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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 2 juin 2022 26 min

Pénurie de pétrole, nucléaire, sortie des énergies fossiles... Le "8h30 franceinfo" d'Agnès Pannier-Runacher

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Agnès Pannier-Runacher, vous avez hérité d'un des ministères les plus importants du quinquennat, c'est celui de la transition énergétique où votre arrivée a été accueillie de manière assez fraîche par les associations écologistes. Greenpeace par exemple estime que vous n'avez ni l'expérience ni le poids politique pour gérer un dossier aussi important. Que répondez-vous ?

0:19
Agnès Pannier-Runacher

Je réponds qu'il faut me voir au travail, que sur l'industrie, j'ai été la première ministre de l'industrie à remettre le secteur industriel sur la trajectoire de réduction des émissions de carbone, puisque à la faveur du plan de relance et du plan France 2030, nous avons accompagné les industriels dans une réduction de 3,9 millions de tonnes de CO2 par an. C'est très concret et donc c'est la même chose que je souhaite faire sur le secteur énergétique plus largement.

0:47
Présentateur

Vous êtes écologiste ?

0:49
Agnès Pannier-Runacher

Je suis comme tout le monde, c'est-à-dire que je vois que la planète va mal avec le réchauffement climatique, que ça a un impact majeur. Je vais vous faire une confidence. Quand j'ai été nommée ministre, mon fils de 16 ans m'a dit « Bravo, ça va être très difficile maman et je veux te dire une chose, je t'attends au tournant ».

1:08
Présentateur

Vous voulez dire qu'il est prêt à vous engueuler à la maison si ça ne va pas assez vite ?

1:12
Agnès Pannier-Runacher

Je pense que cette génération-là n'assumera pas notre échec et poussera pour qu'on accélère très massivement.

1:21
Présentateur

Vous l'avez dit au samediur que dans le premier quinquennat ? C'est ce que vous avez dit quelques minutes après votre nomination, vous avez dit « On a perdu trop de temps ».

1:29
Agnès Pannier-Runacher

Non, j'ai dit « Il faut rattraper le temps perdu ». Le temps perdu, c'est les 30 années qui précèdent.

1:33
Présentateur

Ce n'est pas les cinq dernières années.

1:34
Agnès Pannier-Runacher

Je ne crois pas parce qu'il se trouve que sur ce quinquennat, on a tenu notre trajectoire carbone. Alors, on pourra dire que c'est plus facile de la tenir dans un moment de Covid parce qu'on utilise moins d'énergie. Mais il se trouve qu'on a tenu et qu'on a doublé la diminution des émissions de carbone.

1:53
Présentateur

Mais on n'a pas respecté par exemple, et la France a été le seul pays à ne pas le respecter, les objectifs pour les énergies renouvelables.

1:58
Agnès Pannier-Runacher

Vous avez tout à fait raison et vous savez pourquoi ? Parce qu'en France, il faut deux fois plus de temps pour développer des énergies renouvelables. Et avec Amélie de Montchalin, nous avons porté une loi d'accélération et de simplification de l'action publique qui justement permet par exemple de débloquer des situations sur le déploiement des éoliennes marines. Ce projet de loi, les Verts, la gauche, la France insoumise a voté contre. Donc, nous agissons pour accélérer le développement des énergies renouvelables. Aujourd'hui, et on observe une accélération, on a vu, on voit le premier parc éolien marin sortir et commencer à être relié à la terre.

Nos oppositions parlent beaucoup, elles faisaient partie d'un gouvernement, je le rappelle, sous Hollande, qui a été condamnée pour ne pas avoir respecté sa trajectoire climatique, avoir été deux fois trop lente pour réduire ses émissions de carbone. Ça, c'est la réalité.

2:55
Invité

Anne-Espagne-Roulaché, vous venez de l'évoquer, Amélie de Montchalin forme un binôme avec vous pour la transition écologique. On parle même de trio avec la première ministre pour la planification écologique. Vous faites même un quatuor, puisqu'il y a Antoine Pellion, secrétaire général à la planification écologique, qui vient d'être nommé. Son CV est marqué par des passages chez le pétrolier Total, où il a appris à optimiser la production d'un gisement de pétrole au Congo. Il est passé par la compagnie nucléaire Areva aussi, pour s'occuper de la coordination technique d'un EPR en Finlande.

