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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 24 août 2023 25 min

Rentrée scolaire décalée, congé parental raccourci, canicule dans les Ehpad... Le "8h30 franceinfo" d'Aurore Bergé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Aurore Berger, on va bien sûr parler avec vous des dossiers politiques de la rentrée. Un mot d'abord sur cette actualité internationale, comment réagissez-vous à la mort annoncée par Moscou du patron de Wagner, Yevgeny Prigogine ?

0:17
Aurore Bergé

D'abord il faut rappeler ce qu'est Wagner, on l'avait d'ailleurs adopté à l'Assemblée Nationale quand je présidais le groupe Renaissance. C'est une organisation qui est une organisation terroriste, une organisation qui a visé à déstabiliser un certain nombre de pays, de régions, qui a commis des exactions, des massacres de manière évidente. Donc c'est celui qui dirigeait et pilotait cette organisation paramilitaire et terroriste qui est aujourd'hui décédé. Il faut d'abord rappeler encore une fois ce qu'était et ce que reste à date d'ailleurs le groupe Wagner.

0:44
Présentateur

Mais est-ce que sa mort peut changer les choses pour la guerre en Ukraine ?

0:47
Aurore Bergé

Je ne sais pas si sa mort peut changer les choses honnêtement sur la guerre en Ukraine. Ce que je sais c'est l'engagement déterminé de la France et de l'ensemble des alliés de l'Ukraine de manière à faire en sorte évidemment de continuer à l'accompagner et de l'accompagner jusqu'à la fin, c'est-à-dire jusqu'à la possibilité pour l'Ukraine de recouvrer sa pleine souveraineté.

1:04
Invité

Or Berger, on revient à la scène nationale. Emmanuel Macron, ça y est, a dévoilé les grandes lignes de son initiative politique dans un entretien en magazine Le Point. Il assume, après les émeutes, de faire de l'éducation le cœur de la bataille. Il dit que l'éducation c'est son domaine réservé. On pensait que c'était la défense et la politique étrangère, le domaine réservé du président, non ?

1:24
Aurore Bergé

Ce qu'on a vu quand même malgré tout dans les émeutes, et notre engagement, c'est justement d'arriver à tracer des lignes après les émeutes. Et dans ces émeutes, on a vu un délitement de l'autorité. On a vu des très jeunes qui étaient malheureusement engagés dans des faits de violence particulièrement graves. Ce qui pose à la fois des questions sur la parentalité, sur comment on fait en sorte d'accompagner les parents et de les responsabiliser. Ce qui pose des questions évidemment sur l'école, la place de l'école et de l'autorité en général dans notre société. Et finalement, c'est une politique publique qui est extrêmement attendue, si ce n'est peut-être la plus attendue par les Français.

Donc que le président de la République lui-même clairement s'engage, trace des voies, trace des voies aussi des réformes, comme il l'a commencé à l'esquisser sur la question des épreuves, sur la question de la temporalité, sur le fait peut-être de rentrer plus tôt pour permettre à nos enfants qui sont les plus fragiles d'être mieux accompagnés.

2:15
Invité

Emmanuel Macron, il voit qu'une rentrée dès le 20 août, il veut aussi utiliser le mois de juin pour les élèves qui n'ont pas d'examen. Ça, c'est possible dans un contexte de pénurie d'enseignants ? C'est possible à court terme dès la rentrée prochaine ?

2:27
Aurore Bergé

En tout cas, je pense que c'est souhaitable. C'est souhaitable parce qu'on a aujourd'hui des familles qui nous alertent en disant concrètement qu'évidemment, elles, les parents travaillent et qu'on a des enfants, notamment des jeunes adolescents qui, juin, juillet, août, se retrouvent parfois un peu en déshérence, peuvent se retrouver seules aussi face à des nouveaux risques, à des nouvelles menaces. Je pense à la question des réseaux sociaux, la question des écrans en particulier. Donc le fait que l'école et donc l'État, finalement, viennent en accompagnement des familles, viennent en accompagnement de nos enfants, je pense que ça, c'est notre responsabilité.

2:59
Présentateur

Vous dites que c'est souhaitable, mais est-ce que c'est faisable avec quels enseignants ?

