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Florian Philippot, « L’UE gère 80% de la politique migratoire de ses états membres »

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Monsieur Philippot. Bonjour. Pouvez-vous vous présenter s'il vous plaît ?

Oui, donc je m'appelle Florian Philippot, je suis président d'un mouvement politique qui s'appelle Les Patriotes. Voilà, et que dire de plus, j'ai été député européen du point de vue des mandats parlementaires. Et aujourd'hui, avec mon mouvement politique qui compte 40 000 membres à peu près, ce qui est pas mal, on essaie de se battre sur différents sujets, notamment nous avons un fil rouge qui s'appelle le combat souverainiste.

Vous avez été chevénementiste à une période de votre vie, et ensuite vous avez bifurqué au Rassemblement National. Est-ce que c'est la question migratoire, la question de l'immigration qui vous a poussé à switcher ? Non, pas du tout.

Non, alors, effectivement, je disais que j'étais souverainiste et j'ai soutenu le CHE, chevénement de 2002. Sa seule candidature d'ailleurs à l'élection présidentielle. Je parle pas de Jean-Pierre Chevènement aujourd'hui qui court derrière Macron, je trouve que c'est une fin de carrière un peu triste.

Non, 2002, c'était un discours flamboyant, très souverainiste, qui renvoyait d'ailleurs la gauche et la droite dans les méandres et les greniers de l'histoire, en disant que ça avait complètement disparu, l'analyse que je fais toujours moi aujourd'hui. Le clivage pour moi se situe entre, si vous voulez, ceux qui croient en la France et ceux qui n'y croient plus, les souverainistes et les mondialistes, on pourrait dire. Et effectivement, cette campagne était magnifique en 2002, il faut le dire, parce qu'elle avait dépassé les clivages.

Elle n'a pas fini par un score très élevé, quoique honorable, pour une première candidature et une candidature hors système. Et effectivement, ensuite, j'ai progressivement été séduit, attiré par le discours de Marine Le Pen, à l'époque du Front National, qui commençait dès 2005, 2006, 2007, à avoir un discours de plus en plus souverainiste, de remise en cause de l'Union européenne, de l'euro à l'époque, beaucoup plus social, avec bien sûr, on sait, sa position sur l'immigration, qui est ferme, mais Chevènement en 2002 avait une position ferme sur l'immigration. Et d'ailleurs, il était très critiqué par les plus immigrationnistes lorsqu'il fut ministre de l'Intérieur à la fin des années 90, début 2000, sous Lionel Jospin.

Et donc, il n'y avait pas non plus une rupture totale là-dessus. Mais c'est vrai que moi, ce qui m'avait attiré à l'époque, c'était la rénovation qu'a portée Marine Le Pen, cette touche plus fraîche, de vouloir en faire un grand mouvement souverainiste, au-delà des clivages, beaucoup plus social, qui s'intéresse à de nouvelles thématiques. C'est ça qui m'intéressait, c'est ça que j'ai rejoint, et c'est ça que j'ai quitté quand ça a changé.

Vous l'avez dit, vous avez rejoint Marine Le Pen au Front National à une période très précise de votre carrière politique. Et vous l'avez dit, la question migratoire est très importante pour ce parti et pour Marine Le Pen. Est-ce que vous estimez qu'elle est capable, aujourd'hui, de résoudre ses problèmes migratoires ?

Alors, aujourd'hui, avec le programme que défend le RN, aujourd'hui, non, je vais être très clair. Le RN ferait exactement ce que fait Giangia Meloni actuellement en Italie, que j'appelle moi la Marine Le Pen italienne, tout simplement parce que Marine Le Pen s'est publiquement félicitée et réjouie de l'élection de Giangia Meloni, il y a maintenant, je ne sais plus, presque un an, en disant que c'était exactement ce qu'elle voulait faire, ce qu'elle comptait faire. Voilà, donc, on peut le dire, c'est la Marine Le Pen italienne.