Et puis, conseiller énergie et environnement auprès d'Emmanuel Macron, c'est lui qui est à l'origine de la taxe carbone, qui a mis les gilets jaunes dans la rue. Ce CV-là, il ne fait pas un peu tâche dans votre quatuor ?

3:31
Agnès Pannier-Runacher

Alors, je le redirais complètement autrement, Antoine Pellion connaît les sujets énergétiques. Et puis, c'est un fonctionnaire. Ce sont les ministres qui décident. Ce sont les ministres qui portent une vision politique.

3:43
Invité

Donc, il n'aura pas de poids, lui ?

3:45
Agnès Pannier-Runacher

Il aura le rôle qu'a un secrétaire général, par exemple, des affaires européennes, c'est-à-dire un rôle important de coordination de l'ensemble des ministres. Chaque ministre aura une feuille de route avec des objectifs en matière de transition écologique et énergétique. Il faut que ces objectifs soient ambitieux. Il faut que ces objectifs soient cohérents entre eux. Ça, Antoine Pellion veillera avec l'ensemble des directeurs de cabinet à ce que ce soit le cas. Il faut ensuite les suivre. C'est un travail important. Mais la vision politique, elle est posée par le président de la République. Elle est portée par la première ministre. Et elle est incarnée par Amélie de Montchalin et moi-même.

4:21
Présentateur

Si vous deviez résumer d'une phrase votre mission à la tête de ce ministère de la transition énergétique, ce serait quoi ?

4:27
Agnès Pannier-Runacher

C'est de sortir la France des énergies fossiles. C'est ça la mission que m'a confiée le président de la République et la première ministre. Et pour sortir la France des énergies fossiles, c'est avant 2050, puisque c'est l'objectif du net zéro carbone. Et ça va être tout le travail que nous allons porter sur la programmation pluriannuelle de l'énergie, avec trois chapitres. Le premier chapitre, c'est comment nous allons réduire de 40% notre consommation d'énergie. C'est ce que les experts aujourd'hui nous disent que doit être l'effort d'ici 2050 en matière de consommation d'énergie. C'est consommation de carburant, consommation de gaz naturel. Comment on fait ? Eh bien, il y a deux éléments.

Un élément d'efficacité énergétique. À consommation égale, vous prenez le vecteur qui émet le moins de carbone. Donc, vous passez d'une voiture thermique à une voiture électrique. Et puis, il y a la sobriété énergétique, ou la chasse contre le gaspillage énergétique, si on veut l'appeler autrement, de manière plus positive. Et là, l'objectif, c'est de changer les habitudes de vie collective, et par exemple, de favoriser le transport en commun par rapport au transport individuel. Par exemple, de regarder comment on organise les conditions de travail pour réduire de manière structurelle notre consommation d'énergie.

5:47
Présentateur

Sur la fin des énergies fossiles, je voudrais vous faire entendre ce que disait sur ce plateau il y a quelques jours Jean-Marc Jancovici, que vous connaissez, qui est membre du Haut Conseil pour le climat, et il explique à quel point ça risque d'être difficile de s'en passer.

6:00
Invité

Si vous avez sur vous une fibre synthétique, du nylon, tout ce qui est polymachin chouette, etc., ça vient du pétrole, et ça vient du gaz. Si vous avez du coton sur vous, ça n'a pas poussé en France. Tout ce que vous avez mangé ce matin, ça a poussé avec des tracteurs utilisant du pétrole. Fabriqué en acier, il n'y a plus de mine de fer en France, et l'acier, il faut du charbon, pour le fer, du charbon métallurgique. Ça a utilisé des engrais qui sont fabriqués avec du gaz, on le sait en ce moment, avec la hausse du prix des engrais, avec le conflit en Ukraine. Ça a été transporté par camion jusqu'à l'endroit où vous l'avez acheté, etc.

