Hollande revient contre Mélenchon, un député macroniste craque et veut se battre | Nils Wilcke
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. Salut à toutes et à tous, vous regardez Les Indiscrets de Nils Villqueux, le rendez-vous hebdomadaire qui vous emmène dans les coulisses de la politique française, sans filtre, sans langue de bois, sans concession. Une émission portée par Nils Villqueux, journaliste politique jusqu'au bout des ongles, qui s'est exploité sans réseau pour vous apporter des informations exclusives et des analyses affûtées.
Une émission qui n'existe que parce que vous, notre public, vous la financez, comme vous financez Le Média, première chaîne d'info indépendante de France diffusée sur le canal 165 de la Freebox, sur Youtube, sur Molotov et sur notre site lemediatv.fr. Pour continuer à nous faire exister, alors que nous avons lancé une campagne cruciale de fin d'année, faites un don, abonnez-vous, devenez sociétaires en allant sur lemediatv.fr. Au sommaire, le grand cirque politique à l'Assemblée nationale, entre sketch, interruption et manœuvre absurde, florilège des méthodes des macronistes pour éviter un vote sur la proposition de loi de la France insoumise visant à abroger la réforme des retraites.
Alors que les oppositions crient de plus en plus clairement, Macron, démission. François Hollande, alias Flamby, revient sur le devant de la scène, mais cette fois, c'est tout feu, tout flamme qu'il rêve d'affronter Jean-Luc Mélenchon, alors même que l'idée d'une présidentielle anticipée n'est plus totalement utopique. Enfin, focus sur Anne Jeunetay et son rôle dans un nouveau cafouillage politique autour de la prétendue théorie du genre, avec de gros guillemets, bien sûr, les coulisses d'une affaire qui embarrasse la majorité, pardon, la minorité présidentielle. C'est parti. Salut Nils ! Salut Théo !
Alors, si j'avais le sens de l'exagération, je dirais que l'hémicycle du Palais Bourbon a pu ressembler à une cage de MMA lors des débats le jeudi 28 novembre.
Oui, alors il n'y avait pas de boue, il n'y avait pas de bière, encore que certains n'ont pas bu que de la tisane à la buvette de l'Assemblée, on en parlera plus tard, mais c'est vrai qu'il y a eu de l'action. On nous promettait une bataille homérique. Par exemple, les macronistes disaient que ça allait être un moment de vérité pour leur camp. La France insoumise assurait que ça allait être un débat digne sur les conditions de vie des retraités en France. Bon, on ne va pas se mentir. Comme prévu, le débat sur l'abrogation de la réforme des retraites, la mer des batailles pour Emmanuel Macron, et le cauchemar pourtant regardé français a viré à la grosse baston hier soir.
Alors, je le disais, le gouvernement et notamment les macronistes avaient promis un débat apaisé à l'image de ce que disait la ministre Astrid Paneuzon-Bouvé, qui était à l'époque de la réforme simple députée macroniste. On l'écoute, regardez, elle était au banc du gouvernement. Moi, j'attends effectivement ce débat pour qu'on puisse effectivement avoir ces questions de fond. J'ai été, pour certains d'entre vous qui me connaissent, j'ai été parlementaire à la Commission des affaires sociales.
J'ai toujours, et je tiens à le dire aussi à monsieur le rapporteur, que j'aborderai ces questions, ces débats, avec la même manière que j'ai tenu les débats quand j'étais parlementaire, c'est-à-dire avec pondération, avec respect et avec courtoisie. Et maintenant, laissons place au débat. Merci. Voilà, alors, le calme, la sérénité, ça n'a pas trop fonctionné, puisque quelques minutes plus tard, on a vu la présidente de séance, donc la députée Horizon Naïma Mouchou, supplier les députés de faire un effort de discipline. Ça commençait bien. Regardez. S'il vous plaît, mes chers collègues, un peu de calme. Je vous demande de revenir au calme.
Oui, mes chers collègues, mais ça, oui, mais si on continue dans les provocations, voilà comment on va se finir le débat. Franchement, en termes d'images, pensez à ceux qui nous regardent, si vous le voulez bien. Si vous le voulez bien. Bon. Je parle à tout le monde, hein. Je parle à tout le monde. Voilà, et puis ça nous rappelle un très beau moment de télévision. Je ne suis pas venue ici pour souffrir, OK ?
