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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 10 juillet 2019 22 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesJusticeTransports

François de Rugy : "Il y a une aspiration, que je partage, à avoir une sorte de justice dans l'effort"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 15 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    D'où est venue l'idée de l'éco-taxe sur le transport aérien et pourquoi maintenant ?

  • 1:22FerméeRéponse directe

    Vous retenez deux centimes qui étaient jusque-là à louer ?

  • 1:43OuverteRéponse partielle

    Cette nouvelle taxe fait des mécontents : Air France, LR et les ONG. Comment répondez-vous ?

  • 2:54FerméeRéponse directe

    Vous avez utilisé le mot progressif. Ça veut dire que cette taxe a vocation à augmenter ?

  • 4:08OuverteRéponse directe

    Comment faire la guerre à la pollution plastique, sachant qu'on est en retard en France ?

  • 5:46OuverteRéponse directe

    Pourquoi adopter ce système de consigne plutôt que le recyclage ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:23Invité politiqueFait
    « L'idée, elle est simple, c'est de faire contribuer tous les secteurs, notamment tous les secteurs du transport qui émettent des gaz à effet de serre, de les faire contribuer à la lutte contre l'effet de serre. »
  • 0:52Invité politiqueFait
    « Il n'y a pas de taxes sur le kérosène alors qu'il y a des taxes sur les carburants. Il y a une aspiration que je partage d'avoir un effort partagé, une forme de justice dans l'effort qu'il y a à fournir dans cette guerre à l'effet de serre. »
  • 1:15Invité politiqueFait
    « C'est une fiscalité écologique ? »
  • 1:15Invité politiqueFait
    « Voilà, c'est une taxe, disons-le. »
  • 1:31Invité politiqueChiffre
    « Et ce qui va directement au financement des infrastructures écologiques de transport, puisque à 75% ce sont les infrastructures ferroviaires qui sont ainsi financées. »
  • 2:20Invité politiquePromesse
    « nous allons mener une bataille au niveau européen et au niveau mondial sur la taxation du kérosène. »
  • 2:29Invité politiqueFait
    « Car le plus important à terme, c'est qu'au niveau mondial, il y ait une taxation du kérosène qui soit un signal clair que les compagnies aériennes devront acheter demain des avions qui consomment moins de carburant. »
  • 4:19Invité politiqueFait
    « Oui, avec Brune Poirson, nous travaillons sur cela. Du premier jour où j'ai été nommé, j'ai dit, une de mes priorités, c'est la lutte contre les déchets. »
  • 4:33Invité politiqueFait
    « Le fait qu'aujourd'hui, en France, on va encore envoyer trop de déchets, soit dans des décharges, soit dans des usines d'incinération. C'est du gaspillage. En soi, c'est du gaspillage. »
  • 5:00Invité politiqueChiffre
    « Le taux de recyclage est beaucoup trop faible en France. »
  • 5:37Invité politiqueChiffre
    « En 2021, dans tous les pays de l'Union Européenne, plus de 10 objets de ce type seront interdits définitivement. »
  • 7:52Invité politiqueFait
    « La vie de château, vous voyez bien que c'est grotesque. »
  • 8:03Invité politiqueChiffre
    « C'est moi qui ai réduit la retraite des députés, 37% de moins. »
  • 8:09Invité politiqueFait
    « C'est moi qui ai supprimé les avantages d'ancien président de l'Assemblée nationale. »
  • 8:33Invité politiqueChiffre
    « Les frais de déplacement du président de l'Assemblée nationale, quand je l'étais, moins 34%. Les frais de réception, moins 13%. »

Temps de parole

  • François De Rugy76 %
  • Présentateur18 %
  • Auditeur3 %
  • Auditeur 22 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, est notre invité. Bonjour. Bonjour. C'est un peu la surprise du chef, une éco-taxe sur le transport aérien qui ira de 1,50€ à 18€ selon la classe empruntée et la longueur du vol. Les vols pour la Corse et les Outre-mer ne seront pas concernés. D'où est venue l'idée, François de Rugy, et pourquoi est-elle arrivée là maintenant ?