Et en réalité, d'ailleurs, leur programme est tout à fait similaire aujourd'hui. En réalité, Marine Le Pen, aujourd'hui, et le RN, dans son programme politique, n'a plus les instruments suffisants, nécessaires, utiles, pour régler la question migratoire, parce que le RN a renoncé à défendre l'indépendance et la souveraineté de la France, le jour où il a renoncé à quitter l'Union européenne, à quitter Schengen et à quitter la Cour européenne des droits de l'homme. Je dirais la mal nommée Cour européenne des droits de l'homme, parce que quand on en parle comme ça, on a l'impression que ça défend des choses très vertueuses et magnifiques.

Quand on regarde ce que ça veut dire concrètement, c'est tout à fait autre chose. Donc, à partir du moment où on renonce à quitter ces instances-là, puisque vous me parlez du sujet migratoire, mais on pourrait parler de plein d'autres sujets, la politique étrangère, l'économie, les services publics, l'énergie, mais on va parler d'immigration parce que vous m'en parlez, « Alors, on ne peut pas mener une politique efficace sur la question migratoire. » On peut avoir des slogans, on peut tonner, on peut taper du poing sur la table, on peut faire des bons mots de campagne, voire parfois qui vont un peu loin, pour plaire à certaines oreilles des lecteurs, mais la réalité, c'est qu'aujourd'hui, vous êtes condamnés à faire ce que fait Mélanie, c'est-à-dire rien.

Je rappelle qu'en Italie, en 2023, il y aura plus d'entrées légales de migrants que dans la France de Macron. Donc, je crois que tout est dit. Vous parliez de l'Union européenne.

Est-ce que je peux vous faire réagir sur ce que Ursula von der Leyen porte, à savoir le pacte d'immigration ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Oui, c'est un pacte qui est d'ailleurs très soutenu par l'Allemagne.

Olaf Scholz vient de le redire dans un grand discours le 9 mai devant le Parlement européen. Si vous voulez, le pacte est très cohérent avec la politique européenne de l'Union européenne depuis des années, je dirais même quelques décennies maintenant. C'est une politique intégralement dictée par le grand patronat.

Parce qu'il faut aller, si vous voulez, si on va aller sérieusement sur le sujet migratoire, il va falloir parler sérieusement du sujet. Le sujet, c'est que le continent européen, la France, se sont massivement ouverts à l'immigration à partir des années 70, essentiellement. Ça avait commencé un petit peu avant, massivement, les années 70.

Et à l'époque, il faut reprendre tous les discours du grand patronat français, européens, et les organisations patronales vous disaient, faisons venir un maximum d'étrangers, de migrants, parce que nous aurons une main d'œuvre moins chère. Nous sommes en crise, crise pétrolière à l'époque, etc. Il va falloir avoir une main d'œuvre qui réclame peu, qui se contente de peu, et qui fera le boulot que les Français ne veulent pas faire, parce qu'on va leur proposer de très faibles salaires.

C'est exactement ce qui s'est passé. C'est exactement ce que réclame depuis, de plus en plus, toujours le grand patronat français, européen. Il y a des milliers de rapports là-dessus.

Des milliers de rapports. Et la Commission européenne a toujours été l'instrument politique pour mettre en place cette politique-là. Avec de plus en plus de compétences pour le faire.

Puisqu'au fur et à mesure des traités européens, l'Union européenne a récupéré de plus en plus de compétences en matière migratoire. Et je dirais qu'aujourd'hui, les spécialistes disent que l'Union européenne gère à peu près 80% de la politique migratoire des États. C'est pour ça que ça me fait toujours rire.

Je ne sais pas s'il faut en rire ou en pleurer, mais quand je vois les campagnes présidentielles en France ou législatives avec des partis qui s'écharpent, qui font semblant de s'écharper, ou des candidats sur la question migratoire, sans jamais expliquer aux Français que de toute façon, c'est du théâtre, parce que les vraies décisions seront prises à Bruxelles, elles sont prises depuis longtemps, et qu'on peut dire ce qu'on veut ici. Ça ne changera pas, parce que c'est gravé dans le marbre des traités et des directives. Et le texte auquel vous faites référence va aggraver encore cette situation.