Donc, nous sommes dans un monde de machines, tout ce que vous faites, tout le temps. Une transformation radicale de la société, c'est ce que vous préparez. Je crois qu'il faut...

6:39
Agnès Pannier-Runacher

Oui, il a complètement raison, puisqu'il décrit point par point où se cachent toutes nos émissions de carbone. Il parle du coton, vous savez que c'est justement un des enjeux sur lequel la filière industrielle de Modélux, du textile, se mobilise. Quel tissu doit-on utiliser ? On est en train de reconstruire. Moi, j'ai reconstruit une filière autour du chanvre, par exemple, qui est cultivée en France, qui est beaucoup moins gourmand en énergie pour être produit.

7:08
Invité

Ça veut dire qu'on va limiter les importations ? Parce que c'est ce que dit Jean-Marc Jancovici. Si même nous, on fait les efforts, il y a le monde et on importe beaucoup.

7:16
Agnès Pannier-Runacher

C'est un des grands enjeux de la réindustrialisation. Et c'est là, d'ailleurs, où il y a une continuité dans mon action. La réindustrialisation, c'est une réponse absolument majeure pour réduire notre empreinte carbone. C'est de fabriquer en France, dans des conditions environnementales qui sont bien meilleures que dans le reste du monde, et en économisant la logistique de transport. Et ce qui est en train de se passer, ce n'est pas propre à la France, c'est qu'on voit des reconcentrations des chaînes de production par continent, pour commencer à limiter déjà tout ce qui est émissions carbone liées aux déplacements. On voit aussi la volonté de développer en Europe et en France.

Et cette volonté, nous l'avons portée avec le Président de la République. Je rappelle que c'est le gouvernement précédent qui a arrêté la désindustrialisation et la saignée des emplois industriels lors du précédent quinquennat. Pourquoi ? Parce qu'il y a un enjeu de souveraineté économique et politique, mais il y a aussi un enjeu de décarbonation qui est absolument majeur.

8:11
Présentateur

La ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, qui est sous la pression de son fils de 16 ans, est l'invité de France Info ce matin. On se retrouve dans une minute, le temps du fil d'info, 8h41, Louise Buyens.

8:23
Invité

Les supporters britanniques et espagnols qui estiment avoir été agressés pendant la finale de Ligue des Champions pourront porter plainte dans leur pays à partir de lundi, annonce de Gérald Darmanin hier pendant son audition au Sénat. Le ministre de l'Intérieur qui présente ses excuses et reconnaît l'usage disproportionné de gaz lacrymogène par certains policiers au Stade de France. La fin du suspense pour les futurs bacheliers. A partir de ce soir, 19h, les premiers résultats de Parcoursup vont tomber. Près d'un million d'élèves vont savoir s'ils sont acceptés ou pas dans la filière qu'ils ont choisi pour leurs études supérieures.

Au bout d'un procès fleuve très suivi aux Etats-Unis et partout dans le monde, l'actrice Amber Heard est condamnée à verser 15 millions de dollars en dommages et intérêts pour avoir diffamé son ex-mari Johnny Depp. Il est lui aussi reconnu coupable des mêmes faits et condamné à verser 2 millions de dollars. La Croatie remplit toutes les conditions pour entrer dans la zone euro, estime la Commission européenne. Le pays adoptera officiellement la monnaie unique en janvier prochain.

9:25
Présentateur

Le 830 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.

9:34
Invité

Toujours avec Agnès Pannier-Runach, la ministre de la Transition énergétique. L'Europe vient de décider de limiter fortement ses importations de pétrole russe. De combien les importations françaises vont-elles diminuer, elles ?

9:45
Agnès Pannier-Runacher

Alors, il faut savoir qu'aujourd'hui, Total, qui est le principal importateur historique de pétrole russe, a d'ores et déjà arrêté ses importations. Elle l'a fait de manière volontaire depuis le mois de mars. Et il a été capable d'assurer des approvisionnements par d'autres sources. Il a organisé cette sortie du pétrole russe.