0:23
François De Rugy

L'idée, elle est simple, c'est de faire contribuer tous les secteurs, notamment tous les secteurs du transport qui émettent des gaz à effet de serre, de les faire contribuer à la lutte contre l'effet de serre. Et vous le savez, nous avons une politique, moi je dis, nous faisons la guerre à l'effet de serre. Cette guerre à l'effet de serre, il faut aller dans tous les secteurs, voir comment on peut réduire ces émissions de gaz à effet de serre. Les Français l'ont beaucoup dit ces derniers mois, pourquoi le transport aérien ne contribue pas davantage. Il n'y a pas de taxes sur le kérosène alors qu'il y a des taxes sur les carburants.

Il y a une aspiration que je partage d'avoir un effort partagé, une forme de justice dans l'effort qu'il y a à fournir dans cette guerre à l'effet de serre. Et par ailleurs, nous avons aussi entendu le message sur l'idée que s'il y avait des contributions, une forme de fiscalité écologique, C'est une fiscalité écologique ? Voilà, c'est une taxe, disons-le. Il y a une nécessité à ce que cet argent collecté aille vers la transition écologique. Et là, c'est ce que nous faisons. Nous avons une contribution du transport aérien, il y en a une autre du transport routier de marchandises, des camions.

1:28
Présentateur

Vous retenez deux centimes qui étaient jusque-là à louer.

1:31
François De Rugy

Et ce qui va directement au financement des infrastructures écologiques de transport, puisque à 75% ce sont les infrastructures ferroviaires qui sont ainsi financées.

1:41
Présentateur

Comme toujours, cette nouvelle taxe fait des mécontents. D'un côté, Air France dénonce une charge supplémentaire et une concurrence déloyale. Jean Léonetti, pour le parti LR, parle en substance d'une écologie punitive. Et puis de l'autre côté, les ONG disent que ça ne va pas assez loin. Ça peut aller plus loin. On sait que ce genre de taxes est beaucoup plus élevée en Allemagne et au Royaume-Uni.

2:00
François De Rugy

En tout cas, c'est sans doute le signe que nous avons une position assez équilibrée, que je revendique. En matière d'écologie, nous ne faisons pas les choses du jour au lendemain. Les changements, ils doivent être profonds, durables. Et pour cela, le mieux est qu'ils soient progressifs. Pour qu'ils soient acceptés, que les entreprises aient le temps de s'adapter, nous allons mener une bataille au niveau européen et au niveau mondial sur la taxation du kérosène. Car le plus important à terme, c'est qu'au niveau mondial, il y ait une taxation du kérosène qui soit un signal clair que les compagnies aériennes devront acheter demain des avions qui consomment moins de carburant.

Et par ailleurs, l'industrie aéronautique est déjà prête à faire, par exemple, voler des avions avec des carburants d'origine végétale et non plus du pétrole. Et bien pour cela, il faut qu'il y ait un cadre réglementaire, un cadre fiscal qui soit plus incitatif qu'aujourd'hui. Donc nous allons mener cette bataille au niveau européen, mais nous prenons déjà notre part au niveau français.

2:54
Présentateur

Vous avez utilisé le mot progressif. Ça veut dire que cette taxe a vocation à augmenter ?

2:59
François De Rugy

Mais vous savez qu'elle existait déjà, c'est ce qu'on appelait la taxe Chirac, puisque Jacques Chirac, lorsqu'il était président de la République, avait souhaité financer la solidarité internationale pour la lutte contre le SIDA. Pour les médicaments. Voilà. Avec, à travers, cette contribution sur les billets d'avion. Et donc nous avons, c'est un modèle français, en quelque sorte. Et nous disons, on y ajoute une part de contribution pour la lutte contre l'effet de serre. C'est une autre forme d'ailleurs de solidarité internationale et de combat mondial pour tout simplement notre capacité à bien vivre sur la planète. Et donc cette part va-t-elle augmenter ?

