Garantir les droits avec Gabrielle Cathala - PODCAST 6E REPUBLIQUE EPISODE 5
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
que lorsque la France qui était le premier pays au monde à inscrire la liberté d'avorter dans la Constitution l'a fait le 4 mars 2024. On en a parlé dans le monde entier, le fait d'inscrire dans la loi le consentement, c'est là que la loi est un vecteur en fait de d'éducation populaire et montre que la société évolue, qu'elle a qu'elle a changé et que chaque individu peut s'approprier ses nouvelles notions pour mieux se sentir protégé. ce qui est le dénominateur commun de tout ce qu'on propose, c'est la liberté, la maîtrise de soi euh jusqu'à la fin, le droit d'être maître de soi-même.
Bien, bonjour Gabriel. Salut. Salut.
On se retrouve pour ce 6e épisode du podcast qu'on fait sur la 6e République et qui là est consacré aujourd'hui à la question qui est une question non seulement essentielle mais je pense particulièrement porteuse d'espoir celle des nouveaux droits parce que la 6e République on sait que ça va être des mécanismes de contrôle supplémentaire sur les élus davantage de pouvoir d'intervention pour les citoyens mais et tu vois il y a une petite anecdote que je que qui me vient à l'esprit Là, quand quand je te parle, c'est euh à un moment donné, j'avais un collègue prof de droit, il avait fait euh à ses étudiants rédiger une sorte de nouvelle constitution de la 6e République en disant "Bah, allez-y, euh enfin laissez libre cours à votre imagination quoi." Donc ils y vont, ils composent et cetera et puis ensuite pouf bilan des courses, il leur dit "Vous vous rendez compte que vous n'avez fait qu'une chose les uns les autres, c'est ajouter des pouvoirs de contrôle sur les élus." Alors c'est en même temps, c'est normal, c'est bien, c'est une revendication qu'on porte aussi sur la révocation des élus, mais il dit "Vous n'avez créé aucun nouveau droit." Or, c'est vrai que c'est une perspective qui est particulièrement importante, je pense, enfin pour dire bah la 6e République, ça va être à la fois plus démocratique, mais c'est aussi une nouvelle phase quelque part dans l'histoire générale de la conquête des droits, du progrès humain, du progrès des droits humains.
Et je pense que c'est particulièrement important dans le contexte actuel. Et du coup, je me demandais si pour commencer un peu ce moment qu'on passe ensemble, tu pouvais nous dire pourquoi ça te semble important également d'inclure des droits fondamentaux comme ça dans une démarche de changement de la Constitution et puis peut-être pourquoi pas une nouvelle déclaration des droits ? Mais ça serait important puisque notre 6e République serait une nouvelle étape dans l'émancipation humaine.
Donc on a toujours eu pour idée d'y mettre une nouvelle charte des droits fondamentaux euh qui ne ferait pas table rase de tout ce qui a pu exister puisqu'on y garderait euh la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. On y mettrait des droits dit environnementaux qui s'inspireraient de la charte de l'environnement qui est déjà dans la constitution mais qui est beaucoup plus aboutie. Euh et on y mettrait également des droits euh qu'on dit qu'on appelle euh sociaux et économiques qui sont ceux du préambule de 46 euh issu de la Seconde Guerre qui qui font déjà partie du bloc de constitutionnalité même s'ils ne sont pas respectés, notamment le droit à la sécurité matérielle dont on parle quand il est question de retraite et cetera sur le droit droit au travail des choses.
Ou ouais ouais sur le sur le les droits fondamentaux, c'est important de les garder dans la constitution et de les inscrire parce que la 6e République redéfinirait tous les pouvoirs et tout notre manière de fonctionner. ce serait à l'Assemblée constituante de le définir, mais le fait de les inscrire dans la Constitution permet de les garantir et de les protéger et permet qu'il soit plus dur d'y renoncer ou de revenir sur ces droits. notamment, on a un exemple récent qu'on a déjà remporté avant même d'avoir cette 6e République, c'est l'IVG puisque depuis 2012 Jean-Luc Mélenchon proposait d'inscrire le droit à l'avortement dans la Constitution et c'est finalement nous qui avons amorcé ce progrès là après 2022 puisque lorsque l'arrêt de la Cour suprême des États-Unis a remis en cause le droit à l'IVG et que des États fédérés américains se sont engouffrés dans la brèche pour supprimer ce droit de leur droit national.
