Face à vous Manuel Bompard : "comment mieux se parler en politique ?" - 14/10/2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
à vous manuel bonpard une tête bien faite aux multiples facettes passeur de savoir d'abord normalien agrégé de lettre diplômé de Cambridge et de sciencesp il est docteur en littérature et philosophie maître de conférence passeur de texte aussi metteur en scène dramaturg et écrivain 45 spectacles à son actif fondateur du Centre des arts de la parole je fonde le Centre des arts de la parole avec cette mission essentielle se parler plutôt que c'entrreetuer se parler pour se relier un projet décliné en manifeste avec ce livre il faut voir comment se parle un diagnostic sombre sur l'état de santé de la parole aujourd'hui car nous parlons de plus en plus mais de plus en plus mal le clash plutôt que le dialogue le mal vient de plus loin que les réseaux sociaux je pense que c'est une tendance de fond je pense que c'est lié à l'accélération du temps c'est-à-dire qu'il s'agit de plus en plus de réagir de rebondir et la parole prend du temps demande de l'élaboration de la nuance d'école l'examen de la réforme des retraites à l'Assemblée il y a un an et demi suffit de se retourner sur les semaines passées dans un lieu qui est censé porter la parole au plus haut l'assemblée l'Assemblée nationale l'assemblée associale est un joli lapsus voilà l'absence de parole commune possible c'est la fin de la société et la fin d'un espace commun un constat qu'il portera aux états généraux de la parole jeudi prochain ce soir il vous interpelle manuel bpard face à vous vous l'anticonflictuel Gérald garuti et bonsoir Gérald garuti venez on vous accueille sur ce plateau de lundi c'est politique bonsoir merci d'être avec nous je vous laisse vous installer face à Manuel Bompard avec qui vous allez parler de politique ou plus exactement du bien parler en politique on parle des fois du bien manger du bien boire B on va parler du bien parler c'est ça oui je vous laisse avec manuel bonpard très bien bonsoir bonsoir et bien enchanté de vous retrouver pour un espace que j'espère non conflictuel on va essayer voir si possible euh je suis content de vous rencontrer parce que on a pu dire que la politique c'est l'art de se choisir des ennemis je voudrais vous demander s'il est possible en politique de raisonner autrement ah bah moi j'ai jamais considéré mes adversaires politiques comme des ennemis j'ai jamais utilisé ce terme d'ailleurs par contre la politique la démocratie c'est aussi la nécessité de choisir entre des options politiques différentes et donc il y a des adversaires politiques il y a parfois des concurrents mais des ennemis non je moi j'utilise pas ce terme h parce que moi ce qui me ce qui me frappe aujourd'hui dans cette situation c'est que on est arrivé à une situation d'opposition généralisée de de conflit de clash assez systématique et il m'a semblé comprendre et entendre que cette logique de conflictualisation était une manière de raisonner une manière peut-être même d'arriver au pouvoir euh moi j'aimerais j'aimerais voir avec vous s'il y a une évolution possible sur ce champl euh ah des évolutions moi je suis toujours ouvert à la discussion mais d'abord faut sans doute partir du du du bon point de départ du bon diagnostic euh la conflictualité au sens de contradiction entre des projets ou des idées politiques différentes à mon avis elle est inhérente à la démocratie faire croire que la démocratie ce serait en quelque sorte le règne du cours sus c'est une vision de la démocratie qui n'est pas la mienne voilà donc je pense que la conflictualité elle est inhérente euh au à à la démocratie à la nécessité d'éclairer les citoyens pour avoir à choisir entre les différents choix politiques qui s'offrent à eux euh premièrement deuxièmement je sais que la France à soumise a fait l'objet de beaucoup de caricatures euh mais vous savez moi je crois ce qui affaiblit la parole politique personnellement c'est ma conviction c'est davantage l'utilisation du vocabulaire en politique pour ne rien dire le culte de la longue de bois de ceux qui disent tout est son contraire dans la même moi je peux avoir un défaut mais au moi j'essaie de dire franchement ce que je pense oui euh bien sûr une parole vide de sens langue de bois les fameuses él band de langage corsité qu'on a vu dérouler d'ailleurs on l'a vu pendant les débats j'allais dire pour la présidentielle mais pour la ministérielle pour la première ministérielle à laquelle vous participiez d'ailleurs que que j'ai vu mais bien sûr élément de langage mais moi j'ai été sensible par exemple au fait que il y avait une ligne de discours qui pouvait être tenue de façon je dirais un peu systémique un peu systématique ind éépendamment de ce qui pouvait se passer je vous donne un exemple au hasard nous appliquerons tout le programme et uniquement notre programme quel que soit quels que soi les les possibilité et comment est-ce qu'on peut faire une majorité quand on est minoritaire et qu'on refuse le compromis ou la coalition bah justement précisément je crois que c'est c'est c'est c'est une mauvaise compréhension je pense de ce que je crois de de ce que nous avons dit nous avons dit les choses de manière très simple nous avons dit il y a la mise en place d'un gouvernement et ce gouvernement il doit refléter le