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interviewSud Radio· 28 février 2025 45 min

A69, entretien avec Marion Maréchal : Émission spéciale en direct du Salon de l'Agriculture

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

En direct du Salon International de l'Agriculture, depuis le stand de la coopération agricole, Sud Radio, la vérité en face, Patrick Roger. La vérité en face ici en direct du Salon de l'Agriculture sur le stand de la coopération agricole jusqu'à 10h avec beaucoup d'invités et un fil conducteur. Que peut-on encore faire en France aujourd'hui ? C'est ce que nous allons voir dans le droit fil d'ailleurs de la décision rendue hier sur l'A69 qui pose un certain nombre de questions, l'autoroute entre Toulouse et Castres. C'est ce que nous allons voir. Nous y sommes donc depuis 7h sur le stand de la coopération agricole avec Jean-Jacques Bordin, la matinale.

On va revenir aussi sur la ministre de l'Agriculture, Annie Gennevard, ses propos qui était l'invité de Jean-Jacques Bordin tout à l'heure. Nous reviendrons aussi ce midi avec Alexis Poulain sur toutes les questions dans l'actualité qui se posent autour de l'agriculture. Vous le voyez, beaucoup de sujets et pas que d'ailleurs l'agriculture parce que ça concerne énormément nos vies dans les territoires, dans les campagnes, autour des villes. L'alimentation, c'est tout ce que nous allons aborder. Ça ne tourne plus rond dans ce pays. Qui finalement a le droit de décider de ce qui est majeur ou non en France ? La justice, l'État, ceux qui entreprennent ? Point d'interrogation.

Parce que la décision d'arrêter l'A69, l'autoroute entre Castres et Toulouse, est un tournant historique. Au-delà du fond, pour ou contre cette autoroute. Et pour faire simple, ce projet a été déclaré d'utilité publique et confirmé dans ses termes. Utilité publique. Et aujourd'hui, la justice, une rapporteuse publique, en étudiant le dossier, affirme que ce n'est pas un intérêt public majeur. C'est donc bien d'un intérêt public, mais pas majeur. Donc pas si important par rapport à notre environnement. On joue sur les mots et on joue avec nos territoires. Environnement, activité économique, emploi, qualité de vie, transport.

À partir de cette décision aujourd'hui de l'A69, où il y a tout de même plus de 300 millions d'engagés, on peut se poser la question, que va-t-on faire pour tous les autres projets que l'on dit structurants en France ? Tout pourra être contesté aujourd'hui. Dès que l'on construit d'un côté, évidemment, on détruit d'une manière ou d'une autre, de l'autre côté. Oui, il faut protéger l'environnement, mais non, on ne peut pas empêcher les populations de bâtir, de se développer. Ou alors, il faut renoncer à tout et retourner vivre dans les forêts. Que peut-on faire, donc, entreprendre, et notamment dans nos campagnes et territoires ?

C'est bien le fil conducteur de cette émission, l'A69, bien sûr, je viens de l'aborder, mais aussi l'agro-industrie, l'agriculture, notre consommation, les pesticides. C'est ce que l'on va voir avec plusieurs invités dans un instant, jusqu'à 10h moins le quart. Beaucoup d'invités autour de ces questions agricoles. Et puis, tout à l'heure aussi, il y aura... Vous savez qu'il y a beaucoup de politiques qui sont sur le salon. Alors, ici, on en a reçu énormément, bien sûr, depuis quelques jours. Nous sommes en direct. Il y avait Annie Gennevard, la ministre de l'Agriculture, tout à l'heure.

Là, aujourd'hui, c'est Marion Maréchal qui visite à son tour le salon d'agriculture et qui sera avec nous pour répondre aussi à ces questions sur, évidemment, nos campagnes, mais pas seulement, on reviendra aussi sur l'actualité. Avec nous, Yves Pluget, directeur de la rédaction d'Elessa, qui nous a accompagnés toute la semaine dans ses chroniques pour son regard sur alimentation, consommation et économie. Et puis, Dominique Chargé, qui est le président de la coopération agricole, qui nous accueille ici. Bonjour. Bonjour. Et puis, on a aussi le maire de Mazamé, Olivier Fabre, qui est avec nous par téléphone. Bonjour. Bonjour. Oui. Parce qu'il y a une...

Produire n'est pas un gros mot, a dit la ministre tout à l'heure, Annie Gennevard. Produire et construire. Donc, Olivier Fabre, vous avez posté une vidéo hier sur les réseaux sociaux, juste après la décision de la 69, en vous interrogeant sur la façon dont est rendue la justice, c'est cela ?

4:00
Invité

Alors, sur la façon dont est rendue la justice, moi, pas forcément, parce que, certes, les magistrats sont des êtres humains, donc ils ont aussi une capacité d'interprétation. Ils sont pas... Personne n'est totalement objectif dans ce qu'il fait, mais ils sont quand même tenus par des textes. Et quand on lit la décision qui a été prise hier, les magistrats se sont quand même appuyés sur des textes.

Et moi, ce sur quoi je mets le doigt aujourd'hui, c'est sur nos lois, sur notre réglementation, qui permettent d'en arriver à une aberration totale aujourd'hui, où on stoppe un chantier qui est fait au deux tiers, où on met 1 200 salariés à la porte, et où on laisse un chantier complet, un axe de 60 kilomètres entre une ville principale, capitale régionale et une capitale départementale. Enfin, c'est complètement fou, mais c'est permis aujourd'hui par l'empilement de nos lois.

4:52
Présentateur

Oui. Alors, est-ce que ça veut dire que tout est gelé et voire terminé pour la 69 ou pas ? Parce que j'ai vu à l'instant que l'État va faire appel. C'est la déclaration de la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannière-Runacher. Elle va faire appel et elle soutient cet appel.

5:11
Invité

Oui, c'est encore heureux que l'État continue le combat. Je pense que derrière l'État, il faut savoir qu'il y a toute la population du sud du Tarn, de ce territoire à Castre-Mazamé, tout le tissu économique qui est extrêmement mobilisé. Donc évidemment, il faut poursuivre le combat et espérer qu'un appel, la décision sera différente. Mais rien n'est moins sûr.

5:34
Présentateur

Peut-être pas, Olivier, peut-être pas toute la population. Parce que j'ai vu quand il y a eu des sondages de réalisés que finalement, elle était partagée aujourd'hui, cette population. Peut-être qu'il y a une dizaine d'années, elle voulait de cette autoroute. Alors certains voulaient simplement qu'on double la nationale qui existait, deux fois deux voix. Elle est partagée en fait, aujourd'hui, cette population, non ?

5:57
Invité

Les enquêtes d'opinion qui ont été faites, notamment sur le territoire de Castre-Mazamé, montraient une très, très large majorité pour le projet autoroutier. Et la question d'avoir un axe rapide, fluide et sécurisé entre Castre-Mazamé et Toulouse, elle se pose, on le sait, depuis une quarantaine d'années. Donc là, on allait toucher à l'aboutissement de cette mobilisation. Malheureusement, on a un coup d'arrêt qui est un coup très dur porté à tout un territoire. Mais encore une fois, moi, je pointe l'empilement de lois, entre guillemets, soi-disant environnementales, qui sont en train de paralyser tout chantier. Vous ne pouvez plus rien faire, vous ne pouvez pas faire d'autoroute.