3:03
Aurore Bergé

On a à la fois, vous le savez, la nécessité de continuer à recruter plus d'enseignants et le président de la République s'est engagé et ce sera le cas à la rentrée, surtout qu'évidemment, dans chaque salle de classe, il y ait un enseignant à la rentrée, malgré, vous le savez, des tensions de recrutement qui sont extrêmement fortes. Après, si on doit élargir la durée, est-ce que c'est la durée de l'enseignement ? Est-ce que c'est la durée de l'accompagnement plus personnalisé, comme on a pu le faire, par exemple, sur le collège ? Là, c'est au ministre de l'Éducation nationale, après, évidemment, de le définir.

En tout cas, moi, du côté des familles, je pense que c'est souhaitable, parce qu'on a, encore une fois, des familles qui nous alertent, des familles qui nous demandent de les accompagner, de les aider, d'aider aussi à responsabiliser leurs enfants. Et je pense que plus l'État peut être présent, pas en substitution, mais aux côtés des familles, et mieux c'est pour notre société en général.

3:50
Invité

Emmanuel Macron remet à plat aussi une partie du calendrier des épreuves du bac. Ça veut dire quoi ? C'est un aveu d'échec de la réforme Blanquer de 2018 ? Parce que le chef de l'État dit que ce n'est pas possible d'avoir des épreuves si tôt, comme c'est le cas aujourd'hui dans l'année.

4:03
Aurore Bergé

Je crois que Jean-Michel Blanquer a été un excellent ministre de l'Éducation nationale, et qu'on en voit d'ailleurs des effets qui sont des effets positifs. Je pense à ce qu'on a fait, notamment, sur le dédoublement des classes en CP et CE1, dans les quartiers défavorisés. Mais sur le bac, le président veut revoir la réforme Blanquer.

Et après, sur le bac, on a testé des choses qui étaient nouvelles, de manière à prendre en compte, par exemple, le contrôle continu, qui était une bonne chose aussi de se dire qu'on ne joue pas toute sa vie, comme parfois on pouvait le penser, nous, quand on était en terminale, sur l'épreuve finale, et le contrôle continu, et donc l'assiduité aussi, et l'énergie qu'on y met tout au long de l'année, compte. Après, est-ce qu'il faut revoir le calendrier des épreuves pour faire en sorte que les élèves restent attentifs, peut-être jusqu'au bout, et engagés jusqu'au bout ? Encore une fois, ça, c'est au ministre, après, de le détailler et de le mettre en œuvre.

Ce qui compte, encore une fois, c'est comment on fait en sorte que tous les enfants, quelles que soient leurs conditions sociales, quels que soient leurs milieux d'origine, soient accompagnés et soient placés en situation de réussite.

4:55
Présentateur

Il faut réduire significativement l'immigration, estime aussi Emmanuel Macron, dans cet entretien de rentrée au journal Le Point, Aurore Berger. Le chef de l'État, pourtant, a expliqué au début du mois d'août, nous avons toujours été un pays d'immigration et nous allons continuer de l'être. Qu'est-ce qui s'est passé en trois semaines ?

5:10
Aurore Bergé

Je crois que ce n'est pas antagoniste de dire que oui, on doit rester une terre d'accueil et d'immigration, et que pour autant, on voit bien qu'il y a la nécessité d'une régulation. Si on veut que les Français eux-mêmes continuent à souhaiter tout simplement être généreux et être en capacité d'accueillir, ça veut dire qu'il faut être en capacité d'intégrer, et intégrer par le travail, intégrer par les valeurs républicaines. Et c'est d'ailleurs tout l'enjeu du projet de loi immigration que collectivement on porte, et dont je souhaite qu'on arrive à trouver une majorité.

C'est aussi la raison de l'initiative du président de la République de recevoir tous les présidents de partis, parce qu'à un moment, est-ce qu'on souhaite ou pas la réussite de notre pays ? Est-ce qu'on souhaite avoir un pacte national qui fasse en sorte qu'encore une fois, on ait plus de cohésion nationale, plus d'unité de la nation, ce d'autant plus encore une fois dans les épreuves collectives qu'on a pu traverser, notamment au travers des émeutes ? Je crois que là, il faut que tous les partis politiques acceptent de jouer le jeu, tout simplement, d'une capacité à faire nation.

6:05
Invité

Mais justement, initialement, cette initiative politique, elle était cantonnée à ce que le chef de l'État considère comme étant l'arc républicain, hors Rassemblement National et la France Insoumise, et finalement, ils seront invités. Qu'est-ce qui s'est passé ? Ce n'était pas nécessaire, mais c'est devenu indispensable de les inviter ?