Et ça ira toujours dans le même sens. Ça ira toujours dans le même sens. C'est-à-dire qu'il faut toujours plus d'immigration.

Alors on vous dira à côté, pour faire bien, parce que ça a du mal à passer dans l'opinion publique, on vous dira, oui, mais on va renforcer la lutte contre l'immigration illégale. Bien sûr, ça ne mange pas de pain de le dire. Comment on fait ?

Est-ce qu'on le fait vraiment ? Est-ce qu'on s'en donne les moyens ? Ça, c'est tout à fait autre chose.

Et on se rend compte qu'en réalité, ça n'est pas fait non plus. Donc en réalité, il faut être extrêmement lucide et cohérent là-dessus. Tant que nous serons dans un système qui s'appelle l'Union européenne, qui vise à satisfaire des intérêts purement financiers, nous ne réglerons pas la question migratoire.

C'est simple, c'est net. On peut en parler autant qu'on veut, et qu'on ne me fasse pas croire qu'on réformera l'Union européenne. Vous ne changerez pas l'ADN de l'Union européenne.

Vous ne changerez pas l'ADN qui est toujours le même, qui est un ADN de libre-échange total, financier, commercial et humain, qui est un ADN de mise au service des politiques d'une oligarchie, et pas des peuples, et de captation de la souveraineté populaire et nationale. C'est comme ça, depuis le début, ce sera comme ça de plus en plus. Donc il faut juste en sortir en réalité.

Et à partir de là, on pourra commencer à débattre. Il y a des gens qui vous diront, vive l'immigration, il en faut encore plus. Des gens qui diront, on arrête tout ça.

Très bien, mais au moins ça s'appelle un débat démocratique sérieux. Le reste, c'est du pipeau. C'est des slogans, c'est pour plaire à certaines oreilles, mais ça n'a aucune réalité.

Aucune réalité. Et ce que je vous dis là, je peux le transposer sur la question économique, la question sociale, et plein de sujets en réalité. Mais moi, je vois M.

Darmanin, à travers son projet de loi immigration, parler d'un renforcement des OQTF. Des mesures sont annoncées. Est-ce que vous pensez que ces mesures ne valent rien ?

Que ce n'est que de l'esbrouf ? C'est que de l'esbrouf. On a entendu la même chose dans la bouche de Sarkozy quand il était ministre de l'Intérieur.

C'était quand ? 2003, 2004, 2005 ? Les mêmes rhodomontales, les mêmes, les mêmes mots.

Puis, président de la République en 2007. On a entendu Hortefeux, on a entendu, je ne sais pas, Guéant. Vous vous souvenez de tout ça ?

On a entendu même Valls sous Hollande, quand il était ministre de l'Intérieur. C'était un peu, ça avait dû, on se souvenait la question à l'époque des Roms et des machins. Et on en parlait.

Et puis, avant Darmanin, il y avait l'inimitable Castaner. Donc, si vous voulez, tout ça, c'est électoraliste. Ils savent que les Français, majoritairement aujourd'hui, ne sont absolument pas pour une augmentation de l'immigration.

Ils sont plutôt pour une forte restriction. Toutes les enquêtes d'opinion le disent, et on comprend bien, ça se comprend très bien. C'est normal, après 40-50 ans de flux massif, de plus en plus massif, il est normal qu'à un moment, les gens réagissent en disant, on ne peut pas continuer comme ça.

Y compris, d'ailleurs, je le signale, des Français d'origine étrangère qui sont souvent les premiers maintenant à demander à ce qu'on arrête tout ça. Parce que, tout simplement, ils se sont assimilés, ils voient bien la difficulté de cette affaire. Et ils comprennent, eux, que faire venir toujours plus de monde, ça n'a rien à voir avec l'humanisme.