Nous, on a tout de suite déposé une proposition de loi constitutionnelle à l'Assemblée nationale. C'est proposé par notre présidente Mathilde Panot pour que l'IVG soit garantie. Et ensuite, on l'a fait voter à l'Assemblée nationale et c'était la première fois puisque toutes les précédentes fois on l'avait proposé notamment 2018 lors de la révision constitutionnelle stoppée par l'affaire Benala, il y a Elbron Piv et les autres députés Macronist qui étaient opposés et nous on sécurisait réellement ce droit puisque non seulement on l'inscrivait d'une manière très protectrice, notre rédaction était la plus la plusie voilà par rapport à celle qui a été finalement retenue.
Celle qui a été retenue parle de liberté. C'est ça pas de Voilà celle celle de celle de qui a été retenue, elle parle de la de la liberté pour la femme d'avoir recours à l'avortement dans un cadre défini par la loi. Et en fait, elle ajoute, bon c'est un peu technique, mais elle ajoute à l'article 34 le fait que la loi encadre le loi le la liberté d'aborter alors que nous on c'était un article individuel, un article séparé dans le même chapitre où la la peine de mort est abolie. dans la Constitution euh qui permettait non seulement de protéger le droit à l'avortement mais aussi le droit à la contraception qui finalement a été supprimé qui est aussi un droit important que nous on ou d'une certaine façon ce que tu nous dis là c'est que il y a du travail qui reste à faire aussi sur ce volet là c'est que nous on pourrait très bien on pourrait très bien inscrire remettre notre rédaction dans le sens où nous il y avait la contraception il était spécifié que la que ce droit devait être effectif et grave gratuit h et ensuite il était rédigé de telle sorte qu'on ne pouvait pas y renoncer.
C'est-à-dire il y avait une sorte de principe de non régression. Alors alors que là tel qu'il est rédigé par exemple dans la la française actuelle, l'avortement l'IVG est possible jusqu'à 14 semaines. Dans la Constitution telle que c'est rédigé, on pourrait très bien renoncer revenir à 12 semaines, 10 semaines.
On pourrait renoncer à la gratuité. Bref, quand on voit les obstacles réels, parce que c'est bien gentil d'écrire des des des des principes dans la constitution, mais ensuite il faut qu'il soit effectif. Quand on voit aujourd'hui les entraves, les centres pour IVG qui ont fermé, les déserts médicaux, les mouvements anti-choix qui peuvent proliférer, on se finalement on se rend compte que la rédaction telle qu'elle a telle qu'elle a été adoptée est une grande victoire d'abord des associations féministes et c'est un grand progrès, mais il reste encore du chemin à faire.
C'est la même chose sur euh euh tous les autres droits nouveaux qu'on propose. Le droit à mourir dans la dignité qui pareil a été un grand combat de Jean-Luc Mélenchon depuis la première campagne présidentielle. Tout à fait.
Qui a un enjeu du débat aujourd'hui. Mais si je peux juste m'arrêter un tu vois si on s'arrête un instant sur la question de l'avortement parce que c'est très intéressant là ce que tu disais sur à la fois les enjeux de la lutte mais le fait que la lutte politique à ce moment-là elle est connectée à la société. Alors, tu dis aux associations féministes mais aussi aux enjeux internationaux et aux menaces qui pèsent sur les droits quelque part.
Tu vois le on dit, je me rappelle des premiers débats sur le droit à l'avortement, quel était le grand argument de l'extrême droite ? C'était de dire bah de toute façon ça sert à rien de le constitutionnaliser, il n'est pas menacé. H et là on voit qu'avec Trump qui arrive au pouvoir, je veux dire c'est c'est une attaque frontale massive déterminée comme telle qui pèse sur le droit à l'avortement et on l'a vu aussi avec des gouvernements d'extrême droite dans l'est de l'Europe.