6:20
Aurore Bergé

Ils sont présents. Ils sont présents à l'Assemblée Nationale. Est-ce que ça veut dire qu'on cherche des compromis avec eux ? À aucun moment, le groupe que j'ai présidé, la majorité présidentielle, n'a fait d'alliance politique, ni avec le Rassemblement National, donc l'extrême droite, ni avec LFI, et donc l'extrême gauche. Après, est-ce qu'il faut pour autant les boycotter et dire, en fait, vous n'avez pas le droit d'être autour de la table, alors que vous représentez de facto les millions de Français qui ont voté pour vous ?

6:46
Présentateur

Donc Emmanuel Macron s'est trompé en pensant les exclure dans un premier temps ?

6:49
Aurore Bergé

Non, mais je pense que vous avez tout simplement la nécessité, quand vous êtes président de la République, de prendre acte de la décision qui était la décision des Français. Ce qui ne veut pas dire derrière, faire en sorte de la combattre, et la combattre de la manière la plus efficace, c'est d'abord de réussir. Et réussir, c'est justement les initiatives que prend le président de la République pour faire en sorte que notre pays soit plus fort à l'issue de ce quinquennat, et à l'issue même de ces deux quinquennats qu'il ne l'était auparavant. Mais moi, je pense qu'on ne peut pas penser que le simple fait de boycotter suffirait à effacer des idées politiques.

Ce qu'il faut, c'est les combattre. Mais c'est plus efficace de les combattre en mettant les gens autour de la table, en les mettant en responsabilité, en disant « Ok, concrètement, vous, vous feriez quoi ? » et démontrer peut-être aussi aux Français par la même occasion qu'en vérité, il y a des partis qui sont des partis raisonnables, républicains, avec lesquels des alliances sont possibles, et des partis qui ne le sont pas.

7:40
Invité

– Robert, j'ai juste donc que vous êtes d'accord avec Nicolas Sarkozy qui juge injuste et insultant le procès en illégitimité qui est fait à Marine Le Pen ?

7:46
Aurore Bergé

– Je crois qu'il a dit autre chose dans son livre, et je crois surtout qu'il a démontré dans toute sa carrière politique qu'il a combattu l'extrême droite. Il est d'ailleurs le président de la République qui a fait en sorte aussi qu'au second tour de la présidentielle, il n'y ait pas à l'extrême droite. Donc moi, encore une fois, je n'ai pas à juger telle ou telle phrase d'un ancien président de la République.

Ce que je sais, c'est qu'on juge les actes, et que dans les actes, Nicolas Sarkozy comme Emmanuel Macron n'ont jamais, à aucun moment de leur vie, composé de quelque manière que ce soit avec l'extrême droite, l'ont combattu, et le président de la République est et reste le meilleur rempart face à l'extrême droite.

8:20
Présentateur

– Aurore Berger, on poursuit cet échange avec vous, ministre des Solidarités et des Familles, dans un instant, après le Filinfo à 8h40, Valentin Le Tess.

8:28
Invité

– Il y a des doutes raisonnables sur les conditions de la mort de Yevgeny Prigogine, estime Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement, alors que les autorités russes annoncent la mort du patron du groupe paramilitaire Wagner dans le crash d'un avion près de Moscou. 48h après la mort d'un enfant de 10 ans, une nouvelle fusillade cette nuit dans le quartier de Pisevin à Nîmes. Cette fois, la victime est un jeune homme de 18 ans, connu des services de police. Près d'une infirmière sur deux quitte l'hôpital ou change de métier après 10 ans de carrière. C'est la conclusion d'une étude de l'adresse paru ce matin, le service statistique du ministère de la Santé.

On atteint le pic de cette vague de chaleur, 17 départements en vigilance rouge ce matin, 39 en orange et de nouveaux records de température battus, 42,4 degrés enregistrés par exemple hier à Toulouse. France Info.

9:22
Présentateur

Toujours avec Aurore Berger, ministre des Solidarités et des Familles.

9:31
Invité

Aurore Berger, le président veut bâtir des accords avec les partis et envisage d'avoir recours au référendum. Alors qu'il a toujours refusé cette option que parfois les oppositions lui réclamaient, vous croyez vraiment qu'elles vont lui faire ce cadeau aujourd'hui ?

9:44
Aurore Bergé

Ce ne sont pas les oppositions qui vont décider si oui ou non un référendum peut exister. En la Ve République, c'est le président de la République qui doit déterminer si oui ou non on doit avoir recours au référendum. C'est sa capacité même et c'est comme ça que notre constitution a été pensée. Et d'ailleurs, il a toujours dit que ça pouvait être une option. Il n'a jamais écarté par principe en disant « jamais je n'aurai recours au référendum ».