10:07
Invité

Donc, nous, en fait, on est déjà libre du pétrole russe ?

10:09
Agnès Pannier-Runacher

Non, ce n'est pas le cas, puisque vous avez une deuxième grosse source d'importation, qui est celle qui fournit la grande distribution, qui entraîne effectivement de s'organiser pour sortir du pétrole russe. Alors, vous savez, on a six mois pour ne plus dépendre, ne plus importer des produits bruts. On a huit mois pour ne plus importer des produits raffinés. Et donc, nous travaillons en appui de la grande distribution et de leurs importateurs pour construire cette indépendance au pétrole russe.

10:47
Présentateur

Donc, l'objectif, c'est qu'en début d'année 2023, il n'y a plus une seule goutte de pétrole brut. En France, c'est un embargo à 100% au niveau national russe ?

10:55
Agnès Pannier-Runacher

L'objectif, ce que nous n'aurons plus le droit de faire, et nous allons évidemment respecter les mesures que nous avons nous-mêmes soutenues au niveau du Conseil européen, puisqu'il est insupportable de financer la guerre en Ukraine. Je rappelle que les importations européennes, c'est 800 millions de dollars par jour pour les Russes. Donc, c'est gigantesque. Donc, nous avons arrêté, et effectivement, nous respecterons l'embargo. Une précision, l'embargo, il concerne aujourd'hui tout le pétrole qui est transporté en bateau.

11:29
Présentateur

Mais pas celui qui arrive par les oléoducs, puisque la Hongrie, notamment, s'est opposée.

11:34
Agnès Pannier-Runacher

Puisque certains pays n'ont pas cette capacité à se fournir autrement. Donc, ça fera l'objet, c'est en étude, de mesures potentiellement futures qui sont aujourd'hui à l'étude d'embargo.

11:46
Présentateur

Agnès Vanier-Ouenacher, vous avez entendu l'avertissement de l'Agence internationale de l'énergie qui a dit qu'il y avait un risque de pénurie en Europe, en pénurie de pétrole, de carburant, cet été en Europe. Est-ce qu'il faut s'inquiéter ?

11:57
Agnès Pannier-Runacher

En tout cas, nous agissons. C'est-à-dire que nous avons des stockages stratégiques. Nous travaillons avec...

12:04
Présentateur

Qui sont remplis entièrement, aujourd'hui ?

12:06
Agnès Pannier-Runacher

Qui ne sont pas remplis entièrement, parce qu'on en a pris une partie pour gérer des tensions.

12:11
Présentateur

Vous pouvez nous dire à combien on est dans le remplissage des cuves stratégiques de pétrole ?

12:15
Agnès Pannier-Runacher

Je vous dirais un chiffre qui serait imprécis. Mais nous avons donc nos stockages stratégiques. Nous avons Total, qui est totalement mobilisé pour appuyer la France. Total est un des grands acteurs mondiaux en matière de fourniture d'énergie. Nous avons également, et de production, nous avons également l'ensemble des autres acteurs qui sont mobilisés. Donc, ce travail, nous sommes en train de le faire.

12:42
Présentateur

Il y a tout de même un risque de pénurie dans certaines stations, dans les mois qui viennent, ou absolument pas ?

12:46
Agnès Pannier-Runacher

Vous avez deux sujets. Vous avez le sujet du global. Aujourd'hui, il y a, juste quand même préciser, le pétrole continue d'être importé. C'est-à-dire que l'interruption se fait dans six mois pour les produits bruts et dans huit mois pour les produits raffinés.

13:02
Présentateur

Mais d'ici là, ça va baisser progressivement. Est-ce qu'il y a un risque ?

13:04
Agnès Pannier-Runacher

Et donc, nous remplaçons au fil de l'eau. On n'a pas vocation à diminuer brutalement nos importations de pétrole. On a vocation à diversifier l'origine de nos importations de pétrole.

13:17
Présentateur

Donc, est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi le patron de l'Agence internationale de l'énergie dit ça ?