Nous verrons en fonction de ce qui sera négocié au niveau européen. Moi je souhaite qu'à terme, et le plus vite possible, même si tous les pays européens ne veulent pas d'ailleurs, et bien nous ayons une coalition de pays européens, de grands pays européens, qui ensemble décident de dire, nous avons là aussi progressivement une contribution sur le kérosène de façon à récompenser les compagnies aériennes qui investiront dans les nouveaux avions, dans les nouveaux matériels aéronautiques qui consomment moins de carburant et qui émettent moins de gaz à effet de serre.

3:57
Présentateur

François de Rugy, la secrétaire d'État Brune Poirson, qui travaille avec vous au ministère de l'Environnement, va présenter en Conseil des ministres une loi anti-gaspillage et pour l'économie circulaire. Elle veut, je la cite, lancer la guerre contre la pollution plastique. Comment on fait la guerre à la pollution plastique, sachant qu'on est en retard en France ?

4:16
François De Rugy

Oui, avec Brune Poirson, nous travaillons sur cela. Du premier jour où j'ai été nommé, j'ai dit, une de mes priorités, c'est la lutte contre les déchets. Le fait qu'aujourd'hui, en France, on va encore envoyer trop de déchets, soit dans des décharges, soit dans des usines d'incinération. C'est du gaspillage. En soi, c'est du gaspillage. Les déchets, il faut les voir comme une ressource, comme une matière première que l'on peut recycler. J'organisais hier soir au ministère de la Transition écologique une conférence sur les terres rares, sur les métaux rares. Et tous les scientifiques qui étaient là disaient, votre première priorité, c'est de recycler.

Avant d'aller creuser des trous dans la terre pour aller chercher, parfois très loin et parfois de façon très sale, un certain nombre de métaux, déjà commencer par recycler. Le taux de recyclage est beaucoup trop faible en France. Et nous pouvons donc gagner cette bataille, en effet, qui est celle de réduire les déchets à la source. Il y a sans doute des emballages que l'on peut supprimer ou réduire. Ensuite, on peut réutiliser, réemployer un certain nombre de choses. Il y a dans la loi des mesures pour favoriser, y compris la réparation des appareils, les niveaux de garantie, les pièces détachées. Et puis ensuite, il y a le recyclage.

C'est une belle bataille qui est à la fois écologique et économique, puisque c'est une ressource pour nos entreprises.

5:27
Présentateur

Il y a des mesures qui étaient déjà connues, par exemple l'interdiction du plastique à usage unique type paille, gobelet, à partir de l'année prochaine.

5:34
François De Rugy

Nous avons d'ailleurs mené là aussi la bataille au niveau européen, et nous l'avons gagné. En 2021, dans tous les pays de l'Union Européenne, plus de 10 objets de ce type seront interdits définitivement.

5:43
Présentateur

Et il y a une mesure qui fait encore débat, c'est celle de la consigne. Avant, on mettait ces bouteilles en plastique dans la poubelle pour le recyclage. Là, il s'agirait de les ramener au magasin et de récupérer 10-15 euros en échange. Pourquoi adopter ce système ?

5:56
François De Rugy

10 ou 15 centimes. Centimes, pardon. Qu'est-ce que je dis ? Euro ? Oui, non.

5:58
Présentateur

Pardon, 15 centimes d'euros. Pourquoi ce système de consigne plutôt que le recyclage ? C'est simple le recyclage, on a la poubelle avec la bonne couleur ?

6:07
François De Rugy

Nous allons voir avec les collectivités locales qui sont chargées en France de la collecte des déchets ménagers, et ensuite du tri, en tout cas je souhaite qu'elles s'engagent beaucoup plus dans le tri et dans le recyclage. Et on va regarder avec celles qui sont allées le plus loin. Est-ce que c'est la collecte dans des poubelles, les poubelles jaunes, les sacs jaunes, donc ces poubelles vraiment qui sont devant chaque logement dans les immeubles, ou est-ce que c'est la consigne ? Nous, nous croyons beaucoup à la consigne parce que la consigne, c'est un geste clair et simple.