10:05
Invité

Il l'a dit plusieurs fois mais il n'est jamais allé au bout. Par exemple, le référendum promis sur l'environnement...

10:08
Aurore Bergé

Est-ce que je pense qu'on n'a pas toujours eu dans notre pays, vous le voyez bien au cours des divers quinquennats ou même septennats, eu beaucoup recours directement aux Français par le référendum ? Ce n'est pas totalement la culture politique française même, objectivement. Après, est-ce que justement dans cette logique-là qui est de dire qu'il faut arriver à recréer de la cohésion, à refaire nation et donc aller aussi consulter peut-être directement les Français ? Je pense que ça doit pouvoir être une option. Ce ne veut pas dire qu'il faille que ce soit systématique. La décision, elle est partagée entre à la fois des députés, des parlementaires qui représentent les Français.

C'est une démocratie représentative et puis une démocratie plus directe qui doit pouvoir s'exprimer. Les deux ne sont pas en concurrence.

10:49
Invité

Sur quel sujet vous pourrez porter un référendum ?

10:50
Aurore Bergé

Il faudrait d'abord déjà que l'initiative du président, que cette main tendue qu'il fait au parti politique, elle puisse être saisie. L'objectif, il est quand même là.

10:58
Invité

Donc il y a besoin des oppositions.

10:59
Aurore Bergé

Mais on a besoin, à partir du moment où vous êtes en majorité relative, ça veut dire encore une fois que vous devez bâtir des compromis. Et c'est ce qu'on a fait depuis un an. Puisqu'à la fin, vous l'avez bien vu, vous le savez, je l'ai vécu en tant que présidente de groupe, tous les différents projets de loi budgétaire ont été adoptés et à chaque fois avec des majorités nouvelles.

11:15
Invité

Mais donc si les oppositions saisissaient cette main tendue, sur quel sujet pourrait porter un référendum ? Emmanuel Macron parle par exemple du service national universel, des institutions.

11:21
Aurore Bergé

Je pense qu'il faut que ce soit des sujets qui à la fois concernent évidemment directement les Français, mais qui sont au cœur de ce qu'on appelle le pacte républicain, les enjeux d'autorité, les enjeux régaliens. Je pense que c'est là-dessus qu'il y a du sens évidemment à ce qu'un référendum, si le président de la République le souhaite, puisse exister.

11:38
Présentateur

Aurore Berger, l'allocation de rentrée scolaire est revalorisée. Cette année, un 5,5%. Mais vous l'avez constaté, hier vous étiez dans un supermarché. C'est moins que l'inflation sur les fournitures scolaires, environ 10%. Est-ce qu'il faut un geste supplémentaire pour les familles modestes ?

11:52
Aurore Bergé

Alors il y a déjà un geste qui est très important, l'allocation de rentrée scolaire. C'est plus d'un milliard d'euros chaque année que l'État apporte aux familles pour aider les familles qui sont les plus fragiles, les plus vulnérables. Mais l'inflation est plus forte. Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Pour donner peut-être juste un repère, quand vous êtes une famille monoparentale au SMIC, c'est-à-dire que vous travaillez, vous gagnez le SMIC, vous avez un enfant, c'est 413 euros en moyenne que vous percevez. Donc l'allocation de rentrée scolaire, il y a deux sujets. Il y a deux polémiques en vérité qui sont régulièrement utilisées.

Il y a ceux qui disent que ça ne suffit pas, ce qui est faux. Et je pense que tous les parents qui, objectivement comme moi, sont allés faire leur course, savent que ça suffit pour payer les fournitures scolaires. Et même...

12:30
Présentateur

Et pour payer l'inscription aux activités... Exactement.

12:32
Aurore Bergé

Et même, et là, ça permet de répondre à la deuxième polémique, vous savez que c'est un peu un des marronniers politiques qu'on a à chaque rentrée, qui est de dire que l'allocation de rentrée scolaire serait utilisée pour d'autres choses que pour les enfants. L'objectif, c'est que cette allocation, ce soit une véritable aide aux familles. Et une aide aux familles, ça veut dire que les parents peuvent aller sereinement faire leur course de rentrée avec leurs enfants pour payer les fournitures scolaires, qui sont largement finançables par cette allocation, par cette aide, et ça laisse des moyens.