13:20
Agnès Pannier-Runacher

Ça ne concerne pas la France ? Parce qu'il parle de l'ensemble de l'Europe, en premier lieu. Il intégrait le fait qu'il y avait les oléoducs qui fournissent la Hongrie, notamment, et d'autres pays en centre de l'Europe. Or, à ce stade, les oléoducs ne sont pas concernés par l'interruption des importations. Et, point important aussi, le pétrole d'origine kazakh qui transite par la Russie n'est pas concerné par cet embargo, puisque ce sont des relations avec les kazakhs et ça n'a pas à être concerné par cet embargo. Juste pour qu'on comprenne bien...

Tous ces éléments, juste pour aller jusqu'au bout, tous ces éléments font que l'AIEA a fait son travail sur un scénario le plus critique, en disant, attention, préparez-vous, et qu'elle le fait sur l'ensemble de l'Europe. Et nous suivons les conseils de l'AIEA, elle a fait 10 propositions pour faire utiliser moins de carburant, que nous allons évidemment étudier. Pourquoi ? Parce que c'est notre intérêt aussi de diminuer notre consommation de carburant.

14:26
Invité

Ça veut dire qu'à un moment, vous pourriez dire aux Français, limitez votre achat de carburant à la pompe ?

14:29
Agnès Pannier-Runacher

Non, ça veut dire qu'à un moment, j'ai intérêt à accélérer la conversion vers les hybrides rechargeables et vers l'électrique. Vers tout ce qui est prime à la conversion, c'est aussi la conversion vers des moteurs, même thermiques, qui utilisent moins d'essence et de carburant.

14:46
Invité

On parle d'un problème qui va intervenir dans 6 mois. Tout à fait. On aura le temps de faire ce que vous dites ?

14:50
Agnès Pannier-Runacher

Ça fait partie de l'ensemble de notre plan. C'est à la fois amortir le choc sur le pouvoir d'achat des Français. Et c'est massif. 18 centimes de baisse du carburant pris en charge par l'État pour quelqu'un qui fait 50 km par jour. Ce n'est pas beaucoup 50 km par jour. C'est un trajet. Vous êtes à 25 km de votre lieu de travail. Et le week-end, vous allez voir une grand-mère dans un EHPAD et vous accompagner vos enfants à une compétition sportive. 350 km par semaine, c'est l'équivalent de 280 euros pris en charge par l'État par mois pour un ménage qui ferait ses 50 km par jour. Donc c'est énorme. Le deuxième volet. Mais ça, ça va s'arrêter ? 2 000 centimes le 31 juillet ?

Non, je crois qu'il a été très clairement dit que nous étudions des mesures de prolongation de ce bouclier carburant. Et c'est tout l'enjeu de la loi sur le pouvoir d'achat qui va être présentée après les législatives quand on aura une Assemblée nationale pour mise en œuvre pendant l'été. Loi sur le pouvoir d'achat qui va nous permettre d'augmenter les retraites, qui va nous permettre d'augmenter le point d'indice, qui va nous permettre de faire face à l'inflation. Et effectivement, de mettre en place les conditions de ces boucliers, boucliers gaz, boucliers électricité et boucliers carburant.

16:10
Présentateur

On reste, si vous voulez, bien sur la question de la transition énergétique en Espagne-Runacher. Emmanuel Macron, pendant la campagne, a promis que des Français pourront louer pour 100 euros par mois des voitures électriques. C'est pour quand et c'est pour qui ?

16:22
Agnès Pannier-Runacher

Alors, c'est pour quand ? C'est pas pour tout de suite. Parce que notre objectif est très clairement d'avoir un dispositif qui soit actionnable immédiatement lorsqu'il sera mis en œuvre.

16:32
Présentateur

Donc c'est pas pour cette année, par exemple.

16:34
Agnès Pannier-Runacher

C'est probablement pas pour le mois de septembre. Voilà. C'est pas pour le mois de septembre. Après, moi, je dois réunir la filière, je dois réunir les financiers, puisqu'il y a deux enjeux. C'est disposer des véhicules. Je rappelle qu'aujourd'hui, les véhicules électriques, c'est à peu près 20% de nos immatriculations en comptant les hybrides rechargeables. Et je rappelle aussi qu'on a des soucis de production pour des questions d'approvisionnement en composantes.