Du coup, la question que je je me pose et mais ça vaut très vraisemblablement et certainement sur aussi les autres droits nouveaux, c'est est-ce qu'on peut pas penser d'une certaine façon que la constitutionnalisation des droits, le fait y compris de poser une charte de nouveaux droits fondamentaux comme un acte politique fort, ben ça participe pas aussi d'un combat international et internationaliste quoi. Oui, bien sûr. puisque lorsque la France qui était le premier pays au monde à inscrire la liberté d'avorter dans la Constitution l'a fait le 4 mars 2024 puis ensuite la constitution a été scellée.
C'était symbolique le 8 mars 2024 donc ça fait un an. Euh ça ça on en a parlé dans le monde entier et ensuite au sommet international des Nations Unies qui étaient dans la foulée à New York sur l'élimination des violences à l'égard des femmes. Le sommet annuel la France a été et les députés françaises donc des députés de notre groupe qui ont participé ont été accueillis comme les personnes qui ont vraiment porté quelque chose de fondamental pour finalement toutes les femmes du du monde entier.
Et le quand on voit ce qui se passe avec Trump, ben on se rappelle que l'extrême droite va toujours s'attaquer au corps des femmes en premier. Euh et c'est pas uniquement Trump puisque madame Le Pen et son son entourage à l'Assemblée nationale sont partis. Quand on regarde leurs votes, ils s'y sont très souvent opposés et là lors du vote de la constitutionnalisation, il y a une très grande partie du groupe Rassemblant national qui s'est abstenu.
Ouais. D'autres qui ont voté contre, mais dans leur groupe, il y a toujours des gens qui par le passé ont parlé d'avortement comme de génocide et d'autres qualitatifs complètement caricaturaux et et scandaleux. C'est la même chose au niveau au niveau du Parlement européen et ensuite ils vont mener ça permet peut-être de faire une transition avec un autre droit d'autres droits nouveaux. il mène une offensive anti personne trans et c'est pour ça que nous aussi euh on on souhaite inscrire euh la la liberté de changer de genre et le changement dans la loi le le changement libre et gratuit à l'état civil, c'est-à-dire de déjudiciariser la procédure puisque'aujourd'hui elle est faite devant un tribunal pour les personnes trans et c'est un une procédure très pesante, très longue et humiliante puisquil faut faire il faut apporter de nombreuses preuves, des avis psychiatriques des témoignages de l'entourage, il faut bref apporter les preuves qu'on a réellement changé de genre ce qui est relativement pesant et c'est pour ça que à la fois on a proposé tout ce qu'il faut faire pour le changer cette situation là dans la loi mais que la constitutionnaliser comme pour l'avortement comme pour le droit à mourir dans la dignité renforcerait davantage ce droit-là et en en ferait un droit consacré au rang constitutionnel, ce qui rendrait beaucoup plus difficile la possibilité d'y renoncer.
Oui, parce que c'est vrai qu'il y a la question quand on détermine comme ça à la fois une nouvelle constitution mais aussi des nouveaux droits fondamentaux, c'est aussi un signal politique qu'on envoie. Alors, on disait même au niveau international, mais aussi au niveau national parce que c'est le moment où le pays dit bah voilà la norme, voilà ce sur quoi on s'accorde et puis c'est vrai que quand il est question des droits personnels mais en réalité la norme qu'on doit se donner je pense dans y compris l'histoire qu'on a communément celle depuis la révolution française bah c'est que les droits et libertés personnelles des individus soient protégés parce que la Révolution française elle vient d'une certaine façon De là d'abord, c'est la lutte contre l'arbitraire et donc c'est la garantie des libertés personnelles. C'est c'est très lié à la question de la souveraineté populaire quelque part.