12:59
Présentateur

Donc, ça suffit amplement, vous nous dites, et pour les familles des classes moyennes qui ne reçoivent pas cette allocation.

13:06
Aurore Bergé

Je finis juste là-dessus, pardon. Et ça laisse des moyens, encore une fois. Vous avez fait des caddies vous-même, je crois, sur France Info. J'ai fait le test hier dans une très grande enseigne et je peux vous le dire, pour un enfant qui rentre en sixième, le panier moyen de fournitures scolaires, c'était 130 euros. Pour un enfant qui rentre en seconde, le panier moyen, c'était 190 euros, permettant, encore une fois, d'avoir toutes les fournitures scolaires et d'avoir des moyens supplémentaires pour les familles, tout simplement pour payer des vêtements, des affaires de sport, pour payer aussi la cantine.

Et je crois qu'aider comme ça nos familles, aider les familles les plus fragiles et les plus vulnérables, c'est une nécessité. Et vous parliez des classes moyennes. Vous ne touchez pas à l'allocation. Quand, par exemple, on a revalorisé les allocations familiales, les allocations familiales, ça veut dire que toutes les familles, à partir de deux enfants, en ont bénéficié, là, quel que soit leur niveau de revenu. Quand on a augmenté le complément mode de garde, ça veut dire que, là encore, toutes les familles qui ont recours à des gardes d'enfants, par exemple, à domicile ou en micro-crèche, ont pu y avoir accès.

Quand on a augmenté le crédit d'impôt pour la garde d'enfants, ça veut dire que les classes moyennes ont pu plus sereinement pouvoir faire garder leurs enfants. Donc, il y a à la fois accompagner les familles les plus fragiles, les plus vulnérables, c'est cette aide, cette allocation de rentrée scolaire. Et, encore une fois, aider les classes moyennes avec beaucoup de dispositifs qui existent et qui sont nécessaires.

14:22
Invité

Les classes moyennes qui sont concernées par le budget 2024 que le gouvernement prépare en ce moment, Elisabeth Borne, hier, a répété qu'il n'y aurait pas de hausse d'impôt. Mais si le gouvernement augmente plusieurs taxes et diminue des aides, ça revient au même, finalement, pour le porte-monnaie des Français, non ?

14:36
Aurore Bergé

C'est pour ça que la Première Ministre a redit très clairement qu'on ne serait pas le gouvernement de la hausse des impôts. On a fait l'inverse.

14:43
Invité

Il y a des taxes qui vont augmenter, par exemple, la franchise.

14:44
Aurore Bergé

On a fait l'inverse depuis, maintenant, 6 ans. On a baissé l'impôt sur le revenu. On a supprimé, vous le savez bien ici, la redevance audiovisuelle tout en compensant les moyens pour l'audiovisuel public. On a eu de cesse que de baisser les impôts des Français. La taxe d'habitation qui a été supprimée pour l'ensemble des ménages sur la résidence principale. Donc, on a rendu du pouvoir d'achat aux Français. Donc, on ne va pas faire l'inverse.

15:05
Invité

Vous avez certaines taxes, Aurore Berger. Vous êtes ministre des Solidarités. Est-ce que vous êtes à l'aise avec cette idée de doubler la franchise ? C'est la part que payent les Français quand ils achètent des médicaments ou qu'ils vont chez le médecin.

15:16
Aurore Bergé

Vous trouvez ça légitime ? Ce qui est légitime, c'est de se dire qu'à un moment, la dépense publique, elle n'est pas sans fin et sans limite parce qu'à la fin, vous ne pouvez pas me poser dans la même question et me dire est-ce que vous allez ou pas augmenter les impôts et dire mais continuez à augmenter la dépense publique parce que les Français ne sont pas idiots. Quand on leur dit qu'on augmente indéfiniment la dépense publique, il dit que ça veut dire que c'est les impôts de demain que vous allez augmenter. Moi, je ne veux pas qu'on augmente les impôts des Français.

Je veux au contraire qu'on continue à être sur cette dynamique-là et pour les ménages et pour les entreprises qui permet de leur rendre du pouvoir d'achat. Et après, est-ce qu'à la marge sur certains sujets, vous parliez notamment en question de santé, on peut augmenter un peu la franchise ? C'est une discussion budgétaire qu'on aura au Parlement, à l'Assemblée et au Sénat en cette rentrée ?