Donc, c'était un peu mal embarqué dès le départ, Théo, puisque l'ex-majorité, qu'on appelle désormais le socle commun, alors qu'ils n'ont quand même rien en commun entre la droite et les macronistes, ou en tout cas une partie des macronistes, avait prévenu qu'elle ferait tout son possible pour bloquer, évidemment, la proposition de la France insoumise et du reste de la gauche qui s'est alignée sur le parti de Mélenchon sur ce sujet. Alors, question de fierté face à cette réforme emblématique des années Macron, comme je le disais en introduction. Alors, un député macroniste me disait, cette réforme, j'en ai soupé, pour ne pas utiliser un mot plus vulgaire.
La gauche extrémiste nous a noyés sous les amendements à l'époque. C'est vrai qu'il y avait eu plus de, je crois, 12 000 amendements. J'ai été menacé dans la rue, me dit-il, hors de question de laisser les insoumis nous casser cette loi. C'est ce que m'explique ce fidèle macroniste qui fait partie des rescapés après la dissolution en juillet.
Alors, c'est vrai, on l'a dit, il y avait eu énormément d'amendements à l'époque, mais il faut quand même rappeler que, contrairement à la journée de niche parlementaire d'hier, l'ex-majorité avait tout son temps pour débattre, avancer ses arguments, répondre aux oppositions, alors que les niches parlementaires, par définition, c'est un groupe qui a carte blanche, en quelque sorte, pour, pendant une journée, porter des réformes à l'Assemblée nationale et éventuellement les faire voter, ça ne dure que 24 heures. Puis après, c'est comme Cendrillon, le carrosse, la citrouille, tout redevient comme avant.
Et donc, les macronistes et le socle commun, comme on l'appelle désormais, a fait feu des arguments. Et puis, on a entendu un peu tout et n'importe quoi, Théo. Par exemple, une députée pro-Cioti, alors c'est par chez moi, du barin, Eliane Crémer, qui est entrée dans l'histoire avec ce commentaire très intelligent. Regardez ça. Par ailleurs, je vous rassure, à 64 ans, tout comme à 60 ans, nous sommes encore dans une bonne forme physique et on ne va pas directement ni à l'EHPAD, ni au cercueil. Il suffit. Maintenir cet article serait totalement irresponsable. Sur les finances publiques et par voie de conséquence, sur la position et l'image de la France sur la scène internationale.
Je vous remercie. Voilà, donc il faut défendre la réforme des retraites au nom du dynamisme des clubs du troisième âge qui remplissent les agences de voyage. Théo, c'est super original. Un peu hors sol quand même. Alors, il y a eu le même type d'argument développé par la députée macroniste du Nord, Liso. On l'écoute. Juste le Netflix pour vous occuper de vos petits-enfants. Alors, je voudrais aussi préciser qu'à 60 ans, on est encore très en forme. Je peux aussi... Donc là, c'est une députée qui défend les sexagénaires en pleine forme qui doivent continuer à travailler pour s'acheter leurs cigarettes ou payer leur abonnement Netflix.
Non, non, non, Nils. L'abonnement Netflix de leurs petits-enfants. Il faut suivre.
Pardon, pardon. Des petits-enfants. Des petits-enfants. Oui, c'est vrai, c'est vrai. C'est vrai. Il y a toutes les excuses aux spectateurs qui regardent. Et ratoum. Alors, ça n'a pas plu aux Insoumis, et notamment à Louis Boyard, qui a qualifié sur X la députée de bourgeoise. Et donc, l'élu un peu piqué s'est fendu d'une diatribe assez ébouriffante. On l'écoute. Alors, je prends la parole en tant que bourgeoise. Je n'en ai pas honte, et je n'en aurais pas honte si c'était le cas. Mais je ne vais pas vous raconter ma vie. Je ne vais pas vous raconter ma vie, mais renseignez-vous un peu, monsieur Boyard, avant de qualifier les gens. Il n'est même pas là.