Demain, vous ne pourrez pas faire la LGV entre Toulouse et Bordeaux. Et puis, si vous voulez construire une usine, vous partez pour un parcours du combattant. On connaît tout ça. On est en train de bloquer, de paralyser complètement le pays.

6:46
Présentateur

Oui, merci Olivier Fabre. On va poursuivre la discussion avec vous, Dominique Chargé, Yves Puget. Vous connaissez en fait le sujet aussi, cette fois-ci, concernant l'agriculture et l'agro-industrie. D'ailleurs, Dominique Chargé, on a eu un débat ici même avec le ministre de l'Industrie, parce qu'il y a parfois des projets qui ne peuvent plus se développer, bien sûr, sur les territoires.

7:07
Invité

Absolument. On vit en fait aujourd'hui dans un monde où on oppose. Il y a un enjeu politique majeur, et c'est peut-être là où il faudrait dépolitiser pour se retourner vers le sens et l'intérêt général. On oppose production et environnement. On oppose compétitivité et transition, c'est-à-dire capacité à pouvoir produire avec la mise en œuvre des transitions. On oppose agriculture et société. On oppose à un moment où il faudrait réconcilier. Si on veut pouvoir restaurer notre souveraineté alimentaire, parce que c'est quand même un vrai sujet, aujourd'hui nous importons 50% des volailles que nous consommons, enfin des poulets que nous consommons dans ce pays, 50% des légumes.

Nous importons en plus ces légumes de territoires qui ont moins d'avantages compétitifs, moins d'avantages que nous, qui peuvent manquer d'eau. Par exemple du Maroc, on sait que le Maroc, on importe des tomates du Maroc. L'Espagne est devenue le potager de l'Europe, donc il faut que nous puissions retrouver des capacités de production. Mais nous devons retrouver ces capacités de production sans opposer les questions environnementales, sans opposer la question de la mise en œuvre des transitions.

8:08
Présentateur

Aujourd'hui, elles viennent face à face ces questions, surtout les chantiers. Yves Bugev, vous me le rappeliez, il n'y a pas si longtemps, il y a un industriel dans l'agro-industrie qui a renoncé à une usine. C'est du jamais vu, c'était en Bretagne.

8:23
Invité

C'était une usine Brider après 15 ans. D'appel, de contre-appel, j'ai envie de dire. Oui, n'en déplaise à certains. Pour manger du Made in France, pour soutenir l'agriculture française, il faut de l'industrie agro-alimentaire. On ne mange pas que des produits bruts. Oui, manger des fruits et légumes, c'est évident, mais on mange également des produits transformés.

8:43
Présentateur

Et puis de toute manière, il faut les transporter,

8:45
Invité

il faut des routes à un moment donné.

8:46
Présentateur

Ou alors il faut aussi des avions, il faut des lignes de chemin de fer.

8:49
Invité

Et par rapport au propos de la ministre, j'ai envie d'ajouter, parce qu'elle avait raison, produire n'est pas un gros mot, et je rajouterais, consommer n'est pas un gros mot non plus.

8:56
Présentateur

Oui, et c'est vrai qu'on a connu aussi ce schéma sur les réserves d'eau, les fameuses méga-bassines qu'on aurait dû appeler tout simplement réserves d'eau des grands étangs, quoi, tout simplement.

9:07
Invité

Oui, alors on l'a connu, il n'est surtout pas terminé. Nous avons besoin, il ne pourra pas y avoir de production agricole s'il n'y a pas d'eau, quel que soit. On a des territoires qui vont être aujourd'hui en transition. Et on nous dit, on va faire des transitions, on va remettre des légumes. Moi, je suis parfaitement d'accord avec faire des transitions pour remettre des légumes, mais pour faire des légumes, il nous faudra de l'eau. Et si nous n'avons pas d'eau, il n'y aura pas de légumes. Et si nous n'avons pas effectivement non plus d'usines de transformation pour faire en sorte que cette production puisse être transformée en une alimentation, il n'y aura pas d'alimentation non plus.

C'est bien une chaîne alimentaire qui nous faut reconstruire.

9:36
Présentateur

Mais tout ça, dans le respect aussi de notre environnement, on peut comprendre ce souci de préservation de notre biodiversité, de notre environnement, Dominique Chargé.

9:43
Invité

C'est ce que je vous disais à l'instant, il ne faut pas opposer. Nous sommes en capacité aujourd'hui de pouvoir développer notre production, c'est-à-dire produire plus et produire mieux. Nous avons des techniques. Mais ce que les agriculteurs ne comprennent pas, ce qui a été un peu les ferments de cette colère qui a monté, parce que si ce salon est aujourd'hui un peu le salon de l'apaisement, celui de la fierté, de la reconquête, ça n'est pas terminé, ça n'est pas encore descendu, parce que dans les exploitations, l'incompréhension n'a pas disparu. Cette incompréhension, elle est née du fait que, aujourd'hui, dans ce pays, on interdit. Si on interdit, ça s'arrête.

Ce n'est pas l'interdiction qui change les pratiques. Ce que les agriculteurs demandent, c'est qu'on leur donne les moyens et le temps de pouvoir mettre en œuvre ces transitions, qu'on puisse aller les accompagner, qu'on puisse leur donner de nouvelles solutions, qu'on puisse faire de la recherche, de l'innovation pour avoir de nouvelles solutions, et qu'on puisse mettre en œuvre à la fois le développement de cette production, la reconquête de cette production et la mise en œuvre des transitions écologiques.

10:35
Présentateur

On va en reparler dans quelques minutes. D'ailleurs, je recevrai un producteur sur la question des pesticides dans une vingtaine de minutes, parce que c'est une question, évidemment, toujours existentielle dans les territoires et fondamentale. Un mot avec vous, Dominique Chargé et Yves Puget, sur les négociations commerciales. Alors, il y a eu la fameuse proposition, un peu choc, de Karine Marchand, cette semaine, avec des grands distributeurs. Comment appréhender ça, Yves Puget ?

11:03
Invité

Comment appréhender les négociations ? Oui, les négociations et la proposition.

11:06
Présentateur

Parce que tout ça va un peu dans le même sens, quand même.

11:09
Invité

La proposition, j'ai envie de dire que, oui, il y a de la communication, oui, ça ne peut pas faire de mal, mais ce n'est pas ça qui va sauver l'agriculture française. Et encore une fois, j'ai toujours un peu de mal à comprendre comment un distributeur, un magasin, va forcément accepter un produit parce que le petit agriculteur est en perte, ce qui est dommage, bien évidemment, il faut le soutenir. Mais il y a quand même des contrôles. Un magasin ne peut pas mettre n'importe quel produit juste parce que le producteur est en perte. Il y a des contrôles qualité, il y a des contrôles de traçabilité. Ça ne se fait pas comme ça du jour au lendemain.