Vous avez acheté des bouteilles, que ce soit des bouteilles d'eau, ce ne sera pas que l'eau, ce ne sera pas que les sodas. Il faut aussi penser aux autres emballages, les produits ménagers, les shampoings, les produits cosmétiques. Et cette bouteille, est-ce que vous faites le geste, quand vous allez refaire vos courses, de la ramener dans un endroit où là, en plus, on vous récompense ? C'est le principe qui a toujours existé d'ailleurs de la consigne. On vous redonne une petite incitation à la ramener. Partout où ça a été fait, ça a été efficace pour augmenter le taux de collecte et donc de recyclage des plastiques.

7:08
Présentateur

François de Rugy, ce matin, Mediapart publie une enquête intitulée, je l'ai sous les yeux, « L'avis de château sur fond public des époux de Rugy ». Ça concerne votre période de président de l'Assemblée nationale entre 2017 et 2018. Il est écrit dans Mediapart que vous et votre épouse auriez organisé des dîners extrêmement somptueux, extrêmement goûtus et que c'était plutôt des dîners amicaux que des dîners à vocation professionnelle et politique. Qu'est-ce que vous répondez ce matin à cet article de Fabrice Arfi sur Mediapart ?

7:39
François De Rugy

D'abord, je tiens à dire que j'ai répondu à toutes les questions de Mediapart. Mediapart m'a envoyé un certain nombre de questions. Je crois que l'article était quasiment déjà rédigé à l'avance. C'est un article pamphlétaire. C'est une accusation. La vie de château, vous voyez bien que c'est grotesque. Moi, la réalité, c'est que quand j'ai été élu président de l'Assemblée nationale, j'ai mis un peu d'ordre dans un certain nombre de gestions, de budgets de l'Assemblée nationale. Chacun s'en souvient. C'est moi qui ai réduit la retraite des députés, 37% de moins. C'est moi qui ai supprimé les avantages d'ancien président de l'Assemblée nationale.

Moi qui suis aujourd'hui un ancien président de l'Assemblée nationale, je n'ai aucun avantage alors qu'avant, il y avait une voiture avec chauffeur, un bureau, un collaborateur à l'Assemblée. Et par ailleurs, sur les budgets de réception, je les ai baissés. Et j'ai demandé d'ailleurs à l'Assemblée nationale, aux caisseurs de l'Assemblée nationale, c'est eux qui gèrent. Les budgets de l'Assemblée nationale, ce n'est pas le président. C'est trois députés, deux de la majorité, un de l'opposition. Et ils m'ont redonné les chiffres hier. Les frais de déplacement du président de l'Assemblée nationale, quand je l'étais, moins 34%. Les frais de réception, moins 13%.

Depuis que je suis ministre, j'ai aussi regardé au ministère. J'ai divisé par trois le budget de réception par rapport à ce qu'il était. Et par ailleurs, j'assume totalement qu'un président de l'Assemblée nationale, comme un ministre, rencontre dans un cadre informel, le soir dans des dîners, en plus des déjeuners le midi, parfois même des petits déjeuners, des responsables d'entreprise, des responsables de la culture, des responsables de l'université. Vous savez, quand je rencontre un sociologue ou un universitaire, un paléontologue, je vous disais hier au ministère, j'organise des conférences scientifiques. Eh bien, oui, j'assume totalement que cela puisse se faire dans des dîners.

Et j'assume que ma femme ait pu participer à l'organisation de ces dîners. C'est ça la question que pose Mediapark. Et je me défendrai et je défendrai ma femme parce que je n'accepte pas qu'on nous attaque. Nous n'avons rien à nous reprocher, ni elle, ni moi.

9:27
Présentateur

C'est ça la question en réalité, le fond de l'article de Mediapark. C'est que c'est votre épouse qui organise et qui invite. Et que parfois, ces personnalités sont aussi de vos amis. Donc, y a-t-il un mélange des genres ?