De toute façon, vous lui répéterez, puis ça pourra faire l'occasion d'un autre tweet. Alors, la bourgeoise a commencé à travailler à 14 ans, le samedi, pour aller à l'école. Voilà. La bourgeoise a commencé à travailler à 18 ans. Voilà. Alors, bon, c'est des arguments un petit peu éclatés, parce qu'en réalité, on sait que les retraités qui ont le plus travaillé, qui ont le plus travaillé en des conditions difficiles, eh bien, ils ont une espérance de vie moindre, tout simplement. Et il y a eu plusieurs études qui ont été faites, qui documentent très bien.
Je ne vais pas toutes les redire ici, mais par exemple, l'écart d'espérance de vie entre un homme ouvrier et un homme cadre, c'est quand même 7 ans, selon une étude de l'INSEE qui est parue opportunément cette année. Il y a beaucoup d'autres exemples. Et donc, voilà, c'est des arguments qui ne sont pas valides.
Et puis, alors, l'autre argument aussi des macronistes, pour résister de toute leur force à cette demande d'abrogation qui, pourtant, concerne les trois quarts des Français, puisque la réforme fait quand même l'unanimité contre elle, ou la presque unanimité contre elle, ça a été de dire aussi que les insoumis jouaient un jeu dangereux, parce que les insoumis font des listes, figure-toi. J'ai vu ça, on a vu ça sur les réseaux sociaux. Alors, en fait, bon, on rappelle quand même que les votes sont publics, en fait, que les députés votent à main levée dans l'hémicycle ou qu'ils votent sur leur petit boîtier qu'ils ont devant eux. Les votes sont comptabilisés.
Et puis, surtout, ils sont inscrits au procès verbal. Ils sont disponibles publiquement sur le site de l'Assemblée. Je doute qu'on puisse effectivement en faire un argument de menace contre les élus de la République. Mais enfin, voilà, c'était l'un des arguments du socle commun.
En plus, bon, là, tu parles des disputes, des sorties de route, mais ça a failli aller plus loin.
Oui, alors la situation a dégénéré dans la soirée, vers 22h, quand le député modem, Nicolas Turquois, a tenté de faire acte de violence sur un député PS. Alors, Turquois avait pourtant débuté la journée assez en bonne forme et dans un esprit de fraternité, en annonçant qu'il allait calmement débattre du texte de LFI avec ses collègues députés regardés. A travers ce texte, monsieur le rapporteur et les députés du NFP,
vous trahissez ces deux messages. La ligne, rien que la ligne, même si elle mène notre système de retraite droit dans le mur. Ce n'est ni plus ni moins que l'effondrement de notre modèle social que vous voulez acter. Et c'est avec le Rassemblement National que vous voulez mener ce travail de sape. Alors, le groupe démocrate, avec nos collègues du bloc central, nous allons démontrer tout au long de cette journée, point par point, calmement, en responsabilité, combien ce texte est dangereux et comment surtout nous pourrions œuvrer utilement pour améliorer notre rapport à l'emploi et donc nos conditions de départ en retraite. Les véritables enjeux sont là.
Voilà, alors c'est une bonne résolution qui n'a pas tenu au fil des heures, puisque, voilà, donc je le disais, vers 22h, voici ce qu'on a pu observer dans l'hémicycle de deux points de vue différents. Mais qu'est-ce qui s'est passé, Nice ? Alors, c'est vrai que sur les vidéos, on voit effectivement qu'il y a eu une bagarre au centre de l'hémicycle, mais c'est vrai que ce n'est pas hyper clair. Donc, j'ai effectivement, avec mes confrères et consoeurs journalistes parlementaires, on a retracé le fil de l'altercation. En fait, Nicolas Turquoise s'est approché du député PS Michael Boulou, qui était sur un banc pas loin de lui, pour le prendre violemment à partie.
Parce que, voilà, il y avait des moqueries entre les deux. Ma famille a été menacée. Ce sont des personnes de ton village, a-t-il hurlé. Donc, manifestement, il y a une affaire personnelle entre les deux hommes. Et donc, il a tenté de faire un geste physique, de violence physique contre son collègue. Alors, il a fallu que des députés LFI, dont Antoine Léoman, s'interposent pour l'en empêcher. Et ça a failli partir, comme on le disait, en baston. Et heureusement, on le voit sur les images, les huissiers de l'Assemblée se sont interposés. Bref, on peut dire que Turquoise a craqué. Rappel. Personne n'a craqué ! Personne n'a craqué ! Voilà.