Donc, c'est beaucoup plus compliqué qu'une émission de télévision.

11:41
Présentateur

Oui, c'est ça. Vous avez été hors-circuit, vous, dans cette proposition, Dominique Chargé, non ? Alors que les coopératives sont assez présentes, plus que assez d'ailleurs, elles sont présentes à 70% de la production sur l'ensemble des territoires, non ?

11:55
Invité

Les coopératives, c'est 300 000 agriculteurs qui ont une relation avec une coopérative sur 400 000. 300 000 sur... À 3 agriculteurs sur 4, les 3 quarts. 3 sur 300 000 sur 400 000. On représente effectivement 60, 70% de la production agricole, 50% de ce que les Français consomment. Nous sommes des entreprises, des agriculteurs et des territoires. Les agriculteurs sont ceux à qui appartiennent nos entreprises. Et effectivement, même si je peux comprendre, j'allais dire, le sens d'une initiative qui cherche à faire en sorte que lorsqu'il y a des difficultés sur certaines filières ou dans certaines, on va essayer de trouver une solution.

Mais ça n'est, je suis d'accord avec Yves Puget, absolument pas à la hauteur du sujet que nous devons traiter aujourd'hui. Et ça n'est surtout pas à la hauteur de la responsabilité qu'ont aujourd'hui les acteurs de la distribution dans la façon dont notre chaîne alimentaire doit être soutenue, restaurée pour devenir compétitive et protéger l'alimentation.

12:42
Présentateur

Mais pourtant, sur le papier, on se dit que ça va dans le bon sens aider ceux qui sont en difficulté, qui ne peuvent plus être dans les circuits traditionnels. Yves Puget, Dominique Chargé...

12:51
Invité

Je vais vous donner un sentiment un peu personnel. Oui. Je suis, comme vous, tout à fait d'accord avec le fait que l'initiative peut avoir un intérêt très ponctuel, très sporadique sur des questions, d'ailleurs, de difficultés d'agriculteurs ou de difficultés de filières puisqu'il y a aussi un engagement sur les difficultés de filières. Mais il ne faudrait pas qu'à l'inverse, ce soit une opération de diversion par rapport à ce que je vous disais à l'instant, la responsabilité des distributeurs dans la valorisation de la production et le soutien à cette chaîne alimentaire. Et il ne faudrait pas non plus que ça devienne une machine à fabriquer, justement, des agriculteurs en difficulté.

Parce que si on ignore tout le reste pour traiter exclusivement ça, ça va fabriquer forcément ce que fabriquent aujourd'hui, la façon dont se déroulent les négociations commerciales, qui sont cette année quand même particulièrement difficiles, parce que nous avons un rapport de force qui est complètement déséquilibré, parce que la négociation est délocalisée, parce que la loi n'est pas respectée. Si nous continuons comme ça, nous fabriquons des agriculteurs qui vont être en difficulté. Donc c'est une opération de diversion. Qui rend des petits espaces dans les grandes surfaces pour pouvoir écouler leurs produits. On ne peut pas fonctionner par opération de diversion.

On doit prendre le sujet avec toute la hauteur et toute l'ampleur qu'il mérite. Oui, Yves Puchet ? Oui, tout simplement, vous êtes directeur d'un magasin, vous avez un petit producteur de carottes à côté de chez vous, vous l'avez référencé, vous travaillez très bien avec lui, et tout à coup va débarquer dans votre magasin un producteur que vous ne connaissez pas, qui est à moins de 100 km, qui fait dire je veux ma place en rayon, au détriment peut-être du producteur qui lui fait très bien son job. Ce n'est pas si simple, comme dit l'expression.

14:18
Présentateur

Je ne sais pas quelle forme ça va avoir d'ailleurs dans les magasins, cet espace sur le contrôle sanitaire également des produits qui seront là.

14:26
Invité

C'est la responsabilité du directeur de magasin, du produit qui est mis en vente. Donc on ne peut pas accepter tout de suite de dire à un agriculteur « Je vous crois sur parole, vous êtes en perte, venez mettre vos produits dans mes rayons ». Et encore une fois, avec des fruits et légumes, comme le disait à l'instant tout à l'heure Yves Puget, on peut comprendre que ça puisse se faire en direct. Si vous êtes avec une production de porc qu'il faut transformer en jambon, si vous êtes avec une production de poulet qu'il faut transformer en différents produits, comment ça va se passer ?

14:50
Présentateur

Très bien, très bonne transition. On va parler de charcuterie dans un instant justement aussi, notamment avec Christiane Lambert, la présidente de la Fédération des entreprises de charcuterie traiteurs. Et on se souvient aussi qui a été longtemps à la tête du syndicat agricole le plus puissant de France. Il est 9h20, la vérité en face en direct du Salon de l'agriculture sur le stand de la coopération agricole. En direct du Salon international de l'agriculture depuis le stand de la coopération agricole. 9h10, Sud Radio, la vérité en face, Patrick Roger. Moi je vous pose la question à 9h30 du matin, est-ce qu'il y aura encore demain sur nos tables de la charcuterie ?

Et de la charcuterie évidemment de nos territoires ? Je reçois Christiane Lambert qui est présidente de la Fédération des entreprises de charcuterie traiteurs, ancienne patronne de la FNSEA qui est avec nous. Bonjour sur Sud Radio. Bonjour. En direct ici du stand de la coopération agricole. Il y a plusieurs questions. Déjà, Christiane Lambert, je voudrais avoir votre sentiment aussi sur... Parce que là, on est beaucoup dans une thématique aujourd'hui sur finalement opposition agriculture-environnement.

Ce que vous avez connu déjà depuis des années, puisqu'on parle de porc, là il y a aussi deux élevages, vous avez sans doute vu ça, ces dernières semaines, qui ont été attaquées, encore cette semaine, en Bretagne par des collectifs. Comment vous sentez les choses, vous, sur le terrain ?

16:16
Marion Maréchal

C'est scandaleux et c'est complètement inacceptable que des violents, des groupuscules extrémistes s'en prennent à des outils. Ils sont pris non seulement à des élevages, avant c'était des intrusions, là ce sont des bombes incendiaires dans des sièges sociaux de coopératives ou de groupements producteurs, avec un risque pour les salariés aussi, pour l'entreprise elle-même. Qu'est-ce que c'est que cette violence ? On n'est pas d'accord, on brûle. Et que fait l'État ? Il faut que ces groupes-là soient arrêtés et qu'on puisse produire en France.

Enfin, il y a aujourd'hui beaucoup de débats très sains sur ce salon, pour dire que tout le monde veut manger des produits français, mais personne ne veut les bâtiments d'élevage, personne ne veut les industries, etc. On se réjouit de rapatrier une entreprise de transformation de frites, il faut se réjouir et il faut très vite rapatrier des usines de transformation de poulet, des poulaillers aussi. Alors, dès qu'on parle de poulaillers, on dit poulaillers industriels. Mais non, c'est des poulaillers.