9:38
François De Rugy

Non, ce ne sont pas des amis. Certains, nous les connaissons. D'autres, nous ne les connaissions pas. Certains, c'est elles qui les connaissaient. D'autres, c'était moi. D'autres, nous ne les connaissions ni l'un ni l'autre. C'est ça le propre d'avoir des relations de travail. Ça faisait partie de mon travail de président de l'Assemblée nationale, de rencontrer, de représenter d'ailleurs aussi l'Assemblée, d'expliquer ce que nous faisions à l'Assemblée, de défendre l'Assemblée nationale auprès de gens de la société civile, encore une fois, du monde économique, du monde universitaire, des médias également. C'est normal. Moi, je l'assume totalement.

Évidemment, on reproche souvent aux hommes et aux femmes politiques d'être coupés, d'être que dans leur monde politique, d'être dans une forme de bulle politique. Eh bien, moi, j'ai toujours souhaité que l'Assemblée nationale soit ouverte. J'ai d'ailleurs organisé, là aussi, des événements culturels, des conférences à l'Assemblée nationale. Et je le fais aussi au ministère pour des conférences scientifiques. Eh bien, évidemment, je vous livre un scoop, par exemple. Certains des scientifiques, j'ai dîné avec eux. Oui, ça, je vous le confirme.

J'ai dîné avec eux et je considère que ça fait partie de mon travail que d'échanger, encore une fois, y compris dans le cadre de dîner, parce que vous savez que les journées, elles font 24 heures. Il faut quand même dormir un peu. Donc, du matin jusqu'au soir, en effet, eh bien, nous avons différentes formes de travail.

10:43
Présentateur

En 2017, vous aviez été déjà épinglé pour avoir organisé votre déjeuner de mariage à l'hôtel de la Sey. La polémique avait été éteinte parce que vous aviez remboursé les frais.

10:52
François De Rugy

Non, non, non, non, c'est faux, là, ce que dit Mediapart. J'avais tout payé. Ce n'est pas du tout à la suite de l'article que j'ai remboursé quoi que ce soit. J'avais tout payé de ma poche. Et j'ai gardé toutes les factures et toutes les copies de chèques parce que je savais bien qu'un jour, on pourrait m'accuser. Et par ailleurs, vous savez ce que j'ai fait aussi ce jour-là à l'époque ? Eh bien, je suis ensuite allé voir, j'avais à peine fini le dessert, en effet, de ce déjeuner, que je suis allé saluer les agents de l'Assemblée nationale qui étaient réunis ce jour-là à la fin du mois de décembre.

Donc, vous savez, en l'occurrence, quand on est engagé en politique comme je le suis, je suis habitué aux attaques politiques. Et j'en accepte le principe, même si je sais que très souvent, c'est de mauvaise foi. On parle d'écologie. Il y en a sans cesse des attaques sur ces sujets. En revanche, les attaques personnelles, je ne les accepte pas. Qu'on mette en cause mon honnêteté, alors que moi, j'ai toujours joué la transparence. Mediapart me pose des questions, je réponds à tout. D'ailleurs, je vous le dis au passage, ils m'ont posé des questions sur des travaux effectués au ministère.

Bizarrement, ils n'en parlent pas dans leur article, peut-être parce qu'ils veulent faire un deuxième article. J'ai tout répondu, j'ai donné tout, les devis, les prix, etc. J'ai toujours été pour la transparence, je considère que c'est un progrès, mais j'assume ce que je fais. J'assume ce que j'ai fait, et je n'accepterai pas encore une fois d'être attaqué. Je me défendrai et je défendrai ma femme. Oui, elle est à mes côtés, elle fait tout ça bénévolement, bien évidemment. Elle n'a jamais mélangé avec son travail. Elle travaille à côté et moi, je fais aussi mon job de ministre, avant de président de l'Assemblée nationale, sans mélanger avec son travail.