Alors, bon, c'est quand même difficile aujourd'hui de savoir ce qui a mis Nicolas Turquoise dans cet état. Selon mes informations, la buvette de l'Assemblée était bien ouverte hier soir. Ça, on peut quand même le dire. De là à penser que Nicolas Turquoise en a profité. Au groupe Modem, personne n'a souhaité me répondre et balancer. Le président Fénaud, qui est le président du groupe Modem, a sobrement commenté que ça pouvait arriver à tout le monde. Un petit écart de violence. Qui n'a jamais essayé de mettre une tarte à son voisin, au travail, à son collègue de travail. C'est vrai. Mais enfin, à gauche, on me souffle quand même que l'élu avait l'air assez rouge, je cite, hier soir.
En tout cas, le bureau de l'Assemblée, qui est aussi l'instance disciplinaire de l'institution, devrait se pencher sur son cas, puisque le groupe PS notamment et le reste de la gauche réclament des sanctions. Alors, au Modem, on a quand même senti que ça sentait, c'est le cas de le dire, le brûler, puisque ce matin, Turquoise s'est expliqué, ou en tout cas a tenté de s'expliquer sur son geste sur BFM. Le sujet a dérapé à partir de ce moment-là.
Et puis après, il y a eu le reste. Et vous, M. Léomont, vous n'avez eu aucune volonté de lui assigner une baine comme il le dit. Il m'a d'abord insulté. Et donc, je suis allé vers lui de façon effectivement dynamique. On va dire ça. J'ai été humain. En face de moi, il y a des charognards qui sont même prêts à mettre en pression votre entourage. Voilà, c'est évidemment que je le regrette. Je présenterai mes excuses à M. Boulou. C'est une évidence parce que ce n'est pas à mon image.
Je l'ai fait. Je dois l'assumer. Je le regrette. Donc, le député explique qu'il y est allé de façon dynamique. Donc, c'est quand même un gros euphémisme, Théo, pour qualifier des violences. Le député regrette son geste, tout en assurant quand même son mépris envers, je cite, les charognards de la gauche, dont LFC. Donc, je ne sais pas si on peut dire qu'il s'agit d'excuses sincères. Je ne crois pas. Heureusement, comme l'a rappelé Philippe Juvin, député à l'air tendance macroniste hier à l'Assemblée. Le vote que vous allez faire aujourd'hui est un vote que l'Europe entière regarde. Nous ne pouvons pas voter comme des enfants.
On va plutôt espérer que le monde ait été occupé à autre chose pour garder une certaine image de respectabilité parce qu'effectivement, ce petit cirque est assez grotesque. Alors, Nils, c'est le grand retour du flambé. On pourrait dire au secours, Hollande revient et il veut se battre. Affronté, Jean-Luc Mélenchon, en duel.
Oui, alors, c'est plutôt un débat. Ils ne vont pas prendre chacun l'épée pour se battre. C'est nos confrères du Figaro qui révèlent cette information, ce qui est intéressant au passage que Hollande s'adresse au Figaro. Enfin bon, l'entourage de l'ex-président fait savoir qu'il serait intéressé pour débattre avec Mélenchon. Alors ça, c'est vraiment typique quand même des politiciens, quel que soit d'ailleurs leur bord politique. Ils sont tous persuadés qu'ils ne sont jamais vraiment morts professionnellement.
Regardez Hollande, il a beau être parti avec le pire score de popularité pour un président sortant de la Vème République, il s'est fait réélire député en profitant du nouveau Front populaire. Il a sorti un petit bouquin sur l'Europe en mai. Ça lui a permis de faire la tournée des popotes médiatiques. Et puis, il pense renouer avec une forme de popularité dans les sondages. Alors évidemment, c'est un grand classique des présidents. Quand ils ne sont plus en exercice, ils sont plus populaires. Voilà, c'est mathématique. Et puis, alors, j'évoquais avant la mortalité en politique, Hollande a un modèle, c'est Mitterrand.