17:07
Présentateur

Comme les élevages, on dit, ça y est, c'est la ferme des mille vaches, des quatre mille vaches.

17:11
Marion Maréchal

D'abord, il n'y a jamais eu mille vaches, jamais quatre mille non plus. Et un grand bâtiment, ce n'est pas forcément dit industriel. Et industriel, ce n'est pas un gros mot. Le poulet, vous n'allez pas le manger comme ça, plumé, etc. Il faut quand même le transformer dans une entreprise qui s'appelle une industrie, pour le mettre en barquette. Vous n'achetez pas toujours un poulet entier, vous achetez des filets, vous achetez des cuisses, vous achetez des gésiers. Il faut donc une usine pour le transformer. Et ça s'appelle une industrie. Donc il y a une espèce de bruit de fond malsain qui fait trop de caricatures.

17:37
Présentateur

Oui, trop de caricatures avec des décisions, je le disais. Alors, ce n'est pas tout à fait la même chose, mais la fameuse A69 qui est arrêtée pour des questions environnementales aussi. On n'est pas là pour juger, en fait, sur le fond, pour ou contre cette autoroute. Mais on se dit que des projets structurants peuvent être remis en question aujourd'hui sur tout le territoire.

17:58
Marion Maréchal

Oui, évidemment. Et puis, alors, les gens qui contestent ces projets de désenclavement ne connaissent pas toute la difficulté de se déplacer et d'aller travailler tous les matins, matin et soir, déplacement, il y a un vrai besoin de désenclavement à cet endroit. Mais plus globalement, tous ces groupuscules qui détruisent tout ce qui est outils de production ou de transformation ou d'aménagement, etc., nuisent l'économie de notre pays. On va fabriquer un pays de chômeurs, de chômeurs-consommateurs, si on n'a plus d'industrie, si on n'a plus d'activité économique, alors que d'autres pays font, se performent, parce que l'alimentation est en augmentation de demandes à l'échelle de la planète.

La France, pourquoi en France, nous avons un déni de cette réalité ?

18:34
Présentateur

Oui. Venons-en à votre sujet aujourd'hui. Ce sont les entreprises de charcutiers traiteurs. Il y a une menace aujourd'hui que 30% des entreprises représentées soient en difficulté car elles n'arrivent pas, c'est ça, à faire face aux exigences des distributeurs ?

18:52
Marion Maréchal

C'est une étude de la Banque de France qui est parue en octobre 2024 et qui fait le résultat sur l'exercice 2023. 33%. 33% des entreprises étaient en négatif. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu des augmentations de charges très importantes. Alors le prix du port a augmenté, c'est très bien pour les producteurs qui se refont une santé après des années difficiles. 45% d'augmentation sur l'électricité, 13% sur le travail, 20% sur les emballages, bref, des hausses partout. Et les distributeurs aujourd'hui dans les boxes ont demandé des diminutions de prix. Moins 2, moins 3, moins 4, jusqu'à moins 6%. Et ça vous met en difficulté ?

Si les entreprises n'arrivent pas à passer des hausses sur leur propre coût, effectivement qu'elles continueront à être dans le rouge. Et Dominique Chargé, tout à l'heure, parlait de souveraineté alimentaire. Pour produire et transformer en France, il faut à la fois des producteurs, mais aussi des transformateurs. On a besoin d'une chaîne alimentaire où chacun gagne sa vie.

19:41
Présentateur

Et puis quand je regarde votre carte des principales spécialités charcutières sur toute la France, c'est partout. Le jambon de Bayonne, de Bigorre, le chorizo en allant vers Perpignan, l'Andouille de Guémenet en Bretagne. Enfin, partout, il y a évidemment tous ces produits et des entreprises qui pourraient être en difficulté. Et qui structurent en même temps le pays.

20:02
Marion Maréchal

Bien sûr, c'est 400 entreprises en France, 32 000 emplois, 9 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 1 milliard quasi d'exportation. Donc c'est une filière qui est nécessaire, un dispensable... 75% des porcs que nous produisons vont vers la charcuterie. Les Français plébiscitent la charcuterie, les planches apéritives, les raclètes, etc. On dit souvent que la France est un très grand plateau de fromage. C'est aussi un très grand plateau de charcuterie. Et c'est des traditions. Alors aujourd'hui, ce sont des industries qu'ils font à grande échelle pour la restauration à domicile, pour la distribution. Mais ce sont des recettes artisanales.

Si je vous parle du pâté Picard ou si je vous parle du jambon de Bigorre, c'est pas du tout la même chose. Mais derrière, il y a des producteurs. Il y a des emplois et c'est pour ça qu'il faut les soutenir.

20:41
Présentateur

Qu'est-ce qui peut se passer ? Parce qu'il y avait une date butoir, là, non ?

20:44
Marion Maréchal

Oui, il y a toujours la date du butoir du 1er mars.

20:46
Présentateur

Bah oui, c'est-à-dire que ça y est, nous y sommes.

20:48
Marion Maréchal

Certaines de mes entreprises n'ont rien signé du tout.

20:50
Locuteur non identifié

Oui.

20:50
Marion Maréchal

Nous, dans notre fédération, nous avons 96% de TPE, PME, des très petites entreprises, le plus souvent familiales, reprises le plus souvent par des enfants, des chefs d'entreprise. Donc c'est quelque chose qu'il faut maintenir. Mais le fait de ne pas pouvoir passer les hoches dont nous avons besoin aujourd'hui... Quand je veux vous parler des hoches de toutes rechanges... Qu'est-ce qui peut se passer pour ces entreprises ? Elles feront un deuxième exercice déficitaire. Et vous savez très bien qu'au bout d'un, deux exercices déficitaires...

21:15
Présentateur

Mais qui fait pression sur les distributeurs ?

21:18
Marion Maréchal

Ah bah c'est les distributeurs eux-mêmes qui font pression sur les distributeurs.

21:21
Présentateur

Mais l'État ne peut pas intervenir ?

21:22
Marion Maréchal

L'État a donné... Mme Louvadgi et Mme Genevard ont été très fermes lors du comité de suivi des relations commerciales. Mais les distributeurs, pour certains d'entre eux, n'en font qu'à leur tête. Beaucoup exercent encore des pressions, installent des plateformes de négociations à l'étranger pour contourner les lois françaises. C'est aussi pour ça qu'à Bruxelles, je me suis battu, pour qu'il y ait des textes qui évoluent pour encadrer ces négociations transfrontalières qui sont un scandale total.

21:45
Présentateur

On marche un peu sur la tête parce qu'il y a eu cette opération de communication des distributeurs cette semaine avec Karine Lemarchand pour aider. Et sur le papier, évidemment, c'est une bonne idée, les petits producteurs en difficulté. Mais d'un autre côté, les distributeurs, eux, n'aident pas toutes les filières.

