'Agriculture demandera à des organismes reconnus pour leur expertise en matière de santé animale de dialoguer avec ces éleveurs, d'expertiser leurs propositions, sachant que notre seule boussole, c'est d'avoir un système qui soit robuste en matière de protection contre la maladie.
Est-ce qu'on sait aujourd'hui à quel délai ces 750 000 bovins sur ces huit départements d'Occitanie seront vaccinés ? Est-ce que vous avez une date butoir aujourd'hui à nous annoncer ?
Une date butoir, je vous ai donné l'exemple de l'Ariège. Alors, pour les 750 000, nous allons vraiment démultiplier les forces et le préfet qui a été chargé par le Premier ministre de coordonner l'opération en lien avec les préfets de département et le préfet de la région Occitanie. Voilà, je vous présente notre préfet coordonnateur, le monsieur vaccination contre la dermatose. Donc là, voilà, d'ici un temps très bref, le département de l'Ariège sera vacciné. Nous nous y sommes engagés parce que l'Ariège, évidemment, a connu un moment un peu traumatique il y a quelques jours, mais il en est de même pour tous les départements du Sud-Ouest.
Alors, vous dire exactement, je crains de vous donner une date précise parce que dès lors que je vous donnerai une date très précise, mais enfin, dans les semaines qui viennent, il faut que l'intégralité du septel soit vaccinée et nous nous y employons. Merci beaucoup.
Annie Genevard