Mitterrand qui l'a aperçu à un meeting porte de Versailles à Paris quand il avait 18 ans. C'est ce qu'on peut appeler le moment de fondation politique de François Hollande. Et Mitterrand, lui, n'a pas eu la bataille pour la présidence facile. Il s'est battu. Il a été en 1965. Il a été à nouveau battu. C'était par Valéry Giscard d'Estaing en 1974. Et il a fallu atteindre 1981 pour qu'il arrive à l'Élysée. Contraint à une cohabitation en 1986, réélu triomphalement en 1988. C'est le phénix. On ne meurt jamais en politique, me rappelle un proche de Hollande que j'ai contacté hier pour préparer cette émission.
Mais pourquoi c'est Jean-Luc Mélenchon qui le veut affronter ? Est-ce que Jean-Luc Mélenchon lui-même aurait intérêt à un débat avec François Hollande ?
Oui, c'est une fausse surprise, en fait, ce débat. Parce qu'en réalité, c'est logique. Et puis, ça montre que Jean-Luc Mélenchon est devenu le boss de la gauche depuis la déconfiture du Parti Socialiste et la recomposition des partis de gauche. Au passage, ça envoie une bonne gifle à fort avant le congrès du PS. Ça, c'est du Hollande tout craché. Ça permet de délégitimer l'actuel premier secrétaire du Parti Socialiste qui avait fait le droit d'inventaire du parti et du quinquennat Hollande après ce quinquennat absolument désastreux et le score cadavérique du PS par la suite.
Et puis, c'est pour François Hollande un coup double puisqu'il veut aussi faire tomber Mélenchon de son socle, comme le montre son interview hier sur France Inter où il a pointé, excusez du peu, le déficit de popularité du tribun de la France insoumise. Regardez.
Surtout que moi, j'ai fait 52% au deuxième tour de l'élection, que j'ai fait 28% au premier tour. Pour gagner une élection présidentielle, il faut faire ce niveau-là. Par ailleurs, il a fait ces résultats-là parce qu'il n'y avait pas une offre politique qui permettait à la gauche d'être représentée.
Et pourtant, il y avait le Parti Socialiste qui était là.
J'ai parlé d'une offre politique qui était suffisamment attractive et suffisamment convaincante pour l'emporter. Il y a eu un vote utile aussi sur Jean-Luc Mélenchon parce que la gauche, quand elle se trouve dans une situation où elle doit faire un choix, elle fait un vote utile. Mais aujourd'hui, la position et même la personne de Jean-Luc Mélenchon sont les plus rejetées dans l'opinion publique. Je ne me trompe pas. Donc, quand on a autant de niveaux de détestation, quand on a autant de niveaux de refus, de réprobation, ça pose quand même une question. Donc, on peut s'acharner sur une candidature. Ce n'est pas ma position. On peut s'acharner sur une candidature, c'est celle de l'auditeur.
Ça ne changera rien à la réalité politique.
C'est quand même assez gonflé de la part de François Hollande. Je le disais avant, il est parti quand même sous les huées des Français à l'époque. Il a fiché moins de 20% d'opinion positive. Le pire score à ce jour de la Ve République pour un président en fin d'exercice. Est-ce que François Hollande est le mieux placé pour faire la leçon de popularité à Jean-Luc Mélenchon ? On peut en douter. Alors, en plus, il est remis en cause quand même, François Hollande, par une partie des députés PS. Alors, il y a les anciens. Il y a aussi des plus jeunes qui gardent une dent féroce contre l'ancien président. Ils se souviennent de ses trahisons sociales pendant son mandat.
Il y a eu la loi travail, la loi immigration, la déchéance de nationalité, les lois Macron. Enfin bon, la liste est longue. Il y a aussi son travail à l'Assemblée qui est remis en cause. Un député, par exemple, me disait que si Hollande avait fait le choix de siéger en commission des affaires étrangères, c'est parce que le boulot est assez léger puisque Emmanuel Macron prend toute la place depuis l'Elysée sur le sujet, ce qui est normal. C'est le précaré du président. Et puis, on peut aussi en déduire que Hollande prend un malin plaisir à Titi et Mélenchon dès qu'il le peut, comme lors des dernières législatives.