17:00
Présentateur

Il y aura des critères pour y avoir le droit ou est-ce que tout le monde pourra louer une voiture ?

17:03
Agnès Pannier-Runacher

C'est pour qui ? J'y viens. Il faut une question de financement. Et ça, il faut voir avec les financeurs, les banques, si on ne peut pas monter des façons rapides et efficaces de financer ses voitures. Comment on amorce la pompe ? Qui paye ?

17:17
Présentateur

Parce qu'aujourd'hui, ce système, il existe déjà. Aujourd'hui, il s'appelle du LISI. On paye, il y a déjà des voitures qu'on peut louer à 100 ou 150 euros par mois. Exactement. Mais par contre, il faut mettre quelques milliers d'euros au début. Là, c'est l'État qui mettra l'apport. Comment ça va se passer ?

17:30
Agnès Pannier-Runacher

C'est un sujet qu'on est en train d'étudier.

17:32
Présentateur

Ce n'est pas encore déterminé ?

17:33
Agnès Pannier-Runacher

Ce n'est pas encore déterminé. Et puis, la troisième chose, c'est à qui ça s'adresse ? Ça ne s'adresse pas à tous les Français. Ça s'adresse aux Français qui en ont le plus besoin. Et ça aussi, on doit le définir. C'est-à-dire, il y a deux catégories qui paraissent, je dirais, les plus incontestables. Ceux pour qui le véhicule est un outil de travail, je pense aux infirmières libérales par exemple. Ça paraît très logique d'arriver à leur proposer ce type de dispositif. Et ceux qui n'ont pas les moyens de passer à un véhicule propre parce qu'il est trop cher aujourd'hui sur le marché.

18:07
Présentateur

Tout ça, ça fait combien de personnes en rythme de croisière ? Vous souhaitez qu'il y ait combien de ces voitures chaque mois sur le marché, sur les routes de France ?

18:14
Agnès Pannier-Runacher

Alors, aujourd'hui, les premiers chiffrages qui ont été faits, ils ont été faits très rapidement. C'était de l'ordre de 100 000 personnes pour 500 euros. Ces chiffrages, ils doivent être assumés. C'est-à-dire 500 euros ? Ils doivent être affinés.

18:28
Présentateur

C'est quoi, par exemple, les 500 euros ?

18:29
Agnès Pannier-Runacher

Les 500 euros, c'est la contribution que pourrait apporter l'État dans le dispositif. Ces chiffrages, ils sont absolument préliminaires. Ils sont le fruit du travail de la campagne. Nous devons aujourd'hui associer l'ensemble des parties prenantes pour construire une proposition qui soit la plus adaptée.

18:47
Présentateur

Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique. Invité de France Info, il est 8h51. Le fil info, Louise Buyens.

18:53
Invité

Après le thème de la santé à Cherbourg, mardi, une visite présidentielle à Marseille. Aujourd'hui, consacrée à l'éducation, Emmanuel Macron est attendu aujourd'hui dans une des écoles test où le directeur participe au choix de ses enseignants. À peine arrivé à son poste, la ministre des Affaires étrangères doit gérer une mobilisation rarissime. Aujourd'hui, les plus de 13 000 agents du Quai d'Orsay sont appelés à la grève. Ils dénoncent une réforme qui veut mettre fin aux diplomates de carrière. Les gens limitent la voiture, les achats de vêtements, les sorties et même les achats alimentaires. Pour certains, affirme la rédactrice en chef adjointe de 60 millions de consommateurs.