Ça, c'est peut-être un sujet aussi dont il faut qu'on parle. L'argument humaniste de nous faire croire que faire venir plus d'immigration, c'est avoir du cœur et refuser, c'est de ne pas en avoir, c'est une inversion des choses. Moi, je suis absolument persuadé qu'on pourrait travailler en bonne intelligence avec les pays de départ, qu'on pourrait éradiquer les mafias et les trafiquants d'êtres humains, qui sont des ordures, qui se font du fric sur le dos des gens et sur leurs morts, y compris dans la Méditerranée.

Et ça, ce serait une vraie politique humaniste. Et qu'on pourrait avoir de bien meilleures relations, d'ailleurs, avec l'Afrique qu'on en a aujourd'hui. On a des relations épouvantables.

Et ça, ce serait une vraie politique humaniste. Si on arrêtait d'aller faire des guerres là-bas, comme on a fait la guerre de Libye en 2011, probablement qu'on en réglerait bien mieux la question migratoire et que ce serait une vraie politique humaniste. Vous savez, la Libye, en 2011, moi, j'étais en temps réel contre cette guerre.

Et en temps réel, je le disais publiquement, je disais ce qui allait se passer si on la faisait. Parce que maintenant, c'est bien vu de dire, c'est très bien vu aujourd'hui de dire, il ne fallait pas faire la guerre de Libye, Sarkozy, les Américains, BHL, tout ça. Très bien.

Sauf que la plupart des gens qui vous le disent aujourd'hui la soutenaient à l'époque. Moi, je le disais à l'époque, en temps réel. Donc, ce n'était pas facile à l'époque.

Il y avait une espèce de pensée unique compliquée. Donc, voilà. Ça, vous voyez, ça, ce sont des politiques sérieuses.

Le reste, Darmanin, tout ce qu'il peut vous dire, les OQTF, 95% ne sont pas appliqués. Je prends le pari avec vous. Dans un an, on refait le point. 95% ne seront pas appliqués.

Puisque la jurisprudence de la CJUE, Cour de justice de l'Union européenne, et de la CEDH, de toute façon, iront toujours dans le champ d'une non-application. Vous avez dit, on les fait venir, en parlant des migrants. Mais on ne les fait pas venir, ils viennent naturellement.

Donc, qu'on le veuille ou non, le flux migratoire continuera d'amonder la France. Donc, quelles solutions, aujourd'hui ? C'est-à-dire qu'ils viennent naturellement, parce que toutes les conditions sont mises en place pour qu'ils viennent naturellement.

Si vous voulez, aussi bien ici que là-bas. Quand vous avez en France une politique, encore une fois, totalement sous emprise européenne, mais on va rester en France, qui vous dit, de toute façon, le roulement familial, il est de droit, il est total, et vous ne pouvez même pas le modérer. Directive européenne de 2003, vous ne pouvez même pas le réduire un tout petit peu, c'est totalement interdit.

C'est une incitation à venir. Quand vous avez mis en place des aides de plus en plus importantes, sociales, sans restrictions possibles, etc., c'est une incitation à venir.

Après, évidemment, ils viennent naturellement. Quand vous n'avez plus de frontières, parce qu'il y a Schengen, la maîtrise de vos frontières nationales est rendue beaucoup plus compliquée. Il faut des douanes, mais des douanes volantes, parce que les douanes à une frontière sont interdites par les traités européens, etc.

Les gens viennent naturellement, parce qu'ils savent que ce sera assez facile. Et qu'en même temps, dans les pays d'origine, on ne travaille pas sérieusement, je ne sais même pas si on dialogue bien avec ces pays, si on s'écoute, si on regarde quelles sont leurs problématiques et quelles sont les nôtres, et comment on pourrait trouver un terrain d'entente. Si on ne fait que de l'esbrouffe médiatique quand on fait des visites d'État, évidemment, il n'y a rien qui avance.