résultat des élections aujourd'hui parmi les trois blocs qui se sont présentés aux élections législatives il y a un bloc qui est arrivé en tête c'est le nouveau front populaire donc c'est lui qui doit constituer le gouvernement et l'objectif la base de ce gouvernement c'est le programme du nouveau front populaire parce que c'est celui qui a le plus que les autres été choisis par les électrices et les électeurs puis ensuite il y a la démocratie parlementaire et c'est là où vous testez votre capacité à gagner des majorités et il est évident qu'à partir du moment où vous êtes dans un système de majorité relative que si nous étions et si le premier le président de la République avait nommé casté comme chef d'une gouvernement du nouveau front populaire nous aurions déposé des propositions de loi à l'Assemblée nationale et il y aurait eu des débats parlementaire et la recherche de compromis et de consensus parce que c'était indispensable pour obtenir une majorité donc vous pouvez à la fois avoir une base gouvernementale qui est claire que celle qui a été choisie par les électrices et les électeurs et après vous pouvez avoir du débat parlementaire qui permet de créer des majorités je pense que l'un ne s'oppose pas à l'autre en tout cas c'est ma conviction oui ça j'entends bien si si on rentre sur la question proprement politicienne par rapport au Parlement mais si on revient à à ce qui'est la la parole une parole de de responsabilité ce qu'on observe quand même aujourd'hui c'est une défiance absolument radicale fait que personne n'est satisfait de la la situation actuelle on arrive à un état de de clash permanent et je je pense que raisonner en terme de bien sûr de camp d'adversaire c'est ce que vous faites c'est c'est c'est le jeu politique mais la question du bien commun est-ce que est-ce que on vous n'avez pas l'impression que cette questionl est passée à la trappe pour simplement des enjeux qui sont des enjeux cemment j'allis dire tranché je ne le crois pas mais je vais je vais essayer de vous avez dit au début je suis d'accord avec vous la parole politique est extrêmement discréditée et ceter de de quoi j'aurais l'air si vous voulez après avoir fait campagne en disant si vous votez pour moi en tant que député et mes collègues dans les autres circonscription on va se battre pour l'augmentation du SMIC bon de quoi j'ai l'air si je vous dis ah bah non finalement on va gouverner mais cette promesse qu'on a défendu dans la campagne finalement elle existe plus parce que un tel ou un tel ne le veut pas je je je de quoi j'aurais l'air ma responsabilité c'est de porter la parole des électrices et des électeurs qui m'ont confié un mandat or la difficulté aujourd'hui c'est pas le fait que les uns ou les autres n'auraient pas d'attention au bien commun je vais vous dire je pense que mes adversaires et pourtant ce sont mes adversaires ils imaginent défendre une vision du bien commun de la même manière que moi d'accord notre difficulté c'est pas celle-là notre difficulté c'est qu'aujourd'hui vous avez trois projets politiques qui sont tout simplement contradictoires ils sont contradictoires cesj que vous dites garouti c'est un problème de style si c'est ça si je comprends bien ah bah j'ai pas entendu qu' un problème de style pas c'est ce que jeis comprendre non on n pas entendu que ça mais c'est ça que vous vouis dire c'est un peu plus pour moi qu'un problème de style c'est même plus qu'un problème de forme je pense que c'est véritablement un problème de de rapport à la parole c'est bien pour ça d'ailleurs que moi je ne viens pas ni comme journaliste ni comme un politique n' aucune ambition politique je ne me présenterai pas contre vous ni aux élections je ne je cherche pas à avoir le pouvoir mais je oui le droit mais pas pas l'envie je ce que je souhaite c'est une transformation du rapport à la parole je considère que la parole est dégradée qu'elle est discréditée que la parole est atomisée et qu'elle a des conséquences désastreuses dans l'ensemble des champs un bras d'honneur par si une insulte par là une pancarte dans des lieux qui sont sacrés autrement dit je trouve qu'il y a une profanation généralisée de la parole en particulier la parole publique la parole politique et au sein du champ médiatique il y a un enjeu et pas seulement sur les réseaux sociaux donc ma question au-delà de la question des coalitions des enjeux c'est celle de la responsabilité de la parole des hommes politiques vous dites j'ai la responsabilité de porter ceux qui m'ont élu mais avant cela je veux dire si par exemple vous aviez été premier ministre la responsabilité de gouverner pour l'ensemble des Français donc ça vous ne représentez pas un camp vous représentez un un pays mais bien évidemment alors attendez il y a plusieurs choses dans ce que vous dites premièrement je vais vous dire sur la parole pardonnez-moi mais j'ai un point de désaccord avec ce que vous vous pouvez pas mettre sur le même plan un bras d'honneur moi j'ai jamais fait de bras d'honneur dans l'encein de l'assemblée national et je trouve ça tout à fait inadmissible et inacceptable vous pouvez pas mettre ça sur le même plan avec une action symbolique de protestation en portant une pancarte sur tel sujet venir avec un plat de patte pour dire vous voyez vous allez augmenter ça va avoir des conséquences notre rôle aussi