Sophie Kouane était invitée il y a quelques minutes sur France Info. Selon une enquête du magazine, 90 euros de plus sont dépensés chaque mois en moyenne par les ménages français. C'est le coût de l'inflation. Quatre jours de fête au Royaume-Uni. Elisabeth II célèbre ses 70 ans de règne. Quel top départ de ce jubilé de platine en fin de matinée avec la traditionnelle parade militaire ? France Info

19:59
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel

20:04
Invité

Toujours avec Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique pour tenir les objectifs climatiques. Emmanuel Macron compte sur une relance du parc nucléaire français. Est-ce que votre plan est remis en cause par les problèmes de corrosion que traversent aujourd'hui les centrales françaises ? On rappelle qu'il y a 12 réacteurs fermés. Pas du tout.

20:20
Agnès Pannier-Runacher

Le plan n'est pas du tout remis en cause. Nous parlons de centrales qui aujourd'hui sont effectivement à l'arrêt pour des traces de corrosion, ce qui démontre l'efficacité de notre autorité de la sécurité nucléaire.

20:33
Invité

Ce qui montre aussi que notre parc nucléaire est vieillissant et très vieillissant.

20:37
Agnès Pannier-Runacher

Ça, ce n'est pas une surprise. C'est un parc qui a été construit il y a 40 ans pour 40 ans. Et aujourd'hui, il est en train de passer les maintenances décennales et la vérification qu'on peut le faire travailler 10 ans de plus. La corrosion qui est constatée, ce n'est pas la même chose que la maintenance ? Ça, c'est la maintenance. Oui, oui, on y vient.

20:58
Présentateur

C'est deux problèmes différents.

20:59
Agnès Pannier-Runacher

La corrosion, elle fait partie du travail de l'autorité de sécurité nucléaire qui ne laisse rien passer. Et donc, il y a tout un travail qui est fait sur les 12 réacteurs pour vérifier que ce qu'on a vu dans quelques réacteurs se reproduit dans d'autres réacteurs.

21:14
Invité

L'autorité de sécurité nucléaire qui parle d'un phénomène sérieux en termes de sûreté. Est-ce qu'on est sûr que ces réacteurs vont rouvrir ?

21:22
Agnès Pannier-Runacher

On est sûr aujourd'hui qu'on est en train de faire l'analyse, de vérifier la vitesse de propagation de cette corrosion et de s'assurer qu'on fait les actions réparatrices pour rouvrir. C'est sur les circuits extérieurs, c'est la tuyauterie, c'est-à-dire que ce sont des pièces qui peuvent être remplacées.

21:39
Présentateur

Qui permettent le refroidissement en cas de problème.

21:41
Agnès Pannier-Runacher

Exactement. Donc, c'est des pièces qui peuvent être remplacées.

21:42
Présentateur

On a un plan B si jamais ces 12 réacteurs devaient rester fermés pendant encore des mois. On a un plan B ou pas ?

21:49
Agnès Pannier-Runacher

Ce sur quoi on table, c'est 280 à 300 TWh de production nucléaire pour l'année 2022.

21:55
Présentateur

Oui, alors je vous interromps parce qu'à part vous et nous, parce qu'on a un peu travaillé, personne ne parle en TWh. D'accord. En tout cas, pas grand monde. Donc, en gros... Est-ce qu'on peut s'en passer, ces 12-là ?

22:05
Agnès Pannier-Runacher

Je vais l'exprimer autrement. On préférerait les avoir, mais on a d'autres sources d'énergie. Il faut quand même savoir qu'en France, on importe 40 jours par an de l'électricité. Donc, ça, ce n'est pas nouveau. Et c'est pour ça qu'on a un marché européen. Et c'est pour ça qu'on a des interconnexions. Et c'est pour ça que les personnes qui vous disent qu'il faut sortir du marché européen de l'énergie sont de grands et responsables. Parce qu'ils ne sauraient pas faire face aux 40 jours où on a besoin de... Ça vous dit ça, Jean-Luc Mélenchon. Tout à fait. On a besoin de l'électricité européenne. Et ce n'est pas nouveau.