On se souvient en juillet, après cette fameuse dissolution, grande réussite d'Emmanuel Macron, regardez ce que disait l'ancien président de la République. Un message à faire passer, c'est que Jean-Luc Mélenchon, il y a deux ans, à un moment, il y a une possibilité qu'aujourd'hui, s'il veut vendre service au nouveau Fonds populaire, il faut qu'il se mette de côté. Il se tait.
Et que pense, finalement, Jean-Luc Mélenchon de la proposition de François Hollande ?
Alors, je n'ai pas eu Jean-Luc Mélenchon en ligne. Il doit être un peu occupé, mais j'ai contacté l'un de ses plus proches et le feu est plutôt au rouge. Si c'est pour débattre avec la droite libérale, autant débattre avec un candidat de l'avenir, pas du passé. Voilà, donc ça, c'est un petit tacle à François Hollande en réponse. Voilà, donc a priori, Jean-Luc Mélenchon n'est pas hyper chaud pour débattre avec François Hollande, mais enfin, ça a pu évoluer. Comme tu le sais, la politique, ça change, ça évolue.
Il y a un conseiller politique qui est habitué à tous ces bisbis à gauche et toutes ces mises en scène, qui me disaient mais tout le monde se lève pour Danette, pour Flamby, c'est moins sûr. C'est-à-dire un peu le peu de gourmandise finalement que suscite ce retour annoncé de François Hollande.
Alors, le dernier sujet, Anne Jenté, la ministre de l'Éducation qui fait son coming out de la manif pour tous, on va dire. En tout cas, on peut déduire.
Oui, alors c'est vraiment le scandale de la semaine. Théo, et pas seulement à l'Éducation nationale. Donc, Anne Jenté, qui est notre ministre en titre, serait une adepte de la prétendue théorie du genre. Alors, tu sais, la théorie du genre, c'est cette fameuse panique morale de l'extrême droite importée des États-Unis qui vise en réalité à empêcher l'école de lutter contre les stéréotypes sexistes, homophobes, etc., transphobes, sous prétexte de protéger les gamins, évidemment. Alors, l'offensive, elle a commencé au Sénat avec le ministre délégué de l'Éducation nationale, c'est Alexandre Portier.
C'était mercredi après-midi, donc devant les sénateurs, il a violemment critiqué le programme d'éducation à la sexualité qui est débattu actuellement, regardez. L'école a pour mission de protéger nos enfants et en même temps de les aider à construire leur jugement par eux-mêmes. C'est pour ça, effectivement, qu'il faut un programme pour les aider à comprendre le monde qui les entoure. Mais c'est aussi pour ça qu'il est évidemment hors de question de laisser faire tout et n'importe quoi. Et je vous le dis à la fois comme élu mais aussi comme beaucoup ici en tant que maire de famille, ce programme, en l'état, n'est pas acceptable et il doit être revu.
Et aujourd'hui, j'ai trois réserves importantes que je partage avec une totale franchise avec vous. Premièrement, je m'engagerai personnellement pour que la théorie du genre ne trouve pas sa place dans nos écoles parce qu'elle ne devrait pas y avoir sa place. Deuxièmement, le militantisme n'a pas non plus sa place dans nos écoles. Et je veux un encadrement très strict de tous les intervenants qui auront apporté ces sujets dans nos établissements parce qu'il est hors de question de laisser nos écoles se transformer en terrain militant.
Troisièmement, je veux aussi une meilleure prise en compte du développement de nos élèves parce que toutes les notions qui doivent être évoquées dans ces matières doivent être en fonction évidemment du développement de nos élèves et avec sagesse pour décider avec l'Académie des sciences et l'Académie de médecine ce qui est le plus approprié. Je vous remercie. Voilà, donc portier qui est, c'est la tendance réacte du gouvernement.