Vous pourrez travailler sérieusement sur, attendez, est-ce que vous acceptez de reprendre vos ressortissants, vous délivrer des laissés-passés consulaires, parce que c'est un gros problème aujourd'hui. Comment on fait là-dessus ? Mais oui, mais nous, on vous donne de l'aide au développement.

Est-ce qu'on peut la conditionner ? Vous voyez, c'est des sujets sérieux. Vous avez tel ou tel besoin.

Il y avait le fameux chantier Borloo d'électrification de l'Afrique. C'est un sujet intéressant, un sujet probablement qui permettrait de maintenir des populations sur place. Mais comment on avance concrètement ?

Est-ce qu'il y a des acteurs privés qui font qu'on n'avance pas parce qu'il y a de la corruption ? Et qui font d'ailleurs au passage qu'on va être encore plus détesté. Ça, ça s'appelle avancer sérieusement.

Est-ce que la politique de l'OTAN est une politique guerrière qui fera qu'on va déstabiliser encore plus les pays ? Ou est-ce qu'on va travailler ensemble pour arrêter tout ça et faire que vos populations restent chez vous ? Donc, si on réglait sérieusement les sujets, on reprend le moyen ici, les moyens, les compétences, la souveraineté pour agir.

Et là-bas, on travaille en bonne intelligence, on s'écoute vraiment et on travaille. Moi, je suis persuadé qu'on n'ira pas à l'immigration zéro, ça, j'y crois pas. Mais on ira vers une très forte réduction.

Une très forte réduction. Je suis Madame Michu, j'habite en Meurthe-et-Moselle et moi, on m'explique que c'est le patronat qui incite la politique européenne à faire venir des migrants. Est-ce que vous pouvez m'expliquer, me rendre la matière beaucoup plus pédago et m'expliquer dans quelle mesure c'est avoir des migrants en situation régulière ou irrégulière ?

C'est du pain béni pour le patronat. En ce moment, il y a de l'inflation. Madame Michu, elle le voit bien, elle fait ses courses.

Alors, elle se dit, ça serait pas mal que mes salaires, mon salaire suive. Et ça, ça va pas arranger certains en haut qui ont du grand patronat, qui ont capté, si vous voulez, une part de la valeur ajoutée créée par les entreprises et qui n'ont pas très envie que cette part augmente au bénéfice du travail. Ils préfèrent le garder dans le capital.

Parce que vous savez que la part capital-travail, c'est énormément dégradé depuis 30 ans au bénéfice du capital contre le travail, donc contre les salaires. Et donc, vous l'entendez tous les jours, ce que je vous dis là, vous avez le patron du MEDEF, là, je ne sais plus combien il s'appelle, le gouverneur de la Banque de France, le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, ils sont à la radio tous les jours pour vous dire, à la télé, il ne faut surtout pas augmenter les salaires. Et Oursoula vous dit la même chose, sauf le sien, elle vient de s'augmenter de 2500 euros par mois.

Et ils vous disent, il ne faut surtout pas augmenter les salaires parce que sinon, on crée la boucle inflationniste, ça va augmenter encore plus l'inflation, etc. Donc, Madame Michu, non, on n'augmentera pas les salaires. Ah ouais, mais moi, je ne suis pas d'accord, etc.

Ah oui, je comprends. Alors, attendez, on va faire venir quelqu'un qui, lui, dans son pays, est habitué à être payé 100 euros par mois donc, lui, si vous le payez demain, 1200 euros, 1300 euros, 1300 et quelques, le SMIC actuel, 1400, il sera absolument aux anges. C'est une explosion de son pouvoir d'achat, en tout cas de son salaire, même si la vie est bien plus chère en France ici que là-bas.

En tout cas, il pourra aussi ramener, il pourra envoyer de l'argent à sa famille, dans le pays d'origine, ça, donc il sera content. Et lui, il ne va pas se battre pour avoir 5, 7, 10 % d'augmentation de salaire. Il se contentera de ça.