Il y a le peuple, on doit être souverain, on doit pouvoir décider mais aussi nos libertés doivent pouvoir être garanti. Moi, j'ai jamais compris pour être tout à fait honnête. Enfin, compris si parce qu'après on peut dire on peut compr on peut comprendre les motifs de la de la haine ou de mais des gens qui vont dans la rue massivement.
Moi je sais pas, j'avais une vingtaine d'années quand il y a eu tout le mouvement contre le mariage pour tous et je dis mais à quel à quel endroit à quel moment ça ça peut déranger autant de monde mais que des gens se marient comme ils veulent ou c'est pour moi c'est aberrent et il y a un côté aberrent parce que ça ne eux ça ne leur change rien à leur vie d'ailleurs par ailleurs ça a été une violence aussi pour mais ça leur retire aucun droit non bien sûr mais c'est ça mais ça a été une violence aussi pour des par ailleurs des enfants qui par qui ensuite bah voilà en grandissant ils se sont rendus compte que voilà ils appartenaient à la communauté LGBT quelque part et ils sont dit mais d'où on m'a envoyé manifester à ce moment-là ? Je je pense cet enjeu politique de dire ben là il y a il y a des nouveaux droits et en fait ces nouveaux droits bah il on les a tous en partage et puis ça envoie un signal politique de protection aussi parce que on voit bien l'ambiance quand même avec les critiques du walisme et cetera en ce moment il y a un peu l'idée de de stigmatiser et de en fait trouver des boules émissaires quoi. Oui bien sûr on envoie un signal de de protection on en fait des droits opposables.
C'est-à-dire la capacité pour les individus de de faire référence à ces nouveaux droits devant n'importe quelle juridiction pour pour se protéger. Et ce que tu disais sur le mariage pour tous bon pour l'IVG et vrai pour la loi bioéthique qui a légalisé la procréation médicalement assistée pour pour toutes les femmes et qui a finalement montré que la filiation n'avait pas de réalité biologique et que toutes les familles étaient des familles comme les autres. Et le et je pense aussi à une référence plus récente qui fait encore débat dans la société qui est celle du consentement. l'inscription dans la loi du consentement qu'on a proposé dans notre niche parlementaire.
Tout à fait. euh qui là aujourd'hui fait l'objet d'un rapport parlementaire qui est transpartisan, bref qui est porté par d'autres députés euh qui souhaitent aussi déposer une loi pour qu'elle soit réexaminée nouveau à l'Assemblée nationale puisque nous n'avons pas pu aller euh au bout de l'examen. le fait d'inscrire dans la loi le consentement, c'est là que la loi a un vecteur est un vecteur en fait de d'éducation populaire et montre que la société évolue, qu'elle a qu'elle a changé et que finalement on chaque individu peut s'approprier ces nouvelles notions pour mieux se sentir protégé et pour que les mentalités puissent évoluer sur le sujet.
Hm hm. Euh et c'est la même chose sur tous les droits collectifs qu'on propose. Bon, ça sera l'objet d'un autre épisode, les droits relatifs.
Oui. Oui. Droits sociaux ou écologiqu les droits sociaux écologiques qui sont qui sont des droits collectifs qui font partie aussi de notre de notre 6e République.
Ce serait défini par l'Assemblée constituante. Mais en tout cas, il y a tout un chemin à faire sur le sujet. Mais ce qui ce qui rassemble ce qui est le dénominateur commun de tout ce qu'on propose, c'est la liberté, la maîtrise de soi ou jusqu'à la fin, le droit d'être maître de soi-même, que ce soit la liberté de genre, l'IVG, les femmes, le droit à disposer de son corps quand on est une femme ou le droit à mourir dans la dignité, ce qui va qui va revenir aussi dans l'actualité puisque la loi fin de vie, bon là on parle pas de constitutionnalisé comme nous on le fait mais la loi fin de vie a été stoppée voilà par la dissolution de l'assemblée nationale, elle va revenir en débat à la fois euh donc la la légalisation du du de ce qu'on appelle le suicide assisté et l'amélioration des soins palliatifs qui vont là être en en en débat en mai juin à l'Assemblée nationale.