C'est un proche de Laurent Wauquiez, c'est un ex-prof de philo, il a été étudiant à l'Institut catholique de Paris et donc il fait partie de toute cette frange comme Rotaillot, le ministre de l'Intérieur, Laurence Gervais, son affidée ou encore Haute-Mann Nassereau, c'est toute cette frange en fait du gouvernement, c'est le retour de l'ancienne droite et de la nouvelle droite réac qui a été réintroduite aux affaires grâce à la fameuse dissolution d'Emmanuel Macron et à son refus d'appeler la gauche au pouvoir.
Bref, ce discours devant les sénateurs, c'est un peu le retour de la manif pour tous au gouvernement et puis c'est vrai que ça nous ramène tristement en arrière puisque pour les plus anciens qui ont subi plus que vécu les débats autour du mariage pour tous, c'était quand même extrêmement violent à l'époque. Alors le problème, c'est qu'on aurait pu penser à un dérapage isolé sauf que le soir même, Portier en fait est validé par la ministre en titre donc Anne Jeuneté, c'est-à-dire qu'elle s'aligne en réalité sur ses propos et c'est ce qu'annonce son cabinet aux journalistes estomaqués.
Alors j'en faisais partie via une consoeur qui m'a mis au courant et vraiment c'est une position qui a suscité un séisme au ministère de l'Éducation nationale et aussi chez les syndicats parce que le programme en fait d'éducation à la sexualité donc il y a un volet effectivement sur l'identité de genre pas la théorie du genre parce que la théorie du genre n'existe pas donc il y a un volet sur l'identité de genre qui est prévu et qui a été accepté et validé par les huiles du ministère mais aussi par le conseil qui gère les programmes qui est donc réuni des élus, des spécialistes, des experts, etc.
Et donc en plus la ministre avait défendu ce programme notamment face au média Bolloré qui mène l'offensive réactionnaire il y a dix jours à peine le 19 novembre regardez c'était sur Europe 1 et CNews Rapidement que répondez-vous à ceux qui affirment que c'est une possibilité de diffuser les théories du genre à l'école ?
Non, ça n'est absolument pas présent dans ce programme pas du tout on est vraiment sur la vie relationnelle le consentement le respect d'autrui la lutte contre les violences faites aux femmes l'égalité filles-garçons des choses fondamentales de base qui ne sont pas toujours enseignants-famil parfois on peut avoir des difficultés ce programme vraiment est très progressif très séquencé et aura lieu à la raison de trois séances par an et par élève en dehors du temps scolaire voilà donc finalement ce jeudi devant la pluie de critiques la ministre de l'éducation a rétropédalé devant BFM et devant toute la presse à l'occasion d'un déplacement regardé l'école de la république c'est une école dans laquelle il n'y a pas d'idéologie ce programme n'a pas d'idéologie la théorie du genre elle n'existe pas elle n'existe pas non plus dans ce programme évidemment on apprend la différence fille-garçon on se respecte pour ce qu'on est et c'est tout ça n'existe pas ça n'existe pas mais votre ministre délégué hier a dit qu'il se battrait pour que ça n'existe pas dans ce programme mais il a utilisé ce terme il n'y a qu'une seule ligne la ligne du ministère c'est la ligne que je défends c'est moi qui pilote ce programme le programme qui est pour le premier degré éduqué à la vie affective et relationnelle point et pour le second degré éduqué à la vie affective et relationnelle et à la sexualité comme le prévoit le code de l'éducation voilà donc la théorie du genre ça n'existe pas c'est ce qu'affirme la ministre qui a l'air un peu agacée mais enfin elle insiste quand même à plusieurs reprises dans son intervention sur la différence fille-garçon fondamentale pour elle histoire quand même de rassurer les parents réac
alors quels sont les dessous de cette histoire tout ça sort alors j'ai quand même