Donc, vous voyez qu'en l'occurrence, il peut y avoir toutes les enquêtes de la Terre. Je n'ai rien à cacher.

12:12
Présentateur

Et vos réponses sont à voir en ligne sur Mediapart. 8h34, on va au standard. Bonjour Emmanuel. Bonjour. Bonjour.

12:20
Auditeur

Bonjour M. le Premier ministre. J'ai une... M. le ministre, excusez-moi. Oui, n'en rajoutez pas. J'ai une petite question. Comment expliquer qu'un tarif de train entre Paris, par exemple, et Biarritz soit deux fois plus élevé qu'un vol intérieur ? Et de la même manière, comment expliquer que des lignes TER puissent être supprimées en ce moment ? Je parle là simplement pour moi qui va à Strasbourg là tout de suite et je mets 2h44 pour aller à Strasbourg alors que je mets 2h15 pour aller à Paris. C'est ça parce que des lignes ont été complètement supprimées.

12:59
Présentateur

Merci pour votre question Emmanuel. François de Rugy, ça coûte moins cher de prendre l'avion que de prendre le train souvent ? Parfois.

13:05
François De Rugy

Parfois. Pas toujours. Pas toujours. Moi, je compare souvent les prix et il y a évidemment de nombreuses fois ou sur ce type de liaison.

13:12
Présentateur

Si on réserve 60 jours avant en partant à 5h50 du matin ?

13:15
François De Rugy

Oui, non, non, mais je parle de l'avion. Si vous faites un trajet, par exemple, Paris-Brest en avion, vous allez quand même la plupart du temps payer plus cher que le même trajet en train. Néanmoins, monsieur a raison parce qu'il y a une question de fond. Le transport ferroviaire, c'est beaucoup plus d'infrastructures que le transport aérien. En gros, il faut être simple. Le transport aérien, Paris-Biarritz, c'est un aéroport à Paris, un aéroport à Biarritz. Entre les deux, il n'y a pas d'infrastructures. Par définition, l'avion vole dans le ciel. Alors qu'un train, il faut une ligne de chemin de fer. Et là, par exemple, l'exemple qu'il prend, c'est la nouvelle ligne.

Voilà, une ligne TGV Tour-Bordeaux qui a été rajoutée entre Tour et Bordeaux. Cette ligne, elle est déficitaire, malgré des prix élevés parce que les prix ont augmenté. Donc nous, nous travaillons avec la ministre des Transports, Elisabeth Borne, sur le fait de retrouver un équilibre économique du système ferroviaire qui fasse que les billets de train baissent. Alors, il y a eu un progrès. Il faut saluer, et ça m'arrive de critiquer la SNCF, mais il faut saluer au train Wigo. 5 millions de billets vendus il y a deux ans. Sans doute, on n'est pas encore à la fin de l'année.

14:15
Présentateur

C'est le TGV à bas prix.

14:17
François De Rugy

Voilà, 20 millions d'euros, 20 millions de billets, pardon, cette année vendus grâce au train Wigo. Moi, j'avais à une époque proposé qu'il y ait des trains low-cost, comme il y a des compagnies aériennes low-cost. Wigo, c'est un peu ça. Et ça marche, et ça permet à beaucoup de gens de se déplacer à moindre prix. Quant à ce qu'il a dit sur les petites lignes, là, c'est plutôt les trains express régionaux, et bien justement, la contribution du transport aérien, elle servira à financer l'amélioration de ces lignes.

14:44
Présentateur

Retournons au standard 01-45-24-7000 avec Christophe.

14:49
Auditeur

Oui, bonjour. Bonjour. J'ai une question concernant la centrale nucléaire de Flamanville qui nous a été vendue pour 3 milliards et pour démarrer en 2012. Elle n'est pas près de démarrer ni en 2019 ni en 2020. On en est déjà à 12 milliards de dépenses d'après les chiffres que j'ai entendus sur votre antenne. 11, ça va s'arrêter à combien et est-ce qu'il y a une somme maximale dépensable sur ce chantier en incluant si possible le démantèlement qui aura lieu dans 40 ou 50 ans qui va coûter une fortune.