Et effectivement, notre objectif aujourd'hui, c'est de faire en sorte de développer notre production d'électricité. C'est valable à court terme parce qu'on a une crise en Ukraine, parce qu'on a ce phénomène de corrosion, parce qu'on a un enjeu d'augment... On a des besoins d'électricité qui augmentent. Mais c'est valable aussi à moyen terme. C'est tout mon enjeu de sortir des énergies fossiles. C'est d'augmenter nos capacités de production propre d'électricité verte, pas carbone, à base du nucléaire et d'énergie renouvelable. Vous retrouvez toute la logique de mon mandat.

23:09
Présentateur

Dans son plan, Emmanuel Macron a également prévu la construction de 6 EPR, les centrales de nouvelle génération. Le chantier de Flamanville en France accumule des retards depuis des années et des années. Celui dit Clean Point également. Des nouveaux retards viennent d'être annoncés il y a quelques jours. Est-ce que vous savez, vous, aujourd'hui, combien de temps il faut, à partir du moment où on signe le contrat, pour ouvrir un EPR ?

23:28
Agnès Pannier-Runacher

Alors, deux choses. Celui de Finlande est ouvert et fonctionne. Ça, je pense que c'est un point très important que les Français doivent savoir. Deuxième chose, aujourd'hui, EDF, dans son rétro-planning de construction centrale nucléaire, table sur 15 ans.

23:46
Présentateur

Ce qui serait déjà beaucoup plus court que celui de Flamanville.

23:48
Agnès Pannier-Runacher

Oui, mais ça veut dire qu'il sera au 4e EPR et qu'on apprend de la construction des précédentes centrales. Et je rappelle que les centrales qui ont été construites fin des années 70, début des années 80, étaient dans ce type, grosso modo, de timing. Donc, c'est sérieux. Ça veut dire que ce n'est pas facile. Je ne vais pas vous raconter que je vous donne une garantie sur la sortie des EPR. On n'est pas à l'abri de retard aussi. Mais c'est là où, encore une fois, j'ai une responsabilité politique. C'est de faire en sorte que les moyens soient mobilisés chez EDF pour avoir une équipe projet qui soit en capacité de tenir ce calendrier.

Ça veut dire qu'il faut travailler sur les compétences parce que ça représente des recrutements gigantesques. EDF parle de 3 000 recrutements juste sur l'année 2022. Et ça veut dire, derrière, qu'au niveau étatique, on ait également les compétences pour gérer toute la phase de dialogue avec le public, d'autorisation d'exploiter.

24:48
Invité

En une seconde, en parlant d'EDF, dont la dette pourrait atteindre 100 milliards à la fin de l'année, est-ce qu'on se dirige tout droit vers une nationalisation à 100% ?

24:57
Agnès Pannier-Runacher

Ça, c'est un sujet qui fait partie, effectivement, de mon mandat, de savoir quelle est la bonne structure, quel est le bon actionnaire pour porter à la fois... Vous êtes pour ? C'est pas exclu, vous y réfléchissez ? Ce n'est pas exclu, ce n'est pas tranché. Pour porter à la fois un programme de 6 EPR, 6 EPR, c'est l'équivalent à l'argent d'aujourd'hui. On parle dans 15 ans, donc ça sera un budget plus important, mais l'équivalent de, grosso modo, 60 milliards d'euros.

25:23
Présentateur

Si ça déborde pas.

25:24
Agnès Pannier-Runacher

Oui, c'est pour ça que je vous dis, c'est l'équivalent de 60 milliards d'euros en argent d'aujourd'hui. Si vous rajoutez à ça tout le travail à faire sur les énergies renouvelables, tout le travail à faire sur les connexions pour augmenter notre capacité, notre résilience sur nos réseaux, ça veut dire qu'il va y avoir des investissements massifs dans EDF, nous sommes un actionnaire responsable, nous serons aux côtés d'EDF, et effectivement, nous devons choisir le schéma actionnarial qui soit le plus solide pour qu'EDF puisse réaliser ses objectifs dans la durée et avec une visibilité sur la solidité de son financement.

25:57
Présentateur

Agnès Pénier-Runacher, ministre de la Transition énergétique et TESPAT, merci à vous, l'invité de France Info.

26:02
Agnès Pannier-Runacher

Merci.