Et ça pareil, nous on ne fait que pour tout le tout ce qu'on propose, on ne fait que reprendre finalement ce que souhaite la société par que quand on parlait de l'IVG, voilà, de la contraception, c'était plus de 90 % des Français favorables à la constitutionnalisation, que ce soit la contraception ou l'IVG. Et quand on parle du droit à mourir dans la dignité, c'est depuis bien longtemps plus de 80 % des français qui sont favorables et le le et les débats ont été souvent les parlementaires en particulier les sénateurs, c'était en 2011 en fait n'étaient pas en phase avec le reste de la société qui était déjà favorable. Oui, complètement.
Et ça d'une certaine façon là quand on parlait de de cette dynamique d'extension des droits et puis du fait que ben tout le monde peut bénéficier de droit et que enfin c'est comme ça le sentiment général qui existe dans le pays, c'est compris même si on n' pas envie d'y avoir recours soi-même ou si on ne l'envisage pas pour soi-même, on n'est pas nécessairement opposé à ce que il puisse être garanti pour d'autres personnes. et pour le droit d'anité, je pense il y a beaucoup de situations de très grande souffrance aussi que qu'ont éprouvé bien bien des familles, bien des des personnes qui ont eu des amis qui voilà qui ont eu des fins de vie très difficiles et et c'est vrai, il y a il y a un enjeu là qui touche vraiment au à quelque chose d'existentiel pour tout le monde parce que on se on se projette difficilement de toute façon dans cette phase de de notre existence mais On sent bien, comme tu le disais que à ce moment-là aussi, on aura envie de garder la maîtrise de soi-même et ça renvoie à cette connexion où effectivement le le moment où les à la fois les droits fondamentaux et la question de la démocratie se posent à très grande échelle, mais c'est le moment où en fait on dit en tant que peuple, en tant que collectif, on peut être maître de notre destin et en tant qu'individu, on on doit pouvoir l'être également. Et c'est vrai que je pense que si on si on et on va y arriver à la 6e République, mais le moment où on dit bah il y a une nouvelle déclaration des droits honnêtement je pense ça serait un un signal universel, quelque chose qui serait discuté et tu le disais ça l'a déjà été y compris sur la constitutionnalisation du droit à l'avortement.
Ça aurait une portée vraiment générale parce que il y a quelque chose qui de ce point de vue-là moi m'a presque donné de l'espoir. Enfin, j'en ai déjà et puis on en a. Sinon, on serait pas engagé comme on est. le c'est le moment de la cérémonie d'ouverture des Joo parce que quand il y a eu cette cérémonie qui d'une certaine façon en tout cas sur la question des droits personnels je pense je mettais en scène quelque chose et puis y compris sur la révolution française j'ai eu l'impression alors il y a eu toute la polémique et cetera derrière sur le spectacle mais surtout depuis combien de temps il y avait pas eu dans ce pays un spectacle à échelle de masse pour dire la révolution française c'était génial Et puis les les nouveaux droits, la nouvelle société, le les choses telles qu'elles vont et ben on aime bien ça.
Enfin, et d'une certaine façon, j'ai l'impression de cette ambiance posée par cette cérémonie, elle prépare notre 6e République, elle prépare une nouvelle déclaration des droits et je suis complètement d'accord avec toi sur le fait que ben très largement euh les citoyens, ils sont favorables et donc de d'acter ça, d'acter un certain nombre de droits fondamentaux, mais ça permet aussi de se protéger sans doute euh de des attaques ensuite répété que les réactionnaires peuvent produire contre contre tout type de droit quoi. Parce que c'est pareil sur l'aide à mourir dans la dignité qui s'y est opposé finalement les mêmes que pour les autres quoi. Oui.