C'est ça le raisonnement. C'est ça le raisonnement. Et puis, il fera peut-être moins grève que vous.

Parce qu'il aura peur de perdre son titre de séjour et d'être viré. Il réclamera moins. Voilà.

Mais c'est ça le raisonnement. Alors moi, j'ajoute aussi autre chose. Dans la politique migratoire aujourd'hui, je pense qu'il y a, par ailleurs, un travail idéologique.

Là, on quitte le terrain purement économique et social. Je pense qu'il y a un travail idéologique de déstabilisation des nations. Ce que j'appelle le mondialisme, c'est aussi, vous savez, la grande hybridation mondiale où on nous dit les identités nationales, ça n'existe pas.

Les peuples, ça n'existe pas. Les nations, ça n'existe pas. Et donc, on va vous faire un grand mille strôme mondial.

On va mélanger tout ça. Et vous serez le nouvel homme qui n'est ni homme ni femme, d'ailleurs. Il n'y a pas de sexe, il n'y a pas d'origine, il n'y a pas de religion, quoi que ce soit, qui a, si ce n'est celle du marché, du fric, et qui sera l'homme nouveau, sans racines, sans rien, sans identité, sans rien.

Et je crois qu'il y a aussi des gens qui travaillent à cela, derrière ça. Des ONG, Open Society et autres, qui travaillent idéologiquement aussi à l'immigration massive. Il n'y a pas qu'une question économique, il y a aussi une question idéologique.

Et ça, il faut bien le comprendre. C'est un travail qui s'appelle le travail mondialiste. Je ne sais pas si Mme Michu serait intéressée par ce sujet-là, je pense que oui.

Parce que je pense qu'elle le vit et qu'elle le voit. Demain, vous êtes président ? Je suis déjà président des Patriotes, c'est déjà pas mal.

Bien évidemment, mais vous êtes président de la République. Ah, vous voulez dire de la République ? Exactement.

C'est autre chose. Exactement. Quelles mesures prendriez-vous ?

Les premières mesures que vous prendriez pour lutter contre l'immigration légale ? Ça va être très simple, mais c'est sur ce sujet migratoire comme sur quasiment tous les autres sujets. Si je suis élu président de la République, c'est que j'ai fait une campagne où j'ai dit « si vous m'élisez, on quitte l'Union européenne ».

Donc, on quitte l'Union européenne. C'est évidemment la première mesure que je mets en place. C'est ce qui déverrouille la situation.

Ça n'est pas la baguette magique. Attention. Moi, je n'ai jamais dit que le Frexit, vous nous donnerez un paradis pour Milan.

Non, non. On fera probablement encore après des erreurs, des fautes. On s'engueulera entre nous.

Au moins, on débattra pour quelque chose. On pourra prendre vraiment des mesures sur le sujet migratoire, économique, social, l'énergie, la politique étrangère, la guerre ou la paix, tout ce que vous voulez. Là, aujourd'hui, c'est un théâtre.

C'est pour ça que les gens ne vont plus voter d'ailleurs. De manière rationnelle ou intuitive, ils comprennent que le pouvoir est ailleurs. Donc, voilà la première mesure.

Évidemment que c'est la première mesure que je prends. Évidemment. Je vous ajoute à cela, l'OTAN, la CEDH, il ne faut pas quitter que l'Union européenne.

Après, on est dans un autre sujet, mais il faut quitter tout ce qui impose une volonté au peuple, tout ce qui est supranational. C'est le critère. C'est ça qu'il faut quitter.

Je pense qu'on a fini pour les questions migratoires. Je peux vous poser d'autres questions si vous avez un peu de temps. Vous voulez bien ?

La commission d'enquête sur les ingérences étrangères a effleuré la question de l'influence américaine dans notre pays. Comment expliquer que la question ne suscite pas plus des mois à la classe politique ? J'ai l'impression que cette commission sur les ingérences étrangères n'avait pas envie d'effleurer la question de l'ingérence américaine.