22:01
Marion Maréchal

Du tout. Alors, peut-être l'amour est dans le prêt, mais l'amour n'est pas dans les boxes, je peux vous le dire. Dans les boxes de négociations, ce n'est pas l'amour loin sans faux. C'est une tension incroyable. Chaque année, il y a des moments de plus en plus difficiles. Et beaucoup d'industriels me disent que ça n'a jamais été aussi difficile que cette année.

22:15
Présentateur

Bah décidément, dans tous les secteurs, c'est un peu la même chose.

22:17
Marion Maréchal

Et j'ai demandé à Mme Louvadgi de faire des contrôles dès dimanche matin.

22:20
Présentateur

Ah oui.

22:20
Marion Maréchal

Pour vérifier, effectivement, que tout a été signé. Et pour aussi faire un état des lieux sur ce qui a été concédé.

22:26
Présentateur

Un mot sur le Nutri-Score. Il a été retoqué par l'Europe, c'est ça ?

22:32
Marion Maréchal

Oui, il était très contesté.

22:33
Présentateur

Alors, Nutri-Score, on voit, c'est les lettres A, B, C, D, en fait, sur les produits. On est un petit peu perdus, à vrai dire, quand on regarde.

22:39
Marion Maréchal

Oui, et d'ailleurs, tous les sondages montrent que les Français ne comprennent pas. Moi, je vais vous donner un exemple. La saucisse de manteau, chère à Mme la ministre, elle est classée E en Nutri-Score. Mais si vous mangez lentilles, saucisses, que vous mangez le plus souvent, c'est classé A. Donc nous, nous avions préconisé un Nutri-Score recette et non pas un Nutri-Score produit. Mais si Bruxelles le retoque, c'est quand même qu'ils ne veulent pas s'empêtrer dans un dispositif qui, en France, ne produit pas de résultats et que tous les autres pays ont testé.

23:03
Présentateur

Oui, parce que c'est vrai que vous pouvez avoir des produits qui sont classés en D, en E, etc. Mais c'est la quantité que vous mangez, quoi, qui fait la différence.

23:13
Marion Maréchal

On ne mange jamais 100 grammes de beurre d'un coup.

23:15
Présentateur

Non, enfin si, moi je suis breton. Mais bon, voilà, ça c'est autre chose. Merci beaucoup, en tout cas, Christian Lambert, d'être passé ce matin au micro de Sud Radio, ici en direct du Salon d'Agriculture, du Stand de la Coopération Agricole. Dans un instant, c'est le secrétaire général de la FNSEA sur toute la question des pesticides aussi qui sera avec nous. Et puis tout à l'heure, invité politique et pour parler des questions agricoles, mais pas que. Marion Maréchal dans un quart d'heure qui sera avec nous. En direct du Salon international de l'Agriculture, depuis le Stand de la Coopération Agricole, 9h10h Sud Radio, la vérité en face, Patrick Roger.

La vérité en face, ici, en direct du Salon de l'Agriculture, Pavillon 4, au Stand de la Coopération Agricole. Nous y étions dès dimanche matin avec Jean-Marie Bordry. Nous avons poursuivi avec un grand débat cette semaine. Puis tout à l'heure, la matinale, Jean-Jacques Bordin, Alexis Poulin sera également là tout à l'heure entre milliers et 14h, ainsi que Vincent Fergnot pour la gastronomie, pour bien manger tout à l'heure. Enfin non, il sera là dimanche. Avant cela, dans quelques minutes, je vais recevoir aussi, puisqu'on a reçu beaucoup d'invités politiques, Marion Maréchal, qui va nous donner aussi sa vision de l'agriculture.

C'est intéressant d'entendre en fait l'ensemble des politiques nous donner leur vision. Avant cela aussi, on va parler des pesticides avec Hervé Lapie, qui est secrétaire général de la FNSEA. Bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, notamment sur les fameuses néonicotinoïdes, parce que c'est toujours un peu compliqué à dire, les néonicotinoïdes. Alors on sait, c'est un pesticide particulier qu'on utilisait notamment dans la betterave, la noisette. Le Sénat est revenu dessus, c'est ça, parce qu'il y avait l'interdiction qui était en cours ?

25:05
Invité

Il y a un objectif en fait de redonner les moyens de production identiques en Europe, avec des interdictions franco-françaises, et notamment sur quelques molécules. Et donc le Sénat a porté un projet de loi sur les contraintes à la huture, pour essayer de retrouver une harmonisation européenne, pour que nos collègues français et européens soient sur la même ligne en fait, sur les défenses et les moyens de production. Donc c'est un enjeu important pour nous.

25:28
Présentateur

Bah oui, le Sénat, et je vois le président du Sénat qui passe, Gérard Larcher en fait, à l'instant Gérard Larcher. Justement c'est le Sénat qui est revenu en fait, dessus Hervé Lapis, qui vous a permis de remettre en fait ce dossier sur la table, parce que ça mettait en difficulté beaucoup d'agriculteurs.

25:46
Invité

Bah en fait, ça met en difficulté des agriculteurs, ça met en difficulté des filières. Aujourd'hui on a une filière noisette qui est en difficulté, on a la filière betterave qui peut être en difficulté, on a la filière cerise qui est beaucoup en difficulté. Et l'idée c'est de donner les moyens de production en attendant d'avoir les alternatives aux produits de santé végétale. Et je crois qu'on utilise un mot qui est parfois galvaudé, mais l'utilisation des produits phytosanitaires, c'est aussi pour protéger les plantes. Et quand on protège les plantes aussi, on protège la santé du consommateur.

26:13
Présentateur

Ah oui, parce que dès que l'on dit phytosanitaire, on se dit, oh là là, danger pour notre santé, on en mange trop, on va avoir le cancer. Je caricature, mais à peine, c'est beaucoup le discours dans le grand public, en tout cas, que certains veulent prodiguer, bien sûr, et échanger, alors que vous dites non.

26:31
Invité

On ne nie pas l'impact des produits phytosanitaires sur la santé, sur l'environnement. Ce qu'on dit, nous, aujourd'hui, c'est que si un produit est dangereux pour la santé et pour l'environnement, il faut réfléchir à son interdiction. Et ce qu'on a déjà fait depuis une dizaine d'années, en interdisant pratiquement 90% des produits phytosanitaires les plus dangereux. Ce qui nous intéresse, nous, la profession agricole, c'est d'accompagner les alternatives. Je suis moi-même président d'une association qui s'appelle le contrat de solution pour des transitions sur les produits phytosanitaires.

On a 45 partenaires aujourd'hui autour de la recherche, de l'innovation, de la robotique, du numérique, des outils à la décision, de la génétique, pour trouver des solutions, en fait, aux alternatives aux produits phytosanitaires.

27:10
Présentateur

Et puis, vous voyez des solutions, effectivement, à moyen terme ?

27:14
Invité

Oui, il y a des solutions. Aujourd'hui, on a validé plus de 120 fiches dans le contrat de solution où on a des alternatives. Par exemple, une culture de colza associée avec une févrole. Vous mettrez moins d'azote pour fertiliser votre colza. Et en plus, la févrole va piéger des insectes ravageurs qui vont être... On n'aura pas besoin d'intervenir sur un produit phytosanitaire insecticide pour protéger le colza, notamment de certains ravageurs. Donc, il y a des avancées. Il faut faire prendre conscience aux citoyens que les adulteurs ne sont pas addicts aux phytosanitaires. Moins on en utilise, mieux on se porte.