L'aide à moins dans l'animité. Ceux qui sont opposés, c'est évidemment les LR qui ont un électorat catholique très opposé ou et le rassemblement national et le reste, il y a une une un accord transpartisan sur le sujet puisqu'il est maintenant dépassé de s'y opposer comme il était dépassé pour des sénateurs de s'opposer à l'inscription de la liberté d'avorter. Mais sur ce que tu disais sur la cérémonie d'ouverture, effectivement c'est la France telle que pas forcément telle qu'elle est à 100 % puisque notre pays est quand même composé de très nombreux réactionnaires et on l'a vu avec on l'a vu avec les élections législatives de 2024 où le le rassemblement rassemblement national a a conquis des millions d'électeurs mais tel qu'elle devrait être pour parler au monde et telle qu'elle parle au monde quand elle est quand elle est comme ça puisque il est vrai que les gens Quand ils pensent à la France, ils vont ils vont on a parlé, ils vont ils vont penser par exemple à la constitutionnalisation de l'IVG, ils vont penser à la sécurité sociale, ils vont penser au pays qui a dit non à la guerre en Irak, ils vont penser à plein de plein de sujets comme ça.
Ils vont penser aux droits sociaux, au droits à la retraite, au droits de grève, à tout ce que la France a a promu et à tout ce qu'elle a fait pour donner de l'espoir aux autres pays, au pays du monde entier. Ils vont penser à à aussi également par exemple à la l'abolition de la peine de mort, à au combat porté par Badinterre, à la retraite à 60 ans de Mitteran et cetera. Mais personne ne pense à notre pays lorsqu'il euh bascule vers l'obscurantisme et vers lorsqu'il bascule dans une situation où les droits fondamentaux régressent.
Le fait même que Jean-Luc Mélenchon ait pu accéder pratiquement au second tour de l'élection en 2022 avec un programme aussi radical. Euh c'était un espoir pour euh toute la gauche européenne, toute la gauche du monde entier et tous ceux qui qui croient qu'il est possible de changer de République euh et de changer drastiquement de d'améliorer drastiquement les les droits fondamentaux et de faire en sorte que il soit promu au rang au rang constitutionnel comme comme on l'évoquait. Et c'est ça parce que la France reste moi j'avais été frappé de ça.
Alors ça fait maintenant une dizaine d'années, j'avais passé un an de mes études au Chili en Amérique du Sud et la France reste le pays des droits de l'homme. Alors que bah et même enfin je veux dire il y a quand même de multiples attaques ces dernières années à la fois sur le plan interne de bah tu le sais bien tu sièges en commission des lois en plus alors sur les dispositions un peu d'état d'urgence qui sont mis dans le droit communés publiques qui sont reniées et cetera et puis au niveau international avec le fait que la France a bien du mal à défendre encore quand elle le souhaite en plus le le les droits humains, le droit international mais ceci dit il y a une forme d'inertie qui est plutôt qui renvoie aussi au fait que la France, elle a laissé ça dans l'histoire récente du monde. C'est quand même le le ce qui est marquant, ce sont les droits de l'homme, quoi.
Mais du coup, tu vois quand j'étais là-bas pour te dire parce que effectivement la sécurité sociale et cetera, c'est quand même des acquis énormes, désolé, sont des acquis énormes et qui semblent aussi à des camarades d'Amérique du Sud mais presque inatteignable parce que on socialise une partie énorme de la richesse et on venait des lire en fait c'était il y a même plus de 10 ans on était en 2012 et donc on venait des lire François Hollande et là-bas il me disait Ah mais ah la France c'est le pays des Drin et vous venez délire un président socialiste. Et je dis ouais je dis socialiste, c'est quandme un peu fort, c'est un peu plus compliqué ça. Donc en 2012, on sentait que ça allait mal partir déjà.
Mais mais toujours est-il que c'est important effectivement comme tu le dis de noter qu'il y a toujours cette puissance presque d'attraction et de de la France mais aussi en fait par des mécaniques d'aller-retour parce que en je parle de l'Amérique du Sud mais on pourrait prendre d'autres endroits mais en Amérique du Sud ils ont fait des nouvelles constitutions, ils ont inscrit des nouveaux droits et quelque part c'est la dynamique proposée euh pour qui a ouvert un peu l'air moderne il y a 2 siècles mais enfin la Révolution française Et et finalement bah là maintenant on se dit ben ça va peut-être revenir par ici parce que nous on a pas mal regardé ce qui ce qui se passait ce qui se passait par là-bas. Donc bon on va espérer que ça que ça puisse le faire. Je parlais du fait que depuis certaines années, il y a quand même un une forme de recul de certaines libertés publiques, de protection, de garantie, de droit.