15:54
Invité

Ce n'est pas une rustine qui va justement impacter le pouvoir d'achat parce que quand on interroge les généralistes, ils disent qu'il n'y a pas d'abus, il n'y a pas de surconsommation de médicaments ou alors c'est très marginal. C'est quoi le motif ?

16:05
Aurore Bergé

On sait à la fois un motif de responsabilité, c'est un motif aussi budgétaire et c'est encore une fois une discussion et un arbitrage qu'on rendra parce qu'on a aussi besoin, nous, en termes de dépenses publiques, de pouvoir financer. On ne peut pas venir sur vos plateaux et annoncer des politiques publiques sans dire concrètement comment ces politiques publiques seraient financées.

Et si on ne veut pas avoir recours à l'impôt, ça veut dire qu'à un moment, il faut qu'on puisse faire des choix qui sont des choix budgétaires et ces choix budgétaires, ils ne se feront jamais au détriment des familles, ils ne se feront jamais au détriment des plus fragiles, ils ne seront pas au détriment de la classe moyenne mais je pense qu'on a tous des enjeux de responsabilisation et je pense que c'est un débat, honnêtement, auquel les Français sont prêts.

16:40
Présentateur

Aurore Berger, vous restez avec nous, ministre des Solidarités et des Familles. On vous retrouve après le Fil Info à 8h50, Valentine Letesse.

16:47
Invité

Un homme de 18 ans tué par balle dans le quartier Pisevin de Nîmes, là où un enfant de 10 ans a été victime d'une physillade il y a 48 heures. Sa mort a déclenché l'envoi sur place de la CRS8 spécialisée dans le maintien de l'ordre. Emmanuel Macron aura recours au référendum, le chef de l'État l'assure dans un entretien au point. Toujours privé de majorité absolue, à l'Assemblée, il réunira la semaine prochaine toutes les forces politiques représentées au Parlement. Enquête, je cite, d'accords utiles pour la France et dont certains seront peut-être soumis à référendum.

L'exécution de Yevgeny Prigogine paraît assez vraisemblable, estime sur France Info Sylvie Berman, ancienne ambassadrice de France en Russie. Les autorités russes annoncent la mort du patron du groupe paramilitaire Wagner dans le crash d'un avion près de Moscou. Avis au client déni, si votre facture de régularisation d'électricité s'élève à plusieurs milliers d'euros, il y a eu des erreurs, reconnaît le fournisseur d'électricité au lendemain de sa convocation au ministère de la Transition énergétique. L'entreprise italienne s'engage à corriger le tir. France Info

17:54
Présentateur

Le 8.30 France Info Agathe Lambret Agathe Mahuet

17:58
Invité

Toujours avec Aurore Berger, ministre des Solidarités et des Familles. Aurore Berger, il y a 20 ans, la canicule de 2003 faisait 15 000 morts dans le pays. Est-ce que vous avez aujourd'hui un premier bilan de cette canicule ou des alertes particulières ?

18:10
Aurore Bergé

Déjà, heureusement, le drame de 2003 nous a permis d'apprendre et de mettre en place des dispositifs qui sont beaucoup plus efficaces et encore une fois, heureusement, que ce soit notamment dans les EHPAD, mais quand on pense aux publics les plus vulnérables, ce n'est pas seulement les personnes âgées en EHPAD, c'est des personnes à domicile, je pense notamment à elles, celles qui peuvent être isolées, seules, qui ne savent pas forcément vers qui se tourner pour être mieux accompagnées, sont aussi nos enfants, nos très jeunes enfants, les personnes en situation de handicap, les femmes enceintes.

Vous voyez, la vulnérabilité, en fait, elle est beaucoup plus partagée que ce qu'on pourrait penser.

18:38
Invité

Et dans un contexte de crise, en plus, dans les EHPAD, de manque de personnel ? Dans un contexte évident de tension de recrutement. Vous êtes assuré qu'il y ait suffisamment de personnel dans tous les EHPAD ?

18:47
Aurore Bergé

Ce qu'on a fait, c'est qu'on a anticipé. On a anticipé avec ce qu'on appelle les agences régionales de santé, c'est-à-dire toutes celles et ceux qui sont engagées sur les territoires auprès des professionnels de santé, des professionnels aussi du médico-social, de manière à faire en sorte, notamment aussi parce qu'on est en période estivale, de pouvoir recruter plus si besoin, d'avoir plus de crédit, tout simplement pour que ce soit possible, y compris sur des courtes périodes. Donc, pour l'instant, on a une situation qui est maîtrisée, qui est contrôlée dans nos EHPAD.