Parce que pour notre santé, nous sommes les premiers concernés sur la protection de l'utilisateur. Et pour notre revenu, c'est aussi des enjeux de charge importante. Mais par contre, quand vous avez la punaise diabolique qui pique la noisette et que 40% de votre production, on ne peut pas la commercialiser parce qu'elle est impropre à la consommation, eh bien, ce n'est pas tenable. Et donc, l'idée, c'est d'avoir des moyens de recherche et d'innovation en attendant de supprimer certaines molécules.

28:12
Présentateur

Même chose, vous disiez, sur les cerises également, qui étaient concernées ?

28:15
Invité

Oui, sur la cerise, on a un insecte, la drosophylle Suzuki, aujourd'hui, qui attaque nos cerisiers. Et donc, on est en train d'arracher en masse des cerisiers en France. Et on importe aussi bien de la noisette turque que de la cerise turque. Oulaï, il n'y a pas de mesure ? En fait, il y a des molécules qui sont utilisées chez eux et qui sont interdites chez nous.

28:35
Présentateur

C'est tout le paradoxe qu'on évoque déjà depuis ce matin. C'est-à-dire qu'on ne peut pas consommer nos noisettes françaises parce qu'on ne peut pas les protéger, ou évidemment des cerises. Mais alors, on va aller chercher à l'étranger ces noisettes et cerises comme d'autres produits, bien sûr, où il n'y aura pas les mêmes contrôles.

28:51
Invité

En fait, l'idée pour la cerise, c'est qu'on a des solutions sur la cerise qui sont des filets. Des filets pour protéger les cerisiers. Et donc, un hectare de cerisiers protégés avec des filets, c'est un investissement énorme. Et donc, l'idée, c'est comment est-ce qu'on accompagne les investissements des ayulteurs pour trouver les alternatives. Et donc, si c'est 100 000 euros de l'hectare qu'il faut investir, il y a un moment donné, il faut un appui soit du conseil régional, soit des filières pour accompagner les ayulteurs dans les transitions. Et je suis moi-même ayulteur, je suis installé depuis 1992, j'ai réduit de 45% l'utilisation des produits phytosanitaires.

29:24
Présentateur

Par rapport aux années 70-80, c'était la plupart des conseillers de l'agriculture. Ce n'étaient pas les paysans eux-mêmes qui voulaient utiliser ces phytosanitaires. C'était en fait l'ensemble des conseillers pour avoir une agriculture hyper compétitive et numéro 1 mondiale. C'était ça aussi.

29:41
Invité

Oui, c'était ça. Mais en fait, nous, je vous le dis, les ayulteurs, moi, on a utilisé ce méo-sport. Après, par contre, quand vous êtes producteur de céréales, comme je peux l'être aussi, je suis éleveur de porcs. Il y a un moment donné, quand mes céréales ont de la fusariose, ont des mycotoxines à l'intérieur, la céréale est impropre à la consommation humaine, mais aussi à la consommation animale. Et quand j'ai des troupes qui avortent parce que la céréale est composée avec des mycotoxines, donc il y a un sujet de santé, santé animale, santé humaine. Et donc, il faut qu'on arrive à partager des enjeux importants.

Et je pense que la génétique est un levier très, très important pour avoir des alternatives aussi aux produits phytosanitaires.

30:19
Présentateur

Merci beaucoup, Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, d'être venu au micro Sud Radio. Dans la vérité, en face, ici, en direct du Salon d'agriculture, j'adore les cerises comme j'adore les noisettes, les noix. Tiens, il n'y a pas si longtemps, on m'avait envoyé des noix du Périgord. C'est excellentissime. Allez, dans un instant, on va parler politique, mais politique, avec un regard sur l'agriculture. Marion Maréchal, quelle est sa vision de l'agriculture ? Je vais lui poser la question, puisqu'elle est mon invitée jusqu'à 10h. 10h Sud Radio, la vérité en face. Patrick Roger. La vérité en face, ici, en direct du Salon d'agriculture, donc sur le stand de la coopération agricole.

On a beaucoup parlé d'agriculture, d'A69, avec cette décision qui a été rendue hier par la justice, le tribunal administratif, qui stoppe. Donc, l'A69, tout est gelé. Il y a à peu près 1 000 salariés qui étaient engagés. Il y a eu 300 millions d'euros de dépensés. L'État, je le disais, a déclaré ça d'utilité publique. La rapporteuse publique a dit hier que c'était d'utilité publique, mais pas majeure. Donc, pour l'instant, c'est un stand-by. L'État a fait appel. On va peut-être en parler, d'ailleurs, dans un instant, avec Marion Maréchal, qui est mon invité. Bonjour. Ici, députée, évidemment, au Parlement européen. Et puis, vous faites le tour des stands, un peu comme tous les politiciens.

C'est un passage obligatoire, le salon d'agriculture, Marion Maréchal ? C'est avant tout un plaisir. C'est un plaisir. Et une nécessité, parce que c'est un moment où on a l'occasion de rencontrer de très nombreux acteurs, dans de très nombreuses filières, et donc d'avoir un concentré de témoignages qui peuvent nous éclairer aussi sur la prise de décision publique et nos propres positions. Mais ce n'est pas une première fois pour moi. Ça fait des années que j'ai fait le salon d'agriculture. Vous ne prenez pas de petit déjeuner avant de venir, c'est ça ? Non, parce que je sais que les stands vont être nombreux.

Les occasions de manger de la charcuterie, du fromage et autres joyeusetés vont être aussi nombreuses. Donc voilà, je me garde de la place. Oui. On va revenir sur toutes les questions agricoles et sur votre position, parce que j'aimerais bien l'entendre. Mais je sais, j'ai vu hier que vous avez réagi déjà sur les réseaux sociaux à la petite phrase prononcée par Rima Hassan, qui était l'invité de Jean-Jacques Bordin sur Sud Radio, évidemment hier, sur le Hamas légitime au regard du droit international. C'est ce qu'elle a dit. Je schématise, mais pour revenir sur cette phrase, vous avez réagi en condamnant, mais pas seulement en fait. Non, non, mais vous ne schématisez pas.

Elle a dit texto que en réalité, les actes... Non, mais parce que l'interview a été d'un quart d'heure. Bien sûr, bien sûr, mais que les actes de l'organisation islamiste donc du Hamas s'inscrivaient dans le cadre du droit international. Donc elle nous explique que les actes barbares qui ont été commis à l'occasion du 7 octobre sur des civils, sur des femmes, sur des enfants qui ont abouti aux morts même de très jeunes enfants, à la mort de très jeunes enfants, sont des actes, à certains égards, tout à fait légitimes.