j'ai quand même cherché à comprendre j'ai contacté son cabinet alors on m'explique c'est elle qui pilote ce programme et seulement elle point me dit-on alors on m'a accueilli fraîchement pour tout vous dire comprendre on n'est pas ravi de cette polémique et on met tout sur le dos de Portier qui lui serait un vrai réac contrairement à la ministre voilà donc le fusible c'est vieux comme le monde alors c'est vrai en plus que Alexandre Portier entretient une confusion entre la prétendue théorie du genre et l'identité de genre l'identité de genre ça n'a rien à voir avec l'orientation sexuelle c'est le fait pour un homme ou une femme d'être de se sentir homme ou femme parfois non binaire c'est-à-dire ni strictement homme ni strictement femme et l'identité de genre d'une personne peut ne pas correspondre à son sexe biologique c'est ce qui explique notamment ce programme d'éducation à la sexualité qui va être ensuite transmis au professeur et en tout cas Anne Jeuneté assure aujourd'hui et son cabinet fait le travail de n'avoir jamais repris les théories de la droite et de l'extrême droite alors en plus j'ai enquêté il s'avère que le dit portier a participé à la mise au point de ce programme d'éducation à la sexualité au conseil supérieur de l'éducation c'est ce qu'on m'a dit Rude Grenelle et donc le vote était unanime c'est ce que confirme un participant à ce conseil et portier qui était membre de ce conseil donc ne s'y est pas opposé même parfois lorsque les discussions étaient animées par exemple on a entendu me dit-on les associations de familles catholiques qui étaient conviées ou le collectif de Zemmour même parent vigilant qui est connu pour terroriser les profs un peu humanistes qui font comprendre à leurs élèves que non l'immigration n'est pas forcément un danger pour la France et à l'occasion de ce débat un peu nauséabond on a même revu de vieilles connaissances par exemple Ludivine de La Rochère elle-même la grande prêtresse de la même mise pour tous de tristes mémoires bref toujours est-il que selon mes informations Alexandre Portier à l'époque n'a pas bouffeté face au programme d'éducation à la sexualité qui est prévu et on me dit il me semble qu'il n'est pas intervenu une seule fois et en tout cas il ne s'est pas manifesté en faveur de l'inscription de l'identité de genre dans ses programmes c'est ce que m'a assuré ce matin un membre de ce conseil alors si on comprend bien la ministre elle est blanchie alors quand même pas complètement on se demande si Genetée ne nous prend pas pour des imbéciles en jouant un double jeu elle est tout sourire face au syndicat où elle assure qu'elle-même en tant que médecin ce qu'elle est de profession elle est pour éduquer les enfants contre les stérantiques de genre le sexisme l'homophobie etc mais elle est aussi tout sourire avec les réacts d'un autre côté parce qu'elle a quand même répondu présente auprès des médias d'extrême droite comme Valeur Actuelle ou le JDD pour les rassurer sur la prétendue théorie du genre ces derniers jours Ruth Grenelle au ministère on s'interroge sur ce nouveau cafouillage parce que c'est pas son premier s'agit-il d'un geste envers la droite et le RN face au risque de censure du gouvernement puisqu'on le sait le gouvernement Barnier est sur la sellette menacé par le Rassemblement National c'est ce que me disait une huile du ministère qui s'interroge et qui désespère un peu face à ce manque d'expérience de sa ministre en tout cas je ne t'ai qui assurait qu'elle n'avait jamais travaillé sur l'école avant de devenir ministre c'est ce qu'elle a récemment confié au point et elle disait ma fraîcheur me permet d'aborder mes dossiers et mes interlocuteurs sans arrière-pensée disait-elle bon c'est plus classe quand même que d'avouer qu'elle ne connait rien au dossier
à ce prix-là on va devenir patron du nucléaire Nils pourquoi pas on a de la fraîcheur boum bon peut-être pas vendredi matin après avoir travaillé quand même une partie de la nuit en tout cas merci Nils pour toutes ces explications et ces informations et merci à vous d'avoir regardé cette émission dites-nous ce que vous avez pensé en commentaire si vous nous regardez par Youtube et par email si vous nous regardez à la télé nous sommes fin novembre le Média votre Média a engagé sa grande campagne de dons et d'abonnements de fin d'année une campagne qui vise à nous permettre de rester debout de continuer cette émission que vous appréciez et de mener la bataille des idées dans un contexte de fascisation des sphères politiques et médiatiques nous avons déjà récolté 41 000 euros mais ce n'est malheureusement pas assez si vous le pouvez allez sur lemédiatv.fr slash soutien et donnez-nous de la force donnez-vous de la force restez connectés aux médias et dans un autre
extérieure et dans un autre autre
François Hollande