c'est de faire exister des débats qui existent dans la société même quand ils existent pas à l'Assemblée nationale moi ma ma mon rôle c'est aussi de porter la parole de ceux qu'on entend jamais dans les médias à la télévision et de le faire y compris parfois en utilisant des moyens qui peuvent être des moyens qui créent du débat et de la discussion c'est pas la même chose que la grossireté l'injure moi je n'ai jamais utilisé de grossièrté ou d'injure par contre je revendique oui d'avoir parfois à l'Assemblée nationale provoquer des actions de protestation parce que je trouvais qu'il y avait un sujet qui était pas suffisamment porté et qui devait l'être et je crois pas qu'en faisant ça j'affaiblis la parole politique je crois au contraire que je lui donne plus de force per vous interrompre parce que pour le coup en en en tant comme de théâtre je sais ce que c'est qu'un happing et je sais ce que c'est que faire un événement pour faire du du show du spectacle mais je ne pense pas que l'assemblée soit un lieu de spectacle je pense ce soit un lieu d'orateur un lieu de prise de parole là on est constamment on est devenu dans une situation quand même o où la parole n'est plus audible c'est que c'est devenu contreproductif c'est devenu pour compris ceux qui regardent on est passé je dirais d'une parole une parole politique à une parole spectaculaire mais au sens le plus démonétisé du terme et et que c'est une honnêtement je vais vous dire sincèrement je pense c'est un peu une caricature des débats qui existent à l'Assemblée nationale tout à l'heure vous montriez dans votre sujet la réforme des retraites pardonnez-moi pendant la réforme des retraites il y a eu des très beaux moments de politique il y a eu des très beaux moments de d'affrontement politique mais d'affrontement sur des sujets majeurs de savoir est-ce qu'on considère que c'est plutôt la retraite par par répartition ou plutôt la retraite par capitalisation que est-ce qu'on considère que quand on a cotisé toute sa vie est-ce que c'est pas légitime de pouvoir profiter un peu de son temps je sais que parfois c'est aussi le monde médiatique qui vient retenir de ces débats seulement telle scène ou telle scène la vérité c'est que à l'Assemblée il y a des débats qui sont des débats de qualité et puis il y a des moments aussi et ça participe de la politique la politique c'est aussi qu' des gens et pour convaincre des gens c'est aussi faire en sorte que votre message s'adresse à eux et pour que votre message s'adresse à eux vous devez aussi parfois produire des effets de communication ça participe de la bataille polique des effets de communication mais moi moi ce que j'interrose c'est là il y a une étude qui est sortie par la Fondation jeanor à laquelle j'ai contribué par exemple qui montre que le sentiment de violence notamment de violence verbale est extrêmement accru ça veut dire que les gens ont l'impression que les autres sont de plus en plus violents et sans vraiment reconnaître qu'ils le sontmêm autrement dit la violence verbale c'est toujours les autres c'est toujours les autres qu'on qu'on entend mais pourtant ce sentiment est très partagé euh on peut pas exonérer la parole politique surtout celle qui se veut sinon radicale en en tout cas du moins vraiment extrêmement tranché comme la vôtre et je reviens à la question de la conflictualisation est-ce que vous pensez qu'on peut bâtir un projet de société commun dans un pays divisé sur une logique de conflictualisation bah écoutez la difficulté à mon avis de votre raisonnement c'est que vous niez les conflictualités qui existe dans la société la société elle n'est pas fait aujourd'hui de gens qui sont tous sur un pied d'égalité il y a de la confrontation il y a de la conflictu conflictualité il y a des rapports de domination qui existent dans la société et vous verrez c'est constant depuis Jean jorè quand oui c'est même constant puis la démocratieen ça a toujours existé la démination les Rapp la suite de ce que j'allais dire qui est constant depuis geanores jeanores a une très belle citation dans lequelle il dit dans dans l'entreprise le le le patron qui est licencie il le fait juste en signant un papier dans le calme vous voyez ça fait pas de bruit ça fait pas de confrontation par contre celui qui le subit c'est une violence totale où est la violence à ce moment-là à votre avis elle est dans celui qui crie à la fin parce qu'il est pas d'accord pour faire ça ou est-ce que la violence elle est dans celui qui signe le papier pour jeter à la rue 300 familles al moi je pense que la violence elle est dans celui qui signe le papier pour jeter à la rue 300 familles et pas dans ceux qui protestent même si parfois il le proteste peut-être avec des mots un peu forts je pense que l'enjeu c'est de canaliser la violence et pas de la laisser exploser je pense que ça ça suppose la parole politique elle est là pour ça h il faudra en donner l'exemple donc il faut l'exprimer bah oui mais si cette violence si vous voulez la canaliser il faut l'exprimer en tout cas elle n'est pas exprimé des discours si rupeux qu'on AZ parlé calmement en tout cas sur ce on a pu avancer non mais c'est très bien c'est intéressant le débat mériterait quasiment qu'on se voit pendant 3 heur pour en discuter c'était un petit Peug couturier allez Hugo Percho merci Géral gu
Manuel Bompard