15:17
Présentateur

Merci Christophe. François de Rugy vous répond.

15:20
François De Rugy

Monsieur pose une très bonne question et la réponse est un peu dans la question. En l'occurrence, nous avons toujours été très exigeants en France et particulièrement ce gouvernement sur la sécurité des installations nucléaires. Et donc, l'autorité de sûreté nucléaire qui est une autorité indépendante, c'est elle qui donne ou qui ne donne pas l'autorisation d'exploiter une centrale. Et y compris une centrale neuve comme celle de Flamanville, l'EPR de Flamanville, pour l'instant, elle n'a pas l'autorisation de fonctionner à cause de défauts de fabrication.

15:48
Présentateur

Qui sont relevés par l'agence et donc en retard d'autant. EDF a dit qu'il fallait corriger

15:52
François De Rugy

ses défauts. Ce sont des tuyaux. C'est assez compliqué parce que c'est des tuyaux qui sont dans le béton donc il va falloir changer un certain nombre de choses. On ne sait pas encore aujourd'hui ni combien cela va coûter ni combien de temps cela va durer. Nous pensons, le président d'EDF l'a dit, que sans doute cette centrale ne fonctionnerait pas avant 2022 alors qu'elle devait en effet être inaugurée initialement. Mais il n'est pas tant d'arrêt 11.

16:12
Présentateur

François de Rugy, vous avez des doutes sur la compétitivité, vous l'avez dit

16:16
François De Rugy

il y a un mois. Parce que là, ça fait une addition qui est très salée. Par ailleurs... Alors on fait de l'acharnement thérapeutique ? Avec le ministre de l'économie qui dit la même chose que moi. Ça n'a pas toujours été le cas par le passé dans d'autres gouvernements que le ministre de l'économie et le ministre de l'écologie disent la même chose sur le nucléaire. Et bien...

16:32
Présentateur

Enfin sur la compétitivité

16:33
François De Rugy

il est moins affirmatif que vous Bruno Le Maire. Il dit quand même il a convoqué le président d'EDF comme moi je l'avais fait quelques semaines auparavant pour lui demander des comptes au sens propre du terme sur l'EPR et sur la filière électro-nucléaire française pour savoir si elle a un avenir. Nous ce que nous disons c'est qu'on ne peut pas non plus dire on va arrêter cette centrale avant même qu'elle ait produit de l'électricité si elle obtient l'autorisation de fonctionner en effet cela aura coûté très cher c'était un prototype mais il faut absolument qu'elle produise de l'électricité.

Par ailleurs il faut être aussi honnête la même centrale fonctionne en Chine Taishan et va bientôt fonctionner en Finlande. EDF a vendu cette technologie en Grande-Bretagne c'est le projet Inclay Point qui est actuellement en cours de construction on verra d'ailleurs

17:18
Présentateur

qui a pris du retard aussi

17:19
François De Rugy

oui mais on verra si les choses se passent mieux et à un prix assez élevé un prix d'électricité à environ 100 euros le mégawatt-heure quand aujourd'hui l'éolien en mer le dernier parc éolien en mer se fait à moins de 45 euros le mégawatt-heure.

17:32
Présentateur

François de Rugy pour reprendre l'expression de Nicolas Hulot ici à ce micro avant qu'il démissionne on ne va pas se mentir vous y croyez encore à l'EPR en conscience ?