Et je rappelle que le Hamas est une organisation islamiste qui veut évidemment la disparition de l'État israël, mais qui a des ramifications partout en Europe et notamment en France. C'est une organisation liée aux frères musulmans qui a pour projet, je le rappelle, quand même public et assumé la conquête islamique de l'Occident. Et je rappelle aussi qu'à la suite des attentats du 7 octobre, l'un des grands chefs du Hamas depuis le Qatar a appelé à une attaque générale contre les mécréants et cela a abouti au meurtre d'un professeur par un islamiste en France. Donc aujourd'hui, cette organisation, elle menace jusqu'à l'intégrité et à la sécurité de nos propres compatriotes.

Et donc ce type de déclaration, pour moi, est un acte d'hostilité, pas seulement évidemment à l'égard d'Israël, mais aussi à l'égard de la France. Et c'est pourquoi, à l'issue de cette déclaration qui ne fait que s'ajouter à de très nombreuses précédences... Qui va dans le sens de ce qu'elle dit depuis des mois et des mois, où elle prend la défense des territoires palestiniens et... Alors, des populations, on peut comprendre, bien sûr. Non, mais... Rima Hassan est une femme qui a été élue au Parlement européen. Elle est censée être une élue française au service des Français. Moi, je vous le dis, je siège avec elle au Parlement européen et je siège avec elle dans la même commission.

Jamais en 6 mois de mandat, je ne l'ai entendu parler d'autre chose, que ce soit en séance plénière ou en commission, que de Gaza. Voilà. À aucun moment, elle ne s'est sentie concernée par des sujets franco-français et par la défense des Français. Donc moi, je pose la question. Rima Hassan a obtenu la nationalité par naturalisation en 2010.

34:24
Locuteur non identifié

Oui.

34:24
Présentateur

Je considère aujourd'hui que cette naturalisation est indue. Voilà. Et je considère que Rima Hassan, en défendant des organisations terroristes, islamistes qui menacent jusqu'à la France, porte atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. Et qu'à ce titre, elle devrait se voir déchoir de la nationalité française. C'est une question de... Pourquoi ? Parce qu'elle peut exprimer un avis, mais vous estimez qu'elle va trop loin. Elle est dans une logique d'apologie du terrorisme et de défense, une fois de plus, d'une organisation terroriste qui a frappé jusqu'en France par ses ramifications françaises.

Donc à ce titre, je considère qu'en effet, elle ne mérite pas cette nationalité française et que se faire respecter et redonner de la valeur à cette nationalité, c'est donc l'en déchoir. Oui. Déchoir de la nationalité, donc, Rima Hassan, pour vous, c'est ce que doivent demander et engager les pouvoirs publics, le gouvernement, aujourd'hui. Mais je veux dire, de fait, aujourd'hui, il y a des mécanismes pour déchoir de la nationalité française, alors qu'ils sont contraints, évidemment, dans le temps, avec un certain nombre de conditions. D'ailleurs, peut-être pouvons-nous poser la question de l'élargissement de ce périmètre de déchéance de la nationalité.

Mais quoi qu'il en soit, aujourd'hui, de fait, Rima Hassan, par sa position, de fait, n'est pas une française qui défend les intérêts de la France. Voilà, c'est un agent de l'étranger, c'est une femme qui utilise cette nationalité, qui utilise son mandat pour défendre des causes qui ne sont pas la cause française. Et je pense qu'une très grande majorité de Françaises et de Françaises pensent cela et sont alignées avec ça et ont envie de faire en sorte que leur nationalité soit respectée. Et sur la forme, Marion Maréchal, que pensez-vous ? Est-ce qu'il fallait l'inviter ? C'est la question que nous nous sommes posées nous-mêmes à Sud Radio.

Bien sûr, est-ce que l'on peut inviter Rima Hassan qui, on sait, déjà depuis des mois, a des propos qui peuvent être contestables au regard de la République française ? Parce que certains nous ont reproché de l'avoir invité. C'est une élue française. Mais bien sûr qu'il faut l'inviter. Il faut l'inviter pour une raison simple, faire ce que vous avez fait à Sud Radio, c'est-à-dire révéler la pensée profonde de cette femme. C'est elle. Ce n'est pas nous. Par ailleurs, mais en lui posant simplement des questions.

Montrer qui elle est vraiment et ce qu'elle défend vraiment et derrière, évidemment, des propos qui se veulent très juridiques, très respectables, démontrer en réalité qu'elle est totalement alignée aujourd'hui sur la position qui est celle de cette organisation terroriste et islamiste et qu'en rien, elle ne se sent une fois plus concernée par la sécurité des Français. Parce qu'on pourrait parler de ses positions sur le Hamas, mais on pourrait parler de ses positions plus généralement, y compris de son parti, dans le cadre des relations, par exemple, avec l'Algérie.

Ce sont des personnalités qui se positionnent toujours contre les intérêts français et pour des pays comme l'Algérie qui est aujourd'hui très hostile vis-à-vis de nous. Oui. Marion Maréchal, d'un mot justement sur l'Algérie avant de venir à l'agriculture française. D'un mot, vous soutenez l'initiative quand même du gouvernement de François Bayrou qui dit « Bon, moi, on va demander à réexaminer la totalité des accords de 68. » Je la trouve timorée, je la trouve tardie.

Voilà, quand on sait aujourd'hui que 74% des Français sont pour la suspension des visas, quand on sait qu'aujourd'hui l'Algérie, je le dis clairement, a du sang sur les mains en refusant de reprendre 14 fois ce clandestin algérien qui avait déjà été accusé d'apologie du terrorisme et qui a frappé à Mulhouse et qui a tué des Français, tout ça s'inscrivant dans une, comment dire, très nombreuse provocation diverses et variées. On se souvient de l'affaire évidemment des influenceurs algériens, on se souvient notamment de l'affaire de R Algérie. Je considère qu'aujourd'hui l'Algérie ne veut pas négocier. D'ailleurs, vous voyez la réponse qu'ils ont fait à l'issue ça. Oui, oui, oui.

Fin de non recevoir. Du pouvoir algérien. Ils ne veulent pas négocier pour une raison simple, c'est qu'aujourd'hui, la France est pour le gouvernement algérien le bouc émissaire facile qui permet de cacher tous leurs échecs et que depuis maintenant un certain nombre d'années, ils sont dans une logique de rupture. Prenez d'ailleurs la question agricole, c'est très intéressant. Sachez qu'en 2024, les exportations agricoles françaises en Algérie ont baissé de 73% parce que l'Algérie est en train de se détourner évidemment des exportations françaises pour en l'occurrence sur le blé se tourner vers la Russie. Donc ils sont de toute façon dans une logique de rupture. Donc ce n'est pas...

Mais il ne faut pas aller jusqu'à la rupture en faisant des atermoiements avec l'Algérie. Vous êtes pour aller jusqu'à la rupture avec le nombre de millions de personnes concernées par l'Algérie d'une manière ou d'une autre sur le territoire français. Je suis pour se faire respecter et je suis pour le rapport de force. Et je crois qu'aujourd'hui nous avons trop attendu. Nous avons donné trop de gages. Nous nous sommes trop complets dans une forme de repentance, d'autoflagellation en espérant que cela allait atténuer finalement les revendications des Algériens et ça a été exactement l'inverse. Donc je crois que maintenant il ne faut plus traîner et aller tout de suite vers une solution.