7500 EHPAD à travers le pays avec des obligations qui ont été faites aux EHPAD, d'avoir des espaces qui sont des espaces de fraîcheur, réfrigérés, climatisés, pour faire en sorte, encore une fois, qu'il y ait des temps pour les personnes... Mais pas d'obligation

19:27
Présentateur

d'installer la climatisation dans les chambres des EHPAD,

19:30
Aurore Bergé

ça, c'est normal ? À ce stade, pour l'instant, ça n'allait pas. Il y a 7500 EHPAD. Il va peut-être falloir avoir cette discussion-là parce qu'en vérité, on a, nous, là, tout de suite, une situation d'urgence évidente pour faire en sorte que les personnes soient les plus protégées possibles. Et puis, on a un sujet le plus structurel, c'est que le dérèglement climatique fait que ces vagues de chaleur qui sont beaucoup plus impressionnantes à la fois par leur ampleur, leur intensité, mais aussi par leur durée... J'étais en Haute-Savoie, un département comme la Haute-Savoie qui, depuis maintenant 8 jours, est en vigilance canicule. Ça n'était jamais arrivé.

Mais donc, vous souhaitez modifier la réglementation sur la climatisation dans les chambres d'EHPAD ? C'est une discussion qu'il faut avoir parce que vous avez plein de gestionnaires différents dans les EHPAD, vous le savez bien, des EHPAD publics, des EHPAD hospitaliers, des EHPAD privés, des EHPAD qui ont été construits à des dates qui sont extrêmement variées aussi sur notre pays.

Ce qu'il faut, c'est discuter avec l'ensemble des fédérations, avec l'ensemble des acteurs et surtout rendre hommage à toutes celles et ceux qui travaillent dans nos établissements, à nos aides à domicile aussi, qui continuent à travailler ces mois de juillet, et ces mois d'août à avaler des kilomètres pour aller voir nos parents, nos grands-parents qui sont en situation de vulnérabilité et faire appel encore une fois aussi à la solidarité. Mais quel bilan alors

20:33
Invité

de cette canicule ?

20:34
Aurore Bergé

Encore une fois, heureusement aujourd'hui, on n'a pas dans les EHPAD de situation de tension parce qu'il y a eu de l'anticipation, parce qu'on a des personnels qui sont mobilisés. La vigilance pour moi, elle est beaucoup à domicile pour les personnes qui sont isolées. On estime aujourd'hui qu'on a 2 millions de Français qui sont en situation d'isolement social, qui n'ont pas de famille immédiate, qui n'ont pas d'amis, qui ne travaillent plus, qui ne sortent pas forcément. Et le Covid, malheureusement, a renforcé cela. Et pourtant, vous avez repoussé la loi

20:58
Invité

bienveillir au Rorberger. Ce n'était pas une priorité ?

21:01
Aurore Bergé

C'est une priorité. On l'a décalée et elle sera évidemment examinée. Elle sera adoptée, je l'espère, si les parlementaires l'acceptent avant la fin de l'année. C'est une priorité pour le gouvernement parce que c'est à la fois la question d'une nouvelle culture aussi à mettre en place dans nos EHPAD, une culture du contrôle. Et vous avez bien vu, malheureusement, ces dernières années, ces derniers mois, à quel point c'est nécessaire. La culture du contrôle, ce n'est pas une culture de la défiance vis-à-vis de nos personnels qui font un travail qui est absolument remarquable. Et pour les personnes à domicile, quelles mesures concrètes dans ce plan ?

Alors, et ça sera, je l'espère encore une fois, adopté par les parlementaires, il y a des aides pour nos aides à domicile.

Notamment, il y a un grand sujet qui est la question des frais kilométriques, des indemnités kilométriques pour les aides à domicile parce que, vous le voyez bien, dans nos départements, souvent, elles doivent prendre leur voiture, elles doivent pouvoir faire le plein et donc, l'idée, c'est de les accompagner au-delà des revalorisations salariales qui ont déjà été organisées, qui ont déjà eu lieu, ce sera faire en sorte, c'est la discussion qu'on aura à la rentrée, mais de mieux les accompagner avec des forfaits mobilités, des indemnités kilométriques qui soient revues de manière à faire en sorte qu'en gros, elles n'aient quand même pas à payer pour travailler mais plutôt qu'elles soient bien rémunérées et mieux accompagnées pour faire un métier qui est essentiel.

L'une de vos premières propositions...