17:42
François De Rugy

Moi je ne crois que ce que je vois je veux qu'on reste rationnel pour l'instant cette centrale en France à Flamanville elle ne fonctionne pas donc c'est à EDF de faire la démonstration que cela peut fonctionner correctement en toute sécurité après sur la compétitivité économique moi je le dis depuis longtemps nous serons amenés à comparer dans les années qui viennent nous avons dit que sur des éventuelles nouvelles centrales nucléaires de toute façon la décision ne serait prise qu'après les élections de 2022 et après le fait qu'en 2021 EDF devra avoir remis toutes les données économiques et technologiques pour savoir si c'était faisable alors que certains nous demandaient qu'on commande des nouveaux EPR là tout de suite maintenant y compris des élus d'opposition Xavier Bertrand dans la région Nord dit mais il faut absolument commander un EPR maintenant nous nous sommes pragmatiques et nous disons attendez on ne va quand même pas commander quelque chose qui pour l'instant n'a pas encore été en fonctionnement en France

18:33
Présentateur

dernière question au standard Eric bonjour

18:35
Auditeur

oui bonjour ma question est la suivante comment justifier écologiquement la signature du Mercosul et du CETA et puis j'aurais quand même attiré l'attention des auditeurs sur la disparition de ce jeune Steve à Nantes le jour de la fête de la musique suite à une intervention policière et dont on n'a aucune nouvelle et je trouve ça assez inadmissible

18:54
Présentateur

alors c'est pas forcément l'objet du débat ce matin mais on a suivi cette enquête sur France Inter avec nos confrères de France Bleu Loire Océan Loire Océan pardon et on continuera merci Eric le Mercosur c'est le traité avec l'Amérique du Sud traité commercial avec plusieurs pays d'Amérique du Sud le CETA s'essuie entre l'Europe et le Canada François de Rugy écologiquement beaucoup de personnes critiquent des impacts négatifs de ces deux traités

19:17
François De Rugy

oui juste un mot monsieur parlait de cet événement dramatique à Nantes sans doute parce qu'il sait que je suis un élu de Nantes mais l'enquête est en cours toute la transparence sera faite sur les circonstances en effet de cet événement dramatique sur et c'est ce que nous devons bien sûr à la famille de ce jeune et à ses amis sur la question du Mercosur et des traités commerciaux internationaux vous savez que la France a mis comme principe ce qu'on a appelé un veto climat c'est à dire que le président de la république française Emmanuel Macron a dit nous ne souhaitons pas de négociations commerciales et encore moins d'accords avec des pays qui ne respecteraient pas l'accord de Paris sur le climat pas simplement qu'il ne l'aurait pas signé qu'il ne le respecterait pas c'est ainsi que nous avons refusé un traité global avec les Etats-Unis avec le Brésil c'était un sujet majeur le Mercosur il faut que nos auditeurs le sachent ce sont les pays d'Amérique du Sud dont le Brésil l'Argentine sont deux grands pays notamment agricoles et le président brésilien Bolsonaro qui a été élu récemment disait moi je vais sortir de l'accord de Paris le climat c'est fini il était sur une ligne Trump et il a reculé il a dit nous allons respecter l'accord de Paris la confiance elle ne se gagne que sur des preuves donc nous allons décortiquer exactement on va décortiquer l'accord qui a été négocié à l'échelle européenne ce qui est normal c'est une compétence européenne nous allons ensuite confier à des experts indépendants comme nous l'avions fait sur le CETA les conditions d'application et oui mais sur le CETA on a déjà maintenant qui est avec le Canada nous avons déjà un an de recul et nous voyons très clairement que tout ce que nous avons refusé c'est à dire l'importation de produits agricoles qui ne correspondraient pas à nos standards il n'y en a pas parce que les Canadiens s'ils veulent vendre des produits agricoles en Europe doivent respecter nos standards ce sera pareil avec le Brésil et nous irons plus loin je le dis c'est une proposition d'ailleurs que je fais c'est que nous allions contrôler que les Européens aillent contrôler directement au Brésil sur les lieux de production ou en Argentine les Chinois font ça y compris en Europe les conditions de production d'un certain nombre de produits pour vérifier par nous-mêmes qu'ils respectent nos standards écologiques et si ce n'est pas le cas ils ne pourront pas rentrer dans l'Union Européenne

21:27
Présentateur

François de Rugy ministre de la Transition écologique et solidaire était notre invité ce matin sur France Inter bonne journée merci

21:33
François De Rugy

bonne journée