Et justement toi tu l'observes aussi là dans ce que Retaillot Dmanin enfin tout ce gouvernement qui est quand même en roue libre et en pente droite vers l'extrême droite sont en train de proposer. Donc tu veux peut-être nous en dire un petit mot parce que c'est un sujet important je pense. Oui, on on observe depuis 2017, on savait déjà commencé avec François Hollande avec la loi renseignement l'état d'urgence permanent un recul inédit de toutes les libertés publiques.
Tout le monde a entendu parler de la loi séparatisme, de la loi sécurité globale, des états d'urgence pendant le confinement, de la l'extension de la loi renseignement, on de la loi Jeux Olympique. On parlait des Jeux Olympiques juste avant. En fait, les Jeux Olympiques, il y a un rapport des Nations- Unies qui est sorti là qui montre que effectivement il y a eu de très graves violations des droits humains, notamment grâce à la à cause de la vidéosurveillance algorithmique qui est en fait la la l'étape précédent, la reconnaissance faciale à la chinoise.
Euh et euh on le voit d'autant plus que euh il y a un débat euh actuel à l'Assemblée nationale sur la loi narcotraficé par euh Messieur Darmanin et Rota qui sont finalement on se demande si c'est un ministre de la justice et un ministre de l'intérieur ou deux ministres de l'intérieur. Euh cette loi narcotrafic elle lutte pas contre les trafics en drogue. En fait, elle étend le le régime de la criminalité organisée, c'est-à-dire tous les régimes association de malfaiteurs qui se sont appliqués aux militants de BU qui se sont appliqués aux gilets jaunes qui c'était contre les militants exactement ce qu'on appelle les lois célérates.
Après, on a on a le la fin du chiffrement des messageries comme WhatsApp et signal avec la création de portes dérobées. Bref, c'est une loi très technique qui donne en fait des nouveaux des un certain nombre de nouveaux pouvoirs à la police judiciaire et au renseignement pour finalement pouvoir surveiller n'importe qui. Et on voit bien qu'à chaque fois que des lois ont prétendument ont prétendu s'attaquer au terrorisme ou ou au trafiquant de drogue, qu'en fait elles ont fini par tomber sur des militants et c'est ce qui s'est passé avec la loi séparatisme qui devait s'attaquer au aux associations terroristes et qui finalement était utilisé pour tenter de dissoudre les soulèvements de la terre ou pour dissoudre encore cette année le collectif Palestine [Musique] vaincraifs qui sont dénoncés là aussi par les Nations unies.
Et je parle de ce qui est de ce qui relève de la surveillance parce que le dans notre 6e République, on a pour projet dans notre charte des droits fondamentaux d'inscrire aussi le droit au chiffrement des données qui en fait découlent du droit à la vie privée. Et ce droit à la vie privée, c'est finalement un des droits avec la liberté de manifester, la liberté d'expression qui a été le plus attaqué par Emmanuel Macron. Ah ça c'est clair.