Marion Maréchal, venons-en maintenant aux questions autour de l'agriculture. Donald Trump il montre ses muscles que vous dites rapport de force. Alors lui il impose un rapport de force à l'Union Européenne. Est-ce que vous soutenez sa démarche ou vous êtes contre sa démarche d'imposer des droits de douane aux produits français ? Alors je vais vous répondre tout de suite sur Donald Trump et avant permettez-moi de réagir à une chose que j'ai vue cette semaine au Salon de l'agriculture et qui m'a beaucoup interpellé pour ne pas dire sidéré.

C'est la déclaration de Marine Tondelier donc écologiste de son État qui se plaignait que les verts étaient considérés comme les victimes de préjugés de la part des agriculteurs et qu'ils étaient aujourd'hui les boucs émissaires finalement des agriculteurs. C'est extraordinaire. C'est vraiment le bourreau qui se fait passer pour la victime en réalité. Alors qu'on sait qu'aujourd'hui les agriculteurs sont les faux soyeurs de l'agriculture française que les éleveurs pardon que les verts sont les faux soyeurs de l'agriculture française Ah bon ? Parce que les agriculteurs sont les faux soyeurs là-bas vous alliez rejoindre peut-être les arguments de certains.

Non non bien sûr que les verts sont les faux soyeurs de l'agriculture française qu'ils ont des méthodes de voyous je le rappelle quand même en soutenant des éco-terroristes comme les soulèvements de la terre on se revient que dans l'affaire Saint-Solide des grandes bassines où les gendarmes étaient violentés des élus verts étaient présents Mais eux disent qu'ils défendent l'environnement qu'il s'agisse de l'accès aux produits phytosanitaires qu'il s'agisse de leur défense inconsidérée du Green Deal c'est-à-dire du pacte vert qui se décline sous la stratégie Farm to Fort dont on a beaucoup parlé avec des objectifs complètement délirants ils sont aujourd'hui grandement responsables de la situation des agriculteurs français et quand j'entends Marine Tandellier venir se plaindre sur le salon qu'aujourd'hui ils sont victimes de préjugés de la part du monde agricole et qu'ils sont les boucs émissaires aujourd'hui de ces agriculteurs je trouve que c'est extrêmement fort de café donc je voulais réagir à cela pour rappeler quand même aujourd'hui où sont les responsabilités je rappelle que d'ailleurs ces verts se sont là encore opposés les écologistes et les verts ne sont pas responsables de tous les maux de l'agriculture pas tous mais une grande partie quand je les vois d'ailleurs encore aujourd'hui s'opposer à la nouvelle loi d'orientation agricole qui est en cours alors que cette loi pose un certain nombre de jalons positifs pour l'agriculture je vois qu'en réalité ils n'ont pas changé de logiciel bon dites-moi sur Donald Trump alors vous soutenez plutôt Donald Trump sa politique est-ce que vous la soutenez sur l'agriculture ?

Donald Trump est un américain et c'est un président américain qui défend les intérêts des Etats-Unis à ce titre je ne peux pas lui reprocher de défendre les intérêts des Etats-Unis et l'agriculture américaine moi je suis une française et une européenne qui a vocation à défendre les intérêts de la France et des Européens donc il est évident que lorsqu'il agite le risque d'induchissement des conditions commerciales ça ne me fait pas plaisir puisque c'est une difficulté supplémentaire qui est potentiellement mise bien sûr sur la tête de nos producteurs bien sûr dans tous les secteurs mais notamment les agriculteurs notamment évidemment maintenant plutôt que de se plaindre de ce que nous ne maîtrisons pas à savoir en l'occurrence la position commerciale de Donald Trump donnons-nous les moyens d'affronter ce rapport de force commerciale quand on sait qu'aujourd'hui en France produire coûte 20% plus cher que dans le reste de l'Union Européenne quand on sait que l'Union Européenne met en place un certain nombre de normes extrêmement coûteuses qui nous handicapent finalement dans cette logique de compétitivité quand on sait qu'aujourd'hui à travers le Mercosur et peut-être demain l'adhésion de l'Ukraine on fragilise encore davantage ces filières agricoles par une concurrence déloyale en laissant venir sur le sol européen des produits qui ne respectent pas les mêmes normes phytosanitaires que nous on voit bien que tous ces éléments cumulés nous rendent moins compétitifs et donc nous rendent moins aptes à affronter ce rapport de force au Mercosur vous vous êtes contre parce qu'il y a certains producteurs qui vendent et qui se disent ce sont aussi des marchés potentiels y compris dans le secteur de l'agriculture je vais vous dire en réalité en France il y en a quand même assez peu qui tiennent ce discours puisque même quand on a encore aujourd'hui les représentants de la filière viticole ils admettent eux-mêmes que le bénéfice relativement d'ailleurs réduit pour la viticulture n'en vaut pas la chandelle relativement à l'ensemble des handicaps qui seront ceux de l'agriculture dans sa globalité en particulier bien sûr pour les éleveurs je ne vais pas vous apprendre que rien qu'au Brésil il y a près de 52 produits phytosanitaires qui sont utilisés et qui sont interdits en Europe par ailleurs c'est toujours la même chose on peut aujourd'hui s'autoriser des accords bilatéraux sur certains secteurs certains domaines sachez par exemple que sur le soja nous avons déjà un accord de libre-échange on nous parle beaucoup de la contrepartie des métaux rares mais la France a aussi un accord bilatéral avec le Chili sur les métaux rares qui lui permet d'avoir accès à ces métaux donc d'être dans cette logique systématique d'un accord global qui aboutisse à comment dire à la remise en cause de tous les droits de douane et taxes d'importation sur l'ensemble des secteurs me semble être une approche dangereuse non seulement économiquement mais aussi pour la santé parce qu'une fois de plus si des produits sont dangereux en Europe et pour la santé des Européens alors dans ce cas là on devrait considérer qu'ils sont aussi dangereux quand ils viennent du Brésil Merci Marion Maréchal députée au Parlement européen qui est venue répondre à toutes les questions y compris donc bien sûr sur l'agriculture Donald Trump mais aussi les autres questions liées à l'actualité je vous laisse aller déguster sur les différents stands du salon de l'agriculture vous passez la journée dans la matinée ?

Tout à fait la journée la journée le marathon commence déjeuner et dîner ici n'abusez pas évidemment merci nous étions sur le stand de la coopération agricole ici au salon de l'agriculture nous allons poursuivre bien sûr tout à l'heure entre midi et 14h avec beaucoup d'invités encore une fois avec Alexis Poulin qui sera là tout à l'heure sur Sud Radio qui est en train de faire

44:31
Locuteur

l'agriculture qui est en train de faire l'agriculture sur le salon de l'agriculture