22:14
Invité

Vous avez fait polémique en Orberger en proposant un congé parental plus court et mieux rémunéré. Vous souhaitez le rémunérer

22:21
Aurore Bergé

à quelle hauteur ? Surtout, je me concerne de l'hypocrisie sur le sujet. On peut toujours être très fiers d'avoir des droits qui ne sont jamais exercés. C'est bien de se dire qu'on est très généreux mais si en vérité personne ne l'utilise, c'est peut-être que ça ne fonctionne pas. Et aujourd'hui, quand vous avez 0,8% des pères qui utilisent le congé parental, qui vient, je le rappelle, parce qu'il y a eu peut-être de la mauvaise foi parfois en complément du congé paternité évidemment ou évidemment du congé maternité, ça veut dire que ça ne fonctionne pas.

Et donc moi, ce que je souhaite, c'est qu'on laisse le choix aux familles, qu'on fasse en sorte que ceux qui veulent peut-être avoir un long congé parental puissent y avoir accès avec une rémunération dont vous savez qu'elle est aujourd'hui à 429 euros, mais faire en sorte surtout que des Français qui sont les Français de la classe moyenne qui gagnent 2000 ou 3000 euros, de manière évidente, ils ne peuvent pas s'arrêter pendant 3 mois ou pendant 6 mois si on leur dit du jour au lendemain vous gagnez 3000 euros, ce sera 429 euros. Or, on sait que ces moments-là, ils sont des moments déterminants dans la vie du jeune enfant, les fameux 1000 premiers jours de la vie de l'enfant.

Donc moi, ce que je veux, c'est qu'on ait un débat serein qui fasse en sorte que les familles, demain, elles aient plus le choix, elles aient plus la possibilité de passer du temps, si elles le souhaitent encore une fois, auprès de leurs enfants, que ce soit pour les mères, congé maternité évidemment, mais surtout aussi pour les pères. Vous le savez, on l'a renforcé, on a renforcé le congé maternité des femmes indépendantes.

23:38
Invité

C'est la discussion. Est-ce qu'il faut faire comme en Allemagne, par exemple, où le congé est indemnité à hauteur de 70% du salaire ?

23:44
Aurore Bergé

Encore une fois, ça sera un débat.

23:45
Invité

Pour que ce soit incitatif.

23:46
Aurore Bergé

Mais il faut que ce soit incitatif. Mais est-ce que vous avez un ordre ? Aujourd'hui, je veux que ce soit en proportion du salaire, je ne veux plus que ce soit un barème fixe à 429 euros, parce que le barème fixe à 429 euros, en vérité, soit vous avez des personnes qui sont déjà en situation de fragilité qui l'utilisent. Soit vous avez des gens très aisés et ça place les femmes dans une situation de dépendance économique. C'est ça qui se passe si on est très lucide. Donc moi, je veux encore une fois qu'on laisse plus le choix aux parents de se dire est-ce qu'on peut ou pas prendre un temps supplémentaire auprès de son enfant après le congé maternité, après le congé paternité.

Je crois que ça, c'est assez déterminant dans ce qu'on veut dans une société qui replace les solidarités en son cas.

24:22
Présentateur

Si vous raccourcissez ce congé parental, quelles propositions faites-vous ? Quelles solutions proposez-vous aux parents pour le mode de garde ? On a une pénurie de personnel, de places en crèche partout en France. On s'est engagé

24:33
Aurore Bergé

sur un service public de la petite enfance et sur 200 000 places en crèche supplémentaires d'ici 2030, dont la moitié qui doit être réalisée dans ce quinquennat. Donc pour moi, il y a les deux en parallèle. C'est pas dire d'un côté c'est les parents à la maison avec les enfants ou de l'autre côté les places en crèche. Il faut encore une fois que les familles aujourd'hui, elles aient le choix. Qu'elles aient le choix d'une garde à domicile, qu'elles aient le choix de pouvoir rester plus longtemps auprès de leurs enfants et de leurs bébés, qu'elles aient le choix de pouvoir mettre leurs enfants en crèche en toute sécurité, en toute sérénité.

Ce qui passe là encore, comme c'est le cas dans les EHPAD, par une meilleure reconnaissance, une meilleure revalorisation de celles, parce qu'en général ce sont des femmes qui s'occupent de nos enfants.

25:10
Présentateur

Aurore Berger, ministre des Solidarités et des Familles, merci d'avoir accepté ce matin l'invitation de France Info. Bonne journée.