Il y a un peu l'idée quand même derrière de qui qui est un peu qui est très dangereuse je pense et qu'on voit ces dernières années, c'est de toute façon vous devez bien accepter d'être contrôlé parce que vous n'avez rien à cacher. rien à vous reprocher et ça c'est terrible parce que le je parlais de la protection contre l'arbitraire qui date de la révolution française mais c'est ça qui matérialise politiquement l'existence de la vie privée parce que si les pouvoirs publics peuvent en permanence ben rentrer dans dans l'espace privé mais à ce moment-là il est complètement dissous et ça que si on pense à ce qu'écrivait Anna Aren sur cette question et cetera, le la dissolution de l'espace privé et ben c'est le risque d'une société totalit En tout cas, c'est c'est ce que c'est ce que elle défend, c'est ce qu'elle proposait dans dans ses bouquins. Et je pense que là vraiment cet enjeu-là et tu as tu as bien raison là, on échangé sur ce qu'on devait évoquer aujourd'hui et je pense que cet enjeu, il est absolument crucial et qui doit être pleinement intégré justement à notre démarche sur la 6e République et et cette nouvelle déclaration des droits fondamentaux parce que c'est c'est une menace concrète et et je pense dont on prend pas tout à fait enfin c'est peut-être toi plus que Moi mais dans moi je prends pas complètement la mesure parce que c'est vrai que je suis plutôt un littéraire ça dans les côtés numériques et tout ça me semble un peu loin mais en fait c'est énorme tout ce qu'on a comme donné oui et puis et puis c'est on a tendance à passer trop vite à autre chose. par exemple la vidéos surveillance qui s'est appliquée pendant les Jeux Olympiques dont tout le monde a été bercé par ses Jeux et les performances des sportifs français et cetera mais en réalité les Jeux Olympiques ont été un terrain d'expérimentation très dangereux la vidéosurveillance qui devait soi-disant comme toutes les restrictions de liberté s'abliquer provisoirement là on discute d'une loi à l'Assemblée nationale qui s'appelle sûreté dans les transports pour péréniser le dispositif de surveillance algorithmique qui a permis de surveiller des millions de gens pendant les GO qui ont traversé les gares de métro, les gares de RER, les gares SNCF et qui ne s'en sont pas rendu compte puisque dès qu'on restreint les libertés, on installe des prétendus garantis qui vont avec.
C'est-à-dire, on va dire "Oui, la vidéo est installée mais euh le public est informé, il y a une obligation d'informer le public." Et quand on regarde la réalité de l'information, c'est un petit écritau minuscule dans une gare et de toute façon, il s'agit de une politique du fait accompli puisque une fois queon voit qu'on est surveillé, le moindre individu qui traverse la gare se dit "Bon bah OK, j'ai été surveillé par une vidéo mais je ma journée se poursuit. Voilà, c'est pas grave mais c'est extrêmement grave puisque ça ça va s'étendre ensuite à tout l'espace public.
H il s'est passé la même chose avec les drones. Les drones ont été qui ont été d'abord interdit enfin censurés. Ils étaient dans la loi sécurité globale.
Ils ont été censurés. Ils sont revenu par la petite porte dans une autre loi avec davantage de de garanties dont la même information au public que des drones sont utilisés pour surveiller une manifestation. Mais en fait ces drones il permettent la reconnaissance faciale indirectement puisqu'ils sont munis de caméra.
Donc ils permettent de reconnaître des individus. Et ça a été révélé déjà par Média Part et par d'autres associations, l'observatoire des libertés numériques, la la coadrature du net, que des personnes avaient pu être suivies jusqu'à chez elles parce que c'est arrivé une fois parce que suivi par un drone et qu'en fait il est maintenant la le moindre risque de trouble à l'ordre public et on sait qu'ils utilisent cette notion de manière très large extensive ou et utiliser pour les mettre en place. Donc toutes les manifestations en France, notamment les manifestations pour le droit du peuple palestinien, euh les manifestations qui étaient contre la réforme des retraite, les manifestations qui existent parfois encore de de gilets jaunes, certains samedis, toutes ces manifestations sont surveillées par des drones.
Oui. Donc c'est quand même très préoccupant et ça montre que effectivement toutes cette question des droits fondamentaux qu'on met en avant très concrètement dans dans le programme et qu'on mettra en avant quand enfin qu'on mettra surtout en application quand on passera à la 6e République et une question en fait aussi de préservation de la démocratie elle-même, des conditions de la démocratie des des possibilités de s'organiser des des libertés publiques les plus fondamentales. Ben écoute, Gabriel, merci beaucoup, c'était bien intéressant de discuter avec toi et puis euh ben à la prochaine, on continue à mener le combat ensemble.
Gabrielle Cathala