Elle est entrée par effraction dans le débat grâce aux interventions de messieurs Montebourg et Fillon. C'est eux qui ont imposé le sujet de l'ingérence américaine au grand désarroi j'ai l'impression de cette commission d'enquête qui veut absolument valider le narratif officiel c'est-à-dire que nous sommes sous influence russe. Les Russes ont fait le Brexit, ils ont fait les gilets jaunes, ils ont fait l'élection de Trump.

Nous, ils faisaient nos manifs anti-passes. C'est ce qu'on me disait à l'époque. Ils ont fait Omerta aussi.

Ils ont fait Omerta. Mais voilà, c'est le camp du mal par excellence donc ils font tout ce qui est mal en France. C'est tout simple.

Et dans le monde. Et dans le monde. Brexit, Trump, etc.

Et en fait, deux hommes quand même d'expérience un ministre de l'économie et un ancien premier ministre sont venus vous dire attendez, oui les ingérences ça existe en France mais l'essentiel elles sont américaines et c'est pas quand même une grande surprise. C'est pas une grande surprise évidemment. Mais Fillon c'était intéressant parce qu'il disait vous savez, moi comme premier ministre et Sarkozy qui était président on a été écouté pendant 5 ans et on le savait.

Et en fait l'état le savait. Mais ça paraît normal parce que c'est un ami des Etats-Unis. Il a même dit même en conseil d'émis j'ai essayé de faire en sorte que les téléphones ne soient pas admis en conseil d'émis.

Il me dit je ne l'ai même pas réussi. Donc moi j'apprends par cette commission que les ministres ont leur téléphone en conseil d'émis alors que dans plein de boîtes privées c'est interdit depuis belle lurette. Là on est quand même sur quelque chose qui est autrement plus stratégique.

Ben non. Donc ça veut dire qu'on s'en fiche complètement. Si c'est américain on laisse faire parce que c'est nos amis c'est pas nos amis c'est nos maîtres.

Et ça m'a rappelé la phrase de Mitterrand qui avait fait cet entretien plein d'entretiens avec Alcabach juste avant sa mort d'ailleurs et avant de quitter le pouvoir et qui avait dit les français ne le savent pas mais nous sommes en guerre. Et cette guerre elle nous est menée par les Etats-Unis. C'est à la fin de sa vie qu'on dit la vérité.

Et c'est vrai ça n'a pas cessé. Alors c'est intéressant parce que Montebourg et Fillon ont parlé des écoutes ils ont parlé de l'extraterritorialisation de la loi américaine qui est un gros problème de l'itarisation ça c'est Montebourg qui en a parlé c'est-à-dire que il y a la liste itard de ces 22 000 composants publiés par les Etats-Unis qui fait que si vous avez au moins un composant y compris des vernis et des peintures dans votre produit c'est les Etats-Unis qui décident si vous avez le droit de l'exporter ou pas. Vous voyez donc tant qu'on acceptera ça qu'on ne prendra même pas conscience qu'il y a un problème et qu'on continuera de nous montrer on agitera la Russie pour ne pas voir on agitera si vous voulez la paille russe pour ne pas voir la poutre américaine on n'avancera pas.

Évidemment que le premier problème d'ingérence aujourd'hui en France c'est évidemment les Etats-Unis d'Amérique évidemment ça ne veut pas dire qu'il n'y en a pas d'autres mais en tout cas le plus gros problème ce sont les Etats-Unis d'Amérique. merci merci à vous ta tête cognait sur les rochers ding ding poussée par les vagues de la jetée ding ding ton corps suivait tout relâché ding ding tout nu comme un nouveau-né ding ding tu voulais regagner la terre ding ding comme autrefois les mammifères ding ding mais ces derniers étaient vivants ding ding pour toi il n'en est plus question ding ding il est fait parce de la piste